Le 14 octobre, 2019…la Virginie
Les nuits sont fraîches: on a allumé le poêle…les arbres commencent seulement à changer mais ils ne sont pas revêtus encore de leurs couleur éclatantes…le vert continue à dominer…cette semaine avec les nuits fraîches ils devraient vraiment changer, j’attends avec impatience …quoique le paysage orné d’arbres feuillus et de champs encore verts surtout dans cette région vallonnée continue à m’enchanter…pas de raison de ne pas en profiter et de ne pas s’en mettre plein la vue…
(Un chipmunk qu’est-ce que c’est en français? Il en a beaucoup dans le jardin…je trouve le mot tamia en français que je ne connaissais pas..ils sont tout petit et ressemblent un peu à des écureuils sauf que la queue n’est pas du tout la même)
Aujourd’ hui est jour férié: ” Columbus day” jour de la découverte de l’Amérique (el dia de la raza déjà mentionné) dont la date du 12 est reporté le lundi suivant… c’est un jour férié pour l’Etat fédéral mais il est reconnu dans l’État de la Virginie…. Belle journée ensoleillée après la brume matinale matinale le ciel est lumineux…
Ouf, je trouve un article dans le New York times qui fustige la grossièreté de Trump mais aussi le silence du parti républicain et liders religieux (blancs) là-dessus. https://www.nytimes.com/2019/10/13/opinion/trump-republicans.html ..Un article bienvenu mais écrit par un Afro-américain, montrant encore le racisme latent qui existe derrière les discours politiques des églises qui constitue un véritable scandale…car les institutions religieuses (évêque catholiques, organisation evangelitques) auraient dû monter au créneau pour dénoncer l’insulte…mais c’est le silence radar….
Aujourd’ hui c’était le faux discours de la reine d’ Angleterre avec toute sa pompe (faux car ce n’est qu’ un acte protocolaire le discours étant écrit par le chef du gouvernement britannique) mais qui ne peut pas cacher le désordre et le spectacle désolant d’ une démocratie en plein naufrage sujette à tous les aléas des courants populistes du jour … Pompe et circonstances, tout ce que l’on aime des britanniques mais qui cette fois-ci a l’air si futile….
Malgré tout,
Espérance est le mot du jour…
Plusieurs commentaires en ligne mettent ce mort à l’ honneur qui pourtant n’a pas grand chose à voir avec les textes d’évangile du jour, mais le message est tellement beau et encourageant en ce lundi matin que je le recopie ici…
“Gardons-nous de perdre tout espoir, mais évitons également de céder trop facilement à la nonchalance. (…) Le désespoir empêche celui qui est tombé de se relever, et la nonchalance fait chuter celui qui est debout. (…) Si la présomption nous précipite du haut des cieux, le désespoir nous précipite dans l’abîme infini du mal, alors qu’il suffit d’un peu d’espoir pour nous en arracher. (…) ” ( Saint Chrysostome)
Une famille face au deuil
le 20 octobre 2026 Auvergne
La photo a été prise le 12 octobre…aujourd’hui il pleut

Je m’étonne toujours de voir les événements qui se sont passés entre deux lectures du texte évangélique : il y a le déroulement de la vie de Jésus qui a son propre rythme et que je peux anticiper mais au milieu de cela, celui de la vie dans laquelle je me trouve qui est par certains côtés imprévisible !
Heureusement la pluie est enfin arrivée et le séjour du pape en France s’est passé sans incident (ce qui n’était pas gagné d’avance malgré le service de sécurité impressionnant) par contre, la colère des lycéens et les manifestations du 17 octobre avec ses scènes de violence qui ont fait le tour du monde, elles, n’avaient pas été anticipées même si comme toujours après les faits, tout le monde dit : on s’y attendait.C’est facile quand le présent devient le passé…
On retrouve Jésus dans une scène de la vie réelle, celle du décès récent d’un être cher à la suite d’une maladie.
Jean 11:11-28
Après ces paroles, il ajouta : « Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce sommeil. » Les disciples lui dirent alors : « Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé. »Jésus avait parlé de la mort ; eux pensaient qu’il parlait du repos du sommeil. Alors il leur dit ouvertement : « Lazare est mort, et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ! » Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), dit aux autres disciples : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! »
On commence par un malentendu ( compréhensible) entre Jésus et ses disciples car ils ne savent pas quand il faut le comprendre littéralement ou quand il utilise un langage allégorique. Par contre le rédacteur du texte, lui le sait et nous explique ce qu’il a voulu dire. Mais Jésus qui n’est pas là pour embarrasser ses disciples et les forcer à deviner ce qu’il veut dire, leur fait aussi savoir le sens de ses paroles : Lazare est mort.
La réaction de Didyme montre d’abord qu’il était normal qu ils se rendent immédiatement auprès de sa famille, comme on le fait toujours quand on apprend la mort d’un proche, mais elle montre aussi le danger que Jésus et ses disciples encouraient s’ils retournaient en Judée.
Ce qui va sembler incongru plus tard dans le texte, c’est que Jésus se réjouisse de ne pas avoir été là car cette attitude contredit sa réaction plus tard quand il se trouva devant le tombeau…
À son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà.
Comme souvent, il y a beaucoup de discussions en ce qui concerne la chronologie des événements à savoir quand Jésus s’est mis en route pour aller à Béthanie.. personnellement parlant, ça ne m’intéresse pas vraiment. Je note que les 4 jours sont certainement pour insister sur le fait que Lazare était bien ‘mort et enterré’ étant donné qu’ il y avait une croyance dans le judaïsme, selon laquelle l’âme du défunt restait 3 jours autour du corps, donc la possibilité qu’elle y retourne était maintenant dépassée.
