Le 14 octobre, 2019…la Virginie
Les nuits sont fraîches: on a allumé le poêle…les arbres commencent seulement à changer mais ils ne sont pas revêtus encore de leurs couleur éclatantes…le vert continue à dominer…cette semaine avec les nuits fraîches ils devraient vraiment changer, j’attends avec impatience …quoique le paysage orné d’arbres feuillus et de champs encore verts surtout dans cette région vallonnée continue à m’enchanter…pas de raison de ne pas en profiter et de ne pas s’en mettre plein la vue…
(Un chipmunk qu’est-ce que c’est en français? Il en a beaucoup dans le jardin…je trouve le mot tamia en français que je ne connaissais pas..ils sont tout petit et ressemblent un peu à des écureuils sauf que la queue n’est pas du tout la même)
Aujourd’ hui est jour férié: ” Columbus day” jour de la découverte de l’Amérique (el dia de la raza déjà mentionné) dont la date du 12 est reporté le lundi suivant… c’est un jour férié pour l’Etat fédéral mais il est reconnu dans l’État de la Virginie…. Belle journée ensoleillée après la brume matinale matinale le ciel est lumineux…
Ouf, je trouve un article dans le New York times qui fustige la grossièreté de Trump mais aussi le silence du parti républicain et liders religieux (blancs) là-dessus. https://www.nytimes.com/2019/10/13/opinion/trump-republicans.html ..Un article bienvenu mais écrit par un Afro-américain, montrant encore le racisme latent qui existe derrière les discours politiques des églises qui constitue un véritable scandale…car les institutions religieuses (évêque catholiques, organisation evangelitques) auraient dû monter au créneau pour dénoncer l’insulte…mais c’est le silence radar….
Aujourd’ hui c’était le faux discours de la reine d’ Angleterre avec toute sa pompe (faux car ce n’est qu’ un acte protocolaire le discours étant écrit par le chef du gouvernement britannique) mais qui ne peut pas cacher le désordre et le spectacle désolant d’ une démocratie en plein naufrage sujette à tous les aléas des courants populistes du jour … Pompe et circonstances, tout ce que l’on aime des britanniques mais qui cette fois-ci a l’air si futile….
Malgré tout,
Espérance est le mot du jour…
Plusieurs commentaires en ligne mettent ce mort à l’ honneur qui pourtant n’a pas grand chose à voir avec les textes d’évangile du jour, mais le message est tellement beau et encourageant en ce lundi matin que je le recopie ici…
“Gardons-nous de perdre tout espoir, mais évitons également de céder trop facilement à la nonchalance. (…) Le désespoir empêche celui qui est tombé de se relever, et la nonchalance fait chuter celui qui est debout. (…) Si la présomption nous précipite du haut des cieux, le désespoir nous précipite dans l’abîme infini du mal, alors qu’il suffit d’un peu d’espoir pour nous en arracher. (…) ” ( Saint Chrysostome)
Voir ou ne pas voir…telle est la question
le 16 juillet 2026, Auvergne …
(la photo est du matin du 11 juillet en Haute Loire)
La France a perdu… et on n’ira pas en finale de la coupe du monde…déception…je dois avouer que malgré tous mes grands airs, et mes élucubrations spirituelles de toute sorte … j’aime que mon équipe gagne mais surtout je déteste qu’elle perde !
On en arrive maintenant à la fin de ce long épisode sur la guérison de l’aveugle-né où ce dernier après avoir été injurié par les autorités religieuses, se retrouve face à face avec ce Jésus qu’il connaît à peine mais qui l’a guéri.
Épilogue
Jean 9 : 35-41
Jésus apprit qu’ils l’avaient chassé; et, l’ayant rencontré, il lui dit: Crois-tu au Fils de l’homme?
Il répondit: Et qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui?
Tu l’as vu, lui dit Jésus, et celui qui te parle, c’est lui.
Et il dit: Je crois, Seigneur. Et il se prosterna devant lui.
