Déflagration

Le 6 novembre 2024, Auvergne

Déflagration.

Je ne sais pas si le mot est français ou anglais, ( en fait les deux) mais c’est le mot qui me vient à l’esprit en ce 6 novembre 2024 quand j’ai appris le triomphe de l’homme aux cheveux oranges à la présidence des États Unis.

Je m’attendais à tout sauf à ça : à des résultats contestés certainement, mais pas à cette victoire écrasante…

Qui, mais qui donc, a bien pu voter pour lui, sachant qui il était, ce qu’il avait fait, ce qu’il avait dit, l’ayant écouté vociférer, mentir et insulter la moitié de la planète pendant ces dernières semaines ?

Serait-ce le machisme pur et dur de bon nombre d’hommes (mais aussi des femmes qui cherchent à leur plaire) qui leur rend inconcevable l’élection d’une femme à la présidence de leur nation ?

Était-ce surtout le discours anti-immigrant virulent qui les a convaincus, hypocrisie foncière, pour eux qui sont tous enfants et petits enfants d’immigrants sur cette terre américaine ?

Et les soit-disant chrétiens, surtout : ils ont pourtant déjà obtenu leur loi anti-avortement dont ils rêvaient tant … serait-ce que leur dénonciation du «wokisme» entre autre est un prétexte pour cacher leur racisme, leur misogynie, leurs intérêts économiques, leur «entre-soi» sans concession qu’ils veulent défendre les armes à la main, eux les défenseurs de la vie…Une autre hypocrisie de première !

Pourtant Obama a bien été élu deux fois…. !

Je suis à des milliers de kilomètres en ce moment, et je n’arrive pas à imaginer ce qui s’est passé. Le fait de ne pas avoir été sur place pendant la campagne électorale, m’a empêché de sentir le vent tourner, même si les prédictions disaient que le scrutin était très serré : je n’y croyais pas !

J’essaie de me distraire, de prendre mes distances avec mes émotions…. de ne pas penser… de ne surtout pas lire toutes les analyses du pourquoi .. mais le paradoxe est que je suis en train de boucler mes valises et de nettoyer la maison… et comme c’est pour retourner aux États Unis, il faudra donc que je fasse face, que je confronte la réalité : je n’ai pas le choix…

Alors en attendant…

Déflagration peut-être

supplique certainement

Foi en tout cas,

en Toi qui hait, le mensonge, l’injustice, la corruption

en Toi qui aime l’étranger et les opprimés,

Ce qui fait qu’en attendant,

S’il te plaît

Prends pitié de nous !

Déception…et réconfort?

Le 31 octobre 2024, Auvergne

On est tous déçus à un moment ou à un autre par le pays auquel on appartient, quand il prend un virage dangereux où les valeurs auxquelles on croit sont bafouées et quand les dirigeants avec l’approbation de l’opinion publique prennent des mesures injustes qui favorisent les intérêts des plus riches et muselle les opinions de ceux qui le défient. On craint le résultat des élections et on a du mal à accepter que nos compatriotes puissent être aussi haineux pour certains, indifférents pour d’autres ou ignorants parce-que aveuglés, pour beaucoup….  On se sent impuissant .

Pour nous les européens, surtout ceux de la génération après guerre, on est encore traumatisé par la montée d’Hitler au pouvoir en Allemagne (et du régime Pétainiste en France) , et ces derniers temps on commence à faire face aux horreurs de la guerre d’Algérie au sujet de laquelle on s’est longtemps voilé la face…

Comment cela a-t-il été possible ? On a vraiment honte! C’est pas nous ça, ce ne sont pas nous valeurs, on est mieux que ça , a-t-on envie de crier! Et évidemment, aux États Unis que Trump ait tant de partisans m’est incompréhensible, en dépit de toutes les analyses possibles et imaginables qu’on fait!

