Rendez-vous raté

21 avril 2021, la Virginie

Décès,

Quand on n’est pas là

alors qu’on aurait voulu y être,

et qu’il aurait suffit d’un rien pour qu’on y soit…

Je ne te laisserai pas mourir seule lui avais-je dit

Je serai là, pour toi…

Mais je n’y étais pas,

Et puis après,

Pas de sépulcre

Personne pour recueillir le corps

Heureusement,

Tu avais envoyé quelqu’un

Pour lui prendre la main

et faire avec elle

la prière de l’adieu

Heureusement,

Tu l’as accueillie

Toi

Après

Dans ton paradis…

Alors,

Au revoir

À toi

mais plutôt

A Dieu!

En route?

Le 27 avril 2021, banlieue de Washington

En route ?

La grandeur de l’univers, nous renvoie à la grandeur de Dieu qui elle non plus n’a pas de limites, ou plutôt on devrait dire s’ils en ont, nous les humains ne sauraient où les mettre : chaque fois qu’on en met on est obligé de les déplacer parce que l’on découvre qu’elles sont trop rapprochées… on a beau ajouter des 0 et inventer des nouvelles mesures pour essayer de les cerner…

C’est peine perdue !

Mais qui dit grandeur de l’univers et de Dieu, dit nécessairement petitesse de l’être humain…

Et pourtant,

Alors que je m’apprête à prendre l’avion, son ingénuité, sa créativité est incontestable… et va bien au-delà de ce qu’on pourrait attendre d’un être aussi petit, aussi fragile, aussi insignifiant, dans le temps et dans l’espace,

Mais d’un autre côté encore,

On se sent tellement important, tellement grand, tellement indestructible à l’intérieur de soi,

que la conscience de notre existence réduit celle de ce qui nous entoure en son objet, en sa chose, en son invention,

pas l’Univers, car on ne peut pas le nier,

mais de Dieu car on ne le voit pas,

et que dans notre arrogance on croit pouvoir ignorer ou carrément

Radier.

Voler au-dessus des montagnes et des océans,

des villes et des villages,

des usines et des centrales électriques…

et des milliers, et des milliers d’êtres de toutes sortes

nous conduit à  parler de mystère,

devant cette équation insolite,

Univers, Dieu, être humain,

Qui saurait la résoudre ?

Éternel, notre Seigneur! Que ton nom est magnifique sur toute la terre! Ta majesté s’élève au-dessus des cieux [ . . .]

Quand je contemple les cieux, ouvrage de tes mains, La lune et les étoiles que tu as créées:

Qu’est-ce que l’homme, pour que tu te souviennes de lui? Et le fils de l’homme, pour que tu prennes garde à lui?

Tu l’as fait de peu inférieur à Dieu, Et tu l’as couronné de gloire et de magnificence.

Et nous…on ne peut avancer que par la foi

Retour

3 mai 2021, Auvergne, France…

Retour

On y est arrivé…mais c’était pas gagné d’avance…otite la veille du départ…et les résultats du test Covid négatifs ne sont arrivés que quelques heures avant d’aller à l’aéroport …mais tant pis, cette fois-ci on s’était dit qu’on tenterait le coup après plus d’un an de vols annulés et reportés…il faut un jour ou l’autre se jeter à l’eau même si elle risque d’être froide sinon, on reste planté, interdit devant l’horizon qui nous fait signe…

( j’ai de nombreux souvenirs d’avoir été malade comme un chien les veilles de départ…et de maintes péripéties pendant les voyages… sans parler des arrivées où le fonctionnaire zélé ou corrompu de service demande des papiers que l’on n’a pas… .surtout quand on est seule avec des enfants en bas âge… je pourrais en écrire tout un livre… C’est ce qui arrive quand on décide de quitter son nid pour attacher ses pas à l’étranger de passage et que les enfants doublent ou plutôt triplent la mise en épousant eux aussi des vrais ou des faux étrangers (selon le côté de la frontière où l’on se trouve)… on passe son temps à faire ses valises et à affronter les contrôles multiples et les tracasseries sans fin du passage aux frontières. Il faut bien pourtant faire l’effort de se séparer des uns pour pouvoir retrouver les autres…!)

Une fois entrée sur le territoire français, nous qui avions bien lu toutes les consignes et qui nous étions bien munis du fameux Sésame, imprimé et signé selon les instructions du consulat…on ne nous l’a jamais demandé, même pas dans le train où le wagon était …presque plein…( même si tout le monde portait des masques) à ne rien y comprendre…

* * *

Dans le jardin, la nature avait repris ses droits : on reconnaît une maison abandonnée par son jardin en friche, envahi par les mauvaises herbes où l’on devine à peine l’allée qui conduit à la porte d’entrée et où s’attend à y trouver des fantômes…ou si on est un rêveur des princesses endormies….

