Presque Noël

Le 22 décembre 2021, la Virginie,

On est en hiver : la température est tombée au-dessous de 0…

Noël dans 3 jours ?

De quoi s’indigner si on lit comme je l’ai fait ce matin, l’histoire de ce jeune homme de 17 ans qui a tué deux personnes avec un fusil d’assaut à une manifestation de Black Lives Matter, et après avoir été jugé et acquitté….  a été reçu hier comme un héros à une convention d’un groupe politique « conservateur » ( on ne parle pas de droite ou d’extrême droite ici) par une foule qui lui a rendu un hommage, en l’applaudissant debout !

Et si Noël arrive dans 3 jours, Omicron, lui est déjà là et progresse à pas de géants, emportant dans sa traîne un cortège de théories complotistes toujours plus aberrantes les unes que les autres….

Sans compter le typhon aux Philippines et la guerre en Éthiopie…

Du coup, on ne sait plus où donner de la tête…

* * *

Va-t-il y avoir une trêve de Noël ?

Au moins une toute petite trêve ?

Même si elle n’est que trois fois rien ?

* * *

À vrai dire, au milieu de toutes ces mauvaises nouvelles, il y a eu quand même celle de la libération de ces otages en Haïti….

En fait plutôt fuite que libération,

Hommes, femmes et enfants sont arrivés à s’échapper pendant la nuit…

Une histoire rocambolesque comme celle des apôtres Pierre et Paul dans le livre des Actes

mais qui ne m’a pas vraiment étonnée,… connaissant la religiosité des gens de Haïti, et la foi profonde des otages, il y a dû avoir complicité de quelques membres du groupe de leurs ravisseurs.. . touchés par la grâce…

Dieu fait feu de tout bois !

(Comme avec cette histoire d’une vierge qui enfante dans une étable quelque part en Palestine)

* * *

C’est étonnant quand même comme on se laisse happer par les tragédies, les scandales, les injustices

pas pour les soulager, pas pour les redresser, mais pour s’indigner … ou s’apitoyer ,

au lieu de….

Porter son regard autre part….

Comme sur cet autre coucher de soleil,

que j’ai raté ce soir

Peut-être que si je m’aventure dehors,

maintenant

Dans la nuit

Je pourrais voir encore

briller

dans le froid

moi aussi

l’étoile des bergers

Au dessus de moi !

La vérité coûte que coûte

13 décembre 2021,Virginie

Je continue à lire une flopée d’articles sur la question du procès de Jésus…et je prends conscience de plus en plus des enjeux énormes qu’il y a derrière …

Le procès de Jésus et les enjeux des exégètes contemporains…

Après la Shoah, les églises chrétiennes ont eu mauvaise conscience ( il était temps ! ) et ont dû examiner leurs théologies et leurs actions pour savoir quel rôle elles avaient joué dans cette systématisation de l’anti-sémitisme qui avait conduit à ce génocide d’une ampleur jamais atteinte auparavant…( même si le nazisme était anti-religieux)

Il a bien fallu reconnaître que quand on accuse un peuple d’être « déicide » ou « meurtrier de Dieu » ( peu importe le terme exact) on le condamne à l’avance à la destruction et l’on justifie tous les coups portés contre lui . On pourrait s’étonner même qu’il a fallu autant de temps pour qu’un projet de l’ampleur de la solution finale se présente étant donné l’histoire de l’anti-sémitisme en Europe et ses flambées périodiquement meurtrières.

( même si je savais que l’anti-sémitisme était une réalité dans l’église catholique dans laquelle j’ai été élevée, je n’ai découvert que récemment à quel point des figures admirées et ayant autorité comme un Bossuet par exemple avaient fait écho et popularisé cette accusation de peuple déicide…. )

Les crimes basés sur des convictions religieuses, on le voit aujourd’hui avec l’islamisme radical (le procès de la tuerie du 13 novembre au Bataclan, en montre l’évidence) sont les plus dangereux et les plus graves car ils permettent aux acteurs de justifier « moralement » leurs actions… Pour commettre un crime de ce genre, on n’a pas besoin d’avoir une mentalité de délinquant ni de tueur en série.. Ils permettent de prononcer cette phrase qui revient périodiquement dans l’histoire de la condamnation d’êtres humains et que l’on entend encore aujourd’hui « ils méritent la mort »

Tout ça pour dire que…. Il est difficile de ne pas lire et analyser le texte qui suit d’une manière qui ne soit pas anachronique et que la question de savoir qui est responsable légalement ou moralement parlant de la mort de Jésus n’est pas sans conséquences, C’est pour ça qu’après avoir culpabilisé « les juifs » à mort ( c’est le cas de le dire) on cherche maintenant à les dédouaner quitte à ne pas respecter le texte. Je n’aborde donc pas ce passage en me posant la question, si légitime soit-elle, de qui est « responsable »car elle ne permet pas d’aborder le texte sereinement et constitue une entrave à la lecture. ( aussi je ne suis pas habilitée à le faire, beaucoup d’autres l’ont traitée)

Marc 14 : 53-65

Ils emmenèrent Jésus chez le grand prêtre. Ils se rassemblèrent tous, les grands prêtres, les anciens et les scribes.

Pierre avait suivi Jésus à distance, jusqu’à l’intérieur du palais du grand prêtre, et là, assis avec les gardes, il se chauffait près du feu.

Les grands prêtres et tout le Conseil suprême cherchaient un témoignage contre Jésus pour le faire mettre à mort, et ils n’en trouvaient pas.

De ce fait, beaucoup portaient de faux témoignages contre Jésus, et ces témoignages ne concordaient pas.

Quelques-uns se levèrent pour porter contre lui ce faux témoignage :

« Nous l’avons entendu dire : “Je détruirai ce sanctuaire fait de main d’homme, et en trois jours j’en rebâtirai un autre qui ne sera pas fait de main d’homme.” »

Et même sur ce point, leurs témoignages n’étaient pas concordants.

Alors s’étant levé, le grand prêtre, devant tous, interrogea Jésus : « Tu ne réponds rien ? Que dis-tu des témoignages qu’ils portent contre toi ? »

Mais lui gardait le silence et ne répondait rien. Le grand prêtre l’interrogea de nouveau : « Es-tu le Christ, le Fils du Dieu béni ? »

Jésus lui dit : « Je le suis. Et vous verrez le Fils de l’homme siéger à la droite du Tout-Puissant, et venir parmi les nuées du ciel. »

Alors, le grand prêtre déchire ses vêtements et dit : « Pourquoi nous faut-il encore des témoins ?

