La violence: une puissance traîtresse

e 13 octobre 2023, Bruxelles, après un long voyage

Je n’arrive pas oublier ce qui se passe là-bas.. leurs cris arrivent jusqu’à moi.

Pourtant, je m’interdis de regarder des images diffusées sur les sites d’actualités (ou ailleurs), je jette à peine un coup d’œil sur les grands titres des journaux mais surtout je n’écoute pas les déclarations des hommes et femmes politiques : autant d’incitations à la haine semble-t-il  Mais impossible d’ignorer ce qui se passe et cette clameur qui vient pourtant de loin!

Qu’est-ce qui leur a pris ?

Ils ont dû avoir un moment d’euphorie triomphante après avoir pu pénétrer dans le territoire de leurs ennemis… les combattants… tellement ils avaient été humiliés…, tellement ils avaient dû baisser la tête … tellement ils avaient dû assister impuissants à chaque arrestation, à chaque destruction à chaque fouille humiliante,…

Mais qu’est-ce qu’il leur a pris de s’en prendre à des femmes, des enfants et des vieillards sans défense et de s’en vanter après sur les réseaux sociaux …

d’où est venue cette folie meurtrière qui a effacé en eux toute trace d’humanité et de compassion,

Car maintenant, qui va défendre leurs cause ?

***

La violence, ils se sont laissé piégés par son pouvoir illusoire et la satisfaction de revanche qu’elle prétend offrir,

la violence, cette puissance trompeuse qui attire les jeunes gens dans ses bras, leur promettant d’étancher leur soif de vengeance et de construire un royaume où ils seront rois (bâti sur les ruines de leurs ennemis…)

la violence,

une fois qu’on l’invite à sa table,

elle se charge de vous servir à profusion

la haine,

son breuvage de prédilection

un vin empoisonné qui enivre et fait perdre la raison…

* * *

Ne connaissaient-ils pas leurs ennemis, ne savaient-ils pas comment ils réagiraient ?

Maintenant ce sont leurs enfants, leur femmes, leur vieillards qui sont les victimes… et ils sont multipliés par 10, par 100, par mille… les voilà chassés de leur territoire…

Qui va arrêter les mains vengeresses ? Qui va leur dire ça suffit ?

Seigneur, fais qu’au milieu de ton peuple et des nations environnantes se lèvent des hommes et des femmes de paix !


Miserere Nobis

Incertitudes et promesses

9 octobre 2023, Auvergne

Personne ne s’y attendait…

À cette attaque du Hamas sur Israël, même pas les services d’intelligence d’Israël, pourtant eux qui sont tellement performants…

(Personne ne s’attendait non plus à la pandémie de Covid-19 et n’aurait pu imaginer que le monde s’arrête pendant quelques semaines…)

Et pour la guerre en Ukraine ? Quoique l’on savait la Russie prête à attaquer on ne s’attendait pas à revoir sur le sol européen les défilés de réfugiés fuyant les bombardements comme en 40 et maintenant plus d’un an après une guerre des tranchées qui s’installe…. comme en 14-18…

* * *

Paix et guerre : la roue de ce cycle infernal qui nous reconduit à la guerre inéluctablement et que l’on croit pourtant avoir arrêté une bonne fois pour toute, après chaque traité, se remet en marche lentement sans qu’on y prête attention et quand on s’en rend compte, il est trop tard pour l’arrêter…

Paix et justice…

Avec la paix forcée par les armes du pays vainqueur sur le pays vaincu, c’est au prix de l’injustice qu’elle peut s’accomplir.  Le pays vainqueur, vindicatif oublie les souffrances énormes de la guerre et devenu prospère et puissant ne veut pas voir que sa réussite s’est faite au détriment de ceux qu’il a vaincu ou qu’il opprime encore…

La paix permet quelquefois à l’injustice de s’installer impunément et invisiblement,

La fameuse Pax Romana pas le Shalom promis par Dieu à travers la voix ses prophètes et qui n’est pas cet équilibre précaire protégé par des barbelés , mais un règne de paix, de justice et d’harmonie à l’intérieur et extérieur des frontières…

* * *

Il n’y a jamais eu de Shalom établi durablement entre Israéliens et Palestiniens

Depuis la création de l’État d’Israël, rêve enfin réalisé pour les survivants de l’épisode le plus cruel de l’histoire du peuple juif, la Shoa, une vraie paix durable aurait pu s’établir entre le peuple qui occupait les lieux, les Palestiniens et ceux qui les ont délogés pour y retrouver une nouvelle existence.

Mais malheureusement, au cours des années, les uns enhardis par leur succès militaire et économique, devinrent de plus en plus gourmands, les autres de plus en plus désespérés virent en la violence leur seul voie de salut … et la Jérusalem reconquise et retrouvée au lieu d’être le centre où toutes les nations viendraient adorer Dieu , est devenue la Jérusalem exclusive et barricadée…

* * *

Je dois avouer que cette attaque sur Israël, c’était vraiment étrange, surréaliste autant qu’horrible et inattendue dans son ampleur : c’était comme lire des événements décrits il y a plus de 2000 ans dans les livres des prophètes et de les voir se dérouler maintenant sous mes yeux…Jérusalem, entourée par les armées et menacée qui se lamente et puis Jérusalem reconquise et restaurée qui se réjouit (mais finit par délaisser son Dieu affirme-t- Il ) et Jérusalem qui de nouveau pousse des cris de douleur et enterre ses morts

Voilà que la Jérusalem qui pleure ses enfants, ce n’est pas celle racontée dans un livre sacré écorné, mais celle qu’aujourd’hui l’on voit sur nos écranset celle qui s’acharne en représailles et fait pleurer les enfants des autres, ce n’est pas celle dénoncée par les prophètes d’antan, mais bien celle d’aujourd’hui qui laisse exprimer toute sa colère : le cycle infernal est reparti et est en pleine accélération..