J’ai d’abord été surprise que certaines traductions disent « fils de Dieu » et d’autres « fils de l’homme » car la différence ne me semblait pas anodine. Comme il arrive souvent, j’ai découvert que c’était dû au fait qu’il y avait des variations dans les manuscrits de ce texte : je suppose que les traducteurs ont choisi la variation qui appuyaient le mieux leur vision théologique de l’identité de Jésus mais aussi que ça dépendait de l’âge de la traduction…
Tous cependant s’accordent sur le fait que le terme utilisé ici est celui que l’on trouve dans la vision du prophète Daniel et qu’il y faisait référence:
« Je regardais, au cours des visions de la nuit, et je voyais venir, avec les nuées du ciel, comme un Fils d’homme »
C’est bien sûr la figure du Messie qui y est décrite : donc pour faire simple ce que Jésus lui demandait c’était s’il croyait au Messie, cette figure à dimension divine qui devait venir et à qui selon ce même texte :
« Et il lui fut donné domination, gloire et royauté ; tous les peuples, toutes les nations et les gens de toutes langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera pas détruite »
Il est donc tout naturel qu’entendant cela, il se prosterne devant lui
Mais dans cet échange, peut-être le plus surprenant est que Jésus ait affirmé que que c’était lui le Messie ce qu’il ne fait pratiquement jamais directement : il se révèle uniquement de cette manière dans son dialogue avec la Samaritaine.
Puis Jésus dit: Je suis venu dans ce monde pour un jugement, pour que ceux qui ne voient point voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles.
Quelques pharisiens qui étaient avec lui, ayant entendu ces paroles, lui dirent: Nous aussi, sommes-nous aveugles?
Jésus leur répondit: Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché. Mais maintenant vous dites: Nous voyons. C’est pour cela que votre péché subsiste.
On retourne maintenant au motif de la lumière et de l’aveuglement au sens spirituel du terme… et offrant un contraste avec cet aveugle qui maintenant peut voir, apparaissent de nouveau des pharisiens qui se trouvaient là ( pas ceux qui avaient interpellé l’aveugle né et l’avait chassé et injurié) et qui se sentent visés par cette critique d’aveuglement de la part de Jésus. Cependant, il va plus loin en les accusant finalement de voir mais de ne pas croire.
Croire savoir est pire que ne pas croire du tout : alors qu’ils ont devant eux la personne de Jésus ils ne peuvent ni croire ni voir qui il est vraiment. Leur réaction face à ses faits et gestes, révèle ce qu’il y au plus profond d’eux-mêmes.
Ce que j’en retiens
J’aime beaucoup cet échange entre Jésus et cet ancien handicapé car il me semble que c’est une relation de tu à tu qui est décrite, une vraie conversation à cœur ouvert, comme si Jésus avait découvert en son interlocuteur quelqu’un qui peut le comprendre et avec lequel il sent une telle confiance qu’il peut lui révéler qui il est vraiment sachant qu’il sera bien accueilli.
Je ne peux m’empêcher de penser à cette béatitude prononcée par Jésus lui-même « Bienheureux ceux qui ont le cœur pur car ils verront Dieu » et effectivement Dieu s’est révélé à lui en Jésus-Christ, car il avait le cœur pur.
Quant aux autres, ces discutailleurs éternels, ils ne peuvent pas voir Dieu en Jésus, pas parce- qu’ils sont pharisiens, mais parce qu’ils n’ont pas le cœur pur.
On connaît tous le proverbe : il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, ou plutôt, il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir…
L’homme qui n’avait plus froid aux yeux
Illustration : Pablo Picasso , l’aveugle à la guitarre
le 2 – 8 juillet 2026, Auvergne
On nous annonce une autre canicule mais ici en Haute Loire, on est plutôt épargné…
Le mondial de foot bat son plein avec des équipes des différents pays auxquels notre grande famille appartient qui sont au fur et à mesure éliminées… mais il en reste quand même quelques unes en lice et des équipes de pays improbables ont tenu tête à celles des grandes nations…
Jésus pendant ce temps là continue son parcours, guérissant les malades et déstabilisant les autorités religieuses de son époque
Jean 9 4-33 ( suite de la rencontre avec l’aveugle-né)
Guérison non sollicitée
Il faut que je fasse, tandis qu’il est jour, les œuvres de celui qui m’a envoyé; la nuit vient, où personne ne peut travailler.
Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde.
Après avoir dit cela, il cracha à terre, et fit de la boue avec sa salive. Puis il appliqua cette boue sur les yeux de l’aveugle,
et lui dit: Va, et lave-toi au réservoir de Siloé (nom qui signifie envoyé). Il y alla, se lava, et s’en retourna voyant clair.
Avant que Jésus procède à la guérison de cet aveugle, l’affirmation de sa mission d’être la lumière du monde donne à l’avance une valeur symbolique à l’acte qu’il va faire qu’on ne peut pas rater.
Cependant, laissant de côté sa valeur significative, le récit reprend et les détails qui nous sont donnés sur le comment Jésus a procédé, n’en fait pas un acte symbolique mais l’ancre dans la réalité du moment…
Après avoir dit cela, il cracha à terre, et fit de la boue avec sa salive. Puis il appliqua cette boue sur les yeux de l’aveugle.