Mais rien de tout cela, le portail s’est ouvert, la porte n’a pas grincé et il a suffit d’un tour de clef pour qu’elle cède…

Le premier jour on est tout à l’émerveillement des retrouvailles, des êtres comme des choses : on avait oublié la sonorité d’une voix, l’expression d’un visage et dans une maison endormie, une odeur familière, un objet qui traînait encore, un fauteuil, une chaise, une nappe …

Et ce soir, devant retrouver mes étudiants, tous des exilés, via internet, à minuit heure française, pour un séance d’alphabétisation, je pense à ceux qui ne pourront jamais revenir chez eux….

Je rends grâce pour ce privilège qui m’est échu, à moi qui ne l’ai pourtant pas mérité et que je reçois comme une grâce !

Pâques

Lundi de Pâques, 2021, la Virginie

On n’arrivera jamais à épuiser toute la richesse de l’histoire de Pâques…

Pas de triomphalisme,

des femmes encore,

qui vont rendre hommage au corps

du défunt

en apportant du parfum

encore

pour l’embaumer,

cette fois-ci

elles continuent à être fidèles

et faire leur devoir

de femme

le travail qui leur est échu

selon la tradition,

malgré leur chagrin

malgré leur déception,

malgré leur incompréhension

Et la pierre,

cet obstacle insurmontable,

Pour elles qui sont frêles

tout à coup,

elles s’en souviennent,

alors qu’elles sont déjà

parties,

alors qu’elles sont déjà

en chemin,

Puissions nous aussi

comme elles,

partir en chemin,

malgré nos déceptions,

malgré nos incompréhensions,

et trouver comme elles,

la pierre roulée

de côté

et le tombeau vidé,

Puissions nous comme elles

au bout du chemin

découvrir le miracle,

Inconcevable

Incompréhensible

et inespéré

de la

Résurrection

Ecce homo

Vendredi saint, 2 avril 2021

Endeuillé est le mot du jour…

On ne peut-être qu’endeuillé,

Attristé, profondément attristé,

Déçu surtout,

« il en a sauvé d’autres pourquoi ne peut-il pas se sauver lui-même ? »

Il reste muet,

ne répondant qu’une ou deux fois aux accusations,

pour affirmer une vérité scandaleuse

qui leur fait déchirer leurs vêtements

tellement elle est impensable

acrimonieuse

l’image de ce fils de Dieu ,

Vaincu

Battu, moqué, craché dessus

avec sa couronne d’épine,

Ridicule, grotesque

tellement différent de l’autre,

vigoureux,

à la répartie facile, à la parole mordante,

au pouvoir surnaturel,

Celui-là,


il n’est plus que

l’Ecce homo

répudié

abandonné

Que voilà

Le jeudi saint: ça rime à quoi?

Jeudi 1er avril 2021, la Virginie

(Sans commentaire, mais quand même, hasard du calendrier il fallait que le 1er avril tombe le jeudi saint!)

Serviteur, serviteur, serviteur…

Un titre honorifique de plus dont les membres du clergé se parent, toutes églises confondues…

Apposé à leur signature à la fin de leurs lettres officielles

« Votre serviteur… »

De qui se moque-t-on ?

Serviteurs ceux qui défilent dans les processions avec tous leurs atours?

Serviteurs ceux qui font des beaux sermons le dimanche matin devant une assemblée béate ?

Serviteurs ceux qui donnent des conférences face à un public qui boit chacune de leur parole ?

Serviteurs ceux qui font de la musique sur une estrade illuminée avec des spots lights qui suivent chacun de leur geste ?

(D’autres laveront leur linge, prépareront leur repas, nettoieront leur lieu de vie , tous ces anonymes qui travaillent dans les coulisses…)

Comment se fait-il que ce mot qui revient tellement de fois dans les enseignements de Jésus soit devenu si vide de sens,

Serviteur, serviteur, serviteur ?

Un titre d’apostat …

En ce jeudi saint, où beaucoup lavent publiquement les pieds des autres devant les caméras,

symboliquement,

Une fois par an

ça rime à quoi ?

(Ceux qui sont des vrais serviteurs à la suite de Jésus, n’en portent pas le nom, Nombreux pourtant, on ne les voit pas, on ne les connaît pas, justement parce qu’ils ne s’en revêtent pas….comme d’un manteau d’apparat…)

Et pourtant…

Et pourtant ce geste, même quand il devient rituel

continue à porter l’emprunte de celui qui l’a enseigné

sa dernière leçon de choses,

visible et tangible

de ce qu’il a tenté

de leur expliquer,

jour après jour,

il l’a fait

une dernière fois,

avant de mourir.

 aurait-ce été  en vain, vraiment ?

Et en vain encore maintenant

quand il continue à le faire

avec nous,

jour après jour,

jeudi saint après jeudi saint ?

Alors pourquoi

ne pas laver et se laisser laver les pieds,

au moins une fois par an?

Éloge du parfum et des femmes

Marc 14: 3-9

Le 30 mars, 2020, la Virginie

(Des fleurs, des fleurs partout, c’est le printemps …. et  la semaine sainte… et le reconfinement en France : on n’en sortira jamais !)

Temps réel, temps textuel et temps liturgique..

