De la lumière véritable

le 30 juin, 2022, Auvergne,

(Belles journées…)

Jean 1 : 8-9

Il [Jean] n’était pas la lumière, mais il vint pour rendre témoignage à la lumière. Cette lumière était la vraie lumière qui, en venant dans le monde, éclaire tout être humain.

Après avoir mentionné le témoignage de Jean, on continue avec cette déclaration de foi en Jésus, et il faut que je me souvienne… que la question de l’authenticité ou de l’historicité de cette déclaration n’est pas à l’ordre du jour : ce ne sont pas les paroles de Jésus qui nous sont rapportées, mais celles d’un disciple de Jésus ( au sens a minima d’un adepte du mouvement de ceux qui croient en Jésus, qu’il ait été lui-même témoin oculaire ou pas) et que les membres de ce groupe naissant que l’on appellera plus tard l’église, ont décidé qu’il fallait garder car ils énonçaient une vérité fondamentale sur qui était Jésus.

On se retrouve de nouveau, devant un élément incontournable de la lecture ou de l’étude de l’évangile, celui des intermédiaires : on ne peut aborder ces textes qui parlent de Jésus sans faire confiance aux hommes et femmes de foi témoins oculaires de sa vie, à ceux qui les ont entendus raconter ce qu’ils ont vécu, à ceux qui les ont rapportés et transmis, et à tous ces anonymes qui ont contribué à l’écriture, à la validation et à la sauvegarde de ce texte qui est parvenu jusqu’à nous.

(Qu’aujourd’hui des exégètes s’intéressent à leur élaboration et essaient d’en percer le mystère et d’en discerner les motivations ou cherchent à connaître la mentalité de leurs lecteurs, n’a aucune raison d’entamer notre attitude de foi et de confiance en leur validité… à moins que le but soit nommément de chercher à les discréditer pour des raisons qui n’ont rien d’une attitude scientifique. Les nouvelles thèses d’interprétation , éclairent mais ne remettent pas en cause leur ensemble, elles portent sur des questions secondaires. Depuis la découverte des manuscrits des caves de Qumran on n’a pas trouvé d’autres documents qui remettent en cause ceux des textes de l’évangile que l’on a. On doit donc faire avec…)

« la vraie lumière/ ou la lumière véritable »

Après, le Logos, la Parole, le Verbe, l’auteur revient à parler de Jésus comme la lumière. Jésus n’est pas présenté comme celui qui sauve mais celui qui éclaire….c’est vraiment une nouveauté… en tout cas par rapport à Marc où l’on parle de fils de David, de « Fils bien aimé », de fils de Dieu, de Messie mais pas de lumière…Même si ce n’est pas un concept nouveau dans la littérature juive de parler de lumière à propos de quelqu’un de notable, il est appliqué à Jésus, d’une manière absolue : il est la lumière…

« vraie/véritable »

et l’auteur continue à insister sur le caractère unique de Jésus comme lumière en le contrastant semble-t-il avec Jean…qui n’était qu’un témoin. Pourtant le texte ne suggère pas que Jean était une fausse lumière, mais la précision montre qu’il y a une insistance de la part de l’auteur sur le fait que Jésus, le Verbe, le Logos, est la lumière pour qu’on ne s’y trompe pas qu’on n’en mette pas un autre à sa place

qui éclaire tout être humain,

Il y a une universalité étonnante….c’est à l’humanité toute entière…que cette lumière est dirigée, et non pas à un groupe particulier d’hommes et de femmes, à une époque où la distinction juifs/non juifs était au centre de l’appartenance identitaire des disciples. Ils auraient bien été incapables de dire si être juif était une appartenance religieuse, culturelle, ethnique, ou encore nationale et politique, tellement tous ces éléments étaient présents dans leur identité. Le concept de laïcité, à la française, leur aurait été totalement étranger et l’idée de tolérance comme on l’entend aujourd’hui incompréhensible aussi. La tolérance était exprimée dans la loi juive au niveau pratique à travers les devoirs énoncés envers les « étrangers »

(« Tu n’exploiteras ni n’opprimeras l’immigré car vous avez été des immigrés au pays d’Égypte. » (Ex 22, 20). « Six jours, tu feras ce que tu auras à faire. Mais le septième jour, tu chômeras afin que ton bœuf et ton âne se reposent et que le fils de ta servante et l’émigré reprennent leur souffle »Ex 23)

Mais la tolérance n’avait rien à voir avec approuver les croyances et convictions des autres . Là-dessus, la loi était très claire : tu n’adoreras qu’un seul Dieu et c’est le Dieu d’Israël…tout le reste était idolâtrie…et donc condamnable.

On a du mal à comprendre aujourd’hui ce qu’avait pu signifier pour les disciples de Jésus d’accepter parmi eux des personnes qui n’étaient pas juives : on cite l’expérience de Pentecôte où des gens parlant des langues différentes comprenaient le message des disciples, mais c’était probablement des juifs de la diaspora qui étaient venus à Jérusalem pour les fêtes. La grande découverte de Paul, et le grand mystère qui lui a été révélé, c’est que le salut en Jésus Christ était aussi ouvert aux non juifs car c’était la grâce qui le rendait possible. Il est le seul parmi les disciples ( n’étant pas lui-même un vrai disciple d’ailleurs car il n’a pas suivi Jésus de son vivant) à avoir cette vision…Évidemment quand cet évangile a été rédigé, il y avait déjà beaucoup de « chrétiens » qui n’étaient pas juifs, le grand pas avait donc été franchi.

