Upside down

le 12 mars, 2022, la Virginie

En vrac

C’est étrange ce qui se passe : tout à coup, toute la planète se passionne pour cette guerre. Il semble que pour une fois on peut prendre partie pour un groupe contre l’autre sans arrière pensée. C’est le David contre le Goliath et tout le monde est bien entendu du coté de David…On a les bons d’un côté et les mauvais de l’autre, les bourreaux d’un côté et les victimes de l’autre…et puis on a le Méchant, l’incarnation du mal, Monsieur Poutine : il a un visage, on peut se défouler sur lui et lui faire porter toute la responsabilité ( ce qui ne veut pas dire qu’il ne soit pas responsable)

Mais évidemment au fur et à mesure que le conflit dure, les lignes bougent…la résistance armée va brouiller les pistes … les catégories bien nettes que l’on avait établies vont vite s’effacer ( entre les gentils et ceux qui le sont un peu moins)… .on ne peut encore qu’imaginer le drame des familles dont le fils, soldat russe tué au cours des affrontements est en train de vivre. Car eux, ils nous sont , invisibles à la fois a cause de la censure du gouvernement russe que celle des médias occidentaux qui ne montrent que les visages des victimes ukrainiennes… Les visages de ceux-là, on ne les voit pas… ce ne sont que des nombres abstraits avancés par le gouvernement ukrainien pour impressionner, mais impossible à vérifier.

D’où l’importance de ne pas oublier le « aimez vos ennemis » au milieu de l’hystérie guerrière…

(en plus c’était l’évangile du jour!)

Paroles difficiles à entendre et encore plus à vivre

( d’une certaine manière, comme ici amis et ennemis se ressemblent, ça devrait faciliter quand même la tâche…)

* * *

Étrange aussi, en plein milieu de ce début de printemps prometteur, ce coup de vent hivernal qui nous a apporté de la neige…

Décidément, on ne peut présumer de rien…

Le monde est sens dessus, dessous!

Sépulture

e 11 mars, 2022

Sépulture

La guerre continue…

Hier, c’était des images de sacs en plastique où se trouvaient des cadavres que l’on jetait dans une fosse commune qui étaient diffusées…l’ultime indignité, celle du corps désacralisé même après la mort. Cette indignité, Jésus ne l’a pas connue.

Marc 15 : 42-47

Le soir étant venu, comme c’était la préparation, c’est-à-dire, la veille du sabbat,

arriva Joseph d’Arimathée, conseiller de distinction, qui lui-même attendait aussi le royaume de Dieu. Il osa se rendre vers Pilate, pour demander le corps de Jésus.

Pilate s’étonna qu’il fût mort si tôt; il fit venir le centenier et lui demanda s’il était mort depuis longtemps.

S’en étant assuré par le centenier, il donna le corps à Joseph.

Et Joseph, ayant acheté un linceul, descendit Jésus de la croix, l’enveloppa du linceul, et le déposa dans un sépulcre taillé dans le roc. Puis il roula une pierre à l’entrée du sépulcre.

Marie de Magdala, et Marie, mère de Joses, regardaient où on le mettait.

* * *

L’homme qu’on n’attendait pas

Le soir étant venu, comme c’était la préparation, c’est-à-dire, la veille du sabbat, –

Effectivement, selon la loi juive, il ne fallait pas laisser un corps sans sépulture le jour du sabbat, il était donc du devoir d’un proche de s’en occuper, travail qui était accompli par des hommes : les femmes, elles, elles préparaient les épices pour embaumer le corps mais ce sont les hommes eux qui se chargeaient de l’ensevelir.

Étant donné que selon cet évangile, tous les disciples avaient disparu, ( Marc ne les mentionne plus après le reniement de Pierre), apparaît un homme inattendu que l’on nomme par son origine comme cela se faisait mais aussi par son statut dans la communauté juive. Et il semble là que, l’évangéliste a besoin d’ajouter une précision sur lui ou tout au moins une explication

 arriva Joseph d’Arimathée, conseiller de distinction, qui lui-même attendait aussi le royaume de Dieu. Il osa se rendre vers Pilate, pour demander le corps de Jésus.

En effet, de par sa position, il aurait dû être associé ou appartenir à ce groupe d’ennemis de Jésus qui l’avaient fait condamner. L’évangéliste ressent donc le besoin de préciser qu’il n’était pas un anti Jésus mais un sympathisant.  Ce qui ressort de cet éclaircissement, c’est que l’audience ne le connaissant pas personnellement, ait  aussi été étonné que quelqu’un comme lui ait fait ce geste bienveillant en demandant le corps de Jésus pour qu’il soit traité selon les égards dus aux morts dans les  coutumes juives.

Qui était-il  en réalité ?

