Jésus, pourfendeur de préjugés

Le 1er septembre 2023, Auvergne

Quelle joie et quel soulagement d’en arriver à cet épisode inattendu qu’est la rencontre de Jésus avec la Samaritaine ! Après les déclarations sur l’identité de Jésus de Jean Baptiste qui introduisent la question épineuse de sa divinité, on salue Jean ( je salue Jean) pour avoir inclus dans son évangile cette rencontre fortuite, d’autant plus qu’on ne la trouve que là…

Jean 4 : 1-16

Les pharisiens avaient entendu dire que Jésus faisait plus de disciples que Jean et qu’il en baptisait davantage. Jésus lui-même en eut connaissance.

À vrai dire, ce n’était pas Jésus en personne qui baptisait, mais ses disciples.

Dès lors, il quitta la Judée pour retourner en Galilée.

Or, il lui fallait traverser la Samarie.

Il arrive donc à une ville de Samarie, appelée Sykar, près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph.

Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source. C’était la sixième heure, environ midi.

Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. »

En effet, ses disciples étaient partis à la ville pour acheter des provisions.

La Samaritaine lui dit : « Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? » – En effet, les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains.

Jésus lui répondit : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : “Donne-moi à boire”, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. »

Elle lui dit : « Seigneur, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond. D’où as-tu donc cette eau vive ?

Serais-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes ? »

Jésus lui répondit : « Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif ;

mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. »

La femme lui dit : « Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n’aie plus soif, et que je n’aie plus à venir ici pour puiser. »

Jésus en chemin

Les pharisiens avaient entendu dire que Jésus faisait plus de disciples que Jean et qu’il en baptisait davantage. Jésus lui-même en eut connaissance. À vrai dire, ce n’était pas Jésus en personne qui baptisait, mais ses disciples. Dès lors, il quitta la Judée pour retourner en Galilée.

On vient de quitter Jean Baptiste et il faut se rappeler que le changement de chapitre est artificiel… il a été créé très tard … (https://fr.aleteia.org/2016/03/19/qui-a-divise-la-bible-en-chapitres-et-en-versets/) c’est-à-dire au 13 ème siècle… Le texte continue donc sur sa lancée et il est toujours question de la pseudo rivalité entre Jésus et Jean, pseudo, car c’était les disciples de Jean qui se sentaient menacés par la popularité naissante de Jésus. Mais cette popularité naissante, est remarquée aussi par les pharisiens qui font pour la première fois leur apparition : ils ne sont pas encore présentés comme menaçants en tant que tel, même si dans la rencontre avec Nicodème, c’était probablement à eux que Jésus faisait allusion quand il parlait de ceux qui ne croyaient pas en ce qu’il disait.

L’auteur donne un détail qui clarifie ou corrige (?) ce qui a été dit plus haut et qui m’avait étonné à savoir que Jésus baptisait… Pourquoi ce besoin de dire que c’était ses disciples et pas Jésus ? Pour souligner à quel point le baptême de Jésus était différent, ou que le baptême n’était pas au centre de son activité ? Certains exégètes estiment que cette clarification a été ajoutée plus tard pour justement empêcher que Jésus soit vu comme un simple baptiseur quand sa mission était toute autre.

Mais en tout cas, Jésus quitte la région : était-ce parce-qu’il ne voulait pas rester dans un lieu où il devenait trop connu des pharisiens, ou peut-être pour ne pas faire d’ombre à Jean? On nous donne l’information sans en donner la raison même si on peut la supposer…

Les relations compliquées entre Juifs et Samaritains

Or, il lui fallait traverser la Samarie.

Il arrive donc à une ville de Samarie, appelée Sykar, près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph. Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source. C’était la sixième heure, environ midi.

Or, il lui fallait traverser la Samarie.

Beaucoup a été écrit et étudié pour essayer de décortiquer les croyances des Samaritains, leur origine et aussi leur relation avec le peuple juif pour savoir si leur inimitié venait de différences raciales, religieuses ou de conflits passés…

Quoique les opinions diffèrent, ce qui est sûr, est qu’ils n’étaient pas considérés comme des païens ( ils étaient des descendants d’Abraham) ce qui n’empêchait pas qu’ils soient regardés comme un groupe à part, considéré comme inférieur avec lesquels on traitait peu ou prou… Préjugés raciaux, religieux, historiques ou tout à la fois ? Comme c’est le cas aujourd’hui , ce genre d’inimitié entre des peuples voisins où l’on pourrait dire « cousins » est difficile à démêler. Ce qui est certain est que cette rencontre fait état de ces rapports conflictuels.

Il arrive donc à une ville de Samarie, appelée Sykar, près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph.

Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source. C’était la sixième heure, environ midi.

