Ignominie

Le dessin est du peintre français d’origine juive polonaise David Olère qui était à Auschwitz

4-8 février, 2022

Les procès : quel rôle jouent-ils ?

(Parenthèse sur l’actualité)

Je m’étonne de voir aux actualités l’importance donnée à ces compte-rendus de procès de meurtres et d’assassinats ( celui du meurtrier Lelandais et les attentats au Bataclan entre autres mais maintenant celui du prêtre assassiné dans son église) et je me demande ce que ça signifie : qu’est ce-que les gens cherchent vraiment dans ces procès ? Que justice soit faite ? Mais qu’est-ce que ça peut signifier surtout quand les coupables sont morts ? Comprendre pourquoi les auteurs ont appuyé sur la gâchette ? Qu’est-ce qu’on essaie de comprendre ? N’étant pas une proche de victimes. Il est possible que je ne comprenne pas pourquoi…

Mais je m’interroge aussi en pensant au procès de Jésus et à l’intérêt qu’il continue à susciter après tant d’années. L’intérêt est-il simplement historique pour essayer de savoir ce qui s’est passé et comment un innocent a pu être condamné ? Qu’est-ce qu’il y a derrière ? Ce désir de punir les coupables, et de pouvoir ainsi clore le dossier une bonne fois pour toute ? Ou que les coupables ( ou leurs descendants… tout est là peut-être ) reconnaissent la responsabilité de leurs ancêtres …. comme pour l’esclavage ?

(En fait mon incompréhension c’est peut-être, parce que ayant vécu dans des pays où la justice était bafouée, je n’attends rien des tribunaux… pas de vraie justice et encore moins de vérité : la justice elle sert surtout la cause des grands ou/et des riches qui eux grâce à leurs avocats payés à coup d’or peuvent être innocentés ou tout au moins éviter la condamnation. Et si l’argent n’est pas nécessairement l’entrave, c’est la raison d’État qui permet de protéger un tas de personnes et de ne pas révéler les dessous d’une affaire…)

Marc 15 : 21-32

Une fois l’arrestation terminée, l’attention de l’évangéliste se tourne vers la mise en œuvre de sa sentence et rapporte alors tous les détails connus sur la crucifixion de Jésus. Contrairement aux délibérations des tribunaux, juifs ou romains ou seul un cercle restreint de personne assistait ….( pas de caméras dans le tribunal ou très peu de témoins) , on est dehors, au vu et au su de tous …

Et ils réquisitionnent, pour porter sa croix, un passant, Simon de Cyrène, le père d’Alexandre et de Rufus, qui revenait des champs.

ils amènent Jésus au lieu dit Golgotha, ce qui se traduit : Lieu-du-Crâne (ou Calvaire).

Ils lui donnaient du vin aromatisé de myrrhe ; mais il n’en prit pas.

Alors ils le crucifient, puis se partagent ses vêtements, en tirant au sort pour savoir la part de chacun.

C’était la troisième heure (c’est-à-dire : neuf heures du matin) lorsqu’on le crucifia.

L’inscription indiquant le motif de sa condamnation portait ces mots : « Le roi des Juifs ».

Avec lui ils crucifient deux bandits, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche.

Les passants l’injuriaient en hochant la tête : ils disaient : « Hé ! toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours,

sauve-toi toi-même, descends de la croix ! »

De même, les grands prêtres se moquaient de lui avec les scribes, en disant entre eux : « Il en a sauvé d’autres, et il ne peut pas se sauver lui-même !

Qu’il descende maintenant de la croix, le Christ, le roi d’Israël ; alors nous verrons et nous croirons. » Même ceux qui étaient crucifiés avec lui l’insultaient.

Simon de Cyrène…le héros ?

et ils réquisitionnent, pour porter sa croix, un passant, Simon de Cyrène, le père d’Alexandre et de Rufus, qui revenait des champs.

Apparaît tout à coup, pour la première fois, dans ce récit un total inconnu…inconnu pour nous mais qui devait être connu de ceux à qui on rapporte les événements, car il est nommé, mais plus que nommé, puisque pour que l’on sache bien de qui on parle, on donne le nom de ses enfants, ce qui est un peu inattendu. On pourrait penser que les auditeurs connaissaient, leurs fils pour faire partie peut-être d’une assemblée à Rome ce qui expliquerait la mention de leur nom. D’ailleurs pour ajouter à l’incongruité de la situation, ses noms ne sont pas des noms juifs, l’un est grec et l’autre romain…

( un article intéressant sur la question, car bien entendu, ce Simon de Cyrène a été l’objet de recherche surtout qu’il ne semble réapparaitre nulle part dans les écrits canoniques.Westall, R. (2010). SIMON OF CYRENE, A ROMAN CITIZEN? Historia: Zeitschrift Für Alte Geschichte, 59(4), 489–500. http://www.jstor.org/stable/25758325)

Pour moi ( et peut-être pour d’autres aussi) qui ont vu dans Simon de Cyrène un héros que l’on devrait imiter en aidant Jésus à porter symboliquement sa croix, il est remarquable que son intervention soit mentionnée sans commentaire ( mais après tout c’est le style de Marc)…En fait contrairement à la manière dont on le dépeint, il ne s’est pas porté volontaire : Il a été obligé de porter la croix de Jésus et on ne sait s’il l’a fait de bon ou de mauvais gré.

Cette obligation de porter ou transporter des équipements sur l’ordre de l’armée romaine était effectivement de rigueur : il ne pouvait donc pas refuser. Cette rencontre d’ailleurs semble tout à fait fortuite, car il revenait des champs précise le texte, ce qui donne l’impression qu’il a été choisi au hasard, parce-qu’il passait par là et qu’il a rencontré en chemin cette file de prisonniers condamnés à mort qui portaient leur croix .Le texte ne lui attribue pas un mérite particulier : il nous donne seulement une identification précise et une explication des circonstances.

Ce qui devrait donc plus nous étonner et nous intriguer est de penser qu’un soldat romain ait demandé que l’on aide Jésus… Est-ce qu’il aurait suscité la compassion d’un centurion romain, qui aurait dit plus tard que c’était le fils de Dieu ? Il semble que là vraiment l’auteur nous rapporte l’information pour être fidèle à ce que l’on raconte mais pas pour aucune autre raison théologique ou pédagogique…

Surenchère autour d’un verre de vin

Et ils amènent Jésus au lieu dit Golgotha, ce qui se traduit : Lieu-du-Crâne (ou Calvaire). ls lui donnaient du vin aromatisé de myrrhe ; mais il n’en prit pas.

Le récit continue, sans aucun commentaire, sans aucune analyse, sans aucune référence à des citations bibliques, seule l’explication du nom du lieu où Jésus est crucifié. On a un certain nombre d’informations les unes après les autres, sans que l’auteur s’y arrête… En réalité on voit Jésus de loin… ni soupirs, ni plaintes ni expressions de douleurs ne sont notés pas de description de son visage souffrant non plus… le texte est d’une très grande sobriété…( contrairement à ce film de Gibson…mais aussi bien d’autres images et peintures du Christ de la Passion…)

Marc n’essaie pas de nous attendrir sur le sort de Jésus…. ce texte n’était pas utilisé pour conduire l’auditoire à la culpabilité ou à la prise de conscience de leur nature pécheresse … Ses auditeurs n’avaient pas besoin de détails et savaient très bien de ce qu’il en retournait : des exécutions publiques ils en avaient certainement vus et en connaissaient l’horreur. Un Jésus humilié et souffrant n’était pas une image particulièrement plaisante à contempler.

