L’été est fini!

(note: cette photo a été prise en Virginie, le 13 août)

 Le 15 août 2022, Auvergne

Finalement...l’orage est venu et la pluie est tombée,

(un jour après qu’un feu se déclare dans un champ, risquant d’embraser des bois à proximité et rendant nécessaire l’intervention de 5 casernes de pompiers…)

Je n’aurais jamais cru qu’ici en Auvergne région montagneuse et boisée, riche en eau , je puisse attendre avec tant d’impatience la venue des pluies : ça c’était quand j’habitais dans des pays désertiques où la saison pluvieuse ne durait que quelques jours et était indispensable à la survie des habitants…

Après le 15 août disaient les gens du coin quand toutes les prédictions semaine après semaine annonçaient des pluies qui n’apparaissaient pas…..

et effectivement, ils avaient raison… même si ce ne fut pas le 15 mais le 14 au petit matin,

que la pluie bienfaitrice est arrivée… annoncée à grand renfort de coups de tonnerre et d’éclairs

Du coup, la fête du village a pu bien se dérouler…

très arrosée au début,

(pour les courageux qui faisaient rôtir à la broche sous la pluie les sangliers malheureux qui venaient de je ne sais où, chassés je ne sais quand)

très arrosée ensuite à l’heure du repas,sous les bâches installées au-dessus de longues tables où se pressaient jeunes et moins jeunes, mamies et papis, enfants dans des poussettes, venus des alentours pour des retrouvailles familiales,

et en réalité très arrosée toute la journée,

grâce à la buvette très concourue, où l’on offrait un verre du plus à un voisin, ou à un ami perdu de vue. tout à la joie de se revoir…

Une belle éclaircie en fin d’après-midi,

a permis que le concours de pétanque se déroule sans contre-temps…et que les enfants puissent profiter du petit stand forain et des toboggans gonflables installés sur la place.

Mais pas de feu d’artifice malheureusement, à la nuit tombée ( par décret préfectoral)

Par contre le bal lui, s’est bien déroulé… et à deux heures du matin, la musique qui jouait à fond continuait à raisonner dans l’unique rue du village où on entendait aussi les rires des derniers fêtards…

* * *

Aujourd’hui le calme est revenu, l’air s’est rafraîchi, et le 15 août, cette année, ça veut vraiment dire que l’été est fini ! ​

Personne n’a jamais vu Dieu…sauf

le 5/10 août, 2022, Auvergne

Ce prologue de Jean m’oblige à avancer à petits pas…à peine une phrase à la fois. C’est vraiment un texte méditatif et contemplatif…

(Je découvre un article intéressant écrit par une théologienne sud-africaine… ça m’intéresse vraiment de lire des commentaires et des analyses qui ne viennent ni d’Européens, ni d’Américains du Nord qui sont considérés comme les grosses pointures de l’exégèse biblique et qui dominent les débats. Quoique l’auteure soit d’origine européenne, vivre en Afrique du Sud ne peut que déteindre sur sa manière d’envisager le sens du monde qui l’entoure. En tout cas j’ai trouvé très éclairant son analyse sur la relation entre Jésus et le temple En général, comme les textes bibliques ne sont pas « occidentaux » la perspective de ceux qui viennent de milieux culturels où la communication orale continue à être importante et où la dimension spirituelle et religieuse du monde est une évidence, peut certainement nous faire découvrir des significations qui ne nous sauteraient pas aux yeux. Surtout, après des décades où le texte a été aseptisé par des théories qui ont voulu les vider de leur contenu pour ne s’intéresser qu’à leur structure de peur de perdre leur approche scientifique… Après tout, on a à faire à des textes sacrés dont la dimension spirituelle est intrinsèque, on ne peut donc pas faire l’impasse sur leur signification sans les amputer : une perspective uniquement scientifique ne saurait jamais être satisfaisante.)

Jean 1 : 15-18

Jean lui rend témoignage et il clame : ” C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi, le voilà passé devant moi, parce qu’avant moi il était. “

Oui, de sa plénitude nous avons tous reçu, et grâce pour grâce.

Car la Loi fut donnée par Moïse ; la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ.

Nul n’a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est tourné vers le sein du Père, lui, l’a fait connaître.

* * *

Jean lui rend témoignage et il clame : ” C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi, le voilà passé devant moi, parce qu’avant moi il était. “

Jean fait sa réapparition, de nouveau ancrant le texte dans le temps historique. On ne peut pas éviter de penser que la mention de cet homme qui apparaît au milieu de ce prologue atteste de la révérence et du respect que les personnes auxquelles il s’adresse, lui portait. Jean apparaît comme fondamental pour rendre crédibles les déclarations faites sur Jésus : il est un témoin dont la fiabilité ne fait pas de doute.

On a imaginé beaucoup de situations différentes pour expliquer l’importance qu’il avait au moment de l’écriture de ce prologue entre autres que les disciples proches de Jean étaient encore en vie ce qui dans ce cas, affecterait la date du texte ( il n’aurait pas été écrit aussi tardivement qu’on le croyait, à savoir aux environs de 90) ou au contraire que longtemps après la mort et la résurrection de Jésus, il y avait encore des groupes qui se revendiquaient uniquement de Jean le Baptiste et qu’il fallait les convaincre de la suprématie de Jésus pour qu’ils se rallient à eux… Quelque soit le cas, il a certainement une place d’honneur dans ce prologue qui sera développée un peu plus loin…

Oui, de sa plénitude nous avons tous reçu, et grâce pour grâce.

On en revient maintenant au Logos, au Verbe, à la Parole et on a cette déclaration extraordinaire qui s’adresse à celui et celle pour lesquels cette vérité ou révélation est affirmée…l’idée que l’on a accès à tout ce qu’il est, que rien de ce que Jésus est, ne nous est soustrait ! C’est époustouflant ! Cela suppose un don total de sa personne, tellement contraire à l’idée du maître, ou du gourou ou d’une divinité quelconque même qui veut garder pour lui une partie de son pouvoir et de son savoir afin de dominer sur les autres ! De cette plénitude qu’il partage avec nous, découle que le don de la grâce qu’il nous offre ne s’arrête jamais; ce n’est pas une bonne fois pour toutes que l’on reçoit la grâce mais jour après jour, tant que nous vivons : la grâce qui vient de Jésus est un ruisseau qui ne tarit jamais… !