Je dois avouer que j’ai lu beaucoup d’articles sur les propriétés de la salive mélangées avec de la boue pour expliquer le geste de Jésus et dans de nombreuses cultures on trouve ce même genre de remède pour guérir les maladies des yeux.
Il y a donc un certain contraste entre la signification théologique de ce que Jésus vient d’affirmer sur qui il est, et cet acte de guérison qui l’inscrit dans la réalité culturelle de l’époque. Contrairement à d’autres cas, il n’y a pas d’échange entre Jésus et l’aveugle-né, de questionnement sur sa foi ni de demande de guérison de sa part ou d’un proche : c’est un acte gratuit initié par Jésus.
et lui dit: Va, et lave-toi au réservoir de Siloé (nom qui signifie envoyé). Il y alla, se lava, et s’en retourna voyant clair.
En lui demandant d’aller se baigner dans ce lieu, Jésus continue à agir dans le contexte de rituels du judaïsme de son époque, ce réservoir étant un lieu ou l’on venait se purifier au début d’un pèlerinage . On trouve aussi dans la Torah, bien d’autres exemples comme celui où le prophète Élisée demande à un Syrien, Naaman, de se baigner sept fois dans le Jourdain pour être guéri de sa lèpre. Et on connaît tous cette pratique dans l’hindouisme où l’on se baigne dans les eaux du Gange. Rien donc dans cette demande qui ne soit hors du commun.
Quand les voisins s’en mêlent
Ses voisins et ceux qui auparavant l’avaient connu comme un mendiant disaient: N’est-ce pas là celui qui se tenait assis et qui mendiait?
Les uns disaient: C’est lui. D’autres disaient: Non, mais il lui ressemble. Et lui-même disait: C’est moi.
Ils lui dirent donc: Comment tes yeux ont-ils été ouverts?
Il répondit: L’Homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue, a oint mes yeux, et m’a dit: Va au réservoir de Siloé, et lave-toi. J’y suis allé, je me suis lavé, et j’ai recouvré la vue.
Ils lui dirent: Où est cet homme? Il répondit: Je ne sais.
Le récit continue avec la réaction de l’entourage de l’aveugle né ( dont on ne nous dit pas le nom car il était peut-être connu seulement par sa condition ce qui arrive souvent dans ce genre de contexte) et on a de nouveau le même compte rendu des événements mais cette fois-ci pas à travers le récit de l’évangéliste mais de l’intéressé lui même.
Il est aussi intéressé de noter que ses voisins ont du mal à le reconnaître tellement on a tendance à voir une personne à travers son handicap sans noter ses traits individuels : maintenant qu’il n’était plus aveugle, il était devenu méconnaissable….
A ce stade -là, l’ex aveugle né ne semble pas avoir entendu parler de Jésus et surtout ne l’avais jamais vu auparavant et donc ce qu’il sait de lui, c’est uniquement son nom…
La polémique
Ils menèrent vers les pharisiens celui qui avait été aveugle.
Or, c’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue, et lui avait ouvert les yeux.
De nouveau, les pharisiens aussi lui demandèrent comment il avait recouvré la vue. Et il leur dit: Il a appliqué de la boue sur mes yeux, je me suis lavé, et je vois.
« ils menèrent »..
Je me demande bien si c’est parce-qu’il avait été aveugle si longtemps que ses voisins « le menèrent » le traitant en quelque sorte comme un incapable où un diminué mental car il ne pouvait pas voir… il n’y avait pas de raison maintenant qu’il n’y aille pas de lui-même
Apparaît un élément nouveau qui n’avait pas été mentionné auparavant et que la guérison avait été faite un jour de sabbat et on retrouve cette polémique des légalistes pharisiens qui étaient tellement obsédés par ce qui était permis ou interdit le jour de sabbat..
Sur quoi quelques-uns des pharisiens dirent: Cet homme ne vient pas de Dieu, car il n’observe pas le sabbat. D’autres dirent: Comment un homme pécheur peut-il faire de tels miracles?
Et il y eut division parmi eux. Ils dirent encore à l’aveugle: Toi, que dis-tu de lui, sur ce qu’il t’a ouvert les yeux? Il répondit: C’est un prophète.
Les Juifs ne crurent point qu’il eût été aveugle et qu’il eût recouvré la vue jusqu’à ce qu’ils eussent fait venir ses parents.
Maintenant la discussion se déplace sur la question de l’identité de Jésus que l’aveugle ( on continue à parle de l’aveugle) ne connaît pas mais que les pharisiens devaient eux connaître.ou en avoir entendu parler.
