Béatitudes (suite)

Le 8 juin 2021, Auvergne,

Maître nous savons que tu ne juges pas selon les apparences…

Même les détracteurs de Jésus lui reconnaissaient cette qualité, cité dans l’évangile de Marc quand les scribes sont venus le flatter pour mieux le piéger après…

Ce qui me fait me rendre compte encore combien, moi je juge selon les apparences…

A quel point mon regard sur les autres est encore entaché du milieu dans lequel j’ai été élevée,

La manière dont les gens s’habillent, dont ils se tiennent à table, s’ils sont beaux ou s’ils sont moches, s’ils sont trop gros ou trop maigres, la manière dont ils s’expriment, l’accent qu’ils ont ou qu’ils n’ont pas, le vocabulaire qu’ils utilisent et les idées qu’ils professent, leurs connaissances, leur réussite universitaire, professionnelle ou même familiale … et bien d’autres choses encore…

Bref,

Tout, sauf ce qui compte vraiment…

Il faut constamment revenir aux béatitudes, pour se remettre les pendules à l’heure,

Ça sert à ça aussi les béatitudes….

Heureux les pauvres en esprit,
car le Royaume des Cieux est à eux.
Heureux les doux,
car ils recevront la terre en héritage.
Heureux les affligés,
car ils seront consolés.
Heureux les affamés et assoiffés de la justice,

car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux,
car ils obtiendront miséricorde
Heureux les cœurs purs,
car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix,
car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux les persécutés pour la justice,
car le Royaume des Cieux est à eux.

Se souvenir de ce qui compte vraiment sans oublier la fin :


Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on vous calomnie de toutes manières à cause de moi.
Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux.

On a du pain sur la planche !

Béatitudes, vraiment?

7 juin, 2021, Auvergne

( Il fait frais et humide, on a rallumé le feu!)

Aujourd’hui, lundi 7 juin, la lecture du jour est un des plus beaux textes de l’évangile, on l’a appelé la carta magna du christianisme. Un texte de bénédiction qui nous inclut tous ou plutôt qui inclut toutes les personnes de bonne volonté, tous les « justes », un beau terme que les juifs ont donné à tous ceux qui avaient sauvé la vie de membres de leurs familles au temps de la Shoah, dont beaucoup ont payé de leur vie et de celles de leurs proches pour leurs actions héroïques.

Les traductions varient et on peut en préférer une plus qu’une autre mais c’est avec grand plaisir qu’on les relit car qui ne trouve pas dans une béatitude, un réconfort, un baume, une consolation, un encouragement pour poursuivre ce que nous savons tous est bien et bon. Ce texte qui met en exergue ce qu’il y a de plus noble dans l’être humain nous rappelle en même temps que le Dieu qui existe, lui aussi est du côté du bien, de la justice et de la paix et que si l’Histoire est entre ses mains, oeuvrer et désirer la justice c’est être du bon côté de l’histoire…

Heureux les pauvres en esprit,

car le Royaume des Cieux est à eux.

Heureux les doux,

car ils recevront la terre en héritage.

Heureux les affligés,

car ils seront consolés.

Heureux les affamés et assoiffés de la justice,

car ils seront rassasiés.

Heureux les miséricordieux,

car ils obtiendront miséricorde.

Heureux les cœurs purs,

car ils verront Dieu.

Heureux les artisans de paix,

car ils seront appelés fils de Dieu.

Qui ne voudrait pas être, pauvre en esprit, qui ne voudrait pas avoir le coeur pur, être artisan de paix, qui ne voudrait pas être passionnés de justice, ou miséricordieux pour recevoir tous ces bénéfices : le Royaume des cieux, la terre en héritage, voir Dieu, être appelé de ce beau mot de « fils de Dieu » sans mentionner de pouvoir être consolé quand on pleure et qu’on est affligé. N’importe qui est prêt à recevoir cet enseignement, à faire sienne ces valeurs nobles, à vouloir écouter et suivre quelqu’un comme Jésus…

SAUF QUE, SAUF QUE….

Après ça se gâte…d’ailleurs souvent on ne va pas jusqu’au bout du texte, on préfère s’arrêter en chemin…après la liste des récompenses/bénéfices que l’on reçoit, le texte prend une toute autre tournure

Heureux les persécutés pour la justice,

car le Royaume des Cieux est à eux.

Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on vous calomnie de toutes manières à cause de moi.

Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux.

