2024: sérénité ou pas?

Le 3 janvier 2024, USA

On est bien en 2024, mais pour une raison ou pour une autre ce changement de date ne me semble pas significatif : peut-être parce qu’on ne change pas de décade…

Beaucoup d’incertitudes au niveau mondial avec les guerres qui continuent, celle de la Russie et de l’ Ukraine qu’on essaie de ne pas oublier, mais qui a été largement supplantée par celle entre le Hamas et Israël dont les palestiniens paient le prix fort… et aux États Unis, le cas Trump et de sa popularité jamais remise en cause, et en réalité renforcée par cette avalanche de procès contre lui à la suite de révélations plus inquiétantes les unes que les autres ne présage rien de bon pour l’avenir de la démocratie aux États Unis…

Si je me mets à penser aux imprévus de l’année dernière, évidemment c’est cette attaque du Hamas qui était totalement inattendue ( surtout par les services secrets d’Israël pourtant considérés comme les plus performants du monde) par contre la riposte démesurée d’Israël, elle, elle était à prévoir…

À coté de cela, malgré les grandes manifestations contre la réforme de la retraite, finalement l’année aura été calme en France … même si on ne peut que déplorer l’attentat terroriste contre l’enseignant d’un lycée à Lille et les nombreux faits divers de meurtres, ordinaires (?)

Quels seront les grands événements en 2024 ?

Évidemment, tout le monde fait des prédictions… mais c’est comme les pronostics pour les courses, il y en aura toujours qui s’avéreront justes étant donné les lois de probabilités plutôt que les soit-disant dons de visionnaire de leurs auteurs…

* * *

En ce qui me concerne, je n’ai aucune idée de ce que seront les grands événements de 2024 et je n’ai aucun désir de le savoir à l’avance…

Les « bonnes surprises » je les recevrais avec joie et gratitude, justement parce qu’elles seront inattendues et donc inespérées…

Et les « mauvaise surprises » ?

je m’accrocherai de toutes mes forces au milieu de la tempête comptant comme toujours sur une force plus grande que la mienne dans les moments difficiles…

mais je ne m’attends pas du tout à garder ma sérénité comme ces statues de bouddha en pierre au visage impassible ou ces images de saintes au sourire béat et aux yeux clairs et lumineux…

De tout cela, j’ai perdu mes illusions depuis longtemps…

j’ai dû vieillir…

Expectatives

le 4 janvier 2024, États Unis

Lecture du jour …

« Nous avons trouvé le Messie… »

dit André à son frère Simon, à propos de Jésus qu’il avait rencontré quelques jours auparavant…

Quelle déclaration !

En ce début d’année, elle résonne comme une annonce bouleversante, réjouissante à souhait !

Nous avons trouvé celui que nous attendions depuis tellement longtemps

celui qui va répondre à nos désirs les plus profonds,

nos désirs de paix, de justice

de voir « les puissants renversés de leur trône,

les riches renvoyés les mains vides

les humbles élevés, les affamés comblés de biens »

comme le dira Marie,

nous l’avons trouvé et nous l’avons suivi…

mais il n’a pas fait ce que nous attendions de lui…

on s’attendait à une prise de pouvoir triomphante, à une victoire éclatante sur ses ennemis

et les nôtres

et au lieu de ça…

il y a eu la crucifixion

et c’est dans le désespoir qu’il a fallu attendre

la résurrection,

un événement lui,

totalement impensable,

inimaginable…

***

En cette nouvelle année ,

saurons-nous attendre

sans perdre espoir ?

La liturgie du nouvel an

le 1er janvier 2024

Voilà,

un autre nouvel an !

Une fois de plus, la fête, les feux d’artifice,

les visages souriants voire hilares des gens enivrés qui se prennent en photo un verre de champagne à la main…

et surtout de ceux qui se pressent autour du reporter de service,

criant à s’époumoner avec l’espoir de se voir, sur les écrans énormes d’images diffusées dans le monde entier

et de jouir ne serait-ce qu’une seconde

d’un moment de célébrité…

Le nouvel an, un rendez-vous planétaire ( enfin presque !) que je ne rate jamais, moi qui n’aime pourtant pas les rituels… religieux ou autres…

Qu’y a-t-il de si fascinant dans ces moments artificiellement créés de faux (re) commencements pour qu’ils suscitent tant d’enthousiasme ?