Comme Béthanie était tout près de Jérusalem – à une distance de quinze stades (c’est-à-dire une demi-heure de marche environ) –,beaucoup de Juifs étaient venus réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère. Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison.
On s’attend bien à que ce soit Marthe qui vienne à la rencontre de Jésus et que Marie reste assise chez elle étant donné l’épisode où il nous est raconté que Marthe se plaint auprès de Jésus que sa sœur reste assise pendant qu’elle s’affaire à le servir. ( Luc 10 18-42)
Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. »Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. »Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. »Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ;quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? »Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. »
Cet échange entre Jésus et Marthe est notable car Marthe exprime bien ce qu’une personne « normale » ( juive, est-il besoin de le préciser?) de son entourage pense en ce qui concerne Jésus. Elle croit en ses pouvoirs de guérison et en sa relation privilégiée avec Dieu en tant que prophète et on peut se demander si elle n’avait pas été déçue que Jésus ne soit pas là même s’il n’y a pas l’ombre d’un reproche dans sa déclaration. Comme beaucoup de ses contemporains, sauf le groupe des sadducéens, elle croit aussi en la résurrection des morts et le jugement dernier à la fin des temps.
Jésus, lui teste les limites de ce qu’elle croit à son sujet et certainement elle ne croit pas que Jésus puisse ressusciter son frère même si sa foi en lui est grande quoique… elle laisse la porte ouverte à ce qu’il puisse faire des miracles plus impressionnants que des simples guérisons.
En tout cas, j’ai l’impression que sa réponse à l’affirmation très directe de Jésus que la personne qui croit en lui ne mourra pas, est mitigée car elle précise tout de suite que ce qu’elle croit c’est qu’il est bien le messie, ce qui en réalité est tout le nœud de l’histoire. Elle fait partie de ces quelques personnes auxquelles Jésus fait confiance et révèle directement qui Il est, ce qui n’est pas souvent le cas.
On retrouve ensuite Marie, celle qui semblait la plus proche de Jésus que sa sœur va chercher : l’hostilité ou même la rivalité qui a pu apparaître entre les deux sœurs autre part dans le récit évangélique a complètement disparu, ce qui est normal dans cette situation particulière de deuil familial, (on peut imaginer qu’elles aient été toutes les deux au chevet de leur frère avant sa mort).
Ayant dit cela, elle partit appeler sa sœur Marie, et lui dit tout bas : « Le Maître est là, il t’appelle. » Marie, dès qu’elle l’entendit, se leva rapidement et alla rejoindre Jésus.
Ce que j’en retiens
Cette fois-ci, c’est plutôt le fonctionnement de cette famille amie de Jésus qui m’intrigue peut-être parce que moi j’ai aussi une sœur ( j’en ai deux,en réalité) mais surtout parce- qu’il semble que ce soit une famille de frères et sœurs célibataires ! À aucun moment dans l’histoire n’apparaissent ni un mari ni une femme (et encore moins un enfant) et pas non plus de parent âgé dont ils s’occuperaient.
Serait ce pour cela que Jésus s’y sentait si bien ? Peut-on imaginer aussi qu’ils étaient dans la même tranche d’âge ? ( quand il n’y a pas de détails, en réalité, on peut imaginer tout ce que l’on veut et en tirer les conclusions qui nous conviennent !)
En tout cas, une famille respectée dans la communauté que les voisins viennent consoler au moment du décès d’un des leurs : ce qui se passe encore ici dans ce petit village où j’habite !
Mais finalement, au milieu de cette scène de deuil qui se déroule dans la normalité, Jésus a fait une déclaration qui semble tout à fait invraisemblable même pour un prophète :
« quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais »
Qui pourra bien le croire ou plutôt peut-être qu’a-t-il bien voulu dire?
Tribut à Jonas le récalcitrant!
( je n’ai pas pu vérifier l’origine de l’illustration: je l’ai trouvé sur un site qui n’en donne pas l’origine appelé vaillants doctorants)
14 Octobre 2026 Auvergne
Cette histoire de Jonas, c’est vraiment dommage que l’on ne se souvienne que de la partie où il se fait avaler par une baleine et que toutes les illustrations tournent autour de cette gueule grande ouverte et d’un Jonas, aux habits déchiquetés qui se retrouve à moitié nu sur une plage déserte…
Faut dire que c’est le genre d’histoire fantastique de monstres marins qui suscite la créativité de tous ceux qui ont un bon coup de crayon et que les enfants adorent entendre ( être vomi par une baleine, ça frappe l’imagination!) Mais le plus dommage c’est qu’elle a été un sujet de polémique pour les défenseurs de la littéralité historique des histoires bibliques, qui ont voulu prouver que cette histoire était possible contrairement à ceux sceptiques qui n’y voyaient qu’un mythe… ( c’est comme pour l’histoire de job, si extraordinaire dans ces questionnements sur l’existence du mal et où les gens se centrent uniquement sur l’introduction où il y a une conversation entre le diable et le bon Dieu)
Bref…
En tout cas l’histoire racontée de ce Jonas, considéré comme un prophète qui ose défier un ordre de Dieu qui ne lui plaît pas … jusqu’à faire exprès d’aller dans la direction opposée du lieu où Il lui a demandé d’aller, est pour le moins intéressante dans un livre sacré comme la bible
La parole de l’Éternel fut adressée à Jonas, fils d’Amitthaï, en ces mots: lève-toi, va à Ninive, la grande ville, et crie contre elle! car sa méchanceté est montée jusqu’à moi. Et Jonas se leva pour s’enfuir à Tarsis, loin de la face de l’Éternel. Il descendit à Japho, et il trouva un navire qui allait à Tarsis;
Refus plus cinglant, on ne peut imaginer… même si l’idée d’aller dans un endroit où Dieu ne le verrait pas apparaît enfantin et naïf, depuis Adam et Eve, vouloir se cacher et s’enfuir quand on a commis un méfait dans l’espoir de ne pas se faire attraper semble devenu instinctif
(Les cavales rocambolesques de malfaiteurs abondent dans les histoires qu’on raconte)
Le récit donc continue avec cette terrible tempête et comme toujours dans ces cas là , tout ce beau monde à bord se met à prier… ne sachant plus à quel saint se vouer vouent …pendant que lui Jonas, par contre dormait tranquillement, pensant qu’il s’était débarrassé de cette mission désagréable que Dieu lui avait donné…
Les matelots prirent peur ; ils crièrent chacun vers son dieu et, pour s’alléger, lancèrent la cargaison à la mer. Or, Jonas était descendu dans la cale du navire, il s’était couché et dormait d’un sommeil mystérieux.