* * *

Pourtant, malgré toutes les vicissitudes de l’histoire, la promesse de Dieu continue à tenir pour que Jérusalem soit un lieu de paix et de justice où tous les peuples de la terre accourront :

 « Lève-toi, sois éclairée, car ta lumière arrive, Et la gloire de l’Éternel se lève sur toi.[. . .]

Des nations marchent à ta lumière, Et des rois à la clarté de tes rayons [ . . .]

Je ferai régner sur toi la paix, Et dominer la justice.

On n’entendra plus parler de violence dans ton pays, Ni de ravage et de ruine dans ton territoire; Tu donneras à tes murs le nom de salut, Et à tes portes celui de gloire.

Ce ne sera plus le soleil qui te servira de lumière pendant le jour, Ni la lune qui t’éclairera de sa lueur; Mais l’Éternel sera ta lumière à toujours, Ton Dieu sera ta gloire » ( Isaïe 60 : 2…19)

La Jérusalem rêvée ?

* * *

En tout cas en attendant,pour qu’elle devienne un lieu de paix durable et remplisse sa vocation de lumière pour les peuples, cette terre qui a été celle du Christ, le Prince de la paix, il nous est demandé à nous qui nous disons être ses disciples, d’être plus que jamais des instruments de réconciliation… et non d’attiser les flammes de la haine en justifiant les crimes et la violence des uns ou des autres…

À bon entendeur salut ! ( mais qui saurait l’entendre ?)

PS : aujourd’hui, 11 octobre alors que l’on commence à compter les morts et que les cadavres continuent à s’accumuler, pas de discours: c’est le temps de prendre le deuil  et de faire monter nos suppliques vers le ciel

L’abolition de la guerre sainte c’est maintenant

le 6/7 octobre 2023, Auvergne

( l’automne est là, pendant la nuit, mais il repart pendant la journée…plus inquiétant ici la sécheresse s’installe : pas une goutte de pluie à l’horizon… mais voilà que la guerre sainte a repris au Moyen Orient !)


Jean 4 : 21-24

Jésus lui dit : « Femme, crois-moi : l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père.

Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs.

Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père.


* * *

La dernière fois, https://simone-blog.org/2023/09/la-samaritaine-et-jesus-une-pair-hors-norme.html je me suis centrée sur l’échange entre Jésus et la Samaritaine, maintenant je veux reprendre le texte, pour me concentrer sur d’autres aspects des déclarations de Jésus

Jésus lui dit : « Femme, crois-moi : l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père.

Il semble selon un article que je viens de lire que les ruines du temple qui avait été détruit par Hyrcanus un chef juif, en 127 avant Jésus Christ, était visible du puits de Jacob à l’époque de cette rencontre et qu’on peut imaginer que Jésus et elle se soient tournés ou aient montré du doigt le lieu dont ils parlent. (Bull, R. J. (1975). An Archaeological Context for Understanding John 4:20. The Biblical Archaeologist, 38(2), 54–59. https://doi.org/10.2307/3209464 )

Ce n’était donc pas anodin de pouvoir observer les vestiges du conflit entre ces deux peuples de l’endroit où Jésus et la Samaritaine se trouvaient et ça permet de situer cet échange dans un cadre géographique historique réel qui rehausse la signification de cette rencontre.

( Voilà d’ailleurs des précisions sur cette guerre entre les juifs et les Samaritains qui s’était terminée par la défaite des Samaritains et selon certains textes avaient été pris en esclaves (un extrait de l’article de wikipedia.. « Lors de sa troisième campagne (vers 108-107) il (Hyrcanus, grand prêtre juif) conquiert la région de Samarie […] Les Hasmonéens ne se contentent pas de détruire la ville de Samarie, mais selon Flavius Josèphe, ils « l’inondèrent à l’aide de torrents : par des affouillements, ils la firent ébouler dans les ravines et firent disparaître toutes traces indiquant qu’une ville s’élevait jadis en cet endroit». [ … ] Les fouilles archéologiques ont confirmé la destruction du sanctuaire samaritain du Mont Garizim. » .(https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Hyrcan_Ier pour consulter un site et un point de vue du judaïsme sur Hyrcanus https://www.jewishvirtuallibrary.org/johanan-john-hyrcanus)

En tout cas pour ce qui me concerne, il m’aide à effacer ces images de tableaux à encadrure dorée dans des musées ou des églises où des personnages inoffensifs ont l’air de flotter dans un monde religieux irréel sorti de l’imagination d’un auteur de fiction sans aucun rapport avec le monde dans lequel on vit.

Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs.