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Autant les récits sur les faits et gestes de Jésus ne semblent donner de l’importance à leur déroulement chronologique, autant ils sont précis dans leur description des lieux où se déroulent les événements : c’est plus un gage de leur authenticité de donner des lieux qui eux ne bougent pas qu’une indication de temps qui elle est fluctuante sauf comme ici où l’heure de la rencontre est précisé pour expliquer les circonstances toutes naturelles de la rencontre… Jésus redevient cet homme normal qui a soif et qui est fatigué à une heure où il fait chaud et où l’on se restaure…d’ailleurs ce qui suit indique que les disciples étaient absents car ils étaient aller chercher de quoi manger

La rencontre

Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. »

En effet, ses disciples étaient partis à la ville pour acheter des provisions. La Samaritaine lui dit : « Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? » – En effet, les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains.

La précision qui nous est donnée de l’absence des disciples, montre qu’en d’autres circonstances Jésus fatigué aurait fait appel à eux s’il avait eu soif s’étant retrouvé près d’un puits …et évidemment, la réaction de la femme a de quoi nous interpeller… parce-qu’elle ne s’exécute pas automatiquement ce qu’on pourrait espérer d’autres femmes qui naturellement serviraient un homme qui lui demanderait à boire sans même se poser de question…

Si on y pense, ce qu’il y a d’étonnant aussi c’est qu’elle se soit rendu compte tout de suite que Jésus était juif…comment se fait-il ? Le texte ne le dit pas. Était-ce par sa manière de parler, son accent, son choix de vocabulaire, …était-ce par ses vêtements ou la couleur de sa peau, la forme de sa barbe ? Qui sait ? Mais comme tout le monde aujourd’hui, elle a su à quel groupe il appartenait dès le début, preuve que quelque soit la société à la quelle on appartient, il y a toujours une classe dominante qui crée des catégories d’indésirables mais aussi que ceux qui appartiennent à ce groupe décrié savent très bien qu’ils sont l’objet de préjugés, même si le groupe dominant ne veut pas le reconnaître…

Comme le passage écrit est adressé à des personnes qui n’étaient pas toutes juives, l’auteur donc est obligé de nous expliquer les propos de la femme, sinon, on ne comprendrait pas…

L’autre aspect de la réaction de cette femme, montre son tempérament : elle n’avait pas froid aux yeux, elle le défie, ce qui est étonnant car non seulement c’était un homme mais en plus il appartenait à une classe qui se considérait supérieure…

Jésus lui répondit : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : “Donne-moi à boire”, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. »

La réponse de Jésus est toute aussi étonnante car elle est en quelque sorte décalée… il évite le piège de s’engager sur le terrain sur lequel elle l’interpelle, il n’entre pas dans un discours identitaire sur qui est mieux que qui, essayant soit d’affirmer la supériorité des juifs, soit de se défendre d’avoir de tels préjugés, Il se place à un autre niveau, il botte en touche on pourrait même dire, en se définissant par une autre identité que celle limitée par les préjugés, obstacle aux relations humaines…il refuse d’être enfermé dans le carcan du « mâle juif dominateur »…

Elle lui dit : « Seigneur, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond. D’où as-tu donc cette eau vive ?

Serais-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes ? »

Elle accepte tout de suite de le suivre sur ce nouveau terrain sur lequel il la guide… et elle démontre sa connaissance de l’histoire de son peuple : ce savoir la rend encore plus surprenante car il va à l’ encontre de tout ce que l’ on croit connaître d’une femme et de la condition féminine à son époque. On pourrait dire qu’elle a reçu une éducation religieuse mais évidemment, le terme ne sied pas vraiment la situation car son identité en tant que Samaritaine ne faisait pas de différence entre identité religieuse et identité ethnique.

De plus , elle continue à défier Jésus en lui demandant de révéler qui il est car elle a très bien compris qu’il faisait allusion à quelque chose d’autre que la simple eau d’un puits… le langage qu’il utilise lui est familier

Jésus lui répondit : « Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif ;

mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. »

La beauté et la profondeur de ce que Jésus dit ici se passe de commentaire ou d’explications. La métaphore de l’eau vive utilisée est d’autant plus compréhensible dans un milieu où l’eau manquait d’eau et où il ne suffisait pas d’ouvrir un robinet pour avoir de l’eau potable… mais elle reprend aussi tout son pouvoir d’évocation à l’heure d’aujourd’hui où la sécheresse devient une réalité alarmante dans nos pays. C’est une promesse extraordinaire que fait Jésus… et qui va susciter la réponse enthousiaste de la Samaritaine…

La femme lui dit : « Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n’aie plus soif, et que je n’aie plus à venir ici pour puiser. »

* * *

L’échange n’est pas fini, mais je m’arrête là car il y a beaucoup déjà à se mettre sous la dent… et la révélation de Jésus des 5 maris de cette Samaritaine qui vient après, a tellement retenu l’attention des exégètes et commentateurs qu’elle détourne l’attention de cette rencontre et de ce dialogue surprenant autour du puits.