* * *

En tout cas pour moi au 21ème siècle, que Jésus soit présenté comme la vraie lumière qui, en venant dans le monde, éclaire tout être humain, ça me parle directement….car le besoin d’y voir clair me semble fondamental et tellement difficile à obtenir étant donné l’offre infinie d’articles qui nous sont proposés, par des auteurs se présentant comme ayant la lumière, la révélation, ou tout simplement le remède ou la solution à notre mal du moment, et cela bien souvent en opposition aux autres qui selon eux ne disent que mensonge et sont à éviter comme la peste…C’est difficile de s’y retrouver ! Parler de Jésus comme celui qui nous permet de voir clair est un soulagement, un lieu de confiance, une citadelle de certitude dans un monde de confusion et de contradictions.

D’autre part, le fait que Jean ait été présenté comme celui qui n’est pas la lumière mais un témoin de la lumière, nous donne un enseignement fondamental en faisant une mise en garde nécessaire  : on a tellement la tentation de traiter quelquefois les prédicateurs, théologiens ou pourquoi pas prophètes de renom, parce qu’ils parlent bien, parce qu’ils maîtrisent le sujet, ( et on dit dans le langage courant, qu’ils sont des lumières) comme s’ils savaient tout, comme s’ils ne se trompaient jamais, comme s’ils pouvaient nous donner une réponse à toutes nos questions… comme s’ils pouvaient nous diriger sans qu’on ait à penser pour nous-même… Aussi bon soient-ils, ( et Jean était quelqu’un d’extraordinaire), ils ne sont pas la lumière… ils ne font que rendre témoignage ! N’en faisons pas nos idoles….

Pour aller plus loin : l’article ne traite pas particulièrement de l’évangile de Jean mais de l’attitude d’un croyant envers le texte biblique.

Sonnet, J.-P. (2013). La Bible et l’histoire, la Bible et son histoire: une responsabilité critique. Gregorianum, 94(3), 455–477. http://www.jstor.org/stable/24432853

Time goes by

le 28 juin, 2022, Auvergne

Moins une minute !

Moins une minute annonce d’une voix indifférente une femme dont on ne voit pas le visage…

Moins une minute…

l’annonce m’a fait sur sursauter !

on commence le compte à rebours, me suis-je dit,

le temps avance

le temps s’écoule,

ou au contraire recule-t-il ?

*   *   *

C’est normal en fait qu’il y ait une minute de moins de soleil

l’autre jour c’était le solstice d’été,

et c’était rassurant d’entendre

avant

une minute de plus,

puis une autre, puis une autre,

rassurant d’entendre

que l’obscurité s’éloignait

et la lumière elle, elle avançait…

* * *

Évidemment, il y a des pays où le soleil se couche toujours à la même heure, ça m’avait profondément dérouté au début : le ciel s’assombrissait, les nuages arrivaient, et je croyais que c’était la pluie qui s’annonçait… mais non, c’était tout simplement la tombée de la nuit…

et puis, il n’y avait pas de printemps, ni d’été, et surtout pas d’automne et encore moins d’hiver, et moi instinctivement, j’attendais le froid qui ne venait pas…et qui nous donne envie de nous recroqueviller et entrer dans notre carapace…

le corps vivait à un autre rythme, à un autre cycle, celui des fleurs multicolores qui ne cessent de pousser, des feuilles qui ne tombent pas et ne jonchent pas le sol, des paysages toujours verdoyants,

de la vie qui surgit de partout…

pas seulement le corps mais aussi la tête en étaient altérés

et malgré les malheurs, malgré la violence, malgré les disparitions, malgré les assassinats, la vie reprenait le dessus, la mort ne s’installait pas et n’empêchait pas à la vie de resurgir sans devoir passer par le temps obligé des hivers longs et tristes…

la Résurrection n’était jamais loin,

même si on faisait honneur à la Passion avec larmes, gémissements et processions,…

(Alors moi aussi, je m’y suis habituée)

* * *

Mais voilà ici c’est différent…

Il y a quelque chose d’angoissant

à l’idée que la lumière va s’amenuisant

et l’obscurité grandissant….

une minute de moins de soleil….

Est-ce une minute moins de vie ?

* * *

L’hiver cependant est encore loin,

et le froid encore plus,

alors en attendant

qu’une minute de moins,

redevienne une minute de plus,

avant qu’elles ne s’égrènent toutes,

une par une

je saurai marcher allègrement

dans la lumière éphémère

du jour d’aujourd’hui

* * *

« Jésus leur dit: La lumière est encore pour un peu de temps au milieu de vous. Marchez, pendant que vous avez la lumière, afin que les ténèbres ne vous surprennent point: celui qui marche dans les ténèbres ne sait où il va »

Dimanche, jour de repos

Dimanche après-midi, 26 juin 2022, Auvergne

Je devrais faire ceci

ou cela

ranger ces affaires qui traînent

ou cette vaisselle sale

laissée

en attente,

dans l’évier,

***

je devrais peut-être aussi,

regarder mes mails accumulés dans ma boîte,

en lire quelques uns,

répondre à certains

et en supprimer d’autres

***

je devrais certainement,

chercher pour demain,

les vêtements dont j’aurais besoin,

et établir une liste,

de ce que je dois impérativement

terminer la semaine qui vient,

***

mais on n’est pas encore

lundi,

ni dimanche soir,

le soleil ne s’est pas couché

et il ne fait pas nuit,

on est seulement,

dimanche après-midi,

***

Alors, j’ai le droit de traîner,

encore un peu

si j’en ai envie,

***

dimanche, jour de repos

dit-on

alors,

ça doit servir à ça,

les dimanches après-midi….