Vous avez entendu le blasphème. Qu’en pensez-vous ? » Tous prononcèrent qu’il méritait la mort.

Quelques-uns se mirent à cracher sur lui, couvrirent son visage d’un voile, et le giflèrent, en disant : « Fais le prophète ! » Et les gardes lui donnèrent des coups.

A la recherche d’une légitimité

Ils emmenèrent Jésus chez le grand prêtre. Ils se rassemblèrent tous, les grands prêtres, les anciens et les scribes.

Pierre avait suivi Jésus à distance, jusqu’à l’intérieur du palais du grand prêtre, et là, assis avec les gardes, il se chauffait près du feu.

On continue à avoir l’impression que cette arrestation n’est pas régulière…le texte de Marc, ne parle pas de tribunal au début mais du simple fait que Jésus se retrouve « chez le grand prêtre ». Si l’on suit ce qui a été dit auparavant, son arrestation cette nuit là particulièrement semble venir du fait que Judas savait où Jésus se trouvait et donc avait prévenu les grands prêtres leur disant qu’ils leur seraient facile de pouvait venir le « cueillir » à ce moment là car il était dans un endroit isolé et à une heure tardive évitant que son arrestation cause des troubles populaires…Ils savaient bien qu’ils ne pouvaient pas saisir Jésus quand il prêchait dans le temple… D’ailleurs Jésus leur en a fait la remarque…

Les grands prêtres et tout le Conseil suprême cherchaient un témoignage contre Jésus pour le faire mettre à mort, et ils n’en trouvaient pas.

Cependant, le texte parle maintenant de la présence du « conseil suprême », à savoir un groupe de personnes qui avait un pouvoir légitime dans la hiérarchie juive. Il semble donc que l’opportunité se présentant de saisir Jésus et de l’interroger, ils arrivent à réunir à la hâte un nombre suffisant de personnes pour former un conseil et vont chercher des témoins…. et les grand prêtres qui connaissent la loi juive savent que quelqu’un ne peut être condamné sans qu’il y ait des témoins crédibles,

( ayant assisté à de nombreuses réunions de conseils d’administration d’église, je vois très bien comment on peut réunir dans l’urgence un groupe de personnes pour leur faire voter une mesure impopulaire ou pour se débarrasser d’un membre gênant, quelquefois même d’un pasteur… il y a toujours dans ces cas là, un semblant de légitimité où l’on s’assure qu’il y a un nombre minimum présent pour qu’il y ait quorum et que l’on dise plus tard que tout a été fait dans les règles. ).

Les grands sont toujours entourés de toute une cour de personnes qui leur sont acquises à la recherche de faveurs….mais malgré tout, ils n’arrivent pas à trouver de témoins crédibles, surtout que Jésus lui reste silencieux…une autre forme de résistance face à l’injustice sachant qu’il était déjà jugé de toutes façons… et son attitude ne peut me faire que penser à cette loi qui existe dans nos démocraties « à rester silencieux » sachant à quel point on peut facilement condamner un inculpé en le faisant parler….Ce droit en tant que tel n’existait pas…mais le silence de Jésus montre de sa part une conscience aiguë des pièges dans lesquels le conseil voulait le faire tomber…

Quand Jésus brise le silence

Ne pouvant pas trouver de témoins crédibles, un des grands prêtres prend en main la situation, il pose une question directe à Jésus et cette fois-ci … on a envie de dire que Jésus joue les provocateurs par la manière dont il leur répond :

« Es-tu le Christ, le Fils du Dieu béni ? »

Jésus lui dit : « Je le suis. Et vous verrez le Fils de l’homme siéger à la droite du Tout-Puissant, et venir parmi les nuées du ciel. »

On a vraiment l’impression qu’il les défie…. et qu’il en rajoute ! Non seulement, il leur dit qu’il est le fils du Dieu béni, ce qui en soi ne serait pas vraiment un blasphème (simplement qu’il devrait le leur prouver) mais quand il parle de « siéger à la droite du Tout Puissant et venir parmi les nuées du ciel » , là il va trop loin…car effectivement il se met au même niveau que Dieu…

Pourtant on sait que Jésus n’est pas un inconscient, il sait ce qu’il fait quand il affirme cela, il connaît ses interlocuteurs et n’ignore pas la loi juive et peut imaginer que cette déclaration rendra furieux le grand prêtre, qu’il n’essaie pas d’amadouer ni de ménager. On l’a vu plus d’une fois confronter les scribes ou les pharisiens et ne pas mâcher ses mots pour les critiquer. Le fait d’être arrêté et dans une situation vulnérable ne semble pas le préoccuper. Tout au contraire ! il sert au grand prêtre sur un plat ce qu’il voulait, ( ce à quoi ce dernier ne s’attendait certainement pas) en lui mettant entre les mains une raison de vouloir le faire mourir, « la raison par excellence », le blasphème, la caution religieuse soit morale dont il avait besoin ! C’est une chance que ce-dernier ne manquera pas de saisir. On donnera pour rappel les paroles du début de ce chapitre :

La fête de la Pâque et des pains sans levain allait avoir lieu deux jours après. Les grands prêtres et les scribes cherchaient comment arrêter Jésus par ruse, pour le faire mourir.

Ils ont maintenant la justification dont ils ont besoin pour le condamner et alors que leurs témoins fantoches et menteurs étaient incapables de le faire, c’est Jésus lui-même qui la leur donne ( s’il avait eu un avocat, il lui aurait sommé de se taire, et l’aurait pris pour un illuminé!) . Le condamner n’est plus illégitime alors que son arrestation l’était, , ce n’est plus une faute ni un crime, ni un abus de pouvoir, c’est un impératif religieux… La manœuvre est classique, on le sait car à travers les siècles tous les tribunaux ecclésiastiques des Inquisitions ici et ailleurs, en ont usé et abusé ….

Alors, le grand prêtre déchire ses vêtements et dit : « Pourquoi nous faut-il encore des témoins ?

Vous avez entendu le blasphème. Qu’en pensez-vous ? » Tous prononcèrent qu’il méritait la mort.

La réaction théâtrale du grand prêtre ne se fait pas attendre… et cette fois-ci, c’est lui qui en rajoute, tellement il est content d’avoir enfin obtenu ce qu’il cherchait. Finalement cette arrestation, cette nuit là était une bonne idée, maintenant ils pourront passer à la deuxième étape de leur plan : faire condamner Jésus par un tribunal romain qui seul peut exécuter une sentence de mort, mais pour eux des hommes roués à la politique et au compromis, ce ne sera qu’un jeu d’enfants… ils savent de quoi ils peuvent l’accuser et quels leviers utiliser pour obtenir cette condamnation. Les accords entre hommes politiques et hommes religieux où chacun y trouve son compte pour maintenir son pouvoir, continuent à être une réalité dans les pays où la religion est une force avec laquelle les gouvernements doivent composer.

