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Espérance malgré tout

 

Le 14 octobre, 2019…la Virginie

Les nuits sont fraîches: on a allumé le poêle…les arbres commencent seulement à changer mais ils ne sont pas revêtus encore de leurs couleur éclatantes…le vert continue à dominer…cette semaine avec les nuits fraîches ils devraient vraiment changer, j’attends avec impatience …quoique le paysage orné d’arbres feuillus et de champs encore verts surtout dans cette région vallonnée continue à m’enchanter…pas de raison de ne pas en profiter et de ne pas s’en mettre plein la vue…

(Un chipmunk qu’est-ce que c’est en français? Il en a beaucoup dans le jardin…je trouve le mot tamia en français que je ne connaissais pas..ils sont tout petit et ressemblent un peu à des écureuils sauf que la queue n’est pas du tout la même)
Aujourd’ hui est jour férié: ” Columbus day” jour de la découverte de l’Amérique (el dia de la raza déjà mentionné) dont la date du 12 est reporté le lundi suivant… c’est un jour férié pour l’Etat fédéral mais il est reconnu dans l’État de la Virginie…. Belle journée ensoleillée après la brume matinale matinale le ciel est lumineux…

Ouf, je trouve un article dans le New York times qui fustige la grossièreté de Trump mais aussi le silence du parti républicain et liders religieux (blancs) là-dessus. https://www.nytimes.com/2019/10/13/opinion/trump-republicans.html ..Un article bienvenu mais écrit par un Afro-américain, montrant encore le racisme latent qui existe derrière les discours politiques des églises qui constitue un véritable scandale…car les institutions religieuses (évêque catholiques, organisation evangelitques) auraient dû monter au créneau pour dénoncer l’insulte…mais c’est le silence radar….

Aujourd’ hui c’était le faux discours de la reine d’ Angleterre avec toute sa pompe (faux car ce n’est qu’ un acte protocolaire le discours étant écrit par le chef du gouvernement britannique) mais qui ne peut pas cacher le désordre et le spectacle désolant d’ une démocratie en plein naufrage sujette à tous les aléas des courants populistes du jour … Pompe et circonstances, tout ce que l’on aime des britanniques mais qui cette fois-ci a l’air si futile….

Malgré tout,

Espérance est le mot du jour…

Plusieurs commentaires en ligne mettent ce mort à l’ honneur qui pourtant n’a pas grand chose à voir avec les textes d’évangile du jour, mais le message est tellement beau et encourageant en ce lundi matin que je le recopie ici…


“Gardons-nous de perdre tout espoir, mais évitons également de céder trop facilement à la nonchalance. (…) Le désespoir empêche celui qui est tombé de se relever, et la nonchalance fait chuter celui qui est debout. (…) Si la présomption nous précipite du haut des cieux, le désespoir nous précipite dans l’abîme infini du mal, alors qu’il suffit d’un peu d’espoir pour nous en arracher. (…) ” ( Saint Chrysostome)

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Il y a un temps pour tout

Le 21 août 2026 Auvergne

le temps a changé, la canicule est terminée, la pluie est revenue : le paysage reprend de la couleur, l’herbe repousse…

Les gens d’ici me l’avaient bien dit : après le 15 août le temps change, même si rien ne le dit sur le calendrier, (l’arrivée de l’automne ne sera que dans un mois…)

il a fallu tenir bon jusqu’à ce moment là…

maintenant, l’été c’est comme l’hiver, il faut s’accrocher et attendre que ça passe

on craint les incendies, et le manque d’eau : on reste enfermé pendant la journée au lieu de profiter du beau temps et de la chaleur vivifiante,

marcher n’est plus une activité de détente

on s’essouffle après quelques pas même en fin d’après-midi,

le soleil cesse d’être cette présence bienveillante ,

il est devenu un tyran, tout puissant, menaçant

on cherche à s’en cacher pour se protéger…

et puis, tout à coup…

voilà que le fond de l’air est frais, la brise est légère,

la marche redevient enjouée et allègre ,

on ne sait pas vraiment

comment ça s’est passé…

***

Merci à celui qui fait tourner la terre et commande aux planètes,

et nous aide à tenir bon

aux jours difficiles et oppressants

Après la pluie, le beau temps dit-on

sauf que la pluie maintenant,

c’est devenu le beau temps !

j

L’ avant et après fête

Avant

4 août 2026, Auvergne

ils seront tous là ou presque..

(il y en a encore d’autres mais trop loin cette fois-ci)

des familles composées, décomposées et recomposées,

des jeunes adultes et des jeunes enfants.

Ceux qui votent à droite

et ceux qui votent à gauche

(et ceux qui s’en foutent)

ceux qui ne parlent que français ou ne le parlent pas du tout

( heureusement il y aura des bilingues voire trilingues pour assurer)

Ceux qui mangent végétarien, halal

et ceux qui adorent la charcuterie

( comme on est en Auvergne au moins tout le monde aime le St Nectaire)

***

et il y a nous deux

On n’est plus très jeune ni lui, ni moi…

nos émotions vont et viennent

nos craintes, nos attentes,

aussi notre force et notre énergie

on est content bien sûr…

mais il y a des moments où l’on croit

qu’on y arrivera pas,

Seigneur sans ton aide

de toute façon

on y arrivera pas…

L’après fête

11 août 2026 Auvergne

Tout le monde est reparti

qui ici, qui là-bas

Sains (presque tous) mais saufs en tout cas !

Mission accomplie !

Pas de contre-temps majeurs

Pas de clash irréparables

la joie simple des retrouvailles

de ceux et celles qui s’étaient perdus de vue

et cette amitié toute naturelle des nouvelles générations

élevés ici ou ailleurs

se connaissant à peine pour certains

ou se voyant pour la première fois pour d’autres

je les ai surpris moi, jouant assis en rond par terre

comme on voit tous les enfants du monde le faire

je ne sais à quel jeu d’énigme ou de devinette

du plus petit jusqu’au plus grand

***

Bien sûr il y a eu des moments de tensions et d’énervements

et de ras-le-bol

et pour moi de la génération des aînés

des moments où j’ai eu l’impression de perdre pied,

mais finalement

j’ai été portée

comme nous l’avons tous été

par la grâce de Dieu…

visible dans ce magnifique coucher de soleil …

De la liberté du berger et des brebis

Le 29 juillet-2 août, 2026, Auvergne

La France brûle ou plutôt la Gironde : on ne voit que ça aux actualités…même si ces feux sont inédits par leur ampleur, il n’y a pas de doute que le spectacle des flammes fascine. De l’autre côté de l’Atlantique, il a fallu que je rassure mes proches que même si c’était grave, non ce n’était pas toute la France qui brûlait : nous en Auvergne on n’était pas affecté.