Dans mon étude consciencieuse de l’évangile de Marc pour laquelle je suis religieusement le fil du récit et l’ordre des chapitres, « la semaine sainte » n’est pas encore arrivée. D’ailleurs, il n’y a pas de semaine sainte à proprement parler dans l’évangile de Marc, la semaine sainte est une séquence temporelle liturgique organisée pour les besoins de la cause qui regroupe différents événements qui ont précédé l’arrestation, l’exécution et la résurrection de Jésus et dont a essayé de reconstituer le fil en essayant de réconcilier les 4 différents récits des évangiles mais pour lesquels on n’a pas de certitude… (des événements oui, de leur déroulement temporel, non)

Mais réapparaît, en cette semaine, cet épisode qui est dans les 4 évangiles et qui est tellement étonnant que je vais sauter à pieds joints au-dessus de deux ou trois chapitres pour en arriver à cette histoire qui détone tellement avec tout le reste qu’on ne peut pas ne s’y arrêter…, celui de la femme qui déverse un parfum coûteux sur la tête de Jésus…

(Ça me démange trop et je fais passer à la trappe le temps du texte pour épouser celui de la liturgie et a je vais aussi me laisser diriger par mes réactions sans lire la floraison d’articles qui concernent l’épisode)

En voici donc la version de Marc…

Comme Jésus était à Béthanie, dans la maison de Simon le lépreux, une femme entra, pendant qu’il se trouvait à table. Elle tenait un vase d’albâtre, qui renfermait un parfum de nard pur de grand prix; et, ayant rompu le vase, elle répandit le parfum sur la tête de Jésus.

Quelques-uns exprimèrent entre eux leur indignation: A quoi bon perdre ce parfum?

On aurait pu le vendre plus de trois cents deniers, et les donner aux pauvres. Et ils s’irritaient contre cette femme.

Mais Jésus dit: Laissez-la. Pourquoi lui faites-vous de la peine? Elle a fait une bonne action à mon égard;

car vous avez toujours les pauvres avec vous, et vous pouvez leur faire du bien quand vous voulez, mais vous ne m’avez pas toujours.

Elle a fait ce qu’elle a pu; elle a d’avance embaumé mon corps pour la sépulture.

 Je vous le dis en vérité, partout où la bonne nouvelle sera prêchée, dans le monde entier, on racontera aussi en mémoire de cette femme ce qu’elle a fait.

Une femme extravagante, riche et séductrice ?

Pas de nom et les théories ou supputations…sur qui était cette femme ont fait bon train au cours des siècles…alors un des autres évangiles nous donne un nom mais comme d’habitude Marc ne se mouille pas, il ne nous permet encore moins que les autres évangiles d’essayer de deviner de qui il s’agit, Pourquoi ? On peut imaginer maintes raisons… que les sources auxquelles il avait accès ne la nommait pas…. ou les témoins oculaires auprès desquels il s’était renseigné ne savait pas son nom ou l’avait oublié, ou n’avaient pas voulu le mentionner, ou ne voyaient pas besoin de le faire…

Bref, on ne sait ni qui elle est, ni quel type de relation elle avait eu avec Jésus….rien, elle ne dit absolument rien, mais ce que l’on sait c’est qu’elle lui déverse du parfum sur la tête et pas n’importe quel parfum…pas un petit échantillon ridicule comme celui qu’on vous donne dans une parfumerie même si vous avez dépensé plus de 50 euros pour un flacon de 15 ml…

Pourtant une femme qui vient déverser du parfum cher sur la tête de Jésus…ce n’est pas anodin… ou innocent. Jésus n’était pas un vieillard qui avait passé la force de l’âge, et on ne lui avait pas encore mis l’auréole autour de la tête des images pieuses où il est figé, et si on veut être plus proche du texte biblique, il n’avait pas encore été battu de verges et obligé à porter sa croix, un homme au visage ensanglanté … et dont on naturellement aurait eu pitié et auquel on aurait voulu essuyer le visage…comme dans l’histoire apocryphe du voile de Sainte (bien entendu) Véronique, bien plus conforme à la vision que l’on a de Jésus…

Anonyme sans doute elle l’était, mais il est évident que son geste reflète les sentiments qu’elle avait pour lui, admiration, amour sans aucun doute… amour spirituel, saint et chaste ? On ne devrait pas avoir peur de ;e dire mais elle aurait pu très bien être amoureuse de lui (sans impliquer comme certains qu’elle ait été son amante ce que beaucoup ont un plaisir malin à imaginer) Il n’y aurait rien eu de plus naturel : Jésus était un homme qui attirait les foules, admiré et révéré, un héros populaire pour utiliser notre vocabulaire qui tenait tête aux scribes et aux pharisiens et qui avait été accueilli, quelques épisodes plus tôt par une foule exultante alors qu’il entrait assis sur une bête de somme à Jérusalem qui se préparait pour la fête de la Pâque.

Était-ce une tentative de séduction que ce déversement de parfum sur la tête de Jésus ?