Vous avez entendu le blasphème. Qu’en pensez-vous ?

Je note quand même une grande subtilité de la part du grand prêtre qui montre son intelligence et sa sournoiserie  : ce n’est pas lui qui dit que Jésus mérite la mort, il fait semblant de leur demander leur avis. « Qu’en pensez-vous ? » dit-il : il le fait dire par les autres. Bien entendu, c’est lui qui prononce le mot blasphème mais ce sont eux qui veulent sa condamnation à mort ! Lui ne la demande pas ! Il peut s’en laver les mains …. en fait le Pilate c’est lui ! Il laisse les autres prendre la responsabilité de la condamnation de Jésus. C’est étonnant dans sa subtilité !

( Ici encore je pourrai citer un et mille exemples dans les différents conseils d’administrations d’églises, où on utilise ce genre de manœuvre quand on cherche à éliminer quelqu’un)

Quelques-uns se mirent à cracher sur lui, couvrirent son visage d’un voile, et le giflèrent, en disant : « Fais le prophète ! » Et les gardes lui donnèrent des coups.

Ce qui suit, est aussi malheureusement dans le triste cours des choses dans ce genre de situation … Jésus est condamné impuissant, on a le droit maintenant de lui taper dessus et de l’humilier. On a l’assentiment du pouvoir, on peut s’en donner à cœur joie… .et je me demande si ceux qui lui ont craché dessus, ne seraient pas ceux qui ayant été envoyés pour le piéger et se sont sentis humiliés publiquement quand il a su leur répondre avec pertinence et qu’on nous dit « que la foule l’écoutait avec plaisir » . Maintenant, ils peuvent prendre leur revanche….

(Tout le chapitre 12 est un compte rendu de ses discussions entre Jésus, les scribes et les pharisiens où il les dénonce…il faudrait le citer tout entier, je citerai seulement ce passage : Dans son enseignement, il disait : « Méfiez-vous des scribes, qui tiennent à se promener en vêtements d’apparat et qui aiment les salutations sur les places publiques, les sièges d’honneur dans les synagogues, et les places d’honneur dans les dîners. Ils dévorent les biens des veuves et, pour l’apparence, ils font de longues prières : ils seront d’autant plus sévèrement jugés. »)

Que les gardes se mettent à lui donner des coups, rien d’anormal non plus, on sait que dans tous les commissariats du monde entier, les personnes arrêtées se font tabasser pour qu’ils apprennent à ne plus recommencer…. assure-t-on ( même si l’on sait que la loi l’interdit dans beaucoup de pays….)

* * *

La vérité à tout prix !

Le récit de cette arrestation…. et les actions des personnages qui y font figure me semblent tout à fait cohérents avec les autres aspects du récit. On est préparé par les confrontations de Jésus avec les scribes, les pharisiens et l’entourage du grand prêtre à Jérusalem à ce qu’ils arrivent à l’arrêter et quand il tombe entre leurs mains, le désir qu’ils peuvent avoir de se venger d’un homme comme lui, qui attire les foules et les humilie en public…. (en plus de risquer d incommoder le pouvoir romain) n’a rien d’étonnant.

Ce à quoi ils ne s’attendaient pas certainement c’est que Jésus arrêté et impuissant, continue à les défier, d’abord par son silence et ensuite en faisant cette réponse claire et incroyable sur qui il est vraiment:  inconscience du vantard sans doute ont-ils pu penser, tombant dans le piège qu’ils lui avait tendu, de prononcer un blasphème?

Sauf que….

Jésus disait la vérité,

et cela non plus, surtout cela, ils ne pouvaient pas l’imaginer possible….

(Et peut-être que nous non plus….)

P. S. La dignité de Jésus me touche profondément et sa force d’âme et d’esprit devant ses grands qui se croient tout puissants me réjouit…. c’est la figure de celui qui ne plie pas le genou, qui ne baisse pas la tête, qui n’accepte pas de compromis même s’il sait ce qui lui en coûtera. Pour moi qui m’insurge presque quotidiennement contre l’abus du pouvoir des autorités, Jésus me conforte dans mes indignations et mes rebellions. Son attitude justifie à l’avance tous ces « justes » lanceurs d’alerte et autres qui ont défié les autorités et en ont payé de leur vie. Il est la tête de file de tous ceux-là mais lui qui est resté debout rachète aussi tous ceux que j’ai rencontré qui n’ont pas tenu le coup et se sont soumis…

Comme Pierre, le poltron qui va le renier par trois fois….

Sur la route

On the road again

le 9 décembre 2021,  États Unis,

Pour qui ce spectacle renouvelé de tous les soirs, d’un soleil embrasé à l’horizon ? Pour ces camionneurs qui conduisent leurs monstres roulants, bruyants et polluants sur les routes des USA, pressés d’avaler des kilomètres (ou on diraient des miles ici), pour rentrer chez eux ou arriver à un motel d’étape pour dormir quelques heures avant de reprendre la route le lendemain ?

(roulant en écoutant pour beaucoup d’entre eux des radios où se déverse la colère pour ne pas dire la haine d’hommes vociférants qui fustigent tout ce qui remet en cause leur place au soleil… abreuvant leurs auditeurs quotidiennement du flot de leurs paroles empoisonnées’…)

Qui a le temps et le loisir de les admirer et de les contempler ces couchers de soleil, qui nous sont offerts jour après jour, soir après soir…. sans se soucier de notre regard…. comme s’ils n’avaient besoin de personne pour exister…. comme s’il n’y avait qu’eux qui étaient présents… indifférents aux mille et une lumière artificielles qui éclairent nos nuits et prolongent nos jours… niant le rythme incessant de leurs levers et leurs couchers …

Leur présence m’est réconfortante,

leur entêtement, rassurant,

leur beauté apaisante

preuve que ce n’est pas nous qui menons la danse,

mais un Autre

qui ne se lasse pas

de nous offrir ce spectacle,

toujours renouvelé

toujours recréé

malgré notre indifférence persistante…

jour après jour,

nuit après nuit….