***

Vive les dimanches après-midi!

Des limites de la sagesse

22 juin, 2022, Auvergne

En vrac,

Hier c’était le solstice d’été : on est donc officiellement en été… après la canicule, on nous annonce encore et toujours des orages mais peine perdue : le ciel s’assombrit, on entend les coups de tonnerre et encore plus déconcertant, sur mon portable la météo montre qu’il pleut ici, mais pas une seule goutte d’eau, ou au moins si peu que la terre est à peine mouillée…c’est toujours aussi sec…heureusement quand même que les tuyaux qui conduisaient aux fontaines du village ont été débouchées…alors l’eau est revenue et on peut au moins y puiser pour arroser les jardins…

Actualités

Évidemment après les résultats inattendus des élections législatives, surtout la percée du parti FN ( même pour la cheffe du parti qui ne s’attendait pas à avoir tant de sièges) les experts s’en donnent à cœur joie avec leurs analyses… et leurs prédictions de fin du monde. Moi je trouve que ça risque d’être vivant et qui sait où va conduire ce renouvellement de la classe politique française … C’est bien que ceux qui étaient dans la rue maintenant soient représentés au parlement et tout le monde va être obligé de mûrir … y compris le Président…. il va falloir proposer, discuter et essayer de construire au lieu de hurler des insultes…ou de se mépriser… Bref, il y a du travail sur la planche : c’est pas gagné d’avance !

De l’autre côté de l’Atlantique, la Colombie a connu un séisme politique mais sans violence, de quoi se réjouir ! Pour la première fois dans son histoire un gouvernement de gauche a été élu avec comme président, un ancien du groupe guérillero M19… après que leur premier candidat après l’amnistie de 90 se fasse assassiné la même année avec beaucoup d’autres …

Je me rappelle bien « les exploits » du M19 à l’époque où beaucoup finissaient en prison… lieu où j’en ai rencontré quelques uns .. . pas l’actuel président qui n’y a jamais été , … mais je me souviens encore de conversations que j’avais eu avec eux et de leurs rêves pour ce qu’ils appelaient à l’époque « el proyecto histórico »… mais de cela ça fait 30 ans déjà et ils n’auraient jamais cru que l’un des leurs devienne un jour président… je déplore seulement que trop de sang a coulé depuis….de part et d’autre !

Et plus au nord, c’est toujours la cata…. je ne me fais pas beaucoup d’illusions que les révélations ( qui n’en sont pas vraiment ) sur la prise du Capitole au 6 janvier et la tentative de Trump et de ses collaborateurs de renverser les résultats des urnes pour garder le pouvoir, fassent changer d’avis les inconditionnels de ce président. Quand on est complotiste, il n’y a ni évidence, ni témoignage qui tienne. Il devrait être jugé et inculpé pour acte de sédition mais je doute qu’il le soit…. En plus je viens d’apprendre que la Cour Suprême vient de statuer en faveur du lobby des armes… de quoi être dégoûté, pour un groupe de juges qui se disent « prolife »contre l’avortement mais aussi « proguns »….l’hypocrisie religieuse n’a pas de bornes…. ( trois de ces juges sont des catholiques bien pratiquants)

Pendant ce temps, la guerre en Ukraine continue, presqu’en sourdine maintenant, elle ne fait plus la Une des journaux : les gens continuent de mourir, les soldats continuent de tuer, de torturer et de violer, les villes continuent d’être détruites, les enfants (et pas seulement eux) continuent de pleurer….et les vendeurs d’armes continuent de se frotter les mains. Une fois qu’un pays entre dans le cycle de la guerre, qui arrivera à l’en sortir… On veut négocier seulement après avoir gagné des victoires militaires sur le terrain et pour cela, il faut détruire et détruire, tuer et tuer…

* * *

La pluie tant attendue est finalement venue et la terre a étanché sa soif… après la pluie le beau temps dit-on dans nos pays où on l’on se prosterne l’été devant le roi soleil en se faisant bronzer la pilule…., mais dans d’autres où la sécheresse est le pain quotidien, le beau temps c’est la pluie…

(comme me l’avait expliqué un des mes élèves quand je lui demandais de me décrire un jour de beau temps…)

La roue tourne : les êtres humains se battent et se réconcilient, détruisent et reconstruisent, on se croirait en plein milieu de ce livre de la bible appelé l’Ecclésiaste dont on n’est pas très sûr quel est l’auteur ( comme par hasard) et qu’on s’étonne qu’il ait trouvé sa place dans les livres sacrés de la Torah…mais qui comme il dit des choses qui sont encore vraies aujourd’hui, il pourrait être n’importe quel sage,

