L’offre étonnante de Jésus

Le 10-18 septembre 2024, Auvergne

(les nuages sont très beaux en cette saison)

Jean 6 : 27-36

Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son sceau. »

Ils lui dirent alors : « Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? »

Jésus leur répondit : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. »

Ils lui dirent alors : « Quel signe vas-tu accomplir pour que nous puissions le voir, et te croire ? Quelle œuvre vas-tu faire ?

Au désert, nos pères ont mangé la manne ; comme dit l’Écriture : Il leur a donné à manger le pain venu du ciel. »

Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel ; c’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel.

Car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. »

Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous toujours de ce pain-là. »

Jésus leur répondit : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif.

Mais je vous l’ai déjà dit : vous avez vu, et pourtant vous ne croyez pas.

De la nourriture matérielle à la nourriture spirituelle

Jésus, après avoir critiqué ceux qui avaient cherché à le revoir et étaient venus le rejoindre pour des motifs intéressés, leur explique ce que devraient être leur vrai désir: ‘chercher la nourriture spirituelle… ce faisant, il bascule maintenant dans un discours imagé où le mot nourriture ne désigne plus un objet concret mais une autre réalité ce que comprennent très bien ces interlocuteurs. Cependant, certains que le texte ne définit pas, peut-être piqués au vif par ses critiques prennent la parole pour lui demander d’élaborer (qu’est-ce que tu veux dire que l’on doit faire, concrètement parlant ?)

Ils lui dirent alors : « Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? »

Sont- ils sincères quand ils posent la question à Jésus ? Veulent-ils vraiment faire les oeuvres de Dieu ou on pourrait dire sa volonté ?

En tout cas, ils ne s’attendaient certainement pas à la réponse de Jésus qui se focalise sur sa personne  et les enjoint de croire en lui :

Jésus leur répondit : « L’oeuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé »

On en revient ici au nœud de la polémique entre Jésus et ceux qui ne sont pourtant pas nommés ici mais qui représentent les spécialistes de la loi juive qu’ils citent d’ailleurs: est- il un envoyé de Dieu ? Ils le mettent tout de suite au défi, revenant au miracle qu’on lui attribue, celui de nourrir la foule, en parlant de la manne, qui elle était une nourriture donnée quotidiennement et pas un événement ponctuel….ils le comparent donc à Moise, qui est leur point de référence, et par rapport à lui, Jésus ne fait pas le poids

« Quel signe vas-tu accomplir pour que nous puissions le voir, et te croire ? Quelle œuvre vas-tu faire ?

Au désert, nos pères ont mangé la manne ; comme dit l’Écriture : Il leur a donné à manger le pain venu du ciel. »

La réponse de Jésus montre une fois de plus que n’étant pourtant pas un rabbin accrédité, il connaissait bien les écritures et rectifie leur interprétation

Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel ; c’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel.

Car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. »

Non seulement il rectifie et parle de nouveau de Dieu comme son Père réaffirmant son statut de fils dont on a vu déjà le paradoxe (à la fois dépendant et soumis entièrement à lui et en même temps pourvu d’attributs divins qui lui donnent la même autorité que Dieu, comme le pouvoir de juger et de pardonner…) mais il en rajoute, en stipulant qu’il vient du ciel…ce qui va très loin…

Au début leur réaction n’est pas hostile et paraît pour le moins sincère.

lls lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous toujours de ce pain-là. »

Jésus alors prononce cette promesse magnifique parlant de lui en termes poétiques :

« Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. »

Mais juste après, il revient aux reproches du début qui sont quand même difficiles à comprendre alors que ses interlocuteurs semblent ne plus vouloir le défier car on ne sait pas vraiment à quoi se réfère Jésus quand il dit, impatient…

Mais je vous l’ai déjà dit : vous avez vu, et pourtant vous ne croyez pas.

Ce n’est quand même pas évident pour ses interlocuteurs…et on se demande à quoi Jésus se référait particulièrement  quand il parlait de ce qu’ils avaient vu : peut-être que dans le contexte réel de cet échange qui nous est rapporté, eux savaient de quoi il s’agissait.