Ici et là-bas: priez et veillez

Le 2 décembre, 2021 Virginie,

Actualités,

Je suis de retour aux États Unis…la preuve…c’est qu’il y a eu une tuerie dans un lycée…toujours la même histoire…toujours les mêmes qui s’empressent de dire que ça n’a rien à voir avec la vente libre des armes…

Je ne m’indigne plus…je n’espère plus que quoique ce soit soit changé … j’ai perdu mes illusions surtout quand on n’est même pas arrivé à convaincre les membres de notre petite communauté de l’incompatibilité des armes avec l’annonce du royaume de Dieu en Jésus-Christ….

( en tout cas c’est qu’il nous semble… mon mari avait fait tout un sermon là-dessus et depuis, il n’a plus jamais été invité à y prêcher)

C’est peut-être dommage….mais ça continue à me faire peur surtout quand je pense a mes petits enfants qui vont à l’école…

Heureusement qu’il y en a d’autres qui continuent à lutter,

Alors moi …

Je me rabats sur la prière ?

( j’avoue que je n’en ai même pas envie…pourtant…le délivre-nous du mal serait plus qu’approprié dans ces cas là… )

* * *

Pendant ce temps-là en France, Eric Zemmour fait la Une des journaux…en même temps que Joséphine Baker qui entre au Panthéon…

( On veut montrer au monde entier qu’on n’est pas raciste… ou en tout cas moins que les américains…de qui se moque-t-on ? )

et Valérie Pécresse est en lice pour le deuxième tour du parti Républicain…inattendu et intéressant : ça va modifier la donne et redistribuer les cartes…

et finalement à la Une des journaux catho, la démission du très puissant archevêque de Paris, acceptée nous dit-on en un temps record par le pape ( pour une fausse histoire de c… assure-t-il) .… ce qui risque de faire couler de l’encre dans les milieux cathos dont je suis devenue une observatrice ….le clergé, toujours le clergé, autrement dit les puissants ( il ne s’agit pas d’un curé de campagne même si on nous dit qu’il n’aspirait à rien d’autre, garantie selon certains de son humilité) au centre des préoccupations des fidèles…

Jésus reviens !

* * *

C’est le cri de la dernière ligne du dernier livre de la bible …. mais il n’est pas encore revenu : il ne doit pas penser que ce soit encore l’heure….

Alors, « Priez et veillez » en attendant, nous avait-il dit

(Il faudra bien que je m’y remettre!)

Rendre grâce

Le 27 novembre 2021 , notre autre chez nous, en Virginie…

Le temps passe, la roue tourne, les paysages défilent mais ne se ressemblent pas….

D’abord Washington, où maintenant les scènes de rue me sont devenues familières, pourtant tellement différentes et éloignées de celles de Paris même si il y fait froid et qu’il y a des courants d’air quand on sort du métro…

Dans ce quartier en tout cas, quoique les gens ne soient pas en grande majorité des
« blancs” , leurs vêtements ne reflètent pas une origine particulière : c’est un grand bric à-brac d’accoutrements plus ou moins colorés de gens qui se pressent mais ne se promènent pas … ( bon c’est un jour de semaine et il fait froid!)

Malgré ces différences, je me rends compte que je n’y suis pas une étrangère, je connais presque chaque détour de rue…

Washington, où l’on fait la fête pour un anniversaire dans une ambiance « latina » avec la musique à fond, les danses collectives et les enfants qui courent partout pendant que les adultes conversent…. en espagnol essentiellement…

Après Washington pour aller en Virginie, c’est la route 66 ( pas la fameuse 66 que les touristes français veulent suivre) et ensuite la 81 qui va du nord au sud des État Unis et où l’on est sûr de trouver des véritables convois de camions qui contrairement en France ou en Europe ont le droit de rouler à la même vitesse que les voitures… pas très rassurant….

On retrouve une maison au milieu de feuilles mortes qui recouvrent complètement le sol, mais on peut admirer encore quelques unes ocres accrochées aux arbres et des buissons d’un rouge flamboyant…

Finalement,

il est temps de préparer la fête de Thanksgiving où toute la famille qui se trouve sur le même continent une fois encore, avec nous les Seniors, toujours en vie, malgré la COVID, malgré les accidents de la route, malgré les imprévus des voyages des uns et des autres…

pourra s’asseoir autour d’une grande table…

De quoi rendre grâce…

Qu’en sera-t-il l’année prochaine ?

* * *

Malgré les galères que sont les voyages, malgré la fatigue et les complications, malgré le challenge de devoir s’adapter à différents modes de penser et de faire, malgré les moments d’énervements et les ras-le bol, malgré d’avoir souvent l’impression de vivre assis entre deux chaises et ne pas savoir où se poser, car ici on est séparé des uns et là bas on est séparé des autres…. malgré tout ce que peut signifier de fardeau supplémentaire d’avoir une famille multiculturelle,

Je rends grâce… car je sais que c’est une chance… ​

Quoi d autre sinon merci!

Journal de voyage : l’imprévu

le 9 novembre, Auvergne 2021

avant-dernier soir en Auvergne

Stratégie de départ

Faire semblant de ne pas partir ou plutôt de ne pas savoir que l’on part

se concentrer sur l’immédiat

sur les tâches à réaliser avant de partir…

sans penser à ce qui va nous manquer ou ce qu’on va regretter

emporter le maximum d’affaires dans le minimum d’espace

surtout avoir à portée de la main les documents dont on a besoin pour ne pas avoir à fouiller partout au dernier moment…

donc un seul sac à main…

(et avec le COVID , c’est pas gagné)

Avoir portable et câble pour le recharger…

Essayer de se faire une petite pause entre deux rangements…

Ne pas se mettre à nettoyer quelque chose qu’on n’a pas nettoyé depuis des années et qu’on voudrait faire briller au dernier moment

Bien planifier les derniers repas pour qu’il n’y ait pas de restes… et ne pas être obligé de jeter…

* * *

Le ciel était beau…étoilé magnifique… comme à portée de la main…

* * *

Cocher les listes au fur et à mesure…

Téléphoner

Ne pas s’énerver quand pour les dernières démarches, une voix robotique vous égrène le menu sans qu’aucune option ne corresponde à ce que vous voulez savoir…

Remercier ceux qui sont aimables…( il y en a pas mal en province)

La poubelle. Ou plutôt les poubelles. Être sûr qu’elles sont bien vidées….

Le 13 novembre, Paris

Entre ces deux dates…. L’imprévu….