Il y a un moment pour tout et un temps pour toute activité sous le ciel:
un temps pour naître et un temps pour mourir,

un temps pour planter et un temps pour arracher ce qui a été planté,

un temps pour tuer et un temps pour guérir,

un temps pour démolir et un temps pour construire,

un temps pour pleurer et un temps pour rire,

un temps pour se lamenter et un temps pour danser,

un temps pour lancer des pierres et un temps pour en ramasser,

un temps pour embrasser et un temps pour s’éloigner des embrassades,

un temps pour chercher et un temps pour perdre,

un temps pour garder et un temps pour jeter,

un temps pour déchirer et un temps pour coudre,

un temps pour se taire et un temps pour parler,

un temps pour aimer et un temps pour détester,

un temps pour la guerre et un temps pour la paix.

Apparemment, si on en restait là, comme on a tendance à le faire, quand par paresse on ne lit qu’un passage du texte …l’auteur semble un de ces sceptiques, désabusés, qui ne trouvent ni queue ni tête à ce monde dans lequel on vit, où l’être humain règne en partage pour le meilleur mais surtout pour le pire… où la résignation ne semble plus que la seule issue… ou plutôt le jouir quotidien si on ne retient que cette option de vie en apparence toute épicurienne…

Mais il ne faut pas en rester là… si l’auteur nous partage ses observations qui ne sont pas particulièrement optimistes mais que lui qualifierait de réalistes, il n’en conclut pas pour autant en l’absurdité du monde ni non plus que l’on doive baisser les bras ou se lamenter …

«  J’ai vu quelle occupation Dieu réserve aux humains.
Il fait toute chose belle au moment voulu. Il a même mis dans leur coeur la pensée de l’éternité, même si l’homme ne peut pas comprendre l’oeuvre que Dieu accomplit du début à la fin.

J’ai reconnu que leur seul bonheur consiste à se réjouir et à bien agir pendant leur vie,
et que, si un homme mange, boit et prend du plaisir dans tout son travail, c’est un cadeau de Dieu 
»

La sagesse humaine, si elle reste seulement humaine ne conduit nulle part, elle nous fait tourner en rond, elle est vide et vaine et elle ne pourra jamais étancher notre soif. Ça l’auteur de ce livre étonnant de la bible le dit haut et fort…Car finalement la conclusion de tout ce discours qui s’étale pendant 11 chapitres:

«Crains Dieu et respecte ses commandements, car c’est ce que doit faire tout homme.
En effet, Dieu amènera toute œuvre en jugement, et ce jugement portera sur tout ce qui est caché, que ce soit bon ou mauvais.»

Ce n’est pas une appel à craindre ou à croire en un Dieu, père fouettard qui termine ce livre mais en l’assurance que la vie a un sens car il y a et il y aura une vraie justice dont Dieu est le garant même si au jour le jour, de notre point de vue humain limité ça ne semble pas être toujours le cas. Le pragmatisme de l’auteur est que ça vaut la peine de continuer à vivre dans l’intégrité quoiqu’il arrive …. et aussi pourquoi pas de profiter de la vie au jour le jour…

* * *

Pour aller plus loin,

lire tout le livre en entier…https://www.universdelabible.net/lire-la-segond-21-en-ligne/ecclesiaste

Dell, K. J. (1994). Ecclesiastes as Wisdom: Consulting Early Interpreters. Vetus Testamentum, 44(3), 301–329. https://doi.org/10.2307/1535209

En anglais un article qui explique comment ce livre a été compris et commenté

FAURE, P. (1998). JOSEPH LE TOBIADE, INSPIRATEUR DE L’ECCLÉSIASTE? (Flavius Josèphe, Ant. Jud., XII, 160-224). Revue Des Études Grecques, 111(1), 331–333. http://www.jstor.org/stable/44261548

Un texte court qui débat sur l’identité de l’auteur de ce livre et la raison pour laquelle il a été difficilement inclus dans les écritures.

Contre les prophètes auto proclamés

le 16/20 juin 2022, Auvergne,

(Canicule mais chance d’être à la campagne et  dans une vieille maison en pisé et en pierre, il fait 35 + dehors mais 20 dans la maison… Pendant ce temps là, les colombiens ont élu pour la première fois un président de gauche… les français ont élu des députés de partis reconstitués qui remettent en cause la majorité présidentielle ce qui n’est pas si mal )

Je continue à lire des articles sur cet évangile de Jean et à m’étonner qu’ils soient légions… ce qui me retire toute prétention si j’en étais tentée, de faire de ces lignes, une véritable étude biblique qui serait une parole innovante ou définitive sur la question, expression d’une autorité divine quelconque. Ces lectures me recadrent et m’obligent à rester dans mon intention première de partager mes interrogations et mes certitudes, mes émerveillements et mes perplexités et surtout ma tentative plus générale de trouver dans l’évangile un guide de vie qui jette un éclairage sur ce qui me semble obscur et confus dans le monde qui m’entoure (une lumière qui éclaire mais n’aveugle pas).

Ces réflexions sont un simple compte rendu de mon compagnonnage avec le texte..

* * *

Jean 1 : 6-9

Il y eut un homme envoyé de Dieu ; son nom était Jean.

Il vint pour témoigner, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui.

Celui-là n’était pas la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière.