Car la Loi fut donnée par Moïse ; la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ.

Rappel pour ceux qui sont juifs et enseignement pour ceux qui ne le sont pas : Moïse est cité comme précédant Jésus et posant une première pierre de la révélation de Dieu à l’être humain mais plus précisément au peuple juif auquel il sera demandé expressément de garder cette Loi et de la mettre en pratique. De nouveau, apparaissent ces deux mots « grâce et vérité » comme définissant la nature de Jésus-Christ, qui est présenté comme un second Moïse mais qui en même temps lui est supérieur comme dans un crescendo où il complète et sublime la révélation de Dieu pour l’être humain : il est évident que l’on monte d’une marche pour arriver au sommet dans la déclaration suivante.

Nul n’a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est tourné vers le sein du Père, lui, l’a fait connaître.

Encore une fois, une allusion à Moïse : certainement, ceux qui connaissaient les écritures juives savaient que Moïse n’avait pas pu voir Dieu : quand Il avait demandé à voir le visage de Dieu, il avait essuyé un refus, nous dit le livre de l’Exode (33 : 18-20)

Moïse dit: Fais-moi voir ta gloire! L’Éternel répondit: Je ferai passer devant toi toute ma bonté, et je proclamerai devant toi le nom de l’Éternel; je fais grâce à qui je fais grâce, et miséricorde à qui je fais miséricorde. L’Éternel dit: Tu ne pourras pas voir ma face, car l’homme ne peut me voir et vivre »

Et pourtant, Moïse était très proche de Dieu, est- il rapporté un peu plus haut..

« Moïse était entré dans la tente, la colonne de nuée descendait et s’arrêtait à l’entrée de la tente, et l’Éternel parlait avec Moïse. [. . .]L’Éternel parlait avec Moïse face à face, comme un homme parle à son ami »

(Peut-être est-ce justement à cause de sa proximité avec Dieu que Moïse avait cru qu’il pouvait le voir dans sa gloire car ici le texte parle d’un face à face mais qui ne doit pas être pris littéralement étant donné ce qui sera expliqué plus tard.)

On est là donc dans une dimension nouvelle : Jésus n’est semblable à aucun autre, il entre dans une catégorie qui n’existait pas auparavant, auquel personne d’autre n’appartient et c’est ce statut nouveau de fils « unique, au sein du père » qui donnera lieu à toute une réflexion qui conduira plus tard à imaginer un concept trinitaire comme une tentative de cerner et d’intégrer cette dimension nouvelle.

Est-ce que celui qui a écrit ces lignes s’est rendu compte de la portée de ce qu’il avait écrit ? Est-ce que ceux qui l’ont lu ou entendu se sont rendus compte de ce que cela pouvait signifier quand on pense que pendant plus de 2000 ans ce texte a interrogé des milliers penseurs dans leur recherche d’une définition de Dieu ?

Si véritablement cette déclaration a été inspirée par Dieu (ce que je crois), on ne peut que s’exclamer comme Jésus, quand après avoir demandé aux disciples ce que disaient de lui les gens Pierre a répondu à la question, « et vous, qui dites que je suis? » de la manière suivante :

« Simon Pierre répondit: Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Jésus, reprenant la parole, lui dit: Tu es heureux, Simon, fils de Jonas; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais c’est mon Père qui est dans les cieux. »

Gageons donc que c’est le même Père qui a inspiré cette déclaration extraordinaire de ce texte!

* * *

Finalement, je suis arrivée à la fin de cette section appelée communément prologue de Jean…

Je n’avais pas remarqué auparavant à quel point, il était rattaché aux textes de l’Ancien Testament et surtout à la figure de Moise…car on pense plus à Abraham, le père de la foi qu’à Moise qui pourtant est le libérateur du peuple juif, celui qui l’a guidé dans le désert et celui qui est monté sur le Sinaï où il s’est tenu devant la présence de Dieu pour recevoir les fameuses tables de la Loi qui ont scellé le destin de ce peuple et lui ont donné son ADN. Une découverte en quelque sorte pour moi qui y voyait avant à cause du mot Logos, uniquement un texte grec…

La présence de Jean au milieu de ce texte aussi, qui apparaît incongrue, m’a surprise mais je découvre à quel point elle est importante en réalité pour notre époque où la notion de lumière/vérité est devenue populaire dans la mouvance « new age » pour qu’elle ne soit pas récupérée et assimilée à une notion vague, éthérée, atemporelle, une gnose où soit totalement absent le Jésus de Nazareth. Peut-être que l’intention de l’auteur en le mentionnant était d’inciter les disciples de Jean à se rallier au « Ressuscité » mais il a ancré pour toujours ce traité de théologie et de philosophie dans l’histoire de la Palestine du 1er siècle grâce à un de ses contemporains, les plus connus, dont la fin tragique est attestée, Jean le Baptiste, prophète bien aimé.

En même temps, l’idée qu’il ait pu être un hymne sinon chanté du moins proclamé à la louange de Jésus le met dans la catégorie de textes à méditer et à contempler dans la conception moderne de la méditation : un texte duquel on ne peut s’approcher qu’en faisant le vide dans notre tête, qu’en renonçant à toute velléité de raisonnement ou d’analyse, abandonnant toute catégorie de pensée pour se laisser saisir par l’Esprit de Dieu dans le silence de l’âme

À donc lire et relire tout en entier mais à méditer phrase par phrase :

Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu.

Elle était au commencement avec Dieu.

Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle.

En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes.

La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue (ou étouffée)

Il y eut un homme envoyé de Dieu: son nom était Jean.

Il vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous croient par lui.