(Un peu plus loin, on verra leur réaction à non pas le fait que Jésus s’identifie comme le pain de vie, mais qu’il dise être descendu du ciel : Les Juifs récriminaient contre Jésus parce qu’il avait déclaré : « Moi, je suis le pain qui est descendu du ciel. » (41))

Ce que j’en retiens,

La première chose que j’ai envie de dire c’est que Jésus en parlant de lui-même, comme du pain de vie entre dans un langage métaphorique qu’il poursuivra tout au long de cet échange et avec lequel ces interlocuteurs étaient familiers car c’était ainsi que s’exprimaient les rabbins pour faire comprendre une vérité qui n’est pas domaine du rationnel mais du spirituel. Essayer donc de comprendre d’une manière littérale tout ce discours, est ignorer une forme de pensée qui nous égare du sens et nous conduit à émettre des contre-vérités.

La deuxième est que c’est seulement en faisant cela que je peux apprécier à sa juste valeur la  beauté et la profondeur de cette promesse ;

Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. 

laquelle décrit mieux que toute autre formule la réalité vécue de la foi en Jésus.

En fait ça me renvoie à une conversation que j’ai eue avec un jeune homme musulman au Kenya (djihadiste sur les bords) qui m’avait dit que je ferai une bonne musulmane, ce que j’ai pris d’ailleurs pour un compliment. Voulant lui répondre sans le vexer que je n’étais pas intéressée par sa proposition, je lui ai dit qu’en Jésus j’avais reçu tout ce dont j’avais besoin et que toute autre révélation divine me semblerait superflue. En quelque sorte, ce que ça signifiait, c’est que,  lui, Jésus, avait satisfait ma faim et étanché ma soif…

Un même ciel

le 13 septembre 2024, Auvergne

le ciel,

c’est le même ici, là-bas et ailleurs,

le même

il s’étend au dessus de ceux qui vivent près et loin

ceux que je connais et ne connais pas

***

les nuages eux, ils voyagent,

ils s’étirent, se rétrécissent

se dissipent quelquefois même,

ils vont et ils viennent

poussés par le vent,

se déplaçant

en toute liberté…

***

(mais les gens en-dessous eux,

ils se déplacent poussés bien souvent,

par les vents contraires

de la faim ou de la guerre

errant déboussolés, désespérés…

obligés de s’arrêter

devant chaque frontière érigée)

***

Pourtant le ciel, il reste là

étendu, au-dessus de tous

et malgré les distances et les barrières

on le voit partout

il suffit que je lève les yeux

et ceux qui sont au loin,

voilà

que je les rejoins,

***

Ici, là bas ou ailleurs,

en-dessous des nuages

on vit tous sous le même ciel

sous le même soleil

***

À ne jamais l’oublier

Aide-nous, Seigneur,

Jésus dénonce la popularité religieuse

le 30 août-5 septembre 2024, Auvergne,

( je suis de retour dans la campagne auvergnate où rien n’a vraiment changé pendant ces 3 semaines, sauf que la sécheresse a bruni l’herbe ici et là mais rien de dramatique. C’est étonnant comme quand on revient, on a l’impression que tout devrait être différent car nous, on vient d’un autre monde… du « nouveau monde » comme on appelait autrefois les Amériques…

Maintenant que j’ai changé de décor et que j’ai changé de langue, je retrouve la familiarité du monde que j’avais laissé et cette étude de l’évangile de Jean…et plus largement cette recherche du Jésus de Nazareth qui a vécu, il y a tellement longtemps dans ce pays déchiré par la guerre à l’heure qu’il est, lui qui avait été nommé avant sa venue « prince de la paix : incompréhensible…le 5 septembre 2024 : c’est déjà l’automne, toujours pas de cessez le feu !)

L’après-miracle : Jean 6 : 17 – 26

17-22 Le soir venu, ses disciples descendirent jusqu’à la mer. Ils s’embarquèrent pour gagner Capharnaüm, sur l’autre rive. C’était déjà les ténèbres, et Jésus n’avait pas encore rejoint les disciples.

Un grand vent soufflait, et la mer était agitée.

Les disciples avaient ramé sur une distance de vingt-cinq ou trente stades (c’est-à-dire environ cinq mille mètres), lorsqu’ils virent Jésus qui marchait sur la mer et se rapprochait de la barque. Alors, ils furent saisis de peur.