Ces dernières déclarations, on pourrait s’en passer (d’ailleurs on s’arrête souvent avant la fin car il y a tellement à dire sur ce qui précède que l’on peut esquiver les dernières béatitudes ). Tout à coup, l’idée de bénédiction prend un virage radical…on a plus envie du tout d’être béni ! Tout à coup, ce fameux évangile de la prospérité ne colle plus, on ne peut plus faire du racolage en promettant aux nouveaux prosélytes toutes sortes de bonnes choses pour les encourager à joindre le mouvement…et ce n’est plus sur terre qu’on nous promet des bénédictions, c’est dans l’au-delà…

Heureusement, Jésus n’est pas venu seulement pour les chrétiens confortables et repus que nous sommes souvent, gâtés et jamais contents, en voulant toujours plus, il est venu pour les autres aussi, ceux qui sont persécutés, pour ces justes qui dans les époques sombres de Shoa qu’elles soient juives ou chrétiennes souffrent à cause de leur engagement et de leur foi….(et puis pour nous aussi qui ne savons pas quand viendra notre tour de marcher dans l’ombre de la mort)

Heureusement, Jésus lui ne nous ment pas et ne nous fait pas de fausses promesses mais nous prévient que le suivre  encourt des risques et peut-être dangereux ….

Heureusement!

Mais quand même «  être dans la joie et l’allégresse », quand on nous insulte et on nous calomnie, c’est beaucoup demander !

Je préfère moi aussi méditer sur le début !

Je suis le Messie

le 20 avril 2021, la Virginie

Marc 11: 1-11

( Alors qu’on s’apprête de nouveau à retourner en France je n’y comprends rien avec ce qui se passe avec le coronavirus là-bas …ça n’en finira jamais cette histoire…)

Lorsqu’ils approchèrent de Jérusalem, et qu’ils furent près de Bethphagé et de Béthanie, vers la montagne des oliviers, Jésus envoya deux de ses disciples,

en leur disant: Allez au village qui est devant vous; dès que vous y serez entrés, vous trouverez un ânon attaché, sur lequel aucun homme ne s’est encore assis; détachez-le, et amenez-le.

Si quelqu’un vous dit: Pourquoi faites-vous cela? répondez: Le Seigneur en a besoin. Et à l’instant il le laissera venir ici.

les disciples, étant allés, trouvèrent l’ânon attaché dehors près d’une porte, au contour du chemin, et ils le détachèrent.

Quelques-uns de ceux qui étaient là leur dirent: Que faites-vous? pourquoi détachez-vous cet ânon?

Ils répondirent comme Jésus l’avait dit. Et on les laissa aller.

Ils amenèrent à Jésus l’ânon, sur lequel ils jetèrent leurs vêtements, et Jésus s’assit dessus.

Beaucoup de gens étendirent leurs vêtements sur le chemin, et d’autres des branches qu’ils coupèrent dans les champs.

Ceux qui précédaient et ceux qui suivaient Jésus criaient: Hosanna! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur!

Béni soit le règne qui vient, le règne de David, notre père! Hosanna dans les lieux très hauts!

Jésus entra à Jérusalem, dans le temple. Quand il eut tout considéré, comme il était déjà tard, il s’en alla à Béthanie avec les douze.

Un épisode bien connu, avec tous les titres qu’on lui a donné, l’entrée triomphale à Jérusalem et qui est devenu, dans la liturgie « le dimanche des rameaux », tellement connu qu’il a été l’occasion de nombreuses représentations qui suscitent dans notre esprit des images multiples qui risquent d’obscurcir le texte…La rançon de la gloire : le rite qui fait revivre des milliers de fois un événement basé sur une réalité historique, le transforme en autre chose, lui donnant une dimension mythique allégorique qui finit par nous faire douter de son authenticité.

Un événement à contre-courant ?

Autre épisode qui arrive sans crier gare sauf, la localisation : on était en marche vers Jérusalem où Jésus a annoncé qu’il serait fait prisonnier et qu’il mourrait, ce qui est encore difficile à croire, et finalement maintenant, on est arrivé dans ce lieu fatidique.

Il y a peu d’événements dans le récit de Mark où l’on voit Jésus prendre l’initiative de « faire quelque chose » de précis. S’il est évident qu’il se sait et se veut en mission, qu’il décide où il veut aller, et qu’il est en général celui qui dicte sa volonté à ses disciples qui le suivent, on le voit souvent interrompu et approché par la foule qui le presse et dont il essaie quelquefois de s’échapper. Le récit est une série de rencontres et d’échanges à la fois avec des personnes demandeuses et des personnes qui le remettent en cause. C’est à l’occasion de ces rencontres bien souvent qu’il n’a pas sollicitées qu’il prodigue ses enseignements aux disciples et à la foule qui le suit de près ou de loin.

Dans cet épisode, on voit Jésus prendre une initiative qui semble ne pas être en cohérence avec ce qu’il enseigne : il veut entrer dans Jérusalem, pas à pied, mais assis sur un ânon, nous dit-on. Il y a une véritable mise en scène de sa part : il a tout prévu, il a déjà demandé à quelqu’un de lui prêter l’animal sur lequel il va s’asseoir et il donne l’ordre à deux de ses disciples d’aller le chercher.