Accident sur l’autoroute… voiture que l’on voulait donner totalement détruite…on en sort indemne…miracle que l’on soit encore en vie

( c’était moi qui conduisais…

j’aurais dû…. J’aurais pu…)

Automobilistes concernés qui s’arrêtent, sapeurs pompiers, gendarmes, ambulance, CHU, on est transporté et entouré par des anges gardiens de toutes sortes qui nous réconfortent, nous auscultes, demandent de nos nouvelles, nous tiennent au chaud…. un autre nous attend à la sortie de l’hôpital pour nous conduire à Paris où l’on est accueilli avec un grand bol de soupe chaude et un bon lit…

Que dire ?

Rien d’autre, sinon merci !

Et bénis toutes ces personnes qui nous ont accompagnés … et qui le font pour bien d’autres que nous ne connaissons pas mais dont toi tu connais tous les noms..

Le moment du bilan viendra plus tard…

Jésus fragile et inaccessible

Le 22 octobre, 2021, Auvergne

(On s’approche de la Toussaint et aujourd’hui avec la pluie fine qui tombe, le temps est au rendez-vous….mais pas de gros coup de vent comme sur la Normandie ou la Bretagne qui a balayé des. villages et causé de nombreux dégâts…mais finalement il m’a fallu plus d’une semaine pour terminer cette réflexion sur ce passage, on est le déjà 3 novembre..)

Marc 14 : 32-42

J’appréhende alors que j’arrive au seuil du récit de la passion de me retrouver face à la souffrance du Jésus de Marc, ce Jésus un peu lointain pourtant, que l’auteur tient à bout de bras et avec lequel il garde ses distances, dans une crainte respectueuse, soucieux de ne pas s’approcher trop près de lui pour respecter cet espace sacré de son moi privé, de son identité profonde qui lui semble être hors de sa portée… tout le contraire de ce que l’on fait aujourd’hui en voulant analyser ses états d’âme, en essayant de scruter ses pensées, de déchiffrer ses intentions, ( et en particulier sa sexualité) , de l’enfermer dans des théologies bien ficelées ou des dogmes immuables.

Arrivé à ce stade de ma lecture, j’ai l’impression de le connaître, comme quelqu’un d’exceptionnel, et cette distance même, entre nous et lui grâce au regard pudique de l’auteur fait que sa souffrance est d’autant plus difficile à soutenir que l’on est face à un être volontaire, tout entier centré sur sa mission, indifférent semble-t-il au regard que portent sur lui ceux qui l’entourent, qui ne s’épanche pas facilement.

( je pense, à un prisonnier politique qui m’avait parlé de la torture dont il avait été la victime aux mains de l’armée, sans offrir aucun détail, le visage impassible, sauf pour quelques gouttes de sueur sur les tempes…)

Une soirée tristement mémorable

Ils parviennent à un domaine appelé Gethsémane. Jésus dit à ses disciples : « Asseyez-vous ici, pendant que je vais prier. »

Puis il emmène avec lui Pierre, Jacques et Jean, et commence à ressentir frayeur et angoisse.

Il leur dit : « Mon âme est triste à mourir. Restez ici et veillez. »

Allant un peu plus loin, il tombait à terre et priait pour que, s’il était possible, cette heure s’éloigne de lui.

Il disait : « Abba… Père, tout est possible pour toi. Éloigne de moi cette coupe. Cependant, non pas ce que moi, je veux, mais ce que toi, tu veux ! »

Puis il revient et trouve les disciples endormis. Il dit à Pierre : « Simon, tu dors ! Tu n’as pas eu la force de veiller seulement une heure ?

Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation ; l’esprit est ardent, mais la chair est faible. »

De nouveau, il s’éloigna et pria, en répétant les mêmes paroles.

Et de nouveau, il vint près des disciples qu’il trouva endormis, car leurs yeux étaient alourdis de sommeil. Et eux ne savaient que lui répondre.

Une troisième fois, il revient et leur dit : « Désormais, vous pouvez dormir et vous reposer. C’est fait ; l’heure est venue : voici que le Fils de l’homme est livré aux mains des pécheurs.

Levez-vous ! Allons ! Voici qu’il est proche, celui qui me livre. »

Dans l’évangile de Marc, on a très peu de passages où il y a une continuité temporelle envers les événements racontés. L’auteur nous donne des indications sur où Jésus se trouve pour tel fait et geste, mais ce sont des moments morcelés qui ne se suivent pas avec précision., Par contre maintenant depuis le moment où les disciples s’assoient avec Jésus autour d’une table, on le suit vraiment pas à pas. Depuis ce moment là, il est le chef d’orchestre, qui conduit chaque mouvement et celui qui avance d’un pas résolu vers un dénouement que lui semble connaître clairement. Et c’est cela qui continue à me frapper : ce Jésus qui connaît l’avenir, qui sait quel est son destin, et qui met tout en place, comme dans un scénario bien huilé… quelqu’un qui est tout sauf une victime atermoyé et pourtant… il ne veut pas être seul…

Jésus réclame ses disciples

Ils parviennent à un domaine appelé Gethsémane. Jésus dit à ses disciples : « Asseyez-vous ici, pendant que je vais prier. »

Puis il emmène avec lui Pierre, Jacques et Jean, et commence à ressentir frayeur et angoisse.

Il leur dit : « Mon âme est triste à mourir. Restez ici et veillez. »

La scène est poignante : il a besoin du réconfort de ses disciples car tout à coup, «il  commence à ressentir frayeur et angoisse » mots qui sont à la fois sobres et forts … Jésus n’a pas encore été arrêté, ni frappé, personne ne l’a agressé mais c’est l’anticipation de la douleur qui l’étreint, ce mal terrible que l’on appelle l’angoisse. On parle aujourd’hui des crises de panique dont certaines personnes sont victimes, on ne sait jamais quels mots mettre sur cette souffrance aiguë et transperçante où la douleur n’est pas dans notre corps mais dans notre tête et pourtant finit par envahir le corps tout entieret de voir Jésus dans cet état là, lui que l’on a vu toujours si solide, si bien calé est certainement troublant : on se sent désemparé, surtout quand on ne comprend pas la raison de son angoisse. Comment nous si faibles, qui nous sommes toujours appuyés sur lui, nous qui l’avons vu chasser les démons et guérir les malades pourrions nous l’aider , nous hommes (et femmes) de peu de foi ? Aucune réaction des disciples nous est donnée : ils sont silencieux. Comment pourrait-il en être autrement…

Il est certainement intéressant de noter que Jésus ne veut pas mettre sa douleur en spectacle et sa pudeur est évidente mais il veut autour de lui ceux dont il se sent le plus proche et l’on voit les mêmes noms Jacques, Pierre et Jean, les intimes qui ont été témoins de son heure glorieuse, au moment de sa transfiguration.

