Un nouveau départ?

Le 25 janvier 2020, à la campagne, de retour chez nous…

Un nouveau chapitre pour l’Amérique ?

C’est comme une nouvelle ère, un nouvel an, un moment d’espoir où l’on peut effacer tout et recommencer à 0.

Ça fait plaisir de penser à cela même si l’on sait que ce n’est pas vrai…

Biden n’est pas le messie (et le messie quand il est venu on l’a crucifié)… et puis on ne peut pas effacer tout d’un coup 4 années où la haine et l’incivilité ont eu pignon sur rue… les écuries d’Augias, on ne pourra pas les nettoyer en un seul jour… alors on se prend à regarder derrière soi inquiet que la vague de boue d’hier revienne nous ensevelir…

( et hier dans la litanie de prières offerte par les membres de la congrégation, dans ce culte sur le parking, il était nommé, l’homme à la chevelure orange et remercié pour ses grands services à l’État… je me suis dit à ce moment-là que c’était pas gagné !)

Et on pourrait craindre aussi que les résistants d’hier se lâchent un peu trop et risquent de devenir les vainqueurs arrogants de demain…

On peut quand même être soulagé à l’heure qu’il est…

Par contre, on n’arrive toujours pas à se faire vacciner…

On entend autour de nous des rumeurs de personnes qui ont pu se faire vacciner, mais même si on a envoyé nos coordonnées au centre régional du coin : rien… impossible de trouver des informations pour savoir où l’on peut se le faire inoculer ce fameux vaccin…

Parait-il finalement me dit une amie que les vaccins se font rares dans notre région… mais qu’ils sont distribués dans le comté voisin à plus de 40 km de route… et qu’ aussi dans l’État de l’Alabama, ou de la Caroline du Nord grâce à toutes ces personnes qui ne croient pas au vaccin … il y en a plein ! Eux ils en ont trop !

Dommage de vivre ici dans un lieu où les gens ne sont pas anti-vaccins !

Pendant ce temps-là, j’entends de plus en plus parler de personnes qui l’ont attrapé ce fichu virus même une amie en maison de santé qui avait pourtant déjà eu une première dose : en quarantine, diabétique. atteinte du cancer, je tremble pour elle

Ça me fait penser à l’hécatombe qu’il y a eu dans les populations civiles alors que se profilait la libération après le débarquement : c’est toujours la dernière ligne droite qui est la plus difficile et le dernier assaut qui est le plus meurtrier…

Mais pour ceux qui ne sont pas infectés. la vie suit son cours,

Alors pourquoi ne pas laisser de côté le cynisme, le défaitisme, le pessimisme,

et croire en la possibilité d’un nouveau départ,

une nouvelle aube,

(comme celle de ce matin)

Comme le suggère Nouwen dans ses méditations:

« Comme point de départ, j’ai choisi les mots de Jésus « Ne nous inquiétez pas ». L’inquiétude fait tellement partie de notre vie quotidienne qu’une vie sans préoccupations semble non seulement impossible mais même indésirable. On se dit que ne pas avoir de soucis n’est pas réaliste ou pis encore, dangereux [. . .]

En nous donnant ce conseil radical et chimérique, Jésus ouvre la possibilité d’une vie libre de soucis ou tout peut redevenir nouveau »

Alors rêvons un peu ou mieux encore, croyons !

Et voilà la neige qui se met à tomber…c’est de bonne augure pour la journée de demain !

Inauguration and celebration

19 janvier 2021 banlieue de Washington D.C.

Veille de l’inauguration… c’est une question d’heures pour que l’ancien président perde tous ses pouvoirs…il quittera la Maison Blanche à 7 heures du matin car à midi pile, il ne pourra plus bénéficier de l’avion présidentiel, il faut donc qu’il soit arrivé en Floride avant ça…Il voudrait avoir un défilé militaire à l’aéroport militaire d’où son avion va partir pour son au-revoir aux troupes et parait-il à quelques autres invités…on verra…

La page qui parle des cérémonies religieuses qui vont accompagner l’inauguration du nouveau Président offre un éventail différent de pasteurs, prêtres et même religieuses reflétant les priorités du nouveau gouvernement… lutte contre la pauvreté au lieu de l’avortement entre autres, ( je reconnais quelques noms, de l’aile gauche des évangéliques mais aussi les pasteurs presque traditionnels, j’ai envie de dire des églises noires américaines où la question de la justice a toujours été alliée au message du salut individuel) et on rappelle combien le Président est un catholique « pratiquant, traditionnel » qui va à la messe tous les dimanches mais aussi le jour des fêtes d’obligation…( un concept difficile à expliquer pour des non catholiques) malgré les accusations de communisme qui ont accompagné sa campagne électorale. Est aussi mentionné que la vice-présidente est mariée à un juif et elle qui a été élevée dans l’hindouisme et le Christianisme par une mère indienne, se revendique baptiste..

Difficile donc de dire qu’ils sont tous des suppôts de Satan, ce que pourtant la horde de conseillers religieux du président sortant ne s’empêchera pas de faire, mais pas étonnant non plus car à travers les siècles, hérétiques et contre hérétiques se sont jetés l’appellation à la figure dans leurs batailles de pouvoir sous couvert de préoccupation d’orthodoxie théologique. Surtout qu’en même temps dans les titres du Washington Post, était l’annonce que Biden avait choisi comme un des membres de son cabinet pour la santé, un docteur transgenre…de quoi alimenter les peurs de l’équipe des sortants…

Alors qui sont les vrais chrétiens ? Quels sont ceux qui sont fidèles au message de l’évangile ? Lesquels représentent le mieux Jésus Christ ?