Les pompiers sont les héros du jour et ils le méritent bien mais j’ai peur qu’une fois l’urgence passée, on les oubliera et leur conditions de travail ne s’amélioreront pas. En tout cas les programmes qui tournent en boucle à la télévision font valoir la solidarité autour des zones affectées ce qui est une bonne chose et est encourageant.

En fait pour moi ( et je ne suis pas la seule) le spectacle de ces feux qui brûlent hors de contrôle détruisant tout sur leur passage est représentatif de l’état de notre planète qui est en danger de destruction … surtout quand on entend dire que les départs de feu ont une origine humaine et encore plus intentionnelle, on se rend compte vraiment que c’est nous qui sommes à l’origine de beaucoup de catastrophes dites « naturelles » …

Réagira-t-on un jour ?

Si c’est la France qui brûle aujourd’hui le monde tout entier n’arrête pas de brûler depuis des siècles au gré des guerres de toute sortes, parcouru par des hordes d’envahisseurs qui déciment des villages entiers pour prendre leurs terres ..( la politique de la terre brûlée pratiquée par l’armée en Colombie, en Palestine…au Soudan, au Congo etc. où l’on tire sur les habitants qui essaient de s’échapper des flammes en est l’expression)

Face à tout cela… s’élève cette image du bon pasteur…d’il y a deux deux mille ans…qui continue à être bienvenue car elle se dessine pour révéler pat contraste celle des faux bergers, brigands et bandits qui sont venus pour piller et égorger…

Jean 10 : 8-19

C’est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : Moi, je suis la porte des brebis.

Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés.

Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage.

Étonnement au lieu de s’identifier au bon pasteur lui-même au début, Jésus s’efface en se donnant le rôle plus humble et moins visible d’être la porte, insistant sur sa place d’intermédiaire laissant à Dieu son père toute la place pour qu’il soit considéré comme le bon pasteur : Il n’usurpe pas son rôle et agit comme un Jean Baptiste l’avait fait en ne se mettant pas au centre du plan du salut..

Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés.

De qui parle-t-il ? certainement pas des prophètes reconnus dans le peuple d’Israël mais à son époque, il y en a eu beaucoup qui ont proclamé t être le messie et qui ont dirigé des révoltes réprimées dans le sang et ont donc concrètement conduits leurs adeptes à la mort ( Dositheos, plus tard Simon bar Kokhba plus tôt )

il pourra entrer et il pourra sortir...l

La liberté est au centre de ce dont les brebis jouissent dans cet enclos pourvu par le pasteur : elles rentrent et elles sortent en toute liberté mais aussi en toute sécurité. Il ne les tient pas prisonnières…comme dans les sectes…il ne les oblige pas à rester… il ne les enferme pas pour les protéger : elles vivent dans la confiance, il les laisse gambader…

Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr. Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance.

Jésus cette fois-ci se nomme lui même comme le bon pasteur et signe son portrait tout en continuant de se comparer avec les autres « voleurs et bandits » ce qui lui permet de mettre en valeur sa bonté et la confiance dont il est digne et d’insister sur leur dangerosité.

On en arrive maintenant à une description plus approfondie où l’amour du berger pour ses brebis atteint son paroxysme et qui deviendra un thème central dans la foi chrétienne : le sacrifice de la vie Jésus pour nous sauver …. toujours aux antipodes du comportement du « berger mercenaire »

Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis.

Le berger mercenaire n’est pas le pasteur, les brebis ne sont pas à lui : s’il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s’enfuit ; le loup s’en empare et les disperse.

Ce berger n’est qu’un mercenaire, et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui.

Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent,

Un autre élément est ajouté pour parachever cette image : la mutualité de la relation entre brebis et pasteur. Si lui, il les connaît, elles aussi  : elles participent presque sur un pied d’égalité à ce rapport privilégié soulignant de nouveau leur liberté et battant en brèche une vision de passivité de leur part.

Le modèle de cette relation, elle est celle de Jésus avec son père qui est réintroduite ici : il n’oublie jamais semble-t-il quand il parle de lui-même, de mentionner qu’il n’est pas autonome en quelque sorte, qu’il ne s’est pas envoyé lui-même mais qu’il a été envoyé. Mais il est étonnant qu’il puisse établir un parallèle, entre sa relation avec nous et celle qu’il a avec son père.

comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis

Vient ensuite cette déclaration qui a été interprété par l’église catholique par un appel à l’unité des chrétiens mais sous l’égide du pape à Rome : une interprétation abusive, bien sût car quand il a prononcé ces paroles, il parlait certainement des non juifs…( les chrétiens, ni l’église en tant que telle n’existaient)

J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur.

Finalement Jésus recentre son discours sur sa relation tellement particulière avec son père faite d’égalité et de soumission. Paroles étonnantes et difficiles à saisir

Voici pourquoi le Père m’aime : parce que je donne ma vie, pour la recevoir de nouveau.

Nul ne peut me l’enlever : je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau : voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père. »

Jésus aussi est libre et reste maître de son destin malgré les apparences quand il sera fait prisonnier et exécuté : voir en lui un homme passif est une lecture fausse de son comportement et de son caractère ; il jouit de cette même liberté qu’il octroie à ses brebis.

Il est compréhensible que ses interlocuteurs soient désorientés par la signification de ses paroles, et de leurs implications, surtout si elles ont été prononcées avant sa mort et sa passion ce que l’auteur note dans la remarque suivante.

De nouveau les Juifs se divisèrent à cause de ces paroles.

Ce que j’en retiens

Bien entendu la description de Jésus comme le bon pasteur est d’une beauté indescriptible et d’un réconfort immense dans les moments de doute et de difficultés. Pas étonnant que cette image ait été la source d’inspirations d’œuvres artistiques mais aussi de commentaires multiples.