Le Verbe était la lumière véritable, qui éclaire tout homme ; il venait dans le monde.

(Cette fois-ci je retiens la traduction de la bible de Jérusalem en français : je la trouve plus poétique)

On redescend sur terre, on se retrouve dans la Palestine du 1er siècle, étonnamment pour un texte qui a commencé aux origines et surprenant aussi car c’est de Jean ( le baptiste comme on l’appelle quelquefois) que l’auteur commence par nous parler et pas de Jésus. En ce sens, cet évangile qui semble être aux antipodes de celui de Marc le rejoint  : pas de généalogie comme chez Mathieu, ni de vierge Marie ou de Joseph sur lesquels on s’attarde comme chez Luc, mais la mention de Jean, dès la première phrase du texte si son considère que « l’évangile de Jésus, fils de Dieu » est un titre :

« Il est écrit dans Isaïe, le prophète : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour ouvrir ton chemin.Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.Alors Jean, celui qui baptisait, parut dans le désert. Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés »

En ce sens, cet évangile à ce moment là s’inscrit dans l’histoire pour ne pas dire devient « historique » car il introduit l’existence de quelqu’un qui est connu, ( mentionné d’ailleurs dans des sources indépendantes des évangiles dans les écrits de Flavius Joseph) même si l’auteur de cet évangile ne nous donne pas de détail à ce moment là ( il le fera plus tard) contrairement à Marc qui s’attarde sur lui dès le début : on continue sur le même mode allégorique et poétique.

La mention de Jean apparaît donc à première vue comme une intrusion ( on se demande ce qu’il vient faire là au milieu d’un hymne au « Logos » qui existe de toute éternité ) mais il est essentiel pour faire revenir sur terre ce début d’évangile et lui donner un socle solide et ainsi permettre qu’on ne s’égare pas dans le monde imaginaire et imaginé du gnosticisme avec sa terminologie de lumière et ténèbres qui appartiennent à des courants de toutes sortes et qui réapparaissent aujourd’hui regroupés sous le vocable générique du new age…

(certains exégètes voient dans cette mention le fait que Jean étant encore très populaire, il fallait rectifier la donne et ne pas permettre qu’il supplante Jésus.)

Toujours est-il que dans deux autres évangiles, celui de Mathieu mais surtout celui de Luc, c’est la mère de Jésus qui ancre le récit dans la temporalité et la réalité concrète d’une grossesse vécue et assumée même si le fait qu’elle soit associée à une conception virginale brouille un peu les pistes. Ici la filiation humaine de Jésus est complètement laissée de côté, c’est Jean, ce homme un peu fou, vêtu en peau de chameau, qui donne son sceau d’authenticité à l’existence terrestre du Logos, appelé lumière, qui est venu dans le monde pour éclairer les hommes. Personne ne saurait douter de l’existence de Jean, ni qu’il ait prêché ni qu’il ait connu Jésus dont le nom n’a pas encore été mentionné….

Il vint pour témoigner, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui.

Quelle belle formule ! Rendre témoignage à lumière, même pas la refléter, encore moins se l’approprier, mais diriger le regard des autres dans une direction qui ne soit pas nous-même…quel privilège aussi de jouer ce rôle , quelle belle mission que celle-là….

* * *

Cette histoire de Jean qui apparaît au milieu de ce texte m’a un peu déconcerté au début car on a l’impression qu’il arrive comme un cheveu sur la soupe… ( encore une fois, je ne doute pas qu’il puisse y avoir des raisons contextuelles historiques pour qu’il soit mentionné) mais après coup la nécessité de son existence m’a ouvert des perspectives intéressantes.

D’abord ça en dit long sur Dieu …

(considérant que le sceau de l’Esprit Saint est sur ce texte…sinon s’il n’est que le résultat fortuit d’une rédaction individuelle, dictée uniquement par les circonstances extérieures et le talent de l’écrivain, alors il vaut mieux passer son chemin… il n’y a pas de lecture méditative possible sur ce passage, seulement une analyse froide et conceptuelle…)

La mention de Jean, montre que son existence est aussi l’initiative de Dieu, programmée de longue date puisque le point de départ de cette réflexion est la Genèse. Dieu a estimé que Jésus avait besoin d’un messager dans Marc, devenu témoin ici qui le précède : il ne l’a pas parachuté tout d’un coup sans nationalité, sans affiliation religieuse comme un extra-terrestre, il arrive après une longue histoire, celle du peuple juif où Il se révèle de mille et une manière dans un monde où empires et royaumes se font et se défont. Celui qui n’est pas encore nommé arrive annoncé… Il n’est pas une notion, une idée, une pensée chimérique, malléable à souhait, créée par un auteur particulièrement doué pour susciter l’imaginaire du lecteur potentiel.

La deuxième est que l’humilité de Jésus dont on parle bien volontiers est inscrite dans son ADN . Il ne pouvait pas se présenter tout seul et dire « me voici »…ou « je suis là » ou « c’est moi » ou encore « je suis la lumière » comme ça, tout de go, il fallait que quelqu’un d’autre le dise d’abord et en fasse l’annonce… Dieu n’a pas voulu qu’il puisse venir sur terre et se présenter comme un être auto suffisant, autonome, indépendant,qui en quelque sorte aurait été auto engendré…

Est-ce parce que la tentation aurait été trop grande, une fois sur terre, de vouloir être un rival de Dieu, comme l’est devenu un certain Lucifer qui a pu entraîner à sa suite le premier homme et la première femme avec les conséquences catastrophiques que l’on connaît ?