Rien de plus normal humainement parlant de ce désir de Jésus d’avoir des proches près de lui dans ces moments difficiles mais quand même…. surprenant de voir que cette connaissance surnaturelle des événements qui vont se passer ne l’empêche pas pour autant d’en ressentir une angoisse profonde.

La prière de Jésus

(Avant même d’aborder ce passage , je me suis demandé comment a-t-on pu rapporter ses paroles alors que l’on sait que Jésus était seul et qu’il n’y avait pas de témoins à cette prière. Je me suis donc mise à lire un certains nombres d’études sur cet épisode et me suis rendue compte que je n’étais pas la seule à me poser la question …. et comme d’habitude j’ai découvert des hypothèses compliquées, certaines affirmant, que cette prière avait été élaborée par les premiers chrétiens à partir de psaumes mais n’avait pas été dite par Jésus et d’autres qui affirmaient le contraire… Bref je me suis sentie un peu déroutée…jusqu’à ce que je relise le texte…. Je me suis rendue compte alors que l’image d’un Jésus seul en agonie sans témoins, éloigné de tous, venait de représentations de cette scène et pas du texte biblique)

Allant un peu plus loin, il tombait à terre et priait pour que, s’il était possible, cette heure s’éloigne de lui.

Il disait : « Abba… Père, tout est possible pour toi. Éloigne de moi cette coupe. Cependant, non pas ce que moi, je veux, mais ce que toi, tu veux ! »

Cet « allant un peu plus loin » indique bien que Jésus ne s’est pas beaucoup éloigné des 3 disciples… il veut leur présence mais Il a besoin de garder ses distances… pour prier à son père en privé… on peut cependant très bien supposer qu’il a fait cette prière à haute voix et qu’elle ait été entendue par les disciples… . témoins impuissants mais aussi interloqués devant cette souffrance inattendue dont ils n’ont retenu que cette phrase si singulière  qui commence par le mot Abba gardé dans la langue originelle et qui montre cette relation intime de Jésus avec Dieu., une relation singulière, incompréhensible pour celui qui l’observe… surtout quand il demande que si possible la souffrance qui l’attend lui soit évitée!

Qu’est-ce que ça voulait bien dire ? Question que les disciples ont dû se poser et que l’on continue à se poser aujourd’hui …. (et sur laquelle théologiens et exégètes s’interrogent sans fin)

En tout cas pas étonnant non plus que les disciples se soient endormis après un certain temps…

Puis il revient et trouve les disciples endormis. Il dit à Pierre : « Simon, tu dors ! Tu n’as pas eu la force de veiller seulement une heure ?

Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation ; l’esprit est ardent, mais la chair est faible. »

La déception de Jésus est palpable dans les paroles qu’il adresse à Pierre qu’il appelle Simon (et non Pierre ) … de nouveau, on se retrouve devant ce va et vient entre un Jésus qui sait ce qui va se passer et semble prêt à affronter son destin , et cet autre Jésus, angoissé, nécessiteux, déçu par ses disciples et qui ne s’attend pas à ce que Simon soit incapable de veiller, alors qu’un peu plus tôt il avait prédit sans sourciller sa trahison. Plutôt qu’un ordre, c’est une supplication que Jésus prononce envers ses disciples…. Mais qui risque de tomber en tentation, les disciples ou lui ?

La même scène est répétée une fois de plus, mais donne une impression de lassitude de la part des disciples et montre bien leur désarroi : car leurs yeux étaient alourdis de sommeil. Et eux ne savaient que lui répondre.

Finalement, après ce moment de ténèbres où règnent l’angoisse et l’incompréhension autour de la personne de Jésus , on le retrouve rassurant, debout , reprenant la situation en main, redevenant l’auteur de son destin.

Une troisième fois, il revient et leur dit : « Désormais, vous pouvez dormir et vous reposer. C’est fait ; l’heure est venue : voici que le Fils de l’homme est livré aux mains des pécheurs.

* * *

Cette scène me touche énormément

On découvre ébahis (comme les disciples) la fragilité de Jésus. Rien ne présageait de l’existence de cette fragilité intérieure. Dans tout ce récit de l’évangile de Marc, on n’aurait pu imaginer Jésus dans l’état dans lequel il se trouve à Gethsemane. Il n’a à aucun moment fait preuve de faiblesse ni d’hésitation face à ces adversaires. Rien ne nous a préparé pour le voir ainsi.

Évidemment cette fragilité de Jésus qui a besoin de ses disciples alors qu’il en connaît les limites nous le rend très proche car des crises d’angoisse beaucoup d’entre nous en ont connu… même si les motifs en peuvent être différents, cette peur d’une souffrance à venir qu’elle se réalise ou pas, n’a pas d’égal dans l’expérience humaine…C’est un abîme de souffrance indescriptible…

D’un autre côté on ne peut-être qu’ému par cette supplication qu’il fait à ce Père qu’il appelle Abba, ému mais aussi conscient qu’on se tient au seuil d’un territoire sacré, celui de cette relation Père -Fils, que l’on entrevoit mais qui nous reste inaccessible…. Il nous est impossible de la cerner encore moins de l’analyser et d’essayer de l’enfermer dans nos catégories…

On ne peut que la contempler …. de loin …. en silence

Halloween (re)traverse l Atlantique

1er novembre 2021, Auvergne

Halloween a traversé l’Atlantique… sur le tableau d’annonces de la mairie du village, une note faisait savoir que les enfants viendraient pour s’y réunir à 18 heures pour aller ensuite frapper aux portes de ceux qui voudraient bien leur ouvrir…

Et effectivement…ils sont bien venus, déguisés avec leurs masques et leurs petits sacs, suivis de près de papas et de mamans mi-amusés, mi-exaspérés poussant des plus petits dans leurs poussettes dont les pleurs de certains indiquaient qu’ils auraient préféré être autre part … Quand j’ai proposé aussi aux adultes des sucreries ( en réalité des biscuits), un des papas m’a répondu qu’il préférerait un apéro… ça m’a rassuré ! (Restons français ?)

Je m’étonne quand même de la rapidité avec laquelle cette fête de déguisements et de quémande de bonbons, a pris ici et je ne m’attendais pas à ce qu’en l’espace d’à peine quelques années, on voit apparaître dans tous les magasins, un nombre incalculable de gadget avec des images de citrouille ( jack’o lantern), de sorcières, de squelettes, ainsi que des promos pour les bonbons et les costumes de personnages pas toujours très recommandables…

Alors que les grandes enseignes fassent la promotion de tout ce qui peut leur rapporter de l’argent et incite les gens à acheter ce dont ils n’ont pas besoin, en ciblant les enfants qui sont devenus des éternels quémandeurs…. ça ne m’étonne pas, mais que le public français le plébiscite aussi facilement, ça m’a vraiment surpris!