Comme il arrive aussi dans ces situations d’urgence… si les prières que l’on fait ne semblent pas efficaces, pourquoi ne pas faire appel à un autre dieu ou utiliser une autre formule magique pour essayer de conjurer le sort. Ils réveillent donc Jonas en lui demandant à quel peuple il appartenait et quel était son dieu et Jonas explique
« Je suis Hébreu, moi ; je crains le Seigneur, le Dieu du ciel, qui a fait la mer et la terre ferme. ( on a envie de dire vraiment?) Les matelots furent saisis d’une grande peur et lui dirent : « Qu’est-ce que tu as fait là ? » Car ces hommes savaient, d’après ce qu’il leur avait dit, qu’il fuyait la face de l’Éternel »
Bon donc voilà : Jonas, contre toute attente mais dans sa sincérité et son honnêteté reconnaît devant eux que s’il craignait le Dieu du ciel, il n’en faisait pas moins à sa tête… et que c’était de sa faute s’ils se trouvaient au milieu d’une tempête… Il leur dit de le jeter par dessus le bord
: « Prenez-moi, jetez-moi à la mer, pour que la mer se calme autour de vous. Car, je le reconnais, c’est à cause de moi que cette grande tempête vous assaille. »
Il semble pourtant que ces matelots n’étaient pas des mauvais bougres car ils ne voulurent pas le faire tout de suite de peur qu’il ne se noie
« Les matelots ramèrent pour regagner la terre, mais sans y parvenir, car la mer était de plus en plus furieuse autour d’eux. »
Mais finalement après avoir invoqué l’Éternel, qu’ils semblaient connaître
« ils prirent Jonas et le jetèrent à la mer. Alors la fureur de la mer tomba »
La suite, on la connaît tous…
Épilogue
La raison pour laquelle j’invoque cette histoire est d’abord parce qu’elle faisait partie des lectures du jour la semaine dernière mais aussi parce que souvent je lutte pour essayer de discerner quelle est la volonté de Dieu, avant de prendre une décision relative particulièrement à mes allées et venues d’un pays à l’autre pour voir des proches … mais aussi parce que , faire la volonté de Dieu, c’est ce qui revient constamment dans les déclarations de Jésus quand il parle de sa relation avec son Père nous demandant de l’imiter… et puis finalement parce que le « que ta volonté soit faite sur la terre.. » que l’on récite (ou rabâche) sans y penser, s’applique en premier lieu à nous-même…
Et je dois reconnaître que si d’un côté mon désir est de faire Sa volonté, d’un autre, mes émotions mais aussi mes peurs me freinent dans le cas où comme Jonas, la volonté de Dieu ne me plaise pas et aille à l’encontre de ce que j’ai envie de faire…
Eh bien cette histoire de Jonas est rassurante sur tous les tableaux : d’abord parce que Dieu n’a pas voué Jonas aux gémonies malgré sa désobéissance ( même s’il a été avalé par un gros poisson, pas une baleine dans le texte!), mais sachant que tout au fond « Jonas craignait vraiment Dieu » il lui a forcé la main en quelque sorte pour qu’il accomplisse sa volonté même si à la fin de l’histoire, Jonas a été furieux que la miséricorde de Dieu soit accordé aux habitants de Ninive qui étaient les ennemis des juifs et auraient bien mérité d’être punis !
En voyant leur réaction, et comment ils se détournaient de leur conduite mauvaise, Dieu renonça au châtiment dont il les avait menacés. Jonas trouva la chose très mauvaise et se mit en colère et fit cette prière : « Ah ! Seigneur, je l’avais bien dit lorsque j’étais encore dans mon pays ! C’est pour cela que je m’étais d’abord enfui à Tarsis. Je savais bien que tu es un Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, renonçant au châtiment. Jonas 3-10;4 1-2
( ça vaut la peine de lire toute l’histoire : le livre de Jonas a seulement 4 chapitres est très facile à lire ; la traduction catholique utilise le terme de Seigneur et celle protestante l’Éternel, terme que je préfère car le terme de Seigneur rappelle celui utilisé pour Jésus qui n’apparaît que plus tard https://www.aelf.org/bible/Jon/1 ; https://www.info-bible.org/lsg/32.Jonas.html)
En conclusion, ma prière est la suivante : Dieu force-moi la main quand je n’ai pas envie de faire ta volonté… ( car tu sais qu’au fond, je veux vraiment la faire ?)