Il est important de noter que nous est présenté un groupe de personnes qui pourtant est dénommé sous le terme général de « pharisiens » qui ne sont pas d’accord entre eux. On a tendance à les voir comme un groupe compact hostile à Jésus (ce qui a permis à l’anti-sémitisme de fleurir plus tard chez les chrétiens) alors que ça n’était pas le cas.
En tout cas, pour la deuxième fois, il re raconte ce qui s’est passé, en version plus courte !La réponse de l’aveugle qui parle de Jésus comme un prophète ne leur plaît pas et comme ils ne le connaissaient pas et qu’il n’appartenait pas au même milieu social qu’eux ( ou ne vivait pas dans le même quartier) , ils ont donc mis en doute la véracité de son expérience.
Convocation des parents
Les pharisiens ne crurent pas qu’il eût été aveugle et qu’il eût recouvré la vue jusqu’à ce qu’ils eussent fait venir ses parents.
Et ils les interrogèrent, disant: Est-ce là votre fils, que vous dites être né aveugle? Comment donc voit-il maintenant?
Ses parents répondirent: Nous savons que c’est notre fils, et qu’il est né aveugle;
mais comment il voit maintenant, ou qui lui a ouvert les yeux, c’est ce que nous ne savons. Interrogez-le lui-même, il a de l’âge, il parlera de ce qui le concerne.
Ses parents dirent cela parce qu’ils craignaient les Juifs; car les Juifs étaient déjà convenus que, si quelqu’un reconnaissait Jésus pour le Christ, il serait exclu de la synagogue.
C’est pourquoi ses parents dirent: Il a de l’âge, interrogez-le lui-même.
Cette partie du récit souligne un certain nombre d’éléments. Tout d’abord il met en valeur le fait qu’ils considèrent cet aveugle né comme un être inférieur, un enfant mineur incapable d’avoir une opinion valable d’où la convocation des parents… qui d’ailleurs leur rappelleront que ce n’était pas un enfant mais un adulte et qu’il était capable de parler pour lui-même
Un autre éément est le fait qu ils convoquent les parents, souligne leur appartenance à une classe sociale supérieure qui exerce un certain pouvoir sur eux, ce dont ils sont conscients car le texte nous dit « qu’ils les craignaient » Les parents d’ailleurs, contrairement à leur fils qui à cause de sa cécité et son statut de mendiant, n’avait pas beaucoup entendu parler de Jésus, étaient au courant de la polémique qui régnait autour de lui.
On a de nouveau le même récit de guérison, cette fois-ci raconté par les parents qui ne veulent pas se mouiller quand à l’identité de Jésus : ils sont méfiants envers les classes qui les dominent et la suite prouvera que c’est à juste titre
Les pharisiens se font menaçants
Les pharisiens appelèrent une seconde fois l’homme qui avait été aveugle, et ils lui dirent: Donne gloire à Dieu; nous savons que cet homme est un pécheur.
Il répondit: S’il est un pécheur, je ne sais; je sais une chose, c’est que j’étais aveugle et que maintenant je vois.
Ils lui dirent: Que t’a-t-il fait? Comment t’a-t-il ouvert les yeux?
Il leur répondit: Je vous l’ai déjà dit, et vous n’avez pas écouté; pourquoi voulez-vous l’entendre encore? Voulez-vous aussi devenir ses disciples?
Face aux pharisiens qui le convoquent de nouveau, l’aveugle ne se laisse pas démonter et leur tient tête : non seulement, il refuse de décrier Jésus mais en plus s’impatiente quand ils lui demandent de re-raconter ce qu’il leur a déjà dit et les provoque en suggérant qu’ils veulent devenir leurs disciples, une manœuvre très habile ! Ils ne pouvaient imaginer que quelqu’un qui en plus d’avoir été handicapé était du peuple pourraient leur tenir tête !
Ils l’injurièrent et dirent: C’est toi qui es son disciple; nous, nous sommes disciples de Moïse Nous savons que Dieu a parlé à Moïse; mais celui-ci, nous ne savons d’où il est.
Leur réaction ne se fait pas attendre ! Ils ont été piqués au vif et comme ils l’ont déjà fait dans cet évangile, ils revendiquent leur supériorité en proclamant être des disciples du grand Moise, et pas du moins que rien qu’est Jésus…
Cet homme leur répondit: Il est étonnant que vous ne sachiez d’où il est; et cependant il m’a ouvert les yeux.
Nous savons que Dieu n’exauce point les pécheurs; mais, si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, c’est celui là qu’il l’exauce.
Jamais on n’a entendu dire que quelqu’un ait ouvert les yeux d’un aveugle-né.
Si cet homme ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire.