Recommencer à zéro, effacer le passé, ça fait rêver,

avoir la possibilité de se re-créer de se ré-inventer…

avoir l’opportunité d’être plus que ce que l’on est

de pouvoir enfin réaliser ce désir toujours contrarié

de bonheur et de grandeur mais aussi de bonté

pour lesquels on a été créés..

Au nouvel an, pendant quelques moments d’euphorie partagée, l’être humain re-découvre son potentiel de liberté et de créativité oublié au fil des jours, et qui pourtant lui est offert dans un présent toujours renouvelé.

Bonne année 2024 !

Adieu aux Noëls de Pacotille

Décidément, j’ai du mal avec cette fête surtout que…

Cette année Noël n’est pas Noël ; Comment pourrait- il en être autrement quand la guerre fait rage à Bethléem et dans tous les environs ?

Bethléem, ça vous dit quelque chose ? Le lieu où dit-on Jésus est né, le Prince de la Paix ?

Et la crèche ça vous rappelle des souvenirs d’enfance ? Mais peut-être la voyez-vous aujourd’hui comme la représentation d’une histoire inventée, d un joli conte pour enfants avec son décor féerique et ses santons sculptés que l’on sort une fois par an et que l’on met à côté d’un arbre tout illuminé entouré de beaux cadeaux ?

Pourtant, Bethléem n’est pas un lieu fictif : il existe bel et bien !

On y vit encore aujourd’hui, et en ce moment, on y meurt beaucoup…

Que pensent-ils tous ces gens là bas ?

Je leur laisse la parole

« Et pourtant notre message en ce Noël, proclamé au milieu des ruines, des douleurs et de notre confusion face au mystère de l’humanité qui tue et au mystère de Dieu venu réconcilier cette humanité avec lui, notre message reste celui-ci :Priez et cherchez la vérité en cette Terre sainte. […] Notre message est un message d’espoir fermement ancré dans notre foi en Dieu. Nous, membres de Kairos Palestine, nous continuons d’attendre le moment de la manifestation de Dieu sur notre terre. Il viendra, il nous donnera la paix et la justice.[…] Nous pleurons avec la population de Gaza. Nous essayons de leur annoncer la nouvelle joie de Noël. Nous leur disons : Allumez une bougie à la flamme tremblotante au milieu de vos ruines. Dieu viendra. L’amour et la justice de Dieu l’emporteront sur le mal de l’humanité. »

Le patriarche émérite de Jérusalem, Michel Sabbah

Adieu aux Noëls de pacotille, Bienvenue au Noël de Jésus, porteur de notre foi et notre espérance…

Vous pouvez trouver tout le texte sur ce site : https://www.kairospalestine.ps/

Dans l’attente de la promesse

Le 19 décembre, 2023, la Virginie,

Ces derniers temps, chaque matin,

au-dessus,

tout au dessus

des Unes catastrophiques

de visages grimaçants de colère et de ceux souffrant

de leur fureur meurtrière…

tu nous régales de ces aurores magnifiques…

comme une annonce de temps meilleurs..

* * *

En ces jours de désespoir, et de détresse

là -bas,

urgemment

elle a besoin d’être re-proclamée

cette promesse

sans cesse reportée mais toujours attendue

«  Gloire à Dieu au plus haut des cieux

et Paix sur la terre aux hommes, qu’ il aime…. »

***

Le Sauveur est bien venu,

mais qui l’a vraiment entendu ?

N.B « voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple :

Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur »

L’Avent: ils exagèrent quand même!