Sérénité
le 5 octobre 2026, Auvergne
( la photo a été prise à Santa Marta, Colombie août 2024)
la Sérénité
On la perd si facilement…
il suffit d’un rien du tout
d’une contrariété
d’un quelconque raté…
mais surtout d’un imprévu
cet invité mal venu
qui fait irruption dans notre train train
bien réglé
du quotidien
quand tout à coup
tout est chamboulé
nos émotions prennent le dessus
et nous voilà perdus
Qui saura nous remettre à l’endroit?
Seigneur toi
qui me connais depuis si longtemps
tu sais bien la fragilité qui habite en moi
et tu attends patiemment
que je me remette à l’endroit…
NB : Éternel, qu’est-ce que l’homme, pour que tu le connaisses? Et le fils de l’homme, pour que tu prennes garde à lui? L’homme est semblable à un souffle, ses jours sont comme l’ombre qui passe. Ps 144: 3-4
Octobre
1er Octobre, Auvergne 2026
Malgré la pollution
malgré la destruction de la faune et de la flore
malgré le réchauffement climatique
qui sévit
malgré les prédictions apocalyptiques
de toute sorte
l’automne ne nous a pas fait faux bond…
Aujourd’hui
il pleut,
il fait gris…
Pitié pour le pape!
Jeudi 24 septembre 2026, Auvergne
Visite papale en France
Branle-bas de combat : le pape vient en France avec un programme surchargé et très médiatisé qui va réunir des milliers de personnes pour une messe place de la Concorde et une veillée de prière pour les jeunes au stade de France qui fera « salle comble » en plus d’autres étapes à Lourdes et à Metz.
Je dois avouer que face à cette espèce d’hystérie devant cette visite que certains considèrent comme historique j’ai des sentiments mitigés car même si j’apprécie les prises de position de ce pape, je ne peux m’empêcher de me sentir mal à l’aise avec tous ces honneurs qui lui sont rendus et toute cette « ferveur » des gens qui veulent absolument le voir le traitant en star voire en idole, qu’il le veuille ou non.
L’institution de la papauté avec ses dogmes, ( sans parler de tous ses rites liturgiques et son protocole) accumulés au cours des siècles est vraiment une fonction qui est totalement en contradiction avec ce qu’avait enseigné Jésus à ses disciples… « Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n’avez qu’un seul maître pour vous enseigner, et vous êtes tous frères. Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux.Ne vous faites pas non plus donner le titre de maîtres, car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ »
Même si au moins aujourd’hui son pouvoir temporel est limité et l’État qu’il dirige réduit à une peau de chagrin, il n’en reste pas moins qu’il est traité et considéré comme une figure spirituelle puissante ayant un statut unique et des droits inaliénables qui le mettent au-dessus de tous les autres chrétiens …
Alors évidemment les catholiques français qui se sentent aujourd’hui membres d’une minorité assiégée de toute part dans un pays à la laïcité militante et pointilleuse se réjouissent de cet « engouement » pour la venue du pape qui semble-t-il va réunir des foules d’un nombre impressionnant. Et si on est tout simplement chrétien ne pourrait-on pas aussi se réjouir de voir qu’un dirigeant d’une église chrétienne suscite autant d’intérêt dans un pays déchristianisé quand on sait, qu’il délivrera un message de paix et d’espoir fondé sur des enseignements du Jésus de l’évangile?
Mais est-ce suffisant pour cautionner le coût qu’un tel déplacement engendre ? L’annonce de l’évangile y trouvera-t-il son compte ? Peut-on être crédible quand on parle de la préférence pour les pauvres et que toute la mise en scène indique le contraire ? Une hypocrisie chrétienne de plus diront les sceptiques et les non croyants ou le mode d’être offre un tel contraste avec les paroles?
( je ne peux pas m’empêcher de penser aux réunions des représentants des nations Unies qui se retrouvaient autour d’un gueuleton pour discuter du problème de la faim dans le monde…et pire certains avaient eu le culot de vouloir venir dans le quartier le plus pauvre de la ville où j’enseignais expliquer aux élèves ce qu’était la pauvreté ! )
Et puis moi je me demande quand même, comment peut-on ne pas se laisser griser, aussi humble soit-on par tous ces honneurs et les acclamations de milliers de personnes enthousiastes qui scandent votre nom ? Comment ne pas tomber dans le piège du culte de la personnalité même si l’on signe « le serviteur des serviteurs » sur les documents officiels quand on vit dans un palais entouré d’une armée de laquais?
(Je connais trop bien les télé évangélistes qui appellent les fidèles à rendre gloire à Dieu alors qu’il sont debout sur un podium face à la foule : leurs acclamations qui s’adressent à la gloire de Dieu glissent souvent imperceptiblement vers l’être humain en chair et en os, qu’ils ont en face d’eux… la frontière entre les deux devient dangereusement poreuse)
D’un autre côté, je pense à la responsabilité devant Dieu d’une mission qui vous met à la tête d’une église qui a des millions de membres dans le monde entier : je n’aimerais pas être à sa place ( de toutes façons, je suis une femme alors ça ne risque pas)
On est au 21ème siècle et la papauté est ce qu’elle est aujourd’hui, encore vivante, après une longue une histoire où « mais là où le péché a abondé, la grâce a surabondé » disait un certain Paul … il faudra donc faire avec !
En tout cas, catholique ou pas, le devoir de prier pour Léon XIV, pape de son état, est une évidence !
Seigneur prends pitié de lui!
D’habitude n’est plus
Le 21 septembre, 2026, Auvergne
D’habitude le dimanche matin
et le dimanche après-midi
et le lundi matin et le mercredi midi
et le vendredi soir
On faisait ci ou ça
……
D’habitude à cette époque de l’année
ou à cette occasion là
On allait ici ou là-bas
…..