Évidemment, comme toujours les supputations sur qui il était et quelles étaient ses vrais motivations ont été le sujet de beaucoup d’études( on est habitué maintenant à voir ce genre de recherches, et de ne pas trouver de conclusions définitives sur le sujet à la fin de ces lectures… je cite un article sur le sujet à la fin de ce texte) , mais on retrouve la même cohérence du reste de l’évangile de Marc où l’on nous présente d’une manière positive un autre personnage imprévu…. ce qui moi, ne m’étonne pas… pas pour des raisons de rédaction de l’évangile mais plutôt parce-que justement c’est le propre de Jésus et de Dieu, de bousculer nos préjugés sur les bons et les méchants…. Autrement dit, Marc n’invente pas un Joseph d’Arimathée, il relate son action même si nous on ne pas savoir qui il était en réalité…

Pilate s’étonna qu’il fût mort si tôt; fit venir le centenier et lui demanda s’il était mort depuis longtemps. S’en étant assuré par le centenier, il donna le corps à Joseph.

Ce qui semble étonner Pilate ce n’est pas que Joseph d’Arimathée vienne recueillir le corps mais c’est que Jésus soit mort si vite… et il demande donc une vérification…de peur qu’il ne soit pas complètement mort et que ce soit une tentative de lui sauver la vie ?

(On sait combien les gens qui ont survécu à des massacres parlent du fait qu’ils font le mort pour qu’on ne les achève pas… je pense à ce vieil homme Guy Coponet, qui a été grièvement blessé par un des assaillants dans l’attentat de Saint-Etienne-Rouvray et dit être resté sans bouger après avoir reçu de nombreux coups )

Il me semble donc normal que Pilate ait voulu une confirmation… et je ne crois pas que l’évangéliste l’ait rapporté pour convaincre les gens que Jésus ait été vraiment mort…

L’autre remarque sur ces lignes est que l’auteur note que ce n’était pas une faveur facile à demander. Même s’il était un membre important de la communauté juive, on ne s’adresse pas à Pilate si aisément que ça… c’est une faveur qu’il demande ( il y avait un décret romain qui autorisait les membres de la famille d’un condamné à réclamer un corps, étant donné que les romains reconnaissaient l’importance des rites religieux associés avec la sépulture). Mais dans ce cas, en appeler directement à Pilate pour quelqu’un qui d’une certaine manière avait été condamné pour sédition ( puisque la sentence était qu’il s’était dit roi des juifs) n’était pas aussi évident. La difficulté et le risque de faire cette demande renforce le caractère positif qui est donné à ce Joseph….

Finalement, on retrouve les femmes, les femmes fidèles qui avaient dû rester jusqu’au bout et qui ont donc pu assister au moment où le corps de Jésus a été descendu de la croix et suivre de loin pour voir où il a été enseveli… Sachant qu’il n’avait pas pu être embaumé, elles voulaient pouvoir le faire après…

* * *

Une ensevelissement qu’on n’attendait pas…

L’ignominie, Jésus en a fait l’expérience avant de mourir…. mais une fois mort, cette sépulture faite dans les règles de la loi juive et par un haut représentant de la communauté lui a redonné toute la dignité qu’il avait perdu… Il a été traité avec le respect qui lui était dû, après sa mort. Que son corps n’ait pas été jeté aux loups, dévoré par les animaux sauvages, mutilé ou même brûlé, qu’il n’ait pas pourri exposé aux intempéries à la vue et au su de tous sur cette croix, avant même qu’il ne soit question d’une résurrection, est vraiment notable après tout ce qu’il a subi de son vivant : c’ est une sorte de réparation. On ne s’attend pas ou on ne s’attend plus qu’il puisse être épargné de cette dernière ignominie qu’est une mort sans sépulture et où la profanation du corps du défunt est de mise…

Ce qui me pose question,

Dieu n’a pas permis ?

Sachant l’importance de donner aux morts une sépulture digne. que l’on voit dans toutes les sociétés humaines, pensant à ce besoin de « ré enterrer » les morts ( après les avoir déterrés ) ne serait-ce que les quelques restes que l’on retrouve de personnes jetées en vrac dans une fosse commune et qu’on essaie d’identifier afin de pouvoir conduire une cérémonie religieuse pour s’assurer qu’ils reposent en paix…

Serait-ce sombrer dans l’anthropomorphisme que d’y voir un geste d’amour de Celui que Jésus a appelé père, envers un fils auquel il n’avait pourtant pas épargné l’ignominie de son vivant ?

(je viens de découvrir que dans les rites juifs, les proches déchirent un vêtement en signe de deuil pour exprimer la douleur (Qu’ia) …. et je me demande si le voile du tabernacle qui se déchire en deux après que Jésus expire ne serait pas l’expression de la douleur de Dieu)

Ce soin de son corps mort faut-il le rapprocher de cet épisode où une femme lui verse tout un vase de parfum sur la tête et que Jésus dit pour la défendre des reproches des disciples «  Elle a fait ce qu’elle a pu, elle a d’avance parfumé mon corps pour l’ensevelissement ». Épisode troublant quand on pense qu’à cause des circonstances, le corps de Jésus n’a pas pu être embaumé avant d’être mis dans le linceul ce qui était la coutume, (plutôt qu’après), épisode troublant encore de par son insistance que ce geste soit toujours rappelé ? « Je vous le dis en vérité, partout où cette bonne nouvelle sera proclamée, dans le monde entier, on racontera aussi en souvenir de cette femme ce qu’elle a fait.»