Les partisans de Trump ont cru être ceux-là pendant 4 ans et annoncent l’apocalypse après leur départ et ceux de Biden qui les remplacent aujourd’hui croiront à leur tour l’être aussi pendant les 4 années suivantes…

Mais heureusement, Jésus personne ne peut l’enfermer ni le posséder, il est la lumière qui continue à briller en haut de la montagne, et dont le destin ne dépend pas de l’histoire des puissants qui eux vont et viennent et sont bien incapables d’en protéger la lueur comme voudrait nous le faire croire pourtant toutes ces personnalités religieuses qui gravitent autour d’eux.

Alors, en cette veille d’inauguration où moi et beaucoup d’autres poussons un immense soupir de soulagement, c’est finalement Lui, lumière qui ne s’éteint jamais, que j’ai envie de célébrer demain… un verre de champagne à la main!

Qui n’est pas contre nous…

21 janvier 2021 (banlieue de Washington D.C.)

(Pas de violence à déplorer en ce lendemain d’inauguration du nouveau président…faut dire qu’ils avaient mis le paquet…25.000 troupes …. pour protéger la démocratie…quel paradoxe…je dois avouer que j’en ai marre de voir tous ces drapeaux américains partout et d’entendre tous ces discours patriotiques sur la grandeur des États Unis…j’ai eu ma dose…. De quoi en avoir une indigestion !)

Marc 9 : 38-41

En vrac ?

Quand on aborde les versets suivants, on a vraiment un ensemble de déclarations de la part de Jésus qui donnent l’impression d’avoir été jetées pèle mêle les unes à la suite des autres. Face à cette disparité soit on peut retourner à la critique de Papias sur l’évangile de Marc qui disait que si Marc avait rapporté fidèlement les propos de Pierre sur Jésus, il ne l’avait pas fait d’une manière très ordonnée, soit on peut trouver un agencement subtil de déclarations qui cherchent à renforcer une idée force qui ne serait pas apparente et que les exégètes contemporains auraient récemment découvert.

D’un autre coté, je me rends compte quand j’écris un blog, qu’il faut vraiment faire un effort pour ramener ce qui s’est passé dans une journée sous une même unité, car si on est en chemin, comme l’étaient les disciples, ce qui conduit nos réflexions ce sont les personnes et les événements que l’on rencontre et non pas une idée force que l’on pourrait dérouler du début à la fin sur un thème précis.

On pourrait dire la même chose d’une certaine manière pour les souvenirs qui nous viennent à l’esprit et que l’on sollicite pour écrire : le choix que l’on fait est certainement conduit par des circonstances qui existent hors du texte rédigé. Quand Marc a dû écrire son évangile, il ne l’a pas fait tout d’une traite…et ce qui se passait dans sa vie et celle de la communauté autour de lui, l’a rappelé de ne pas omettre telle ou telle histoire…il y a certainement eu des interruptions dans sa rédaction…on ne peut évidemment que les imaginer.

Jean lui dit: Maître, nous avons vu un homme qui chasse des démons en ton nom; et nous l’en avons empêché, parce qu’il ne nous suit pas.

 Ne l’en empêchez pas, répondit Jésus, car il n’est personne qui, faisant un miracle en mon nom, puisse aussitôt après parler mal de moi.

Qui n’est pas contre nous est pour nous.

Ici, les circonstances de la déclaration de Jésus est donnée comme étant liée à un événement précis qui suit le fil conducteur de la formation au discipulat des 12 qui ont été choisis : c’est Jean (plutôt que Pierre) qui rapporte à Jésus qu’ils ont rencontré un usurpateur qui utilise « le nom de Jésus » (un label qui ne lui appartient pas) et qu’ils ont jugé de leur devoir de l’en empêcher.

Mon premier réflexe est d’ironiser en pensant à la chasse que l’on fait dans nos pays riches aux produits de contrefaçon pour protéger les grandes marques de luxe. On explique bien comment on peut s’assurer que le nom apposé sur l’objet ou son logo appartient bien à la marque en question. Ayant vécu en Amérique du Sud où beaucoup de pièces de vêtements étaient fabriquées dans des ateliers de fortune par des gens qui étaient mal payés, mais qui une fois arrivés aux États Unis ou en Europe recevaient le label de la marque prestigieuse en question où on ne faisait qu’y mettre une touche ultime, mon attitude a toujours été sceptique quand ces grandes entreprises se plaignaient du manque à gagner à cause de cette concurrence déloyale…

Ici, j’aimerais quand même en savoir plus, concrètement parlant. La question que je me pose est de savoir quelle relation avait ou avait eu avec Jésus cette personne solitaire qui chassait les démons et qui utilisait son nom. Faisait-il partie de ces disciples mentionnés auparavant auxquels il avait donné le pouvoir d’expulser les démons et dont on ne nous donne pas le nombre ni le nom mais qui n’appartenait pas à la garde rapprochée des 12 ? Ou était-il un observateur malin qui ayant vu le pouvoir de Jésus, a utilisé son nom comme une stratégie pour réussir ses expulsions de démon ? Cela voudrait-il dire, comme l’enseignent certains que le fait d’ajouter à la fin d’une prière la formule « au nom de Jésus Christ » sans plus ni moins, mode formule magique on est sûr d’être exaucé ?

L’identité de cette personne ne nous est pas expliquée et comme d’habitude Marc ne nous donne pas les détails que l’on voudrait avoir, pas facile donc de tirer des conclusions. Ce qui compte ici, c’est la réponse que Jésus donne aux disciples qui une fois de plus est l’occasion d’un enseignement et d’un éclaircissement et il faudra donc s’en satisfaire.

Ne l’en empêchez pas, répondit Jésus, car il n’est personne qui, faisant un miracle en mon nom, puisse aussitôt après parler mal de moi.