Lorsqu’ils approchèrent de Jérusalem, et qu’ils furent près de Bethphagé et de Béthanie, vers la montagne des oliviers, Jésus envoya deux de ses disciples,

en leur disant: Allez au village qui est devant vous; dès que vous y serez entrés, vous trouverez un ânon attaché, sur lequel aucun homme ne s’est encore assis; détachez-le, et amenez-le.

Si quelqu’un vous dit: Pourquoi faites-vous cela? répondez: Le Seigneur en a besoin. Et à l’instant il le laissera venir ici.

Cette partie de l’histoire s’inscrit bien dans les coutumes de l’époque : on pouvait emprunter un animal de somme pour transporter des biens ou des personnes et promettre à son propriétaire de le lui rendre après l’avoir utilisé, ce qui était réglementé dans les lois juives. L’emprunt pouvait être fait gratuitement ou il pouvait y avoir paiement mais en tout cas l’emprunteur était responsable de l’animal pendant son utilisation et devait dédommager le propriétaire au cas où il soit blessé..

Il n’y a pas de suggestion que l’emprunt soit motivé pour une raison pratique. Aucun indice de la part de l’évangéliste, sur le pourquoi de cet emprunt, sauf qu’aussitôt que l’animal lui est apporté, les disciples jettent leur manteau pour que Jésus s’assoie. Certainement un geste pour honorer Jésus et tout à coup la foule dont la présence n’est pas mentionnée auparavant, fait son apparition et forme un cortège autour de lui en l’acclamant.

Ils amenèrent à Jésus l’ânon, sur lequel ils jetèrent leurs vêtements, et Jésus s’assit dessus.

Beaucoup de gens étendirent leurs vêtements sur le chemin, et d’autres des branches qu’ils coupèrent dans les champs.

Ceux qui précédaient et ceux qui suivaient Jésus criaient: Hosanna! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur!

Béni soit le règne qui vient, le règne de David, notre père! Hosanna dans les lieux très hauts!

C’est une vraie procession qui est décrite, une procession où Jésus se laisse acclamer comme futur roi sans que l’on sache pourquoi. Autant pour moi, les autres scènes rapportées étaient plausibles où semblaient découler naturellement de leur contexte culturel et religieux, autant ici, j’ai du mal à le situer surtout étant donné ce qu’on a vu de la personnalité de Jésus, de ses enseignements et de l’annonce de sa mort infâme.

C’est peut-être pour ça que l’on a ajouté ou imaginé tant d’interprétations différentes à cette scène, la plus traditionnelle étant celle de l’accomplissement d’une prophétie de l’ancien testament qui est d’ailleurs mentionnée dans les autres évangiles ;  « Sois transportée d’allégresse, fille de Sion! Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem! Voici, ton roi vient à toi; Il est juste et victorieux, Il est humble et monté sur un âne, Sur un âne, le petit d’une ânesse » . Il me semble que, Jésus roi des juifs, fils de David est un concept totalement nouveau dans cet évangile à part, le cri qu’on vient juste d’entendre de l’aveugle Bartimée.

On en revient à l’énigme Jésus, avec ses titres différents, ses identités multiples, un maître qui d’une part enseigne à ses disciples à être serviteur, qu’il faut donner sa vie pour les autres mais qui d’autre part se met en situation pour être acclamé par la foule …

En tout cas, il me semble naturel de penser que ce moment d’enthousiasme des foules (programmé orchestré ou encouragé par Jésus) a nécessairement inquiété les chefs religieux qui ont vu la possibilité d’un soulèvement politico-religieux autour de lui qui mettrait en péril à la fois leur pouvoir mais aussi  l’équilibre précaire de compromis qu’ils avaient établis avec le pouvoir romain. Jésus dans cet épisode apparaît être un agent provocateur face aux autorités, dans ce temps de fête à Jérusalem, où l’on venait de partout et la ville était pleine à craquer…

Pourquoi cette provocation ? Pourquoi se payer cette entrée triomphale à Jérusalem ( même si ce n’était qu’un ânon) sachant les conséquences possibles de son acte ? Pour se faire plaisir attiré lui aussi par l’adulation de la foule ou volonté de provoquer cette arrestation le plus vite possible ?

On ne le sait pas… (et c’est un peu rageant…)

Je suis le Messie légitime

Pas de réponse psychologique, seule, un réponse théologique est possible et on ne peut pas ici éviter de l’aborder : la seule « explication plausible » nous renvoie à la question de l’identité de Jésus en faisant appel à des attributs qui relèvent de sa « divinité » de sa qualité de « sauveur de l’humanité » , de « Messie » mais aussi de « Fils ». Cette entrée à Jérusalem nous oblige à le penser comme quelqu’un qui se savait faire partie d’un dessein précis, d’une mission qui lui aurait été donnée par le Père, dont il était pleinement conscient et qu’il faisait par obéissance….