Cependant, le détail sur le refus de Jésus de boire le breuvage qu’on lui offre avant de le crucifier a été l’occasion pour beaucoup de suppléer au manque du texte…En effet ce mélange de vin et de myrrhe avait un effet analgésique et était donné aux suppliciés dans le souci de diminuer leur douleur avant de les crucifier. À ma grande surprise, certains disent que Jésus a refusé cette boisson parce qu’il ne voulait pas être soulagé de ses douleurs mais qu’il voulait souffrir, et qu’il devait vivre pleinement et en toute conscience sa crucifixion… pour que nous, nous puissions être absous de nos péchés ! ( certains aussi disent qu’étant Nazaréen, il refusait de boire du vin)

Je dois avouer que je ne m’attendais pas à ce genre de raisonnement ! Comme éloge malsain de la souffrance, on ne fait pas mieux ! Mais je ne devrais pas m’étonner car si d’un côté on a un évangile de la prospérité qui nous promet une vie facile et agréable, il y a d’un autre côté un évangile du sacrifice qui lui fait de la surenchère autour de la souffrance particulièrement celle de Jésus…

L’ignominie est totale

Alors ils le crucifient, puis se partagent ses vêtements, en tirant au sort pour savoir la part de chacun.

Un autre geste de plus, qui montre bien tout ce qui entoure la réalité des exécutions ….et particulièrement l’impuissance de Jésus faisant ressortir le statut social auquel il appartenait : il est dépouillé de tout et le peu de valeur que peuvent sortir les gardes de ses possessions, un vêtement, est tiré au sort….

( évidemment me reviennent à l’esprit toutes images de la Shoah et ces vêtements jonchés au sol et les gardes qui ramassaient avant et après tout ce qu’ils pouvaient trouver de valeur …mais même sans aller jusque là, récupérer une bague ou un anneau sur un mort…. n’est pas si surprenant)

Avec lui ils crucifient deux bandits, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche.

L’ignominie de cette mort de Jésus est mise en valeur à chaque phrase, sans qu’on ait besoin d’en rajouter.Tous les détails s’accumulent : le récit continue et note un autre détail : le fait qu’il soit entouré de deux criminels, ce qui n’est pas étonnant car finalement on était condamné à mort si on avait commis des crimes… mais cette précision renforce en quelque sorte la descente aux enfers de Jésus, ou comme on dit aujourd’hui dans le langage familier « c’est la totale »

C’était la troisième heure (c’est-à-dire : neuf heures du matin) lorsqu’on le crucifia.

Autre connotation qui a intrigué, car si on essaie d’établir un horaire précis de ce qui s’est passé depuis l’arrestation de Jésus avec sa parution devant les deux tribunaux, ça paraît impossible… tout est dans cette recherche d’établir un horaire précis comme on essaie de le faire quand on veut reconstituer un crime pour en découvrir l’auteur…après 2000 ans c’est une recherche vaine…ou qui ne pourra jamais donner de certitudes. Ma seule remarque c’est que les disciples de Jésus se seraient souvenus bien précisément de l’heure de la crucifixion, ça il n’aurait pas oublié contrairement à d’autres informations … alors est-ce que le passage de Jésus devant les tribunaux se serait tenu plutôt la veille que le jour de sa crucifixion, pourquoi pas …

Les passants l’injuriaient en hochant la tête : ils disaient : « Hé ! toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours,

sauve-toi toi-même, descends de la croix ! »

De même, les grands prêtres se moquaient de lui avec les scribes, en disant entre eux : « Il en a sauvé d’autres, et il ne peut pas se sauver lui-même !

Qu’il descende maintenant de la croix, le Christ, le roi d’Israël ; alors nous verrons et nous croirons. » Même ceux qui étaient crucifiés avec lui l’insultaient.


Après cette description un peu atone, finalement pour couronner le tout, on retrouve les moqueries déjà mentionnées pendant la séance des coups, non seulement des passants mais aussi des « méchants » , les grands prêtres et les scribes, qui réapparaissent pour venir contempler leur victime et se réjouir … Pas de pitié pour le perdant… il leur a tenu la dragée haute pendant tellement longtemps, c’est le moment de leur revanche … Peut-être avaient-ils craint jusqu’au dernier moment qu’il y ait un soulèvement populaire dirigé par ses disciples pour venir le sauver ? Mais cette fois-ci , ils ont vraiment gagné…

* * *

Je continue à avoir du mal à lire ce récit et à l’analyser et n’ai vraiment pas envie de m’y attarder tellement il est réel pour moi , ce Jésus de Marc au cours de ma lecture est devenu un être en chair et en os…  et il me rappelle trop ce que je préférerai oublier :la capacité de cruauté monstrueuse de l’être humain et les souffrances atroces qu’elle cause à ceux qui en sont victimes. C’est pour cela que les polémiques que cette histoire suscite au niveau de la rédaction du texte ou de l’historicité de tel ou tel détail ne m’intéressent pas vraiment…Pour une fois les mots sont bien en deçà de la réalité décrite. Peu importe les détails, Jésus a souffert une ignominie innommable et ça devrait nous suffire !

On lui doit le respect… en ne le contemplant que de loin !

Supplique!

Mercredi 2 février, Bridgewater,

Hier soir, le ciel était ensanglanté …

Pour pleurer le décès de ces deux hommes abattus sur le campus de l’Université d’à côté par un tireur solitaire qui après les avoir blessés s’est enfui à toutes jambes ?

On a reçu l’alerte dans l’après-midi qu’un homme armé avait pris la fuite et qu’on devait rester chez nous…

Que se passe-t-il dans la tête d’une personne qui prend une arme et part à l’assaut de on ne sait quel ennemi qui n’existe peut-être que dans son imaginaire ?

(On connaît son nom maintenant, son âge, ancien élève marathonien de l’université…. mais aucune idée du motif,)

Que se passe-t-il ?

* * *

Il est inutile, ici, dans ce pays, de dire et répéter que la facilité avec laquelle on peut se procurer une arme est la cause de tant de meurtres et de suicides…

car tout est là…

Une balle ça ne pardonne pas: une fois qu’on a appuyé sur la gâchette, on ne peut pas se rétracter, on ne peut revenir sur ses pas, on ne peut se reprendre et faire mieux la prochaine fois, on a beau s’excuser, avoir des remords, demander pardon même, on ne peut redonner la vie à celui qu’on a tué,

la mort, c’est définitif,

pour lui, c’est fini

(et pour les siens aussi)

Pas d’espoir de lendemain …

* * *

Toute la petite ville est en émoi,

les familles seront bien entourées

les hommes tués étaient des agents de sécurité,

appréciés de tous, nous dit-on

qui travaillaient en tandem,

l’un blanc, l’autre noir…

pendant ce temps là

Le même jour au soir

Une voisine vole au secours d’un ami qui veut se suicider… Celui-là en réchappera…

mais il y en a tant d’autres à sauver!