Il n’était pas la lumière, mais il parut pour rendre témoignage à la lumière.

Cette lumière était la véritable lumière, qui, en venant dans le monde, éclaire toute personne.

Elle était dans le monde, et le monde a été fait par elle, et le monde ne l’a point connue.

Elle est venue chez les siens, et les siens ne l’ont point reçue.

Mais à tous ceux qui l’ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés,

non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu.

Et la Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père.

Jean lui a rendu témoignage, et s’est écrié: C’est celui dont j’ai dit:

Celui qui vient après moi m’a précédé, car il était avant moi.

Et nous avons tous reçu de sa plénitude, et grâce sur grâce;

car la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ.

Personne n’a jamais vu Dieu; Dieu le Fils unique[a], qui est dans le sein du Père, est celui qui l’a fait connaître.

N.B Pour aller plus loin :

La référence du texte cité au début :(Mouton, E. (2016). Torah Reimag(in)ed between σάρξ and δόξα? Implied Household Ethos in the Fourth Gospel. Neotestamentica, 50(3), 93–112. https://www.jstor.org/stable/26417622)

Durand, E. (2004). ΛΟΓΟΣ, ΜΟΝΟΓΕΝΗΣ ET ΥΙΟΣ: QUELQUES IMPLICATIONS TRINITAIRES DE LA CHRISTOLOGIE JOHANNIQUE. Revue Des Sciences Philosophiques et Théologiques, 88(1), 93–103. http://www.jstor.org/stable/44408797

Cri du coeur

le 4 août, 2022, (jeudi) Auvergne

Sécheresse encore….demain nous dit-on 80 % de précipitations, mais c’est ce qu’ils nous annoncent depuis 3 semaines, précipitations le vendredi.. et puis, quand le moment se rapproche les prévisions diminuent comme une peau de chagrin et finalement on a eu 5 gouttes d’eau… vraiment 5 gouttes…, je les ai comptées !

De l’autre côté de l’Atlantique ce sont les inondations : au Kentucky, un de ces États pauvres et délaissés depuis la fin de l’exploitation des mines de charbon…qui d’ailleurs avait apporté une richesse toute relative aux habitants du pays : les gens qui travaillaient dans la mine avaient une vie dure et mouraient jeunes de maladie des poumons, sans parler des éboulements fréquents qui les enterraient vivants… cet État déjà mal loti se retrouve à présent sous les eaux…

( l’église à laquelle on appartient y avait élaboré tout un projet éducatif pour soutenir ses populations délaissées qu’on avait eu l’occasion de visiter : aux dernières nouvelles tous les bâtiments et résidences ont été submergés…il faut dire que dû à la pauvreté, peu de maisons étaient construites en dur, l’habitat le plus courant étant les mobiles homes)

Trêve qui est reconduite au Yémen ( mais pour combien de temps?)… la guerre en Ukraine continue et selon les experts va durer des années…la Chine se déchaîne contre Taiwan après la visite de Pelosi, famine en Somalie , les camps de réfugiés sont pleins …bref notre monde est mal en point…

Les grands continuent d’opprimer les petits, jouissant d’une impunité éhontée, les grandes compagnies pétrolières et de gaz enregistrent des profits records, les riches se pavanent sur tous les médias,… (faisant rêver bien souvent ceux qui vivent dans la précarité) et on ne sait plus où donner de la tête avec les experts qui veulent nous expliquer que notre sexualité humaine n’est pas ce que l’on croit être ajoutant un sujet d’angoisse de plus  aux adolescents en recherche de leur identité.

Mon cri du cœur :

Que ton règne arrive, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. La volonté de Dieu est bonne et juste, elle est que les captifs soient libérés, que les opprimés soient délivrés, que les grands et les puissants soient déposés, que la vérité soit révélée etc… Il y a tellement de textes dans les psaumes et les prophètes, repris par Jésus et ses disciples qu’on n’en saurait douter à moins d’être de mauvaise foi ou de ne pas connaître ces écrits..

En voici quelques-uns, parmi tant d’autres… :

Ne dépouille pas le pauvre, parce qu’il est pauvre, Et n’opprime pas le malheureux à la porte; Car l’Eternel défendra leur cause, Et il ôtera la vie à ceux qui les auront dépouillés … dans Proverbes…

ll fait droit aux opprimés; Il donne du pain aux affamés; L’Eternel délivre les captifs; L’Eternel ouvre les yeux des aveugles; L’Eternel redresse ceux qui sont courbés; L’Eternel aime les justes. L’Eternel protège les étrangers, Il soutient l’orphelin et la veuve, Mais il renverse la voie des méchants. Psaume 146 7-9

et probablement le texte appelé magnificat où Marie, future mère de Jésus s’exclame :  Il a déployé la force de son bras; Il a dispersé ceux qui avaient dans le coeur des pensées orgueilleuses. Il a renversé les puissants de leurs trônes, Et il a élevé les humbles. Il a rassasié de biens les affamés, Et il a renvoyé les riches à vide. Luc 1 : 51-53)

Mais pourquoi avons nous besoin de prier pour que cette volonté de justice et de paix en faveur de l’humanité s’accomplisse ?

Serait-ce parce-que la terre nous a été confiée et que tout ce qui s’y passe ne peut pas se faire sans qu’on y participe d’une manière ou d’une autre ? Si ce sont des êtres humains prédateurs qui causent tant de mal, pourquoi d’autres ne pourraient-il pas œuvrer à côté de Dieu pour que le règne de paix et justice (shalom en hébreu) advienne comme l’a demandé Jésus ? ( il a aussi dit que le royaume de Dieu était advenu avec sa venue)

* * *

N.B : Pour aller plus loin je trouve sur l’internet cette excellente contribution https://contributionsafricaines.com/2014/03/03/dieu-est-le-defenseur-des-opprimes/

Summer

le 2 août, 2022, Auvergne

On est donc passé au mois d’août, il fait chaud et tous les français ( ou presque) sont en vacances…

La sécheresse ici continue.