Il n’y a rien de plus dangereux pour l’humanité que les prophètes ou gourous de toute sorte auto proclamés, qui réclament souvent une soumission et une loyauté sans faille et qui alors qu’ils promettent la vie et la lumière, finissent par entraîner leurs adeptes sur un chemin de ténèbres et d’auto destruction…

Il n’y a rien de plus dangereux aussi pour nous de nous auto proclamer prophète… à peine témoin devrait-on être et c’est déjà beaucoup…

N.B. Mes commentaires sur le texte de Marc (http://simone-over-blog.over-blog.com/2019/09/marc-1-6-9.jean-baptiste-prophete-exemplaire.ecolo.html)

Quelques lectures…Amphoux, C.-B. (2017). L’IDENTITÉ ET LA FONCTION DE JEAN LE TÉMOIN (JN 1, 6). Revue Des Sciences Philosophiques et Théologiques, 101(1), 31–48. http://www.jstor.org/stable/44630270

Boyarin, D. (2001). The Gospel of the Memra: Jewish Binitarianism and the Prologue to John. The Harvard Theological Review, 94(3), 243–284. http://www.jstor.org/stable/3657424

Ed. L. Miller. (1993). The Johannine Origins of the Johannine Logos. Journal of Biblical Literature, 112(3), 445–457. https://doi.org/10.2307/3267744

Dans la salle d’attente

Le 17 juin, 2022, Auvergne,

Vie à la campagne

Dans la salle d’attente, on cause et on cause…

les patients attendent patiemment…

(le docteur bienveillant reçoit tout le monde et même si on a un rendez-vous, l’attente est la même : il faut attendre son tour car il semble que tout le monde a eu son rendez-vous à la même heure…)

Deux hommes qui semblent se connaître parlent des fermes alentours, du nombres de vaches qu’ont les uns et les autres,

de quelqu’un qui a eu la chance de s’en sortir et qui est encore vivant… ( que lui est-il arrivé ?)

De la sécheresse, de la coupe des foins,

et comme ils ont un certain âge de ce qui a changé ….

et que la seule chose que les jeunes sachent faire aujourd’hui c’est regarder sur les portables…

(comme j’ai le mien avec moi pour me distraire, j’hésite à le regarder et j’essaie de participer de temps en temps à la conversation)

* * *

Plus que trois personnes devant moi….

Une dame vient d’entrer….

La conversation continue..

Cette fois-ci, ils parlent de « l’anglais » qui a acheté une maison qu’il faisait rénover, et qu’une ferme avec quelques bâtiments mais un grand terrain vient d’être vendue, au fils de…. qui est ostéopathe paraît-il mais qui louera certainement les terres car lui bien entendu ne les cultivera pas, et ce serait dommage qu’elles ne soient pas travaillées…

Et puis après un certain temps, ils trouvent que l’attente se fait longue…Qu’est-ce qu’elle peut bien lui raconter au docteur cette femme ?

Et effectivement on l’entend parler et parler derrière la porte, je devrais dire chuchoter car on n’entend pas ce qu’elle dit : elle doit vivre seule alors aller chez le docteur c’est une occasion à ne pas rater.

* * *

Plus que deux personnes devant moi…

Celui qui vient de rentrer est un homme petit, sec d’apparence, mais un petit plaisantin …

Dès qu’il passe la porte, j’apprends qu’il a 91 ans, qu’il est en très bonne santé, qu’il habite seul dans une ferme et je ne sais plus quoi, encore…

la porte s’ouvre et il ressort : “je vais chercher les œufs que j’ai apportés pour le docteur…”

Des œufs ? On se regarde tous : vous le payez en nature maintenant ?

Mais il sort avant d’avoir le temps de nous répondre…

Il n’est pas le seul dit l’un de ceux qui attendent et a l’air d’être au courant, il y a des gens qui font ça, ils lui apportent des produits de leur ferme…

( le docteur, c’est mon copain dira le nonagénaire d’un air narquois, quelques minutes plus tard, en guise d’explication)

* * *

Je regarde la date sur le calendrier, on est bien en juin 2022, donc au XXI ème siècle, en France, on a l’Internet, et moi j’ai un portable ou devrais-je dire un smartphone à la main…

Les vielles coutumes font de la résistance…

Qui l’eût cru ?

Petit plaisir…

le 14 juin, 2022, Auvergne

Un ciel bleu,

des feuilles vertes,

des cerises bien rouges,

et sucrées

que l’on peut cueillir à la main,

une par une

et lentement

mettre dans sa bouche

pour les déguster…

* * *

Première fois que cet arbre fleurit

et que le gel ne détruit pas les bourgeons naissant,

Première fois que les fourmis

ne grimpent tout en haut du tronc

et ne se gorgent  des tendres feuilles,

première fois que les oiseaux du ciel

pourtant si avenants,

ne picorent au fur et à mesure

qu’ils apparaissent

les fruits à peine mûris…

( et pourtant on n’a pas mis d’épouvantail, ni de filet)

* * *

Cet arbre

qu’on avait planté il y a quelque temps

et qu’on a vu grandir

attendant chaque année

de pouvoir se régaler

de ses fruits bien mûrs

Cette année,

quand on n’y croyait plus

voilà qu’il nous offre

au milieu de ses feuilles bien vertes,

ces quelques cerises,

rondes et rouges

à plaisir…

* * *

À Dieu Merci !