(Si l’église essaie de faire d’elle une femme spirituelle sainte et chaste, les peintres par contre, ne se sont pas gênés dans leur représentation en faisant d’elle une femme sensuelle et séductrice. En réalité ils ont tablé sur l’image plus porteuse de l’évangile de Luc qui met en scène une pécheresse repentie qui essuie les pieds de Jésus avec ses cheveux mais qui n’a rien à voir avec la semaine sainte, ni la Marie dans Jean qui n’a rien d’une pécheresse repentie)

En tout cas, dans la version de Marc, pas de prostituée larmoyante qui se jette aux pieds de Jésus, humble et soumise et les essuie avec ses longs cheveux, image érotique s’il en est une (figure féminine fantasmée par la gente masculine , de la femme belle, soumise, assise aux pieds de l’homme, totalement dépendante de son bon vouloir, sollicitant son pardon même…).

L’épisode ne se prête pas à ce genre de représentation féminine iconique : la femme ne peut-être que debout pour déverser le parfum sur sa tête, plutôt un geste envers une personne dont on reconnaît la royauté, le parfum s’il est une arme de séduction quand il est porté par la femme, est certainement une marque de reconnaissance de la noblesse sur la tête de celui sur lequel il est déversé…Dans ce sens, son geste apparaît comme une prolongation de l’épisode de l’entrée de Jésus à Jérusalem où il a été acclamé comme le fils de David… . C’est sur la tête d’un Jésus roi qu’elle déverse son parfum… c’est sa royauté qu’elle affirme.

Un Jésus féministe ?

Mais quelle qu’eût été son intention ( on ne le saura jamais), la réaction de Jésus n’en est pas moins étonnante : sa défense face aux critiques des personnes présentes montre une empathie avec les sentiments d’une femme qu’on n’attend pas, et on ne s’attend pas non plus à ce qu’il soit sensible à cette démonstration d’amour d’une femme envers lui. On s’attendrait à que ce Jésus, bien souvent austère , ce maître/rabbin/prédicateur que l’on a vu expliquer comment la richesse et le royaume de Dieu n’allaient pas ensemble, décrie autant que les autres ce gaspillage injustifié d’argent.

( Ayant vécu à une époque où les femmes ne recevaient pas de salaire, entendre des hommes faire des reproches aux femmes pour dépenser trop d’argent pour des choses inutiles… semble tellement naturel qu’on n’a pas besoin de faire de commentaire…)

Mais pas du tout…la réaction de Jésus est toute autre : elle est sentimentale. Au lieu de condamner cet acte, essentiellement féminin, de débordement émotif, public en plus, il la défend ! De plus pour la sauver de l’embarras dans laquelle elle se trouve, il donne une interprétation prophétique à son geste dont elle n’est pas elle-même consciente… et il transforme la critique de ses adversaires en un motif de louange…Vraiment, une preuve incroyable de sensibilité envers les émotions d’une femme : d’abord de son élan de générosité mais maintenant de la honte qu’elle peut ressentir face à ces reproches indignés. On n’en n’attendait pas à tant…Mais la cerise sur le gâteau c’est ce qui suit…

Je vous le dis en vérité, partout où la bonne nouvelle sera prêchée, dans le monde entier, on racontera aussi en mémoire de cette femme ce qu’elle a fait.

La demande de Jésus que cette femme et son geste ne soient pas oublié, est encore plus étonnante : dans une culture juive où la tradition orale du « souvenez-vous », prévaut, demander à ceux qui l’entourent de rapporter cet incident pour les générations futures a une valeur et une importance difficile à mesurer. C’est le plus grand hommage que l’on puisse rendre à quelqu’un. Surtout que c’est le seul exemple dans cet évangile, où l’on voit Jésus demander expressément que l’on transmette un message aux générations futures.

( Sur le site internet juif « my jewish learning »on trouve le commentaire d’un article intitulé : « l’importance du souvenir : où l’auteur affirme que « c’est le souvenir qui nous a permis de survivre des milliers d’années d’histoire. Notre religion et notre peuple sont fondés sur la mémoire collective de la révélation à Sinai. Tout au long des écritures on est sommé de se souvenir… »*)

Le corps, c’est précieux

Elle valide en tout cas une approche éminemment féminine de la vie, avec ce qu’elle suppose d’émotivité débordante, de générosité extravagante et d’expression publique de sentiments que d’autres considéreraient impudiques et malvenus dans le Royaume. Mais aussi, il y a une autre dimension à cette affirmation, c’est le fait queJésus affirme la valeur du corpsduquel traditionnellement encore, la femme est la première et presque exclusivement la seule à prendre soin de la naissance à la mort : ce corps qui sera malmené, craché dessus, méprisé, elle le couvre de noblesse anticipant la violence de son agression.

Elle donne de l’importance à ce corps que quelque temps plus tard Jésus offrira comme sacrifice en rompant le pain, rappelant que s’il l’a fait par soumission à la volonté du Père, il ne l’a pas fait le cœur léger. Ce geste, parfumer sur son corps d’une odeur suave et fragrante, a certainement été le bienvenu pour Jésus, une consolation anticipée de la souffrance qu’il allait vivre, une bénédiction envoyée par le Père au Fils qui avait accepté son destin … Elle est la seule dans l’entourage de Jésus à faire ce geste prophétique de réconfort qui affirme son amour et son respect pour lui surtout juste avant la trahison de Judas. Pas étonnant qu’il ait voulu qu’on le rappelle !