On est encore plus déçu, quand la confession chrétienne à laquelle on appartient adhère à ces projets politiques qui vont à l’encontre des enseignements du Christ. On a envie de pouvoir dire : nous, les protestants au moins… ou nous les cathos au moins… ou nous les évangéliques au moins…! Mais quand on lit les discours des dirigeants religieux qui se disent chrétiens qui se rangent derrière les dictateurs en puissance ou les programmes ultra sécuritaires , on est d’autant plus déçus. On ressent à la fois une profonde colère et une grande tristesse : on a envie de se lamenter et de pleurer …

Alors, tout à coup en lisant la lecture du jour (le 31) , je me suis rendue compte que Jésus avait ressenti la même chose quand il avait pleuré sur Jérusalem :

«  Jérusalem, Jérusalem, tuant les prophètes et lapidant ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble sa couvée sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu ! »

ou encore,

Lorsque Jésus fut près de Jérusalem, voyant la ville, il pleura sur elle, en disant : Ah ! si toi aussi, tu avais reconnu en ce jour ce qui donne la paix !

Déception envers son peuple, déception envers ses dirigeants religieux, désir profond de protéger et de sauver ses coreligionnaires et ses compatriotes qu’il aimait certainement, de leur aveuglement…, tristesse et impuissance … Tout y est, même si les circonstances et les raisons étaient différentes de celles que l’on peut vivre aujourd’hui : Jésus nous conforte dans nos ressentis et les rend légitimes.

Pour autant, il n’a pas baissé les bras : il a continué à remplir sa mission coûte que coûte et si beaucoup des siens ne l’ont pas écouté , d’autres ont ouvert grand leur cœur… et relevé le défi.. ce qui fait qu’aujourd’hui son message a dépassé les frontières nationales et religieuses de son époque pour arriver jusqu’à nous.

Génération pourrie que la nôtre? Pas tous, bien sûr : il y en a toujours qui se lèvent pour défendre le bon droit, peu importe leur nombre. En tout cas, les puissants ne durent pas éternellement…

« tu renverses les puissants de leur trône » disait une certaine Marie, inconnue, anonyme à l’époque qui ne comptait pas pour grand-chose dans ce peuple vaincu et soumis par le puissant empire romain

Et de toutes façons, c’est finalement Dieu qui aura le fin mot de l’histoire.

Que Ton nom soit acclamé

le 27 octobre, 2024, Auvergne

le crépuscule,

je l’ai vu

ce moment magique

où toute la campagne baigne dans une luminosité diaphane,

et aussi

au fur et à mesure de son avancée

j’ai vu

levant les yeux, au ciel

les couleurs flamboyantes

du soleil couchant !

* * *

(Je continue à m’émerveiller que Toi qui es aux cieux ne te lasses pas de nous offrir ce spectacle époustouflant à nous les humains, qui ne prenons pas le temps de le regarder !)

* * *

Pour la beauté des couchers de soleil,

toujours renouvelée

Que ton nom soit sanctifié !

PS : mais aussi par les temps qui courent, que ton règne de paix et de justice viennent !

Il y a un temps pour tout

le 26 octobre 2024, de retour en Auvergne

je reprends mon rythme de croisière,

après des jours affairés, passés en ville

entourée d’enfants qui courent, d’adultes qui se pressent,

de bus, de métros, de trains qui défilent,

où il faut monter, descendre, attendre

et faire attention …. d’aller dans la bonne direction… !

***

Il s’agit maintenant, tout simplement,

de marcher dans les sentiers déjà tracés

et de regarder où en sont les feuilles des arbres,

dans quel pré sont passé les moutons

si les vaches sont déjà rentrées

ou s’il faut presser le pas pour ne pas se faire doucher…

***

« Il y a un temps pour tout » dit l’auteur du livre biblique, l’Ecclésiaste, « et un temps pour chaque chose sous le ciel »

et il ajoute un peu plus loin :

« Toutes les choses que Dieu a faites sont bonnes en leur temps. Dieu a mis toute la durée du temps dans l’esprit de l’homme, mais celui-ci est incapable d’embrasser l’œuvre que Dieu a faite du début jusqu’à la fin. J’ai compris qu’il n’y a rien de bon pour les humains, sinon se réjouir et prendre du bon temps durant leur vie. »