Par là Dieu veut-il valoriser ces coutumes funéraires où l’on prend un soin particulier des dépouilles mortelles comme marque d’affection et de respect envers la personne décédée ? Ou comme signe que la vie humaine ne s’arrête pas là, ou carrément, dans le cas de Jésus comme un prélude à sa résurrection imminente ?

Je ne sais trop que penser…

En tout cas pour ces femmes qui l’ont observé de loin et sont restées jusqu’au bout … de voir qu’il est descendu de la croix par les soins d’un notable juif ( ou de son entourage) , que son corps a été mis dans un linceul comme il se doit et a été transporté dans un lieu sûr, a certainement été un soulagement ou même une consolation après une journée éprouvante au cours de laquelle elles ont assisté au spectacle horrifiant de son agonie publique. Elles peuvent maintenant, tristement mais tranquillement s’affairer à la préparation du repas pour le sabbat rassurées de savoir la dépouille mortelle du Jésus qu’elles ont aimé dans un lieu sûr…

Une forme d’apaisement à la fin de ce chemin de croix …

Une grâce spéciale pour les vivants, qui est souvent octroyée à la famille après un enterrement d’un être cher particulièrement difficile…

P.S : Un article assez fouillé sur la question de la mise au tombeau de Jésus

BROWN, R. E. (1988). The Burial of Jesus (Mark 15:42-47). The Catholic Biblical Quarterly, 50(2), 233–245. http://www.jstor.org/stable/43719405

L’imprévisible

Illustration: le temps de Salvador Dali

Mercredi 9 mars 2022, en Virginie…

L’imprévisible s’est emparé de notre vie !

C’est ce que je me suis dis en relisant les pages de mon journal depuis janvier…

L’année dernière toutes les actualités étaient dominées par la pandémie et au début de cette année c’était le variant Omicron qui bousculait tous nos plans….

Maintenant, c’est la guerre en Ukraine… et la flambée des prix à la pompe…

La guerre, un autre type de pandémie…

On nage dans l’incertitude, avec des moments où l’on se trouve au bord du précipice dans ce jeu dangereux d’intimidation de l’adversaire

Il semble qu’il suffise que quelqu’un donne un ordre malvenu ou appuie sur le mauvais bouton pour que le monde explose…

* * *

Et en même temps, je m’étonne de cette réaction de solidarité envers le peuple ukrainien, de toutes ces initiatives qui ne sont pas des initiatives belliqueuses,

De toutes ces prières tout azimut pour la paix, autant pour le peuple russe que le peuple ukrainien, autant pour Poutine que pour Zelensky….. ( qui ne sont probablement pas les mêmes, mais peu importe, Dieu saura faire le tri…)

De toutes ces levées de fonds pour les réfugiés, de collectes de vêtements et de médicaments, du simple quidam aux ONG de renom…

De toutes ces personnes qui ouvrent leurs cœurs et leurs portes, jusqu’aux gouvernants qui ouvrent leurs frontières ( même si ce n’est pas sans arrière-pensée)

De cet élan de bonne volonté qui s’oppose à la volonté de destruction, de puissance mais aussi de revanche (bien souvent) …

* * *

Étonnant autant qu’inattendu….

Imprévisible….

Comme Dieu qui nous surprend par sa présence au milieu de notre folie meurtrière,

là où on ne l’attend plus,

Toujours Lui-même,

malgré tout, malgré nous…

Ecce Homo: Post Mortem

Le 1er-Mars 2022…la Virginie 2022

J’ai abandonné Jésus sur la croix… avec la guerre en Ukraine qui fait rage, je suis dans tous mes états : je veux à la fois savoir et ne pas savoir ce qui s’y passe… en fait retourner à l’évangile de Marc est une manière d’échapper à cette réalité même si celle de la mort de Jésus n’est pas très réjouissante et me replonge dans un monde où les puissants prennent le dessus sur les plus faibles…

on est déjà le 4 mars… et on a l’impression de marcher au bord d’un précipice…

Marc 15 : 38-41

Le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas.

Le centenier, qui était en face de Jésus, voyant qu’il avait expiré de la sorte, dit: Assurément, cet homme était Fils de Dieu.

Il y avait aussi des femmes qui regardaient de loin. Parmi elles étaient Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques le mineur et de Joses, et Salomé,

qui le suivaient et le servaient lorsqu’il était en Galilée, et plusieurs autres qui étaient montées avec lui à Jérusalem.

Réactions devant la mort de Jésus

Ceux qui étaient là …. et ceux qui n’y étaient pas

Jésus vient de mourir dans un cri et l’évangéliste nous dit qu’à ce moment là le voile du temple s’est déchiré sans donner à ce fait une signification particulière : seulement une constatation même si très vite on trouvera toute une dimension théologique à cet événement, (entre autre qu’il signifiait que l’on pouvait grâce à la mort de Jésus avoir un accès direct à Dieu car le tabernacle, le Saint des Saints était derrière le voile) Il est important de noter ici qu’aucune doctrine n’est attachée à ce qui est rapporté comme un événement.