Mais avec les va et vient
les petits qui grandissent
et les grands qui partent au loin
il faut l’admettre
on ne s’y retrouve plus tellement
D’habitude a cessé d’exister
depuis un certain temps
…..
Même si pourtant
on cherche coûte que coûte
vaille que vaille
à se réinventer des habitudes
la vie finit toujours par nous bousculer
ou quelquefois c’est une mort
qui nous prend de court
( comme la voisine qui a frappé à notre porte ce matin pour nous annoncer bouleversée la mort inattendue d’un proche pendant la nuit)
Alors à quoi bon imaginer
ce qu’on fera demain ou après-demain
ou après-après demain
À quoi bon ?
…..
Pourtant on ne peut pas vivre constamment
à l’affût
d’un imprévu
il faut s’asseoir de temps en temps
et imaginer demain
sereinement
malgré tout
…..
A vrai dire quand j’y pense
dans notre vie à nous
d’habitude n’a jamais duré très longtemps
alors pourquoi aujourd’hui en serait-il autrement ?
N.B :
A vous maintenant, qui dites: Aujourd’hui ou demain nous irons dans telle ville, nous y passerons une année, nous trafiquerons, et nous gagnerons! Vous qui ne savez pas ce qui arrivera demain! car, qu’est-ce que votre vie? Vous êtes une vapeur qui paraît pour un peu de temps, et qui ensuite disparaît. Vous devriez dire, au contraire: Si Dieu le veut, nous vivrons, et nous ferons ceci ou cela.… Jacques 4:13-14
Automne raté?
Le 19 septembre 2026, Auvergne
Le temps est déréglé
La machine a dû s’enrouiller
et le moteur s’encrasser
il démarre puis s’arrête
et repart
pour s’arrêter à nouveau…
***
Les nuits sont pourtant plus fraîches
le soleil plus matinal
et le soir arrive plus tôt
mais la chaleur comme en plein été
reprend ses droits pendant la journée
Et plus grave encore
on a beau scruter le ciel
(ou la météo)
Pas une seule goutte d’eau
ne se profile à l’horizon!
***
Je commence à m’inquiéter
que deviendra-t-il de notre terre
si l’automne tombe en panne
Si les feuilles se dessèchent
sans se décrocher des arbres
si l’herbe des prés disparaît
avant que le froid ne s’installe
***
Et le froid viendra-t-il encore
verra-t-on les cheminées fumer
et les tas de bois bien rangés
diminuer peu à peu
à côté des maisons ?
***
Je ne sais que penser…
***
Malgré tout
la luminosité du ciel d’automne
est au rendez-vous
suffirait-il donc seulement
de lever les yeux
vers les cieux
pour ne pas désespérer?
Vive l’amitié!
De l’amitié
Le 15-18 septembre Auvergne
J’en arrive à un autre passage super connu de l’évangile de Jean : la résurrection de Lazare
A priori cet épisode raconté me semble plus étonnant, plus spectaculaire et donc moins plausible que ceux du compte rendu de ses guérisons car des « guérisseurs » on en trouve à tous les siècles et dans tous les pays .. mais des hommes et de femmes religieux (des saints en quelque sorte) qui ressuscitent les morts beaucoup moins.…
Je m’attendais donc à trouver de nombreuses études exégétiques remettant en cause l’authenticité ou l’historicité de ce passage…et en fait non…et c’est à cela que l’on se rend compte qu’on n’est plus ni au 19ème siècle, ni au 20ème siècle où la question des miracles faisait problème : on essayait de leur enlever leur improbabilité en évoquant des rapporteurs naïfs et crédules d’une ère pré-scientifique qui exagéraient les faits voire les inventaient pour prouver la nature divine de Jésus..
En fait, les analyses que j’ai pu lire ont plus avoir avec la rédaction du texte et ces différentes étapes.. (et le fait que le récit contient des contradictions sur le déroulement des faits.)..mais pas de discussion sur la véracité de cet événement : les exégètes aujourd’hui sont devenus plus humbles et estiment que de toutes façon à l’heure qu’il est , on ne peut pas savoir ce qui s’est réellement passé et sur ce quoi on peut disserter d’une manière crédible c’est uniquement le texte qu’on a entre les mains. Mais certainement on reconnaît la sincérité et l’honnêteté des rédacteurs de l’évangile : si eux ils l’ont écrit et rapporté c’est parce-qu’ils croyaient vraiment que ça s’était passé. Nous on peut le croire ou pas….
J’aborde donc ce texte avec mon scepticisme naturel mais en même temps avec mon respect profond envers les personnes qui l’ont rapporté et ensuite rédigé et je m’attends à y découvrir quelque chose d’inattendu étant donné l’imprévisibilité de Jésus…
Jean 11 : 1-10
Il y avait quelqu’un de malade, Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de Marthe, sa sœur.
Or Marie était celle qui répandit du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux. C’était son frère Lazare qui était malade.
Donc, les deux sœurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. »
En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. »
Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare.
Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait. Puis, après cela, il dit aux disciples : « Revenons en Judée. »
Les disciples lui dirent : « Rabbi, tout récemment, les Juifs, là-bas, cherchaient à te lapider, et tu y retournes ? »
Jésus répondit : « N’y a-t-il pas douze heures dans une journée ? Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas, parce qu’il voit la lumière de ce monde ;
mais celui qui marche pendant la nuit trébuche, parce que la lumière n’est pas en lui. »
* * *
C’est agréable de retrouver un épisode où les discussions et les polémiques avec les autorités religieuses de l’époque ne soient pas au centre du récit ! Cette fois, contrairement à l’aveugle-né et ses parents, on a l’identité des personnes dont on parle, non seulement leur noms mais même le lieu où elles résident (Bethany) étant donné que le nom mentionné était courant, c’est cette indication qui permettait d’identifier de qui il s’agissait..On peut donc imaginer que ces détails étaient donnés parce-qu’il y avait des personnes à l’époque où le texte a été rapporté/rédigé qui les connaissaient..