* * *

Alors, évidemment, le conseil donné ici de se réjouir et de prendre du bon temps a gêné plus d’un rabbin qui y voyait une morale trop épicurienne…surtout que ce livre est plein de réflexions qui semblent provenir d’un esprit cynique et désabusé car l’auteur dit que « rien ne sert à rien »…. Même la poursuite de la sagesse qui aujourd’hui fait l’objet de tellement de blogs sur le web ou de l’offre de cours et séminaires…

« Moi, Qohèleth, j’étais roi d’Israël à Jérusalem. J’ai pris à cœur de rechercher et d’explorer, grâce à la sagesse, tout ce qui se fait sous le ciel ; c’est là une rude besogne que Dieu donne aux fils d’Adam pour les tenir en haleine.J’ai vu tout ce qui se fait et se refait sous le soleil. Eh bien ! Tout cela n’est que vanité et poursuite du vent […]Alors je me suis dit : « Si le sort du fou et le mien sont les mêmes, à quoi bon avoir été si sage ? » Et j’ai pensé en moi-même : Cela aussi n’est que vanité ! [… Comment se fait-il que le sage meure aussi bien que le fou ?

Du vrai nihilisme…

Pas étonnant donc, qu’à travers les âges, les rabbins se soient posé des questions sur le bien fondé de l’inclusion dans un livre aussi sacré que la Torah, d’ un tel texte qui remet en cause des valeurs morales universelles… même s’ils n’ont pas osé remettre en cause sa raison d’être…

(un article qui résume les polémiques à propos de ce livre https://www.thetorah.com/article/is-kohelets-wisdom-vanity-of-vanities)

Mais moi, je l’aime bien ce livre … justement parce-qu’il n’est pas plein de pensées pieuses et convenues et qu il décrit les différentes saisons de la vie avec ses hauts et ses bas, ses questionnements et ses découragements, ses moments de sidération quant à voir le chaos et l’injustice qui règne autour de nous, on a envie de lever les bras au ciel en disant à quoi bon ?

Vanité des vanités disait Qohèleth. Vanité des vanités, tout est vanité !Quel profit l’homme retire-t-il de toute la peine qu’il se donne sous le soleil ?

Eh oui, on se le demande bien !

Mais j’aime surtout quand l’auteur ( qui est supposé être Salomon) montre que sa recherche de grandeur, de gloire, de richesse et de plaisirs ne l’a mené à rien… comme il fait bon l’entendre, quand on sait qu’on est tous fascinés à un degré ou à un autre par les célébrités, dont la vie est étalée devant nos yeux, apparaissant comme le summum de nos désirs secrets, avec leurs maisons luxueuses, leurs habits clinquants et leur sourire étincelant, affichant un bonheur que l’on croit sans faille  :

J’ai encore amassé de l’argent et de l’or, la fortune des rois et des États. J’ai eu des chanteurs et des chanteuses et ce plaisir des fils d’Adam : une compagne, des compagnes…

Je me suis agrandi, j’ai surpassé tous mes prédécesseurs à Jérusalem, et ma sagesse me restait.

Rien de ce que mes yeux convoitaient, je ne l’ai refusé. Je n’ai privé mon cœur d’aucune joie ; je me suis réjoui de tous mes travaux, et ce fut ma part pour tant de labeur.

Mais quand j’ai regardé tous les travaux accomplis par mes mains et ce qu’ils m’avaient coûté d’efforts, voilà : tout n’était que vanité et poursuite de vent ; rien à gagner sous le soleil !

De la vanité de la poursuite du bonheur par le plaisir et la richesse: là il a vraiment raison de nous le faire savoir !

Le problème avec les textes bibliques, est qu’on en cite des extraits et on ne lit jamais tout le chapitre où même le livre … et dans ce livre d’Ecclésiaste, je vous l’assure, il y a des vraies perles …

Ces rabbins ou scribes anonymes finalement, ont bien été inspirés de ne pas le censurer et de l’inclure dans cette bibliothèque sacrée que l’on appelle bible pour qu’on puisse le lire aujourd’hui. Dieu semble-t-il, n’est pas du côté de la censure ni des faux semblants

* * *

La conclusion du texte ( appelé Ecclésiaste chez les chrétiens et Qohèleth chez les juifs est celle-ci

« Pour conclure ces paroles, et tout bien considéré, crains Dieu et observe ses commandements. Tout est là pour l’homme. ».

