La tiédeur

le 9 mars 2021, la Virginie

La tiédeur,

Rien de plus agréable que la tiédeur

On peut s’y asseoir confortablement

 Fermer les yeux et…

Somnoler,

Prétendre que rien d’autre n’existe

Sinon ce lieu calme et tranquille

sans heurts,

sans cris,

sans personne

pour le perturber

sans rien

pour nous perturber

La tiédeur

Rien de plus agréable

mais aussi de plus dangereux

justement parce que…

On peut s’y asseoir confortablement

fermer les yeux et

Somnoler…

prétendre que rien d’autre n’existe

sinon ce lieu calme et tranquille

sans heurts,

sans cris,

sans personne

pour le perturber

sans rien

pour nous perturber,

La tiédeur,

ce bain chaud

ce lit douillet

on peut s’endormir dedans

             et ne plus jamais vouloir

             ni pouvoir

            se réveiller

La tiédeur,

            ni chaud, ni froid…

Tu n’es ni froid ni chaud. Plût à Dieu que tu fusses froid ou chaud! Aussi, parce que tu es tiède et que tu n’es ni froid ni chaud je vais te vomir de ma bouche. (Apocalypse 3:16)

La tiédeur : attention !

Prière universelle

Samedi 6 Mars, 2021

La visite du pape en Iraq me réjouit pour beaucoup de motifs, en particulier pour le soutien qu’elle représente à cette minorité persécutée, descendante des toutes premières communautés chrétiennes, décimée pendant cette dernière décennie, qui a dû s’exiler et dont il ne reste qu’un petit groupe de fidèles. Et aussi, parce que toutes communautés confondues, ce peuple a énormément souffert et continue à être le centre d’une guerre sourde et dévastatrice qui les affecte tous.

* * *

Je me souviens de la conférence internationale des églises anabaptistes à Bulayawo, Zimbabwe  en 2003 : beaucoup de pays occidentaux boycottaient le Zimbabwe pour des raisons compréhensibles ( corruption, autoritarisme, violence gouvernementale etc.) et le pays était dans un état lamentable, surtout économiquement parlant, le boycott affectant les plus pauvres come d’habitude : c’était aussi au plus haut de l’épidémie du Sida où les gens tombaient comme des mouches !

Les dirigeants des églises en Europe et aux États Unis ne savaient pas s’ils devaient y tenir leur conférence ou joindre ce boycott, ne voulant pas donner l’opportunité au gouvernement de l’utiliser pour sa propagande. Ils ont donc consulté avec l’église du Zimbabwe qui, elle les a encouragés à venir en marque de solidarité avec eux, leurs frères et sœurs dans ces moments de souffrance : être présent auprès d’eux, c’était plus important que tous les discours et les déclarations que l’on aurait pu faire.

Et pour nous qui y avons participé, l’accueil et la foi de cette communauté a été une occasion de découverte et de moments partagés inoubliables. J’en suis revenue comme dans beaucoup d’autres situations semblables, en me disant à moi-même : femme de peu de foi !

* * *

En tout cas en ce samedi, jour de pause, je recopie cette belle prière du pape François  ( j’imagine qu’il a dû avec d’autres, bien pesé chaque mot quand il l’a écrite)  au cours de cette rencontre :

Dieu Tout-Puissant, notre Créateur qui aime la famille humaine et tout ce que tes mains ont accompli, nous, fils et filles d’Abraham appartenant au judaïsme, au christianisme et à l’islam, avec les autres croyants et toutes les personnes de bonne volonté, nous te remercions de nous avoir donné comme père commun dans la foi Abraham, fils éminent de cette noble et bien-aimée terre.

Nous te remercions pour son exemple d’homme de foi qui t’a obéi jusqu’au bout, en laissant sa famille, sa tribu et sa patrie pour aller vers une terre qu’il ne connaissait pas.

Nous te remercions aussi pour l’exemple de courage, de résistance et de force d’âme, de générosité et d’hospitalité que notre père commun dans la foi nous a donné.

Nous te remercions en particulier pour sa foi héroïque, manifestée par sa disponibilité à sacrifier son fils afin d’obéir à ton commandement. Nous savons que c’était une épreuve très difficile dont il est sorti vainqueur parce qu’il t’a fait confiance sans réserve, que tu es miséricordieux et que tu ouvres toujours des possibilités nouvelles pour recommencer.

Nous te remercions parce que, en bénissant notre père Abraham, tu as fait de lui une bénédiction pour tous les peuples.

Nous te demandons, Dieu de notre père Abraham et notre Dieu, de nous accorder une foi forte, active à faire le bien, une foi qui t’ouvre nos cœurs ainsi qu’à tous nos frères et sœurs ; et une espérance irrépressible, capable de voir partout la fidélité de tes promesses.

Fais de chacun de nous un témoin du soin affectueux que tu as pour tous, en particulier pour les réfugiés et les déplacés, les veuves et les orphelins, les pauvres et les malades.

Ouvre nos cœurs au pardon réciproque et fais de nous des instruments de réconciliation, des bâtisseurs d’une société plus juste et plus fraternelle.

Accueille dans ta demeure de paix et de lumière tous les défunts, en particulier les victimes de la violence et des guerres.

Aide les autorités civiles à chercher et à retrouver les personnes qui ont été enlevées, et à protéger de façon particulière les femmes et les enfants.

Aide-nous à prendre soin de la planète, maison commune que, dans ta bonté et générosité, tu nous as donnée à tous.

Soutiens nos mains dans la reconstruction de ce pays, et donne-nous la force nécessaire pour aider ceux qui ont dû laisser leurs maisons et leurs terres à rentrer en sécurité et avec dignité, et à entreprendre une vie nouvelle, sereine et prospère.

AMEN !

Une rencontre ratée

2/4 mars 2021, la Virginie

Dans le calendrier liturgique, on s’avance à grands pas vers Pâques.., on n’y est pas encore dans cet évangile mais ça viendra bientôt….et pour ce qui est des actualités ici, c’est plutôt calme  : les élections sont passées, le nouveau président n’envoie pas des tweets à tout bout de champ et l’ancien est toujours banni de la « tweetosphère » On est en période de jeûne, ça tombe bien !

Marc 10 : 17-23

Comme Jésus se mettait en chemin, un homme accourut, et se jetant à genoux devant lui: Bon maître, lui demanda-t-il, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle?

Jésus lui dit: Pourquoi m’appelles-tu bon? Il n’y a de bon que Dieu seul.

Tu connais les commandements: Tu ne commettras point d’adultère; tu ne tueras point; tu ne déroberas point; tu ne diras point de faux témoignage; tu ne feras tort à personne; honore ton père et ta mère.

Il lui répondit: Maître, j’ai observé toutes ces choses dès ma jeunesse.

Jésus, l’ayant regardé, l’aima, et lui dit: Il te manque une chose; va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi.

Mais, affligé de cette parole, cet homme s’en alla tout triste; car il avait de grands biens.

Jésus, regardant autour de lui, dit à ses disciples: Qu’il sera difficile à ceux qui ont des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu!

Une rencontre inopinée

Bon maître, lui demanda-t-il, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle?