Or Marie était celle qui répandit du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux. C’était son frère Lazare qui était malade.
Cette précision sur de quelle Marie il s’agissait, nous étonne ( m’étonne) un peu car dans notre « chronologie », l’événement apparaît juste avant la passion de Jésus, or il semble que cet épisode est bien avant…mais encore une fois, comme on l’a remarqué auparavant, il ne faut pas chercher une chronologie linéaire des faits qui sont rapportés car ce n’était pas ce qui comptait, le lieu était ce qui était important et ancrait les événements dans le réel.
Donc, les deux sœurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. »
En tout cas, Lazare est deux fois identifié comme le frère de Martha et Marie et on ne peut qu’être surpris d’entendre les sœurs de Lazare évoquer les sentiments de Jésus pour leur frère, car ce genre de remarque n’apparaît nulle part ailleurs ( on parle de compassion pour Jésus envers les gens qu’il rencontre mais pas de sentiments d’amitié) . D’un autre côté, il est naturel que comme c’est une requête, celles-ci font valoir cette amitié qui le liait à leur frère pour que Jésus se déplace et vienne le guérir. Intéressant mais pas étonnant que ce soient des femmes qui révèlent les sentiments de Jésus…
Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare.
Cette fois ci c’est le rédacteur du texte qui élargit le champ des amis de Jésus en incluant toute la famille de Lazare.
En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. »
Au milieu de ces deux informations, est interjeté la remarque de Jésus qui ressemble un peu à ce qu’il avait dit quand on lui avait demandé quel péché était à l’origine de la cécité de l’aveugle-né, « pour la gloire de Dieu. » avait été sa réponse mais il ajoute bien que c’est également pour celle du « fils de Dieu » . Pourtant, il ne se désigne pas directement comme étant celui-là, il en parle à la 3ème personne.
Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait. Puis, après cela, il dit aux disciples : « Revenons en Judée. »
Beaucoup a été écrit sur le pourquoi Jésus avait attendu deux jours avant d’aller le voir au lieu de partit tout de suite… l’explication qui me semble la plus plausible…est donné par l’étonnement des disciples à l’idée qu’il retourne en Judée étant donné le danger de mort qu’il y courait : il avait besoin d’y réfléchir . L’insistance sur le fait qu’il aimait Lazare et sa famille montrait qu’il était malgré tout prêt à encourir des risques à cause des sentiments qu’il avait pour eux..
( certains disent que l’attente de deux jours était pour être sûr que Lazare soit bien mort quand il arriverait pour que sa résurrection soit plus spectaculaire)
Les disciples lui dirent : « Rabbi, tout récemment, les Juifs, là-bas, cherchaient à te lapider, et tu y retournes ? »
La réponse de Jésus, n’est jamais vraiment une réponse directe mais elle s’adresse semble-t-il à leur peur devant le danger auquel il sera confronté et eux aussi s’ils l’accompagnent.
Jésus répondit : « N’y a-t-il pas douze heures dans une journée ? Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas, parce qu’il voit la lumière de ce monde ;
mais celui qui marche pendant la nuit trébuche, parce que la lumière n’est pas en lui. »
Une manière allégorique de dire que l’on ne risque rien quand on marche dans la lumière si on porte la lumière en soi : Jésus en revient à l’idée qu’il est la lumière même au milieu des ténèbres et le récit va continuer en se recentrant sur l’identité de Jésus.
( je dois avouer que je ne suis pas très sûre de ce qu’il a voulu dire…certains interprètent cette phrase comme voulant dire qu’ils doivent partir tant qu’il est encore temps, après il sera trop tard)
Ce que j’en retiens
Ce début du passage sur la résurrection de Lazare nous rapporte un épisode de sa vie où son affection pour un homme et sa famille prennent la première place. À côté de tellement de récits de guérisons où c’était une compassion plus englobante qui motivait Jésus, cette insistance sur l’amour que Jésus portait à cette famille est unique et imprègne tout ce texte. Si cette maladie permet de révéler son pouvoir de fils de Dieu, elle nous révèle les liens forts d’amitié que Jésus entretenait avec une famille de son entourage.
Jésus avait des amis !
Or, les liens d’amitié supposent une préférence pour certaines personnes ce qui met à mal une idée du devoir de l’amour du prochain selon laquelle on devrait aimer tout le monde de la même manière. Le Jésus présenté dans cette histoire remet en cause cette idée fausse : Jésus avait des disciples qu’il avait choisi pour son ministère mais il avait aussi des amis en dehors du cercle des 12 qui l’accompagnaient. Il allait chez Lazare et ses deux sœurs, pour s’y détendre et s’y restaurer et tout le monde le savait. …On ne peut pas rater ce trait profondément humain du caractère de Jésus.
Il nous conforte nous, dans le bien fondé de nos amitiés qui réchauffent nos cœurs dans les moments de joie et de peines : c’est bien connu, on ne choisit pas ses frères et sœurs ( même dans la foi !) mais on choisit ses amis !
L’Unique
Du 1- 7 septembre 2026, Auvergne
(illustration: lever du soleil en Haute Loire)
L’été touche à sa fin : la rentrée des classes s’est déjà faite en Belgique et aux États Unis, elle se fait aujourd’hui en France.