Mais pour les réflexions d’aujourd’hui, je lui préfère cette autre phrase citée lus haut :

« Toutes les choses que Dieu a faites sont bonnes en leur temps. Dieu a mis toute la durée du temps dans l’esprit de l’homme, mais celui-ci est incapable d’embrasser l’œuvre que Dieu a faite du début jusqu’à la fin. J’ai compris qu’il n’y a rien de bon pour les humains, sinon se réjouir et prendre du bon temps durant leur vie. »

Et il est bon aujourd’hui d’apprécier la beauté et la tranquillité de l’automne, à la campagne ici en Auvergne. On verra un autre jour !

Nous on s’en fout?

( la photo: marché à Bruxelles au petit matin)

Le 18 octobre, 2024, Bruxelles,

La folie furieuse continue et fait tâche d’huile au Moyen Orient,

C’est au tour du Liban maintenant

Ça canarde de partout …

Quand est-ce que ça terminera ?

On ne parle même plus de cessez-le-feu

Quand écouteront-ils la voix de la sagesse et de la raison

ou au moins celle des cris de leurs peuples terrorisés?

***

L’autre folie furieuse, est la dernière ligne droite de la campagne présidentielle aux États Unis…

Incroyable la popularité de cet homme inculpé et poursuivi par la justice de son pays

Tout le monde retient son souffle, ici, là-bas et partout ailleurs…

surtout au Moyen Orient…

en attendant qu’ils… ou elles… décident,

(espérons que ce soit elles ?)

* * *

Pourtant la vie continue,

Les enfants rient et courent à la sortie de l’école,

les adolescents eux, discutent en essayant d’avoir l’air cool,

les petites mamies traînent leur sac de course à roulettes entre les allées du supermarché

les caissiers et caissières échangent quelques mots avec les clients pressés

Aux abords du métro les gens marchent au pas de course pour aller au travail…

Dans la rue, quelques personnes font la manche assis sur le trottoir

Des motos toute rutilantes sont garées sur la place

et aujourd’hui , jour de marché, les vendeurs ont déjà installé leur étal !

***

Mais ce sont surtout les arbres qui m’étonnent,

Leurs feuilles ont viré à l’orange et au rouge,

annonçant tranquillement que oui, l’automne est là

et que eux, ils ne bougent pas, ils continuent

malgré tout,

à marquer le rythme des saisons,

lentement et sûrement

indifférent semblent-ils

à la folie de nous, les êtres humains…

Peut-être est-ce parce que eux, ils obéissent

au grand Maître Horloger,

qu’ils sont aussi sereins ?


( mais nous, du Grand Horloger, on s’en fout?)

P.S. Je suis à Bruxelles, mais pendant ce temps, crues historiques en Haute Loire

Soulagement

Le 10 octobre 2024, Auvergne

( lecture du jour : Luc 11:10…)

Périodiquement cette histoire revient sur le tapis…

Cette histoire de l’homme qui réveille son ami au milieu de la nuit pour lui demander de lui donner de la nourriture pour un visiteur qu’il n’attendait pas…

(ah, qui dira les devoirs de l’hospitalité dans les pays du sud!)

et évidemment, son ami n’a pas envie de se lever, alors, il fait la sourde oreille et décide de ne pas ouvrir avec l’espoir que l’autre repartira, le laissera tranquille et qu’ il pourra se rendormir,

mais l’autre ne repart pas et continue à frapper de plus fort ou à crier de plus belle,

finalement, nous raconte l’histoire, excédé et pour qu’on lui foute la paix et qu’il puisse dormir tranquillement le reste de la nuit

il se lève, s’habille ouvre sa porte et lui donne ce dont il a besoin tout en maugréant…

Alors,

et c’est ça qu’il y a de merveilleux dans l’histoire, Jésus, en tire une morale tout à fait extraordinaire  :

« Eh bien ! je vous le dis : même s’il ne se lève pas pour donner par amitié, il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami, et il lui donnera tout ce qu’il lui faut.