Le Jésus de Marc commence à ressembler au Jésus de la foi chrétienne dans le sens qu’on l’entend encore aujourd’hui. Il cesse ici d’être ce prédicateur juif itinérant quelconque, avec des prétentions de prophète, il assume son identité de fils de David, de « Messie », de roi légitime : significatif que le texte note que la procession termine au temple, le cœur de la vie religieuse juive. Alors qu’il ne dit pas un mot, il se déclare visiblement et clairement, le Messie du peuple juif sans que le texte ne le relève…( ce pourquoi on devrait lui être gré peut-être, lui permettant ainsi d’être simplement un témoin de l’authenticité de l’épisode.) L’évangéliste ne tire pas de conclusion de l’événement, ni ne nous donne la réaction des disciples qui avaient participé à la liesse de la foule, la seule remarque est que comme il se faisait tard, Jésus sort de la ville et retourne dans le lieu où il demeurait…

Mais comment ne pas penser aux disciples et ne pas imaginer leur perplexité ? Jésus leur a annoncé qu’il serait fait prisonnier et livré aux autorités… et voilà que c’est Jésus, le Messie traditionnel, roi des Juifs, comme ils se le sont toujours imaginé qu’ils voient défiler sous leurs yeux et qui semble prêt à prendre le pouvoir. Que croire, ou qui croire ( ne serait-ce qu’un mauvais rêve cette annonce…ou une vérité qu’il ne faut pas prendre littéralement) ? En tout cas pour l’instant, ce Jésus-là, ce Messie acclamé leur convient très bien.

* * *

A vrai dire, cet épisode ne m’inspire pas particulièrement…il m’est plus facile d’imaginer un Jésus rejeté qu’un Jésus acclamé…je ne sais pas ce que ce passage dit sur l’identité et le caractère de Jésus, mais ça en dit long en tout cas sur le caractère de celle qui le lit et le commente…..

Rendez-vous raté

21 avril 2021, la Virginie

Décès,

Quand on n’est pas là

alors qu’on aurait voulu y être,

et qu’il aurait suffit d’un rien pour qu’on y soit…

Je ne te laisserai pas mourir seule lui avais-je dit

Je serai là, pour toi…

Mais je n’y étais pas,

Et puis après,

Pas de sépulcre

Personne pour recueillir le corps

Heureusement,

Tu avais envoyé quelqu’un

Pour lui prendre la main

et faire avec elle

la prière de l’adieu

Heureusement,

Tu l’as accueillie

Toi

Après

Dans ton paradis…

Alors,

Au revoir

À toi

mais plutôt

A Dieu!

En route?

Le 27 avril 2021, banlieue de Washington

En route ?

La grandeur de l’univers, nous renvoie à la grandeur de Dieu qui elle non plus n’a pas de limites, ou plutôt on devrait dire s’ils en ont, nous les humains ne sauraient où les mettre : chaque fois qu’on en met on est obligé de les déplacer parce que l’on découvre qu’elles sont trop rapprochées… on a beau ajouter des 0 et inventer des nouvelles mesures pour essayer de les cerner…

C’est peine perdue !

Mais qui dit grandeur de l’univers et de Dieu, dit nécessairement petitesse de l’être humain…

Et pourtant,

Alors que je m’apprête à prendre l’avion, son ingénuité, sa créativité est incontestable… et va bien au-delà de ce qu’on pourrait attendre d’un être aussi petit, aussi fragile, aussi insignifiant, dans le temps et dans l’espace,

Mais d’un autre côté encore,

On se sent tellement important, tellement grand, tellement indestructible à l’intérieur de soi,

que la conscience de notre existence réduit celle de ce qui nous entoure en son objet, en sa chose, en son invention,

pas l’Univers, car on ne peut pas le nier,

mais de Dieu car on ne le voit pas,

et que dans notre arrogance on croit pouvoir ignorer ou carrément

Radier.

Voler au-dessus des montagnes et des océans,

des villes et des villages,

des usines et des centrales électriques…

et des milliers, et des milliers d’êtres de toutes sortes

nous conduit à  parler de mystère,

devant cette équation insolite,

Univers, Dieu, être humain,

Qui saurait la résoudre ?

Éternel, notre Seigneur! Que ton nom est magnifique sur toute la terre! Ta majesté s’élève au-dessus des cieux [ . . .]

Quand je contemple les cieux, ouvrage de tes mains, La lune et les étoiles que tu as créées:

Qu’est-ce que l’homme, pour que tu te souviennes de lui? Et le fils de l’homme, pour que tu prennes garde à lui?

Tu l’as fait de peu inférieur à Dieu, Et tu l’as couronné de gloire et de magnificence.