Jésus ici réaffirme quand même la suprématie juive… qu’il avait l’air de remettre en cause en disant plus haut que ni Jérusalem, ni le mont où adoraient les Samaritains n’étaient le lieu où il fallait adorer Dieu. Quelque soit les recherches qui aient été faites sur les Samaritains et leur commune origine, le Jésus du texte semble épouser ce que les juifs de l’époque estimaient, à savoir que les Samaritains ne faisaient pas partie du peuple légitime juif auquel Dieu avait promis d’envoyer un sauveur…L’ancrage de Jésus dans son époque et d’une certaine manière porteur de ce que nous considérons aujourd’hui comme des préjugés, est toujours troublant, nous qui voudrions le voir, justement comme dans ces peintures de musée ou d’église, flottant au-dessus du temps et de l’espace…

(L’explication donnée pour ce manque de connaissance est que les Samaritains ne reconnaissaient pas d’autre textes sacrés que ceux du Pentateuque ( les premiers cinq livres de la Torah) et donc le dernier prophète était Moïse : leurs écritures n’incluaient pas les livres de prophètes. Les exégètes semblent satisfaits de mentionner que cela prouve que le texte n’est pas anti-juif…mais moi , je voudrais le comprendre mieux… je découvre donc ce site étonnant car je croyais que les Samaritains n’existaient plus… avec beaucoup d’informations sur les Samaritains… car ils existent encore semble-t-il… je leur laisserai donc la parole: a priori, …https://www.israelite-samaritans.com/)

Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père.

Heureusement, Jésus se rattrape par cette déclaration extraordinaire qui représente un tournant décisif ou même encore plus l’inauguration d’une nouvelle ère dans l’histoire des religions mais particulièrement pour le judaïsme… « en esprit et vérité :  »  Jésus par cette formule abolit une fois pour toutes le lien étroit et meurtrier entre religion et territorialité, entre défense du territoire national et défense de son patrimoine religieux.

La suprématie de Jérusalem et son appartenance au peule juif , comme lieu central de l’adoration et de la pratique du judaïsme, on la trouve réitérée à toutes les pages ou presque des livres des prophètes où la promesse de Dieu est toujours de le lui restituer.

Pourtant cette affirmation de Jésus remet en cause son importance et oblige à relire les textes et à voir Jérusalem non plus comme une entité territoriale mais un lieu spirituel et symbolique ( la Jérusalem céleste). C’est à ce prix, que la la réconciliation et le dialogue est possible entre une samaritaine et un juif.

Ce message qui a été compris par les premiers disciples du Christ, surtout après que Jérusalem ait été détruite, a totalement été oublié et bafoué dès que les chrétiens ont accédé au pouvoir politique, en faisant de Rome ( et aussi Constantinople ) un centre territorial de la chrétienté et donc à défendre par les armes (même s’ils n’ont pas oublié Jérusalem quand les croisés ont détruit tout sur leur passage pour la réinvestir au nom d’un tombeau…. vide !)

Cette affirmation, qui arrive au cours de cet échange, simplement, sans crier gare, opère une véritable révolution dans la pensée religieuse dont on n’a pas encore mesuré toutes les conséquences.

* * *

Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité

Tout d’abord, je me réjouis, ayant parcouru le monde et  rencontré des centaines de personnes incarcérées d’avoir pu leur dire que Dieu peut être adoré n’importe où…. même dans un cachot et qu’aucune nation aussi puissante qu’elle soit ne peut prétendre avoir l’exclusivité de l’accès à Dieu, ce Dieu appelé Père par Jésus. « En esprit et en vérité » permet à qui que ce soit où qu’il soit de s’en remettre à lui : tous égaux devant Dieu, tous frères et sœurs.

Je redécouvre aussi  combien cette déclaration est percutante et révolutionnaire, presque autant sinon plus que celle de « aimez vos ennemis » car elle s’inscrit en plein milieu d’une réalité historique et concrète dans un dialogue où Jésus se trouve face à face avec une personne, qui en ce cas le considérait comme son ennemi .

Je suis d’autant plus attristée de constater que 2000 ans et des centaines de guerres politico-religieuses après, avec leurs millions de morts,  cette affirmation de Jésus rapportée ici ait été totalement délaissée et n’ait pas été enseignée comme une vérité fondamentale de cette « nouvelle religion » issue du judaïsme et qu’on a appelé le christianisme… Et ça continue dans les discours guerriers au Moyen Orient et partout ailleurs.. ! Si Isaïe se plaignait que son peuple avait la nuque raide et désobéissait constamment aux enseignements de Dieu, la même chose est vraie des chrétiens, ce peuple adopté…

Cette déclaration de Jésus aurait dû sonner le glas de toutes les guerres saintes

Maintenant a dit Jésus, maintenant,

c’est quand ce maintenant ?

( La question est d’autant plus d’actualité aujourd’hui 7 octobre 2023 quand vient de se déclencher un énième conflit entre le Hamas et Israël …

https://www.lemonde.fr/international/live/2023/10/07/en-direct-attaque-contre-israel-vingt-deux-personnes-tuees-par-les-frappes-du-hamas-des-civils-pris-en-otage-en-violation-du-droit-international_6192981_3210.html

Seigneur, prends pitié !

Éloge de l’ignorance: sus aux experts!

le 29 septembre, 2023. Auvergne

( la chaleur est revenue… mais surtout la sécheresse, même si la fraîcheur du soir nous rappelle qu’on est en automne)

« Que nul homme ne rougisse de son ignorance »

Je trouve cette perle dans un texte écrit par un certain Cyrille, évêque de Jérusalem en l’an 400 et des poussières…

Il parlait de notre ignorance en ce qui concerne la nature de Dieu… car seul Jésus, « le Fils » pouvait avoir une connaissance complète de qui il était vraiment...

* * *

C’était à l époque où les chrétiens , après avoir été persécutés par les empereurs romains pendant de longues années, vivaient finalement en sécurité, ce qui fait qu’ils avaient profité de ce calme bien venu pour utiliser leur énergie à …. se disputer entre eux!