Jésus ne semble pas du tout concerné par la question de savoir s’il utilise un pouvoir mal acquis. usurpé ou frauduleux pour obtenir des résultats: c’est totalement absent de sa réponse ce qui me fait me rendre compte à quel point on est nous obsédés par les questions de pouvoir et d’autorité.

Ce qui est au centre de sa réponse est toute autre : «  il ne dit pas du mal de moi » Ce n’est même pas la question de savoir s’il croyait ou proclamait que Jésus était le Messie, l’expression négative donne l’impression d’une opinion a minima. Peut-être faut-il se souvenir pour mieux comprendre qu’il y avait des personnes ( les scribes) qu’il a accusé de blasphème parce qu’ils disaient que Jésus chassait les démons grâce à Satan ? Et la phrase suivante suggère-t-elle qu’il y avait tellement de gens qui étaient contre lui qu’il serait suffisant de ne pas l’être pour être acceptable ? Pour ceux qui ont vu Jésus en chair et en os, serait-il qu’il n’y avait pas de terrain neutre, on était pour ou contre lui ?

Qui n’est pas contre nous est pour nous.

La formule frappe très fort quand même et va très loin…

Tellement loin que quand on lit les commentaires sur ce passage, beaucoup s’empressent d’expliquer que cela ne veut pas dire que…. l’on ne peut pas condamner un tel ou un tel dont la théologie est douteuse…

Qui saura toutes les nuances ou toutes les applications pratiques que l’on pourrait donner à cette affirmation ?

Et quiconque vous donnera à boire un verre d’eau en mon nom, parce que vous appartenez à Christ, je vous le dis en vérité, il ne perdra point sa récompense

Ce verset qui suit serait-il une application de ce que Jésus vient de dire ? On retrouve le « en mon nom » mais cette fois-ci c’est de quelque chose totalement différent dont il s’agit puisque l’on parle d’un geste de compassion en faveur de ceux qui suivent le Christ, les disciples qui l’entoure et avec lesquels il parle. Pourtant, il y a semble-t-il ce fil conducteur, ce même critère de la reconnaissance de la personne de Jésus, de la reconnaissance de qui il est, de son importance qui justifierait la récompense de ceux qui servent ceux qui le suivent les mettant du bon côté de l’histoire.

Ceux que l’on veut exclure, il y en a toujours…

Le raisonnement des disciples et leurs réactions, une fois de plus révèlent combien on aime faire partie de cliques, combien on a tendance à exclure facilement, combien on aime être les seuls à avoir droit à, surtout quand il s’agit de pouvoir et d’autorité…et une fois de plus aussi Jésus nous oblige à nous remettre en question, et à voir la poutre qu’on a dans l’œil au lieu de la poussière dans celui de l’ autre…

Pas facile d’être un disciple de Jésus hier comme aujourd’hui!

Sabbat au milieu de la tempête

Le 16 janvier

Un sabbat au milieu de la tempête…

La tempête

La tempête continue au fur à mesure que l’on apprend qui a participé à l’assaut du Capitole et que l’on découvre qu’il y avait d’anciens militaires et même des policiers en congé et qu’il y aurait eu des membres du Congrès qui leur auraient facilité la tâche…

Et s’il y avait besoin de prouver que cette foule était sûre de son impunité et convaincue de ses droits, il suffit de voir les centaines de photos qu’ils ont posté sur facebook et les selfies qu’ils se sont pris alors qu’ils forçaient l’entrée du Capitole…et bien entendu, comme ils ne portaient pas de masques, aujourd’hui ils facilitent le travail au FBI…et les arrestations se multiplient.

Si ce n’est pas la preuve que ça nous plaise ou pas qu’il existe ce qu’on appelle le « white privilege » je ne sais pas ce qu’il faudrait de plus pour le démontrer et aussi que Trump soutenait les adeptes des théories néo-nazis, racistes (même si à titre privé il n’était pas raciste parait-il) … Ils savaient qu’il était de leur côté et c’est pour cela qu’ils ont avancé à visage découvert…

Cet acte de sédition, c’est vraiment la réplique aux manifestations de l’été de Black Lives Matter…dont l’élection de Joe Biden représente la victoire. La majorité blanche d’antan a perdu le contrôle du pays ce qui est d’autant plus inquiétant pour les Blancs qui ne sont pas riches, car les riches tirent toujours leur épingle du jeu.

Ils ont eu peur quand ils ont vu ces foules de Noirs et de Blancs manifester cet été et cette élection perdue a confirmé leurs peurs, alors ils ont voulu reprendre littéralement le pouvoir en organisant un coup d’État,car il semble de plus en plus évident que cet assaut était bien organisé.

(Malheureusement les évangéliques qui n’ont jamais voulu reconnaître le problème du racisme systémique dans leurs rangs, se sont laissés prendre dans leur filet, et ceux qui réagissent maintenant et reconnaissent leur tort sont l’objet d’insultes et même de menaces de mort)

A l’heure qu’il est, Washington est devenue une ville militarisée et l’inauguration d’un président qui d’habitude est une grande fête en plein air, sera un événement sous haute surveillance avec des rues barrées, des ponts totalement fermés à la circulation, des barrières partout surveillées par des militaires habillés en tenue de combat, et la maire de Washington demande à la population de rester chez elle et surtout ne pas participer aux festivités…qui ont été réduites au minimum…

(Pire peut-être, on se demande si lundi jour férié en honneur de Martin Luther King, et de sa marche d’un million de personne sur Washington, sa mémoire pourra être célébrée, surtout quand ce jour là un prisonnier noir sera exécuté, l’administration de Trump s’étant empressé dans ses derniers jours d’ordonner de nombreuses exécution de prisonnier dont la peine de mort avait été suspendue par les gouvernements précédents)

Bref quel fin de règne lugubre, on continue à vivre dans l’incertitude … ce n’est que le 20 janvier après que le nouveau président aura prêté serment, qu’il pourra devenir le chef des armées et le pouvoir de l’autre sera fini…à moins qu’on lui redonne son compte twitter et en ce cas,… qui dira ce que la force des mots pourra accomplir…car si on en croit l’apôtre Jaqcues :

« De même, la langue est un petit membre, et elle se vante de grandes choses. Voici, comme un petit feu peut embraser une grande forêt. La langue aussi est un feu; c’est le monde de l’iniquité […] mais la langue, aucun homme ne peut la dompter; c’est un mal qu’on ne peut réprimer; elle est pleine d’un venin mortel. »

Que Dieu nous en épargne !