Mais il leur dit : « C’est moi. N’ayez plus peur. »

Les disciples voulaient le prendre dans la barque ; aussitôt, la barque toucha terre là où ils se rendaient.

Une scène décrite avec détails qui est la suite logique d’une journée à la fin de laquelle Jésus étonne et émerveille tout le monde en donnant à manger à toute une foule : les disciples quittent le lieu en barque pour aller dormir sans attendre Jésus qui s’attarde un peu plus longtemps, mais on ne nous dit pas pourquoi.

Toujours est-il que la suite est surprenante tant elle est sobre : Jésus les rejoint plus tard en marchant sur les eaux… ce qui leur cause une grande frayeur mais pas d’émerveillement et pas de commentaire sur la signification de cet acte extraordinaire. Ce qui prime, c’est l’utilité de son geste…il ne l’aurait pas fait pour épater ses disciples seulement par nécessité …

(Je m’attendais aussi avec la mention des vents contraires à ce qu’on ait un récit de Jésus qui calmait la tempête, mais ça n’est pas le cas)

La rançon de la gloire

22-26 Le lendemain, la foule restée sur l’autre rive se rendit compte qu’il n’y avait eu là qu’une seule barque, et que Jésus n’y était pas monté avec ses disciples, qui étaient partis sans lui.

Cependant, d’autres barques, venant de Tibériade, étaient arrivées près de l’endroit où l’on avait mangé le pain après que le Seigneur eut rendu grâce.

Quand la foule vit que Jésus n’était pas là, ni ses disciples, les gens montèrent dans les barques et se dirigèrent vers Capharnaüm à la recherche de Jésus.

L’ayant trouvé sur l’autre rive, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? »

Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé de ces pains et que vous avez été rassasiés.

Même s’il m’est difficile d’imaginer la scène de la multiplication des pains, malgré toutes les illustrations, les vidéos et les films qu’on en a fait, l’impact de cet événement est manifeste : un regain de popularité pour Jésus et qui voit un grand nombre de personnes, comme les fans des idoles contemporaines, le chercher partout quand ils ne le trouvent pas… C’est quand même pas anodin qu’ils soient monté dans des barques pour le rejoindre, comme on le ferait aujourd’hui avec d’autres moyens de transport pour essayer de s’approcher d’une idole et avoir l’autographe que l’on pourra montrer avec fierté ou même monnayé…

Jésus n’est pas dupe, pourtant de sa popularité. Il sait que son succès est un faux succès, ou que les bases n’en sont pas saines : il n’est pas basé sur sa personne, sur qui il est, sur un vrai désir de le connaître lui, mais pour son utilité, le fait qu’il a pourvu à leurs besoins matériels…

Ce n’est pas seulement son humilité qui est mise en valeur ici mais son intelligence : sa perspicacité, sa compréhension de l’être humain et des ressorts profonds de sa motivation. Comme Jésus n’est pas aveuglé par son succès, il peut en évaluer les limites.

Ce que j’en retiens

Si dans l’épisode précédent on note surtout le refus du pouvoir politique de Jésus, en se dérobant devant ceux qui veulent faire de lui leur roi, ici c’est un Jésus lucide qui apparaît et qui censure ces propres sympathisants.

Jésus ne se laisse pas prendre au piège de la popularité comme l’ont fait tant et tant de leaders religieux, ce qui fait qu’aujourd’hui on découvre toute cette manne de soit-disant saints ou héros de la foi qui ont commis des actes innommables ( le dernier en date étant l’abbé Pierre dans le monde catholique mais dans le monde évangélique et protestant, surtout aux États Unis, les noms se ramassent à la pelle tellement le culte de la personnalité est répandu et orchestré grâce aux médias et réseaux sociaux)

Mais aussi, il dénonce ceux et celles qui les suivent et les encensent… car il révèle le motif profond de leur enthousiasme qui est finalement utilitariste.

Personne n’est épargné avec Jésus : que l’on soit un suiveur ou un leader, on en prend tous plein pour son grade!

la terre tourne

le 4 septembre, 2024, Auvergne

La terre a dû tourner…

sans que je m’en rende compte,

***

Malgré les efforts que fait encore le soleil pour chauffer les cours et les pavés

et nous faire croire qu’on est encore en plein été

la bataille est perdue d’avance,

l’été est en train de reculer..