Inébranlable

Le 12 juin 2022, dimanche, élections législatives, Auvergne

( Psaume 15/16)

« je suis inébranlable »

La phrase m’a fait sursauter…

Inébranlable,

comme je souhaiterai l’être,

sans me laisser perturber

par n’importe quel coup de vent,

n’importe quelle contrariété,

n’importe quelle nouvelle dérangeante,

au lieu,

à chaque fois,

de prendre tout

de plein fouet

* * *

Inébranlable,

le mot même me fait du bien,

me rassure

m’enracine

profondément

dans un lieu sûr

comme un arbre

« planté près d’un ruisseau, qui donne du fruit en son temps,

et jamais son feuillage ne meurt » …(psaume 1)

* * *

Inébranlable, tout ce que je ne suis pas…


Mais je me suis laissée abusée par ce mot,


comme s’il tenait tout seul,


comme si une telle chose était possible,


j’ai lu trop vite…


et ai sauté à pieds joints


sur le début de la phrase

« tu (le Seigneur) es à ma droite »

* * *

Je suis inébranlable dit le psaume,

parce que Tu es à ma droite

ou quand Tu es à ma droite

( une autre traduction dit : quand il est à ma droite, je ne chancelle pas. )

*  *  *

En fait,

ce n’est pas moi qui suis inébranlable,

c’est Toi …

L’Esprit: c’est pas n’importe quoi

Le 9 juin 2022, Auvergne

Belles journées de printemps…

Le plaisir tout simple de franchir le pas de la porte sans avoir à s’emmitoufler pour se protéger du froid, de pouvoir s’asseoir dans la douceur du matin ou de faire un petit tour de jardin et voir les fleurs écloses la veille et les quelques fruits qui commencent à rougir sur les arbres…

Ces derniers temps, ce sont les nuages qui me semblent particulièrement fascinants, peut-être parce-qu’on est entouré de montagnes ou que l’air est plus pur : en tout cas, ils me font lever les yeux vers le ciel chaque fois que je pars en promenade.

Dimanche dernier

C’était la Pentecôte : étrange cette histoire racontée dans les actes des Apôtres par Luc l’historien, de ces hommes qui se sont mis à parler dans toutes sortes de langues, devant cette foule de juifs de la diaspora venus fêter à Jérusalem la Pâque et ensuite 50 jours plus tard la « Chavouot »…

( pour une explication sur ce qu’est cette fête voilà un lien sur un site du judaïsme français https://fr.chabad.org/library/article_cdo/aid/1533931/jewish/Quest-ce-que-Chavouot.htm)

après nous dit-on qu’un vent violent secoua le lieu où ils s’étaient plus ou moins enfermés, tellement ils avaient peur d’être arrêtés à leur tour…

« Soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent : la maison où ils étaient assis en fut remplie tout entière. Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux.Tous furent remplis d’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit »

C’est cette histoire de langues de feu (même si le texte dit bien qu’on aurait dit et aussi que c’était comme un violent coup de feu) au-dessus de la tête de chacun des disciples qui m’est restée à l’esprit ainsi que tous les tableaux qui le représente et malheureusement décrédibilise un peu pour moi ce moment raconté dans le texte biblique…

(En même temps, je suis consciente qu’il est très difficile de raconter un événement où le « spirituel » ou extra sensoriel, fait irruption dans notre monde matériel…on n’a pas les mots pour le décrire d’une manière appropriée et quand c’est écrit particulièrement ( pas oralement car c’est plus facile de rendre crédible et compréhensible une telle expérience) elle perd de son ancrage dans le réel et ne semble plus que le produit de l’imagination fertile d’un illuminé…)

C’est dommage, car l’Esprit Saint, le Saint Esprit, l’Esprit de Dieu ou simplement « l’Esprit »avec une majuscule, quelque soit le terme que l’on veuille employer, qu’on le traduise du grec ou de l’hébreu, ce n’est pas rien, ce n’est pas n’importe quoi.

Évidemment, sur Lui ( elle disent certains) , comme il est insaisissable, on peut dire effectivement tout et n’importe quoi ! Ça fait partie de ces sujets sur lesquels on peut disserter et discourir sans fin.

D’un côté, son aspect insaisissable et incontrôlable me plaît… L’être humain essaie tellement de manipuler Dieu, de lui faire dire ce que l’on veut qu’il dise ( on est tellement de mauvaise foi) de vouloir lui faire faire ce que nous on a envie qu’il fasse, que savoir que l’on ne peut pas le contrôler est profondément satisfaisant. Avec le souffle de l’Esprit dans nos vies , c’est l’aventure avec un A majuscule… Alors quand Jésus dit à Nicodème :

« Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit. » .

Je jubile….