On voit défiler dans cet évangile toutes sortes de personnes qui s’approchent de Jésus parce-qu’elles ont une requête particulière pour elles-mêmes ou pour un de leurs proches. On vient de voir la demande que Jésus touche ou bénisse des enfants à laquelle il accède avec plaisir, malgré les réticences de ses disciples. Cette fois-ci c’est un homme qui se jette à ses pieds : première fois qu’on voit un tel geste, première fois que Jésus est qualifié de bon, première fois aussi que la demande n’est pas matérielle mais spirituelle, une rencontre donc qui est rapportée parce-qu’elle sort de l’ordinaire.

(Même si ce n’est que plus tard que l’on saura qu’il est riche, je ne peux m’empêcher de penser que sa question en est une évidence : il n’a pas de nécessité matérielle pressante, il a donc tout le loisir de se poser des questions spirituelles comme celle de la vie éternelle…)

L’auteur ne met pas en doute la bonne foi de cet homme ( il n’y a pas de commentaire comme pour le divorce où il est dit que la question était pour l’éprouver) mais la question que lui pose Jésus peut sembler une remise en cause du qualificatif de « bon » et a suscité de nombreux commentaires : exprime-t-elle la surprise, est-ce un reproche ou une affirmation qu’il a vu juste en lui attribuant des qualité divines? La question de la divinité de Jésus n’étant jamais très loin, certains y ont vu une manière de confirmer ou au contraire d’infirmer son égalité avec Dieu…

Le plus naturel, dans ce contexte, me semble-t-il est tout simplement la surprise de se voir qualifier aussi généreusement par cet inconnu, l’obligeant par sa question à peser les mots qu’il a peut-être dit à la légère pour s’attirer les bonnes grâces de Jésus, une manière de lui dire : tu penses vraiment ce que tu dis quand tu m’appelles bon maître ? Surtout, considérant comme il sera noté plus tard que son apparence a dû mettre en évidence qu’il s’agit d’un homme riche, sa surprise pouvait venir du fait qu’il appartenait à un milieu qui lui était généralement plutôt hostile.

Les critères de Jésus pour la vie éternelle

Tu ne commettras point d’adultère; tu ne tueras point; tu ne déroberas point; tu ne diras point de faux témoignage; tu ne feras tort à personne; honore ton père et ta mère.

Il est intéressant de noter que les commandements que Jésus cite ont tous à voir avec des règles de vie. Les premiers, en tout cas dans le texte de l’Exode qui affirment la suprématie de Dieu, l’interdiction de faire des images, de ne prononcer son nom qu’avec respect et d’observer le sabbat, ne sont pas mentionnés, peut-être parce-qu’ils sont une évidence, tellement normatifs pour un juif qu’il n’est pas besoin de les rappeler. Seuls ceux concrets et relationnels, qui indiquent ce qu’il faut ou ne faut pas faire sont inclus dans la liste.

(Dans cette liste ce qui a frappé beaucoup d’exégètes est le fait que Jésus a ajouté à la liste, μὴ ἀποστερήσῃς ce qui est traduit en français, ” tu ne feras tort à personne”  et qui n’est pas inclus dans le décalogue. Il a été suggéré que cette liste pourrait provenir de Malachi 3:5 « Je m’approcherai de vous pour le jugement, Et je me hâterai de témoigner contre les enchanteurs et les adultères, Contre ceux qui jurent faussement, Contre ceux qui retiennent le salaire du mercenaire, Qui oppriment la veuve et l’orphelin, Qui font tort à l’étranger, et ne me craignent pas, Dit l’Eternel des armées » Selon cette interprétation, Jésus pourrait insinuer que la richesse pourrait être acquise au détriment des plus vulnérables ce qui serait un acte condamnable pour un homme riche comme lui)

En tout cas, Jésus ne fait pas de qui il est le critère de l’accès à la vie éternelle ni de la reconnaissance de son identité mais d’une éthique de vie…C’est le rapport à autrui qui prime, non le rapport à Dieu qui lui est donné comme acquis.

Jésus l’aima

Une autre remarque étonnante : on a vu Jésus exprimer de la compassion pour les foules, de l’admiration pour la foi des femmes qui l’ont approché pour la délivrance ou la guérison d’un de leurs proches , mais c’est la première fois qu’il est parlé de l’amour de Jésus pour un individu particulier.

On peut en tirer toute sorte de conclusion, mais l’auteur, une fois de plus est sobre : il ne propose pas de commentaire.

Ce qui me semble le plus naturel, (sans aller chercher midi à 14 heures) est que Jésus a apprécié de rencontrer quelqu’un qui n’était pas satisfait de la manière dont il vivait, même si comme sa réponse le montre, il était un bon juif qui obéissait aux commandements et aurait été considéré comme un homme de bien : il voulait lui aller plus loin. La sincérité de son désir , sa soif d’absolu ou de perfection, d’une générosité plus grande a certainement plu à Jésus.

Jésus répond donc à sa requête en lui disant que s’il veut vraiment aller plus loin, il peut devenir un de ses disciples : mais comme il l’a déjà fait auparavant il met la barre très haut et dans son cas, sachant que cet homme avait de nombreux biens, il lui demande de les vendre tous.

Il te manque une chose; va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi.

Cette demande à ce stade du récit ne paraît pas étonnante de la part de Jésus : on retrouve l’exigence d’une conduite exemplaire et sacrificielle qu’il demande à ses disciples, avec l’interdiction du divorce énoncée plus haut, être prêt a mourir et à porter sa croix et bien d’autres encore qu’il a mentionné après l’annonce de sa passion à venir. Ce qui est différent c’est qu’avant, il s’adressait à ses disciples ou à des personnes qui appartenaient à un milieu socio-économique beaucoup moins favorisé et donc n’avait pas eu besoin de parler de la richesse : on ne peut pas renoncer à ce qu’on n’a pas. Mais, on est face maintenant à une personne dont on ne connaît pas le nom et pour lequel l’unique caractéristique que l’on aura est qu’il était très riche.

En lui demandant de vendre ce qu’il a et de le donner aux pauvres, Jésus lui a révélé ce que cet homme a priori généreux ne savait pas lui-même: qu il était attaché au mode de vie confortable et agréable que lui permettait ses richesses plus qu’il ne l’imaginait. On aurait tort de dire que c’est parce-qu’il était matérialiste : ça donne une fausse idée de ce que signifie la richesse, ce n’est pas tant le plaisir de la possession comme on la voit dans l’Avare de Molière, il n’était pas avare…mais être riche permet d’avoir une vie facile.

Quand on y réfléchit, être riche, contrairement à ce que l’on pense généralement, ce n’est pas seulement avoir de l’argent dans la banque, c’est ne pas avoir à se préoccuper pour le lendemain, (comme Jésus sait être la préoccupation de ceux que l’entourent, raison pour laquelle, il inclut la demande du pain quotidien dans le Notre Père) On a la sécurité du lendemain, on sait qu’on aura de quoi manger, on sait qu’on aura de quoi boire, on sait qu’on ne risque pas de se faire expulser de son domicile, on sait qu’on pourra avoir accès au meilleurs soins médicaux, aux meilleurs écoles pour ses enfants… on sait qu’on n’aura pas à travailler dans des conditions difficiles de l’aube à la tombée du jour sous le soleil brûlant ou la pluie battante…, on sait qu’on pourra payer quelqu’un pour faire les tâches quotidiennes difficiles ou répétitives… et la liste pourrait être encore plus longue…Vendre ses biens, c’est se retrouver sans ces sécurités basiques qui facilitent la vie.