( Ayant eu le privilège de travailler avec des peuples nomades, j’ai entendu parlé très souvent de l’importance de ces moments autour des puits … )

Ce que j’en retiens…

D’abord, cet étonnant paradoxe d’un Jésus profondément humain et j’ai envie de dire normal, un Jésus fatigué et assoiffé qui demande de l’eau mais qui tout de suite après, promet de donner une eau miraculeuse qui ne tarira jamais et conduira à la vie éternelle.

Ensuite, je ne peux pas aussi m’empêcher d’être stupéfaite par son attitude envers les femmes dans ce dialogue tellement différent de ce que l’on pourrait attendre d’un homme juif de son époque appartenant à une société patriarcale surtout quand on pense aux directives et aux conseils donnés par les apôtres par la suite, aux femmes nouvellement converties.

La Samaritaine quelque soit les critères qu’on puisse utiliser, va à l’encontre de l’image féminine prônée dans de nombreuses cultures: une femme bien, est une femme qui fait ce que lui demande un homme, elle ne le questionne pas, elle ne lui demande pas de rendre des comptes, elle baisse les yeux quand on lui parle … modèle qui a continué à prévaloir dans la civilisation chrétienne en promouvant une Marie, mère de Jésus, femme silencieuse, douce, qui n’élève pas la voix, qui reste dans l’ombre, qui souffre en silence …et qui ne défie surtout pas Jésus…(sauf pour cette scène inattendue des noces de Cana)

La Samaritaine, elle , contrastant avec tous ces modèles, apparaît effrontée, insolente…

Et pourtant, Jésus ne le lui reproche pas, il ne semble pas perturbé par son questionnement, par son défi : il ne se sent pas menacé par elle, à aucun moment il ne la fait taire ni use de son statut pour l’obliger à lui donner de l’eau, à aucun moment il ne la remet à sa place, il ne la sermonne parce-qu’elle ne se comporte pas comme une femme passive et soumise…

Étonnant !

Mais pour autant, il ne la laisse pas l’emprisonner lui non plus dans ce carcan de mâle juif dominateur, qui l’empêcherait de proclamer la bonne nouvelle  qu’il a à lui apporter: il l’oblige à laisser de côté ses préjugés, elle qui a toutes les raisons de se méfier de lui… parce-qu’il est homme et qu’il est son ennemi…

Finalement…

Il y a là une belle leçon à apprendre et un beau message d’espérance, à une époque où les rapports hommes et femmes ( rapports de genres on dirait aujourd’hui) font l’objet de nombreuses polémiques, ou ceux aussi de dominateurs et dominés sur fond de racisme, font encore plus débat : Jésus nous montre qu’un vrai dialogue est possible entre personnes que tout divise ….

À émuler !

(Pas si facile que ça !)

Pour aller plus loin : article sur la question des rapports entre les Samaritains et les Juifs du temps de Jésus : Meier, J. P. (2000). The Historical Jesus and the Historical Samaritans: What can be Said? Biblica, 81(2), 202–232. http://www.jstor.org/stable/42614262

le temps qui passe

Peinture de Salvador Dali

31 août, 2023, dernier jour du mois, Auvergne

5 ans, 10 ans, 20 ans, 50 ans,

Ça paraît long mais ça devient de plus en plus court au fur et à mesure qu’on avance en âge…

100 ans,

là au-delà, difficile de se projeter, impossible de s’imaginer encore vivant

d’un autre côté si on remonte le temps…au-delà de 100 ans on peut encore imaginer des ancêtres et leurs lieux de vie si certains nous facilitent la tache en étant resté sédentaires ou en ayant laissé des écrits..

Mais 1000 ans, 2000 ans ?

là ça devient plus compliqué, ce n’est plus visible à l’œil nu il nous faut consulter des archives ou examiner des bâtisses qui tiennent encore debout…ou lire des livres d’historiens qui peuvent nous raconter des histoires… et notre vision du passé tient souvent plus à un monde imaginé qu’à la réalité…

Par contre quand on multiplie par 10 ou par cent ou par mille et que l’on ajoute des zéros pour en arriver à des millions, là on perd pied…

( comme quand on essaie de s’imaginer multimillionnaire alors qu’on a un salaire de misère)

Les archéologues , paléontologues , astronomes et autres déchiffreurs du passé et de l’univers manient ces chiffres comme si de rien n’était, comme si on pouvait comprendre ce que ça veut dire la naissance d’un volcan ou d’une montagne qui remonte à des millions d’années…

Sans parler de l’univers et de la formation des étoiles et des planètes…

On nous jette ces chiffres en pâture comme si de rien n’était…

Qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire pour nous qui sommes mortels, la différence entre un, deux ou 3 millions d’années ?

Qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire pour ces chercheurs qui aussi ne sont que des mortels…de nous balancer ces chiffres à la figure….comme s’ils pouvaient comprendre, comme si eux étaient immortels…. Comme s’ils étaient nés en même temps que l’univers ….

Moi, ça m’interrogerais…( peut-être que eux aussi !)

Ce qui fait, que ce matin, j’ai apprécié ces paroles du psalmiste ( écrites quand ? Alors là la polémique fait rage pour les dates, mais c’est au moins 2000 ans…)

Avant que naissent les montagnes, que tu enfantes la terre et le monde, de toujours à toujours, toi, tu es Dieu

Tu fais retourner l’homme à sa poussière : tu as dit « Retourne fils d’Adam ! »

A tes yeux, mille ans sont comme hier, c’est un jour qui s’en va, une heure dans la nuit,

tu les a balayés : ce n’est qu’un songe , dès le matin, c’est une herbe changeante :

elle fleurit le matin, elle change : le soir elle est fanée, desséchée.

***

Ça nous remet à notre place…

(pas perdus dans l’univers

mais

entre Ses mains..)

P.S. évidemment, il y en a qui gâchent ce psaume, les fanatiques des chiffres qui insistent à tout prix que, effectivement, un an=1000 ans et avec ça calculent la fin du monde ou le début… d’ailleurs le psaume cité est 89 pour les cathos, 90 pour les protestants comme quoi…on ne peut pas se fier aux chiffres!

Rentrée

le 30 août, Auvergne

Le mois d’août est presque terminé…tout à coup d’un jour à l’autre ou presque, on est passé de la canicule à… l’automne ? Ou l’hiver ont dit certains… La rentrée a commencé d’un côté de l’Atlantique, puis de l’autre et bientôt ici…les allées et venues des transports scolaires dans le village avec leur logo bien visible sur la plage arrière vont bientôt ponctuer les journées…

Et voilà qu’à l’orée de ce nouveau jour qui s’annonce bien rempli, essayant de retrouver mes esprits, je trouve ce psaume réconfortant qui se passe de commentaire…

Éternel! tu me sondes et tu me connais,

Tu sais quand je m’assieds et quand je me lève, Tu pénètres de loin ma pensée;

Tu sais quand je marche et quand je me couche, Et tu pénètres toutes mes voies.

Car la parole n’est pas sur ma langue, Que déjà, ô Éternel! tu la connais entièrement.

Tu m’entoures par derrière et par devant, Et tu mets ta main sur moi.

Une science aussi merveilleuse est au-dessus de ma portée, Elle est trop élevée pour que je puisse la saisir.

Où irais-je loin de ton esprit, Et où fuirais-je loin de ta face?

Si je monte aux cieux, tu y es; Si je me couche au séjour des morts, t’y voilà.

Si je prends les ailes de l’aurore, Et que j’aille habiter à l’extrémité de la mer,

Là aussi ta main me conduira, Et ta droite me saisira.

Si je dis: Au moins les ténèbres me couvriront, La nuit devient lumière autour de moi;

Même les ténèbres ne sont pas obscures pour toi, La nuit brille comme le jour, Et les ténèbres comme la lumière.

( Psaume 139, les premières lignes)

De quoi affronter n’importe quelle journée qui s’annonce, le cœur léger , rentrée ou pas!

( Prends bien soin, Seigneur de tous tes enfants!)

Par la main

le 22 août, 2023

Ce matin au lever du jour

je me suis sentie toute barbouillée…

à l’idée

de devoir traverser la journée

qui s’étendait

devant moi

alarmante et menaçante

***

Comme ce serait bien

me suis-je dit

pour arriver de l’autre côté

de pouvoir

sauter à pied joint

sans avoir à

s’aventurer dans les eaux profondes

et risquer d’être engloutie

à mi-chemin

***

il faut commencer à avancer

malgré tout

même la peur au ventre

avec la foi folle

que je ne sombrerai pas…

* * *

J’ai peur, j’ai peur mémé, disait une fois un de mes petits enfants… alors donne-moi la main lui ai-je dit et tu verras ensemble, on pourra avancer …

* * *

Maintenant que la journée est terminée

et que je suis arrivée de l’autre coté

sans être emportée par les eaux

il y a dû avoir quelqu’un

qui m’a donné la main

« quand tu traverseras l’eau profonde, je serai avec toi, quand tu passeras les fleuves, tu ne te noieras pas » Ésaïe 43:2

Fête de village au pays de la laïcité

le dimanche 13 août, Auvergne, au village

Une fois n’est pas coutume…

Non seulement la petite chapelle était ouverte, mais elle était pleine à craquer, avec des gens de tous les âges, des jeunes serrées les unes contre les autres assises au dernier rang sur le même banc et de nombreux enfants en bas âge aux bons soins de parents mais aussi de grands parents…