Moi, je vous dis : Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira.

En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira. »

La morale c’est d’abord qu’on a le droit de demander… nous qui avons honte de le faire, encore plus de quémander car on pense aux enfants qui pleurnichent jusqu’à piquer des crises de colère dans les magasins quand on ne leur achète pas les bonbons qu’ils veulent…( dans l’illustration choisie, ils ne demanderont pas des bonbons, mais le sujet n’est pas sur la légitimité de ce qu’ils peuvent demander)

Demander à Dieu ce n’est pas spirituel disent certains, c’est égoïste, en plus, c’est enfantin, ce n’est pas digne d’un adulte raisonnable, équilibré, indépendant qui, s’il a besoin de quelque chose, il n’a qu’à mettre les mains à la pâte…

Pas du tout ce que nous dit Jésus!

Mais l’autre leçon de cette histoire, est qu’elle affirme sans ambages que Dieu est bon, mieux que n’importe quel traité de théologie élaboré, ou que quelque sermon verbeux etqu’il n’est pas un être pervers qui utilise sa toute puissance pour faire souffrir les gens comme beaucoup le croient ( ceux qui disent qu’il est pervers, en général ce sont qui ne croient pas en lui).

Quel père parmi vous, quand son fils lui demande un poisson, lui donnera un serpent au lieu du poisson ?

ou lui donnera un scorpion quand il demande un œuf ?

 Jésus choisit une autre illustration celle d’un père ‘normal’ et j’aime particulièrement le contraste entre le scorpion et l’œuf qui montre l’attitude naturellement bienveillante d’un père envers son enfant.

La bonté intrinsèque de Dieu pourtant, on en vient à en douter devant les catastrophes naturelles mais surtout devant les guerres et le spectacle désolant de la cruauté humaine et de l’injustice mais surtout à cause de tous ces sermons qui font de ces événements des punitions divines qui retombent sur des milliers d’innocents ...

Il continue encore :

Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint ( de bonnes choses dans la version de l’évangile de Mathieu) à ceux qui le lui demandent ! »

Voilà qui ne fait pas de doute : la bonté de Dieu est présentée comme une évidence compréhensible par tous

C’est un vrai soulagement !

Prier sans peur ni honte ni retenue dans la confiance totale d’un Dieu bon : quelle liberté !

un Jésus qui nous laisse coi

3 – 8 octobre, 2024, Auvergne,

(Qui dira la beauté de l’automne : c’est vraiment une saison bénie ! Je dois avouer que je continue à traîner des pieds pour réfléchir sur ce passage : les exégèses que je lis sont tellement pleines d’interprétation théologiques que j’ai du mal à lire le texte brut … faut dire que comme Jésus utilise un langage symbolique, ça se prête à toute sortes d’interprétation… j’essaie de m’accrocher à une perspective en phase avec le judaïsme de l’époque pour ne pas perdre pied)

Jean 6 : 37-47

Tous ceux que me donne le Père viendront jusqu’à moi ; et celui qui vient à moi, je ne vais pas le jeter dehors.

Car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé.

Or, telle est la volonté de Celui qui m’a envoyé : que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour.

Telle est la volonté de mon Père : que celui qui voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. »

Les Juifs récriminaient contre Jésus parce qu’il avait déclaré : « Moi, je suis le pain qui est descendu du ciel. »

Ils disaient : « Celui-là n’est-il pas Jésus, fils de Joseph ? Nous connaissons bien son père et sa mère. Alors comment peut-il dire maintenant : “Je suis descendu du ciel” ? »

Jésus reprit la parole : « Ne récriminez pas entre vous.

Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire, et moi, je le ressusciterai au dernier jour.

Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous instruits par Dieu lui-même. Quiconque a entendu le Père et reçu son enseignement vient à moi.

Certes, personne n’a jamais vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu : celui-là seul a vu le Père.

Amen, amen, je vous le dis : il a la vie éternelle, celui qui croit.