Mais d’un autre, il faut toujours prendre en considération, notre finitude diraient certains, ou notre humanité diraient d’autres, et notre besoin de limites, de directives précises et concrètes, justement pour ne pas dire et faire n’importe quoi…

Alors Jésus, celui qui nous parle du caractère insaisissable de l’Esprit, en même temps nous dit concrètement parlant, à quoi ça sert l’Esprit, pas à faire en tout cas des sciences divinatoires, en essayant de scruter le passé ou l’avenir, d’entrer en contact avec des « forces positives »ou des esprits pour recevoir une connaissance et un discernement privilégié qu’on pourrait revendre au premier passant… mais plus précisément, pour être Sa présence protectrice et consolante à côté de nous et se souvenir de ce qu’il a dit…

«Le consolateur ( le défenseur traduisent certains) l’Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. » 

*   *   *

Finalement c’est simple, l’Esprit Saint, à la mode Jésus, ça ne révèle rien de spectaculaire, mais nous renvoie à ses enseignements et avec ça il y a de quoi méditer pendant longtemps et être bien guidé pour toute la vie

Le reste est superflu. . .

 Du tout et du n’importe quoi….

La lumière luit dans les ténèbres

1er juin 2022, Auvergne

(La nature est toujours aussi belle : nos roses rouges ont fini par éclore)

Jean 1 : 5

La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue (LSG protestante)

ou/ne l’ont pas arrêtée (AELF catholique)

ou/ ne l’ont point étouffée…(BDS protestante)

Le verre à moitié vide ou à moitié plein ?

Il a fallu que je consulte pour comprendre comment se faisait-il qu’il y avait  des rendus tellement différents de la deuxième partie de cette phrase…. dans les différentes langues:  je me souvenais particulièrement de celle en espagnol que je connaissais par coeur et qui dit « las tinieblas no prevalecieron contra ella ».  Ce qui n’est pas du tout la même chose que « ne l’ont point reçue »! L’une a l’air de dire que les ténèbres ont gagné qu’elles étaient plus fortes et l’autre qu’au contraire elles ont perdu…elles n’ont pas pu empêcher à la lumière de rayonner.

En fait, cette fois-ci, il n’y avait pas des traductions protestantes d’un côté et des traductions catholiques de l’autre…surtout si on examine les traductions en anglais… Alors évidemment, si on fait une étude un peu poussée on se rend compte que certaines traductions sont faites directement à partir du texte grec alors que d’autres ont utilisé comme base une traduction faite d’une langue semblable à la leur, ou pour compliquer les choses, ont pris la version ancienne latine de la vulgate comme base…d’où les différentes traductions dans les différentes langues…

Mais en fin de compte, j’ai appris que le sens du mot grec permettait les deux traductions et que certains choisissaient « ne l’on point reçue » car elle correspondait à l’idée exprimée plus loin dans le texte que «  le monde ne l’a point connue » plutôt que ne « l’ont pas étouffée/arrêtée »…

Impossible en réalité de savoir quelle était l’intention de l’auteur en choisissant ce terme… que voulait- il exprimer ? Voulait-il insister sur le fait que Jésus, avait ressuscité et que sa lumière ne s’était pas éteinte ou plutôt que c’était une honte que les siens ne l’aient pas reçu?

La connaissance même très pointue du grec n’est pas suffisante pour les départager car le sens d’une phrase ne vient pas simplement de la somme des mots qui la composent…mais toujours est-il que l’on se retrouve quand même, non pas simplement avec deux traductions différentes mais deux interprétations sous guise de traduction …Sont- elles contradictoires ? Y a-t-il des retombées différentes théologiquement parlant si on choisit plutôt l’une que l’autre?

Finalement, ma réaction est de penser que c’est une question de savoir si en fait, on est optimiste ou pessimiste, si on veut insister sur le triomphe de la lumière et se réjouir ou au contraire sur le rejet des ténèbres et s’attrister… ( les deux réalités sont vraies mais à différents moments de l’histoire de Jésus)

En tout cas personnellement parlant, j’ai choisi mon camp : je préfère l’idée que l’on ne peut pas éteindre la lumière du Christ et qu’elle continue à briller dans les ténèbres…aussi épaisses soient-elles ! C’est ça qui m’encourage quand je regarde autour de moi et lis les dernières déclarations mensongères….du lobby des armes entre autres…après ce nouveau massacre d’enfants dans une école du Texas…

Sur un texte aussi beau que celui-ci qui contraste la lumière avec les ténèbres, c’est un peu dommage quand même de devoir passer du temps sur une discussion de ses différents traductions et de leur signification, surtout que ça dure depuis tellement longtemps et ça continue à susciter des polémiques…ce qui compte, après tout c’est cette affirmation succincte mais magnifique

La lumière luit dans les ténèbres

Et cette lumière du Christ, on en a tellement besoin!

En plus, comme Pentecôte est presque là, c’est le moment idéal pour demander de la recevoir pour y voir clair…

( et aussi pour qu’elle nous délivre des ténèbres de tous les feux follets de la fausse lumière: incroyable tous ces sites internet de guérisseurs, gourous et medium qui vous promettent de vivre dans la lumière)

N.B. Deux livres que je consulte pour cette étude:

Word Biblical Commentary, volume 36, John George R. Beasley-Murray (1987)

The Gospel of John, William Hendriksen (1959, edition 1987)

J’aurais l’occasion de citer des articles de revues accessibles en ligne