Peut-être le plus étonnant ont été les chants : tout à coup se sont élevées de belles voix joyeuses de ténors, de basses, d’altos des 4 coins de cette assemblée hétéroclite qui remplissaient ce lieu d’habitude si vide et généralement si triste car il est ouvert seulement au cours de l’année pour officier des enterrements…

( j’ai eu envie de me retourner plusieurs fois me demandant, mais qui chante aussi bien…)

Ce qui était magique c’est que ce n’était pas un concert dans une église comme on les offre pendant l’été pour attirer le client et mettre un peu de sacré dans la vie des vacanciers, aucune star, aucun nom de chanteur ni de concertiste connu, pas de musique d’accompagnement ( il n’y a pas de piano ni d’orgue dans cette chapelle) mais des voix anonymes qui s’unissaient pour louer Dieu simplement, sans prétention dans ce petit village…

En fait, c’était le jour de la fête patronale, même si on ne l’appelle plus ainsi, car il y a belle lurette que la vie des habitants du village a cessé de se centrer autour des fêtes religieuses…

Alors le reste…

qui avait déjà commencé la veille avec un Disco sur la place du village jusqu’à 4 heures du matin, les quelques stands de fête foraine ( pas assez de place pour avoir des auto-tamponneuses) une structure gonflante de toboggan pour les enfants, un repas au sanglier autour de longues tables avec des bancs … et l’indispensable buvette, très concourue comme toujours…On a eu même droit cette année aux feux d’artifices, supprimés l’année précédence pour cause de sécheresse et risque d’incendie…

Mais voilà, que convié ou pas, Dieu s’était invité au milieu de la fête…et comme par miracle, en ce dimanche précis , un chant de louange s’est élevé au milieu du village…

Comme quoi, au pays de la laïcité, Dieu fait de la résistance…

Du Japon, de la guerre et… du foot

le 11 juillet, 2023 Auvergne

Je regarde le match de football féminin , Japon contre la Suède et évidemment je veux que le Japon gagne, j’étais même émue en écoutant l’hymne national japonais, moi qui ne le connais pas et qui est contre le nationalisme… ( c’est uniquement dans le contexte de matchs de foot que je supporte d’entendre les hymnes nationaux…je me suis même surprise à chanter la Marseillaise à tue-tête le soir où la France a gagné la coupe du monde en 2018…)

Quand je dis évidemment, c’est parce- qu’une partie de ma famille étant devenue japonaise par alliance, le Japon n’est plus pour moi un pays exotique sur lequel on écrit et on fait des émissions à la télévision ( en général flatteuses d’ailleurs) et où quelqu’un explique l’esprit oriental à un public occidental fasciné par les mangas, l’origami, le bouddhisme, les cerisiers en fleurs et je ne sais quoi encore…et insiste sur le fait qu’ils soient tellement différents de nous !

Maintenant, je me rends compte à quel point la question de l’apparence qu’elle soit « race » ou couleur de peau, peu importe le terme que l’on utilise, n’est pas anodine. Quand je vois un japonais, il ressemble à quelqu’un que je connais, quelqu’un de ma famille … et ça change tout… pas à quelqu’un dont j’ai entendu parler dans les livres d’histoire ou que j’ai vu aux actualités…

(1-0 pour l’instant, les japonaises perdent : elles ont tellement plus petites que les suédoises qui les poussent….ce n’est pas juste!)

Ce qui fait que l’autre jour, j’ai été bouleversée….

Quand j’ai lu le récit de cet épisode historique pendant la deuxième guerre mondiale ( que j’ignorais totalement) de l’internement de femmes françaises avec leurs enfants en ce qui était l’Indochine française à l’époque par l’armée japonaise en 1945 ( dans le livre de Caroline Laurent Evelyn Pisier « Et soudain la liberté” cette dernière l’ayant vécu avec sa mère quand elle avait 4 ans)…

Bien entendu, j’avais lu des récits et j’ai aussi vu des films des atrocités commises par les japonais pendant la deuxième guerre mondiale, mais je ne me suis pas sentie particulièrement concernée… c’était arrivé à des gens que je ne connaissais pas et avec lesquels je ne pouvais pas m’identifier….

Mais dans ce cas, j’étais concernée : j’avais aussi eu une amie qui avait vécu et était née dans l’ancienne Indochine française… et en lisant le récit, j’avais envie qu’à un moment donné, l’auteur du souvenir raconte qu’ il y avait un des gardes du camp qui avait eu pitié d’elles, qui avait montré de la compassion… qui avait un visage humain et pouvait racheter les autres méchants japonais….