Et nous…on ne peut avancer que par la foi

Retour

3 mai 2021, Auvergne, France…

Retour

On y est arrivé…mais c’était pas gagné d’avance…otite la veille du départ…et les résultats du test Covid négatifs ne sont arrivés que quelques heures avant d’aller à l’aéroport …mais tant pis, cette fois-ci on s’était dit qu’on tenterait le coup après plus d’un an de vols annulés et reportés…il faut un jour ou l’autre se jeter à l’eau même si elle risque d’être froide sinon, on reste planté, interdit devant l’horizon qui nous fait signe…

( j’ai de nombreux souvenirs d’avoir été malade comme un chien les veilles de départ…et de maintes péripéties pendant les voyages… sans parler des arrivées où le fonctionnaire zélé ou corrompu de service demande des papiers que l’on n’a pas… .surtout quand on est seule avec des enfants en bas âge… je pourrais en écrire tout un livre… C’est ce qui arrive quand on décide de quitter son nid pour attacher ses pas à l’étranger de passage et que les enfants doublent ou plutôt triplent la mise en épousant eux aussi des vrais ou des faux étrangers (selon le côté de la frontière où l’on se trouve)… on passe son temps à faire ses valises et à affronter les contrôles multiples et les tracasseries sans fin du passage aux frontières. Il faut bien pourtant faire l’effort de se séparer des uns pour pouvoir retrouver les autres…!)

Une fois entrée sur le territoire français, nous qui avions bien lu toutes les consignes et qui nous étions bien munis du fameux Sésame, imprimé et signé selon les instructions du consulat…on ne nous l’a jamais demandé, même pas dans le train où le wagon était …presque plein…( même si tout le monde portait des masques) à ne rien y comprendre…

* * *

Dans le jardin, la nature avait repris ses droits : on reconnaît une maison abandonnée par son jardin en friche, envahi par les mauvaises herbes où l’on devine à peine l’allée qui conduit à la porte d’entrée et où s’attend à y trouver des fantômes…ou si on est un rêveur des princesses endormies….

Mais rien de tout cela, le portail s’est ouvert, la porte n’a pas grincé et il a suffit d’un tour de clef pour qu’elle cède…

Le premier jour on est tout à l’émerveillement des retrouvailles, des êtres comme des choses : on avait oublié la sonorité d’une voix, l’expression d’un visage et dans une maison endormie, une odeur familière, un objet qui traînait encore, un fauteuil, une chaise, une nappe …

Et ce soir, devant retrouver mes étudiants, tous des exilés, via internet, à minuit heure française, pour un séance d’alphabétisation, je pense à ceux qui ne pourront jamais revenir chez eux….

Je rends grâce pour ce privilège qui m’est échu, à moi qui ne l’ai pourtant pas mérité et que je reçois comme une grâce !

Pâques

Lundi de Pâques, 2021, la Virginie

On n’arrivera jamais à épuiser toute la richesse de l’histoire de Pâques…

Pas de triomphalisme,

des femmes encore,

qui vont rendre hommage au corps

du défunt

en apportant du parfum

encore

pour l’embaumer,

cette fois-ci

elles continuent à être fidèles

et faire leur devoir

de femme

le travail qui leur est échu

selon la tradition,

malgré leur chagrin

malgré leur déception,

malgré leur incompréhension

Et la pierre,

cet obstacle insurmontable,

Pour elles qui sont frêles

tout à coup,

elles s’en souviennent,

alors qu’elles sont déjà

parties,

alors qu’elles sont déjà

en chemin,

Puissions nous aussi

comme elles,

partir en chemin,

malgré nos déceptions,

malgré nos incompréhensions,

et trouver comme elles,

la pierre roulée

de côté

et le tombeau vidé,

Puissions nous comme elles

au bout du chemin

découvrir le miracle,

Inconcevable

Incompréhensible

et inespéré

de la

Résurrection

Ecce homo

Vendredi saint, 2 avril 2021

Endeuillé est le mot du jour…

On ne peut-être qu’endeuillé,

Attristé, profondément attristé,

Déçu surtout,

« il en a sauvé d’autres pourquoi ne peut-il pas se sauver lui-même ? »

Il reste muet,

ne répondant qu’une ou deux fois aux accusations,

pour affirmer une vérité scandaleuse

qui leur fait déchirer leurs vêtements

tellement elle est impensable

acrimonieuse

l’image de ce fils de Dieu ,

Vaincu

Battu, moqué, craché dessus

avec sa couronne d’épine,

Ridicule, grotesque

tellement différent de l’autre,

vigoureux,

à la répartie facile, à la parole mordante,

au pouvoir surnaturel,

Celui-là,


il n’est plus que

l’Ecce homo

répudié

abandonné

Que voilà

Le jeudi saint: ça rime à quoi?

Jeudi 1er avril 2021, la Virginie

(Sans commentaire, mais quand même, hasard du calendrier il fallait que le 1er avril tombe le jeudi saint!)

Serviteur, serviteur, serviteur…

Un titre honorifique de plus dont les membres du clergé se parent, toutes églises confondues…

Apposé à leur signature à la fin de leurs lettres officielles

« Votre serviteur… »

De qui se moque-t-on ?

Serviteurs ceux qui défilent dans les processions avec tous leurs atours?

Serviteurs ceux qui font des beaux sermons le dimanche matin devant une assemblée béate ?