* * *

Je dois avouer que ce récit de la femme au parfum dans Marc est une totale découverte  : comme beaucoup, j’avais gardé dans l’esprit l’image de la femme larmoyante, ex prostituée, repentante aux pieds de Jésus essuyant ses pieds avec ses longs cheveux. Je n’étais pas consciente qu’il y en avait des versions si différentes, au point ou quoique certains estiment qu’elles racontent un même événement, d’autres y voient des récits d’événements séparés. (N’étant pas un exégète, je n’ai pas d’opinion là-dessus)

En tout cas la lecture attentive de la scène décrite dans Marc, m’a prise de court, à la fois par le geste de cette femme anonyme, debout, image beaucoup plus digne que celle de la femme repentie et surtout aussi à cause de la réaction de Jésus tellement inattendue dans sa compréhension de sa sensibilité particulière qui détone tant avec celle des autres hommes observateurs de la scène.

Ce qu’il y a de particulier ici, c’est que c’est sa féminité qui est valorisée quand aujourd’hui encore c’est souvent en se masculinisant qu’une femme peut prétendre être prise au sérieux...Il est dommage que dans les églises où règnent encore des disciples et des apôtres, semblables à ceux qui l’ont critiqué on préfère la voir en pécheresse repentie qu’en prophète clairvoyante…

Pourtant, Jésus avait bien demandé que l’on raconte l’histoire de son témoignage en même temps que celle de sa passion…ce qui a été fait sans doute mais pourtant sans en tirer les conclusions ..féministes nécessaires…

Dommage !

(Décidément cet évangile de Marc, il continue à me plaire…)

P.S Citation en anglais complète prise à l’adresse suivante :https://www.myjewishlearning.com/article/the-importance-of-remembering/

PS. Les 4 différents passages qui parlent du parfum versé sur Jésus à lire et comparer. La version de Marc et celle de Mathieu sont très similaires : Marc 14 : 3-11 ; Mathieu 26:6-13. La version de Luc est très différente faisant dire à certains qu’il s’agit d’une autre femme, surtout que ce n’est pas sur la tête de Jésus qu’elle verse le parfum et ce n’est pas pendant la Pâque : Luc 7 : 36-50. Et finalement celui dans l’évangile de Jean : Jean 12:3-8. Ce passage s’apparente plus à celui de Marc et de Mathieu sauf que c’est sur ses pieds qu’est versé le parfum…

Donner et recevoir

Washington DC. Le 20 mars, dans l’autocar

En vrac,

( Les cerisiers sont en fleurs, même dans ce park, mal entretenu, en plein milieu de la ville : le printemps offre sa beauté à tous et à toutes, indifférent au milieu dans lequel il se trouve)

Première fois que je reprends des transports en commun… évidemment la compagnie assure que toutes les précautions sont prises pour lutter contre le Covid-19…masques obligatoires, un siège sur deux occupé, ( dans cette ligne, de toutes façons, cet autocar est toujours vide aux 3/4) aération…

Avant d’arriver à la gare routière, je vois se profiler la coupole du Capitole où se sont passés les événements du 6 janvier. De là, je ne vois pas le périmètre de protection qui l’entoure avec les militaires autour…

Au départ,.. moins de 10 personnes, des étudiants semblent-ils ( c’est fou comme il est facile de situer les gens , par leur manière de s’habiller, de se tenir où même leurs sacs à dos) étant donné qu’il dessert les Universités de la Virginie. Pas d’ouvriers sur cette ligne…

Le chauffeur, un homme d’environ 60 ans qui a dû passer la nuit dans le car ou tout au moins piquait un somme et qui ouvre les portes après qu’une employée frappe à sa porte… a un masque … et vérifie tout avant de me laisser entrer….( je me demande si lui a été vacciné… je suppose que oui à grâce à son travail…appartenant à la communauté afro-américaine qui se méfie des plans de santé gouvernementaux je ne sais s’il a été réticent et ou si c’est obligatoire pour travailler dans cette entreprise)

(À propos du coronavirus, où voulez-vous partir en voyage a demandé le professeur l’autre jour, sur l’écran de l’ordinateur où des enfants de 5 ans essaient de suivre leur cours…chacun chez eux…. Ma petite fille appuie sur l’icône « unmute » de son ordinateur et répond  : dans un pays où il n’y a pas le coronavirus….comme quoi les enfants...)

La veille,

Dans le quartier, il y a eu devant une école fermée, une distribution de nourriture gratuite : dans un grand sac en plastique, on y voyait et c’est ce qui m’a étonné, des produits de qualité : bouteille de lait, vrai beurre, fruit, légumes. On m’en a proposé un… et moi qui promenais mes petits-enfants j’ai d’abord refusé. Étant surprise que l’on me le propose et sachant qu’on n’en avait pas besoin…mais je me suis sentie mal à l’aise quand même ( c’était deux jeunes qui faisaient la distribution et demandaient l’adresse et le nom des personnes auxquelles ils donnaient ces denrées) une manière de dire….mais je ne suis pas pauvre moi !