* * *

Une belle promesse

Tous ceux que me donne le Père viendront jusqu’à moi ; et celui qui vient à moi, je ne vais pas le jeter dehors.

Car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé.

Jésus reste dans la veine de ce qu’il a exposé avant, celle de la relation père-fils, qui est caractérisée par la soumission totale du fils , à savoir sa volonté de faire tout ce que le père lui demande. De cela découle que ceux qui le suivent ne lui appartiennent pas, ils lui ont été « donné » : il ne s’attribue rien, ni personne à lui-même, humilité à toute épreuve … et on trouve cette belle formule d’accueil inconditionnel de Jésus: « et celui qui vient à moi, je ne vais pas le jeter dehors »

Or, telle est la volonté de Celui qui m’a envoyé : que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour. Telle est la volonté de mon Père : que celui qui voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. »

Par contre ici, Jésus continue à surprendre car il allie quelque chose de concevable à une affirmation qui du coup n’entre plus dans le domaine de l’humilité (dans notre façon de la penser en tout cas), mais dans celle de la toute puissance quand il parle de ressusciter les gens à la fin des temps ! Là, il dépasse les bornes… (j’ai envie de dire , il se prend vraiment pour Dieu ! ) Toujours ce même paradoxe entre soumission et pouvoir : l’un n’est jamais présenté sans l’autre.

Les Juifs récriminaient contre Jésus parce qu’il avait déclaré : « Moi, je suis le pain qui est descendu du ciel. »

Ils disaient : « Celui-là n’est-il pas Jésus, fils de Joseph ? Nous connaissons bien son père et sa mère. Alors comment peut-il dire maintenant : “Je suis descendu du ciel” ? »

Évidemment et j’ai presque envie de dire heureusement, les scribes et les pharisiens ( les juifs dans le texte) sont là pour réagir et pour montrer l’énormité de ce que Jésus est en train d’affirmer… Pourtant contrairement à ma réaction, ce n’est pas son pouvoir de ressusciter les gens à la fin des temps qu’ils mentionnent mais son affirmation qu’il venait du ciel. Ils réagissent à sa prétention d’avoir des origines royales car ils savent qu’il vient d’une famille sinon pauvre au moins très humble. En d’autres termes, c’est comme si ils disaient :” mais pour qui il se prend lui, on connaît bien sa famille… elle n’appartient pas à l’aristocratie que l’on sache!”

(Me vient à l’esprit cette vieille expression même si je suis sûre qu’il y en a bien d’autres plus utilisées aujourd’hui « il se croit sorti de la cuisse de Jupiter »…)

Mais comme il le lui arrive souvent, Jésus ne répond pas directement à leurs propos qui ici, se veulent méprisants, et ne tombe pas dans le piège de défendre ses origines…

Jésus reprit la parole : « Ne récriminez pas entre vous. Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire, et moi, je le ressusciterai au dernier jour

Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous instruits par Dieu lui-même. Quiconque a entendu le Père et reçu son enseignement vient à moi.

Certes, personne n’a jamais vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu : celui-là seul a vu le Père. Amen, amen, je vous le dis : il a la vie éternelle, celui qui croit. »

Il remet Dieu au centre de la discussion et attribue leur rejet de sa personne à leur méconnaissance de ses enseignements en citant les écritures pour appuyer son argumentation.

Pour autant, il n’élude pas leur critique, et revient indirectement sur la question de son origine « du ciel » parlant de lui-même à la troisième personne. Il utilise le mot Père sans toutefois se positionner comme le fils, mais cela ne l’empêche d’aller très loin car « celui-là » qui vient vraiment du ciel, en plus, affirme-t-il est le seul à avoir vu Dieu… S’il ne les attaque pas de front car le but de ses propos est qu’ils croient en lui pour recevoir la vie éternelle, il ne revient aucunement sur ce qu’il a dit de lui-même, bien au contraire .

Mais si on réfléchit, comment pourrait-il promettre la vie éternelle si ce n’est par sa proximité avec Dieu ? C’est elle qui est le gage de sa crédibilité et de son autorité.