De même, la réaction du centenier, (officier romain qui probablement supervisait les soldats qui s’occupaient de la crucifixion, car il faut se rappeler que Jésus n’était pas le seul à être crucifié ce jour là même si on en mentionne que deux autres, il pouvait y en avoir plus) est rapportée telle quelle et a suscité énormément de commentaires. En effet, en disant « il était vraiment le fils de Dieu » il affirme ce qui deviendra un des piliers de la doctrine chrétienne à savoir la divinité de Jésus. Ce qui fait que certains exégètes mettent en doutent l’historicité de cette affirmation ou pensent que le centenier romain l’a prononcé sur un ton ironique et n’est en aucun cas une confession de foi… .

Pour moi cette affirmation ne fait pas problème car on ne sait ce que signifiait au moment de la rédaction de ce texte, rédigé bien avant le dogme de la trinité, ce qu’on entendait par fils de Dieu…et que l’évangile de Marc, a pour titre « commencement de l’évangile de Jésus Christ, Fils de Dieu ». Ce titre donc lui était donné et était largement reconnu, dogme trinitaire ou pas. ( en bas de texte, un article sur le sujet)

En tout cas, s’il est rapporté, il ne sonne pas faux dans cet évangile où l’auteur n’hésite pas à raconter les histoires qui mettent en valeur des personnes qui ne sont pas appréciées de la société juive bien-pensante de l’époque… Certainement cette affirmation admirative de quelqu’un qui n’était pas juif et en plus avait un haut poste dans l’armée romaine, serait un motif de réconfort et d’affirmation pour ceux qui ont vu ou entendu parler de l’humiliation de Jésus, leur maître et seigneur,objet de la risée publique, exécuté, condamné comme n’importe quel criminel… argument suffisant pour en justifier la citation dans le texte sans aller jusqu’à le présenter comme « une confession de foi », titre que l’on donne souvent du passage et qui n’est pas inscrit dans le texte.

La présence des femmes, elle, est tellement naturelle qu’elle ne fait pas problème : tout le monde sait bien que les femmes sont celles qui n’abandonnent jamais leurs proches…

( j’exagère peut-être, mais je n’oublierai jamais toutes ces femmes que j’ai rencontrées et qui se battaient bec et ongles pour rendre visite à un de leurs proches emprisonnés….  ces « folles » comme on les appelait qui ont manifesté pendant des années  à Buenos Aires, ses femmes en Somalie qui n’hésitaient pas à affronter les hommes armés et…..dernière en ligne de cette gente, cette femme russe, âgée de plus de 90 ans survivante du siège de Stalingrad qui manifestait pour la paix en Ukraine dans les rues de Moscou, arrêtée manu militari par des jeunes policiers un peu gênés…)

Toujours est-il que, de la même manière que l’auteur l’a fait pour Simon de Cyrène, leurs noms sont donnés avec les précisions d’usage sur le nom de leurs enfants pour que l’audience sache de qui il s’agissait : il n’est pas précisé qu’une de ces femmes soit la mère de Jésus, encore une fois on peut supposer ce que ce n’était pas nécessaire… cependant comme tout est sujet de polémique dans les évangiles, étant donné cette fois-ci la doctrine de la virginité perpétuelle de Marie que certains veulent prouver et d’autres discréditer, dès que l’on nomme des enfants à une Marie, ça fait jaser… (et quant à Marie de Magdala…la supposée amoureuse de Jésus ou carrément femme, encore plus ).

Ce qui m’intéresse moi, plus précisément est qu’il est montré très clairement que ces femmes étaient des disciples, car non seulement elles le servaient depuis la Galilée mais en plus elles étaient venues avec lui à Jérusalem : première fois que leur importance est reconnue, leur nombre, et première fois que l’on peut les appeler disciples au sens fort du terme car elles se déplacent pour le suivre. Avant les femmes étaient vues comme les nombreux quémandeurs plus ou moins anonymes, demandant l’intervention de Jésus pour une guérison mais tout à coup, presque à la fin de cet évangile, on découvre qu’il y a tout un groupe de femmes qui suivent Jésus : c’est vraiment une nouveauté de les voir apparaître ici comme un groupe distinctif !

* * *

Dans ce récit on ne peut s’empêcher de remarquer que les disciples choisis par Jésus brillent par leur absence… de la même manière que tout au cours de ce récit, ils brillaient par leur incompréhension et leurs remarques déplacées et ceux qui l’honorent encore devant la Croix ce sont ceux qui sont en dehors du cercle des initiés, ou tout au moins du groupe de ceux auxquels on accorde généralement toute notre légitimité et qu’on a appelé apôtres à l’exclusion des autres dont on a promu et prolongé le statut avec la notion de succession apostolique. Les femmes n’étaient pas de ce cercle et les centurions romains ne l’étaient pas non plus..