Seigneur, viens à notre secours !

Jésus, victime impuissante

vendredi 28 janvier- 1er février, 2022, en Virginie

( on a de nouveau de la neige… je ne m’en plains pas)

Je continue à lire en marge de cette réflexion des articles sur l’arrestation et le procès de Jésus et les différentes théories sur ce qui a pu se passer (ou pas), où et quand, en étudiant les lois juives et les relations entre les autorités religieuses et le pouvoir romain à cet époque,… ce que j’en retiens et auquel je n’avais pas pensé, c’est qu’il était important aux yeux du peuple, pour discréditer Jésus qu’il soit condamné par le Sanhédrin….la condamnation du gouvernement romain seule en aurait fait un martyr mais la double condamnation des autorités religieuses et politiques auraient dû pouvoir mettre fin à son influence sur le peuple et empêcher que ses disciples puissent continuer à propager ses idées. Beaucoup de discussions portent sur le fait qu’il ne semblait pas possible que Jésus puisse comparaître le même jour devant le Sanhédrin et ensuite soit crucifié : ça semble trop rapide, mais on sent très bien qu il y a toujours en toile de fond l’enjeu de qui est responsable de sa condamnation à mort : ses compatriotes et coreligionnaires ou les romains…

Marc 15 : 16-20

Les soldats l’emmenèrent à l’intérieur du palais, c’est-à-dire dans le Prétoire. Alors ils rassemblent toute la garde,

ils le revêtent de pourpre, et lui posent sur la tête une couronne d’épines qu’ils ont tressée.

Puis ils se mirent à lui faire des salutations, en disant : « Salut, roi des Juifs ! »

Ils lui frappaient la tête avec un roseau, crachaient sur lui, et s’agenouillaient pour lui rendre hommage.

Quand ils se furent bien moqués de lui, ils lui enlevèrent le manteau de pourpre, et lui remirent ses vêtements. Puis, de là, ils l’emmènent pour le crucifier

J’ai entendu parler du film sur la passion de Jésus de Mel Gibson, porté aux nues par les uns critiqués par les autres… moi je n’irai jamais le voir, à cause de ce que j’ai entendu dire sur le réalisme des scènes de la passion… Les scènes de violence, de tortures sur autrui, particulièrement celles qui mettent en évidence la souffrance des victimes, me sont insupportables surtout quand elles représentent des faits qui se sont passés et que la victime par sa nationalité ou son appartenance me rappellent des personnes que j’ai connues de près ou de loin…

Il y a , nous disent certains, un phénomène de catharsis salutaire pour les scènes de violence àl’écran car elles nous aideraient à évacuer nos désirs de vengeance ou nos pulsions meurtrières … mais ce n’est vrai que quand le spectateur, malgré tout le réalisme de la séquence, sait que ce qui est sur l’écran est finalement une illusion. Quand le film est terminé, il sait qu’il retrouvera le monde concret et réel de sa vie où les personnages du film perdront de leur consistance et retourneront dans l’univers fictif et inoffensif de l’imaginaire.

Mais si l’histoire racontée est basée sur des faits réels et que les victimes ressemblent trop à celles-là que l’on a connues, il n’y a plus de distance entre les deux mondes : un ancien combattant de la guerre au Vietnam me disait qu’il ne voyait aucun des films sur ce sujet et les survivants de la Shoah ont souvent critiqué les films qui mettent en scène cette tragédie… y voyant une instrumentalisation de leur souffrance ( pas que pour le films d’ailleurs, il y a eu toute une polémique sur l’écriture de romans )

En tout cas, cette scène qui nous est décrite de Jésus qui est moqué et frappé dans le prétoire… est une scène tellement vraie…. dans le sens que des gardes qui s’acharnent sur un prisonnier et se moquent de lui est tellement monnaie courante …. qu’elle m’est personnellement insoutenable…

*   *   *

il y a très longtemps…

« Madame, ( en réalité, c’était en espagnol) pourquoi rigolaient-ils quand ils nous frappaient alors qu’on était suspendu par les poignets et qu’on avait tellement mal !?»

C’est la question que m’avait posé un jeune homme dans la prison qui m’avait fait jurer que je ne le raconterai à personne…

Infliger une telle douleur à quelqu’un et rigoler en entendant ses plaintes et ses cris de douleur, ça pour lui c’était totalement incompréhensible…

( Je ne me souviens plus de ce que j’ai pu lui dire, je ne me souviens plus de son nom non plus, je me souviens uniquement de sa détresse profonde et de son regard tourmenté…)

* * *

Ce qu’il m’a enseigné en tout cas c’est que ce n’est pas la douleur physique qui est le pire ( on finit par s’évanouir), c’est l’humiliation… la moquerie… le mépris… et cette scène qui nous est rapportée, elle en comporte tous les éléments …. Le type de moquerie des gardes est en cohérence totale avec ce qu’on l’accusait d’être, un roi mais un roi déchu …on va se sentir fort en pouvant humilier quelqu’un qui a fait l’admiration des foules et qui a eu des prétentions ( en tout cas pour eux) d’appartenir à la cour des grands…

Puis ils se mirent à lui faire des salutations, en disant : « Salut, roi des Juifs ! »

Ils lui frappaient la tête avec un roseau, crachaient sur lui, et s’agenouillaient pour lui rendre hommage.

Quand ils se furent bien moqués de lui, ils lui enlevèrent le manteau de pourpre, et lui remirent ses vêtements.

( on ne note pas dans le texte les gardes qui ne se sont pas joints aux autres…mais dans un groupe, il y en a toujours un ou deux qui ne se sentent pas à l’aise et ne participent pas… ou quelqu’un de gradé qui vient et dit : ça suffit !)

Cette séquence se passe d’explications tellement elle est évidente…. Ce qui est différent par rapport à ce qui nous ait rapporté au cours de son procès et c’est peut-être pour cela que ça me touche particulièrement, c’est qu’on voit ici un Jésus finalement victime passive, incapable d’éviter les coups qui lui sont assénés , complètement à la merci de ses bourreaux qui s’en donnent à cœur joie… comme ça se passe avec tellement de prisonniers et dont cette commémoration récente d’Auschwitz nous rappelle l’actualité pas si lointaine que cela, des souffrances du peuple juif…

C’est presque un soulagement, quand à la fin du texte, on nous dit,

puis de là ils l’emmenèrent pour le crucifier.