Ils lui répondirent: Tu es né tout entier dans le péché, et tu nous enseignes! Et ils le chassèrent.
Le texte ne parle plus de l’aveugle né mais maintenant de “cet homme”: il a acquis la stature d’un homme plein d’assurance. C’est à son tour de les prendre de haut en questionnant leurs connaissances et en leur donnant des leçons sur comment reconnaître un vrai prophète…Lui, l’handicapé, il donne des leçons maintenant aux maîtres de la loi !
À court d’arguments, ils utilisent cette accusation qui a été faite au début de cet épisode à savoir que s’il était un aveugle de naissance c’est qu’il est né dans le péché…Ils reprennent donc à leur compte le préjugé que Jésus avait remis en cause pour le discréditer une bonne fois pour toute ou plutôt ce sont eux qui se discréditent une bonne fois pour toute !
Ce que j’en retiens
C’est le personnage principal de cet épisode, l’aveugle-né qui retient ici toute mon attention ! D’un mendiant méprisé traité comme un moins que rien, et vu comme un objet d’une malédiction, on le voit transformé en un homme sûr de lui , qui n’a pas froid aux yeux et ne se laisse pas impressionner par des hommes religieux plus puissants et éduqués que lui (j’adore !)
J’aime aussi son agacement quand on l’interroge et on lui demande de raconter de nouveau ce qu’il a déjà dit et la simplicité de son témoignage. Il semble dire « je n’y comprends rien à vos élucubrations mais ce que je sais, c’est que j’étais aveugle et maintenant je peux voir, point barre à la ligne… »
Finalement, il ne bronche pas quand on essaie de lui dire que Jésus n’est pas un prophète, il argumente même le pour quoi de ce qu’il croit.
L’injonction de Jésus à ses disciples de ne pas se considérer supérieur à qui que ce soit ( ne vous faites pas appeler Père ou rabbi) est parfaitement illustrée par cet épisode. Ce scepticisme d’ailleurs envers le témoignage d’un homme simple sonne tellement juste car la même condescendance existe aujourd’hui .
Ce récit, tellement vivant dénonce l’arrogance des théologiens et des autorités religieuses mais aussi des intellectuels et des experts face au vécu des personnes issues de milieu populaire…
Mea culpa
30 Juin, 2026 Auvergne
En ce mois de juin
Le soleil s’est bien levé tous les jours
et il s’est aussi couché
illuminant le ciel
tous les soirs
jusqu’à ce que
les étoiles à leur tour
prennent le relai
pour éclairer la nuit noire
***
mais moi
indifférente (ou mal occupée)
je n’ai pas regardé!
***
Certainement
ça doit être un péché
de passer à côté
de tant de beauté !
C’est la faute à qui?
le 17-26 juin, Chassagnes, 2026
La terre tourne tourne, le temps passe, passe : l’été s’approche, la chaleur est revenue… en réalité on est en pleine canicule…
Entre temps que de remous sur notre planète, tant de gens tellement déboussolés, de personnes qui proclament haut et fort croire en Jésus mais qui ne voient pas d’inconvénient à dépouiller la veuve et l’orphelin..et à emprisonner l’étranger …Je reviens donc à cet évangile qui est en quelque sorte l’occasion pour moi de re-rencontrer JÉSUS pour me recentrer : ça me fait du bien.
Jean 9 : 1-3
En passant, Jésus vit un homme aveugle de naissance.
Ses disciples l’interrogèrent : « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? »
Jésus répondit : « Ni lui, ni ses parents n’ont péché. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui.
C’est la faute à qui ?
Je n’irai pas plus loin dans ce début de chapitre…
il commence par cette remarque anodine apparemment car faite « en passant » qui montre un Jésus en chemin qui aborde une question fondamentale qui est celle que les parents se posent quand leurs enfants naissent avec une maladie congénitale : à qui la faute ?
Et comme toujours ce sont les disciples bien représentatifs de la pensée populaire de l’époque qui posent la question, pas un groupe de spécialistes de la Torah qui examinent un texte ou un récit pour essayer d’en tirer une conclusion qui ici d’ailleurs est présentée comme un jugement dont le but est de trouver un coupable.
C’est la faute à qui, est la question qui alimente les rumeurs et les commérages dans les milieux familiaux mais aussi religieux, chacun ayant une réponse qui cherche à impliquer celui ou celle envers lequel on nourrit des préjugés ou des rancunes…ajoutant un fardeau de plus aux parents déjà accablés par les soins particuliers qu’il doivent pourvoir pour un enfant né avec une maladie chronique.