(je dois avouer quand même que quand j’ai vu ce morceau de beurre et que je savais qu’il n’y en avait plus dans le frigidaire, j’en ai eu envie!)

Mais ça n’en est pas resté là…

À côté de moi, il y avait une vieille dame du quartier qui marchait avec une canne et à qui on a donné aussi un de ces grands sacs…alors que j’expliquais que je n’étais pas du quartier, que je n’étais que de passage etc…elle a dit aux jeunes de m’en donner un, et m’a sommé de le prendre … tout le monde a le droit d’en avoir un dans sa rue à elle, et en plus on ne refuse pas de la nourriture gratuite ! Elle a ajouté que je pouvais donner les denrées à un des voisins qui en voudraient certainement…

On a parlé et elle m’a montré où elle habitait dans cette rue, anciennement presque peuplée à 100 % par la communauté afro-américaine comme beaucoup de quartiers de la ville de Washington. Ces 20 dernières années, le phénomène de gentrification a fait que d’anciennes maisons en mauvais état que les propriétaires avaient du mal à entretenir ou qui étaient endettés ont été rachetées pour une bouchée de pain par des sociétés immobilières qui les ont démolies et ont construit des petits immeuble avec 2 ou 3 appartements à leur place…D’autres, ont été aménagées par des propriétaires plus fortunés…ceux qui n’ont pas besoin qu’on leur donne de nourriture gratuite parce qu’ils en ont assez…

(Il semble que la distribution de nourriture était organisée par une association de l’école pour les habitants du quartier)

Finalement, j’ai donc accepté les denrées mais me suis sentie une fois de plus mal à l’aise quand on m’a demandé à moi cette fois-ci mon nom et l’adresse…(certainement pour des raisons légitimes) et j’ai été les remettre aux voisins d’Amérique latine du sous-sol ( où on entendait de la musique, les autres locataires étant absent) en leur signalant qu’il y avait une distribution de nourriture. Je doute qu’ils y soient allés car ils sont méfiants n’ayant peut-être pas leurs papiers en règle, je peux imaginer que ça leur ferait peur de donner leur identité.

D’un côté de la rue, une communauté noire, citoyens du pays mais avec toutes les discriminations que l’on connaît et de l’autre, une communauté d’Amérique latine qui elle vit cachée parce que sans papiers…et ici et là…d’autres encore dont peu s’implantent de manière permanente. Avec la pandémie, et le télétravail, vivre à Washington même pour limiter les déplacements, n’est plus autant un atout…et tout autour beaucoup de restaurants ont fermé, alors qui sait ce que ce quartier qui était en plein essor deviendra…

Il y a toute sorte de pauvreté en tout cas  même si le mot pauvre ne colle pas…pour décrire ni les uns, ni les autres…ils ne ressemblent d’aucune manière à ses êtres déshumanisés… que l’on le voit sur ses images dont on nous bombarde à la TV pour que l’on contribue à des projets dans des pays que l’on ne connaît pas…

Donner et recevoir…

Moi. Je n’en ai pas besoin, donnez-le aux autres :

Attitude qui paraît altruiste mais ne l’est pas du tout ; une manière de dire, je ne fais pas partie de ceux-là…pour qui me prenez-vous?

Rien de plus humiliant par certains côtés que d’être obligé d’accepter de la nourriture…(quand on se croit mieux que cela…)

Bienheureux les pauvres en esprit dit Jésus….

Tant pour celui qui donne que celui qui reçoit…

Me voilà corrigée !

P.S Partager, par contre, c’est tout autre chose, tout le monde est gagnant : combien de pains et de poissons avez-vous demanda Jésus aux disciples avant de faire le miracle de la multiplication des pains… 

La richesse: un piège

11 Mars 2021

Le thermomètre est monté jusqu’à 20 ! J’y crois vraiment maintenant au printemps…et l’idée du careme ne s’accorde pas avec l’ambiance de fête de la nature dehors

Marc 10 : 23-27

Jésus, regardant autour de lui, dit à ses disciples: Qu’il sera difficile à ceux qui ont des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu! Les disciples furent étonnés de ce que Jésus parlait ainsi. Et, reprenant, il leur dit: Mes enfants, qu’il est difficile à ceux qui se confient dans les richesses d’entrer dans le royaume de Dieu! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. Les disciples furent encore plus étonnés, et ils se dirent les uns aux autres: Et qui peut être sauvé?  Jésus les regarda, et dit: Cela est impossible aux hommes, mais non à Dieu: car car tout est possible à Dieu.