Les fontaines du village où l’eau n’a pas cessé de couler malgré tout, permettent que l’on puisse arroser les quelques fleurs dont les couleurs égayent le cœur au milieu des pelouses et des champs qui ressemblent à des vrais paillassons …

Chaque jour, on nous annonce presque solennellement que la lumière du jour diminue : -3 minutes disait la voix douce d’une femme invisible à la télévision

Les couchers de soleil, eux se succèdent à l’horizon pavoisant des oranges et des rouges d’une gamme infinie , indifférents semble-t- il au peu d’intérêt que nous leur portons nous, dont le regard ne se pose que quelques minutes sur leur beauté passagère…

Le ciel, la nuit quand on pousse la porte de la maison est toujours aussi étoilé et impossible à capturer dans son immensité: on ne peut que regarder et contempler.

J’ai presque oublié qu’il pouvait faire froid ! Les manteaux, les pulls, les gants et les écharpes qui encombrent mon armoire semblent totalement superflus.

S’il n’y avait pas la sécheresse, je m’accommoderais bien de cette chaleur qui me réchauffe le corps et me permet de rester la nuit dehors…

* * *

Cette planète que tu nous a léguée, elle est tellement belle !

et elle continue à l’être,

malgré les ruines de la guerre, la pollution de l’air et les visages émaciés des enfants affamés ,

qui racontent l’histoire triste de ces humains à qui tu l’avais confiée

Alors que les cieux, eux continuent à proclamer ta gloire…

« Les cieux racontent la gloire de Dieu, Et l’étendue manifeste l’œuvre de ses mains. Le jour en instruit un autre jour, La nuit en donne connaissance à une autre nuit… »

Mais jusques à quand ?

***

Pour aller plus loin : le psaume 19 en entier

Au chef des chantres. Psaume de David.
Les cieux racontent la gloire de Dieu, Et l’étendue manifeste l’œuvre de ses mains.
Le jour en instruit un autre jour, La nuit en donne connaissance à une autre nuit.
Ce n’est pas un langage, ce ne sont pas des paroles Dont le son ne soit point entendu:
Leur retentissement parcourt toute la terre, Leurs accents vont aux extrémités du monde, Où il a dressé une tente pour le soleil.
 Et le soleil, semblable à un époux qui sort de sa chambre, S’élance dans la carrière avec la joie d’un héros;
Il se lève à une extrémité des cieux, Et achève sa course à l’autre extrémité: Rien ne se dérobe à sa chaleur.
 La loi de l’Éternel est parfaite, elle restaure l’âme; Le témoignage de l’Éternel est véritable, il rend sage l’ignorant.
Les ordonnances de l’Éternel sont droites, elles réjouissent le cœur; Les commandements de l’Éternel sont purs, ils éclairent les yeux.
La crainte de l’Éternel est pure, elle subsiste à toujours; Les jugements de l’Éternel sont vrais, ils sont tous justes.
 Ils sont plus précieux que l’or, que beaucoup d’or fin; Ils sont plus doux que le miel, que celui qui coule des rayons.
Ton serviteur aussi en reçoit instruction; Pour qui les observe la récompense est grande.
Qui connaît ses égarements? Pardonne-moi ceux que j’ignore.
Préserve aussi ton serviteur des orgueilleux; Qu’ils ne dominent point sur moi! Alors je serai intègre, innocent de grands péchés.
Reçois favorablement les paroles de ma bouche Et les sentiments de mon cœur, O Éternel, mon rocher et mon libérateur!

Contemplation

le 15/27 juillet, Auvergne 2022

On attend toujours la pluie…peut-être demain ?

Jean 1:14

Et la parole a été faite chaire ( homme), et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père.

***

Et la parole a été faite chaire ( homme),/ et le Verbe s’est fait chair

Que peut-on dire sur le sens de cette phrase qui s’en réfère à une réalité ineffable , indescriptible, incompréhensible? Tous les commentaires que je lis sur cette expression s’appuient sur les mots en grec qui la composent et dont les différents exégètes étudient le sens en les mettant en relation avec leur usage dans des textes variés, bibliques et autres même si les variations sémantiques qui en résultent restent assez limitées. C’est dans l’étude de la linguistique que se déploient leurs talents ou leurs connaissances car on touche là à un domaine où les recherches scientifiques n’ont pas grand-chose à apporter : on entre de plain pied dans le territoire de la philosophie et la théologie. Le choix qui est fait pour l’un ou l’autre sens d’un mot cache derrière des enjeux dogmatiques énormes car on touche à la question de la divinité de Jésus, une des pierres angulaire de la doctrine chrétienne qui s’est développée et affinée aux premiers siècles et dont on n’en finit jamais de discuter.

En tout cas, cette déclaration, évoque pour moi le moment où pendant l’ordinaire de la messe, le prêtre se met à genoux en l’énonçant solennellement … il me semble que c’est un geste tout à fait approprié…

Devant une telle déclaration, on ne peut que s’agenouiller et rester en silence

Elle a habité parmi nous

(ça fait drôle que ce soit au féminin, à cause du genre grammatical du mot parole…on est ici obligé de passer au masculin pour désigner Jésus car lui était bien un homme. Avec la question du langage inclusif, on se rend compte qu’on a du mal maintenant à penser le féminin et le masculin dans un autre cadre que la distinction mâle/femelle) : dans ce sens la traduction « verbe »qui est un mot masculin facilite les choses, en grec le mot λόγος est masculin )

Il est venu vivre chez nous, avec nous, partager notre vie…

(Je pense à cela aujourd’hui où j’ai le plaisr d’avoir la maison pleine de monde dû à la visite de nièces qui ont fait l’effort de venir jusqu’à chez nous pour passer quelques jours avec tous leurs enfants. Et en cette période de vacances, aller au fin fond de l’Auvergne dans une maison qui n’a pas de piscine, qui n’est pas au bord de la mer et dans un village sans un seul commerce, même pas une boulangerie ce n’est pas rien, même si finalement ils ont adoré! )

Il a habité parmi nous

Pas au-dessus de nous comme les rois et les grands qui cherchent à nous gouverner, pas au-dessous non pluscomme les mendiants qui cherchent à nous inspirer pitié…

Il était au milieu, parmi, avec, au coude à coude,

indiscernable d’aucun autre, vivant au sein d’une famille juive comme tous ceux autour de lui,

mangeant, dormant, parlant,

travaillant pour gagner son pain,

jusqu’au jour où au grand étonnement de tous et surtout de ses proches, il est parti en mission et s’est révélé être…

Le mystère est trop grand pour essayer de le comprendre, de le raisonner ou de le cerner.