L’autre remarque que je ferai et que Jésus était à peine mort que ceux qui n’y étaient pas, ont cherché dans les réactions de ceux qui y étaient à prouver dogmes et théories plus ou moins contradictoires : au lieu de contempler, en silence Jésus sur la croix, on ne cesse de pérorer sur la signification de sa mort...ce qui a rendu difficile pour moi, la (re) lecture de ce texte et m’a obligée à sortir de ce récit éprouvant car je ne pouvais pas ignorer tout ce qui avait été dit ou écrit là-dessus: on a besoin d’un minimum d’exégèse historique pour lire et comprendre un texte traduit et écrit il y a deux mille ans…

Ce n’est qu’en me rappelant d’expériences vécues auprès de prisonniers condamnés injustement, dont certains ont disparu sans laisser de traces, que j’ai pu entrer dans ce récit de la passion de Jésus. C’est sous cet angle là que cette passion que j’ai essayée de suivre pas à pas dans toutes les étapes décrites dans ce texte, m’a semblé d’une insoutenable réalité et révélatrice du mal qui existe en nous et dans le monde. Je ne crois qu’aucune des interprétations théologiques sujets de constantes polémiques n’arriveront jamais à épuiser le sens de ce Jésus crucifié . D’où mon appréciation pour la sobriété de cet évangile…

Ecce homo

P.S. Sur le thème de la déclaration du centurion, un article récent :IVERSON, K. R. (2011). A Centurion’s “Confession”: A Performance-Critical Analysis of Mark 15:39. Journal of Biblical Literature, 130(2), 329–350. https://doi.org/10.2307/41304204

Ash Wednesday

mercredi 2 mars 2022, Virginie,

mercredi des cendres, premier jour du carême

Le printemps continue d’arriver et les fleurs de pousser : la vie, le renouveau…

la guerre en Ukraine continue d’escalader : la destruction, la mort…

* * *

Les paroles que l’on prononce le mercredi des cendres, je les cite de mémoire,

« souviens-toi que tu es poussière et que tu redeviendras poussière »

sont tout à fait appropriées pour ces temps que nous vivons…

« tu es poussière » : ne te crois pas si important que ça, tu n’es pas grand-chose et si aujourd’hui tu te vois puissant, demain tu seras insignifiant…

* * *

C’est rassurant de penser à cela quand on voit la force des armées et de leur dirigeants se déployer devant nos yeux…

Ils semblent tellement invincibles…

C’est rassurant de réaliser que finalement un jour ou l’autre, eux, nous, tous, on se retrouvera dans la tombe…

tous égaux dans notre impuissance…

Ça nous ramène à notre juste mesure,

* * *

alors en attendant,

de disparaître de cette terre,

il nous faut continuer à avancer

confiants,

car le dernier mot de l’histoire ne nous appartient pas…

Il appartient à Celui

qui permet au printemps

de revenir bon an, mal an

réjouir notre cœur…

the weapons of the spirit

Le 26, février, la Virginie

On ne baisse pas les bras… tout le monde se mobilise contre la guerre après le choc initial…

Appels à la paix qui fusent de partout, condamnations de toutes sortes, manifestations dans la rue, aide humanitaire qui s’organise, veillées de prières œcuméniques qui se tiennent,

Parmi toutes ces réactions celles qui m’émeuvent le plus, ce sont celles qui émanent de la Russie : le courage de ceux qui vont à l’encontre de l’hystérie enivrante de voir se déployer les forces armées de son pays….

De ceux qui résistent l’attrait des nationalismes outranciers et les discours qui font vibrer les foules sur la grandeur, la gloire et l’amour de la patrie par des dirigeants narcissiques qui les haranguent pour qu’ils se battent pendant qu’eux sont bien tapis au chaud, le ventre repu, protégés par toute une armée de gardes du corps …

Devant tous ceux-là  qui n’ont pas peur d’être considérés comme des traîtres, injuriés et battus…

et qui en paient le prix fort par les arrestations qui vont bien souvent jusqu’aux exécutions sommaires..

oui, devant eux, moi, je tire mon chapeau…

* * *

Quel impact peuvent-ils avoir face aux armes de guerre ? Face aux tanks qui avancent dans les rues, face aux bombes qui s’abattent sur les villes ?

* * *

« The weapons of the Spirit » est le titre d’un documentaire sur un petit village de Chambon-sur-Lignon, en Auvergne qui pendant la deuxième guerre mondiale a permis à des enfants juifs d’être épargnés …

The weapons of the spirit : les armes de l’esprit qui sont les seuls que Jésus autorise ses disciples à adopter,

C’est bien difficile de croire qu’ils pourront vaincre…

C’était bien difficile pour les disciples de croire quand Jésus a expiré sur la croix après avoir crié

Seigneur pourquoi m’as tu abandonné ?