Le 12 décembre…2023,en Virginie

Le mois de décembre avance à grand pas, et moi je reste à la traîne…je ne sais pas dans quel mois je suis, mais pas en tout cas dans celui des « fêtes de Noël » qui m’agresse chaque fois que je vais faire des courses, avec toutes ses paillettes, ses dorures, ses boites de cadeaux aux nœuds démesurés sans mentionner sa musique avec ces airs surannés, rabâchés à n’en plus finir…

Je n’arrive toujours pas à vivre cette époque du calendrier liturgique avec sérénité tellement il est devenu commercialisé… la dernière trouvaille, des maîtres à penser de la consommation est de s’être emparé de cette belle époque de l’Avent qui prône un chemin de réflexion, d’attente et de repentance sur lequel je pouvais au moins me rabattre pour oublier la folie du reste… en vendant ces calendriers de l’Avent ( oui, ils s’appellent bien de l’Avent avec A majuscule) où l’on peut offrir (ou s’offrir) un cadeau de luxe chacun des 25 jours avant Noël…

J’étais sidérée quand j’ai fait un petit tour sur l’Internet en mettant « calendrier de l’Avent » dans le moteur de recherche : parfums, produits de beauté, whisky, vins, fromages, ( et chocolats, bien sûr!) … toutes les grandes marques sont représentées …on trouve de tout, pour tous les âges et à tous les prix !…

Ils exagèrent quand même !

Je ne sais pas ce qui est pire la récupération politique de Jésus ou sa récupération commerciale…

Il y a de quoi se retourner dans sa tombe,

mais heureusement, pour lui et pour nous…

Il est ressuscité !

L’Aurore

Photo: Blue Ridge mountains

1er décembre, 2023, autre part

(Après être passé de l’inconfort d’une cabane au luxe d’un meublé…)

Voilà ce matin glorieux

cette aurore éclatante et radieuse

qui me surprend

en ce premier décembre

comme une annonce de jours heureux

comme ces lignes du prophète d’antan… un certain Sieur nommé Isaïe

« Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi »

Le ciel est au rendez-vous en cette époque de l’Avent

(mais malheureusement pas le genre humain, encore moins sur les terres sacrées de l’Avent : les combats et les bombardements ont repris en Palestine).

Trêve

sérénité dans les bois

Le 24 novembre, aux alentours de Washington

je commence à remarcher sur la terre ferme…

le sol ne se dérobe plus sous mes pieds,

je retrouve des repères,

et peux envisager le jour d’après…

***

le dépaysement du début s’estompe

des gestes oubliés refont surface…

le brouillard du décalage horaire se dissipe

Pas à pas l’étrange redevient familier…

***

et puis il y a ce rayon de soleil

avec le cessez le feu en Israël

et l’échange d’otages

qui réchauffe les cœurs meurtris

de tous ceux qui sont encore vie…

***

Tous ces faiseurs de paix

tenaces et obstinés

qui ont travaillé dans le silence et l’invisibilité

ils étaient bien là,

comme aussi l’ont été

nos prières parfois désespérées

qui les ont accompagnés.

***

Accalmie dans la tempête

on n’avance plus à l’aveuglette

l’espoir est revenu

et je me prends moi-même

à penser au lendemain

malgré sa fragilité et sa précarité

Le grand saut (2)

le 17 novembre,

Shenandoah Valley, Virginie, États-Unis

Le grand saut (2)

Cette fois-ci au-dessus de l’Atlantique…

mais d’abord,

-la galère du strip-tease à la sécurité avant de prendre l’avion et d’avoir à répartir le contenu de ses poches et de son sac, dans des tas de bacs différents… le portable ici, le passeport là, la ceinture là-bas…et après de devoir les récupérer de l’autre côté du tapis roulant pour les remettre chacun à leur place … sans rien oublier….

– le grand ouf de soulagement quand on est assis finalement sur son siège dans l’avion après l’embarquement…

(à côté de moi, pendant tout le vol, cette jeune fille étrange affublée d’une capuche de sweat dans laquelle elle s’était enfoncée ne laissant apparaître que ses yeux … la tête couchée sur la petite table devant elle…jusqu’`a l’arrivée où elle a émergé)

– les moments de détente quand un repas nous est servi…

-l’annonce de notre arrivée prochaine et les consignes au moment de l’atterrissage

-ranger tout et retrouver tous ses effets avant de débarquer et bien avoir ses papiers à la main pour passer le contrôle des passeports ou l’immigration comme on l’appelle ici

(et cette fois-ci pas de galère et pas de queue de plusieurs kilomètres, on ne m’a même pas pris mes empreintes digitales… de toutes façons on est déjà tous fichés avant de monter dans l’avion !)