Mais rien de tout cela : le récit n’était que que trop classique avec ses descriptions atroces de la faim, de la saleté , de la brutalité et comme c’était des femmes, du viol…. semblable à tellement d’autres …

Comment se fait-il que des êtres humains, ni meilleurs ni pires que les autres, quelque soit leur nationalité, leur race, leur statut social puissent se transformer en bêtes sauvages ? Où trouvent- ils cette capacité ? Dans quels puits d’eaux saumâtres et profondes vont-ils chercher ce liquide empoisonné qui les aveugle à la souffrance d’autrui, ou pire leur procure du plaisir à l’observer ?

Et une fois revenus à la vie ordinaire, ils rentrent dans les rangs et retrouvent leur visage humain avec leurs petits manques, leurs petites joies, leurs petits actes de compassion même… comme si de rien n’était… ( Peut-être pas vraiment… )

Faudrait- il pour autant les haïr eux et leurs descendants ?

Ce fléau qu’est la guerre  !

Aimez vos ennemis ! disait Jésus

Le seule vrai anti-dote aux ravages de la guerre ?

Quel défi à relever!

PS : Le Japon a perdu 2-1 et je dois avouer que j’ai pas eu le courage de voir tout le match : elles étaient tellement petites faces à ces grandes suédoises…demain je souffrirai encore quand jouera la Colombie et après la France ! Des émotions en perspective

Un message pour tous

le 3 août, 2023, Auvergne,

De nouveau, je reprends la lecture de cet évangile à reculons : je ne peux pas l’aborder comme un texte comme les autres, en faire simplement une critique littéraire, avec toutes ses limites étant donné que c’est un texte traduit et que l’identité de l’auteur est énigmatique, constamment remise en question.

Je ne veux pas non plus abandonner mon esprit critique et me jeter dans une lectio divina, où je me pose uniquement la question de quel est le message de ce texte car il est parasité dans mon esprit par tous les commentaires, sermons , thèses et théologies qu’il a suscités que j’ai pu lire ou entendre … or mon désir est de renouveler mon regard…

Malgré tout, sa lecture m’oblige à poser des actes de foi dès le départ ; Tout d’abord de mettre ma confiance en des personnes qui ont existé il y a longtemps et auxquelles on ne peut plus poser de questions pour vérifier la véracité de leurs dire ou de leurs écrits… à savoir ceux et celles qui ont été des témoins oculaires, et ensuite ceux et celles qui les ont écrit ou compilés. Il me faut croire qu’ils n’ont pas cherché à tromper leur audience pour la manipuler ; en d’autres termes qu’ils n’avaient pas des intérêts cachés et n’étaient pas d’ une intégralité morale à toute épreuve.

Il est évident, historiquement parlant que les disciples de Jésus et les assemblées qui se sont formées après sa résurrection, étaient dénués de tout pouvoir politique, économique et social au moment de l’élaboration de ces textes. Ça c’est une certitude attestée par le fait de la persécution des autorités d’abord juives mais surtout romaines envers eux… mais à l’heure d’aujourd’hui ces textes sont diffusés et enseignés par des églises dont le pouvoir économique, politique et social est bien réel et c’est ça qui fausse tout… Les gardiens traditionnels du message sont devenus inaudibles parce-qu’indignes de confiance..

Mais en revenant aux temps où ces textes ont été élaborés et dans l’impossibilité de vérifier avec certitude comment ils ont été formés, il faut faire un dernier acte de foi ou de confiance, le plus grand  : que Dieu lui-même soit intervenu pour que nous ayons des documents pendant tous ces siècles qui soient fiables et crédibles (pas des faux…)

Pour cela bien sûr, il faut croire au Dieu révélé dans les écritures, dont l’intention n’est pas de tromper l’être humain mais de l’éclairer et le guider… On en revient toujours là…et que s’il y a eu des Abraham, des Moises et des David, c’est finalement toute une communauté qui est au centre de la transmission de ces messages, et pas un individu tout seul, pas un Super Héros ! La Bible après tout veut dire, bibliothèque… elle est donc et a toujours été plurielle…

Voici maintenant la deuxième partie des paroles de Jean le Baptiste,

* * *

Jean 3 : 31-32

 Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tous; celui qui est de la terre est de la terre, et il parle comme étant de la terre. Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous,

 il rend témoignage de ce qu’il a vu et entendu, et personne ne reçoit son témoignage.

Celui qui a reçu son témoignage a certifié que Dieu est vrai;

car celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu, parce que Dieu ne lui donne pas l’Esprit avec mesure.

 Le Père aime le Fils, et il a remis toutes choses entre ses mains.

 Celui qui croit au Fils a la vie éternelle; celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui.