Que tout n’était pas perdu…

( et pour ceux qui aujourd’hui vivent sous les bombes et crient aussi…Seigneur pourquoi nous as-tu abandonné ?)

* * *

Mais l’histoire ne s’est pas arrêtée là, et ce cri Dieu l’a entendu, et à ce cri de Jésus, Dieu a répondu … on sait comment…, et il répondra encore à tous ces cris pour la paix, en Ukraine, en Russie et ailleurs…

P.S., le film documentaire : https://weaponsofthespirit.com/

La guerre: when will they ever learn?

illustration: Guernica de Pablo Picasso

Le 24 février, 2022, la Virginie

J’ai beau me boucher les oreilles, éviter de regarder les « live »sur Internet, me distraire de mille et une manières, je ne peux m’empêcher de penser à la guerre en Ukraine…

Une guerre annoncée, une guerre froidement préparée et calculée que certains ont cru pouvoir arrêter ou au moins retarder mais tellement planifiée de longue date qu’il a été impossible de dissuader le maître du Kremlin de la mettre à exécution : les autocrates ont tous les même comportements, les mêmes stratégies, peu importe leurs justifications, leur langage, leurs raisonnements, peu importe leur nationalité, c’est la même soif de puissance et de conquête qui les conduit

la même ivresse, la même folie destructrice

la même indifférence envers les morts qui s’accumulent au cours de leur marche effrénée vers ce qu’ils croient être la gloire…

et bien sûr, ils ne sont jamais seuls, ils sont entourés de toute une armée et de tout un peuple qui, bon an mal an, acceptent de les suivre…

L’armée nous dit-on et nous répète-t-on sur tous les tons…c’est pour faire la paix…

non monsieur, non madame, l’armée ça sert toujours à faire la guerre…la preuve…

* * *

Les guerres, il y en a beaucoup, et il y en a tout le temps mais celle-ci, elle me fait plus trembler, elle m’est plus proche car elle me rappelle qu’il y a une époque pas si lointaine, où ce genre d’action militaire a fini par déclencher la deuxième guerre mondiale…. et combien de morts y a t-il eu au total ? Les estimations sont entre 50 et 70 millions, un nombre inimaginable et combien de souffrance engrangée ? … impossible d’estimer cela : la souffrance ça ne peut jamais se mesurer et se comptabiliser…

Je ne sais plus qu’espérer : qu’il y ait une intervention militaire pour arrêter Poutine et pour dissuader le dirigeant chinois de suivre la même route en annexant les territoires qui « appartiennent » à la Chine en envahissant Taiwan…. ?

L’avenir du monde qui se profile, n’est pas rassurant !

(Du coup, cette fois-ci, on ne peut pas invoquer le motif religieux… ce ne sont plus chrétiens contre musulmans, protestants contre catholiques, orthodoxes russes contre je ne sais qui… ce sont les forts contre les faibles, tout simplement)

* * *

Ce qui se profile c’est un avenir apocalyptique… le commencement de la fin ?

Peut-être que oui ou peut-être que non. Dieu seul connaît le fin mot de l’histoire…..

Mais en attendant, comment vivre… .en se bouchant les oreilles ?

* * *

Ça fait plus de 2000 ans que Jésus nous a enseigné comment vivre en paix et ça fait plus de 2000 ans que l’on continue à s’écharper…

2000 ans…. Et combien de guerres depuis ? Qui saurait le dire ?

(En plus ces guerres, beaucoup d’entre elles se sont livrées au nom de très chrétiens souverains dont les empires se sont étendus de l’Ouest à l’Est et du Nord au Sud…..)

L’amour envers les ennemis passe toujours à la trappe….quand on a envie de se battre….surtout quand c’est pour pour la bonne cause  !

Un refrain me court dans la tête : celui d’une chanson de Peter Seegers  :

When will they ever learn ? When will they ever learn…

* * *

Jésus a dû savoir qu’on ne l’écouterait pas ou peu, c’est pour ça qu’il nous a prévenu,

« Vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres: gardez-vous d’être troublés, car il faut que ces choses arrivent. Mais ce ne sera pas encore la fin »

Gardez-vous d’être troublés, plus facile à dire qu’à faire, surtout quand c’est chez ses voisins que ça se passe…

Persévérez jusqu’à la fin, dit-il encore, continuez à vivre les valeurs du Royaume de Dieu : la paix , la vérité, la justice, l’amour, la compassion, le partage, le pardon ….

Veillez et priez…

Et quoi encore ?

« N’ayez pas peur, j’ai vaincu le monde »

Ça, il ne faut surtout pas que je l’oublie…

P.S Pour voir et entendre toutes les paroles de la chanson de Pete Seeger

https://www.azlyrics.com/lyrics/joanbaez/wherehavealltheflowersgone.html

En voilà un couplet

Where have all the soldiers gone, long time passing?
Where have all the soldiers gone, long time ago?
Where have all the soldiers gone?
Gone to graveyards, everyone.
Oh, when will they ever learn?
Oh, when will they ever learn?