La leçon

La rencontre ratée avec le jeune homme riche ( on ne dit pas jeune dans l’évangile de Marc), a fini tristement. Mais l’épisode est loin d’être terminé car il est l’occasion pour Jésus de faire un commentaire sur ce qui vient de se passer et d’enseigner à ses disciples, une éthique qui continue à être exigeante, bien enracinée dans la situation concrète de cette rencontre qu’ils vivent dans la Palestine du 1er siècle.

Quand il s’agit d’enseignement, il est difficile pour nous de penser autrement que dans le cadre d’un univers statique, où un professeur fait un discours et face à lui se trouvent des étudiants qui l’écoutent attentivement. L’endroit où ils se trouvent apparaît être un lieu fermé, retiré de la vie réelle, un espace à part, séparé du monde dans lequel on vit et lutte au quotidien. Quand on en sort, on se retrouve dans une autre réalité où les leçons du professeur perdent de leur consistance et de leur pertinence ( les sermons aussi, bien souvent)

Dans cet évangile, les enseignements de Jésus se font en chemin et à l’occasion de rencontres ce qui leur enlève énormément le poids de vérités acérées sur des thèmes préparés à l’avance. Pas d’annonce du style « Aujourd’hui on va parler des problèmes de la richesse » Rien de tout cela ! Et c’est vraiment dommage que ce soit la manière dont on aborde les textes évangéliques en ajoutant souvent des titres pour les mettre à l’intérieur d’un cadre abstrait, artificiel d’un concept ou d’un thème. Ce n’est jamais comme ça que ça se passe dans la vie, en tout cas dans le texte de Marc.

On a un homme que l’on découvre avoir de grands biens et qui vient interroger Jésus sur le thème de la vie éternelle et celui-ci lui répond en lui proposant de devenir un de ses disciples : c’est seulement face à son refus que la leçon va être donnée, d’abord la réaction de Jésus qui va se désoler des effets de la richesse, ensuite la contastation qu’elle est un obstacle pour entrer dans le royaume de Dieu,

Jésus, regardant autour de lui, dit à ses disciples: Qu’il sera difficile à ceux qui ont des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu!

la réaction des disciples

En un deuxième temps, on a la réaction des disciples qui certainement n’appartenaient pas à la même classe sociale que cet homme.Les disciples réagissent comme l’homme de la rue, qui aimerait être riche et vivre dans les conditions de vie privilégiées de celui que Jésus vient de rencontrer : comment se fait-il qu’il soit difficile d’avoir la vie éternelle pour lui qui est riche, lui pour qui tout est facile, lui qui peut tout acheter? Comment est-il possible qu’être riche puisse nous nuire ? Leur réaction est tout à fait plausible et cohérente comme l’a été celle de celui qui décide de ne pas suivre Jésus . Cette réaction de surprise elle est répétée deux fois…mettant en exergue le caractère inusuel des valeurs prônées par Jésus.

En ce qui concerne la question de la richesse, il n’y a pas dans la tradition du judaïsme un éloge de la pauvreté. On a cette attitude très sage que l’on trouve dans le livre de Proverbes :

Ne me donne ni pauvreté, ni richesse, Accorde-moi le pain qui m’est nécessaire. De peur que, dans l’abondance, je ne te renie Et ne dise: Qui est l’Eternel? Ou que, dans la pauvreté, je ne dérobe, Et ne m’attaque au nom de mon Dieu.

Cependant, à l’époque de Jésus, les Esséniens préconisaient de vivre pauvrement et dans la secte juive d’ou nous viennent les documents du Qmran, il y avait aussi une éthique de pauvreté. L’idée n’est donc pas totalement nouvelle mais la réaction des disciples montre quand même qu’elle n’était pas monnaie courante en tout cas dans le milieu auquel appartenait les disciples.

Jésus comme il l’a fait avant pour la question du divorce, ne tempère pas ce qu’il vient de dire mais il redouble sur le thème en donnant l’illustration du chameau (le trou de l’aiguille étant une porte de la ville)

 Les disciples furent étonnés de ce que Jésus parlait ainsi. Et, reprenant, il leur dit: Mes enfants, qu’il est difficile à ceux qui se confient dans les richesses d’entrer dans le royaume de Dieu! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. Les disciples furent encore plus étonnés, et ils se dirent les uns aux autres: Et qui peut être sauvé?  Jésus les regarda, et dit: Cela est impossible aux hommes, mais non à Dieu: carcar tout est possible à Dieu.

Dans sa réponse Jésus explique la raison de cette difficulté quand il parle de « la confiance dans les richesses ». C’est la pierre de touche de son raisonnement : comme on l’a noté auparavant, quand on a tout, on n’a pas le sentiment d’avoir besoin de Dieu, on ne s’inquiète pas du lendemain mais surtout on a beaucoup à perdre quand poursuivre les valeurs du royaume de Dieu risque de mettre en danger ce que l’on a et dont on ne veut pas se séparer. On n’est pas libre de parler en vérité et d’agir avec intégrité si on a peur de confronter les personnes qui contrôlent nos ressources financières.