On verra plus tard dans ce texte que cet aveugle de naissance est connu de son entourage, car semblable aux mendiants qui existent encore à notre époque et qui se mettent devant ce lieu stratégique qui est celui d’une église, il se tenait lui aussi à coté du temple. On ne devrait donc pas s’étonner qu’il soit l’objet de discussions sur le pourquoi de son infirmité dont les disciples se font écho.
Et comme dans l’histoire de la Samaritaine, Jésus ne tombe pas dans le piège et ne donne pas de l’eau au moulin de ceux qui cherchent à porter des jugements condamnatoires sur des parents déjà durement éprouvés, il donne cette explication toute à fait inattendue transformant la perception de ce qui a tout l’air d’une punition pour faute commise en un événement qui montre la grandeur et la compassion de Dieu en Jésus.
La suite de l’anecdote rapportée a bien d’autres aspects qui rend l’histoire emblématique de l’attitude des autorités religieuses envers des gens du peuple considérés comme incapables d’avoir une opinion valable sur la légitimité d’un prophète mais j’ai voulu m’arrêter là pour mettre en valeur le caractère libérateur et guérissant de l’explication de Jésus, pour les parents qui continuent à être l’objet de condamnation de la part de leurs proches.
( Il suffit malheureusement de lire la virulence des propos de ceux qui commentent les faits divers d’enfants accidentés envers leurs parents pour être conscient que la question des disciples reflète une attitude qui est toujours de mise même si le mot péché n’est pas utilisé..)
* * *
Ce que j’en retiens
En fait, c’est la déception que j’ai eu en lisant les commentaires des exégètes sur cet événement qui ne semblent pas du tout intéressés par l’histoire humaine et concrète de cette guérison et du réconfort qu’elle peut apporter à l’auditeur mais se concentrent surtout sur ce que cette guérison révèle de qui est Jésus …L’un de ces auteurs 1 ( qui d’autre part fait de très bonnes analyses et dont je respecte le point de vue) met en garde d’ailleurs sur l’utilisation de ce passage à des fins pastorales en généralisant la réponse de Jésus pour réconforter des personnes malades ou leurs parents. De ce fait ils passent à coté de la compassion de Jésus pour cet homme pour expliquer son intervention en le présentant comme un objet utilisé pour révéler son identité à lui, une intention qui serait finalement très égoïste !
Cette spiritualisation et “théologisation” à outrance de tous les événements rapportés de la vie de Jésus qui semblent encore plus forts pour cet évangile de Jean où l’on cherche à prouver sa divinité à tout prix, en occultent la plausibilité historique et ne rendent pas service à la prise au sérieux de ce qui est raconté.
En réalité, la suite de l’histoire montrera que cette attitude est la même que celle des autorités juives de l’époque tant décriées pourtant qui convoqueront cet homme pour en tirer des conclusions sur l’identité de Jésus plutôt que de se réjouir de la guérison d’un aveugle né ! Piètres chefs religieux plus préoccupés par des questions d’orthodoxie que par le bien-être des gens.
1Word Biblical commentary vol 36, George R Beasly-Murray p.155.
NB: ce même thème traité dans un blog ultérieur https://part-age.com/2025/08/14/les-enfants-differents/
Pas de compromis possible

le 20 juin 2026, Auvergne
« Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre”
* * *
Servir ( pas avoir) deux maîtres est impossible,
C’est clair et net
pas de solution intermédiaire
Pas de ,
un jour l’un et le lendemain l’autre
Pas de,
après tout, tant que je ne fais de mal à personne
Car à un moment donné confronté à la réalité, on ne peut pas éviter de choisir entre ce qui compte vraiment et ce qui compte moins et qui finit par être ce qui ne compte pas du tout…
* * *
« La bourse ou la vie ? » demande le bandit des grands chemins au passant
Beaucoup choisissent la bourse et perdent la vie
( d’ailleurs le conseil des forces de sécurité est de donner ce qui nous est demandé pour qu’un vol ne devienne pas un meurtre )
Jésus nous donne comme exemple Dieu et l’argent mais il y a d’autres binômes moins évidents qui pourtant sont mis au même rang d’importance.
« Dieu ou Roi ?» « Dieu ou Patrie ? » « Dieu ou supérieur hiérarchique » ?
On nous fait croire qu’il n’y a pas d’incompatibilité entre les deux, que servir l’un, c’est servir l’autre, qu’on n’a pas à choisir, que l’on peut servir les deux à la fois !
La théologie de la prospérité tout autant que celle du nationalisme chrétien !
Mais c’est celle du devoir de désobéissance civile qui est inscrite dans cette radicalité que Jésus demande à ses disciples…
(En regardant le spectacle désolant des homme politiques qui disent défendre la foi chrétienne mais cherchent le pouvoir avant tout, l’illusion du compromis est complètement battu en brèche…)
* * *
Dieu ou l’argent ?