* * *

Raconter cette séquence, une fois, ça suffit…. Mais la répéter jour après jour, surtout vouloir la rejouer périodiquement, devient du voyeurisme… .qui me semble malsain ou inopportun….et qui risque de raviver les sentiments de rejet envers « les juifs » …. car les chrétiens, voient d’abord en Jésus, le fondateur du christianisme et pas le juif qu’il était

Il y a cette espèce d’interprétation anachronique, sous-jacente, que Jésus est persécuté parce-qu’il est chrétien comme eux ( ou comme nous), c’est donc avec ce Jésus chrétien qu’on s’identifie et on prend partie pour lui… contre ses ennemis, les juifs…

(C’est pour cela que le film de Mel Gibson sur la passion de Jésus a été critiqué dans certains groupes du judaïsme quand il est sorti…car ils ne reconnaissent pas Jésus comme un des leurs…( parait-il aussi que le réalisateur a tenu des propos anti-sémites en plusieurs occasions mais ça c’est une autre histoire)

* * *

Deux mille ans plus tard, considérant qui ce Jésus torturé est devenu… il nous est difficile de comprendre ce que cette condamnation à mort a pu signifier pour les juifs de cette époque, particulièrement pour ses disciples et ses sympathisants. Il nous est difficile aussi d’élucider les raisons profondes pour lesquelles les autorités ont voulu l’éliminer et de savoir comment ils s’y sont pris pour que cette condamnation soit possible…et encore plus d’imaginer ce qui a pu se passer dans les coulisses entre les autorités juives et romaines . sachant que finalement ils cherchaient tous, avant tout à défendre leurs intérêts.

Ce qui est sûr est que Jésus après avoir gardé jusqu’à sa condamnation, une dignité et une grandeur qui forcent l’admiration, est devenu maintenant dans cet épisode une victime impuissante, semblable à des millions et des millions d’autres victimes, juives ou non, aux mains de leurs ennemis tout puissants…

L’histoire du Jésus de la Passion, est la mise en scène aux yeux du monde entier…d’un des pires maux dont souffre l’humanité et de ses conséquences dévastatrices

celui de l’abus de pouvoir,

(et qui pire est, avec les encouragements des autorités religieuses..)

illustrant cette tragique vérité :

« l’homme est un loup pour l’homme »

et dans ce sens, on a raison de ne pas l’oublier…

( et qui pourrait dire  après ça que l’humanité n’a pas besoin d’être sauvée ? 

P.S : Deux articles: Magne, J. (1998). JÉSUS DEVANT PILATE. Revue Biblique (1946-), 105(1), 42–69.

http://www.jstor.org/stable/44089366 Jaubert, A. (1964). Les séances du sanhédrin et les récits de la passion. Revue de l’histoire Des Religions, 166(2), 143–169. http://www.jstor.org/stable/23667805

Auschwitz et nous

Peinture de Olèle, survivant du camp de Auschwitz

jeudi 27 janvier, Virginie 2022

aujourd’hui, il y a 77 ans….  libération du camp d’Auschwitz…

Qu’est-ce que l’homme : un monstre ?

Le peuple juif a survécu,

malgré la solution finale, cette volonté féroce de leur anéantissement

( ce n’était pas la première fois que se manifestait une telle volonté…le pharaon avec l’ordre de tuer tous les enfants mâles à leur naissance…sachant que dans cette civilisation les enfants appartenaient au peuple du père et pas de la mère… donc, les femmes elles, on pouvait les garder, elles feraient des enfants pour le peuple du vainqueur… Ce n’est semble-t-il qu’après la deuxième destruction du temple de Jérusalem en 70 que les rabbins ont décidé que les enfants d’une mère juive pouvaient être juifs car beaucoup avaient été violées par les romains ou étaient devenue veuves…pour une opinion sur ce thème….https://massorti.com/Est-on-juif-par-sa-mer:

ils ont donc perdu les ennemis du peuple juif mais à quel prix après tant de souffrance et tant de morts !

il y a une impénétrabilité fondamentale, un mystère incompréhensible ( pour nous qui ne le sommes pas) dans la relation entre Dieu et son peuple, une relation sur laquelle, nous qui n’en faisons pas partie n’avons pas le droit de discourir… Il y a toutes ces questions que pose Job à Dieu sur l’injustice de sa souffrance et pour toute réponse, les questions que Dieu lui pose à son tour…. Questions sans réponses….

( je pense à la chanson de Bob Dylan… the answer my friend is blowing in the wind)

Mais cette incompréhension première, cette impénétrabilité fondamentale, elle s’étend à tout le genre humain : comment est-il possible que le genre humain, auquel nous appartenons soit capable de tant de barbarie, de tant de cruauté, d’une volonté aussi profonde d’éliminer l’Autre… avec un A majuscule puisqu’il s’agit d’une peuple tout entier? Il y en eu d’autres génocides dans l’histoire,,, ce n’est malheureusement pas une anomalie…. même si la Shoah est unique par son ampleur et les moyens déployés pour l’exécuter !

Comment est-ce possible ?

Ce n’est pas la question de Dieu qu’Auschwitz pose d’abord, c’est la question du genre humain …

Qui sommes nous ?

Ayons le courage de nous poser la question et de nous regarder en face…

(Sans faire de l’existence de Dieu un alibi ou carrément un bouc émissaire, en le blâmant pour nos fautes, ce serait trop facile!)

Des images inoubliables

Toute mon enfance et mon adolescence est remplie de ces images en noir et blanc de ces files de familles juives, enfants, parents, grand-parents, oncles et tantes, bousculés, poussés par des hommes en uniforme, les armes à la main , qui les conduisaient vers un destin qu’ils ne connaissaient pas et que nous qui regardions ces images savions que c’était une mort certaine  dans les camps et leurs chambres à gaz…. Et surtout ces images de trains, de fourgons où ils étaient entassés et que l’on refermait sur eux comme des tombeaux ambulants où leurs cris désespérés cessaient peu à peu de se faire entendre…  ce trains.traversant dans la nuit des paysages de campagne glacée et de villages silencieux …

Et puis aussi ces quelques héros, trop peu nombreux sans doute, au courage hors pair, mus par on ne sait quelle passion, qui essayaient de les sauver… .mais se faisaient abattre à leur tour….

(Et dont moi, je j’imaginais faire partie…. Sauf que je ne mourrais pas, bien sûr !)

Et maintenant quoi ?

Heureusement la paix est revenue et on se dit après coup, que ce n’est pas possible, que ça n’a pas pu vraiment se passer, qu’ils ont dû inventer ça, que ça ne pouvait pas être si horrible … même ceux qui l’ont vécu ne veulent pas en parler…

Ces images moi pourtant, je ne les ai pas oubliées…

c’est cette épée de Damoclès qui a été suspendue au-dessus de chacun de nous, pendant des années…

et que l’on savait pouvoir nous tomber sur la tête à n’importe quel moment !

Mais le temps passe … et cette épée au-dessus de nos têtes, on l’oublie….

* * *

C’est pourquoi le son des bottes en Ukraine, m’affole… il réveille toutes ces peurs…

Être un instrument de paix, est le projet de toute une vie…

Combattre tout ce qui conduit à la guerre.

Est un devoir fondamental,

Ceux qui vivent sous les bombes et grossissent les files de réfugiés affamés qui partent sur les routes vous le diront,

la guerre c’est une horreur !

(Et pourtant…. comme c’est tentant de vouloir empoigner les armes à un moment donné de notre histoire pour des causes que l’on croit toujours justes…. comme c’est tentant ! Demandez-le à ces jeunes fougueux qui se portent volontaires dans toutes les armées du monde, régulières ou pas … )

* * *

Plus jamais ça disent les survivants de la Shoah, plus jamais !