Mais il y a deux choses que je n’avais pas remarqué avant .

La première et je l’ai mentionné dans la lecture précédente est l’insistance sur la dangerosité des mauvais bergers, une mise en garde qu’il devait considérer urgente, certainement en réponse à ce qu’il pouvait observer autour de lui : on sait historiquement parlant ce qui s’est passé pendant la guerre civile qui s’est déroulée après sa mort et sa résurrection et qui a facilité la prise de Jérusalem et la destruction du temple avec ses milliers de morts, femmes et enfants inclus.

Mais la deuxième c’est cette liberté dans laquelle, il laisse vivre ses disciples  :

«  il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage »

Les rapports qu’il établit sont des rapports de mutualité et d’égalité étonnants ! Les brebis ne suivent pas n’importe qui, elles savent reconnaître sa voix et le connaissent autant que lui les connaît.

On a tellement tendance à insister sur le caractère passif des brebis, leur manque d’intelligence et de personnalité que l’on a justifié l’autoritarisme et l’emprise spirituelle qu’ont exercé les dirigeants des églises à travers les siècles envers leurs membres sous prétexte qu’ils étaient comme elles, crédules, naïves, dépourvues de bon sens et faciles à tromper…

Il n’y a pas du tout cela dans cette image que Jésus développe : les brebis sont intelligentes et n’ont pas besoin d’un berger dominateur, autoritaire voire tyrannique pour les diriger ! Il ne faut pas se méprendre : Jésus est le seul vrai berger, bienveillant et respectueux de la dignité de ses brebis qui conduise à la vie , les autres qui prétendent prendre sa place ne sont que des imposteurs… !

Des influenceurs … et du bon berger

le 21-24 juillet 2026 Auvergne

Me voilà arrivée à ce beau texte sur la parabole du berger…

Ça tombe à pic : hier en cette période d’été, le cinéma en plein air de la région a projeté sur un grand écran le film « les Bergers »  dans un pré du village: un vrai plaisir de voir un film dehors, à la belle étoile, entouré de voisins et de gens des alentours qui se retrouvaient avec plaisir. En plus après deux semaines de canicule, on a eu un droit à une belle soirée avec un petit vent chaud mais agréable qui s’est rafraichi à la tombée de la nuit.

Surtout, qu’ici on a des moutons et même si la transhumance n’est pas pratiquée, il y a bien un berger qui vient les chercher dans le pré derrière chez nous… sauf qu’en ce moment ce pré n’a plus d’herbe alors il doit les conduire autre part… et qu’il ne ressemble pas aux bergers des cartes postales ni non plus à celui du film , un jeune premier québécois ( il n’a même pas de barbe) … il vient sur un quad mais …quand même, il a un chien qui l’accompagne et il descend de son véhicule pour ouvrir la barrière et les appelle : elles viennent et passent devant lui pour retourner à leur enclos…

On nous dit qu’effectivement, il y a des voleurs et des bandits qui essaient de voler des animaux…mais en ce qui concerne les moutons, on parle surtout du loup qui a été réintroduit dans certaines régions et qui attaque les brebis….( en partie le thème du film)

Jean 10 : 1-6

« Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit.

Celui qui entre par la porte, c’est le pasteur, le berger des brebis.

Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir.

Quand il a poussé dehors toutes les siennes, il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix.

Jamais elles ne suivront un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. »

Jésus employa cette image pour s’adresser à eux, mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait »

Pourtant, tout à coup en lisant l’entame de ce passage tellement connu , ce n’est pas au bon berger que j’ai pensé… mais à tous ces prédateurs qui existent en ligne et qui essaient d’entrer en contact avec des jeunes… pour leur voler leur jeunesse et les conduire vers des chemins dangereux .

Il n’y a d’ailleurs pas que les jeunes qui sont la proie de gourous de toutes sorte qui se présentent en sauveurs pour accrocher les gens en détresse à la recherche de solutions pour les maux petits et grands qui les affectent… C’est d’ailleurs intéressant de voir que Jésus ne se positionne pas d’abord comme le bon berger mais commence par une mise en garde :

« Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit.

Il cherche à se distinguer des autres, ceux qui autour de lui essaient de le discréditer et complotent contre lui dans l’ombre à travers des groupes de pression secrets afin de manipuler et exploiter le peuple. Par contre lui, il parle devant tout le monde, en public, à l’air libre, ce qu’il ne manquera pas de rappeler quand il sera accusé devant le Sanhédrin: il n’a rien à cacher.

Celui qui entre par la porte, c’est le pasteur, le berger des brebis.

Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir.

Quand il a poussé dehors toutes les siennes, il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix.

La description qui nous est donné du berger est celle de quelqu’un qui de tout évidence connaissait leur mode d’opérer , ce dont je me rends compte maintenant quand je vois le berger ici  appeler les moutons éparpillés dans le pré , pour les faire sortir et rentrer à la bergerie en début de soirée sauf que comme elles connaissent le chemin, le berger marche plutôt derrière pour encourager les retardataires…

Jamais elles ne suivront un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. »

La voix reconnaissable du berger, tellement importante aujourd’hui encore, souligne cette connaissance bien particulière de ceux qui s’occupent des moutons ( moi je n’ai jamais essayé de les appeler!) On croit le savoir, Jésus n’était pas berger de formation mais il y en avait beaucoup dans la région et bien entendu on connaît tous l’histoire de ces bergers qui apparaissent au début de l’évangile de Luc ( et nulle part ailleurs) au moment de la naissance de Jésus.

Mais il y a aussi une pointe d’optimisme dans sa déclaration car il affirme que les moutons, finalement ne sont pas si bêtes que cela et qu’ils ne suivront pas n’importe qui !

Jésus employa cette image pour s’adresser à eux, mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait »

Les disciples de Jésus nous dit le texte ne comprirent pas de quoi il parlait, contrairement à nous me semble-t-il, car l’image de Jésus le berger nous est très familière. Cependant il est vrai qu’ il ne l’avait pas encore utilisée pour se désigner et peut être aussi parce qu’elle n’était pas liée intrinsèquement à la figure du messie à laquelle ils s’attendaient… qui était plutôt celle d’un roi, d’un chef d’armée triomphant sur un cheval qui conduit son peuple à la victoire sur ses ennemis…pas du tout celle d’un berger qui conduit un troupeau d’animaux timorés et sans défense.