***

Dès la tombée de la nuit,

on sent un fond d’air frais qui ne trompe pas

Qu’on le veuille ou non,

On a changé de saison…

***

tant pis diront les uns

tant mieux diront les autres 

la terre elle, elle s’en fou

elle tourne tranquillement

sans se soucier

du lendemain

Éloge des jeux paralympiques

Le 31 août-3 septembre 2025,

Les jeux paralympiques battent leur plein

Peut-être suis- je une sentimentale de première, une championne de faux bons sentiments, peut-être ai-je un goût suspect pour le misérabilisme,

mais la cérémonie d’ouverture des jeux paralympiques qui a mis en valeur les corps des « pas très bien foutus » m’a vraiment fait plaisir… Il a remis en cause cette idolâtrie des corps parfaits qui se manifeste dans ces millions d’images qui nous sont bombardées jour après jour et qui nous conduisent à dépenser une fortune dans l’espoir de leur ressembler. Mais bien pire, qui couvrent de honte ceux et celles qui ne sont pas comme eux, la preuve en est, ces drames de jeunes qui se suicident car ils sont moqués sur les réseaux sociaux pour leur physique soit disant peu avenant…

Un paradoxe que ce soit en France, à Paris, le lieu de la mode, où l’on valorise tellement l’aspect physique des gens, un pays où plus qu’ailleurs on porte un regard critique sur la manière dont chacun s’habille surtout les femmes, jaugeant son milieu socio-économique par sa tenue et la reléguant à une classe inférieure si elle ne remplit pas les critères de beauté et d’élégance du groupe de référence dominant..

( j’ai été rappelé de cette réalité, quand j’ai entendu des remarques sur des enfants métis encore petits , disant pour l’un sur un ton dépréciatif, « il n’a pas le visage très fin » ou au contraire, pour l’autre, approbateur, « elle est fine, une vraie petite française »….)

C’est ce défilé de tous ces athlètes qui m’a ému en particulier : tous ces gens, qui bien souvent devaient vivre cachés et dont les familles avaient honte, voilà qu’ils pouvaient se montrer aux yeux de tous et être acclamés par la foule… j’ai pensé à leur fierté mais surtout à la joie de leurs proches qui avaient dû tellement lutter pour les élever et leur donner un avenir digne…

Parler d’inclusion, tout à coup reprend tout son sens…

Et puis, quand les épreuves ont commencé, j’ai été épatée par ces guides qui courent attachés à des athlètes non voyant pour leur permettre de rester dans leur couloir sans rater la ligne d’arrivée et qui à la dernière minute les relâchent pour qu’ils la franchissent seuls et soient ceux qui gagnent l’étape… Courir pour aider un autre à gagner, quelle belle leçon pour nous tous qui voulons toujours nous mettre en avant … quoi de plus chrétien que cela !

Pourtant, tous les mauvais coucheurs qui s’étaient déchaînés pour dénoncer une soit-disant parodie de la sainte cène au moment de la cérémonie d’ouverture des jeux olympiques, sont bien silencieux maintenant devant cette initiative formidable que sont les jeux paralympiques alors qu’elle célèbre la valeur de tout être humain, même cabossé par la vie ou … abîmé à la naissance… une de ces valeurs morales fondamentales de la foi chrétienne s’il en est bien une… Et que dire de l’abnégation et de l’esprit de service de leurs accompagnants…

On ne les entend plus, ces mauvais coucheurs!  ils sont certainement plus bruyants quand leur ego est mis à mal par les médias dont ils ne cessent avec un malin plaisir, de dénoncer l’immoralité… Seraient ils si avares de compliments car reconnaître la valeur des autres, ce serait diminuer leur vertu?