C’est tellement rassurant ce changement de température et l’arrivée de l’automne qui se profile : on croyait qu’on n’en finirait jamais avec cette canicule…maintenant que je vis dans un pays qui a quatre saisons, j’apprécie…
Toujours une guerre larvée dans les terres où Jésus a vécu et qu’il a parcouru…et ça, ce n’est pas prêt de terminer…tant qu’on est dans le mode vengeance et justification de la violence au nom de sa survie… ça ne risque pas de s’arrêter. Qui va faire les premiers pas vers la réconciliation de ces deux peuples qui en réalité ne sont qu’un…pas les hommes qui s’accrochent au pouvoir coûte que coûte de peur de devoir rendre des comptes…
L’accusation classique
Jean 10 : 20-42
La question de la crédibilité de Jésus continue à se poser et à occuper tout le devant de la scène dans ces différentes compte rendus de rencontres avec ses contemporains : il ne faisait certainement pas l’unanimité .
Beaucoup d’entre eux disaient : « Il a un démon, il délire. Pourquoi l’écoutez-vous ? » D’autres disaient : « Ces paroles ne sont pas celles d’un possédé… Un démon pourrait-il ouvrir les yeux des aveugles ? »
L’argument de la possession démoniaque revient sur le tapis : elle a continué d’être un grand classique dans l’histoire de la chrétienté où l’on accusait les dits « hérétiques » d’être possédés ainsi que les dites « femmes sorcières » , avec les conséquences que l’on connaît… Finalement une crucifixion, si elle n’est pas une mort au bûcher sera dans la même ligne, peu importe si ce sera finalement un tribunal romain qui l’exécutera et non un tribunal religieux : le politique au service du religieux ou vice-versa…
Alors arriva la fête de la dédicace du Temple à Jérusalem. C’était l’hiver. Jésus allait et venait dans le Temple, sous la colonnade de Salomon Les Juifs firent cercle autour de lui ; ils lui disaient : « Combien de temps vas-tu nous tenir en haleine ? Si c’est toi le Christ, dis-le nous ouvertement ! »Jésus leur répondit : « Je vous l’ai dit, et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais, moi, au nom de mon Père, voilà ce qui me rend témoignage.
Deux choses intéressantes : l’auteur précise où et quand ces discussions ont eu lieu. Les deux mentions s’inscrivent bien dans ce qu’on attendrait d’un récit de l’époque avec les points de repères temporels qui ne sont pas des dates du calendrier mais les fêtes religieuses : pas une chronologie rigoureuse d’un avant et un après de l’événement raconté c’est le moment présent qui est défini.
L’autre, quant au lieu il nous rappelle à quel point Jésus intervenait dans les endroits emblématiques du judaïsme ne faisant pas de lui un outsider qui ne pratiquerait pas la foi juive. C’était un homme religieux pratiquant qui nous interdit de laisser de côté la judéité de Jésus et de le dépeindre comme quelqu’un qui condamnerait tout ce qui est juif…
Intéressant aussi qu’il ne réponde pas directement à la question de ceux qui leur demandait s’il était le Christ ce qu’il a dit à l’aveugle-né… certainement parce que lui était prêt à l’entendre et pas eux qui auraient fait de lui um messie politique…
Mais vous, vous ne croyez pas, parce que vous n’êtes pas de mes brebis. Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main.
Assez étonnant que l’explication que Jésus donne pour leur refus de le reconnaître n’est pas un défaut quelconque mais le fait qu’ils ne forment pas partie du groupe qui lui est assigné … Cette explication ne laisse-t-elle pas supposer une espèce de prédestination, le fait que certains soient choisis et pas d’autres ?
Jésus pourtant ne s’étend pas sur la question, contrairement à ce qui se passera plus tard chez de nombreux théologiens qui discuteront en long en large et en travers, la question de la prédestination et de la liberté humaine, thème aussi bien philosophique que théologique qui continue à faire couler beaucoup d’encre.
Jésus ne développe pas le concept de prédestination, il fait plutôt une affirmation qui met en valeur l’appartenance des brebis, non seulement à lui-même le berger, mais aussi à Dieu , le père de Jésus. Et ce faisant, il remet en cause le pouvoir des chefs religieux qui voulaient contrôler le peuple et se considéraient les porte parole de Dieu. Jésus réaffirme sa prééminence et son pouvoir qui sont au-dessus de ceux de tous les voleurs qui menacent de s’emparer du troupeau, (ce qui est finalement très rassurant ) et il en donne l’explication :
Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut les arracher de la main du Père. Le Père et moi, nous sommes UN. »
Réconfortante pour ceux qui suivent Jésus cette affirmation est au contraire inquiétante pour les pharisiens car elle bat en brèche le pouvoir qu’ils ont sur le peuple. D’ailleurs, ils n’ont pas pu convaincre l’aveugle né qui a été guéri, que Jésus avait un démon malgré la pression qu’ils ont mise sur lui qui s’est terminé par son exclusion de la synagogue.
De nouveau, des Juifs prirent des pierres pour lapider Jésus.
La colère de ces juifs est compréhensible car leur légitimité est effectivement remise en cause par Jésus qui proclame clairement l’exclusivité de sa relation avec Dieu qui, sous entend que eux ,ils ne jouissent pas de cette même intimité.
Celui-ci reprit la parole : « J’ai multiplié sous vos yeux les œuvres bonnes qui viennent du Père. Pour laquelle de ces œuvres voulez-vous me lapider ? »
Contrairement à ce qui se passera plus tard au moment de la passion, Jésus ici reste combatif et ne se laisse pas faire : il conteste la légitimité de leur action faisant appel à un argument connu : ce ne sont pas les paroles qui comptent mais ce sont les actes et commence alors un échange musclé entre Jésus et ses détracteurs.