L’idée du bon berger n’est pourtant pas nouvelle dans la tradition juive car on sait que David était aussi un berger et qu’il avait été choisi pour vaincre le grand Goliath… (ce qui ne l’empêchera pas après ce premier épisode, de devenir un chef guerrier et puissant)

Peut-être encore plus significatif est ce long passage dans le livre du prophète Ézéchiel où Dieu lui-même dénonce les mauvais bergers d’Israël et décide de prendre la tête du troupeau…

« Fils d’homme, prophétise contre les bergers d’Israël, prophétise […] Quel malheur pour les bergers d’Israël qui sont bergers pour eux-mêmes ! […] vous buvez leur lait, vous vous êtes habillés avec leur laine, vous égorgez les brebis grasses, vous n’êtes pas bergers pour le troupeau. Vous n’avez pas rendu des forces à la brebis chétive, soigné celle qui était malade, pansé celle qui était blessée. Vous n’avez pas ramené la brebis égarée, cherché celle qui était perdue [ . . .] Car ainsi parle le Seigneur Dieu : Voici que moi-même, je m’occuperai de mes brebis, et je veillerai sur elles.  » (Ézéchiel 34, pratiquement tout le chapitre)

Ce que j’en retiens

J’ai été rattrapée par l’actualité !

Cette dénonciation de Jésus sur les bergers bandits et voleurs m’a frappée, surtout qu’en ce moment, on parle de ses frères influenceurs masculinistes accusés de viols et qui vont être extradés en Grande Bretagne pour être jugés..

(https://www.lemonde.fr/international/article/2026/07/19/l-influenceur-masculiniste-andrew-tate-et-son-frere-arretes-aux-etats-unis-a-la-demande-du-royaume-uni-qui-reclame-leur-extradition_6725297_3210.html)

Alors qu’aujourd’hui on s’inquiète, à juste titre d’ailleurs, de l’influence des réseaux sociaux sur les plus vulnérables et des avancées de la technologie qui crée des conseillers virtuels pour répondre aux inquiétudes de personnes isolées dans des buts commerciaux, c’est rassurant de se rendre compte qu’il y a plus de 2000 ans Jésus avait dénoncé l’existence de ces prédateurs et escrocs qui s’introduisent subrepticement dans la vie des gens !

L’être humain, d’une certaine manière n’a pas changé, ce qui rend Jésus d’autant plus crédible et digne de confiance au milieu de ce tissu de mensonge dans lequel on se sent quelquefois pris au piège.

Seigneur protège tes enfants des bergers bandits et voleurs qui rôdent sur le web !

Voir ou ne pas voir…telle est la question

le 16 juillet 2026, Auvergne …

(la photo est du matin du 11 juillet en Haute Loire)

La France a perdu… et on n’ira pas en finale de la coupe du monde…déception…je dois avouer que malgré tous mes grands airs, et mes élucubrations spirituelles de toute sorte … j’aime que mon équipe gagne mais surtout je déteste qu’elle perde !

On en arrive maintenant à la fin de ce long épisode sur la guérison de l’aveugle-né où ce dernier après avoir été injurié par les autorités religieuses, se retrouve face à face avec ce Jésus qu’il connaît à peine mais qui l’a guéri.

Épilogue

Jean 9 : 35-41

Jésus apprit qu’ils l’avaient chassé; et, l’ayant rencontré, il lui dit: Crois-tu au Fils de l’homme?

Il répondit: Et qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui?

Tu l’as vu, lui dit Jésus, et celui qui te parle, c’est lui.

 Et il dit: Je crois, Seigneur. Et il se prosterna devant lui.

J’ai d’abord été surprise que certaines traductions disent « fils de Dieu » et d’autres « fils de l’homme » car la différence ne me semblait pas anodine. Comme il arrive souvent, j’ai découvert que c’était dû au fait qu’il y avait des variations dans les manuscrits de ce texte : je suppose que les traducteurs ont choisi la variation qui appuyaient le mieux leur vision théologique de l’identité de Jésus mais aussi que ça dépendait de l’âge de la traduction…

Tous cependant s’accordent sur le fait que le terme utilisé ici est celui que l’on trouve dans la vision du prophète Daniel  et qu’il y faisait référence:

« Je regardais, au cours des visions de la nuit, et je voyais venir, avec les nuées du ciel, comme un Fils d’homme »

C’est bien sûr la figure du Messie qui y est décrite : donc pour faire simple ce que Jésus lui demandait c’était s’il croyait au Messie, cette figure à dimension divine qui devait venir et à qui selon ce même texte :

« Et il lui fut donné domination, gloire et royauté ; tous les peuples, toutes les nations et les gens de toutes langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera pas détruite »

Il est donc tout naturel qu’entendant cela, il se prosterne devant lui

Mais dans cet échange, peut-être le plus surprenant est que Jésus ait affirmé que que c’était lui le Messie ce qu’il ne fait pratiquement jamais directement : il se révèle uniquement de cette manière dans son dialogue avec la Samaritaine.

Puis Jésus dit: Je suis venu dans ce monde pour un jugement, pour que ceux qui ne voient point voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles.

Quelques pharisiens qui étaient avec lui, ayant entendu ces paroles, lui dirent: Nous aussi, sommes-nous aveugles?

Jésus leur répondit: Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché. Mais maintenant vous dites: Nous voyons. C’est pour cela que votre péché subsiste.

On retourne maintenant au motif de la lumière et de l’aveuglement au sens spirituel du terme… et offrant un contraste avec cet aveugle qui maintenant peut voir, apparaissent de nouveau des pharisiens qui se trouvaient là ( pas ceux qui avaient interpellé l’aveugle né et l’avait chassé et injurié) et qui se sentent visés par cette critique d’aveuglement de la part de Jésus. Cependant, il va plus loin en les accusant finalement de voir mais de ne pas croire.

Croire savoir est pire que ne pas croire du tout : alors qu’ils ont devant eux la personne de Jésus ils ne peuvent ni croire ni voir qui il est vraiment. Leur réaction face à ses faits et gestes, révèle ce qu’il y au plus profond d’eux-mêmes.