Et se disputer, ils l’ont fait sur tous les sujets possibles et imaginables… et avec l’essor du christianisme et son influence dans la société, tous les enjeux dits doctrinaires étaient presque automatiquement doublés d’enjeux politiques et de luttes de pouvoirOn ne brûlait pas encore les hérétiques mais on les exilait et les relevaient de leurs postes de responsabilités ( en général les évêques)

Un des sujets qui cartonnait ( et qui cartonne encore d’ailleurs) à l’époque, était celui de la relation entre la divinité de Jésus et son humanité : qu’est-ce que ça signifiait ? Avait-il deux natures, l’une à côté de l’autre ou une seule où les deux étaient fusionnées sans qu’on puisse les séparer ( de quoi en perdre le sommeil ?) 

Bref, même s’il n’y avait pas encore les réseaux sociaux, ça divisait au point où ils se jetaient mutuellement des anathèmes pour se discréditer entre eux ( preuve qu’on n’a rien inventé) et le gouvernement devait intervenir quelque fois pour y remettre de l’ordre…

* * *

Confesser notre ignorance, reconnaître les limites de notre connaissance quand il s’agit de Dieu : quoi de plus sage et de plus raisonnable, et quelle arrogance est la nôtre dans nos déclarations sur qui il est et encore pire à quoi il ressemble… d’où la sagesse de l’interdiction juive et protestante ( et aussi musulmane) de le représenter visuellement, selon le commandement inscrit par Moïse sur les tables de la loi et que les israéliens de l’époque se sont empressés à enfreindre ( il faut ajouter aussi qu’avec l’avènement du Christ, l’interdiction a été réévaluée et a été le sujet de polémiques qui durent encore aujourd’hui… ) .

Si notre intelligence nous est utile, sans faire de l’anti-intellectualisme, elle nous égare surtout quand on l’utilise pour montrer notre supériorité et l’intelligence la vraie est de reconnaître nos limites ( « ce que je sais est que je ne sais rien » aurait dit Socrate, d’après Platon). Mais l’avouer publiquement nous empêcherait de nous pavaner sur les plateaux de télé et sur les réseaux sociaux nous présentant comme des experts qui ont réponse à tout…il y a en chacun de nous un gourou qui dort et qui est prêt à se manifester à la moindre occasion surtout sur les questions religieuses….

(D’ailleurs, j’ai découvert que notre cher Cyrille, à ma grande déception, pourtant considéré comme un saint par les orthodoxes comme les catholiques, n’aurait pas mis en pratique ( comme par hasard) ce qu’il enseignait… ayant chassé juifs, païens et hérétiques qui étaient sous sa juridiction : il est un des pères de l’église les plus controversés, et les opinions sur sa personnalité et son œuvre sont encore très contrastées.)

En tout cas, je me tourne vers Isaïe qui a si bien proclamé la grandeur de Dieu et l’impossibilité pour l’être humain de le sonder….

Qui a sondé l’esprit de l’Éternel, Et qui l’a éclairé de ses conseils?

 Avec qui a-t-il délibéré pour en recevoir de l’instruction? Qui lui a appris le sentier de la justice? Qui lui a enseigné la sagesse, Et fait connaître le chemin de l’intelligence?.[. . .]

Toutes les nations sont devant lui comme un rien, Elles ne sont pour lui que vanité […]

 A qui voulez-vous comparer Dieu? Et quelle image ferez-vous son égale?

 Ne le savez-vous pas? ne l’avez-vous pas appris? Ne vous l’a-t-on pas fait connaître dès le commencement? N’avez-vous jamais réfléchi à la fondation de la terre? [. . .]

 A qui me comparerez-vous, pour que je lui ressemble? Dit le Saint.

 Levez vos yeux en haut, et regardez!

(Isaïe 40 : 13…26)

Bref ! Arrêtez de dire n’importe quoi ! Taisez-vous et contemplez sa gloire !

* * *

N. B : pour aller plus loin…. En ce qui concerne l’attitude de Cyrille face à ses contemporains, comme par exemple la question de l’expulsion des juifs, les sites en français la passent plutôt sous silence mais ceux en anglais qui reflètent plus une opinion critique protestante du personnage en font état :Wilken, R. L. (1966). Exegesis and the History of Theology: Reflections on the Adam-Christ Typology in Cyril of Alexandria. Church History, 35(2), 139–156. https://doi.org/10.2307/3162279

Berten, I. (1968). CYRILLE DE JÉRUSALEM, EUSÈBE D’ÉMÈSE ET LA THÉOLOGIE SEMI-ARIENNE. Revue Des Sciences Philosophiques et Théologiques, 52(1), 38–75. http://www.jstor.org/stable/44409485

L’extrait cité de Cyrille…est dans l’évangile au quotidien du 29 septembre 2023

https://levangileauquotidien.org/FR/gospel/2023-09-29

Captures d’écran

les moutons automne, Auvergne

Exécutions sommaires…

Le 26 septembre,2023

D’un côté,

le paysage paisible des moutons qui broutent dans le pré au détour du chemin…

D’un autre

les ruines de pays sous les bombes, les cortèges de réfugiés, les naufragés qui s’accrochent désespérément à un bout de bois à la dérive…

D’un côté

la beauté toujours renouvelée du ciel étoilé dans le silence de la nuit

D’un autre

la laideur des trottoirs malodorants où des sans abris, essaient de dormir emmitouflés dans des vieilles couvertures …

Comment ces deux mondes peuvent-ils exister côte à côte ?

Comment se fait-il que l’être humain puisse produire les deux : la paix et la guerre, le bien-être et la misère… les prés d’herbe verte et les trottoirs malodorants ?