Amen, Amen devons nous tous répondre, à l’unisson !

Actualités et Annonciation

le 19 janvier, 2022, La Virginie

Actualités,

S’informer ou ne pas s’informer….  ( that is the question)

Il y a des jours où je me demande si je devrais m’informer de ce qui se passe dans le monde…

Ça rime à quoi ? Ne pourrais-je pas m’isoler et me détacher de ce qui s’y passe pour me concentrer sur ce qui m’arrive à moi et à ceux qui vivent autour de moi ?

Si moi je vais bien, pourquoi me gâcher la journée en lisant les compte-rendus des catastrophes et des malheurs des gens qui habitent à des milliers de kilomètres de chez moi ? Mais surtout, de supporter d’entendre les mensonges éhontés des hommes politiques et de voir l’étalage indécent du train de vie luxueux des multimillionnaires ?

Ça me plombe le moral pour le reste de ma journée ou de ma soirée !

Pourquoi ce besoin d’être au courant de l’actualité?

Qu’est-ce que je cherche en épluchant les dernières nouvelles, qu’est-ce qui me ferait plaisir de pouvoir lire  et voir?

* * *

Me vient à l’esprit, cette phrase prononcée par Marie après l’annonce de l’ange Gabriel lui disant qu’elle enfanterait un fils qui serait le sauveur de son peuple…

 Il renverse les puissants de leurs trônes … il renvoie les riches les mains vides…

En réalité, je m’en rends compte, c’est ça que je cherche à pouvoir lire dans les informations : la nouvelle de la chute d’un des puissants de ce monde, d’apprendre finalement qu’il a perdu son poste, qu’il a été contraint à la démission, qu’il a été convoqué devant les tribunaux et jugé pour ses crimes, qu’il n’a pas pu une fois de plus grâce à son argent échapper à la justice….

Mais tous les jours, je suis déçue,

Ils sont encre là tous debout, arrogants, se pavanant, narguant sans fin mon désir de justice….

« Vous ne m’attraperez jamais, vous ne m’aurez jamais, j’ai des relations dans les hautes sphères que ce soit de la finance, de la politique ou de la justice »

ou pire,

j’ai le pouvoir de vous écraser, de vous faire taire, de vous faire tremble de peur, en vous mettant en prison, en vous torturant, ou en vous éliminant…

et c’est cela que l’on risque d’entendre dire quand tous les jours on essaie de prendre la température du monde dans lequel on vit en faisant le tour des actualités….

*   *   *

Heureusement qu’il reste cette promesse, cette assurance,

Il renverse les puissants de leurs trônes … il renvoie les riches les mains vides…

Et qu’en attendant que cette promesse s’accomplisse, on peut suivre le conseil de celui qui nous dit :

« Ne t’irrite pas contre celui qui réussit dans ses voies, Contre l’homme qui vient à bout de ses mauvais desseins. Laisse la colère, abandonne la fureur; Ne t’irrite pas, ce serait mal faire. Car les méchants seront retranchés […] Encore un peu de temps, et le méchant n’est plus; Tu regardes le lieu où il était, et il a disparu. ! » ( psaume 37)

*   *   *

Les actualités, c’est finalement bien ça… que des actualités… rien de plus!

Ce qui est aujourd’hui ne sera pas demain, encore moins après-demain, ni après-après-demain,

Un jour ou l’autre,

les puissants seront renversés de leur trône…

Alors pourquoi ne pas s’informer avec sérénité, compassion et espérance… de ce qui se passe dans le monde…

Tous responsables, tous coupables

le 17 janvier 2022, Virginie

(on a eu une tempête de neige mais pas un blizzard comme on nous l’annonçait… aujourd’hui est le jour férié en honneur de Martin Luther King Jr : Only through an inner spiritual transformation do we gain the strength to fight vigorously the evils of the world in a humble and loving spirit.”
Martin Luther King Jr. :  )

Le dénouement est proche … de la vie de Jésus selon Marc : je ne sais pas pourquoi mais cet évangile de Marc, m’apparaît être maintenant « une vie de Jésus » plutôt qu’un évangile au sens où on l’entend aujourd’hui avec toutes ces nuances de significations théologiques qui lui sont attribuées. Je ne connais pas évidemment l’intention de Marc mais j’ai l’impression que c’est vraiment une vie de Jésus qu’il raconte, même si cette vie ne commence pas à l’enfance. Il y a d’abord et avant tout ,un souci de raconter les faits, gestes et paroles de Jésus : je n’arrive pas à y voir un autre enjeu que celui-là, un motif caché qui existerait en filigrane, un mystère à découvrir … même si je ne doute pas que quelqu’un qui lit le texte en grec pourrait y découvrir des sous-entendus qu’une traduction ne met pas en relief…

Essayant de rester fidèle le plus possible à mon intention originelle. j’aborde cette séquence du récit sans la comparer avec les rédactions des autres évangiles : l’harmonisation du déroulement de l’arrestation et de la condamnation de Jésus ( dans le temps et dans l’espace ) qui passe des mains des autorités juives aux autorités romaines a été l’objet de nombreux travaux et j’en ai déjà cité un article qui en présentait un résumé.

En tout cas il est sûr que malheureusement il est très difficile de reconstituer avec précision le déroulement précis de l’arrestation de Jésus étant donné l’éloignement dans le temps des faits mais surtout qu’à part Luc qui explique bien au début de son évangile avoir fait des recherches pour attester de la véracité de ce qu’il écrit, les autres auteurs ne démontrent pas une telle préoccupation. Il leur suffit de raconter dans un récit cohérent les grands moments de la vie de Jésus, pour l’édification de leurs lecteur/auditeur sans prétendre vouloir écrire un document historique précis comme le font d’autres.

* * *

Marc 15 : 1-15

Dès le matin, les grands prêtres convoquèrent les anciens et les scribes, et tout le Conseil suprême. Puis, après avoir ligoté Jésus, ils l’emmenèrent et le livrèrent à Pilate.

Celui-ci l’interrogea : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus répondit : « C’est toi-même qui le dis. »

Les grands prêtres multipliaient contre lui les accusations.

Pilate lui demanda à nouveau : « Tu ne réponds rien ? Vois toutes les accusations qu’ils portent contre toi. »

Mais Jésus ne répondit plus rien, si bien que Pilate fut étonné.

À chaque fête, il leur relâchait un prisonnier, celui qu’ils demandaient.

Or, il y avait en prison un dénommé Barabbas, arrêté avec des émeutiers pour un meurtre qu’ils avaient commis lors de l’émeute.

La foule monta donc chez Pilate, et se mit à demander ce qu’il leur accordait d’habitude.

Pilate leur répondit : « Voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? »

Il se rendait bien compte que c’était par jalousie que les grands prêtres l’avaient livré.

Ces derniers soulevèrent la foule pour qu’il leur relâche plutôt Barabbas.

Et comme Pilate reprenait : « Que voulez-vous donc que je fasse de celui que vous appelez le roi des Juifs ? »,

de nouveau ils crièrent : « Crucifie-le ! »

Pilate leur disait : « Qu’a-t-il donc fait de mal ? » Mais ils crièrent encore plus fort : « Crucifie-le ! »

Pilate, voulant contenter la foule, relâcha Barabbas et, après avoir fait flageller Jésus, il le livra pour qu’il soit crucifié.