* * *

Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tous; celui qui est de la terre est de la terre, et il parle comme étant de la terre. Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous,

il rend témoignage de ce qu’il a vu et entendu, et personne ne reçoit son témoignage. ( Jean)

Je ne peux m’empêcher de mettre cette affirmation en parallèle avec ce que Jésus a dit dans son discours/dialogue avec Nicodème, je les recopie donc ici :

 En vérité, en vérité, je te le dis, nous disons ce que nous savons, et nous rendons témoignage de ce que nous avons vu; et vous ne recevez pas notre témoignage.

 Si vous ne croyez pas quand je vous ai parlé des choses terrestres, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses célestes?

Personne n’est monté au ciel, si ce n’est celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme qui est dans le ciel. (Jésus)

( pour une étude plus approfondie de ce passage https://simone-blog.org/2023/06/le-croire-ou-ne-pas-le-croire-voila-la-question.html)

Jean Baptiste avec ces paroles reprend des thèmes présentés par Jésus au cours de ce dialogue: il fait une distinction entre les choses spirituelles et les choses terrestres… il lie leur connaissance à la nature ou l’identité du messager : il réaffirme donc comme Jésus l’a fait que « celui qui vient du ciel » connaît nécessairement les réalités spirituelles. Il parle aussi du témoignage pour authentifier les déclarations de Jésus ( élément très important dans la pensée juive) en disant que ce témoignage quoique authentique n’est pas reçu.

La différence est que Jean note que Jésus est «  au-dessus de tous » alors que Jésus, n’affirme être au-dessus de qui que ce soit même si son origine vient du ciel : il n’en tire pas la conclusion de sa supériorité…

L’humilité est donc des deux côtés : du côté de Jésus qui ne se considère pas supérieur à quiconque mais qui déplore que son identité ne soit pas reconnue, et du coté celle de Jean la Baptiste qui lui affirme la supériorité de Jésus et par conséquent, son infériorité à lui…

Celui qui a reçu son témoignage a certifié que Dieu est vrai;

car celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu, parce que Dieu ne lui donne pas l’Esprit avec mesure.

Jean maintenant se démarque de ceux qui ne croient pas au témoignage de Jésus : il fait partie de ceux qui y croient, c’est pour cela qu’il ne faut pas prendre le mot personne au pied de la lettre… c’est une manière de parler pour dénoncer le rejet des plus nombreux mais surtout de l’institution religieuse…il affirme donc que Jésus est un prophète au sens étymologique du terme car il dit « les paroles de Dieu », mais il n’est pas n’importe quel prophète car il est totalement rempli de l’Esprit Saint ( sans mesure).

Il continue à insister…et c’est là que l’on retrouve dans sa bouche de nouveau des paroles très proches de celles de Jésus que je citerai pour les comparer…

Le Père aime le Fils, et il a remis toutes choses entre ses mains.

Celui qui croit au Fils a la vie éternelle; celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui.

(Jean)

 Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle.

[ . . .] Celui qui croit en lui n’est point jugé; mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.

(Jésus)

Les deux textes nomment Jésus comme le « Fils » : Jésus s’auto-dénomme en quelque sorte mais indirectement en parlant de lui-même à la troisième personne, il n’y a pas ( en tout cas pas encore ) de « Je suis » c’est Jean, le témoin qui nomme ouvertement Jésus du titre complet de « fils unique de Dieu »

Les deux affirment que la vie éternelle est en Jésus, ce qui signifie ici reconnaître qu’il a été envoyé de Dieu, mais Jean parle de l’amour de Dieu pour son fils Jésus alors que Jésus parle de l’amour de Dieu pour le monde…la perspective est différente… C’est un message universel que Jésus présente alors que celui de Jean est uniquement à l’intention des juifs…

Les deux aussi parlent du jugement pour ceux qui ne croient pas au « Fils » mais celui de Jean est plus dur parlant de la colère de Dieu face au rejet de Jésus, conformément au style de Jean dont le message est l’appel à la repentance

* * *

Ce que j’en retiens…

Une fois que je franchis l’obstacle ( ou laisse de côté) la question de savoir si Jean a vraiment utilisé les termes exacts cités ici, et que je prends l’ensemble comme « authentiquement signifiant » dont la rédaction a été inspirée… c’est la comparaison entre les paroles attribuées à Jésus et celles à Jean qui me frappent tout d’abord. Elles présentent deux hommes qui se retrouvent dans leur humilité, une humilité non feinte car elle ne les fait pas renier à qui ils sont.

Jésus ne s’est vanté de rien… il ne s’est pas vanté de l’amour que Dieu avait pour lui ce qu’il passe totalement sous silence (certainement par pudeur) il ne s’est pas vanté non plus d’être « descendu du ciel » et donc d’être supérieur aux autres, à Jean particulièrement, mais il n’a pas cherché pour autant à se rabaisser ( comme les gens qui font semblant d’être humbles) : il a énoncé qui il était et sa déception face à ses interlocuteurs est qu’ils ne croyaient pas ce qu’il disait, non pas parce-qu ils ne le mettaient pas sur un piédestal, car « ils préféraient les ténèbres » à la lumière qu’il était venu leur apporter.