Ce que j’en retiens

D’abord à titre personnel, je me demande… quelles sont les personnes que Dieu m’a données et dont je suis responsable pour qu’elles ne se perdent pas. Et aussi, quelles sont celles qui sont attirées par Jésus et que moi ( je pourrais dire l’église mais ce serait me dédouaner) je laisse dehors en pensant qu’elles ne peuvent pas être ouvertes au message de l’évangile… De quoi réfléchir !

Par contre a priori, je trouve un peu troublant que Jésus dise que c’est Dieu qui attire les gens vers lui car ça donne l’idée d’un Dieu qui tire les ficelles et cette phrase a donné lieu à tout un débat sur la prédestination. Mais peut-être ne devrait-on pas s’appesantir là-dessus car ce n’est pas le sujet que Jésus développe : ce sur quoi il veut insister est sur sa légitimité en faisant appel à la volonté de Dieu à l’origine de l’appel et renforcer l’idée que ce n’est pas lui qui attire les gens?  On a malheureusement toujours la fâcheuse tendance de construire toute une théologie/philosophie sur une seule phrase sans tenir compte du contexte dans lequel elle est prononcée.

Et finalement, je retrouve le paradoxe du Jésus, proclamant sa dépendance totale de Dieu en même temps que faisant cette déclaration outrecuidante d’avoir le pouvoir de ressusciter les morts et de donner la vie éternelle…

Jésus nous laisse coi…

Pourquoi?

le 1er octobre, 2024, Auvergne,

J’essaie d’ignorer,

toutes les horreurs que l’on raconte ces derniers temps mais aussi tous les commentaires qui les accompagnent…

*   *   *

il y a cette histoire incompréhensible de cette femme de 70 ans droguée et donnée en pâture à tous ces hommes…

par son propre mari qui se dit aimant…et filme les séances de viol

mais qui maintenant devant la cour d’assise lui demande pardon…

( qu’en pensez-vous madame ? Qu’en pensez vous monsieur ? Qu’en dites vous monsieur et madame experts en sexologie….?)

Que peut-on dire ?

?????

Et puis dans la même veine mais malheureusement plus courant,

le viol et meurtre dans un parc d’une jeune femme, dont l’image souriante apparaît sur nos écrans

avant de nous retransmettre celles de son enterrement dans une église bondée…

mais malgré les demandes de la famille profondément croyante, les hommes et femmes politiques ne se sont pas privés de se répandre en commentaires sur « l’évènement » scandaleux…

l’agresseur étant un étranger, avec ordre de quitter le territoire….

*   *   *

Et au-delà des frontières, la guerre…

la guerre qui n’en finit pas

et qui s’étend maintenant au Liban

Ils sont devenus fous,

fous furieux !

Avec la guerre, on ne sait plus ou mettre la tête,

devant le spectacle des bâtiments éventrés, des corps ensanglantés et mutilés, des cris, et des pleurs de femmes et d’enfants

images insoutenables hier mais qui ne nous choquent plus?

*   *   *

Et toi Seigneur, ça ne te choque plus non plus ?

Toi aussi tu t’habitues à ce spectacle ?

N’entends-tu plus le cri des enfants et des opprimés ?

Et sur cette terre particulièrement où ton fils est venu prêcher et annoncer la paix  ?

Est-ce parce que tu en as vu tellement d’autres à travers la marche du temps que tu n’en es plus à une guerre près ?

*  *  *


Les psaumes, ces prières écrites, il y a plus de deux millénaires sont pleines de ces interpellations…

alors aujourd’hui, je me joins à elles:

Pourquoi, Éternel, te tiens-tu éloigné?

Pourquoi te caches-tu dans les moments de détresse? [. . .]

Lève-toi, Éternel! ô Dieu, lève ta main! N’oublie pas les malheureux!

Pourquoi le méchant méprise-t-il Dieu? Pourquoi dit-il en son cœur: Tu ne punis pas?

Tu regardes cependant, car tu vois la peine et la souffrance, Pour prendre en main leur cause; C’est à toi que s’abandonne le malheureux, C’est toi qui viens en aide à l’orphelin.