Retour en arrière :

On vient de quitter Pierre qui avant le lever du jour, a nié être un des disciples de Jésus : un événement suffisamment important dans un évangile qui met souvent en scène les disciples pour être rapporté avec beaucoup de détails. Mais on retourne maintenant à Jésus…

Dès le matin, les grands prêtres convoquèrent les anciens et les scribes, et tout le Conseil suprême. Puis, après avoir ligoté Jésus, ils l’emmenèrent et le livrèrent à Pilate.

L’auteur en quelque sorte, rappelle en une phrase ce qui s’était passé avant l’interruption du reniement de Pierre et introduit la nouvelle étape dans le récit de la passion, celle de la comparution devant Pilate. Mais, ce qui en soi est étonnant, est qu’ il ne nous dit pas quelle est la position ou le titre de ce dernier, on n’a que son nom alors que les autres acteurs, les scribes et les anciens, ne sont pas identifiés , seul  leur statut est mentionné.

C’est qui Pilate ?

Il faut donc supposer que Pilate était suffisamment important ou connu pour que les lecteurs sachent de qui il s’agissait sans qu’il n’y ait besoin d’en dire plus. Par contre quand il avait parlé d’Hérode (ch:5), non seulement il lui avait donné son titre de roi mais il avait bien expliqué pourquoi il avait fait tuer Jean Baptiste. En ce qui concerne Pilate il y a aucune mention de sa position, on comprend qu’il s’agit de quelqu’un qui est une haute autorité judiciaire dans le gouvernement romain puisque c’est auprès de lui que Jésus est amené en tant que prisonnier.

(était-il encore en vie quand l’évangéliste a commencé à compiler son évangile ? Certains estiment que le portrait positif qui est fait de Pilate vient du fait que les chrétiens ne voulaient pas s’attirer la foudre des autorités romaines à un moment où ils étaient persécutés)

Celui-ci l’interrogea : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus répondit : « C’est toi-même qui le dis. »

La question que Pilate lui pose est une question politique et non pas religieuse (ce qui est normal étant donné qu’il n’est pas une autorité religieuse) et sa question laisse entendre que c’est une des accusations dont se sont prévalus les grands prêtres pour justifier aux yeux de Pilate son arrestation : fauteur de troubles à l’ordre public…

Comme dans la séance précédente, dans la maison du grand prêtre, Jésus n’apparaît pas ébranlé par sa comparution devant Pilate et dans la réponse à sa question il y a à la fois de la défiance et de la moquerie en suggérant que comme c’est Pilate lui-même qui introduit le titre roi des juifs, il reconnaît implicitement sa légitimité.

Les grands prêtres multipliaient contre lui les accusations.

Pilate lui demanda à nouveau : « Tu ne réponds rien ? Vois toutes les accusations qu’ils portent contre toi. »

Mais Jésus ne répondit plus rien, si bien que Pilate fut étonné.

Mais Jésus utilise également devant Pilate la stratégie qu’il a choisie devant les grands prêtres( qui sont d’ailleurs présents) : le silence ! Il sait que ça ne sert à rien de discuter avec eux et de prouver qu’ils ont tort : il se trouve devant un tribunal dont les membres ont décidé à l’avance qu’ils voulaient l’éliminer et où toute défense est vaine. ( Il se trouve dans une situation similaire à celle de prisonniers politiques qui sont condamnés et dont le procès est une simple parade sauf qu’on arrive souvent, sous la torture à les faire signer des admissions de culpabilité…)

Cependant quand Pilate lui a demandé s’il était le roi des juifs, comme il l’a fait quand le grand-prêtre lui a demandé s’il était le fils de Dieu, il n’as pas éludé la question. Lui qui tout au cours de sa mission avait voulu taire qui il était, maintenant, il ne cherche plus à cacher son identité quoi qu’il lui en coûte.

En tout cas, Pilate s’étonne de son silence : certainement, il avait entendu parler de l’éloquence de Jésus et de son habileté à débattre avec les scribes (Jésus n’était pas connu pour quelqu’un qui avait sa langue dans sa poche)…Par certains côtés, comme les disciples, il est dérouté et peut=être aussi déçu par un Jésus qui se laisse faire, qui ne se défend pas…C’est en tout cas la seule mention qui est faite de l’état d’âme de Pilate, l’auteur n’élabore pas et il ne nous dit pas non plus qu’elles étaient les accusations portées contre Jésus : son intérêt est ailleurs.

L’épisode Barabbas

À chaque fête, il leur relâchait un prisonnier, celui qu’ils demandaient.

Or, il y avait en prison un dénommé Barabbas, arrêté avec des émeutiers pour un meurtre qu’ils avaient commis lors de l’émeute.

La foule monta donc chez Pilate, et se mit à demander ce qu’il leur accordait d’habitude.

Pilate leur répondit : « Voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? »

Il se rendait bien compte que c’était par jalousie que les grands prêtres l’avaient livré.

Ces derniers soulevèrent la foule pour qu’il leur relâche plutôt Barabbas.

A PRIORI,

cet épisode ne devrait pas poser problème : une foule de badauds excités par les grands prêtres affolés que Jésus puisse échapper à la condamnation, eux qui le voyaient déjà crucifié et risquent de voir leur plan échouer par cette proposition de Pilate… on comprend qu’ils aient incité la foule comme le dit clairement le texte, à demander la libération d’un autre prisonnier que Jésus…. Et tout le monde le sait, des multiples études de foule l’ont prouvé, quand quelqu’un commence à crier un nom ou un slogan tout le monde le répète…Après ce n’est qu’un jeu d’enfant pour les quelques meneurs de jeu…

Et comme Pilate reprenait : « Que voulez-vous donc que je fasse de celui que vous appelez le roi des Juifs ? »,

de nouveau ils crièrent : « Crucifie-le ! »

Pilate leur disait : « Qu’a-t-il donc fait de mal ? » Mais ils crièrent encore plus fort : « Crucifie-le ! »

Chaque fois que Pilate semble vouloir user de clémence envers Jésus, il faut donc bien remettre la pression et attiser la foule pour que cette fameuse exécution puisse avoir lieu une bonne fois pour toutes…

( les historiens ont essayé de savoir si c’était l’habitude de Pilate de libérer un prisonnier au moment des fêtes mais n’ont pas trouvé d’autres cas… et un Pilate clément et juste n’est pas le portrait qu’en font les auteurs juifs mais Marc ne le dépeint pas d’une manière négative pour des raisons qu’on a déjà mentionnées : il semble bien que les grands-prêtres ne s’attendaient pas à ce que Pilate fasse cette proposition et ont dû être pris de court. Il faut noter aussi au passage que beaucoup de recherches ont été faites pour savoir qui était ce fameux Barabbas… qui semble-t-il avait aussi le prénom de Jésus dans son nom complet, ce qui aurait été supprimé pour éviter la confusion ? En tout cas, il y a de nombreuses hypothèses en ce qui le concerne)