Ce que j’en retiens

J’aime beaucoup cet échange entre Jésus et cet ancien handicapé car il me semble que c’est une relation de tu à tu qui est décrite, une vraie conversation à cœur ouvert, comme si Jésus avait découvert en son interlocuteur quelqu’un qui peut le comprendre et avec lequel il sent une telle confiance qu’il peut lui révéler qui il est vraiment sachant qu’il sera bien accueilli.

Je ne peux m’empêcher de penser à cette béatitude prononcée par Jésus lui-même « Bienheureux ceux qui ont le cœur pur car ils verront Dieu » et effectivement Dieu s’est révélé à lui en Jésus-Christ, car il avait le cœur pur.

Quant aux autres, ces discutailleurs éternels, ils ne peuvent pas voir Dieu en Jésus, pas parce- qu’ils sont pharisiens, mais parce qu’ils n’ont pas le cœur pur.

On connaît tous le proverbe : il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, ou plutôt, il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir…

L’homme qui n’avait plus froid aux yeux

Illustration : Pablo Picasso , l’aveugle à la guitarre

le 2 – 8 juillet 2026, Auvergne

On nous annonce une autre canicule mais ici en Haute Loire, on est plutôt épargné…

Le mondial de foot bat son plein avec des équipes des différents pays auxquels notre grande famille appartient qui sont au fur et à mesure éliminées… mais il en reste quand même quelques unes en lice et des équipes de pays improbables ont tenu tête à celles des grandes nations…

Jésus pendant ce temps là continue son parcours, guérissant les malades et déstabilisant les autorités religieuses de son époque

Jean 9 4-33 ( suite de la rencontre avec l’aveugle-né)

Guérison non sollicitée

Il faut que je fasse, tandis qu’il est jour, les œuvres de celui qui m’a envoyé; la nuit vient, où personne ne peut travailler.

Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde.

Après avoir dit cela, il cracha à terre, et fit de la boue avec sa salive. Puis il appliqua cette boue sur les yeux de l’aveugle,

et lui dit: Va, et lave-toi au réservoir de Siloé (nom qui signifie envoyé). Il y alla, se lava, et s’en retourna voyant clair.

Avant que Jésus procède à la guérison de cet aveugle, l’affirmation de sa mission d’être la lumière du monde donne à l’avance une valeur symbolique à l’acte qu’il va faire qu’on ne peut pas rater.

Cependant, laissant de côté sa valeur significative, le récit reprend et les détails qui nous sont donnés sur le comment Jésus a procédé, n’en fait pas un acte symbolique mais l’ancre dans la réalité du moment…

Après avoir dit cela, il cracha à terre, et fit de la boue avec sa salive. Puis il appliqua cette boue sur les yeux de l’aveugle.

Je dois avouer que j’ai lu beaucoup d’articles sur les propriétés de la salive mélangées avec de la boue pour expliquer le geste de Jésus et dans de nombreuses cultures on trouve ce même genre de remède pour guérir les maladies des yeux.

Il y a donc un certain contraste entre la signification théologique de ce que Jésus vient d’affirmer sur qui il est, et cet acte de guérison qui l’inscrit dans la réalité culturelle de l’époque. Contrairement à d’autres cas, il n’y a pas d’échange entre Jésus et l’aveugle-né, de questionnement sur sa foi ni de demande de guérison de sa part ou d’un proche : c’est un acte gratuit initié par Jésus.

et lui dit: Va, et lave-toi au réservoir de Siloé (nom qui signifie envoyé). Il y alla, se lava, et s’en retourna voyant clair.

En lui demandant d’aller se baigner dans ce lieu, Jésus continue à agir dans le contexte de rituels du judaïsme de son époque, ce réservoir étant un lieu ou l’on venait se purifier au début d’un pèlerinage . On trouve aussi dans la Torah, bien d’autres exemples comme celui où le prophète Élisée demande à un Syrien, Naaman, de se baigner sept fois dans le Jourdain pour être guéri de sa lèpre. Et on connaît tous cette pratique dans l’hindouisme où l’on se baigne dans les eaux du Gange. Rien donc dans cette demande qui ne soit hors du commun.

Quand les voisins s’en mêlent

Ses voisins et ceux qui auparavant l’avaient connu comme un mendiant disaient: N’est-ce pas là celui qui se tenait assis et qui mendiait?

Les uns disaient: C’est lui. D’autres disaient: Non, mais il lui ressemble. Et lui-même disait: C’est moi.

Ils lui dirent donc: Comment tes yeux ont-ils été ouverts?

Il répondit: L’Homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue, a oint mes yeux, et m’a dit: Va au réservoir de Siloé, et lave-toi. J’y suis allé, je me suis lavé, et j’ai recouvré la vue.

Ils lui dirent: Où est cet homme? Il répondit: Je ne sais.

Le récit continue avec la réaction de l’entourage de l’aveugle né ( dont on ne nous dit pas le nom car il était peut-être connu seulement par sa condition ce qui arrive souvent dans ce genre de contexte) et on a de nouveau le même compte rendu des événements mais cette fois-ci pas à travers le récit de l’évangéliste mais de l’intéressé lui même.

Il est aussi intéressé de noter que ses voisins ont du mal à le reconnaître tellement on a tendance à voir une personne à travers son handicap sans noter ses traits individuels : maintenant qu’il n’était plus aveugle, il était devenu méconnaissable….

A ce stade -là, l’ex aveugle né ne semble pas avoir entendu parler de Jésus et surtout ne l’avais jamais vu auparavant et donc ce qu’il sait de lui, c’est uniquement son nom…

La polémique

Ils menèrent vers les pharisiens celui qui avait été aveugle.

Or, c’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue, et lui avait ouvert les yeux.

De nouveau, les pharisiens aussi lui demandèrent comment il avait recouvré la vue. Et il leur dit: Il a appliqué de la boue sur mes yeux, je me suis lavé, et je vois.

« ils menèrent »..