* * *

On nous promet une apocalypse, mais peut-on encore rêver d’un autre monde ? Où l’on peut admirer la beauté de la nature autour de soi et simultanément vivre sur une planète

« l’on n’ entendra plus le bruit des pleurs et des cris…

où ils ne bâtiront pas des maisons pour qu’un autre les habite, ils ne planteront pas des vignes pour qu’un autre en mange le fruit, ils ne travailleront pas en vain et n’auront pas d’enfants pour les voir périr…

un monde où le loup et l’agneau paîtront ensemble (ce fameux loup qu’on réintroduit dans nos montagnes et qui continue à attaquer les troupeaux qui fait que s’affrontent les « écolos » et les agriculteurs dans nos campagnes)

un monde où le lion comme le bœuf mangera de la paille et le serpent de la poussière pour nourriture… (tous végétariens ou même végans!)

et surtout un monde où de leurs épées, ils forgeront des socs et de leurs lances des faucilles,. Jamais nation contre nation ne lèvera l’épée, ils n’apprendront plus la guerre… »

* * *

Toutes ses promesses d’un monde de paix et de justice, je les redécouvre dans ce livre extraordinaire qu’est celui du prophète Isaïe : c’est Dieu qui les fait et qui promet de les accomplir dans le monde qu’il a créé et dont la beauté proclame sa gloire. Les deux y sont réconciliés sous son regard bienveillant…même si

( c’est aussi un monde où règne la corruption, la cupidité, la soif incontrôlée de richesse et de pouvoir, l’injustice, l’oppression, la violence, un monde apocalyptique de souffrances inouïes, semblable à celui dans lequel nous vivons, qui nous est décrit, face auquel la colère de Dieu se déchaîne…surtout quand les auteurs de ces crimes croient pouvoir se laver les mains en participant ostensiblement à des actes religieux…)

* * *

Je prendrai donc ce qui m’échoit : contemplation de la beauté qui m’entoure, compassion et partage avec mes semblables rencontrés en chemin.

Mais désespoir non !

N.B. Les paroles citées, se trouvent dans Ésaïe 65 : 19-25 ; 2: 4

Et l’automne alors?

Le 19 septembre 2023

Ça doit être l’automne !

Tout à coup, en voyant les arbres sur le flanc de la montagne je me rends compte qu’ils ne sont plus verts…ils sont…roussis ?

La couleur de leurs feuilles est-elle due à la sécheresse ou est-ce le signal de l’arrivée tant attendue du spectacle envoûtant des ocres, des jaunes et des rouges qui va nous être offert en cette saison automnale ?

Nulle part ailleurs, je n’en vois les signes ! Je ne le sens même pas dans mon corps…

Pas de fraîcheur matinale ni vespérale,

pas de pluies au froid pénétrant

pas de bourrasque de vent tourbillonnant

Il faudra attendre encore quelque temps…

avant de pouvoir allumer le feu…

à moins que

comme dans les contes de mon enfance, un être malintentionné ait fait prisonnier l’automne ( c’était plutôt le printemps) et qu’on ne le reverra plus jamais ?

* * *

Mais, haro sur le pessimisme !

Dans les contes de fées, il y avait toujours aussi un prince fringant (ou une bonne fée) qui finissait par le délivrer pour que la terre puisse refleurir !

Alors, heureusement, je crois

qu’il y a encore aujourd’hui des princes et…. des princesses fringantes

qui luttent pour que l’automne ne disparaisse pas

et nous régale une fois de plus

de son manteau multicolore !

Merci à eux!

La Samaritaine et Jésus : une paire hors-norme

le 15 septembre 2023, Auvergne

( D’abord le séisme au Maroc et puis c’est le tour de la Lybie avec des inondations catastrophiques ; le nombre de morts est impressionnant et ne cesse d’augmenter…)

La Samaritaine et Jésus : une paire hors norme…

Réflexions préliminaires

Je n’en ai pas fini avec la Samaritaine…cette femme sans nom propre qui est uniquement désignée par son identité ethnique avec tous les préjugés ( bons ou mauvais) que cela peut susciter dans l’esprit de celui qui l’entend, c’est-à-dire l’auditeur du 1er siècle… juif ou gentil/païen … Impossible aujourd’hui de savoir exactement ce que cela pouvait être mais ce n’était pas neutre.

( pour moi, le mot Samaritaine évoque toujours en premier lieu, le magasin à Paris, et fais trotter dans ma tête, ce très vieux refrain publicitaire : la samaritaine, taine , taine est un magasin, zin, zin, ou l’on vend de la laine, laine …et des petits poussins….!!! Comme quoi !)

Me voilà donc arrivée à la partie de l’échange surprenante qui a fait et continue à faire courir nos imaginations…

« Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari :des maris, tu en as eu cinq, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; là, tu dis vrai. »

De quoi tomber à la renverse… !

Un telle révélation de Jésus ne peut pas passer inaperçue… ce qui fait qu’évidemment, j’ai cherché à savoir comment on pouvait expliquer, considérant l’époque, qu’une femme ait eu 5 maris et de plus vivait avec quelqu’un sans être mariée… et je dois avouer que si les commentateurs s’en sont donnés à cœur joie sur la moralité douteuse de la femme en question pendant les derniers 2000 ans passés,  des certitudes sur comment cela était possible et ce que ça signifiait, dans la Samarie du 1er siècle… il y en a peu.