SAUF QUE

Cet épisode a alimenté et justifié des siècles d’anti-sémitisme ( pour ne pas dire des millénaires) et a été au centre de la condamnation du peuple juif, « peuple déicide ». On ne peut pas oublier que cette séquence particulière était rejouée devant des foules chaque année pendant des siècles, durant la Semaine Sainte et était donc l’un des moments propices pour attiser la haine envers les juifs. Ce cri : crucifiez-le, crucifiez-le ! certainement résonne comme une infamie dans les oreilles de tout chrétien qui a Jésus pour maître et Seigneur

SAUF QUE, ennemis du régime, ou véritables criminels ,

Innocents condamnés devant des tribunaux publics quand les véritables coupables échappent à la condamnation… il n’y a malheureusement rien de particulièrement nouveau ni d’ exceptionnel…

Plus près de nous, il suffit de se rappeler du règne de la Terreur pendant la révolution française avec sa foule de badauds qui venaient voir couper la tête des condamnés une fois la sentence de leur exécution prononcée et hurlaient toute sortes d’injures envers ceux qui montaient sur l’échafaud…

Mais pas seulement en France ,

Les autorités de tout temps et dans tout pays voulant instaurer la peur et s’assurer l’obéissance inconditionnelle de leurs sujets, ont favorisé ce genre de spectacle … (sans mentionner les histoires de la conquête de l’Ouest aux États Unis et les films des westerns qui ont toujours leur lot de scènes de jugement et pendaisons ….. spontanées…)

Aujourd’hui encore les foules continuent de se presser aux audiences publiques d’accusés (pendant que leurs partisans se cachent pour ne pas être leurs prochaines victimes)

Les appels au lynchage à la pendaison,à la décapitation aux exécutions sommaires continuent à retentir,

( aujourd’hui on peut le faire de chez soi, sans se déplacer grâce aux réseaux sociaux et dans ces temps de pandémie on peut mettre des caméras pour filmer les procès. Les exécutions par contre ne sont pas filmées…sauf quand ce sont des terroristes…)

Il n’y a rien de particulièrement juif là-dedans…

c’est toute la misère humaine qui se donne en spectacle

dans les cris de haine de foules avides de sang et d’émotions fortes qui « like » les photoshops ou les vidéos les plus abjectes ! (notons en passant que l’icône utilisée avec le pouce en l’air ou au contraire vers le bas, est bien le même que les empereurs romains utilisaient pour condamner à mort ou gracier les perdants dans les combats de gladiateurs…)

Crucifie le !

(On serait déçu qu’il soit épargné !)

* * *

Tous coupables, tous responsables….

dit le catéchisme du concile de Trente…, c’est l’humanité toute entière qui est responsable de la mort de Jésus,

tant les autorités juives, que les autorité romaines,

tous ceux qui ont crié

et tous ceux qui ce sont tus,

tout ceux qui le connaissaient à peine

et ceux qui le connaissaient bien

tant un Judas qui l’a livré

qu’un Pierre qui l’a renié,

pas un seul pour plaider sa cause

pas un seul pour le défendre

pas un seul pour offrir de mourir à sa place…

et pourquoi l’aurions nous fait

nous

plus que les autres ?

N.B Le concile de Trente affirme bien que Jésus est mort sur la croix à cause de nos péchés comme acte rédempteur pour l’humanité toute entière….ça ne dédouane pas pour autant l’église dans son rôle d’incitation à l’anti-sémitisme…

Vive le dimanche!

Dimanche 16 janvier, 2022

10 heures du matin, il fait – 8

pas un seul flocon encore

On attend…

* * *

Fermetures, annulations,

Toutes les églises de la région, les unes après les autres informent le public : pas de cultes, de messes ou toute autre activité aujourd’hui, pas par décret du gouvernement à cause d’Omicron mais par décret du ciel : on nous annonce une grosse tempête de neige encore plus grosse que la dernière…

On attend donc, tapi chacun chez soi,

avec les grosses pelles à proximité pour dégager le pas de la porte,

en espérant que le réseau électrique tienne le coup…

(mais pour nous qui avons de la chance d’avoir du bois,

au moins on n’aura pas froid ….

et on peut servir de refuge à ceux qui nous entourent…)

* * *

Ce dimanche

Un sabbat obligé

Après la litanie de mauvaises nouvelles de la semaine,

toujours les mêmes,

famines, guerres, catastrophes naturelles,

meurtres, emprisonnements,

mensonges collectifs, cris de haine,

où l’on ne peut que s’accrocher encore et encore

à la supplication

Délivre- nous du mal !

Aujourd’hui, dimanche

c’est le moment opportun de répéter

Que ton nom soit sanctifié !

Ou de dire comme le psalmiste

Les cieux proclament la gloire de Dieu, le firmament raconte l’ouvrage de ses mains.

Et pourquoi ne pas combiner le sabbat avec le dimanche en proclamant haut et fort l’objet de notre espérance :

Il est ressuscité !

P.S : Il est 11 heures maintenant et toujours pas un seul flocon en vue… 11heures 09.: ça y est ça a commencé à tomber

Un cadeau venu du ciel

Un cadeau du ciel

Le 3 janvier 2022, la Virginie, USA

Hier, il faisait 18 dans l’après-midi….et le soir à la nuit tombante il faisait 7 …

(Ils annonçaient une tempête de neige mais bon je n’y croyais pas… personne ici n’y croyait)

Et surprise !

Ce matin il neigeait vraiment ! pas une poudre légère sur le sol qui disparaît aux premiers rayons de soleil mais une vraie neige qui recouvre les branches des arbres et efface les routes et les sentiers…

une vraie neige, où il faut mettre des gants, des bonnets et des bottes pour sortir, (mais malgré tout on se gèle les doigts et les pieds et le froid nous coupe le visage)

une vraie neige où on a besoin d’une pelle pour se frayer une chemin pour aller chercher du bois au fond du jardin…

une vraie neige, où on emmitoufle les enfants impatients de jouer dehors …

une vraie neige où il fait vraiment bon voir le feu qui brûle dans le poêle à bois !

*   *   *

Je n’y croyais plus à ces journées de rêves, tant attendues par les enfants quand les écoles sont fermées et quand les grands sont obligés de vivre au ralenti et de prendre le temps de regarder ne serait-ce que quelques moments ce monde enchanté qui fait son apparition inespérée au petit matin….

(sauf les équipes de secours qui sont obligées de dépanner les fous qui insistent à vivre ou à faire vivre leurs employés à un rythme d’enfer à cause du manque à gagner….)

Mais voilà, en ce 3 janvier,

à deux jours près,

Surprise !

notre cadeau de nouvel an

qui nous tombe du ciel !

la neige!

P.S : (ça ne peut-être que de bonne augure pour 2022 !)