Le Sabbat

Mais aujourd’hui c’est le sabbat et je ne démords pas du psaume 103…

Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre,
autant l’amour de Dieu dépasse tous ceux qui le révèrent.

Autant l’Orient est loin de l’Occident,
autant il éloigne de nous nos mauvaises actions.

Et, comme un père est plein d’amour pour ses enfants,
l’Éternel est rempli d’amour pour ceux qui le révèrent:

il sait de quelle pâte nous sommes façonnés,
il se rappelle bien que nous sommes poussière.



C’est cette dernière phrase qui me touche, car elle reconnaît notre inconstance, notre difficulté à rester concentré, notre facilité à être inquiet, à être envahi par le doute, à nous laisser emporter par n’importe quel tourbillon…

L’homme… sa vie ressemble à l’herbe,

à une fleur des champs: la voici qui fleurit!

Qu’un vent souffle dessus, la voilà disparue!

D’une manière ou d’un autre on est tous à un degré plus ou moins élevé…. bipolaire…

Aujourd’hui on se sent confiant, sûr de soi, sûr de l’avenir, calme et serein et tout à coup, le lendemain ou quelquefois le soir même, on se remet à douter, à avoir peur, à s’emporter, à se laisser prendre par la colère…

Il suffit d’un rien pour nous déstabiliser

Facilement troublés, déstabilisés…me viennent à l’esprit ces vers de Verlaine :

Et je m’en vais – Au vent mauvais – Qui m’emporte – Deçà, delà, – Pareil à la – Feuille morte.

Au contraire dit le texte

La fermeté, la sécurité, elle est là…

Éternel, ton amour est là depuis toujours et durera toujours pour ceux qui te révèrent.

Ta loyauté demeure à l’égard des enfants de leurs enfants.

(Non seulement pour nous aujourd’hui mais pour la génération suivante …)

A méditer,

A se le répéter,

Tout au long du sabbat

Pour après, dormir en paix.

C’est la pagaille!

Le 11 janvier 2021, la Virginie

J’ai commencé cette semaine qui risque d’être fort agitée, par une méditation, histoire de poser les pieds sur la terre ferme avant de faire face à ce chaos médiatique et politique à ma porte…

D’un côté

Que tout mon être loue l’Eternel,

sans oublier aucun de ses bienfaits.

On oublie, on oublie tellement vite,

Petits et grands bienfaits

Les rayons de soleil inattendus un jour de pluie, le calme soudain au milieu de la tempête, le bouton d’une fleur qui perce la neige, un jour de grand froid

le moment de répit au milieu de la nuit,

le sourire aimable, un jour maussade

Et les grands,

Les vrais miracles

Ceux qui nous ont littéralement sauvés quand on était au bord du précipice,

Ceux qu’on ne peut expliquer par des circonstances fortuites

Ceux pour lesquels on a dit merci promettant de ne jamais oublier

Mais que l’on oublie quand même…

Et de l’autre côté…  juste devant ma porte

Réseaux sociaux muselés…

On vit un véritable tsunami dont on ne sait qui sortira indemne… c’est un tourbillon de dépêches, d’articles d’interview, de menaces, d’expression de colère et d’indignation, de prédictions sur les retombées possibles de la prise d’assaut du Capitole avec des noms d’hommes politiques qui voltigent dans tous les sens…

Ce qui est inquiétant, c’est qu’il y a encore des menaces dans l’air envers le vice-président qui avait jusque là était le soutien indéfectible du président mais qui finalement a fait son devoir le jour de la certification du vote : pendez-le disent certains sur les réseaux sociaux, pour haute trahison…

Ce qui est passionnant c’est de voir que finalement les réseaux sociaux reconnaissent leur responsabilité dans la diffusion des appels à la violence et à la propagation de fausses rumeurs…et tout à coup par décision de ce secteur privé si puissant, le Président et ses acolytes sont privés de leur moyen de communication préféré !

C’est d’autant plus intéressant que le Président a toujours la possibilité de s’adresser directement à ses concitoyens par les méthodes traditionnelles de communication : il peut faire des déclarations à la radio, à la télévision, il peut faire une conférence de presse, personne ne peut l’empêcher de parler, personne ne peut le censurer ni lui enlever son droit de parole….

Ce n’est pas par un arrêté de la cour de Justice, ni du parlement ni de quelque autre autorité politique ou institutionnelle que ce soit mais par la décision du secteur privé des grands patrons des réseaux sociaux.. ces fameux médias que le Président passait son temps à dénigrer mais sans lesquels il ne pouvait exister, ironie suprême…et donc tout Président qu’il soit, il ne les contrôle pas même s’il va essayer de les poursuivre en justice…Sa dépendance était totale…

Pourquoi ont-ils décidé de lui couper le sifflet ? Par sens civique ? pour prévenir des actes de violence par un sursaut de patriotisme et de souci du bien-être social, après avoir accepté au nom de la liberté d’expression de se faire les porte parole, mais surtout les amplificateurs de tous les appels extrémistes possibles inimaginables ?