Il faut dire que 5 maris…ça fait rêver…et ça permet d’élaborer des thèses assez séduisantes : veuve 5 fois ? 5 maris, 5 morts ça sent l’empoisonnement… (je dois regarder trop de séries policières ces derniers temps) Ou était-elle une mégère et une effrontée telle dans un système patriarcal où seuls les hommes pouvaient demander le divorce quand leur femme ne les servait pas d’une manière satisfaisante, qu’elle s’était fait renvoyer 5 fois à cause de son insolence ? ( pas pour cause d’infidélité car si elle avait commis un adultère, elle aurait été lapidée)

Et pour cette dernière relation, était-elle une sorte d’esclave comme l’ont suggéré d’autres, car on n’est pas obligé d’épouser la personne avec laquelle on vit si elle a un statut d’esclave domestique comme c’était courant, paraît-il ? (voilà un article qui présente cette thèse: Carman, A. S., & Grana, J. (2021). The Woman of Samaria as Mistress, Slave, and Disciple: Reading for Race, Gender and Status in John 4:4-42. In Wm. C. Holtzen & J. B. Wilgus (Eds.), Looking Both Ways: At the Intersection of the Academy and the Church: ​Essays in Honor of Joseph C. Grana II (pp. 59–72). Claremont Press. https://doi.org/10.2307/j.ctv2b07vwc.8)

Ce qui m’a paru, pour moi, le plus plausible dans tout ce que j’ai pu lire, est la possibilité qu’elle ait été une femme stérile, ce qui aurait causé son renvoi plusieurs fois… et que son « compagnon » actuel n’ait eu donc aucun intérêt à l’épouser…

Et pour en finir avec ces réflexions préliminaires, je veux aussi signaler que certains se sont sortis de ce mauvais pas en disant que finalement, l’épisode n’était pas historique ( un grand classique quand on ne sait plus trop quoi dire) et que c’était une allégorie, les 5 maris représentants les 5 livres de la Torah ( le pentateuque) qui maintenant étaient remplacés par Jésus source de vie…. Mentionné dans cet article NEYREY, J. H. (1979). Jacob Traditions and the Interpretation of John 4:10-26. The Catholic Biblical Quarterly, 41(3), 419–437. http://www.jstor.org/stable/43714719 … (Je dois avouer que quand j’ai lu cela, j’ai trouvé que c’était un peu tiré par les cheveux)

* * *

Je reprends donc le texte dans sa sobriété et qui fait suite à l’étude précédente (Jésus pourfendeur de préjugé) J’ai sauté quelques versets car j’ai voulu me centrer sur l’échange entre Jésus et la Samaritaine..

Jean 4 : 16- 21, 24-26, 28-29, 39.

Jésus lui dit : « Va, appelle ton mari, et reviens. »

La femme répliqua : « Je n’ai pas de mari. » Jésus reprit : « Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari : des maris, tu en as eu cinq, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; là, tu dis vrai. »

La femme lui dit : « Seigneur, je vois que tu es un prophète !…

Eh bien ! Nos pères ont adoré sur la montagne qui est là, et vous, les Juifs, vous dites que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem. »

Jésus lui dit : « Femme, crois-moi : l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père. [. . .]

La femme, laissant là sa cruche, revint à la ville et dit aux gens :

« Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Christ ? » [. . .]

Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus, à cause de la parole de la femme qui rendait ce témoignage : « Il m’a dit tout ce que j’ai fait. »

Jésus lui dit : « Va, appelle ton mari, et reviens. »

La demande de Jésus semble raisonnable ou bienséante dans la mesure où avoir une longue conversation avec une femme inconnue pourrait être mal vu, lui un homme jeune : il ne pouvait pas continuer à échanger avec elle sans que ses intentions soient remises en cause, sauf que, en découvrant ce portrait de cette Samaritaine par Sama pour illustrer cet épisode, je me rends compte tout à coup, qu’elle ne devait plus être très jeune étant donné qu’elle avait eu 5 maris… ça change tout…alors qu’automatiquement, on l’imagine comme une femme jeune et séduisante!

La femme répliqua : « Je n’ai pas de mari. »

Elle a dû être gênée en lui répondant qu’elle n’était pas mariée … on ne comprend vraiment sa réponse qu’après mais il est évident qu’une femme qui n’a pas de mari n’est pas une femme respectée  : elle est une sorte de paria en dehors des normes sociales. Quelle réaction attendait-elle de la part de Jésus en faisant cette déclaration ? Certainement pas celle qui viendra…

Jésus reprit : « Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari : des maris, tu en as eu cinq, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; là, tu dis vrai. »

Jésus, est surprenant, une fois de plus, car maintenant on a l’impression qu’il a tendu un piège à cette femme en lui demandant d’aller chercher son mari, sachant très bien qu’elle n’en avait pas… (Comment a-t-il deviné ? La question est naturelle mais la réponse on la connaît…il le savait)

Il est notable que Jésus dévoile sa vie privée, voire intime au grand jour, sans lui faire de reproches, ni la sermonner et la seule remarque qu’il fait, est une affirmation positive « là tu dis vrai » alors qu’il aurait pu lui reprocher de ne pas dire toute la vérité sur sa situation.

Devant le dévoilement inattendu de son histoire, la réaction ne se fait pas attendre…

La femme lui dit : « Seigneur, je vois que tu es un prophète ! »

Cette exclamation est-elle l’expression d’un étonnement autant qu’un soulagement ? La demande de Jésus d’aller chercher son mari, l’avait certainement mise dans l’embarras… maintenant qu’elle voit qu’elle n’a plus rien à cacher , elle peut passer à autre chose qui l’intéresse ou est-elle simplement contente de changer de sujet ?