Marmotte

Le 22 février, 2022, Virginie USA

Déjà..

Le printemps devrait venir, mais cette fois-ci, je ne sais pourquoi, je ne l’attends pas avec impatience…  je me demande ce qui a pu retenir mon attention ces derniers temps pour ne pas avoir cherché à noter les signes de son arrivée prochaine…

Comme il a fait très froid, est-ce parce que je me suis calfeutrée à l’intérieur et recroquevillée au près du feu pour m’isoler du monde…. ou est-ce que parce que des événements de l’actualité, particulièrement « les guerres ou rumeurs de guerres » en Ukraine ( mais aussi les présidentielles en France) ont capté toute mon attention ?

Pourtant je vis à la campagne et la venue du printemps ça se voit… : il suffit d’ouvrir les yeux et de regarder !

C’est dommage !

* * *

En fait d’une certaine manière, l’hiver quand on a de quoi se chauffer, ce n’est pas si triste : on peut rester bien au chaud et ignorer ce qui se passe de l’autre côté de sa porte…Le monde peut brûler nous ça ne nous concerne pas…tant qu’on est bien à l’abri et que ce n’est pas sa maison à soi qui brûle…

Ce qui veut dire que…

l’arrivée du printemps , c’est devoir sortir de son hibernation et de son engourdissement…arrêter de somnoler et de dodeliner de la tête…

et être obligé d’affronter vents et tempêtes,

Alors, finalement,

l’arrivée du printemps

c’est dérangeant !

* * *

Laisse ce globe tranquille. Je n’en veux plus ( dit la fleur du petit Prince)[…]

Il faut bien que je supporte deux ou trois chenilles si je veux connaître les papillons. Il paraît que c’est tellement beau !

Et le printemps aussi, après tout, c’est tellement beau !

Paroxysme… le cri

Le 17 février, 2022, de retour chez nous..

Marc 15 : 33-38

On en arrive presqu’à la fin…quand la mort qui s’approche apparaît comme un soulagement…mais avant qu’elle n’arrive…

La sixième heure étant venue, il y eut des ténèbres sur toute la terre, jusqu’à la neuvième heure.

Et à la neuvième heure, Jésus s’écria d’une voix forte: Éloï, Éloï, lama sabachthani? ce qui signifie: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?

Quelques-uns de ceux qui étaient là, l’ayant entendu, dirent: Voici, il appelle Élie.

Et l’un d’eux courut remplir une éponge de vinaigre, et, l’ayant fixée à un roseau, il lui donna à boire, en disant: Laissez, voyons si Élie viendra le descendre.

Mais Jésus, ayant poussé un grand cri, expira.

Le voile du temple se déchira en deux depuis le haut jusqu’en bas


le premier cri

La dernière phrase que Jésus a prononcé quand on le voit encore combatif mais serein, c’est quand il s’est identifié comme le roi des juifs en répondant à la question de Pilate, le représentant de l’autorité romaine… Pilate l’interrogea: Es-tu le roi des Juifs? Jésus lui répondit: Tu le dis.

Depuis lors il n’a pas prononcé un seul mot : on le décrit sous les coups des gardes, sous les insultes, sous les crachats, sous les moqueries, affublé d’une couronne d’épines, on le décrit en route vers le Golgotah, on donne même quelques détails sur le moment où on l’attache à la croix, mais il reste silencieux : il encaisse sans rien dire (aucune de ses paroles ne nous est rapporté) jusqu’à ce que finalement, il n’en peut plus… il craque dirait-on…

Et à la neuvième heure, Jésus s’écria d’une voix forte: Éloï, Éloï, lama sabachthani? ce qui signifie: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?

Après ce long silence, ce cri est effrayant…. C’est comme si après avoir supporté cette douleur intense, après avoir écouté sans répliquer toutes ces insultes horribles, il n’en pouvait plus de se taire… comme si après avoir tenu le coup si longtemps et si vaillamment, était arrivé le moment où toute la souffrance des dernières heures avaient atteint leur paroxyme et tenaient dans cette phrase terrifiante…

Éloï, Éloï, lama sabachthani? […] Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?

(Ce cri rapporté en araméen, en atteste l’authenticité : c’est dans sa langue maternelle que l’on crie sa souffrance et le fait que ce cri soit un verset d’un psaume ne lui enlève rien de sa spontanéité)

Le Jésus combattant, puis résistant, crie de toutes ses forces sa souffrance, son incompréhension peut-être, sa révolte même devant la dureté de son sort, devant cette coupe qu’il savait allait être amère mais à ce point?

Ce cri, sans aucun doute est un reproche envers Celui qu’il a toujours appelé père et qui à ce moment là le laisse tomber…

Il ne faut pas avoir peur de l’entendre dans toute sa détresse et son désespoir..