Mais, affligé de cette parole, cet homme s’en alla tout triste; car il avait de grands biens.

On peut comprendre le refus du jeune homme mais aussi sa tristesse et sa déception. On comprend qu’il n’ait pas envie de tout quitter pour suivre Jésus, ce prédicateur itinérant et sa bande de va-nu pieds, qui ne savaient d’où leur viendrait leur prochain repas… Mais sa tristesse, sa déception c’est aussi de découvrir ses limites, de perdre ses illusions sur lui-même : il se croyait mieux que ça, il était conscient qu’il lui manquait quelque chose que ses biens matériels ne pouvaient lui offrir : mais la barre était trop haute. Jésus ne lui a pas offert de demie-mesure, c’est tout ou rien… dans cette Palestine du 1er siècle, suivre ce Jésus qui allait être crucifié, c’était prendre des risques que Jésus ne voulait pas lui cacher !

Dans cette optique, on peut comprendre aussi la remarque de Jésus quand le jeune homme renonce à le suivre :

Jésus, regardant autour de lui, dit à ses disciples: Qu’il sera difficile à ceux qui ont des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu!

Quand on a tout, on ne voit pas l’intérêt d’entrer dans le royaume de Dieu, on a besoin de rien, on a même pas besoin de Dieu lui-même  : de le prier pour demander son pain quotidien car il est toujours assuré, on n’a pas besoin de le supplier de nous faire justice, car on a les moyens de payer les meilleurs avocats, on n’a pas besoin de venir à Jésus pour être guéri, car on a les meilleurs médecins, on n’attend pas le bonheur dans la vie éternelle car on l’a déjà dans la vie réelle. Quand on a rien ou pas grand-chose, c’est plus facile car d’une certaine manière on n’a rien à perdre et tout à gagner. (Et c’est d’ailleurs l’argument qu’utilise les détracteurs de l’évangile : et c’est parce qu’on ne peut pas tenir seul sur ces deux pieds qu’on se tourne vers la religion….On invente Dieu parce-qu’on a besoin de lui… )

Une rencontre ratée

Devant cette scène, qui sonne tellement vraie maintenant que je la relis,  j’ en oublie pour un moment tous les sermons qu’elle a pu suscité sur la question des maux de la richesse et des vertus de la pauvreté, il me semble découvrir ce qu’elle était d’abord : le récit d’une belle rencontre  mais d’une rencontre avortée.

Une rencontre entre un homme, riche en l’occurrence et que Jésus aima car il voit le potentiel dans cette personne avide d’une vie autre que celle qu’il mène… mais qui pourtant ne peut lâcher prise et Jésus, l’intransigeant qui reste fidèle à lui même ne baisse pas la barre: même s’il aime le jeune homme riche, il ne lui court pas après pour lui dire qu’il y a été un peu fort, que c’était une manière de parler, qu’il ne voulait pas dire ça, qu’il pouvait quand même venir… Il n’oblige personne à le suivre, avec lui c’est toujours à prendre ou à laisser.

Finalement, cette belle rencontre du début entre deux personnes différentes mais qui ont su s’apprécier le temps de croiser leur chemin, ce n’est pas une scène à la hollywood où tout finit bien, c’est une histoire qui termine mal:  ils ne poursuivent pas la route ensemble, ils repartent chacun de leur côté…

Une rencontre ratée en quelque sorte ; et c’est pourquoi, elle m’émeut particulièrement car la vie, c’est comme ça quelquefois…

P.S. Mais heureusement, l’histoire ne s’arrête pas avec cette opportunité manquée…

Le printemps

Le 2 mars 2021 , de retour chez nous…

Le cycle des saisons

Il fait froid mais le soleil brille…

le vent soufflait fort hier…

Un peu partout surgissent de terre des tiges vertes…

On est au mois de mars…

Le printemps va peut-être vraiment revenir…

Je m’étonne quand même,

en pensant à toute cette agitation constante, ce vacarme incessant, ces déclarations intempestives dans le monde des humains,

de voir cette constance têtue, cette force souterraine, cette activité invisible du monde de la nature, du cycle saisonnier

qui s’entête

à suivre sa route indifférent à ce qui se passe dans notre monde à nous

et qui le fait sans nous.

Surtout,

il est tellement difficile d’imaginer devant le spectacle désolé des arbres sans feuilles, de la terre gelée et stérile,

qu’au-dessous de tout cela,

la vie continue,

invisible à nos yeux.

On ne contrôle pas l’univers…(même si on peut le détruire)

* * *

Cette force invisible cachée, têtue qui éventuellement fait renaître les plantes et les fleurs disparues,

elle me rappelle,

cette autre force, invisible et cachée, et tout aussi têtue et persévérante si on veut bien s’en emparer,

!

la prière

Priez sans cesse dit l’apôtre !

Pour que le monde refleurisse!

Les femmes et les enfants d’abord

Le 18 février 2021, la Virginie

Marc 10:14-16

On lui amena des petits enfants, afin qu’il les touchât. Mais les disciples reprirent ceux qui les amenaient.

Jésus, voyant cela, fut indigné, et leur dit: Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent.

Je vous le dis en vérité, quiconque ne recevra pas le royaume de Dieu comme un petit enfant n’y entrera point.

Puis il les prit dans ses bras, et les bénit, en leur imposant les mains.

Interruption bénie

Après, l’enseignement public sur le divorce et ses éclaircissements sur le remariage en privé pour répondre aux disciples, des enfants font interruption dans le récit. Où était Jésus à ce moment là ? Était-il en chemin, où était-il encore dans la maison qui est juste mentionnée ? Ou est-ce que l’incident rapporté ici ne s’est pas passé juste après cet enseignement ? Le texte ne le dit pas.

En réalité, peu importe !

Ce qui compte plutôt, c’est qu’on a déjà vu Jésus dans une scène précédente prendre et mettre un enfant au centre de sa prédication, un geste quelque peu inhabituel. Par contre, on avait aussi noté qu’il n’était pas inhabituel que l’on demande à un rabbin, de bénir des enfants, et ici c’est ce que le texte suggère :

On lui amena des petits enfants, afin qu’il les touchât.

Le texte ne dit pas qui a amené les enfants, mais on peut facilement imaginer que c’était des femmes qui naturellement voudraient que leurs enfants soient « touchés »par un homme qui avait la réputation d’avoir un don de guérison et d’expulsion des démons…quelle mère ne cherche pas à protéger ses enfants et ne rate pas une seule opportunité de les voir s’approcher d’un homme que l’on dit envoyé de Dieu pour les libérer de toutes sortes de maux présents ou à venir, (le mauvais œil y compris)? Attitude superstitieuse, diraient certains mais que Jésus ne censure pas et on retrouve ici l’autre Jésus, pas celui intransigeant qui reprend ses disciples, mais le Jésus compatissant, tendre qui accueille ceux qui sont normalement relégués au second plan et n’ont pas le droit au chapitre (à prendre littéralement ici si on en croit l’origine religieuse de cette expression)

Et ces deux Jésus, en quelque sorte, se retrouvent présents dans cette scène…car effectivement il reprend ses disciples pour avoir rabroué non pas les enfants mais les personnes qui les ont amenés (je n’avais pas remarqué auparavant que c’étaient ceux qui les avaient amenés qui étaient l’objet des foudres des disciples, pas les enfants).