Serviteurs ceux qui donnent des conférences face à un public qui boit chacune de leur parole ?

Serviteurs ceux qui font de la musique sur une estrade illuminée avec des spots lights qui suivent chacun de leur geste ?

(D’autres laveront leur linge, prépareront leur repas, nettoieront leur lieu de vie , tous ces anonymes qui travaillent dans les coulisses…)

Comment se fait-il que ce mot qui revient tellement de fois dans les enseignements de Jésus soit devenu si vide de sens,

Serviteur, serviteur, serviteur ?

Un titre d’apostat …

En ce jeudi saint, où beaucoup lavent publiquement les pieds des autres devant les caméras,

symboliquement,

Une fois par an

ça rime à quoi ?

(Ceux qui sont des vrais serviteurs à la suite de Jésus, n’en portent pas le nom, Nombreux pourtant, on ne les voit pas, on ne les connaît pas, justement parce qu’ils ne s’en revêtent pas….comme d’un manteau d’apparat…)

Et pourtant…

Et pourtant ce geste, même quand il devient rituel

continue à porter l’emprunte de celui qui l’a enseigné

sa dernière leçon de choses,

visible et tangible

de ce qu’il a tenté

de leur expliquer,

jour après jour,

il l’a fait

une dernière fois,

avant de mourir.

 aurait-ce été  en vain, vraiment ?

Et en vain encore maintenant

quand il continue à le faire

avec nous,

jour après jour,

jeudi saint après jeudi saint ?

Alors pourquoi

ne pas laver et se laisser laver les pieds,

au moins une fois par an?

Éloge du parfum et des femmes

Marc 14: 3-9

Le 30 mars, 2020, la Virginie

(Des fleurs, des fleurs partout, c’est le printemps …. et  la semaine sainte… et le reconfinement en France : on n’en sortira jamais !)

Temps réel, temps textuel et temps liturgique..

Dans mon étude consciencieuse de l’évangile de Marc pour laquelle je suis religieusement le fil du récit et l’ordre des chapitres, « la semaine sainte » n’est pas encore arrivée. D’ailleurs, il n’y a pas de semaine sainte à proprement parler dans l’évangile de Marc, la semaine sainte est une séquence temporelle liturgique organisée pour les besoins de la cause qui regroupe différents événements qui ont précédé l’arrestation, l’exécution et la résurrection de Jésus et dont a essayé de reconstituer le fil en essayant de réconcilier les 4 différents récits des évangiles mais pour lesquels on n’a pas de certitude… (des événements oui, de leur déroulement temporel, non)

Mais réapparaît, en cette semaine, cet épisode qui est dans les 4 évangiles et qui est tellement étonnant que je vais sauter à pieds joints au-dessus de deux ou trois chapitres pour en arriver à cette histoire qui détone tellement avec tout le reste qu’on ne peut pas ne s’y arrêter…, celui de la femme qui déverse un parfum coûteux sur la tête de Jésus…

(Ça me démange trop et je fais passer à la trappe le temps du texte pour épouser celui de la liturgie et a je vais aussi me laisser diriger par mes réactions sans lire la floraison d’articles qui concernent l’épisode)

En voici donc la version de Marc…

Comme Jésus était à Béthanie, dans la maison de Simon le lépreux, une femme entra, pendant qu’il se trouvait à table. Elle tenait un vase d’albâtre, qui renfermait un parfum de nard pur de grand prix; et, ayant rompu le vase, elle répandit le parfum sur la tête de Jésus.

Quelques-uns exprimèrent entre eux leur indignation: A quoi bon perdre ce parfum?

On aurait pu le vendre plus de trois cents deniers, et les donner aux pauvres. Et ils s’irritaient contre cette femme.

Mais Jésus dit: Laissez-la. Pourquoi lui faites-vous de la peine? Elle a fait une bonne action à mon égard;

car vous avez toujours les pauvres avec vous, et vous pouvez leur faire du bien quand vous voulez, mais vous ne m’avez pas toujours.

Elle a fait ce qu’elle a pu; elle a d’avance embaumé mon corps pour la sépulture.

 Je vous le dis en vérité, partout où la bonne nouvelle sera prêchée, dans le monde entier, on racontera aussi en mémoire de cette femme ce qu’elle a fait.

Une femme extravagante, riche et séductrice ?