Cette fois-ci, devant cette déclaration, ce n’est pas un sentiment de révérence que je ressens, mais degratitude profonde : que Jésus/le logos/la lumière ait vécu le quotidien, dans son train train ennuyeux et répétitif, ou au contraire dans son imprévisibilité de tragédies et de joies, donne de la valeur et du sens à chaque moment de la vie. Rien n’y est plus anodin, tout y a sa place : le matériel aussi bien que le spirituel, l’important aussi bien que l’insignifiant.

Pleine de grâce et de vérité;

Deux mots que l’on n’associe pas naturellement…l’idée de grâce est celle d’indulgence, de bienveillance, de miséricorde. Par contre, au contraire, vérité est celle d’intransigeance, de rigidité d’inflexibilité : on connaît l’expression « toute vérité n’est pas bonne à dire » car elle décrit la réalité telle qu’elle est, elle n’arrondit pas les angles pour faire plaisir… elle est sans concession…

L’alliance des deux est incongrue, inattendue… mais en réalité bienvenue. La grâce seule voudrait dire accepter l’aveuglement, l’injustice, se refuser à reconnaître la réalité du mal et de son pouvoir destructeur (comme quelquefois on croit être le cas pour le pardon) mais alliée à la vérité, « le devoir de vérité » comme on le dit si bien, elle y gagne en stature et devient un surcroît de bonté sans effacer ou justifier le mal, sans nous laisser happer par les ténèbres qui nous entourent.

Et la vérité sans grâce ? Destructrice ! Il ne vaut mieux pas y penser…

et nous avons contemplé sa gloire,

Ici l’auteur entre dans une nouvelle dimension, celle du témoignage. Il sort du domaine de la théologie ou de la philosophie pour parler de ce que lui et d’autres ont vu: ce n’est pas une déclaration de foi, ou l’affirmation d’une croyance particulière, mais l’attestation d’une réalité personnelle vécue. « on l’a vu de nos propres yeux, on n’invente rien, c’est vrai ! » Ce témoignage donne une assise à ce qui avant apparaît comme construction de l’esprit. On peut déconstruire une pensée mais pas un témoignage : seule la remise en cause de la probité du témoin peut en détruire la valeur…

comme la gloire du Fils unique venu du Père.

On retourne maintenant à la déclaration de foi sur la nature et l’identité de Jésus. Beaucoup ont essayé de minimiser la force de cette affirmation « fils unique du père » en mettant en valeur le fait que fils de Dieu a été utilisé dans d’autres contextes, mais le mot « unique » (μονογενής, ές monogène https://www.bible.audio/lexique-grec-3439-monogenes.htm ) est difficile à ignorer, surtout après tout ce qui le précède.

* * *

Il y a tellement à méditer dans cette simple phrase… tellement !  Il faut la lire et la relire…lentement, la  contempler en quelque sorte

(.Je préfère pour la relire utiliser le mot Verbe au lieu de parole…. le passage du féminin au masculin me gêne)

Et le Verbe s’est fait chair,

il a habité parmi nous,

plein de grâce et de vérité.

et nous avons contemplé sa gloire,

la gloire du Fils unique,

Venu du Père

L’apothéose, elle vient après pour nous simples mortels qui nous nous sentons quelquefois tellement vides et sommes tellement assoiffés:

Et nous avons tous reçu de sa plénitude, et grâce pour grâce

***

N.B Pour aller plus loin…mais il y a tellement d’articles !

Dur and, E. (2004). ΛΟΓΟΣ, ΜΟΝΟΓΕΝΗΣ ET ΥΙΟΣ: QUELQUES IMPLICATIONS TRINITAIRES DE LA CHRISTOLOGIE JOHANNIQUE. Revue Des Sciences Philosophiques et Théologiques, 88(1), 93–103. http://www.jstor.org/stable/4440879

Dans le champ de la christologie du quatrième évangile, la présente réflexion met en lumière la complémentarité entre les titres de Λόγος et de Μονογενής, termes respectivement relatifs à ὁ Θεός et à ὁ Πατήρ dans le cadre du prologue. Elle considère ensuite l’acception du titre Υἱός lorsqu’il est qualifié par Μονογενής au chapitre 3. Cette double approche nous conduit à souligner que Μονογενής a une fonction théologique précise dans le quatrième évangile : rendre possible une relecture « trinitaire » du titre Υἱός.

SIEGWALT, G. (1981). INTRODUCTION À UNE THÉOLOGIE CHRÉTIENNE DE LA RÉCAPITULATION (Remarques sur le contenu dogmatique du prologue de Jean). Revue de Théologie et de Philosophie, 113(3), 259–278. http://www.jstor.org/stable/44352946

Accalmie

le 25 juillet, Auvergne…

Accalmie

Le soleil s’est caché, la température a baissé, le pic de canicule est passé, les visiteurs sont venus… et puis repartis,

mais moi je fais encore du 200 à l’heure….