( ça ne doit pas être tous des intellectuels de gauche, ni des célibataires ou des couples mais des familles qui ont à gérer des enfants turbulents 24 heures sur 24 heures pendant les vacances et sont prêts à accueillir tout ce qui peut les distraire…ce qui finalement n’est pas si mal ! )

Pourtant d’une certaine manière ça ne devrait pas m’étonner, d’ailleurs, tout le monde y va de son analyse et je me rends compte que j’avais aussi analysé le phénomène mais c’était à peine il y a trois ans étant aux États Unis, et à ce moment -là je ne pouvais imaginer qu’il ferait une entrée triomphale en France…

https://simone-blog.org/2017/10/la-toussaint-halloween-el-dia-de-los-muertos-obon-la-mort-et-la-vie.html

J’en recopie cet extrait :

Si la fête en question est exploitée à fond par les commerçants et s’est mondialisée […] la fascination pour les morts est universelle. La version mexicaine de la Toussaint  « el día de los muertos » en est  l’illustration : c’est une fête où l’on consomme allègrement crânes et squelettes en sucre mais aussi où l’on offre des offrandes aux âmes des morts dans un syncrétisme religieux, chrétien et indien étonnant qui a donné naissance à une fête populaire et joyeuse où l’on prie, l’on boit et l’on mange beaucoup! Mais même au lointain Japon on fait aussi la fête pour les morts aux environs du 15 août quand on invite les ancêtres à revenir chez soi (le festival Obon) et on les fait repartir après quelques jours, dans des lampions que l’on met sur les rivières et qui symbolisent leur retour au monde des morts ( et qu’est-ce qui se passe s’ils ne veulent pas retourner ai-je demandé une fois?) .

La fascination pour les morts n’est donc pas l’apanage d’une seule culture, ( la mode des zombie en est une autre indication) elle est une des marques de l’humanité, el homo religio  et c’est une fois de plus  ce qui nous distingue des animaux : quelque soit le nom qu’on lui donne, l’âme ou l’esprit, ce plus qui nous fait croire en notre immortalité quand la nature tout autour de nous, proclame le contraire…comment l’expliquer autrement.

*   *   *

Avoir peur et se faire peur, se déguiser et porter des masques, vouloir conjurer la mort et tout son cortège d’esprits plus ou moins maléfiques, en dehors de toute promotion commerciale touche en nous quelque chose d’inavoué qui nous échappe : cette fête permet une espèce de catharsis communautaire de ce qu’il y a d’inquiétant dans la condition humaine et qu’on préfère aborder en se moquant, et en aidant les enfants, le meilleur gage de notre immortalité à se déguiser en monstres et à en rire tout en se gavant de sucreries. Quand Dieu est mort, il faut bien faire face le mieux possible à notre mortalité et à ces démons qui hantent nos nuits.

Il y avait ce week-end quand même, en dehors du Halloween qui vient d’Outre Atlantique, la fête des morts, veille de la Toussaint, traditionnelle à la française… le lundi sur la place du marché, plantes et fleurs étaient vendues en grand nombre et le cimetière du village doit être bien fleuri (même si je n’ai pas eu le temps d’y aller.)

* * *

Les enfants entament maintenant leur deuxième semaine de vacances ici en France, mais pour moi après une semaine bien remplie où j’en ai accueilli des bien vivants, la maison est redevenue calme… Joie de les avoir, joie aussi de pouvoir retrouver la tranquillité !

Il y a un temps pour tout…

N.B. Il paraît qu’en fait l’origine d’Halloween viendrait d’une fête celte du côté de l’Irlande Samhain mais l’origine du mot est bien chrétien “All Hallows’ Eve” veille de la Toussaint, fête christianisée depuis le 12ème siècle…

P.S. Avec mes étudiants dans mon cours en ligne ( aux États Unis) on a parlé de cette fête Halloween et de ce qu’elle pouvait représenter. Comment expliquer le mot sorcière, fantôme ( ça c’était pas très difficile) etc…à des Afghans, yéménites et irakiens….bref, l’une d’entre eux m’a dit qu’elle comprenait ce dont on parlait car elle avait lu ….Harry Potter qui a été traduit en de nombreuses langues…. ce qui fait que finalement… !

Beauté automnale

le 19 octobre, 2021, Auvergne

Journée d’automne magnifique,

On ne l’attendait pas cette journée après les gelées qui avaient fait tomber la température au-dessous de 0 pendant la nuit et osciller autour des 10 pendant la journée. Un soleil radieux, un ciel bleu azur, une douce chaleur…

Au milieu des informations inquiétantes sur le réchauffement climatique, les abus sexuels dans les églises, les discours mensongers de campagne présidentielle, les tirs de missile de la Corée de nord, et je ne sais plus quoi d’autre encore… l’automne s’entête à revenir, peut-être un peu plus tôt, ou un plus tard qu’on s’y attendrait mais il continue, malgré tout à nous offrir ces journées d’une beauté exceptionnelle,

En tout cas ici, où les moutons paissent tranquillement dans les prés,

où il existe encore des chemins pierreux entourés de haies,

où l’on n’entend pas les voitures klaxonner,

ni non plus le hurlement des sirènes qui parcourent les villes

l’automne on n’a pas encore pu l’empêcher d’arriver

il est là sans qu’on l’appelle,

il arrive tout seul

quand il en a envie

indépendamment  de nos désirs,

et nous surprend !

Heureusement !

* * *

« A toi est le jour, à toi est la nuit; Tu as créé la lumière et le soleil.

Tu as fixé toutes les limites de la terre, Tu as établi l’été et l’hiver »

(Pas l’automne ? Pas du côté de chez le psalmiste en tout cas…)

Rapport Chauvé, prophéties et repentance

Illustration de la repentance de Pierre, sanctuaire du Valcluse

Le 7 octobre 2021, encore en Auvergne … pour l’instant !

Actualités

Pour garder une certaine sérénité, j’évite de lire les sites d’informations…mais malgré tout, je ne peux pas ignorer des événements qui se passent dans le monde, en tout cas dans les pays dans lesquels j’habite…alors évidemment, les résultats de la commission Chauvé qui a montré l’ampleur des crimes de pédophilies et d’abus sexuels dans l’église catholique… Ce n’est réjouissant pour personne, quelle que soit la communauté chrétienne à laquelle on appartient (catholique ou pas) elles sont toutes éclaboussées par le scandale et en plus un jour ou l’autre, c’est une d’entre elles qui peut se retrouver sur le banc des accusés.