Ou est-ce parce que les vents ont tourné et que c’est maintenant l’opposition d’hier qui se retrouve au pouvoir et qu’ils veulent ménager les nouveaux patrons du pays ? Leur chiffres d’affaires après tout se comptent en billions sinon en trillions….

Je ne peux qu’imaginer les calculs des hommes et des femmes politiques pour savoir ce qui est le mieux pour leur carrière : continuer à insister qu’il y a eu des fraudes, ou dénoncer le président ou encore plus facile, se taire….On aimerait penser que leurs décision sera dicté par leur conscience et leur intégrité…mais il ne faut pas rêver…

Et les chrétiens pro-Trump ?

Finalement ces fameux chrétiens, évangéliques blancs comment se positionnent-ils, ceux qui ont dit de voter pour Trump sinon ce serait l’apocalypse…

Dimanche, le sermon dans cette petite communauté qui se réunit chacun dans sa voiture m’en a appris long…

N’ayez pas peur était le thème, car effectivement, ceux qui croyaient en la fraude massive dénoncée par Trump et ses acolytes et relayée par ses chrétiens qui avaient tellement prié pour qu’il soit réélu et qui avaient eu des visions qu’il le serait, la défaite n’était pas possible…ils continuaient à croire qu’il y aurait un miracle pour retourner la situation et que le miracle se passerait le 6 janvier mais en guise de miracle, on a eu une émeute….

Alors maintenant que ce gouvernement du mal de l’anti-Christ va prendre le pouvoir, ils ont peur….

Et il fallait les rassurer et leur rappeler que notre foi n’est pas en un président ni un gouvernement ni un pays mais en Jésus-Christ ( tiens, tiens, ils l’avaenit oublié)

J’ai quand même remarqué que personne ne portait plus de casquette ni de masque qui dise Trump 2020 ou qui ait l’emblème du drapeau des sudistes …et je dois avouer que c’était rassurant finalement de voir que, eux qui a priori ont toujours été très sceptiques envers les pouvoirs politiques étaient redevenus eux-mêmes et avaient laissé de coté l’hystérie de la campagne électorale.

Peut-être que le pasteur étant en contact par la radio avec ces programmes chrétiens… qui ont soutenu à fond l’administration Trump était plus inquiet que les autres. Et surtout le fait que le vice-président qui pour eux était le chrétien par excellence celui qui donnait son sceau de validité à un président dépravé ne se soit pas opposé ( il ne le pouvait pas) à la certification du vote… a ajouté à la confusion et au désarroi de cette base évangélique convaincue de son bon droit…

* * *

Bref, c’est quand même passionnant ce que l’on vit… on a l’impression qu’il se passe quelque chose toutes les heures…..! Heureusement malgré tout que j’ai commencé la journée par une méditation pour ne pas m’enliser dans le sable mouvant de l’actualité, je peux toujours y retourner…

Que tout mon être loue l’Eternel,

sans oublier aucun de ses bienfaits.

P.S : Autre remarque  qui révèle le rôle de l’argent et du monde du business dans les élections : un grand nombre de sociétés de grand prestige ont fait savoir qu’elles ne contribueraient plus financièrement à l’élection de sénateurs et de députés qui se sont opposés à la certification du vote électoral ; le pouvoir de l’argent…c’est fou quand on y pense !

(« Big companies pause their political contributions » article du New York Times de ce jour »)

le 6/1/21,Une date historique?

Le 6 janvier 2021, la Virginie, USA

Ça restera dans les annales de l’histoire américaine…,pas la prise de la Bastille mais la prise du Capitole par un groupe de partisans de Trump qui continuent à croire parce que lui il ne cesse de le répéter qu’il n’a pas perdu les élections…et qui ont voulu empêcher que Biden soit reconnu officiellement comme le vainqueur de l’élection…

(personnellement parlant, je ne suis pas du tout étonnée de cette manifestation violente, surtout quand c’est le président lui-même qui leur a demandé de se diriger vers le Capitole pour contester les résultats du vote et que ça faisait des semaines que sur son compte tweeter, il insultait tous ceux qui disaient qu’il avait perdu ! Mauvais perdant, c’est vraiment le cas de le dire, mais à ce point…finalement son compte tweeter a été fermé! C’est la pire chose que l’on puisse lui faire….à l’heure qu’il est, il doit enrager! )

Mais quand je vois le 6 janvier, je pense à l’épiphanie, la galette des rois…il y a bien autre chose que ce spectacle désolant dans les couloirs du Capitole, pourtant je l’avoue, je suis fascinée…je ne peux pas m’empêcher de rester connecter pour savoir comment tout va terminer… même si on le sait d’avance… C’est quand même historique ce que l’on vit.

C’est historique aussi qu’un pasteur de l’ ancienne église de Martin Luther King ait été le premier noir de l’Etat de Georgie à être élu sénateur….traité de communiste par son adversaire…elle soutenue par ces fameux évangéliques blancs, une femme richissime qui défend les valeurs de….quelles valeurs?  Je sais que ça a dû prier des deux côtés pour la victoire de leur candidat respectif,

(Serait-il possible que Dieu ne soit pas toujours du côté des riches et des bien pensants?)

Pourtant, alors que je continue à regarder et écouter les discours que les sénateurs et les députés font les uns après les autres pendant cette séance de certification de l’élection, je ne peux m’empêcher de penser combien ils adorent s’écouter parler, combien ils se donnent de l’importance et très vite, je me lasse et j’éteins le son….

Après tout c’est le 6 janvier… alors ça y est, j’ai décidé, comme il n’y a pas de boulangerie, c’est promis, je me ferai une galette des rois !

Le cri du coeur!