* * *

Il me faut ralentir,

freiner

souffler

respirer profondément

calmer mes pensées,

pour qu’elles retombent tout au fond

et cessent de troubler

la surface des eaux

de mon être agité

* * *

Comme c’est difficile,

de faire silence…

après des journées intenses,

comme c’est difficile

après avoir écouté les bavardages

tout azimut

de se remettre à entendre

la seule voix qui importe vraiment,

et la laisser nous guider

vers des eaux tranquilles…

Comme c’est difficile,

ou au contraire

peut-être

simple à l’extrême?

il me suffit de lire,

très lentement

les premières lignes,

du tout premier psaume :

 Heureux l’homme qui ne suit pas le conseil des méchants,

qui ne s’arrête pas sur la voie des pécheurs

et ne s’assied pas en compagnie des moqueurs,

mais qui trouve son plaisir dans la loi de l’Eternel

et la médite jour et nuit!

Il ressemble à un arbre planté près d’un cours d’eau:

il donne son fruit en sa saison,

et son feuillage ne se flétrit pas.

Tout ce qu’il fait lui réussit.

Et voilà, le tour est joué !

Sécheresse

le 15 juillet 2022, Auvergne,

C’est sec, sec, sec… de nouveau canicule…toujours pas de pluies à l’horizon

le 14 juillet avec tous ses rituels est venu et est reparti…

Finalement le feu d’artifice du 13 au soir, a bien eu lieu, malgré la sécheresse et le risque de départ de feu, le défilé avec la fanfare locale s’est bien tenu ( même si je ne me suis pas déplacée pour aller le voir), et pour les amoureux des défilé militaires, il y en a bien eu un, retransmis sur les chaînes de télévision, spectaculaire à souhait, pour susciter la fierté nationale et marquer les esprits…. finalement pour les fanas de politique, l’interview du Président l’après-midi, a été l’occasion de multiples commentaires, analyses, et critiques dans les programmes d’actualités et sur les réseaux sociaux… Tout le monde y a trouvé son compte et s’en est sorti à bon prix.

* * *

À côté de cela, le mot du jour, pour moi est un mot en anglais : brokenness et l’expression qui l’accompagne, to embrace our brokenness…Pas très porteur après un jour de fête, de paillettes, de triomphalisme nationaliste, de célébration d’une révolution iconique…qui s’est pourtant soldée par des milliers de morts… mais il a fait son apparition dans la méditation du matin…

Comment faire des expériences douloureuses dans notre vie, qui creusent des sillons au plus profond de notre être, un champ fertile, où peuvent pousser et éclore les vertus de la compassion ?

Ce n’est pas évident…, on peut empêcher de  laisser saigner ses plaies en les recouvrant promptement au risque de les voir s’infecter, créant une réserve inépuisable d’amertume qui justifie tous nos manquements…

on peut les ignorer stoïquement en se forgeant une carapace protectrice à force d’endurance et de contrôle dont le résultat est de nous élever au-dessus du commun des mortels et de regarder ceux qui restent couchés comme des moins que rien…,

Heureusement qu’on n’a pas à choisir entre ces deux seules options aussi néfastes l’une que l’autre….

Bienheureux ceux qui pleurent car ils seront consolés… disait Jésus

Seules les larmes déversées sans honte ni retenue

qu’elles soient celles de la faute infligée ou subite

peuvent pénétrer jusqu’aux couches les plus profondes de notre être

et amender un terrain stérile et desséché,

pour qu’y viennent fleurir et s’épanouir la bienveillance et la bonté

*   *   *

« Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur, la maîtrise de soi »

Que la pluie arrive vite !

( 18 juillet et toujours pas une goutte de pluie, pas même un petit orage!)

Des vacances à la française

le 11 juillet, 2022, Haute Loire,

La sécheresse avance à grands pas : pas de pluie à l’horizon…

Ce soleil radieux, une aubaine pour les touristes mais une catastrophe pour les agriculteurs et la terre assoiffée

La guerre en Ukraine elle, elle continue …

la France part en vacances…

avec tout ce que cela signifie ici et qui est incompréhensible pour ceux qui vivent ailleurs : grèves des trains et du personnel des aéroports, circulation sur les routes annoncée en rouge ou en noir par Bison futé, ruée sur les plages et les aires de camping… et cette année, vacanciers interviewés à la pompe qui se plaignent du coût de l’essence mais qui disent qu’après tout, peut importe, après une année de galères, les vacances sont indispensables.. et d’ailleurs les statistiques le confirment, malgré tous les malheurs qui peuvent s’abattre sur notre planète, les français partiront en vacances en grand nombre cette année (21 millions en juillet), peut-être pas à l’étranger mais au moins, à des centaines de kilomètres de chez eux…

et ceux qui n’y partent pas ? ( oui car il y a des gens qui n’en ont pas les moyens) , on ne les mentionne qu’en passant… (on leur réservera un petit créneau un peu plus tard, histoire de se donner bonne conscience…)

Un nouveau mot de vocabulaire, pour moi et qui a fait la Une des journaux télévisés la semaine dernière : les juilletistes ( c’est écrit dans le Larousse en ligne) que les journalistes interrogent quand ils arrivent sur les aires de camping ( à 3 ou 4 étoiles), et que l’on voit avachis sur des fauteuils pliant à moitié nus … et de plus en plus corpulents ( pardon enveloppés dirait Obélix)… exposant leur chair plus très fraîche, sans complexe et retenue… quand je pense à la pudeur de mes parents….je n’en reviens pas, quand même ! Tout change…

Comme cette Europe, appelée terre chrétienne  à une époque maintenant révolue?