Je me demande bien si c’est parce-qu’il avait été aveugle si longtemps que ses voisins « le menèrent » le traitant en quelque sorte comme un incapable où un diminué mental car il ne pouvait pas voir… il n’y avait pas de raison maintenant qu’il n’y aille pas de lui-même

Apparaît un élément nouveau qui n’avait pas été mentionné auparavant et que la guérison avait été faite un jour de sabbat et on retrouve cette polémique des légalistes pharisiens qui étaient tellement obsédés par ce qui était permis ou interdit le jour de sabbat..

Sur quoi quelques-uns des pharisiens dirent: Cet homme ne vient pas de Dieu, car il n’observe pas le sabbat. D’autres dirent: Comment un homme pécheur peut-il faire de tels miracles?

Et il y eut division parmi eux. Ils dirent encore à l’aveugle: Toi, que dis-tu de lui, sur ce qu’il t’a ouvert les yeux? Il répondit: C’est un prophète.

Les Juifs ne crurent point qu’il eût été aveugle et qu’il eût recouvré la vue jusqu’à ce qu’ils eussent fait venir ses parents.

Maintenant la discussion se déplace sur la question de l’identité de Jésus que l’aveugle ( on continue à parle de l’aveugle) ne connaît pas mais que les pharisiens devaient eux connaître.ou en avoir entendu parler.

Il est important de noter que nous est présenté un groupe de personnes qui pourtant est dénommé sous le terme général de « pharisiens » qui ne sont pas d’accord entre eux. On a tendance à les voir comme un groupe compact hostile à Jésus (ce qui a permis à l’anti-sémitisme de fleurir plus tard chez les chrétiens) alors que ça n’était pas le cas.

En tout cas, pour la deuxième fois, il re raconte ce qui s’est passé, en version plus courte !La réponse de l’aveugle qui parle de Jésus comme un prophète ne leur plaît pas et comme ils ne le connaissaient pas et qu’il n’appartenait pas au même milieu social qu’eux ( ou ne vivait pas dans le même quartier) , ils ont donc mis en doute la véracité de son expérience.

Convocation des parents

Les pharisiens ne crurent pas qu’il eût été aveugle et qu’il eût recouvré la vue jusqu’à ce qu’ils eussent fait venir ses parents.

Et ils les interrogèrent, disant: Est-ce là votre fils, que vous dites être né aveugle? Comment donc voit-il maintenant?

Ses parents répondirent: Nous savons que c’est notre fils, et qu’il est né aveugle;

mais comment il voit maintenant, ou qui lui a ouvert les yeux, c’est ce que nous ne savons. Interrogez-le lui-même, il a de l’âge, il parlera de ce qui le concerne.

Ses parents dirent cela parce qu’ils craignaient les Juifs; car les Juifs étaient déjà convenus que, si quelqu’un reconnaissait Jésus pour le Christ, il serait exclu de la synagogue.

C’est pourquoi ses parents dirent: Il a de l’âge, interrogez-le lui-même.

Cette partie du récit souligne un certain nombre d’éléments. Tout d’abord il met en valeur le fait qu’ils considèrent cet aveugle né comme un être inférieur, un enfant mineur incapable d’avoir une opinion valable d’où la convocation des parents… qui d’ailleurs leur rappelleront que ce n’était pas un enfant mais un adulte et qu’il était capable de parler pour lui-même

Un autre éément est le fait qu ils convoquent les parents, souligne leur appartenance à une classe sociale supérieure qui exerce un certain pouvoir sur eux, ce dont ils sont conscients car le texte nous dit « qu’ils les craignaient »  Les parents d’ailleurs, contrairement à leur fils qui à cause de sa cécité et son statut de mendiant, n’avait pas beaucoup entendu parler de Jésus, étaient au courant de la polémique qui régnait autour de lui.

On a de nouveau le même récit de guérison, cette fois-ci raconté par les parents qui ne veulent pas se mouiller quand à l’identité de Jésus : ils sont méfiants envers les classes qui les dominent et la suite prouvera que c’est à juste titre

Les pharisiens se font menaçants

 Les pharisiens appelèrent une seconde fois l’homme qui avait été aveugle, et ils lui dirent: Donne gloire à Dieu; nous savons que cet homme est un pécheur.

 Il répondit: S’il est un pécheur, je ne sais; je sais une chose, c’est que j’étais aveugle et que maintenant je vois.

Ils lui dirent: Que t’a-t-il fait? Comment t’a-t-il ouvert les yeux?

Il leur répondit: Je vous l’ai déjà dit, et vous n’avez pas écouté; pourquoi voulez-vous l’entendre encore? Voulez-vous aussi devenir ses disciples?

Face aux pharisiens qui le convoquent de nouveau, l’aveugle ne se laisse pas démonter et leur tient tête : non seulement, il refuse de décrier Jésus mais en plus s’impatiente quand ils lui demandent de re-raconter ce qu’il leur a déjà dit et les provoque en suggérant qu’ils veulent devenir leurs disciples, une manœuvre très habile !  Ils ne pouvaient imaginer que quelqu’un qui en plus d’avoir été handicapé était du peuple pourraient leur tenir tête !

Ils l’injurièrent et dirent: C’est toi qui es son disciple; nous, nous sommes disciples de Moïse Nous savons que Dieu a parlé à Moïse; mais celui-ci, nous ne savons d’où il est.

Leur réaction ne se fait pas attendre ! Ils ont été piqués au vif et comme ils l’ont déjà fait dans cet évangile, ils revendiquent leur supériorité en proclamant être des disciples du grand Moise, et pas du moins que rien qu’est Jésus…

Cet homme leur répondit: Il est étonnant que vous ne sachiez d’où il est; et cependant il m’a ouvert les yeux.

Nous savons que Dieu n’exauce point les pécheurs; mais, si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, c’est celui là qu’il l’exauce.

Jamais on n’a entendu dire que quelqu’un ait ouvert les yeux d’un aveugle-né.

Si cet homme ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire.

Ils lui répondirent: Tu es né tout entier dans le péché, et tu nous enseignes! Et ils le chassèrent.

Le texte ne parle plus de l’aveugle né mais maintenant de “cet homme”: il a acquis la stature d’un homme plein d’assurance. C’est à son tour de les prendre de haut en questionnant leurs connaissances et en leur donnant des leçons sur comment reconnaître un vrai prophète…Lui, l’handicapé, il donne des leçons maintenant aux maîtres de la loi !