5/7 janvier 2021,la Virginie

On a commencé une nouvelle année…mais je n’ai toujours pas terminé l’étude de cet évangile…j’espère que j’y viendrai à bout cette année

Toujours pas me fait penser aux actualités…la pandémie n’est toujours pas finie, en réalité elle fait rage…

Toujours pas…le Président sortant n’a toujours pas accepté sa défaite…et continue à inciter les gens de la rue à la rébellion…on continue dans le jamais vu…le 20 janvier tout devrait rentrer dans l’ordre mais maintenant on se demande si c’est possible

Écrit le 5…entre temps, il y a eu le 6 et le 6 il y a eu cette scène incroyable de la prise d’assaut du Capitole, à Washington…qui l’eût cru ou plutôt ne l’eût pas cru possible ! Enfin!

Marc 9 : 14-30

Lorsqu’ils furent arrivés près des disciples, ils virent autour d’eux une grande foule, et des scribes qui discutaient avec eux.

Dès que la foule vit Jésus, elle fut surprise, et accourut pour le saluer.

Il leur demanda: Sur quoi discutez-vous avec eux?

Et un homme de la foule lui répondit: Maître, j’ai amené auprès de toi mon fils, qui est possédé d’un esprit muet.

En quelque lieu qu’il le saisisse, il le jette par terre; l’enfant écume, grince des dents, et devient tout raide. J’ai prié tes disciples de chasser l’esprit, et ils n’ont pas pu.

Race incrédule, leur dit Jésus, jusques à quand serai-je avec vous? jusques à quand vous supporterai-je? Amenez-le-moi. On le lui amena.

Et aussitôt que l’enfant vit Jésus, l’esprit l’agita avec violence; il tomba par terre, et se roulait en écumant.

Jésus demanda au père: Combien y a-t-il de temps que cela lui arrive? Depuis son enfance, répondit-il.

Et souvent l’esprit l’a jeté dans le feu et dans l’eau pour le faire périr. Mais, si tu peux quelque chose, viens à notre secours, aie compassion de nous.

Jésus lui dit: Si tu peux!… Tout est possible à celui qui croit.

Aussitôt le père de l’enfant s’écria: Je crois! viens au secours de mon incrédulité!

Jésus, voyant accourir la foule, menaça l’esprit impur, et lui dit: Esprit muet et sourd, je te l’ordonne, sors de cet enfant, et n’y rentre plus.

Et il sortit, en poussant des cris, et en l’agitant avec une grande violence. L’enfant devint comme mort, de sorte que plusieurs disaient qu’il était mort.

Mais Jésus, l’ayant pris par la main, le fit lever. Et il se tint debout.

Quand Jésus fut entré dans la maison, ses disciples lui demandèrent en particulier: Pourquoi n’avons-nous pu chasser cet esprit?

Il leur dit: Cette espèce-là ne peut sortir que par la prière.

Ils partirent de là, et traversèrent la Galilée. Jésus ne voulait pas qu’on le sût.

L’autre Jésus

Après l’épisode de la transfiguration, espèce d’interlude dans le récit, on retrouve une autre histoire de démon et celle-là plus longue et plus détaillée que d’autres… où ce n’est pas un dialogue avec les démons que Jésus entame, mais avec le père de l’enfant affligé lui posant des questions comme pour faire un diagnostique. Moi qui ne suis pourtant pas médecin, je dois avouer que la description du comportement de cet enfant, me fait vraiment penser à une crise d’épilepsie…surtout quand le problème est depuis l’enfance.

(même si selon le texte, c’est bien d’une expulsion de démons dont il s’agit et pas d’une guérison. Je dois mentionner que les articles que j’ai lus sur ce passage, considèrent que cet épisode vient de la « tradition »soit d’une strate ancienne qui pourrait remonter à Jésus même si la rédaction elle-même a la marque du style rédactionnel de Marc. Bref…)

Si on retrouve une scène qui nous est familière, on retrouve aussi le Jésus énervé quand on lui explique que ses disciples n’ont pas pu chasser le démon en question :

Race incrédule, leur dit Jésus, jusques à quand serai-je avec vous? jusques à quand vous supporterai-je? Amenez-le-moi. On le lui amena.

Une fois de plus, la réaction de Jésus me gêne, et me semble dure alors qu’elle n’a pas l’air de poser problème à Marc qui la rapporte et qui suppose que ses auditeurs n’y verront rien de condamnable. Pour autant, il n’est pas clair de savoir si la saute d’humeur de Jésus s’adresse aux scribes avec lesquels ils discutaient au début de l’épisode rapporté plutôt qu’aux disciples… Si c’est envers les scribes, c’est plus compréhensible mais envers les disciples, ça l’est un peu moins

En tout cas après l’apothéose de la transfiguration, c’est un retour sur terre un peu brusque.

Autorité et expulsion des démons

L’incapacité des disciples ( on ne sait pas lesquels, mais c’est bien un pluriel qui est utilisé et donne l’idée qu’ils s’y sont pris à plusieurs) nous renvoie au moment où Jésus les investit de leur mission et leur donne particulièrement l’autorité de chasser les démons ce qui quand je l’avais lu m’avait semblé généreux de sa part : partager ce genre de pouvoir n’est pas anodin. Pour rappel (chapitre 6)

Alors il appela les douze, et il commença à les envoyer deux à deux, en leur donnant pouvoir sur les esprits impurs.

On aura un peu plus loin dans ce même chapitre un compte rendu de leur succès quand ils reviendront de mission mais ici on a un échec et ce n’est qu’à la fin de l’épisode que Jésus expliquera la raison de leur échec et le diagnostique sera : manque de prière…Il semble évident, en tout cas que les disciples n’ont pas le même niveau d’autorité que Jésus (ce qui n’est pas étonnant, après tout il est le maître et ils ne sont que des disciples) ce ne sera que plus tard, juste avant sa mort dans l’évangile de Jean que l’on trouvera un Jésus qui leur assurera qu’après sa mort, non seulement ils auront un pouvoir égal au sien mais même supérieur !