Évidemment être un athlète paralympique ce n’est pas être un saint et on se souviendra trop bien comment ce grand champion sud-africain, Oscar Pistorius, amputé des deux jambes qui avait à une époque suscité l’admiration , en était arrivé à tuer sa petite amie… prouvant qu’avoir un handicap ne vous rend pas automatiquement meilleur que les autres et qu’une fois de plus que les féminicides peuvent être commis pas ceux qui sont considérés des « héros » aux yeux du public)

En tout cas, même si je n’y comprends rien aux règles compliquées qui régissent ces différents sports, ce sont ces centaines et milliers d’anonymes à travers le monde qui accompagnent ces athlètes hors norme, rendant possible un telle épopée, qui me réjouit aussi et me redonne confiance en notre humanité… tellement décriée…

Peut-être était-ce vrai ce qu’a dit Jésus, il y a bien longtemps

« Le royaume de Dieu est au milieu de vous »


Il suffirait donc tout simplement d’ouvrir les yeux…

P.S pour aller plus loin…toute la citation : Comme les pharisiens demandaient à Jésus quand viendrait le règne de Dieu, il prit la parole et dit : « La venue du règne de Dieu n’est pas observable. On ne dira pas : “Voilà, il est ici !” ou bien : “Il est là !” En effet, voici que le règne de Dieu est au milieu de vous. »

Rencontres fortuites

le 27 août, 2024, Auvergne,

Au cours des voyages, on rencontre des tas de gens à qui quelquefois on raconte sa vie et qui nous raconte la leur sachant que l’on ne les reverra plus , car finalement ça n’engage à rien…

Des rencontres, j’en ai fait au cours de ce voyage et pendant ce court séjour en Colombie ce qui m’a surpris, ça a été de trouver un grand nombre de vénézuéliens, femmes et hommes de tout âge, employés dans les commerces ou l’hôtellerie autant en ville qu’à la campagne. Il faut dire qu’avec 2 millions de réfugiés originaires de ce pays, la Colombie se situe dans le groupe de tête des pays qui ont reçu, ces derniers temps, le plus de réfugiés au monde

(la France et les États Unis où toute les campagnes électorales sont faites contre l’accueil de réfugiés se situe très loin derrière .. les statistiques montrent que ce ne sont pas les pays les plus riches qui accueillent le plus de réfugiés d’ailleurs… (https://www.unhcr.org/refugee-statistics/ , https://www.unhcr.ca/fr/news/hcr-oim-felicitent-decision-colombie-regulariser-refugies-migrants-venezueliens/ )

Leurs histoires étaient bien typiques des migrants du monde entier, surtout pour les femmes : on quitte son pays en laissant un enfant ou deux à un proche et on vient travailler légalement (ou pas) pour pouvoir envoyer au pays de l’argent pour ceux qui y sont restés…

J’ai rencontré aussi d’autres étrangers bien différents : couples style bobo, aux sacs à dos dernier modèle, en mal d’aventures (et quelquefois de drogue), l’un dans un vieux bus colombien faisant la navette entre Palomino et Santa Marta…  originaire  m’a expliqué le jeune homme à l’allure très sportive de la Nouvelle Zélande dont la motivation ne m’est pas apparue très claire car entre la musique et le bruit du moteur, il était difficile d’avoir une conversation très suivie…

Mais peut-être le plus étonnant pour moi, ça a été quand je me suis retrouvée en France dans le train Paris Clermont, cette ligne qui a mauvaise réputation, tellement elle a été délaissée par les autorités et qui tombe en panne régulièrement car l’Auvergne comme on le sait n’a aucun intérêt économique, politique ou autre… pour les élites parisiennes…

Toujours est-il qu’une jeune femme d’une voie hésitante en français m’a demandé si on pouvait brancher son smartphone pour recharger sa batterie car la prise de son coté…. ne marchait pas….

On a échangé ( en anglais ce qu’elle a apprécié) et j’ai appris qu’elle était d’origine indienne, que ses parents vivaient à Hong Kong où elle avait grandi, que sa mère était moitié japonaise, qu’elle avait vécu à New York et que maintenant elle habitait à Paris… et pour couronner le tout elle allait à un mariage en Auvergne dans une localité qui terminait en  « ac »… car des Hollandais y avaient une propriété et l’avait prêté aux futurs mariés pour leur célébration ….