Encore une fois les disciples ont le mauvais rôle, mais leur réaction est tellement naturelle dans ce contexte : des femmes avec des enfants bruyants sinon braillards ou pleurnicheurs ne sont pas vus comme des interlocuteurs dignes de s’approcher de leur maître Jésus. Désir de le protéger de personnes importunes? Plus vraisemblablement, étant donné le portrait qu’il est fait d’eux, une tentative de contrôler ceux qui veulent l’approcher révélant leur plaisir coupable d’avoir l’exclusivité d’un accès direct à sa personne.

Mais Jésus n’est pas la propriété des disciples, et il le leur fait savoir une fois de plus: c’est lui qui décide où il veut aller, quand il est temps de renvoyer une foule ou de lui donner à manger …et c’est lui qui décide qui a le droit de s’approcher de lui.

Jésus, voyant cela, fut indigné, et leur dit: Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas;

Herméneutique tendancieuse ou aparté féminine

Et là je ne vais pas hésiter à faire une lecture sinon féministe, mais en tout cas féminine du texte car la réaction des disciples, si elle était facilement compréhensible dans le contexte culturel de la Palestine du 1er siècle, elle est encore d’actualité dans beaucoup de lieux où l’évangile est prêché…2000 ans après…

On ne peut pas être mère avec des enfants en bas âge et ne pas être profondément émue et réconfortée par cette réaction d’indignation de Jésus et ses paroles d’accueil chaleureux à leur égard. Il reprend les disciples, et il a bien raison : d’abord ils voulaient que ce soit possible de prendre une nouvelle épouse après avoir répudié la première, maintenant ils veulent dépêcher femmes et enfants aux oubliettes…

On connaît toutes, la difficulté de devoir faire tenir des enfants en place pendant un culte religieux ou une messe et de devoir en plus se payer les regards réprobateurs des gens qui se retournent parce que les petits osent faire du bruit et interrompre leur train train tranquille du dimanche matin… On n’a qu’une envie c’est que le sermon termine promptement, qu’il y ait beaucoup de chants et de cantiques pour couvrir leurs cris éventuels, que les temps de prières soient réduits au minimum ( à moins qu’on ne soit dans une église pentecôtiste ou tout le monde prie en même temps et à haute voix) et on attend la fin avec impatience pour pouvoir les laisser gambader en paix…

Je ne dirai pas que ces moments qui se veulent de célébration de la communauté sont un chemin de croix pour les mères, (heureusement, maintenant les pères s’ils sont là sont plus réactifs qu’avant) mais ils ne sont certainement pas une joie : les enfants en bas âges sont bruyants, généralement agités et certains particulièrement turbulents, pas du tout souriants et silencieux comme on les montre sur les belles photos des revues féminines et des portraits des familles de la royauté…

( je dois reconnaître qu’à l’heure qu’il est, il y a beaucoup de communautés chrétiennes qui ont fait un effort pour que les enfants trouvent leur place mais ça n’empêche pas….les regards courroucés de certains membres de la congrégation quand ce n’est pas du prédicateur dont on ose perturber le sermon bien ficelé le problème c’est que les cultes/messes sont dans des espaces fermés et pas à l’air libre…. Pourtant si j’ai des mauvais souvenirs de moments tendus pour essayer de faire taire des enfants bruyants, j’ai aussi des bons souvenirs quand j’ai été dans des lieux où on leur laissait libre cours, dans des cultes quechuas par exemple où les mères en plus allaitaient une ribambelle d’enfants sur les bancs de derrière sans que ça gêne qui que ce soit…En tout cas, c’est toujours avec un plaisir malin, que j’aime citer ce passage de l’évangile quand les gens se plaignent des enfants qui perturbent les cultes religieux…)


Un retournement complet de nos valeurs et nos hiérarchies

Alors, je ne voudrais quand même pas pour autant passer sous silence les implications théologiques profondes de l’enseignement de Jésus quand il affirme :

Je vous le dis en vérité, quiconque ne recevra pas le royaume de Dieu comme un petit enfant n’y entrera point.

Pourtant, en tant que femme, ce n’est pas la leçon théologique que je retiens de ce passage, mais cette réaction impromptue de Jésus devant une interruption d’enfants qui au lieu de le déranger, devient l’occasion d’une leçon sur les valeurs du Royaume. Et pour une fois, sa réaction d’indignation envers ses disciples, ne me paraît pas choquante ou malheureuse… un trait de caractère à déplorer…mais au contraire une valorisation inattendue des personnes qui avec leurs enfants sont généralement exclues de la prédication de la bonne nouvelle.

L’ interruption au milieu de tâches ou d’activités que l’on considère sérieuses et importantes est la marque de fabrique des enfants ( une marque quelque fois particulièrement pénible, surtout en ces temps de pandémie où les femmes font du télétravail et essaient en même temps de les surveiller) et la réaction de Jésus dans cette scène rapportée qui fait irruption dans le récit remet en cause un ordre hiérarchique et un système de valeur plus sûrement et plus clairement même que ses paroles sur le sujet. On aurait tort de ne pas s’y arrêter, même si ce ne sont que deux versets qui sont coincés entre deux enseignements qui semblent plus importants dans la formation des disciples : l’un sur le mariage et l’autre qui viendra après sur la richesse.

Faut-il ajouter que comme souvent, c’est dans le contexte d’un événement du quotidien que Jésus donne ses plus belles leçons ?

( et on laissera les exégètes décider si c’est le rédacteur de l’évangile qui crée l’interruption du récit ou tout simplement le quotidien de Jésus et de ses disciples)

En tout cas, pourquoi ne pas le dire… on lit toujours l’évangile avec sa propre grille d’interprétation, que l’on veuille l’admettre ou non !

Prière pour les matins difficiles

Le 16 février 2021, la Virginie

Pourquoi les matins sont-ils si difficiles ?

Pour certains ce sont les nuits,

Mais pour d’autres ce sont les matins,

Quelquefois, on se réveille avec l’angoisse au ventre sans savoir pourquoi.

Et quelquefois, on sait exactement pourquoi…

Alors la lutte commence ou plutôt l’absence de désir de lutter…

D’une manière ou d’une autre, on sait que ça va faire mal,

On sait que ça va demander un effort

Et des efforts, on en a fait toute notre vie

Alors aujourd’hui, on n’a pas envie de lutter,

On a envie de rester là sans bouger…

Mais notre heure n’est pas encore venue,

L’heure du repos définitif,

Et à vrai, dire si on y pense vraiment,

Si on veut être honnête avec soi-même,

Tout au fond,

On n’est pas prêt non plus pour le repos définitif,

Alors tant pis, on se lève,

Et finalement, c’était ça le plus difficile,

Se lever…

Et dès qu’on s’est levé les gestes du quotidien reprennent le dessus,

Et la machine se remet en marche,

Au fur et à mesure,

Et grince de moins en moins,

Dans ta miséricorde, Seigneur,

Aide nous à pouvoir arriver à toujours faire,

Chaque matin

ce premier geste

ce premier pas

qui nous pousse

hors du nid…

Divorce: le sujet qui fâche

Marc 10: 1-12

Le 8/10 février 2021

Pour être honnête, je dois dire que je traînais plutôt des pieds avant de me mettre à étudier le passage qui ouvre le chapitre 10 et qui a souvent pour titre « Jésus et le divorce » étant donné tous les commentaires, interprétations, opinions qu’il suscite à une époque comme la nôtre où le divorce est devenu monnaie courante non seulement dans la société qui nous entoure mais aussi dans les milieux chrétiens et où la question de quand peut-on ou a-t-on le droit de divorcer comme celle que vont poser les pharisiens à Jésus, est l’objet de débats sans fin …Bref, étant souvent sollicitée moi-même directement ou indirectement là-dessus, je suis consciente des enjeux qu’il peut y avoir derrière l’exposition de ce texte…Mais il faut bien l’étudier…

Le voilà donc :

Jésus, étant parti de là, se rendit dans le territoire de la Judée au delà du Jourdain. La foule s’assembla de nouveau près de lui, et selon sa coutume, il se mit encore à l’enseigner.