Jean ne s’est pas senti rabaissé ou plutôt dévalorisé, en affirmant la supériorité de Jésus par rapport à lui-même…la preuve c’est qu’il a continué à exercer son ministère après sa rencontre avec Jésus : il n’a pas renvoyé ses disciples leur disant que sa mission était finie. Il a continué à assumer le rôle qui lui avait été assigné, celui de prophète du peuple juif, tant et si bien qu’il en est mort martyre, décapité sur ordre du roi…

Témoins l’un et l’autre, témoins l’un pour l’autre… ! Une belle leçon !

Mais, il y a une autre dimension que révèle la comparaison de leur message, même si j’aime beaucoup le personnage de Jean Baptiste et que par certains côtés, ma balance pencherait pour lui : seul celui de Jésus est adressé à tous, (inclusif en quelque sorte) car il ne s’adresse pas qu’aux juifs et on peut prendre note qu’il n’y a pas de femmes mentionnées dans l’entourage de Jean, celles-ci n’apparaissant dans son histoire que pour être représentées en la personne d’Hérodiade et de sa fille, symboles à jamais des « Ève »perverses et séductrices qui vont causer sa mort..

Sans le message de Jésus, il faut bien l’avouer, aujourd’hui à l’heure qu’il est, moi femme du XXIème siècle, n’étant pas membre du peuple choisi, j’en serai ignorante voire exclue …

Merci, donc Jésus !

Humilité

le 1 août, 2023, Auvergne

Après toutes ces années, je me rends compte que c’est ma gloire que je continue à chercher…constat lamentable… je n’ai jamais été une bonne élève de l’humilité ( par contre feinte oui…)

Je peux me donner des excuses…la 3ème d’une fratrie née alors que ma mère était déjà épuisée et aurait voulu faire une pause. Elle avait eu certainement une grande joie à pouvoir donner naissance d’abord à un beau garçon et ensuite à une jolie fille, donc son contrat était rempli… (et après moi un autre est venu…puis une autre) Il a fallu donc que je trouve un moyen de me faire remarquer ou plutôt de me faire mousser, de sortir de l’invisibilité dans laquelle je me trouvais : mon existence en dépendait.

Mais nous ne pouvons pas passer notre vie à nous donner des excuses pour nos manquements d’aujourd’hui, en rejetant la faute sur les circonstances plus ou moins difficiles que nous avons vécues hier, particulièrement dans l’enfance…Après un certain temps, il faut nous regarder en face et prendre nos responsabilités…

On a tous notre talon d’Achille et au lieu de nous en lamenter ou de nous en excuser, savoir où réside notre faiblesse peut-être le lieu fertile de l’apprentissage d’une conversion constante et…. d’une vraie humilité ?

Une opportunité en quelque sorte…

« Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort » disait un certain Paul car la « puissance [de Dieu] s’accomplit dans la faiblesse »

Pour aller plus loin…un très beau sermon sur ce thème :

https://oratoiredulouvre.fr/index.php/libres-reflexions/predications/quand-je-suis-faible-c-est-alors-que-je-suis-fort-2-corinthiens-12

Épargnés

le 31 juillet, 2023, Auvergne

( réflexions à la suite de conversations à bâtons rompus sur la vie que nous avons menée)

Épargnés

Après tant d’années à vivre au bord du danger

***

Épargnés

du meurtre au coin d’une rue par une balle perdue

ou de celui délibéré d’un inconnu,

qui à notre insu

a décidé de mettre fin à notre vie…

***

Épargnés

de n’avoir pas subi la torture,

ni d’avoir été traînés devant les tribunaux

(les vrais ou les faux)

et condamnés sans appel

par un jury haineux et cruel

***

Épargnés

de ne pas avoir connu la faim ( la vraie )

ni la guerre incessante

sans pouvoir fuir très loin

et espérer de connaître des lendemains

paisibles et sereins

***

Épargnés

de n’avoir pas été été emportés par une maladie fatale,

arrivée sans crier gare,

à la fleur de l’âge

ni d’être restés paralysés

à la suite d’un accident malencontreux

( ni d’avoir causé la mort d’un malheureux)

***

et la liste pourrait être encore plus longue

si je l’alimentais de toutes les catastrophes de l’actualité …

(Est- ce parce que ces malheurs arrivent aux autres et pas à nous que l’on est attiré par les faits divers les plus scabreux et les images terrifiantes venues des 4 coins du monde ? )

mais en tout cas…

Même si comme tout le monde, on a eu notre lot de difficultés,

Épargnés,

nous l’avons été

et ce serait d’une grande ingratitude

de ne pas le reconnaître…

et de continuer à vivre

sans remercier…