Pas de nom et les théories ou supputations…sur qui était cette femme ont fait bon train au cours des siècles…alors un des autres évangiles nous donne un nom mais comme d’habitude Marc ne se mouille pas, il ne nous permet encore moins que les autres évangiles d’essayer de deviner de qui il s’agit, Pourquoi ? On peut imaginer maintes raisons… que les sources auxquelles il avait accès ne la nommait pas…. ou les témoins oculaires auprès desquels il s’était renseigné ne savait pas son nom ou l’avait oublié, ou n’avaient pas voulu le mentionner, ou ne voyaient pas besoin de le faire…

Bref, on ne sait ni qui elle est, ni quel type de relation elle avait eu avec Jésus….rien, elle ne dit absolument rien, mais ce que l’on sait c’est qu’elle lui déverse du parfum sur la tête et pas n’importe quel parfum…pas un petit échantillon ridicule comme celui qu’on vous donne dans une parfumerie même si vous avez dépensé plus de 50 euros pour un flacon de 15 ml…

Pourtant une femme qui vient déverser du parfum cher sur la tête de Jésus…ce n’est pas anodin… ou innocent. Jésus n’était pas un vieillard qui avait passé la force de l’âge, et on ne lui avait pas encore mis l’auréole autour de la tête des images pieuses où il est figé, et si on veut être plus proche du texte biblique, il n’avait pas encore été battu de verges et obligé à porter sa croix, un homme au visage ensanglanté … et dont on naturellement aurait eu pitié et auquel on aurait voulu essuyer le visage…comme dans l’histoire apocryphe du voile de Sainte (bien entendu) Véronique, bien plus conforme à la vision que l’on a de Jésus…

Anonyme sans doute elle l’était, mais il est évident que son geste reflète les sentiments qu’elle avait pour lui, admiration, amour sans aucun doute… amour spirituel, saint et chaste ? On ne devrait pas avoir peur de ;e dire mais elle aurait pu très bien être amoureuse de lui (sans impliquer comme certains qu’elle ait été son amante ce que beaucoup ont un plaisir malin à imaginer) Il n’y aurait rien eu de plus naturel : Jésus était un homme qui attirait les foules, admiré et révéré, un héros populaire pour utiliser notre vocabulaire qui tenait tête aux scribes et aux pharisiens et qui avait été accueilli, quelques épisodes plus tôt par une foule exultante alors qu’il entrait assis sur une bête de somme à Jérusalem qui se préparait pour la fête de la Pâque.

Était-ce une tentative de séduction que ce déversement de parfum sur la tête de Jésus ?

(Si l’église essaie de faire d’elle une femme spirituelle sainte et chaste, les peintres par contre, ne se sont pas gênés dans leur représentation en faisant d’elle une femme sensuelle et séductrice. En réalité ils ont tablé sur l’image plus porteuse de l’évangile de Luc qui met en scène une pécheresse repentie qui essuie les pieds de Jésus avec ses cheveux mais qui n’a rien à voir avec la semaine sainte, ni la Marie dans Jean qui n’a rien d’une pécheresse repentie)

En tout cas, dans la version de Marc, pas de prostituée larmoyante qui se jette aux pieds de Jésus, humble et soumise et les essuie avec ses longs cheveux, image érotique s’il en est une (figure féminine fantasmée par la gente masculine , de la femme belle, soumise, assise aux pieds de l’homme, totalement dépendante de son bon vouloir, sollicitant son pardon même…).

L’épisode ne se prête pas à ce genre de représentation féminine iconique : la femme ne peut-être que debout pour déverser le parfum sur sa tête, plutôt un geste envers une personne dont on reconnaît la royauté, le parfum s’il est une arme de séduction quand il est porté par la femme, est certainement une marque de reconnaissance de la noblesse sur la tête de celui sur lequel il est déversé…Dans ce sens, son geste apparaît comme une prolongation de l’épisode de l’entrée de Jésus à Jérusalem où il a été acclamé comme le fils de David… . C’est sur la tête d’un Jésus roi qu’elle déverse son parfum… c’est sa royauté qu’elle affirme.

Un Jésus féministe ?

Mais quelle qu’eût été son intention ( on ne le saura jamais), la réaction de Jésus n’en est pas moins étonnante : sa défense face aux critiques des personnes présentes montre une empathie avec les sentiments d’une femme qu’on n’attend pas, et on ne s’attend pas non plus à ce qu’il soit sensible à cette démonstration d’amour d’une femme envers lui. On s’attendrait à que ce Jésus, bien souvent austère , ce maître/rabbin/prédicateur que l’on a vu expliquer comment la richesse et le royaume de Dieu n’allaient pas ensemble, décrie autant que les autres ce gaspillage injustifié d’argent.

( Ayant vécu à une époque où les femmes ne recevaient pas de salaire, entendre des hommes faire des reproches aux femmes pour dépenser trop d’argent pour des choses inutiles… semble tellement naturel qu’on n’a pas besoin de faire de commentaire…)

Mais pas du tout…la réaction de Jésus est toute autre : elle est sentimentale. Au lieu de condamner cet acte, essentiellement féminin, de débordement émotif, public en plus, il la défend ! De plus pour la sauver de l’embarras dans laquelle elle se trouve, il donne une interprétation prophétique à son geste dont elle n’est pas elle-même consciente… et il transforme la critique de ses adversaires en un motif de louange…Vraiment, une preuve incroyable de sensibilité envers les émotions d’une femme : d’abord de son élan de générosité mais maintenant de la honte qu’elle peut ressentir face à ces reproches indignés. On n’en n’attendait pas à tant…Mais la cerise sur le gâteau c’est ce qui suit…

Je vous le dis en vérité, partout où la bonne nouvelle sera prêchée, dans le monde entier, on racontera aussi en mémoire de cette femme ce qu’elle a fait.