* * *

Expérience terrible de l’absence de Dieu,

au moment où l’on a le plus besoin de lui

Mourir est une chose

mais mourir dans l’ignominie en est une toute autre…

* * *

le deuxième cri

Pourtant ce n’est pas encore la fin, face à sa détresse la plus complète, à son questionnement angoissant, aucune empathie ne lui est accordée par ceux qui sont là, c’est l’incompréhension totale, pire encore, le voilà l’objet d’une insulte de plus, d’une dernière moquerie qui souligne son impuissance et son bannissement, son statut de damné…

Quelques-uns de ceux qui étaient là, l’ayant entendu, dirent: Voici, il appelle Élie.

Et l’un d’eux courut remplir une éponge de vinaigre, et, l’ayant fixée à un roseau, il lui donna à boire, en disant: Laissez, voyons si Élie viendra le descendre.

Combien de temps s’est- il écoulé entre le premier et le deuxième cri : une éternité ?

Mais Jésus, ayant poussé un grand cri, expira.

Finalement, le deuxième et ultime cri, tellement transperçant, tellement déchirant, que « le voile du temple se déchira en deux depuis le haut jusqu’en bas ?

Mais maintenant au moins, le supplice est terminé….l’agonisant s’est tu… on ne l’entendra plus gémir, on ne le verra plus souffrir, tout est fini….

Le récit va se tourner vers les spectateurs ceux qui sont restés là à le regarder, les femmes qui se tenaient à distance et ceux qui étaient chargés de le garder…

* * *

On ne peut pas lire ce récit sans le vivre…

Ce cri de Jésus, il me résonne dans les oreilles car il rejoint tous les cris de ceux qui sont morts après une longue agonie … ces cris effrayants qui retentissent partout depuis bien longtemps,

Dieu pourquoi nous as-tu abandonné ?

Pourquoi as-tu laissé assassiner l’innocent, l’enfant, le faible, le sans défense

Pourquoi n’es-tu pas intervenu pour les descendre de leurs croix et les sauver

Pourquoi ?

Pourquoi n’as-tu pas sauvé ce vieux prêtre des coups de couteau de son assaillant dans l’église de Saint Étienne du- Rouvray …dont  le procès de l’attentat se déroule aujourd’hui en France…

Pourquoi n’as-tu pas sauvé non plus cette petite Maëlys des griffes d’un nommé Lelandais que l’on vient de condamner à perpétuité…

et combien d’autres enfants encore auraient eu besoin d’être sauvés, dont on ne connaît pas les noms et dont on ne retrouvera jamais les corps

Pourquoi ?

* * *

Cette question terrible, il fallait la poser,

Cette question redoutable il fallait oser la hurler

Et où mieux le faire que sur une croix à l’agonie

et qui de mieux pour le faire que Jésus,

Le Fils ?

* * *

Pour cet ultime cri de révolte,

Merci, à toi, Jésus

Tu l’as fait en notre nom

Pour nous tous, tu as hurlé l’angoisse du désespoir

et personne ne pourra jamais faire taire ton cri!

Hospitalité

Le 12 février, 2022, banlieue de Washington DC

Hospitalité 

Tout est prêt : mais cette fois-ci ce n’est pas moi qui reçois, c’est moi qui suis reçue !

Tout est prêt pour vous : comme il fait chaud au cœur ce message que l’on reçoit avant d’arriver, en plus de celui du geste  de l’enfant qui nous offre un bouquet de fleurs cueillies dans le jardin à l’arrivée, ou nous prend par la main pour nous montrer  un grand sourire aux lèvres, la chambre bien rangée et décorée qui a été préparée pour nous…

La joie d’être accueilli à l’arrivée… aussi grande que celle d’accueillir soi-même…

* * *

Les histoires de la bible en sont pleines de ces histoires d’hospitalité, surtout celles offertes à des inconnus qui sont de passage et s’avèrent être des anges ou des prophètes…

« N’oubliez pas l’hospitalité; car, en l’exerçant, quelques-uns ont logé des anges, sans le savoir » (Hébreux)

Et au cas où on n’aurait pas envie…

« Exercez l’hospitalité les uns envers les autres, sans murmures. »( Pierre)

L’hospitalité spontanée est vraiment une caractéristique des gens des contrées du sud, (en tout cas ce sont eux qui me l’ont enseigné)

* * *

« Tout est prêt pour vous » nous dit Dieu, le Berger, dans ce fameux psaume :

Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis ; tu répands le parfum sur ma tête, ma coupe est débordante.

(Je ne me souviens que trop bien de ce parfum que l’on m’a aspergé sur les cheveux, quand j’ai été invitée dans la maison d’une famille djiboutienne)

Et il y a la promesse finale , la promesse ultime,

celle de l’hospitalité de Jésus tout à la fin….celle qui me soutient quand je me pose trop de questions sur ce qui pourra bien se passer après la mort au milieu de la cacophonie des milles et une théories et théologies sur le sujet…

« Que votre cœur ne se trouble point. Croyez en Dieu, et croyez en moi. Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. Si cela n’était pas, je vous l’aurais dit. Je vais vous préparer une place. Et, lorsque je m’en serai allé, et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous y soyez aussi.… » ( Jean 14…)

Que pourrait-on désirer de plus ?