Ils lui répondirent : « Ce n’est pas pour une œuvre bonne que nous voulons te lapider, mais c’est pour un blasphème : tu n’es qu’un homme, et tu te fais Dieu. »Jésus leur répliqua : « N’est-il pas écrit dans votre Loi : J’ai dit : Vous êtes des dieux ?
Elle les appelle donc des dieux, ceux à qui la parole de Dieu s’adressait, et l’Écriture ne peut pas être abolie.Or, celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde, vous lui dites : “Tu blasphèmes”, parce que j’ai dit : “Je suis le Fils de Dieu”.
Pour nous chrétiens aujourd’hui qui avons tendance à faire des raccourcis à la lumière du dogme de la trinité élaboré plus tard, la réponse de Jésus à cette accusation de blasphème pour se dire fils de Dieu est intéressante dans la mesure où il montre que ce titre de Fils de Dieu est utilisé dans l’ancien testament pour désigner des personnes humaines et elle n’a donc pas un caractère exclusif quand Jésus l’applique à lui-même.(Psaume 82:6)
Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, continuez à ne pas me croire.Mais si je les fais, même si vous ne me croyez pas, croyez les œuvres. Ainsi vous reconnaîtrez, et de plus en plus, que le Père est en moi, et moi dans le Père. Eux cherchaient de nouveau à l’arrêter, mais il échappa à leurs mains.
Jésus continue à faire appel au même argument pour se justifier et offre un contraste avec les pharisiens, dont il a dénoncé l’hypocrisie à savoir qu’eux ne mettent pas en pratique ce qu’ils disent au contraire. … les actes qu’il pose lui reflètent la validité de ce qu’il proclame être.
Il repartit de l’autre côté du Jourdain, à l’endroit où, au début, Jean baptisait ; et il y demeura. Beaucoup vinrent à lui en déclarant : « Jean n’a pas accompli de signe ; mais tout ce que Jean a dit de celui-ci était vrai. » Et là, beaucoup crurent en lui.
Jean Baptiste refait ici son apparition, lui qui avait disparu après avoir été à l’ouverture de cet évangile ce qui témoigne de sa constante popularité et qui a fait émettre beaucoup d’hypothèses sur oui ou non il avait été assassiné au moment de l’épisode rapporté ici. Il est effectivement intéressant que Jésus soit retourné à l’endroit où était Jean Baptiste qui nous fait nous interroger si sa présence signifiait qu’il prenait sa suite ou était venu pour réconforter tous ceux et celles qui le suivaient…
Ce que j’en retiens,
L’insistance de Jésus sur le fait que ses « œuvres » sont la preuve qu’il est l’envoyé de Dieu.. Il utilise aussi le mot signe qui parle plus précisément de miracles. Cependant on peut prendre ce mot dans un sens plus large qui est d’agissements car Jésus dit lui même autre part que l’on peut faire des miracles au nom de Dieu et n’être pas approuvé par lui.
« Plusieurs me diront en ce jour-là: Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom? n’avons-nous pas chassé des démons par ton nom? et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom? Alors je leur dirai ouvertement: Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité » ( Luc 7:22)
On a tendance à vouloir isoler une ou deux paroles de Jésus pour construire tout un édifice et toute une théologie : mais avec un Jésus vivant et parlant dans un monde concret et réel, ce n’est pas possible…heureusement d’ailleurs!
L’autre chose qui me frappe est à quel point l’hostilité des autorités religieuses était guidée par la peur de l’influence que Jésus avait sur les foules leur enlevant à eux, ce pouvoir et cette prérogative. Leurs objections théologiques à ce qu’il pouvait dire et leur argumentation contre lui étaient dus à sa popularité et non pas à une « jalousie saine » pour les écritures. L’accusation de blasphème que Jésus a déjoué est leur dernier ressort quand ils étaient à court d’arguments pour l’accuser et l’écarter.
En ces temps où les scandales dans l’église se succèdent ( catholique ici) et les alliances politiques avec l’argent et le pouvoir se combinent pour opprimer les plus faibles là-bas (la fameuse nébuleuse « MAGA » de l’autre côté de l’Atlantique) la stature de Jésus en est grandie et est ennoblie : il est vraiment l’Unique, le seul qui vaille la peine d’être suivi et écouté.
Il y a un temps pour tout
Le 21 août 2026 Auvergne
le temps a changé, la canicule est terminée, la pluie est revenue : le paysage reprend de la couleur, l’herbe repousse…
Les gens d’ici me l’avaient bien dit : après le 15 août le temps change, même si rien ne le dit sur le calendrier, (l’arrivée de l’automne ne sera que dans un mois…)
il a fallu tenir bon jusqu’à ce moment là…
maintenant, l’été c’est comme l’hiver, il faut s’accrocher et attendre que ça passe
on craint les incendies, et le manque d’eau : on reste enfermé pendant la journée au lieu de profiter du beau temps et de la chaleur vivifiante,
marcher n’est plus une activité de détente
on s’essouffle après quelques pas même en fin d’après-midi,
le soleil cesse d’être cette présence bienveillante ,
il est devenu un tyran, tout puissant, menaçant
on cherche à s’en cacher pour se protéger…
et puis, tout à coup…
voilà que le fond de l’air est frais, la brise est légère,
la marche redevient enjouée et allègre ,
on ne sait pas vraiment
comment ça s’est passé…
***
Merci à celui qui fait tourner la terre et commande aux planètes,
et nous aide à tenir bon
aux jours difficiles et oppressants
Après la pluie, le beau temps dit-on
sauf que la pluie maintenant,
c’est devenu le beau temps !
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