En vérité, en vérité je vous le dis celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m’en vais au Père; et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Si vous demandez quelque chose en mon nom, je le ferai.

Mais ça. c’est une autre histoire…

Le cri du cœur !

On a aussi dans cet épisode l’échange précieux avec le père de l’enfant qui certainement déçu par l’échec des disciples se demande si Jésus pourra vraiment délivrer son fils et grâce à cet échange on a cette prière supplique, cri du cœur du père, tellement réconfortante car elle est si souvent la nôtre :

Je crois! viens au secours de mon incrédulité!

Ce cri du cœur est d’autant plus émouvant (pour moi) que la demande est faite par un parent pour un enfant et combien de fois, n’avons-nous pas demandé de l’aide à Dieu pour un enfant, qui se trouvait dans une situation désespérée, incapable qu’il était de faire la demande lui-même.

Évidemment, le compte rendu de cette délivrance avec sa description du corps contorsionné de l’enfant est assez impressionnante mais aussi caractéristique des phénomènes qui accompagnent une délivrance… Il est cependant important de remarquer une fois de plus, qu’il n’y a pas de violence du tout exercée par Jésus sur le corps de l’enfant pour le restreindre, seulement la force libératrice des paroles prononcées qui permettent que la force destructrice qui l’habitait soit obligée de le lâcher. Peut-être plus important encore, est quand Jésus leur explique par la suite que ce n’est pas en redoublant de cris qu’une expulsion peut se faire, mais en redoublant de prière !

Quand Jésus fut entré dans la maison, ses disciples lui demandèrent en particulier: Pourquoi n’avons-nous pu chasser cet esprit?

Il leur dit: Cette espèce-là ne peut sortir que par la prière.

* * *

Tout au long de cet évangile, on voit ce fil conducteur qui est celui d’un Jésus qui a le souci de former des disciples dès le moment où il les choisit : une vraie école de discipulat où enseignements théoriques se mêlent aux travaux pratiques avec évaluation du travail accompli et exclusivité de certaines explications, mais aussi où Jésus sait défendre ses disciples quand ils sont critiqués par leurs adversaires communs, les scribes et les pharisiens. Il n’hésite pas pour autant à les interpeller ou les réprimander quand leurs réactions ou leurs paroles ne cadrent pas avec la mission qu’il leur a confié.

Pourtant de ce passage, je garderai surtout le souvenir de ce père découragé qui cherche de l’aide pour son enfant en souffrance et qui veut croire au pouvoir de Jésus mais n’y arrive pas.

Viens au secours de mon incrédulité!

Et c’est suffisant pour que l’enfant soit libéré…

Recommencer

1 janvier 2021, Virginie

Recommencer,

C’est ça que j’aime dans l’idée du nouvel An…on met un point final ou plutôt, on efface et on recommence. Une nouvelle opportunité qui nous est donnée de faire mieux, de prendre un nouveau départ.

En Colombie on habille un homme de paille, bourré de pétards auquel on met le feu à minuit, et on regarde partir en fumée le vieil homme qu’est l’année écoulée.

(je reçois des photos de là bas pendant toute la soirée)

On chante, on rit, on danse, on s’embrasse, on trinque,  les cieux s’illuminent de milliers de feux d’artifice….

Bon débarras 2020, on ne te regrettera pas!

On en a tellement besoin de ces moments festifs et collectifs d’espoir partagé d’un monde à venir meilleur surtout après une année aussi lugubre que cette année 2020…

Recommencer, quelle chance ! Espérer, quelle joie ! Se défaire du passé, quelle délivrance !

Thèmes tellement bibliques, tellement constants tout au long de ses pages

On efface tout et on recommence nous dit Dieu chaque fois que l’on tombe…

Venez et plaidons! dit l’Eternel. Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige; S’ils sont rouges comme la pourpre, ils deviendront comme la laine.

Ou encore

Autant l’Orient est loin de l’Occident, autant il éloigne de nous nos mauvaises actions.

Et, comme un père est plein d’amour pour ses enfants, l’Eternel est rempli d’amour pour ceux qui le révèrent:

Mais le top du top, la promesse totale :

Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles.

Bonne année 2021 !

Joyeux Noël!

Conte de Noël par Miguel Lalor

Le 23/24 décembre, 2020

Hier soir, j’ai vu l’étoile de Noël !

Le ciel était clair et en fait les deux planètes, comme elles n’étaient plus complètement alignées pouvaient se distinguer l’une à côté de l’autre…

J’imagine bien comment des observateurs du ciel ( je ne crois pas qu’à l’époque, on faisait de distinction entre astronome et astrologue) pourraient remarquer cet alignement fortuit de ces planètes dans ces constellations que l’on peut admirer si on prend le temps de les regarder.. .L’observation du ciel, la nuit est une source constante d’émerveillement pour celui qui regarde vers le haut et vit la tête dans les nuages … et en ce soir de Noël, finalement l’histoire des rois mages n’est pas si improbable que ça.

Pas plus ou pas moins improbable que cette histoire, d’un homme fatigué qui guide l’âne sur lequel est monté sa femme enceinte, d’un aubergiste agacé qui affiche complet, d’une étable où finit par naître l’enfant, d’anges qui apparaissent à des bergers, avec une musique céleste pour accompagner le tout…

Après tant de siècles, on ne se lasse pas de la raconter, ni de la revivre ou encore de la ré-imaginer sous les cieux du monde entier et dans toutes les langues.