Les pharisiens l’abordèrent; et, pour l’éprouver, ils lui demandèrent s’il est permis à un homme de répudiée sa femme.

Il leur répondit: Que vous a prescrit Moïse?

Moïse, dirent-ils, a permis d’écrire une lettre de divorce et de répudier.

Et Jésus leur dit: C’est à cause de la dureté de votre coeur que Moïse vous a donné ce précepte.

Mais au commencement de la création, Dieu fit l’homme et la femme;

c’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme,et les deux deviendront une seule chair. Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair.

Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint.

Lorsqu’ils furent dans la maison, les disciples l’interrogèrent encore là-dessus.

Il leur dit: Celui qui répudie sa femme et qui en épouse une autre, commet un adultère à son égard;

et si une femme quitte son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère.

Tout d’abord, le contexte …

Dans les passages précédents, on a un Jésus qui persiste et signe quand il parle des exigences demandées à ceux qui veulent être ses disciples après qu’il leur ait annoncé qu’il serait mis à mort. Le suivre , être l’un de ses disciples dans la réalité concrète dans laquelle ils se trouvent, est difficile et risqué et Jésus s’empresse de les prévenir des dangers auxquels ils s’exposent mais aussi du type d’engagement total qui leur est demandé pour être les personnes conformes à l’idéal qu’il leur présente : il met la barre très haut.

Une question piège

La scène décrite s’ouvre par une question des pharisiens et comme il est arrivé souvent auparavant, la question qu’ils lui posent n’est pas gratuite. L’auteur souligne bien le fait que les pharisiens n’étaient pas vraiment intéressés par si ou non, on pouvait répudier sa femme mais que leur intention était de mettre Jésus dans l’embarras , certainement pas une nouveauté de leur part…

Les pharisiens l’abordèrent; et, pour l’éprouver, ils lui demandèrent s’il est permis à un homme de répudier sa femme.

Le fait que les pharisiens lui posent la question, montre que le sujet faisait débat du temps de Jésus mais pourquoi faisait-il débat ? Dans une des études que j’ai lue, il est suggéré qu’une des raisons possibles pour lesquelles ils lui auraient posé la question serait à cause d’Hérode déjà mentionné dans cet évangile, quand l’auteur rapporte l’histoire de la mort de jean Baptise, exécuté car il dénonçait son mariage avec la femme de son frère qu’elle avait divorcé. Le but de la question donc pourrait être de mettre Jésus en difficulté face au pouvoir politique du moment.

(D’une certaine manière, rien n’a changé, les mariages et divorces des grands défraient toujours la chronique… à l’heure qu’il était les partisanstrès chrétiens de Trump qui avait divorcé plus d’une fois, ont passé l’éponge sur ses aventures amoureuses et ses divorces… d’un autre côté Biden, bon catholique lui n’a pas divorcé, mais sa femme elle qui n’était pas catholique quand elle l’a connu avait divorcé… mais comme le mariage protestant n’est pas reconnu par les catholiques, elle a donc pu être mariée par l’église catholique sans problème…Bref…la casuistique fait des miracles)

Mais en dehors de la question politique, le thème de quand on pouvait répudier sa femme était débattu car si pouvoir la répudier était un acquis, celle de savoir pour quelles raisons on pouvait le faire était un sujet de débat… des plus tolérants qui l’autorisait si elle avait brûlé le repas au plus regardants qui ne l’autorisait que si elle était coupable d’impudicité…

( Les documents du Qumran, textes préservés miraculeusement d’une secte juive de l’époque de Jésus, aborde la question du divorce et du remariage et semble les condamnermais étant donné que les documents que l’on a trouvé sont tronqués, les scientifiques qui les examinent ne semblent pas d’accord sur la manière dont ils doivent les interpréter…décidément…)

En tout cas Jésus, selon sa bonne habitude et parce-qu’il était plus malin que les pharisiens qui voulaient le critiquer, leur renvoie leur question : il savait bien qu’ils n’étaient pas du tout intéressés par le désir de faire ce qui était juste, mais de le prendre en défaut.

(Et c’est très souvent le cas quand on discute religion avec des gens qui vous posent des questions sur votre foi, ils ne cherchent pas à savoir, ils veulent seulement vous montrer que ce que vous croyez est ridicule)


Une réponse que l’on n’attendait pas

La réponse de Jésus est a priori étonnante et inattendue, mais comme il l’a fait pour la question sur l’impureté, il engage le débat à un autre niveau, en refusant d’entrer dans la discussion stérile de ce qui est permis ou ce qui n’est pas permis car selon lui, elle est l’expression de « la dureté de leur coeur » ou de leur mauvaise foi.

« Mais au commencement de la création, Dieu fit l’homme et la femme;

C’est la première fois dans son enseignement que Jésus s’en réfère à la création, et c’est intéressant de noter qu’il cite ce verset biblique plutôt qu’un autre… pas celui où la femme vient de la côte d’Adam, et que Paul plus tard citera pour insister sur le fait que l’homme a été créé le premier…. mais celui qui explique bien que le projet créateur de Dieu c’est l’existence des deux en même temps, côte à côte, au même niveau sans prééminence de l’un sur l’autre.Il énonce une vérité simple sur le genre humain et sur son identité fondamentale de différenciation, qui pourtant ne les divise pas, mais les unit.

Ce qui est notable aussi est que cette référence soit localisée avant la chute de l’homme dans le récit biblique et de son expulsion du paradis… C’est l’image du couple avant le péché… avant que le coeur des hommes se soit endurci…avant que Moise ne fasse des concessions pour accommoder un homme pêcheur et récalcitrant, incapable de vivre selon le projet de Dieu …

Mais finalement les conclusions qu’il en tire sont aussi surprenantes que catégoriques.

c’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme,et les deux deviendront une seule chair. Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair.

Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint.

Jésus s’adresse à des hommes, et on a quand même cette remarque étonnante qui va à l’encontre du modèle patriarcal que l’on trouve dans tellement de sociétés où la femme appartient à la tribu de son mari, une fois qu’elle l’épouse (d’où le fait qu’elle prenne autrefois le nom de famille de son mari), ici il dit à l’homme de quitter son père et sa mère.