Dit comme cela, la réponse semble évidente : Dieu bien sûr !
Alors Jésus qui part toujours en guerre contre les hypocrites, ne nous laisse pas nous leurrer sur les vrais choix que l’on fait en pointant du doigt le fait même que l’on passe son temps à se préoccuper pour ses besoins matériels…
« Ne vous souciez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni, pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture,
et le corps plus que les vêtements ? »
Et du coup, on est tous concernés…
Pourtant, contrairement, à ce à quoi on pourrait s’attendre, il ne nous propose pas une éthique de renoncement, ni une vie d’ascète, il reconnaît la validité de nos nécessités matérielles :
« Ne vous faites donc pas tant de souci [. . .] Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin.
Choisir Dieu n’est pas une fonction de l’intellect, ni un culte rendu une fois par semaine entre les 4 murs d’une église ou d’une synagogue, choisir Dieu s’inscrit dans le réel et le quotidien et engage toute notre vie.
Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît »
Le remède n’est pas la culpabilité stérile, ni une spiritualité sophistiquée comme on aurait pu s’y attendre mais la confiance en Dieu !
Car après tout
Qui peut mieux nous libérer de la peur du lendemain ?
Qui peut mieux nous assurer de pourvoir à tous nos besoins aujourd’hui et pour toujours?
Dieu ou l’argent ?
P.S : pour lire tout le passage (Mt 6, 24-34)
Le vivre ensemble
(image: foule, Yves Perrin)
le 11 juin, 2026
Auvergne-Paris-Bruxelles-Paris-Auvergne,
On est toujours content de renter chez soi…
(faut-il en avoir un bien sûr…même aussi temporaire soit-il, aussi humble et petit soit-il, un droit fondamental que tout le monde devrait avoir)
Dans la dernière ligne, juste avant le dernier petit rond point pour monter dans le village… une poule traversait la route tranquillement…
( non je ne l’ai pas prise en photo!)
Alors, je me suis dit, on est vraiment de retour
Surtout que …
Après la galère des changements de gare, de métro, des agents ferroviaires plus ou moins aimables ( bien moins que plus, cette fois-ci) , des énièmes sandwichs avec boisson sucrée et surtout le top avec la découverte dans la gare de l’annulation du dernier train … et d’un itinéraire alternatif qui prolongeait de plus de deux heures, un voyage déjà long…
Un des voisins est venu à la rescousse nous chercher à une gare plus éloignée de notre domicile… un service rendu fortement apprécié surtout le fait d’être accueilli sur le quai par quelqu’un au visage ouvert et souriant après un long voyage fatigant!
Les voisins…dans un petit village, ils se disputent bien sûr mais malgré tout, la solidarité existe
mais aussi étonnement dans cette grande métropole de Bruxelles, où la fête des voisins était un petit coin de paradis où des gens des 4 coins de monde, ont passé toute une après-midi et toute une soirée à manger et (à boire bien sûr) pendant que les enfants des familles les plus jeunes jouaient et entraient les uns chez les autres sans que personne n’y voie d’inconvénients… même les averses qui sont tombées n’ont découragé personne, (faut dire qu’à Bruxelles ils sont habitués sauf moi qui a attrapé un gros rhume)
De temps en temps, le vivre ensemble est possible : suffirait-il tout simplement de mettre en pratique ce précepte « tu aimeras ton prochain ( voisin dans la traduction en anglais) comme toi-même pour l’amour de Dieu » ?
Comme aux noces de Canaan, quand on fait la fête, on sait en tout cas qu’un certain Jésus est au milieu de nous !
Tempête sous un crâne
(encore!)
le 12 juin 2026, de retour en Auvergne
Il y a des jours (comme aujourd’hui)
où je cours dans ma tête…
sans bouger
où je me parle bruyamment
sans ouvrir la bouche
où j’interpelle des hommes politiques et religieux, dénonce leurs injustices et contre-vérités, intervient avec virulence et conviction à des dizaines de conférences et d’émissions…
des jours où
je prends le train, l’avion, le car, la voiture parcourant le monde entier
mais sans me lever de ma chaise bien entendu…
…
En réalité
Un peu comme Don Quijote de la Mancha
je pars à l’assaut des moulins à vent de toute sorte…
sans remuer le petit doigt….