De la vérité historique et de Noël…et du Petit Prince

le 28 décembre, 2021

La saison de Noël tire à sa fin ( car c’est vraiment une saison, surtout si on en croit les magasins) et c’est le nouvel an qui s’approche : une autre date sur notre calendrier qui fait partie intégrante du rythme de notre vie. En tout cas, pour moi, une date importante que je vis toujours d’une manière intense ( presque plus que Noël) et qui est inscrite dans mon année liturgique même si elle n’en fait pas partie officiellement…C’est toujours une occasion de recommencement…

Noël, sans neige ici, sans drame, ni miracle : une affaire simple, réduite au minima, sans émerveillement particulier ( ce qui est peut-être dommage, mais il n’y avait pas de tout petits cette fois-ci) , sauf une reconnaissance profonde de l’importance de cette venue, loin des images de bébé joufflu…

D’ailleurs, l’histoire originelle s’est déroulée sans fanfare : ni Marie, ni Joseph n’ont vu ni entendu des anges chanter dans les cieux « gloria in Excelsis Deo » ( certainement pas en latin!) ce qui est devenu le cantique le plus connu de Noël… ils étaient trop occupés à trouver un lieu pour passer la nuit et les heures qui ont précédé la naissance ayant été vécu dans l’angoisse et la douleur dans des conditions difficiles

Certainement, ils se sont réjouis comme on se réjouit tous, soulagés et heureux tous les deux qu’ils aient passé cette épreuve et survécu ces moments dangereux tant pour Marie que pour Jésus …mais leurs pensées, leurs réactions, on ne les connaît pas…

Que des bergers viennent les voir a l’aube ou au crépuscule, rien de très étonnant, après tout ils étaient dans une étable à l’abri, étable ou grotte que les bergers devaient connaître eux qui passaient la nuit dehors et allaient s’y réfugier quand le temps était mauvais.

Ce qui brouille le tableau et efface la simplicité de cette naissance, c’est l’histoire des mages avec leurs habits plein de dorures ( comme ceux des évêques) qui viennent avec des cadeaux qui nous rappellent les trésors d’Ali Baba ! Comme on met tout le monde ensemble autour d’une crèche et qu’on en rajoute… alors, on termine par un portrait de famille avec des guirlandes or et argent partout !

Ah ! La vérité historique ! Certains de nous y courent après ! ( comme moi par exemple!) sachant malgré tout qu’elle est inaccessible, surtout quand il s’agit d’une famille inconnue, descendants pauvres d’ une ligne qui à une époque a pu être royale ( comme tant d’autres aujourd’hui qui se réconfortent en trouvant dans la recherche de leur ADN qu’ils ont des liens avec tel ou tel roi, reine,empereur etc… ), obligé à se déplacer à un moment inopportun car appartenant à un peuple vaincu aux ordres de l’envahisseur….

Mais, Jésus, il ne m’appartient pas…

Il n’appartient pas non plus aux historiens pointilleux, qui ressemblent tellement au géographe, qui « est trop important pour flâner » et que le Petit Prince rencontre dans un de ses voyages dans l’espace,

Alors si on veut décorer les crèches et y mettre des dorures….

Surtout si on veut comprendre Noël et l’apprécier à sa juste mesure…

il faut être comme le Petit Prince !

P.S Voilà quelques extraits du texte de la rencontre entre le Petit prince et le géographe qui pourrait être très bien tout aussi bien un historien pointilleux…tellement il lui ressemble

Je suis géographe, dit le vieux Monsieur.

– Qu’est-ce qu’un géographe ?

– C’est un savant qui connaît où se trouvent les mers, les fleuves, les villes, les montagnes et les déserts.

– Ça c’est bien intéressant, dit le petit prince. [ . . . ]

– Elle est bien belle, votre planète. Est-ce qu’il y a des océans ?

– Je ne puis pas le savoir, dit le géographe.

– Ah! (Le petit prince était déçu.) Et des montagnes ?

– Je ne puis pas le savoir, dit le géographe. – Et des villes et des fleuves et des déserts ? – Je ne puis pas le savoir non plus, dit le géographe.

– Mais vous êtes géographe !

– C’est exact, dit le géographe, mais je ne suis pas explorateur. Je manque absolument d’explorateurs. Ce n’est pas le géographe qui va faire le compte des villes, des fleuves, des montagnes, des mers, des océans et des déserts. Le géographe est trop important pour flâner. Il ne quitte pas son bureau. Mais il y reçoit les explorateurs. Il les interroge, et il prend en note leurs souvenirs. Et si les souvenirs de l’un d’entre eux lui paraissent intéressants, le géographe fait faire une enquête sur la moralité de l’explorateur. [ …..]

– Donc, quand la moralité de l’explorateur paraît bonne, on fait une enquête sur sa découverte.

– On va voir ?

Non. C’est trop compliqué. Mais on exige de l’explorateur qu’il fournisse des preuves. S’il s’agit par exemple de la découverte d’une grosse montagne, on exige qu’il en rapporte de grosses pierres.

Le géographe soudain s’émut.

– Mais toi, tu viens de loin ! Tu es explorateur ! Tu vas me décrire ta planète ! [ . . .]

– Alors? interrogea le géographe.

– Oh! chez moi, dit le petit prince, ce n’est pas très intéressant, c’est tout petit. J’ai trois volcans. Deux volcans en activité, et un volcan éteint. Mais on ne sait jamais.

– On ne sait jamais, dit le géographe.

– J’ai aussi une fleur.

– Nous ne notons pas les fleurs, dit le géographe.

– Pourquoi ça ! c’est le plus joli !

– Parce que les fleurs sont éphémères.

2022: Aimez-vous les uns les autres!

Aimez-vous les uns les autres

1er janvier 2022 ! la Virginie

Incroyable mais vrai, on est en 2022 ! Hier à différentes heures on a fêté la bonne année… un autre événement, mondialement reconnu qui nous lie les uns aux autres même si l’on sait qu’il y a d’autres calendriers et d’autres célébrations de nouvel an !

Mais peu importe, on aime tous faire la fête de temps en temps et pour bien la faire, il faut être ensemble : ouvrir grand son coeur et inviter les autres, voisins, familles et même inconnus à participer dans la liesse générale. Et une fois par an au moins, ça fait du bien de se retrouver, ne serait-ce que devant un écran et de parcourir le monde entier pour participer à la joie des autres en célébrant avec eux cette nouvelle chance qui nous est offerte à tous !

Avec ou sans masque, le portable à la main, selfie ou pas selfie, on veut tous capter ce moment de joie et d’espérance, si éphémère soit-il…

* * *

Joie et triomphe aussi en ce premier janvier 2022, reconnaissance immense envers cet homme qui s’est éteint dans l’année de ses 90 ans et a été un cadeau du ciel pour le monde entier : Desmond Tutu !

Quand on lit l’histoire de sa vie, on s’étonne de son courage pour sauver la vie de ses adversaires devant des foules hostiles, pour dénoncer l’injustice tant celle des « autres » que celle des « siens »,  pour proclamer le message de l’évangile de Jésus-Christ haut et fort dans toute son exigence  au milieu d’un monde qui semble toujours au bord de la perdition !

De lui on peut dire, en anglais, cet adage :

« he talked the talk, he walked the walk »

En ce 1er janvier, jour de ses funérailles, il a demandé que l’on lise ces magnifiques paroles de Jésus dans l’évangile de Jean :

Mon commandement, le voici :Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.

Aimez-vous les uns les autres

(comme je vous ai aimés)

Quelle meilleure recommandation pourrait-on faire pour l’année 2022 ?

Bonne année !