« les deux deviendront une seule chair »

Est-ce une référence directe à l’acte sexuel ? On voit difficilement comme il pourrait en être autrement…mais pourtant pas de référence en même temps à la pro-création ce qui aurait semblé naturel étant donné que le texte cité est suivi dans la Genèse, du « multipliez-vous » … et en ce sens, il donne toute sa valeur à l’acte sexuel enlevant le caractère impur et pécheur auquel il est lié dans l’esprit de beaucoup et qu’un acte de procréation qui lui serait automatiquement associé rendrait plus acceptable ou plus saint !

( Que les catholiques et autres conservateurs le veuillent ou non, c’est ce qui se cache derrière l’interdiction de la contraception, qui permettrait de dissocier un acte de l’autre)

Et le passage finit par cette condamnation sans ambages de Jésus qui a dû surprendre les disciples ( ah ces chers disciples, on leur doit tellement !) que le texte montre lui demandant des clarifications supplémentaires un peu plus tard

                      Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint.

La formule est simple, claire et percutante, difficile à contester.

(la seule manière dont on a essayé de la contester pour justifier un divorce, c’est en jouant sur « ce que Dieu a joint, en disant que tel ou tel couple n’avait pas été joint par Dieu, comme quand les catholiques disent que le mariage protestant n’est pas valide…Bref, ya toujours moyen de s’en sortir)

Des éclaircissements décevants

Si on ne nous dit pas expressément quelle a été la réaction des disciples (on la donne dans un autre évangile) leur inquiétude est montrée du fait qu’après avoir quitté la foule ils continuent à l’interroger sur la question comme il est arrivé souvent auparavant quand Jésus fait des déclarations qui leur semblent difficiles à comprendre.

En tout cas, sils s’attendaient à ce que Jésus limite le principe qu’il a établi ou l’atténue, ils auront été déçus car sa réponse ne laisse aucun doute sur l’exigence de ce qu’il a dit : parler du remariage comme un adultère, renforce la condamnation du divorce et le situe clairement cette fois-ci comme une désobéissance flagrante au commandement de la loi mosaïque qui pour le coup le condamne expressément.

Lorsqu’ils furent dans la maison, les disciples l’interrogèrent encore là-dessus.

Il leur dit: Celui qui répudie sa femme et qui en épouse une autre, commet un adultère à son égard;

et si une femme quitte son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère.

(Notons aussi que l’on retrouve la même égalité entre l’homme et la femme qui est mentionnée plus haut sous un mode différent. Alors que Jésus s’adresse à des hommes, il enseigne que le même principe s’applique aux femmes qu’aux hommes ce qui semble étonnant mais peut s’expliquer par le fait que la loi romaine autorisait aux femmes à se séparer de leur mari à l’époque ce qu’avait fait Herodias pour épouser Hérode , son beau-frère)

La réponse d’une certaine manière semble lier le désir de divorcer à celui de s’accoupler avec un autre… ce qui est montré comme étant tout à fait inacceptable…

( il est évident quand on conseille des couples en difficulté que si l’un d’entre eux est tombé amoureux d’un ou d’une autre, c’est très difficile sinon impossible de travailler pour sauver la relation…il n’y a pas de volonté profonde. Il m’a souvent aussi été expliqué quand je vivais en pays musulman que quand les hommes avaient déjà 4 femmes qui était la limite donnée par le Coran et qu’ils voulaient en prendre une cinquième, ils en divorçaient une pour rester dans les règles…le légalisme n’est pas propre au christianisme, ni au judaïsme…l’hypocrisie religieuse et la capacité humaine à faire semblant de respecter les règles pour se donner bonne conscience n’a pas de limite…)

Avant même de discuter quelles sont les applications que l’on peut donner à ce texte et quelles règles ont peut en déduire ( ce que je ne ferai pas) si on lit ce passage dans le contexte de l’évangile de Marc, il n’est pas surprenant. Jésus y est présenté comme quelqu’un qui dénonce les hypocrites religieux avec force mais qui aussi met la barre très haut pour ceux qui veulent le suivre et dans ce sens, son enseignement sur le divorce n’est pas une anomalie, il est cohérent avec le reste.

« Être chrétien »ne voulait rien dire à l’époque, c’est être un bon juif qui était la préoccupation des disciples, et à cette préoccupation Jésus ne répond pas et offre une exigence plus élevée, il montre un idéal qui va au-delà des règles humaines et religieuses convenues. Mais bien entendu, il faut rappeler qu’il n’obligeait personne à le suivre… au contraire, il a quelquefois découragé ceux qui voulaient s’y aventurer. Ce qui fausse la question est qu’ « être chrétien » est devenu une identité culturelle et religieuse un peu floue qui est réclamée par des millions d’êtres humains auxquels sont attachés souvent des privilèges et des droits « au salut ».

Mais voilà on fait quoi maintenant ?

Comme Jésus, n’a pas discuté de cas précis, Paul lui qui est venu après dans les groupes naissants de l’église primitive, a envisagé certaines réponses, sollicité certainement par des cas concrets qui lui étaient présentés mais on ne trouvera jamais le cas particulier (généralement qui est le nôtre et que l’on croit unique) sur lequel on aurait voulu que Jésus se prononce et pour lequel on veut une réponse tranchée.

* * *

Ce qui continue à me plaire dans ce texte de l’évangile de Marc, c’est sa sobriété : il n’en rajoute pas, le rédacteur ne fait pas de commentaires superflus ni ne donne de conseils particuliers. Il laisse les propos de Jésus tels quels sans interférence (et on devrait faire de même…) Jésus, lui nous renvoie à nos questions, nous obligeant à donner nos réponses révélant ainsi nos vraies motivations : pose-t-on cette question parce qu’on veut justifier ce que l’on a envie ou décidé de faire, ou pose-t-on la question pour avoir des arguments pour condamner un tel ou une telle ou encore, est-ce plutôt parce-qu’on est en souffrance et qu’on a vraiment à coeur de savoir comment on doit agir?

(Cependant, les questions qui commencent par « a-t-on le droit de » sont bien souvent suspectes car suivre Jésus a plus à voir à renoncer à ses droits qu’à les exiger, si l’on en croit ses enseignements, et vouloir répondre à une personne qui nous la pose est souvent un piège dans lequel on ferait bien de ne pas se laisser prendre…)

Les Pharisiens ont posé la question pour l’éprouver… et nous pourquoi pose-t-on la question du droit au divorce ? Quel est l’enjeu ?

P.S : Honnêteté oblige : comme je n’ai pas répudié mon mari (pas encore en tout cas…après 50 ans) ce texte ne me remet pas en cause ce qui me permet de l’aborder sans trop d’états d’âme… par contre, quand Jésus dit un peu plus loin dans ce même chapitre de vendre tout ce que l’on a pour donner l’argent aux pauvres, c’est une autre histoire : j’ai besoin de savoir si « tout » veut dire vraiment tout… ma machine à café, mon lave-vaisselle, mon fer à repasser (celui-là je pourrai le donner sans problème car je déteste repasser) mais aussi mamaison … Alors on sait que St François d’Assise, lui il a donné jusqu’à ses propres vêtements…mais bon…là, je ne suis pas du tout à la hauteur…

Quelques uns des articles consultés :

VAAGE, LEIF E. “An Other Home: Discipleship in Mark as Domestic Asceticism.” The Catholic Biblical Quarterly, vol. 71, no. 4, 2009, pp. 741–761. JSTOR, http://www.jstor.org/stable/43726614.