(par contre, lui au moins, il a enfourché son cheval)
…
À quoi bon s’énerver, assise sur une chaise ou allongée sur un canapé,
devant un écran
(heureusement, au moins,je me suis retenue et n’ai pas déversé sur les réseaux sociaux ou les commentaires de journaux, mon trop plein d’indignation)
…
le monde est là qui m’attend
il suffit de me lever
tout simplement
et d’assumer les tâches du quotidien.
Qui sont à ma portée
PS : Toi,
qui me connais bien
pas besoin de chercher à t’impressionner…
Parle-moi
je ne vois pas Dieu,
c’est Dieu qui me voit
ici, assise sur cette chaise,
dans cette chambre, dans cette maison,
dans ce pays où je suis à présent
***
Personne d’autre ne me regarde
personne d’autre n’est là
personne
personne devant qui je doive m’expliquer
ou me justifier
personne que je doives instruire
ou avertir,
aucun membre de mes proches
ni de mes connaissances
***
Devant Toi
je n’ai rien à cacher,
ni à débattre
ni à défendre
seulement à me taire
alors parle-moi
je t’écouterai
Le Notre Père: unité a minima
le 20 mai 2026, Auvergne 2026
photo: ce matin à l’aube
Le “Notre Père“
C’est dommage que ce soit devenu une prière que l’on récite mais pas un enseignement que l’on médite pour le mettre en pratique…
On ressort toujours cette prière pour la réciter à l’unisson au moment des rencontres œcuméniques car c’est le seul texte liturgique sur lequel on s’entend : on le prononce alors haut et fort content de pouvoir dire ce texte consensuel qui nous donne l’illusion de l’unité.
Or l’unité des chrétiens, comme corps du Christ, elle est actée autre part : elle est dans ce moment où Jésus en partageant le pain et le vin scelle l’appartenance intime et profonde de tous ceux qui le suivent en prononçant les paroles étonnantes du « Prenez, mangez, ceci est mon corps. [….] Buvez-en tous car ceci est mon sang, ».
En demandant à ses disciples de répéter ses gestes et ses paroles à la fin d’un repas (en mémoire de moi) il pose un acte qui met au centre de la foi chrétienne le don de sa personne toute entière et pas de la nôtre. Ce n’est pas nous qui donnons quoi que ce soit, nous ne faisons que recevoir, : l’unité en Christ n’est pas à construire elle est une réalité actée et offerte par Jésus.
Mais voilà, ce rite du souvenir institué par Lui, au lieu d’être la reconnaissance de notre unité, c’est au contraire le lieu où l’on montre le plus notre désunion : on s’interdit d’y participer ensemble, sous prétexte que selon nos critères les autres, ceux qui n’appartiennent pas à notre communauté ne seraient pas dignes d’y prendre part.
(Du côté catholique, c’est l’adhérence au dogme de la transubstantation qui fait problème et du côté protestant et évangélique c’est plutôt l’admonition de Paul qui condamne « celui qui mange et boit sans discerner le corps du Seigneur»)
Bref, en tout cas, cette belle prière, même si elle est une unité a minima, commence au moins par la formule de l’inclusion par excellence…
Notre Père ( pas le mon père, adressé aux prêtres),
et le Qui êtes aux cieux, en rajoute, le mettant dans un lieu hors de notre portée, bien loin d’aucun de nos territoires,
( ni à Jérusalem ni à Paris ni à Washington)
Tant pis pour nous, qui voudrions nous l’approprier et le garder en exclusivité !
À la grâce de Dieu : voyage!
Photo: lever de soleil en Auvergne, le dimanche 10 mai
Mardi le 6 mai, 2026, banlieue de Washington,
Prête à partir
Derniers messages envoyés
Recharge de l’ordinateur
Du smart phone
De l’iPad
Trousse de toilette rangée
Trench coat et foulard sur le dos de la chaise
Et bien sûr … passeport à portée de la main
Je suis sereine
car je sais que tout peut arriver et que je ne contrôle rien ….
Ni le décollage ni l’atterrissage,
Ni le passager dangereux qui a décidé de se faire sauter dans l’avion…
Ni la perte éventuelle de nos bagages
Ni les annulations et les retards de train
Rien, rien
* * *
Le 6-9 mai Paris,
Je n’ai pas pris le temps de goûter à Paris….
A peine un café sur une terrasse,
une promenade dans un parc,
une petite virée dans les entrailles du métro avec sa voix monocorde
(Attention fermeture des portes !)
Une ou deux conversations autour d’un repas
Des proches retrouvés à la gare de Bercy
Un ami du village qui nous attend à l’arrêt du train au milieu de la campagne
Et nous y voilà !
Bien arrivés
***
À tous ceux petits et grands
Anonymes ou familiers
Qui nous ont accompagnés tout au long du voyage
et à Toi aussi
Merci