Car partir en vacances c’est aussi redécouvrir les vielles pierres de tous ses monastères et ses abbayes qui s’élèvent un peu partout, dans le paysage français en tout cas, et qui nous empêchent de nier qu’à un moment donné de son histoire, la France a été terre chrétienne ( catholique) pour le meilleur et pour le pire…

Telle cette abbaye de la Chaise Dieu qui surplombe tous les villages alentour et à laquelle on accède par une route en lacets qui passe au milieu d’une forêt de plus en plus déboisée… S’il y avait du monde dans les rues du village grâce au vide-grenier, en ce mois de juillet il n’y avait pas foule dans l’abbatiale pour la célébration religieuse de 11 heures… ( contrairement à la dernière fois que j’y étais allée)

Faut dire que…, c’était une grand-messe plus tradi et moins accueillante qu’elle ne l’était autrefois, avec maintenant quelques chants en latin, et cette débauche d’encens répandu tout au long de son déroulement : pour moi la ferveur n’était pas au rendez-vous…. alors décidément, je me rangerai du côté du pape argentin qui ne voit pas comment de telles expressions aident l’église à annoncer l’évangile… elles favorisent l’entre-soi et ne font que réconforter ceux qui y sont déjà … donc pas étonnant qu’il n’y ait pas foule…

Évidemment on ne peut pas nier qu’il y ait quelque chose d’imposant et d’impressionnant dans ces énormes pierres qui composent l’édifice, et nous font penser à la foi de ceux qui les ont taillées, transportées et ensuite assemblées pour construire un lieu aussi grandiose, un espace sacré qui s’appelle de ce nom si beau de Casa Dei, la maison de Dieu, surtout quand par-dessus le marché, on peut avoir la joie d’écouter gratis un mini-concert de grandes orgues joué par un virtuose, assis au frais en levant les yeux vers le ciel pour regarder la voûte au-dessus de soi … l’expérience est esthétique sinon spirituelle…

( mais si on lit sur le site officiel toute l’histoire de la construction et de la vie de cette abbatiale, ça détruit un peu l’illusion d’un lieu de prière et de sainteté….A part l’histoire du fondateur un sieur Robert, dûment canonisé et dont la biographie est truffée d’histoires édifiantes de ses miracles et de ses qualités toutes plus admirables les unes que les autres, il semble qu’au cours des siècles, la ferveur religieuse n’était pas toujours au rendez-vous dans ce lieu au beau nom qui a vu des abbés riches et puissants s’y installer… où un pape y a fait construire son tombeau orné de statues avant sa mort comme le faisait les pharaons et autres grands de ce monde…. C’est toujours dommage de découvrir que le passé est aussi peu édifiant que le présent !)

Finalement, on ne peut vivre qu’au temps présent…

Celui qui nous est échu,

à vouloir trop regarder le passé,

on risque de passer à côté,

de la beauté

de ces pierres imposantes

qui nous aident à regarder

vers le ciel,

encore,

envers et contre tous..

Le site officiel de la Chaise Dieu : https://www.abbaye-chaise-dieu.com/

Du rejet à l’inclusion

Le 9 juillet 2022, Auvergne,

(temps chaud et ensoleillé)

Jean 1 : 10-13

Le rejet

 Cette lumière était la vraie lumière qui, en venant dans le monde, éclaire tout être humain. Elle était dans le monde et le monde a été fait par elle, pourtant le monde ne l’a pas reconnue. Elle est venue chez les siens, et les siens ne l’ont pas accueillie. Mais à tous ceux qui l’ont acceptée, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le droit de devenir enfants de Dieu, puisqu’ils sont nés non du fait de la nature, ni par une volonté humaine, ni par la volonté d’un mari, mais qu’ils sont nés de Dieu.

( La Bible de Jérusalem, donne une traduction différente pour le verset 13 : Jn 1:13 lui qui ne fut engendré ni du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu.)

* * *

Ce qui est objet de discussion dans ces lignes

Elle était dans le monde et le monde a été fait par elle, pourtant le monde ne l’a pas reconnue.

Tout d’abord la signification du mot « monde », car très souvent ce mot est utilisé pour parler de ce qui est contraire à Dieu, comme dans l’expression « le prince de ce monde » ( c’est Jésus qui l’utilise en parlant de Satan) au service duquel sont ceux qui commettent le mal. Il est clair qu’ici ce n’est pas le cas, car le monde a été fait par « lui » et si on retourne au texte de la Genèse, après la description de chaque étape de la création on a la phrase « et Dieu vit que cela était bon »

Mais évidemment dans la deuxième partie de la phrase, le monde a le sens plus étroit de personnes humaines qui n’ont pas accueilli ou reconnu qui était le Logos/ la lumière en la personne de Jésus. Le terme est un terme générique et ne cible pas un groupe particulier mais il inclut l’humanité toute entière.

Elle est venue chez les siens, et les siens ne l’ont pas accueillie.

Par contre ici, le texte se resserre et on pense naturellement qu’il s’agit de la famille de Jésus au sens large du terme, c’est à dire,  le peuple juif… Cependant certains exégètes contestent cette interprétation et pensent que « les siens » désigne ceux « qui ont été faits par lui » pour éviter me semble-t-il que le texte ne tombe dans un anti-sémitisme de mauvais aloi (qui en plus serait anachronique) étant donné l’usage donné à ces lignes par la suite. On a toujours la Shoa en tête, quand aujourd’hui on étudie ce genre de texte, et il me semble donc que l’intention est de chercher à déminer leur sens pour ne pas faire porter aux écritures la responsabilité de cette entreprise infâme qu’a été la Shoa.

Mais à tous ceux qui l’ont acceptée, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le droit de devenir enfants de Dieu, puisqu’ils sont nés non du fait de la nature, ni par une volonté humaine, ni par la volonté d’un mari, mais qu’ils sont nés de Dieu.

Étant donné le contexte que l’on croit connaître de l’époque où la branche « les chrétiens » se détachait du judaïsme mais à une époque encore où ceux qui croyaient en Jésus Christ était exclus des synagogues, certains insistent sur le fait que cette affirmation de la paternité de Dieu veut souligner , que contrairement à ce que les juifs veulent croire, ils n’ont pas un droit exclusif sur Dieu et que seuls ceux qui ont cru en Jésus peuvent se revendiquer d’être enfants de Dieu.