AHEARNE-KROLL, STEPHEN P. “Audience Inclusion and Exclusion as Rhetorical Technique in the Gospel of Mark.” Journal of Biblical Literature, vol. 129, no. 4, 2010, pp. 717–735. JSTOR, http://www.jstor.org/stable/25765963.

Holmén, Tom. “DIVORCE IN ‘CD’ 4:20-5:2 AND ‘11QT’ 57:17-18 SOME REMARKS ON THE PERTINENCE OF THE QUESTION.” Revue De Qumrân, vol. 18, no. 3 (71), 1998, pp. 397–408. JSTOR, http://www.jstor.org/stable/24609126.

Peskowitz, Miriam. “‘Family/Ies’ in Antiquity: Evidence from Tannaitic Literature and Roman Galilean Architecture.” The Jewish Family in Antiquity, edited by Shaye J.D. Cohen, Brown Judaic Studies, Providence, RI, 2020, pp. 9–36. JSTOR, http://www.jstor.org/stable/j.ctvzgb9cp.5.

Long, Timothy M S. “MARK 10:1-12 AND MARRIAGE, DIVORCE AND REMARRIAGE IN SOUTH AFRICA TODAY.” Neotestamentica, vol. 36, no. 1/2, 2002, pp. 1–19. JSTOR, http://www.jstor.org/stable/43049106. .

MARRIAGE AND THE ESSENES.” Behind the Essenes: History and Ideology in the Dead Sea Scrolls, by Philip R. Davies, Brown Judaic Studies, Atlanta, Georgia, 2020, pp. 73–86. JSTOR, http://www.jstor.org/stable/j.ctvzpv5fb.9.

The Polygamy Rules of CD IV:20–V:2 and 11Q19 LVII: 15-19 and Their Sources: Implications for Divorce and Remarriage.” Women in the Bible, Qumran and Early Rabbinic Literature: Their Status and Roles, by Paul Heger, Brill, LEIDEN; BOSTON, 2014, pp. 220–248. JSTOR, http://www.jstor.org/stable/10.1163/j.ctt1w76vnm.10.

Rubio, Julie Hanlon. “Three-in-One Flesh: A Christian Reappraisal of Divorce in Light of Recent Studies.” Journal of the Society of Christian Ethics, vol. 23, no. 1, 2003, pp. 47–70. JSTOR, http://www.jstor.org/stable/23561528.

Obscurité et lumière: affaire Duhamel

Le 4 février, 2021, la Virginie,

Ça fait plus de deux semaines, que je pense à faire quelques remarques sur un scandale du côté de l’Atlantique où je ne suis pas…l’affaire Duhamel… mais avec tout ce qui s’est passé au mois de janvier à Washington, les affaires françaises sont passées au deuxième plan…

Inceste, hypocrisie, omerta, excuses et justifications scandaleuses, tout y est dans ce scandale sexuel chez l’élite bien pensante de la gauche qui a toujours toisé de toute la hauteur de ses diplômes, le reste du monde, ceux qui n’ont pas fait leur révolution sexuelle, ceux qui croient en Dieu bien entendu, ces arriérés que l’on tolère d’un sourire méprisant, et tout ce peuple de « sans dents » qui se laisse manipuler si facilement.

Cette fois-ci, il ne s’agit pas d’un membre révéré pour ne pas dire idolâtré d’une église chrétienne, et la victime n’est pas une femme de moralité douteuse sur laquelle on peut trop facilement rejeter la faute mais celui d’un autre clan avec ces propres codes tout aussi exclusif et tout aussi hypocrite qui au nom de la liberté et la tolérance s’octroie des droits de cuissage pour satisfaire ses désirs, et qui au nom aussi du droit au plaisir, ne voient pas pourquoi ils se refuseraient de se mettre sous la dent un jeune puceau de 13 ans ; on lui rendait service certainement en l’initiant aux plaisirs de la chair…

Tu ne parleras pas, ni toi, ni ceux de ton entourage est le commandement à ne jamais transgresser et tu ne saliras pas la réputation des hommes et des femmes respectables est le second car autrement comment pourrait-on préserver notre statut d’êtres supérieurs et nos privilèges de classe dirigeante…

Tristement troublante aussi, cette histoire de la mère qui fait promettre au fils de ne pas dévoiler l’histoire du beau-père qui l’a violé et que ce n’est qu’une fois qu’elle soit décédée, que la fille Camille Kouchner, sœur jumelle de la victime a finalement le courage de briser le silence en racontant dans un livre la souffrance de son frère dont elle a été témoin et qu’elle regrette aujourd’hui de ne pas avoir défendu…

Pas surprenant vraiment que derrière tout ce beau monde se cache toute cette misère. Hypocrisie religieuse , hypocrisie sociale ou hypocrisie tout court, c’est toujours la même pourriture : sépulcres blanchis disait Jésus de ceux-là, qui en étaient les protagonistes… description toujours aussi appropriée.

Le sieur Duhamel arrivé au sommet de sa carrière, respecté de tous a dû donc démissionner de ses nombreuses hautes fonctions et devient infréquentable…Qui pourra résister aux tribunaux humains… lynchage médiatique diraient certains mais qui ne s’en plaindrait sinon tous ceux qui lui ressemblent trop ?

Pourtant, certainement pas de quoi se réjouirquoique….l’auteur des psaumes lui, il ne s’est jamais excusé de se réjouir de la chute des grands « Frappe-les comme des coupables, ô Dieu! Que leurs desseins amènent leur chute! Précipite-les au milieu de leurs péchés sans nombre! Car ils se révoltent contre toi. Alors tous ceux qui se confient en toi se réjouiront… »

Soit !

Mais plutôt que l’humiliation des coupables, c’est toujours la souffrance des victimes qui m’interpelle. Après chaque scandale, je m’étonne du pouvoir destructeur de la sexualité humaine et de sa capacité à faire des ravages irréparables… et je me demande toujours pourquoi les abus sexuels peuvent causer autant de souffrance dans la vie d’un être humain…surtout quand on sait que c’est aussi fréquent.

Miserere Nobis !

Cependant, devant ce mystère d’obscurité, plutôt se rappeler comme dirait Benoît XVI qu’on a celui bien plus fort qui est celui de la lumière : « au fleuve sale du mal [Le Christ crucifié et ressuscité] oppose un fleuve de lumière [ qui ] est présent dans l’histoire »

Et dans ce cas, il faut bien se dire que c’est la lumière qui a finalement prévalu !
o

La neige: poèmes

Le 2 février, 2021, La Virginie

Groundhog day, la chandeleur, la présentation de Jésus au temple : choisissez !

En tout cas, la tempête de neige est venue et comme d’habitude la beauté était au rendez-vous et continue à l’être….mais le froid aussi qui va s’installer pour plusieurs jours doublé d’une bise glaciale qui risque de faire tomber les arbres et qui m’a fouetté en plein visage quand je suis sortie pour remettre du bois dans le caisson…Par contre le ciel est bleu, et fait resplendir la neige d’une luminosité presqu’aveuglante

Rendre grâce que je sois encore debout, que je puisse voir et que j’aie de quoi me réchauffer.