La voilà racontée et dessinée pour petits et grands, remise à l’ordre du jour par le talent de cet ami brésilien, parisien d’adoption.

En quel Jésus croyez-vous?

Marc 9 ; 11-13

18 décembre, 2020

Interlude…

( la neige qui est tombée hier était un interlude bienvenu dans notre quotidien)

Après un épisode comme la Transfiguration, on a envie de faire une pause avant de passer à la suite et on se demande comment cet événement va impacter le récit…comment va-t-il changer le regard que l’on porte sur Jésus ou que ces trois disciples présents à ce moment là vont porter sur lui…

Est-ce que tout va vraiment basculer ?

* * *

En tout cas, je suis contente d’avoir choisi d’étudier cet évangile pour essayer de revoir la question toujours d’actualité pour moi, de qui est Jésus. Dans son récit, l’auteur de cet évangile est vraiment discret. .il y a peu de passages où l’on puisse détecter sa voix, peu d’intrusions d’auteur même si on s’ingénie à découvrir sa méthodologie et aussi sa théologie … et c’est ce manque d’interférence, cette pauvreté de commentaires et d’explications, laissant au lecteur la liberté d’interpréter ce qui lui est raconté qui le rend si intéressant. Un article que j’ai lu (venant de l’Afrique du Sud) disait que le Jésus de Marc était post-moderne dans sa conception car justement l’identité de Jésus n’y était que suggérée mais bien sûr, j’ai envie de dire qu’il est surtout pré-moderne, pré-siècle des lumières, pré moyenâgeux, pré-scolastique et pré-thomiste….et pré-concile de Trente…

Je m’étonne en lisant les nombreux articles qui sont écrits sur cet évangile à quel point la question de la divinité de Jésus occupe une place importante dans ces discussions et le besoin qu’ont les critiques de se positionner par rapport à cette affirmation et ce qu’elle signifie : on sent dans chaque étude qu’il y a un enjeu et que les termes de la divinité ou de l’humanité de Jésus sont sous-jacents. Ils ne peuvent pas laisser le texte tranquille…ils n’ont pas envie de découvrir ou redécouvrir Jésus…

Mais je comprends aussi leur démarche, bien souvent en lisant le texte de Marc, j’ai envie d’en savoir plus, j’ai envie qu’on me mette des point sur les i, j’ai envie que l’on réponde à mon inquiétude particulière de savoir exactement ce que tel mot ou telle expression veut dire, que l’on donne des réponses bien carrées avec des limites bien définies pour satisfaire mon désir de cohérence qui peut-être n’est autre que celui de contrôler une vérité qui m’échappe…en l’enfermant dans des certitudes qui ne sont pas celles du coeur mais celles de l’intellect…

* * *

Dans les versets qui suivent, Jésus s’explique répondant à des questions de ses trois disciples qui ayant vu Élie à ses côtés se demandent quelle est vraiment son identité. C’est là où la connaissance du judaïsme de l’époque est indispensable…et où l’on voit l’utilité de la recherche scientifique pour comprendre la manière dont les prophéties sur le retour d’Élie que l’on trouve dans le livre de Malachie (ch 5) étaient interprétées. C’est là  aussi où l’on voit l’importance de ces fameux manuscrits découverts dans les caves du Qmran appartenant à une secte juive de l’ époque de Jésus…(s’ il n’y a pas de certitudes, il y a des éclairages sur une variété d’approches… en tout cas l’importance d’Élie à l’époque ne fait pas de doutes)

Les disciples lui firent cette question: Pourquoi les scribes disent-ils qu’il faut qu’Élie vienne premièrement?

Il leur répondit: Élie viendra premièrement, et rétablira toutes choses. Et pourquoi est-il écrit du Fils de l’homme qu’il doit souffrir beaucoup et être méprisé?

Mais je vous dis qu’Élie est venu, et qu’ils l’ont traité comme ils ont voulu, selon qu’il est écrit de lui.

Voilà les explications très succinctes données par Jésus et qui n’expliquent pas grand-chose…Il ne répond pas à la question du pourquoi de la souffrance et du mépris du Fils de l’homme et en ce qui concerne Élie, Jésus dit à la fois qu’il viendra et qu’il est venu…(L’interprétation de la tradition est que Jean Baptiste était l’Élie dont parlait les écritures) donnant à penser que peut-être que les paroles rapportées de Jésus sont tronquées…ou peut-être qu’il y a des questions pour lesquelles la réponse n’est pas nécessaire

En tout cas, après la vision lumineuse du Jésus transfiguré, on se retrouve dans la pénombre de la réalité où rien n’est clair… et au fur et à mesure qu’ils descendent de la montagne, les disciples essaient de donner un sens à ce qu’ils ont vu…mais pas facile…Jésus lui-même ne les aide pas.

Alors la Transfiguration est-elle un moment clef qui a fait basculer le récit, ou qui a fait basculer les disciples dans leur regard sur Jésus ?

Pour nous qui le lisons aujourd’hui, oui, pour les disciples qui étaient là, il ne semble pas…le texte indique plutôt que c’est l’annonce de la souffrance de Jésus qui fait problème…la Transfiguration n’a pas l’air de les secouer outre mesure, le Jésus glorieux paraît être presque dans l’ordre des choses mais celui qui va souffrir par contre, il est plus difficile à saisir…

Juxtaposition surprenante que ces deux Jésus si contrastés : on aimerait les réconcilier…

Au lieu de cela, le récit se poursuit… Jésus reprend son chemin et les disciples continuent à le suivre… jusques à quand est ce qu il faut se demander… jusques à quand pour nous aussi les lecteurs d’aujourd’hui… aussi interloqués que les auditeurs d’hier par ces deux Jésus en porte-à-faux.