Eh bien ! Nos pères ont adoré sur la montagne qui est là, et vous, les Juifs, vous dites que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem. »

Elle retourne à la polémique religieuse qui les divise ( les Samaritains disaient que c’était sur le mont Gérizim…) et qui est attachée à leurs identités séparées ( comment se fait-il que toi qui es juif ?). Elle a du mal à dépasser cet antagonisme profond dont elle a été probablement la victime, cause de nombreuses humiliations auxquelles s’ajoutent celles d’être une femme répudiée plusieurs fois, peut-être et sans la respectabilité d’un mari..

La reconnaissance de Jésus comme prophète, ou homme de Dieu, ouvre la possibilité d’un vrai dialogue mais elle continue à se méfier et ne veut pas lâcher prise : elle le teste encore, en lui demandant de prendre parti et de se prononcer sur cette polémique. Sa question en réalité est de savoir « qui a raison, nous ou eux ? »

Si Jésus tend des pièges, il ne tombe pas lui dans ceux qu’on lui tend... comme au début du dialogue avec elle, il ne mord pas à l’hameçon d’une vaine polémique et répond en renvoyant les deux dos à dos : ni les uns ni les autres n’ont raison

Jésus lui dit : « Femme, crois-moi : l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père.

[. . . ]

Il explique ensuite ce qu’il veut dire en faisant cette déclaration extraordinaire, qui chamboule toutes les controverses traditionnelles sur les lieux sacrés pour lesquels on a fait couler tant de sang d’innocents et sur laquelle je reviendrai plus tard..( ici je cherche surtout à me concentrer sur la nature de l’échange et sur le caractère de la Samaritaine )

Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. »

Le débat est clos.

Alors de nouveau, la Samaritaine montre sa culture religieuse car elle connaît un des enseignements fondamentaux de la religion juive : la promesse d’un Messie ( je sais qu’il vient). Ce qu’elle dit donne à penser que ses contemporains croyaient que sa venue était imminente, ce que beaucoup d’historiens semblent penser.

La femme lui dit : « Je sais qu’il vient, le Messie, celui qu’on appelle Christ. Quand il viendra, c’est lui qui nous fera connaître toutes choses. »

La répartie de Jésus ( ce n’est pas une réponse car elle ne pose pas de question) est directe et claire

Jésus lui dit : « Je le suis, moi qui te parle. » [. . . ]

Première fois que Jésus révèle son identité sans détours: il aurait pu la cacher mais étant donné la sagacité de son interlocutrice, cela aurait été difficile. En tout cas, il démontre le respect qu’il a pour elle en lui révélant qui il est : ce n’est pas peu de chose !

Je saute la conversation avec les disciples et qui sont étonnés de le trouver en grande conversation avec une femme pour finir d’étudier le caractère de cette femme

La femme, laissant là sa cruche, revint à la ville et dit aux gens :

« Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Christ ? »

Enthousiaste, sans peur mais aussi sans délai parce que sans entraves, elle va annoncer à qui veut bien l’entendre la découverte qu’elle vient de faire : n’ayant pas de mari, elle n’a pas à se préoccuper de ses désirs ni de sa réputation, elle n’a pas de statut à défendre, elle est une femme libre et indépendante et qui en plus … n’a pas sa langue dans sa poche : elle peut donc partager avec enthousiasme et force ce qu’elle vient de vivre ! 

Elle a dû être convaincante…

Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus, à cause de la parole de la femme qui rendait ce témoignage : « Il m’a dit tout ce que j’ai fait. »

Le portrait de cette femme hors norme, s’achève : on ne reparlera plus d’elle dans le reste de cet évangile ou en tout cas, si elle a fait partie des femmes qui suivaient Jésus (très peu probable étant donné son statut) , elle ne sera plus identifiée comme la Samaritaine…

* * *

Ce que je retiens de cette rencontre :

Le mot qui pour moi caractérise tout cet épisode est surprenant(e) !

Surprenante cette femme hors norme qui ne cadre pas avec les images féminines de l’époque ni non plus l’imagerie chrétienne de la femme idéale encore prévalente aujourd’hui,

Surprenant qu’elle soit rentrée telle quelle dans un récit sur la vie de Jésus dont l’intention est d’instruire les nouveaux croyants dans la conduite à suivre sans que l’évangéliste n’ajoute un commentaire désobligeant ou même explicatif pour atténuer la situation quelque peu irrégulière de cette femme,

Surprenante, bien sûr, l’attitude de Jésus, qui après avoir révélé les détails de sa vie privée s’abstient de toute remarque, de tout commentaire, de toute critique… comme si de rien n’était.

Surprenant avant tout (comme toujours) de voir à quel point il peut être imprévisible et insaisissable, ce Jésus qui paraît être un homme ordinaire (fatigué et assoiffé) au premier abord, dénoncé et identifié ensuite par la Samaritaine dans toute sa condition de juif hautain, malicieux par surcroît, pour finir par se révéler hors norme comme prophète et Messie !

Seule une femme samaritaine vivant aux marges de la société pourrait accepter de croire qu’il était le Messie, mais pour des homme juifs bien pensant, comme il devait être difficile de le reconnaître comme, un des leursparticulièrement quand il affirme être : le Choisi de Dieu( les disciples eux-mêmes ont été surpris de le voir parler avec une femme )

En fait le mot surprenant n’est peut-être pas le mot qui décrit ce que je ressens devant le caractère inopiné de cette rencontre qui nous est racontée avec tant de justesse, c’est plutôt le mot

Émerveillement !