À court d’arguments, ils utilisent cette accusation qui a été faite au début de cet épisode à savoir que s’il était un aveugle de naissance c’est qu’il est né dans le péché…Ils reprennent donc à leur compte le préjugé que Jésus avait remis en cause pour le discréditer une bonne fois pour toute ou plutôt ce sont eux qui se discréditent une bonne fois pour toute !

Ce que j’en retiens

C’est le personnage principal de cet épisode, l’aveugle-né qui retient ici toute mon attention ! D’un mendiant méprisé traité comme un moins que rien, et vu comme un objet d’une malédiction, on le voit transformé en un homme sûr de lui , qui n’a pas froid aux yeux et ne se laisse pas impressionner par des hommes religieux plus puissants et éduqués que lui (j’adore !)

J’aime aussi son agacement quand on l’interroge et on lui demande de raconter de nouveau ce qu’il a déjà dit et la simplicité de son témoignage. Il semble dire « je n’y comprends rien à vos élucubrations mais ce que je sais, c’est que j’étais aveugle et maintenant je peux voir, point barre à la ligne… »

Finalement, il ne bronche pas quand on essaie de lui dire que Jésus n’est pas un prophète, il argumente même le pour quoi de ce qu’il croit.

L’injonction de Jésus à ses disciples de ne pas se considérer supérieur à qui que ce soit ( ne vous faites pas appeler Père ou rabbi) est parfaitement illustrée par cet épisode. Ce scepticisme d’ailleurs envers le témoignage d’un homme simple sonne tellement juste car la même condescendance existe aujourd’hui .

Ce récit, tellement vivant dénonce l’arrogance des théologiens et des autorités religieuses mais aussi des intellectuels et des experts face au vécu des personnes issues de milieu populaire…

Mea culpa

30 Juin, 2026 Auvergne

En ce mois de juin

Le soleil s’est bien levé tous les jours

et il s’est aussi couché

illuminant le ciel

tous les soirs

jusqu’à ce que

les étoiles à leur tour

prennent le relai

pour éclairer la nuit noire

***

mais moi

indifférente (ou mal occupée)

je n’ai pas regardé!

***

Certainement

ça doit être un péché

de passer à côté

de tant de beauté !

C’est la faute à qui?

le 17-26 juin, Chassagnes, 2026

La terre tourne tourne, le temps passe, passe : l’été s’approche, la chaleur est revenue… en réalité on est en pleine canicule…

Entre temps que de remous sur notre planète, tant de gens tellement déboussolés, de personnes qui proclament haut et fort croire en Jésus mais qui ne voient pas d’inconvénient à dépouiller la veuve et l’orphelin..et à emprisonner l’étranger …Je reviens donc à cet évangile qui est en quelque sorte l’occasion pour moi de re-rencontrer JÉSUS pour me recentrer : ça me fait du bien.

Jean 9 : 1-3

En passant, Jésus vit un homme aveugle de naissance.

Ses disciples l’interrogèrent : « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? »

Jésus répondit : « Ni lui, ni ses parents n’ont péché. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui.

C’est la faute à qui ?

Je n’irai pas plus loin dans ce début de chapitre…

il commence par cette remarque anodine apparemment car faite « en passant » qui montre un Jésus en chemin qui aborde une question fondamentale qui est celle que les parents se posent quand leurs enfants naissent avec une maladie congénitale : à qui la faute ?

Et comme toujours ce sont les disciples bien représentatifs de la pensée populaire de l’époque qui posent la question, pas un groupe de spécialistes de la Torah qui examinent un texte ou un récit pour essayer d’en tirer une conclusion qui ici d’ailleurs est présentée comme un jugement dont le but est de trouver un coupable.

C’est la faute à qui, est la question qui alimente les rumeurs et les commérages dans les milieux familiaux mais aussi religieux, chacun ayant une réponse qui cherche à impliquer celui ou celle envers lequel on nourrit des préjugés ou des rancunes…ajoutant un fardeau de plus aux parents déjà accablés par les soins particuliers qu’il doivent pourvoir pour un enfant né avec une maladie chronique.

On verra plus tard dans ce texte que cet aveugle de naissance est connu de son entourage, car semblable aux mendiants qui existent encore à notre époque et qui se mettent devant ce lieu stratégique qui est celui d’une église, il se tenait lui aussi à coté du temple. On ne devrait donc pas s’étonner qu’il soit l’objet de discussions sur le pourquoi de son infirmité dont les disciples se font écho.

Et comme dans l’histoire de la Samaritaine, Jésus ne tombe pas dans le piège et ne donne pas de l’eau au moulin de ceux qui cherchent à porter des jugements condamnatoires sur des parents déjà durement éprouvés, il donne cette explication toute à fait inattendue transformant la perception de ce qui a tout l’air d’une punition pour faute commise en un événement qui montre la grandeur et la compassion de Dieu en Jésus.

La suite de l’anecdote rapportée a bien d’autres aspects qui rend l’histoire emblématique de l’attitude des autorités religieuses envers des gens du peuple considérés comme incapables d’avoir une opinion valable sur la légitimité d’un prophète mais j’ai voulu m’arrêter là pour mettre en valeur le caractère libérateur et guérissant de l’explication de Jésus, pour les parents qui continuent à être l’objet de condamnation de la part de leurs proches.

( Il suffit malheureusement de lire la virulence des propos de ceux qui commentent les faits divers d’enfants accidentés envers leurs parents pour être conscient que la question des disciples reflète une attitude qui est toujours de mise même si le mot péché n’est pas utilisé..)

* * *

Ce que j’en retiens

En fait, c’est la déception que j’ai eu en lisant les commentaires des exégètes sur cet événement qui ne semblent pas du tout intéressés par l’histoire humaine et concrète de cette guérison et du réconfort qu’elle peut apporter à l’auditeur mais se concentrent surtout sur ce que cette guérison révèle de qui est Jésus …L’un de ces auteurs 1 ( qui d’autre part fait de très bonnes analyses et dont je respecte le point de vue) met en garde d’ailleurs sur l’utilisation de ce passage à des fins pastorales en généralisant la réponse de Jésus pour réconforter des personnes malades ou leurs parents. De ce fait ils passent à coté de la compassion de Jésus pour cet homme pour expliquer son intervention en le présentant comme un objet utilisé pour révéler son identité à lui, une intention qui serait finalement très égoïste  !