( je me souviens du commentaire d’un bon catholique français quand les scandales avaient commencé à éclater outre atlantique qui disait qu’il était sûr qu’en France ça n’arriverait pas ! On croit toujours que son groupe à soi, national, ethnique, ou confessionnel est mieux que les autres. Alors on tombe de haut, quand ça devient tout proche de soi  ! La condition universelle de ce qu’on appelle, faute d’un terme plus approprié l« le péché » est malheureusement bien universelle, aucune communauté n’y échappe! Faut pas rêver!)

Le temps maintenant est à la repentance…

Je ne peux m’empêcher de penser aux prophètes de l’ancien testament et de leur langage outrancier quand ils dénonçaient les fautes du peuple d’Israël et leur annonçaient la venue du châtiment tout aussi horrifique que leurs fautes, avec des descriptions qui vous donnent la chair de poule ! Ces gens là ( inspirés nous dit-on) ne mâchaient pas leurs mots. Peut-être un des passages les plus connus est celui qui ouvre le livre du prophète Isaïe qui a trait spécialement à l’hypocrisie religieuse…

Malheur à vous, nation pécheresse, peuple chargé de fautes, engeance de malfaiteurs, fils pervertis ! Ils abandonnent le Seigneur, ils méprisent le Saint d’Israël, ils lui tournent le dos.

Où donc faut-il vous frapper encore, vous qui multipliez les reniements ? Toute la tête est malade, tout le cœur est atteint ;

de la plante des pieds à la tête, plus rien n’est intact : partout blessures, contusions, plaies ouvertes, qui ne sont ni pansées, ni bandées, ni soignées avec de l’huile. [ . . .]

Écoutez la parole du Seigneur, vous qui êtes pareils aux chefs de Sodome ! Prêtez l’oreille à l’enseignement de notre Dieu, vous, peuple de Gomorrhe !

(huuum…Sodome…pédophilie)

Que m’importe le nombre de vos sacrifices ? – dit le Seigneur. Les holocaustes de béliers, la graisse des veaux, j’en suis rassasié. Le sang des taureaux, des agneaux et des boucs, je n’y prends pas plaisir..[ . . .]

Quand vous venez vous présenter devant ma face, qui vous demande de fouler mes parvis ?

Cessez d’apporter de vaines offrandes ; j’ai horreur de votre encens. Les nouvelles lunes, les sabbats, les assemblées, je n’en peux plus de ces crimes et de ces fêtes. [ . . . ]

Quand vous étendez les mains, je détourne les yeux. Vous avez beau multiplier les prières, je n’écoute pas : vos mains sont pleines de sang.

Lavez-vous, purifiez-vous, ôtez de ma vue vos actions mauvaises, cessez de faire le mal.

Mais tout aussi impressionnant était la réaction des peuples ou des individus quand ils décidaient de se repentir, ils n’y allaient pas non plus mollo…C’était les grands moyens… On connaît l’histoire de Jonas, qui lui ne voulait pas annoncer le châtiment de Dieu aux habitants de Ninive, ennemis de son peuple car il avait peur qu’ils ne se repentent vraiment et donc que Dieu, miséricordieux comme il l’était, ne leur pardonne. ’Il pensait ( comme nous bien souvent) qu’ils méritaient d’être punis ! Et comme Jonas le craignait, comme ils se sont repentis, ils ont été graciés !

Jonas la parcourut une journée à peine en proclamant : « Encore quarante jours, et Ninive sera détruite ! »

Aussitôt, les gens de Ninive crurent en Dieu. Ils annoncèrent un jeûne, et tous, du plus grand au plus petit, se vêtirent de toile à sac.

La chose arriva jusqu’au roi de Ninive. Il se leva de son trône, quitta son manteau, se couvrit d’une toile à sac, et s’assit sur la cendre.

Puis il fit crier dans Ninive ce décret du roi et de ses grands : « Hommes et bêtes, gros et petit bétail, ne goûteront à rien, ne mangeront pas et ne boiront pas.

Hommes et bêtes, on se couvrira de toile à sac, on criera vers Dieu de toute sa force, chacun se détournera de sa conduite mauvaise et de ses actes de violence.

Qui sait si Dieu ne se ravisera pas et ne se repentira pas, s’il ne reviendra pas de l’ardeur de sa colère ? Et alors nous ne périrons pas ! »

En voyant leur réaction, et comment ils se détournaient de leur conduite mauvaise, Dieu renonça au châtiment dont il les avait menacés.

Le texte est vraiment étonnant quand on le lit… car le jeûne commence d’abord par le peuple ( les petites gens, comme on dit d’une manière un peu méprisante) et ensuite termine par le roi qui décrète un jeûne même des animaux ! Mais aussi qui ne supplie pas Dieu comme le ferait un Abraham pour qu’il épargne la ville, (en tant que roi d’un peuple païen, il n’a pas de relation privilégiée avec Dieu) mais espère seulement que Dieu « se repentira »utilisant un langage qui lui était familier.

* * *

Il me semble que si l’église catholique française ne demande pardon qu’ aux victimes, elle rate quelque chose de fondamental  car l’église n’est pas une institution humaine comme les autres: c’est à Dieu qu’elle doit aussi et surtout demander pardon, c’est contre lui qu’elle a pêché, Dieu est le premier concerné non seulement parce-que Son nom a été sali mais parce-qu’en abusant des plus petits qu’Il leur avait confié, ils ont pêché directement contre Lui . Ils pourront peut-être apaiser la colère des victimes en faisant des réparations financières mais comment vont-ils pouvoir apaiser la colère de Dieu, Dieu ne s’achète-t-il pas ?

C’est à ça qu’ils devraient penser.

Comme le roi de Ninive, le pape, chef de l’église ne devrait-il pas décréter une année de repentance, en utilisant tous les symboles rituels qui sont entre ses mains et dont l’église catholique est si riche pour que ce ne soit pas qu’un exercice de piété de plus ?

Mais bon je ne suis pas le pape…

En tout cas, il y a de quoi prier….

Que ta volonté soit faite sur la terre comme aux cieux…

Que ta volonté soit faite sur la terre, particulièrement dans tes églises,

(car il y en a bien plusieurs, ce qui est une chance pour que la proclamation de l’évangile puisse être entendue encore dans le monde d’aujourd’hui en France et ailleurs !)