Réflexions postérieures

Plus je regarde ce portrait, plus il me semble cohérent avec l’échange avec Jésus : son aplomb, sa méfiance envers un homme juif, son questionnement, ses connaissances de l’histoire de ses deux peuples etc.. s’expliquent facilement par son expérience de vie d’une femme d’un certain âge qui avait fait face à des situations difficiles et avait dû se débrouiller pour survivre après la perte de ses maris ( mort ou répudiation) et chercher un homme qui puisse subvenir à ses besoins…A la lumière de cette possibilité, il est plus compréhensible qu’il n’y ait pas eu dans le texte de commentaires désobligeants sur l’immoralité supposée de cette femme, Jésus comme les gens de l’époque auraient compris sa situation difficile et sa précarité . Ce n’est qu’après qu’on en aurait  fait une figure romantique et romanesque de femme jeune et séduisante. Je me demande maintenant pourquoi, on ne parle pas jamais de cette possibilité dans les commentaires qui ont été faits… car il me semble que ça change tout dans le regard que l’on peut porter sur cette femme et cet échange…et expliquer entre autre, le respect que Jésus semble lui accorder …

Coup de semonce dans le ciel

Le 11 septembre 2023, Auvergne

Je continue à m’extasier sur la beauté du ciel étoilé le soir : je ne sais plus où donner de la tête… je me tords le coup pour essayer d’en voir l’étendue…devant, derrière, à droite, à gauche, je fais le tour du pâté de maison pour mieux les voir… ils brillent tellement tous ces astres dont je ne sais les noms… et la voie lactée que j’aperçois au-dessus de ma tête est encore plus impressionnante….

Et tout à coup, au cours d’une lecture, je trouve cet avertissement , fait aux Israélites par l’intermédiaire de Moïse :

« Veille sur ton âme, de peur que, levant tes yeux vers le ciel, et voyant le soleil, la lune et les étoiles, toute l’armée des cieux, tu ne sois entraîné à te prosterner en leur présence et à leur rendre un culte: ce sont des choses que l’Éternel, ton Dieu, a données en partage à tous les peuples, sous le ciel tout entier. »

Cette tentation devant tant de beauté comme un coup de semonce qui résonne aujourd’hui où l’on a vidé le ciel de la présence de Dieu et remplacée par Madame Nature qui est redevenue une divinité dont on parle comme si, elle était une réalité autonome !

Plus grave encore et plus urgent peut-être ce rappel, à l’heure des stations spatiales où les milliardaires vont faire du tourisme et les gouvernements veulent y planter leurs drapeaux...

« Ce sont des choses que l’Éternel, ton Dieu, a données en partage à tous les peuples, sous le ciel tout entier. »

Non, l’espace ne leur appartient pas, Dieu l’a donné à tous les peuples!

Reviens Moïse, on est entrain de perdre pied !

N.B: extrait du livre de Deutéronome 4: 19

la planète fait de la résistance

Photo du 31 juillet, de l’autre côté de l’Atlantique JM

le 8 septembre 2023, Auvergne

Oui, l’été continue,

insistant, envahissant,

la chaleur étouffante est bien là

toute la journée durant

mais dès que le soleil se couche ,

(et il se couche de plus en plus tôt)

la fraîcheur lentement mais sûrement

reprend toute sa place.

***

Malgré,

malgré le mal qu’on lui a fait

malgré l’abus éhonté de sa générosité

malgré le pillage organisé de ses richesses

malgré l’usage effréné de ses ressources,

elle poursuit sa course

notre planète,

tranquillement…

***

Inexorablement ,

Indifféremment

les saisons se succèdent…

blessées peut-être,

diminuées sûrement,

mais entêtées dans leur continuité

La planète fait de la résistance…

« Levez vos yeux en haut, et regardez! Qui a créé ces choses? Qui fait marcher en ordre leur armée? Il les appelle toutes par leur nom; Par son grand pouvoir et par sa force puissante, […] Ne le sais-tu pas? ne l’as-tu pas appris? C’est le Dieu d’éternité, l’Eternel, Qui a créé les extrémités de la terre; Il ne se fatigue point, il ne se lasse point; On ne peut sonder son intelligence.… Ésaïe 40 : 27

Dérèglement climatique

photo du 31 août , “blue moon” JM

Le 5 septembre, 2023

On s’est fait avoir !

Moi qui croyais la semaine dernière qu’on était en automne, voire en hiver, on se retrouve aujourd’hui en plein été…

Canicule !

Comme quoi le calendrier ne veut pas dire grand chose

Le pire, c’est la sécheresse : on avait eu quelques belles pluies et maintenant , tout redevient sec… Heureusement les fontaines au milieu du village continuent à couler…

Pourtant on a bien changé de saison : il fait noir à 21 heures et le matin, le soleil se lève bien plus tard…De plus les enfants ont repris le chemin de l’école…

Il devrait au moins faire frais sinon froid … mais pas cette chaleur étouffante qui s’invite devant ma porte à l’heure de midi et m’oblige à fermer le volet pour qu’elle reste dehors…

Juste pour me rassurer, je suis allée regarder le soir si les étoiles étaient toujours dans le ciel : elles étaient bien là, à leur place tout aussi brillantes que jamais…

alors je me suis souvenue de ces prédictions de Jésus sur la fin des temps… « et les étoiles tomberont… »

mais pas encore… elles sont encore bien là

donc en attendant,

pourquoi ne pas les admirer… !