La demande de Jésus que cette femme et son geste ne soient pas oublié, est encore plus étonnante : dans une culture juive où la tradition orale du « souvenez-vous », prévaut, demander à ceux qui l’entourent de rapporter cet incident pour les générations futures a une valeur et une importance difficile à mesurer. C’est le plus grand hommage que l’on puisse rendre à quelqu’un. Surtout que c’est le seul exemple dans cet évangile, où l’on voit Jésus demander expressément que l’on transmette un message aux générations futures.

( Sur le site internet juif « my jewish learning »on trouve le commentaire d’un article intitulé : « l’importance du souvenir : où l’auteur affirme que « c’est le souvenir qui nous a permis de survivre des milliers d’années d’histoire. Notre religion et notre peuple sont fondés sur la mémoire collective de la révélation à Sinai. Tout au long des écritures on est sommé de se souvenir… »*)

Le corps, c’est précieux

Elle valide en tout cas une approche éminemment féminine de la vie, avec ce qu’elle suppose d’émotivité débordante, de générosité extravagante et d’expression publique de sentiments que d’autres considéreraient impudiques et malvenus dans le Royaume. Mais aussi, il y a une autre dimension à cette affirmation, c’est le fait queJésus affirme la valeur du corpsduquel traditionnellement encore, la femme est la première et presque exclusivement la seule à prendre soin de la naissance à la mort : ce corps qui sera malmené, craché dessus, méprisé, elle le couvre de noblesse anticipant la violence de son agression.

Elle donne de l’importance à ce corps que quelque temps plus tard Jésus offrira comme sacrifice en rompant le pain, rappelant que s’il l’a fait par soumission à la volonté du Père, il ne l’a pas fait le cœur léger. Ce geste, parfumer sur son corps d’une odeur suave et fragrante, a certainement été le bienvenu pour Jésus, une consolation anticipée de la souffrance qu’il allait vivre, une bénédiction envoyée par le Père au Fils qui avait accepté son destin … Elle est la seule dans l’entourage de Jésus à faire ce geste prophétique de réconfort qui affirme son amour et son respect pour lui surtout juste avant la trahison de Judas. Pas étonnant qu’il ait voulu qu’on le rappelle !

* * *

Je dois avouer que ce récit de la femme au parfum dans Marc est une totale découverte  : comme beaucoup, j’avais gardé dans l’esprit l’image de la femme larmoyante, ex prostituée, repentante aux pieds de Jésus essuyant ses pieds avec ses longs cheveux. Je n’étais pas consciente qu’il y en avait des versions si différentes, au point ou quoique certains estiment qu’elles racontent un même événement, d’autres y voient des récits d’événements séparés. (N’étant pas un exégète, je n’ai pas d’opinion là-dessus)

En tout cas la lecture attentive de la scène décrite dans Marc, m’a prise de court, à la fois par le geste de cette femme anonyme, debout, image beaucoup plus digne que celle de la femme repentie et surtout aussi à cause de la réaction de Jésus tellement inattendue dans sa compréhension de sa sensibilité particulière qui détone tant avec celle des autres hommes observateurs de la scène.

Ce qu’il y a de particulier ici, c’est que c’est sa féminité qui est valorisée quand aujourd’hui encore c’est souvent en se masculinisant qu’une femme peut prétendre être prise au sérieux...Il est dommage que dans les églises où règnent encore des disciples et des apôtres, semblables à ceux qui l’ont critiqué on préfère la voir en pécheresse repentie qu’en prophète clairvoyante…

Pourtant, Jésus avait bien demandé que l’on raconte l’histoire de son témoignage en même temps que celle de sa passion…ce qui a été fait sans doute mais pourtant sans en tirer les conclusions ..féministes nécessaires…

Dommage !

(Décidément cet évangile de Marc, il continue à me plaire…)

P.S Citation en anglais complète prise à l’adresse suivante :https://www.myjewishlearning.com/article/the-importance-of-remembering/

PS. Les 4 différents passages qui parlent du parfum versé sur Jésus à lire et comparer. La version de Marc et celle de Mathieu sont très similaires : Marc 14 : 3-11 ; Mathieu 26:6-13. La version de Luc est très différente faisant dire à certains qu’il s’agit d’une autre femme, surtout que ce n’est pas sur la tête de Jésus qu’elle verse le parfum et ce n’est pas pendant la Pâque : Luc 7 : 36-50. Et finalement celui dans l’évangile de Jean : Jean 12:3-8. Ce passage s’apparente plus à celui de Marc et de Mathieu sauf que c’est sur ses pieds qu’est versé le parfum…