( il faut se rappeler ce que Jésus a souvent dit aux scribes et aux pharisiens quand ils se vantaient d’être fils d’Abraham…,« et ne prétendez pas dire en vous-mêmes: Nous avons Abraham pour père! Car je vous déclare que de ces pierres-ci Dieu peut susciter des enfants à Abraham »)

Il faut noter cependant que l’idée de la phrase n’est pas l’exclusion d’un groupe mais au contraire l’inclusion d’un autre nouveau qui n’est plus basé sur l’ethnicité mais sur la reconnaissance de qui est Jésus. C’est la création d’une identité nouvelle, d’une appartenance vraiment révolutionnaire, surtout si on pense qu’aujourd’hui encore l’identité d’une personne est basée sur son appartenance raciale, culturelle ou nationale…. Comme les juifs ici ne ne sont pas nommément mentionnés, on n’a certainement pas une répudiation du peuple juif tout entier même s’il y avait une critique évidente de ceux qui parmi les juifs, l’ont rejeté. On peut très bien considérer que « les siens » désigne sa famille religieuse et ethnique sans tomber dans le piège de l’anti-sémitisme.

puisqu’ils sont nés non du fait de la nature, ni par une volonté humaine, ni par la volonté d’un mari, mais qu’ils sont nés de Dieu.

J’ai été étonnée de découvrir qu’il y avait deux traductions possibles : celle citée ici et reprise par la version catholique de ALF, et une autre celle de la Bible de Jérusalem…

lui qui ne fut engendré ni du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu.

Grosse différence, le premier insiste sur la description des enfants de Dieu et l’autre parle de Jésus ! Différence entre un singulier et un pluriel ! J’ai donc fouillé la question mais une fois de plus, ne connaissant pas le grec et n’étant pas une experte sur les manuscrits….il a fallu que je m’en tienne à lire des articles qui expliquent l’origine de cette différence et la polémique qui en a résulté. Il semble que la plupart des traductions aujourd’hui préfèrent la première version/traduction…je soupçonne ceux qui choisissent la deuxième de vouloir à tout prix en référer à la naissance virginale de Jésus qui est sinon totalement absente de cet évangile… (en tout cas, pour ceux qui veulent en savoir plus je renvoie à un article à la fin qui présente d’une manière savante cette polémique)

Au-delà de ces polémiques…

Tristesse,

C’est le mot pour moi qui se dégage de ces affirmations : s’exprime derrière ces lignes, une profonde tristesse, pas de condamnation particulière, pas de colère envers ce monde qui ne l’accueille pas mais une grande tristesse pour ce « logos/lumière » qui s’humanise de ce fait, à travers ce rejet sur lequel il est insisté, d’abord en termes généraux, mais après en termes plus personnels celui « des siens » ceux de sa famille ou ses proches, ceux dont il se sentait solidaire, ceux qui devraient l’accueillir et qui au contraire lui ont fermé la porte au nez…

Le rejet, une douleur universelle à laquelle on peut s’associer sans problème, surtout quand il s’agit des siens… être rejeté par ses parents, ceux qui nous ont mis au monde et pour lesquels on est censé être un don, un cadeau, une chance… (on sait que certains enfants abandonnés ne s’en remettent pas ou difficilement ), être rejeté par un proche qui refuse de nous voir ou de nous parler, être rejeté par des anciens amis qui nous tournent le dos pour une raison ou pour une autre, pire encore, être rejeté par son église, la famille de la foi ( une des raisons semble-t-il qui a conduit au suicide de ce prêtre à Versailles, la semaine dernière).

Bref, les raisons d’un rejet sont multiples mais conduisent toujours à la même conclusion : notre culpabilité. Le rejet suggère qu’il y a une raison valable pour laquelle on est rejeté, un manque intrinsèque, une faute inavouée, une incapacité à jouer le rôle qu’on nous a assigné…on devient un bouc émissaire sur lequel les autres rejettent tous leurs manquements, leurs désillusions…

Offre étonnante

Mais à tous ceux qui l’ont acceptée, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le droit de devenir enfants de Dieu,

Face à un rejet aussi fondamental, se dresse l’offre d’un droit inaliénable, qui nous remet debout et nous redonne le droit à exister, à avoir une identité, une appartenance, une généalogie mais pas n’importe laquelle, celle de faire partie de la famille « des enfants de Dieu »

et pour ceux qui ont le besoin de l’entendre, tous ceux qui n’ont pas été désirés par un père ou une mère, qu’importe, le texte explicite, insiste

puisqu’ils sont nés non du fait de la nature, ni par une volonté humaine, ni par la volonté d’un mari, mais qu’ils sont nés de Dieu.

Être désiré et recueilli par Dieu, on ne peut pas imaginer de plus grand réconfort que celui-là…

* * *

Pour aller plus loin: Pryor, J. W. (1985). Of the Virgin Birth or the Birth of Christians? The Text of John 1:13 Once More. Novum Testamentum, 27(4), 296–318. https://doi.org/10.2307/1560451)

À saisir…

le 4 juillet 2022

« à saisir »

( nous disent les pubs qui nous incitent à acheter ce dont on n’a pas besoin, simplement parce que c’est en soldes et que demain, ça ne le sera plus …)

Chaque journée de beau temps est à saisir…

Chaque fleur qui s’ouvre

chaque tomate qui mûrit

et qu’on mange à la main

juste après l’avoir cueillie,

chaque crépuscule

où la nature tout entière

est baignée dans une luminosité

qui ravive toutes ses couleurs

juste avant de s’évanouir

devant l’avancée de la nuit

( c‘est quand j’aimerais me faire peintre impressionniste)

À saisir,

chaque coucher de soleil aussi,

avec des orange virant au rouge profond

à chaque seconde qui s’écoule

et pour autant

 impossible de capturer sur écran

tellement ils sont changeants,

( et ces derniers jours, il y en avait un magnifique presque chaque soir)

À saisir,

chaque journée assis dehors,

à passer le temps

en parlant de tout et de rien,

avec les voisins,

et de prendre un verre

éventuellement

les enfants jouant,

tranquillement

tout autour

( sans avoir peur que des bombes nous tombent dessus… )

À saisir,

tout ce qui nous est donné aujourd’hui

et peut- être demain ne sera plus,

À saisir

avec un cœur reconnaissant

l’ingratitude étant vraiment

un mal pernicieux

qui nous dépossède

du bonheur

du moment présent