Cette spiritualisation et “théologisation” à outrance de tous les événements rapportés de la vie de Jésus qui semblent encore plus forts pour cet évangile de Jean où l’on cherche à prouver sa divinité à tout prix, en occultent la plausibilité historique et ne rendent pas service à la prise au sérieux de ce qui est raconté.

En réalité, la suite de l’histoire montrera que cette attitude est la même que celle des autorités juives de l’époque tant décriées pourtant qui convoqueront cet homme pour en tirer des conclusions sur l’identité de Jésus plutôt que de se réjouir de la guérison d’un aveugle né ! Piètres chefs religieux plus préoccupés par des questions d’orthodoxie que par le bien-être des gens.

1Word Biblical commentary vol 36, George R Beasly-Murray p.155.

NB: ce même thème traité dans un blog ultérieur https://part-age.com/2025/08/14/les-enfants-differents/

Pas de compromis possible

le 20 juin 2026, Auvergne

 « Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre”

* * *

Servir ( pas avoir) deux maîtres est impossible,

C’est clair et net

pas de solution intermédiaire

Pas de ,

un jour l’un et le lendemain l’autre

Pas de,

après tout, tant que je ne fais de mal à personne

Car à un moment donné confronté à la réalité, on ne peut pas éviter de choisir entre ce qui compte vraiment et ce qui compte moins et qui finit par être ce qui ne compte pas du tout…

* * *

« La bourse ou la vie ? »  demande le bandit des grands chemins au passant

Beaucoup choisissent la bourse et perdent la vie

( d’ailleurs le conseil des forces de sécurité est de donner ce qui nous est demandé pour qu’un vol ne devienne pas un meurtre )

Jésus nous donne comme exemple Dieu et l’argent mais il y a d’autres binômes moins évidents qui pourtant sont mis au même rang d’importance.

« Dieu ou Roi ?» « Dieu ou Patrie ? » « Dieu ou supérieur hiérarchique » ?

On nous fait croire qu’il n’y a pas d’incompatibilité entre les deux, que servir l’un, c’est servir l’autre, qu’on n’a pas à choisir, que l’on peut servir les deux à la fois !

La théologie de la prospérité tout autant que celle du nationalisme chrétien !

Mais c’est celle du devoir de désobéissance civile qui est inscrite dans cette radicalité que Jésus demande à ses disciples…

(En regardant le spectacle désolant des homme politiques qui disent défendre la foi chrétienne mais cherchent le pouvoir avant tout, l’illusion du compromis est complètement battu en brèche…)

* * *

Dieu ou l’argent ?

Dit comme cela, la réponse semble évidente : Dieu bien sûr !

Alors Jésus qui part toujours en guerre contre les hypocrites, ne nous laisse pas nous leurrer sur les vrais choix que l’on fait en pointant du doigt le fait même que l’on passe son temps à se préoccuper pour ses besoins matériels…

« Ne vous souciez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni, pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture,
et le corps plus que les vêtements ? »

Et du coup, on est tous concernés…

Pourtant, contrairement, à ce à quoi on pourrait s’attendre, il ne nous propose pas une éthique de renoncement, ni une vie d’ascète, il reconnaît la validité de nos nécessités matérielles :

« Ne vous faites donc pas tant de souci [. . .] Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin.

 Choisir Dieu n’est pas une fonction de l’intellect, ni un culte rendu une fois par semaine entre les 4 murs d’une église ou d’une synagogue, choisir Dieu s’inscrit dans le réel et le quotidien et engage toute notre vie.

Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît »

Le remède n’est pas la culpabilité stérile, ni une spiritualité sophistiquée comme on aurait pu s’y attendre mais la confiance en Dieu !

Car après tout

Qui peut mieux nous libérer de la peur du lendemain ?

Qui peut mieux nous assurer de pourvoir à tous nos besoins aujourd’hui et pour toujours?

Dieu ou l’argent ?

P.S : pour lire tout le passage (Mt 6, 24-34)

Le vivre ensemble

(image: foule, Yves Perrin)

le 11 juin, 2026

Auvergne-Paris-Bruxelles-Paris-Auvergne,

On est toujours content de renter chez soi…

(faut-il en avoir un bien sûr…même aussi temporaire soit-il, aussi humble et petit soit-il, un droit fondamental que tout le monde devrait avoir)

Dans la dernière ligne, juste avant le dernier petit rond point pour monter dans le village… une poule traversait la route tranquillement…

( non je ne l’ai pas prise en photo!)

Alors, je me suis dit, on est vraiment de retour

Surtout que …

Après la galère des changements de gare, de métro, des agents ferroviaires plus ou moins aimables ( bien moins que plus, cette fois-ci) , des énièmes sandwichs avec boisson sucrée et surtout le top avec la découverte dans la gare de l’annulation du dernier train … et d’un itinéraire alternatif qui prolongeait de plus de deux heures, un voyage déjà long…

Un des voisins est venu à la rescousse nous chercher à une gare plus éloignée de notre domicile… un service rendu fortement apprécié surtout le fait d’être accueilli sur le quai par quelqu’un au visage ouvert et souriant après un long voyage fatigant!

Les voisins…dans un petit village, ils se disputent bien sûr mais malgré tout, la solidarité existe

mais aussi étonnement dans cette grande métropole de Bruxelles, où la fête des voisins était un petit coin de paradis où des gens des 4 coins de monde, ont passé toute une après-midi et toute une soirée à manger et (à boire bien sûr) pendant que les enfants des familles les plus jeunes jouaient et entraient les uns chez les autres sans que personne n’y voie d’inconvénients… même les averses qui sont tombées n’ont découragé personne, (faut dire qu’à Bruxelles ils sont habitués sauf moi qui a attrapé un gros rhume)

De temps en temps, le vivre ensemble est possible : suffirait-il tout simplement de mettre en pratique ce précepte « tu aimeras ton prochain ( voisin dans la traduction en anglais) comme toi-même pour l’amour de Dieu » ?

Comme aux noces de Canaan, quand on fait la fête, on sait en tout cas qu’un certain Jésus est au milieu de nous !