À la recherche d’un poème qui célèbre la beauté de la neige, je ne trouve chez les auteurs classiques que des poèmes qui expriment la tristesse, la désolation et même la mort…Peut-être justement parce que l’on ne vivait pas au chaud comme aujourd’hui, ce n’était pas la beauté que l’on notait d’abord mais le froid qui glaçait les os, la nourriture qui faisait défaut et la labeur accrue de celui qui travaillait à la merci des intempéries…(ou des oiseaux que l’on imaginait en détresse)

Le poème de Guy de Maupassant est un de ceux-là, il est quand même beau…

Nuit de neige

La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.

Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.

Mais on entend parfois, comme une morne plainte,

Quelque chien sans abri qui hurle au coin d’un bois.

* * *

Plus de chansons dans l’air, sous nos pieds plus de chaumes.

L’hiver s’est abattu sur toute floraison ;

Des arbres dépouillés dressent à l’horizon

Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.

* * *

La lune est large et pâle et semble se hâter.

On dirait qu’elle a froid dans le grand ciel austère.

De son morne regard elle parcourt la terre,

Et, voyant tout désert, s’empresse à nous quitter.

* * *

Et froids tombent sur nous les rayons qu’elle darde,

Fantastiques lueurs qu’elle s’en va semant ;

Et la neige s’éclaire au loin, sinistrement,

Aux étranges reflets de la clarté blafarde.

* * *

Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !

Un vent glacé frissonne et court par les allées ;

Eux, n’ayant plus l’asile ombragé des berceaux,

Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.

* * *

Dans les grands arbres nus que couvre le verglas

Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;

De leur œil inquiet ils regardent la neige,

 Attendant jusqu’au jour la nuit qui ne vient pas.

Guy de Maupassant

Cependant pour finir quand même sur une note plus enjouée, on peut toujours compter sur Jacques Prévert …

Chanson pour les enfants l’hiver

Dans la nuit de l’hiver

galope un grand homme blanc

galope un grand homme blanc

C’est un bonhomme de neige

avec une pipe en bois,

un grand bonhomme de neige

poursuivi par le froid

Il arrive au village

Il arrive au village

voyant de la lumière

le voilà rassuré.

Dans une petite maison

il entre sans frapper

Dans une petite maison

il entre sans frapper

et pour se réchauffer

et pour se réchauffer

s’assoit sur le poêle rouge

et d’un coup disparaît

ne laissant que sa pipe

au milieu d’une flaque d’eau

ne laissant que sa pipe

et puis son vieux chapeau…

Jacques PRÉVERT

Psaume 19: Meditation

Le 30 janvier, 2021, samedi, à la campagne, en Virginie

(Jusqu’à présent, les chutes de neige ont été décevantes : elles ont à peine recouvert le sol mais on nous en prédit une pour ce week-end ! J’espère que l’on pourra admirer le miracle de la transformation d’un paysage austère avec tous ces arbres nus en un monde féerique qu’est celui de la neige…)

En tout cas en ce samedi froid d’hiver, au lieu de me tourner vers les activités humaines qui font les grands titres sur l’Internet, je prends le temps de me souvenir, que les êtres humains qui prennent tant de place sur notre planète, qui s’agitent dans tous les sens pleins de leur importance, ne sont pas les maîtres de l’Univers. Il fonctionne sans eux : il a existé avant qu’ils ne fassent leur apparition et il existera après…à moins qu’ils n’arrivent à le détruire !

Psaume 19 (traduction, bible de Jérusalem)

Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l’œuvre de ses mains, le firmament l’annonce;

le jour au jour en publie le récit et la nuit à la nuit transmet la connaissance.

Non point récit, non point langage, nulle voix qu’on puisse entendre,

mais pour toute la terre en ressortent les lignes et les mots jusqu’aux limites du monde.

Pas de discours, pas de sermons, pas de commentaires, pas de théories compliquées, pas de compositions littéraires raffinées, qui devant lui ne sauraient être que verbiage…l’existence de l’Univers est suffisant, tout seul pour déclarer la grandeur de Dieu. L’univers existe : réalité en dehors de nous, qui n’a pas besoin de notre affirmation pour tenir en place.

Là-haut, pour le soleil il dressa une tente,

et lui, comme un époux qui sort de son pavillon, se réjouit, vaillant, de courir sa carrière.

A la limite des cieux il a son lever et sa course atteint à l’autre limite, à sa chaleur rien n’est caché.

Ce fameux soleil : objet d’adoration de tellement de cultures, au Japon par exemple, (Amaterasu, une déesse et pas un dieu, intéressant que le soleil soit représenté par une femme) adoré et admiré tellement que tous les rois et les empereurs le jalousent et veulent lui voler un peu de sa gloire. L’image ici est extrêmement vivante et érotique car c’est bien l’image d’un époux satisfait qui sort de sa demeure prêt à affronter le monde auquel l’auteur fait allusion.

Mais le soleil, ici n’est pas une divinité, pas de panthéisme, on rend grâce au Dieu de l’univers, qui a dressé une tente pour le soleil et dont l’existence dépend. On peut admirer le beauté d’un tableau tout en sachant que c’est à un peintre qu’il faut rendre gloire pour l’œuvre magnifique qui s’étale devant nos yeux…

La loi de Yahvé est parfaite, réconfort pour l’âme; le témoignage de Yahvé est véridique, sagesse du simple.

Les préceptes de Yahvé sont droits, joie pour le cœur; le commandement de Yahvé est limpide, lumière des yeux.

La crainte de Yahvé est pure, immuable à jamais; les jugements de Yahvé sont vérité, équitables toujours,

désirables plus que l’or, que l’or le plus fin; ses paroles sont douces plus que le miel, que le suc des rayons.

Aussi ton serviteur s’en pénètre, les observer est grand profit.

Les lois des hommes, les conseils des experts laissent toujours à désirer Combien de fois, on s’exclame que ce n’est pas juste ou que c’est trop compliqué, combien de fois, on est déçu par un verdict ou une opinion, voire un éditorial…

« sagesse du simple » comme elle fait défaut !

« témoignage véridique » absent des sites complotistes

«jugements équitables » ça existe vraiment ?

En tout cas, joie pour le cœur, réconfort pour l’âme, paroles plus douces que le miel, certainement après avoir lu, entendu les cris de haines, les fausses vérités, les jugements à l’emporte pièce qui polluent la toile…

Cure de détox assurée où l’on remplace le venin accumulé de la semaine par l’eau pure et claire des préceptes de Dieu

Mais qui s’avise de ses faux pas? Purifie-moi du mal caché.

Préserve aussi ton serviteur de l’orgueil, qu’il n’ait sur moi nul empire! Alors je serai irréprochable et pur du grand péché.

Agrée les paroles de ma bouche et le murmure de mon cœur, sans trêve devant toi, Yahvé, mon rocher, mon rédempteur!

Et puis, on n’y échappe pas à l’examen de conscience personnel : il n’y a pas que les autres qui polluent l’atmosphère, c’est nous aussi, aveuglés à nos propres erreurs, qui avons besoin d’être corrigés, tombant trop facilement dans le « je ne suis pas comme les autres » avec nos paroles déplacées, nos indignations quotidiennes…, nous qui prenons de haut tous ceux qui ne partagent pas nos opinions…

* * *

Contemplation, cure de détox, nettoyage à fond, tout ça dans un psaume.

On en a bien besoin à la fin de la semaine, de se ménager un temps de sabbat !