Je m’attendais à tout sauf à ça quand je me suis retrouvée dans ce tain inter-cité, pas un TGV … en partance pour la France dite « profonde » où habitent des français « de souche » dans une région encaissée, peu connue des touristes…

( mais en réalité si on gratte en peu on se rend compte que l’Auvergne a été un lieu ouvert sur le monde extérieur … ce sont nos préjugés qui nous empêchent de le voir)

train TER dans une petite gare en Auvergne

Comme quoi les nationalismes repliés sur eux-mêmes avec leurs frontières que l’on veut transformer en forteresses imprenables, ne sont plus à l’ordre du jour ( même s’ils continuent à cartonner dans toutes les campagnes électorales des hommes et des femmes politiques du monde entier…)

L’entre soi dont on rêve quelquefois n’existe que dans notre imagination…

La terre, c’est Dieu qui l’a voulu peuplée, et paraît-il qu’il a dit aux êtres humains, multipliez-vous, mais certainement pas, isolez-vous !

Suspendus

le 21 août 2024, …

Suspendus

des heures durant

au-dessus

de l’océan,

entre terre et terre,

entre temps et temps

on atterrit

finalement


*   *   *

heure locale.. annonce une voix,

température … continue-t-elle,

assurez-vous de n’avoir rien oublié

et au plaisir de vous revoir bientôt..

*   *   *

Tout le monde se lève toujours trop tôt,

On attend debout que la file s’ébranle

et que l’équipage nous salue un à un

au fur et à mesure

que l’on descend…


*   *   *

L’avion a bien atterri

mais moi j’avance comme un zombie

encore suspendue

entre terre et terre

entre temps et temps..

et à vrai dire

je n’ai pas atterri du tout…

Il faut bien redescendre

le 19 août, 2024, Bogotá


La récré est finie

La dispersion a commencé avec les adieux émus des différents membres du groupe qui avaient vécu ensemble des journées intenses..

Évidemment, les enfants qui n’ont pas honte de leurs émotions étaient les plus larmoyants et comme il est coutume dans ces cas, les promesses de se revoir n’ont pas manqué

sauf que,

comme c’était un groupe familial, contrairement à ce qui se passe assez souvent, ces promesses seront tenues…

* * *

Demain,

c’est à notre tour de rentrer,

j’ai recommencé à jeter un coup d’œil sur les actualités : en France, c’est la mort d’Alain Delon qui fait la Une des journaux ( sans commentaire) et aux États Unis le congrès démocrate qui va officiellement nommer Kamala Harris comme candidate du parti à l’élection présidentielle de novembre,

la guerre continue en Israël et paraît-il que les pourparlers de paix ou plutôt de cessez-le-feu n’ont pas encore été rompus,

L’armée ukrainienne a fait une incursion sur le territoire russe,

Je ne peux que repenser à ce texte écrit en anglais du protagoniste de l’excursion a Ciudad perdida :

« We treked for 5 days up to the Lost City and made it back to “civilization.” I now have internet access to a world wide web of news. I can check to see if our prayers for world peace are answered ? […] It looks like bombs and guns and drones are still killing people [ . . .}

So again, it looks like our work is not finished. We need to keep climbing and praying. We have finished one trek. We have left the Colombian mountain (but) our climb for peace goes on. . . .

* * *

Descendre pour remonter?

 on n’a jamais envie de descendre d’une montagne… où on  a vécu un sommet…

Ça me fait penser à un certain Pierre qui lui n’avait pas eu envie de descendre de la montagne où il avait vu un Jésus dont le « visage devint brillant comme le soleil, et (les) vêtements, blancs comme la lumière. … » (Mathieu 17:1-2) … tellement différent de celui incarné dans la lutte des réalités quotidiennes…. et lui avait suggéré d’y monter des tentes pour y vivre pendant très longtemps…( Marc 9 : 2-6)

Mais non, ce n’était pas pour maintenant, il fallait rentrer…

Que lui était-il resté de cette expérience exceptionnelle ? Qui saurait le dire ( surtout que Jésus lui avait demandé de ne pas en parler tout de suite…)

Ce n’est souvent que longtemps après qu’on se rend compte qu’a germé une graine qui grandira et portera du fruit..

Chacun le saura, le moment venu..