Il n’y a même pas besoin d’être spécialement chrétien pour le comprendre: à travers, l’histoire, il y a eu ces hommes et ces femmes qui ont tout risqué pour défendre le droit des autres. Accepter de renoncer à tous ses biens, n’est pas une condition propre à ceux qui veulent être disciples du Christ, car ici Jésus énonce un principe universel que connaissent ceux qui ont voulu « changer le monde » : pour réussir une révolution, il faut être prêt à tout donner.

Et comme l’histoire le démontrera, c’est grâce à la force de ce renoncement qui les conduira au martyre (et pas grâce au pouvoir de l’argent ni des armées), que ce petit groupe de disciples insignifiants fera que le message de Jésus deviendra l’église universelle qui inclut des millions de gens dans le monde entier aujourd’hui. Le miracle de l’expansion du christianisme est celui-là.

Malheureusement quand on étudie l’histoire du christianisme, on nous la raconte comme une succession de conquête militaires territoriales où l’évangélisation suit l’avancée des armées une conception fausse car c’est plutôt le contraire qui s’est passé. On oublie que sans ses hommes et ses femmes, ses premiers disciples ( et je ne veux pas dire que les 12 ) prêts à tout sacrifier comme Jésus le leur avait enseigné, le message de l’évangile serait tombé dans la désuétude. Les conquêtes militaires, elles sont venues bien après !

La richesse : un obstacle

La richesse, un obstacle, c’est ce que je retiens dans cet enseignement de Jésus : un obstacle parce son acquisition bouffe toute notre énergie au détriment de causes plus valables, un obstacle, parce qu’elle nous rend timoré et nous enseigne la peur de perdre la fausse sécurité qu’elle nous prodigue, un obstacle surtout, parce-qu’elle nous enlève la liberté de parole et d’action du prophète que nous sommes tous appelés à être à un moment donné de notre vie si nous décidons de le suivre.

Pour les disciples , le baptême par le feu a été l’arrestation de Jésus….. et le grand encouragement pour nous, c’est que s’ils n’ont pas été à la hauteur, à ce moment là,  ils le seront plus tard: avec Jésus on peut tomber et se relever, ou plutôt être relevé quand on accepte de prendre sa main qui nous est tendue.

Mais on en n’est pas encore là dans l’histoire…

P.S Qui sait si cet homme que Jésus a rencontré n’a pas plus tard décidé de faire le grand saut, on ne le sait pas … un beau sujet de roman pour ceux qui savent les écrire…

Article qui traite de l’attitude des Esséniens sur la pauvreté: Broshi, M. (2000). MATRIMONY AND POVERTY: JESUS AND THE ESSENES. Revue De Qumrân, 19(4 (76)), 629-634. Retrieved March 12, 2021, from http://www.jstor.org/stable/24662972

Pandémie et Folie humaine

16 mars 2021, Washington D.C

Ici en pleine ville, on ne voit pas le printemps… surtout que le temps s’est rafraîchi… malgré tout, on entend les oiseaux quand les sirènes sont silencieuses…

Tout le monde a marqué d’une manière ou d’une autre, l’anniversaire du jour où l’épidémie du Covid-19 a été déclarée une pandémie…et essaie de proposer un bilan….

Alors que de ce côté de l’Atlantique, on voit le bout du tunnel et on a l’impression que des jours meilleurs arrivent, cette fois-ci, c’est de l’autre côté que les choses ont l’air de mal se passer : je n’y comprends rien…chiffres qui remontent, polémiques autour d’un vaccin, les informations que je lis vont dans tous les sens et aussi ce que j’entends de mes proches… C’est difficile de se faire une idée…

Ce qui m’interpelle le plus c’est la guerre des informations : qui croire est la grande question, quels médias, quels réseaux sociaux… Entre les négationnistes et les alarmistes, on a toute la gamme… on navigue dans des eaux encombrées de médecins, d’experts, de chercheurs divers qui se contredisent et la politisation à outrance d’un phénomène pourtant bien concret où chiffres, statistiques, observations au microscope ne devraient pas conduire à des conclusions et des avis tellement contradictoires…Et pourtant…

Comment en est-on arrivé là ?

C’est vraiment la faillite du progrès humain, ou plutôt de l’arrogance des discours sur les avancées scientifiques : si on considère qu’avoir un vaccin si vite est un exploit, il y a eu tellement de ratés dans cette histoire et il continue à y en avoir tellement qu’on aurait tort de se féliciter.

L’être humain est vraiment une créature étrange, un tissus de contradiction, de sagesse et de déraison, de bonté et de cruauté, d’intelligence et d’ignorance…et on pourrait continuer à les énumérer et les citer ces contradictions…la liste risquerait d’être bien longue

Blaise Pascal, lui a su le dire avec tellement d’éloquence !

Alors, voilà quelques unes de ses citations pour se faire plaisir :

Les hommes n’ayant pu guérir la mort, la misère, l’ignorance, ils se sont avisés, pour se rendre heureux, de n’y point penser.

Les hommes sont si nécessairement fous, que ce serait être fou, par un autre tour de folie, de n’être pas fou.

Incompréhensible que Dieu soit, et incompréhensible qu’il ne soit pas.

À méditer!