Et voilà ! Le grand saut est fait et on vient nous récupérer en voiture mais tout semble encore étrange : les multiples voies express et les panneaux indicateurs plus grands que nature…écrits en anglais…

* * *

L’automne est encore là : les arbres n’ont pas perdu toutes leurs feuilles et le coucher de soleil à l’horizon est pendant quelques minutes d’un rouge incandescent …

L’automne,

Indifférent aux allées et venues des voitures qui circulent, des super marché géants éclairés de lumières artificielles qui s’allument dès que le soir tombe, des chariots remplis d’emplettes poussés par des gens qui s’affairent sur les parking pour rejoindre leur véhicule, des portières qui claquent quand on les ouvre et on les referme…

Comme si tout cela n’existait pas… ou importait peu…

l’automne,

présence rassurante et constante

Mais impossible d’ignorer le facteur humain…

Au lycée, paraît-il. Il y a eu une alerte parce-qu’un élève a été vu avec une arme à feu… ( heureusement personne n’a tiré…)

Et puis pour ce feu de forêt qui brûle dans les montagnes environnantes, c’est une autre alerte qui a été donnée car l’air devient de plus en plus irrespirable sur la route que l’on reprend le lendemain pour retrouver nos pénates…

* * *

Nos pénates ne sont plus…il faudra tout recommencer.

On trouve comme refuge une mini construction délaissée qu’il faut rendre habitable…pour quelques nuits..

je suis un peu déboussolée

il me faut retrouver des repères…

comme ses feuilles d’automne qui jonchent le sol,

et leur bruissement quand je marche

quelques objets sauvés

comme une machine à café et des capsules…

et surtout ces visages familiers

de ceux qui sont venus nous rencontrer

mais il me faudra temps et patience pour trier

toutes ces choses mises pêle-mêle

dans ces grands sacs en plastique trônant dans une grande pièce vide…

* * *

Plus que jamais, j’ai besoin de prendre le temps

de faire silence

avant de m’agiter dans tous les sens

Plus que jamais j’ai besoin de vivre seulement,

un jour à la fois

après ce grand saut

plus que jamais j’ai besoin des fondamentaux de la foi,

pour avancer sur ce chemin incertain…

« Ne vous inquiétez donc pas du lendemain; car le lendemain aura soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine »

Ouf !

Le grand saut

le 12 novembre Paris, 2023

Du petit village d’Auvergne, à la rue de Rivoli à Paris, c’est le grand écart…

Les trottoirs pleins de monde où il est difficile d’avancer et où tous semblent porter de grands manteaux noirs, un sac d’emplettes à la main avec le logo d’une marque de luxe , parlant toutes les langues du monde, à côté de ces devantures dorées qui scintillent avec leurs décorations de Noël…

après la rue déserte et silencieuse qui traverse le village éclairée par quelques lampadaires…

on se croirait dans un autre univers…

 Ici,  toute la richesse du monde semble s’être accumulée avec des magasins aux produits alléchants, prêts à satisfaire tous nos désirs avoués ou inavoués … de beaux vêtements, de pâtisseries exquises , de bijoux finement ciselés,  de crèmes de beauté  magiques …

sauf que…

sur les trottoirs, il y a aussi inévitablement, ces mendiants assis à même le sol, la mine hirsute, la barbe abondante, recroquevillés sur le pavé avec une tasse pour recevoir des pièces de monnaie…

et cette fois-ci je ne peux que remarquer que plusieurs de ceux qui sont allongés ont leurs pieds nus qui dépassent du manteau qui les recouvre,

La misère d’un côté, la richesse et la surabondance de l’autre,

( je me suis dit aussi combien il était tentant pour ces jeunes qui n’ont pas accès à tous ces biens attrayants de vouloir tout casser et s’en emparer au cours de ces émeutes dont le déclenchement est souvent imprévu….)

Cette planète que tu nous a confiée pour la peupler et la développer, comment se fait- il qu’on n’a pas pu mieux la gérer pour que tous puissent profiter de sa beauté et de sa richesse ?

***

L’Avent qui arrive à grands pas

Repentez-vous disait un certain Jean le Baptiste à la barbe hirsute, les pieds nus dans ses sandales…

Mais qui pourra entendre au milieu de ces lumières artificielles, son message, qui une année de plus, rappelle l’arrivée de celui qui est venu nous sauver tous ?

Il faudra réessayer de le proclamer, encore…