Carnet de voyage

 le 15 août, Villa de Leyva, Colombie

La photo est de Santa Marta au coucher du soleil

Journal de bord raté

Palomino-Santa Marta, (seule en bus d’abord à l’aller et retour en voiture avec des amis retrouvés), Palomino encore et Santa Marta, ( avec tout le groupe, maintenant revenu:le plus impressionnant, ce sont leurs jambes couvertes de piqûres d’insectes, dont certaines avaient commencé à s’infecter) Bogotá, et maintenant Villa de Leyva, après un trajet en avion éprouvant ( 6 heures de retard donc 6 heures dans un aéroport où il fait chaud malgré la clim) au bout duquel un voyage de 3 heures en van qui nous a vus arrivés au milieu de la nuit à l’hôtel)

Le rythme s’est accéléré et le soir entre connexions internet lentes et fatigue, j’ai du mal à suivre…

Écrire sur le coup ou après que les choses aient commencé à se décanter, ce n’est pas pareil : on n’écrit pas de la même manière. Dans le premier cas ce sont les émotions, le ressenti qui prévalent, dans le deuxième, on a pris ses distances mais en même temps intériorisé, on ne dit plus…, on raconte…les premiers mots se sont envolés et ne reviendront pas.

Quelquefois on peut retrouver les sensations si on a écrit un peu avant qu’elles ne nous échappent…le poème aux phrases courtes et décousues est souvent notre meilleur allié…

Aujourd’hui villa de Leyva, 15 août,

Un autre lieu paradisiaque, un autre hôtel où je n’aurais pu jamais mettre les pieds il y a quelques années, un hôtel en réalité où j’ai mis les pieds mais pour travailler comme interprète bénévole… il y a très très très longtemps dans des conditions précaires ( même si je n’avais pas été payée, ça m’a servi dans mon CV par la suite)

J’essaie de me rappeler, mais je dois avouer que je ne me rappelle plus : je sais que j’ai été là , je connais les circonstances et je sais ce que j’y ai fait : mais pas d’expérience de petite madeleine à proprement parler…

En tous les cas un autre endroit d’une beauté spectaculaire, un autre endroit qui me rappelle… tous les paradoxes de la colonisation espagnole et du rôle de l’église catholique dans ce pays… certainement un travail qui a cherché à apporter avec le message de l’évangile, une amélioration de la vie de la population locale mais en même temps, les a formatés pour leur apprendre à devenir des « serviteurs » des familles de colons qui y sont venus s’installer et s’enrichir à leurs dépens…

Maintenant ce ne sont plus les colons mais une clientèle triée sur le volet dans cet hôtel, (propriété de l’ordre des Carmélites) au goût impeccable, à la pointe des efforts pour respecter l’environnement dans cette région montagneuse où croît une végétation luxuriante…qui n’hésite pas à donner au lieu sa signature chrétienne catholique tout en restant discrète, avec sa chapelle et ses crucifix sobres qui ornent les chambres…

L’histoire de l’église chrétienne ou plutôt des églises chrétiennes, est une histoire de grâce et de péché, et dans l’histoire des colonisations elle est bien mise en évidence : des horreurs et des actes inacceptables de barbarie ainsi qu’une accaparation de la richesse de ses habitants d’un côté et un travail incontestable d’éducation et de soins aux malades et aux plus démunis de l’autre…

* * *

Le soleil se couche sur la ville de Leyda et il ne ressemble en rien aux 15 aoûts en France avec leur saveur particulière de fin de vacances et de rentrée…

De nouveau, je me retrouve dans un moment hors du temps et de la réalité…

Il faudra bien y retourner bientôt…

P.S: en anglais, conclusion de la marche pour la paix de l’instigateur

http://blogging4peace.org/archives/277

Back to “Civilization”

ils sont de retour!

11 août 2024, Palomino, Colombie

Ils sont de retour, sains (presque) et sauf : j’ai eu des nouvelles hier quand ils sont finalement entrés en communication avec nous et que de nombreuses images ont défilé sur mon écran …

et maintenant alors ?

Maintenant que l’Interlude est terminé… le mien  mais surtout le leur: ça veut dire que la vie reprendra comme avant ?

Je préfère laisser le temps en suspens

pour l’instant

t

la ciudad perdida