Brise le bras du méchant, Punis ses iniquités, et qu’il disparaisse à tes yeux!

 L’Éternel est roi à toujours et à perpétuité; Les nations sont exterminées de son pays.

Tu entends les vœux de ceux qui souffrent, ô Éternel!Tu affermis leur cœur; tu prêtes l’oreille

Pour rendre justice à l’orphelin et à l’opprimé, Afin que l’homme tiré de la terre cesse d’inspirer l’effroi. (psaume 10)”

Puissè-je moi aussi, avoir cette confiance en Dieu qui fait dire à l’auteur de ce psaume :

«  tu vois la peine et la souffrance,

Tu entends les vœux de ceux qui souffrent, ô Éternel! . . . Tu prêtes l’oreille pour rendre justice à l’orphelin et à l’opprimé »

Sous les toits de Paris

le 24 septembre, 2024, Paris,

( photo, chocolat chaud à la terrasse du café du coin, ce jour-là)

Me revoilà dans ce quartier que je connais…

toujours en transit de quelque part

traînant souvent derrière moi une lourde valise

lentement quand j’y suis presque

mais rapidement quand il s’agit de repartir

de peur de ne rater un train ou un avion

après un parcours galère en métro ou en RER…

( les paralympiques n’ont pas changé grand-chose : toujours pas d’escaliers mécaniques et ceux qui existent portent la mention hors service !)

***

je connais les supérettes

et les cafés brasserie du quartier

les magasins de vêtements mode

et les bazars où tout est bon marché,

(et l’on peut acheter des gants, ou un sous vêtement quand on est surpris par le froid)

les boulangeries, bien sûr…

pour m’acheter le premier croissant du retour…

***

Je reconnais le portail,

et la pharmacie tout à côté

(où je suis allée chercher des médicaments une fois en catastrophe,

même si je ne me souviens plus lesquels ni pourquoi)

et puis l’escalier en colimaçon au tapis défraîchi

qu’il faut gravir pour arriver au 6ème et dernier étage,

après un pause pour souffler au 3ème…

(et profiter d’appuyer sur le bouton pour rallumer la lumière…)

avant de finalement arriver devant ce petit appartement mansardé

situé directement sous les toits de Paris…

***

pour l’hospitalité simple et chaleureuse

qui m’y est toujours offerte,

Merci,

Bénis ce lieu

et celle qui y habite…

Journée de paix à Bruxelles

Dimanche 22 septembre, 2024 Bruxelles,

Aujourd’hui, journée sans voiture, métro gratuit…

Il fait encore beau mais un peu de fraicheur quand même avec quelques averses de pluie prévues un peu plus tard…

Partout des enfants et des parents en bicyclettes le casque sur la tête,

Partout des gens attablés dehors, buvant, mangeant et conversant,

( j’entends beaucoup parler en espagnol, ce qui m’étonne…en plus bien sûr du français et du flamand)


*   *   *

Autour de la Grand’Place, boutiques de souvenirs foisonnent

offrant toutes, du chocolat vendu à des prix alléchants

( j en achète moi-même…)

et je remarque beaucoup de touristes en groupe avec un guide…

particulièrement un groupe de chinois accostés par un « homme sans tête » avec lequel l’un d’entre eux se laisse prendre en photo amusé…

( par contre une dame très bien habillée dans un vêtement chinois traditionnel a l’air un peu affolée)

Aujourd’hui il y a tout un programme de prévu pour la journée de folklorisimo,

Beaucoup de confréries en costume d’époque se promènent et se font prendre en photo,

Un groupe venu d’Asturias, défile, jouant de la cornemuse et portant des fanions,

(évidemment, ça me rappelle la Bretagne…sauf que malheureusement, leur drapeau en tête du défilé avec la croix, évoque pour moi les croisades dans cette ambiance moyenâgeuse créée par tous ces costumes d’époques)

Et apparaît inattendu, précédé de quelques policiers en bicyclettes, un défilé/manifestation de gens habillés en noir , diffusant des messages contre la violence et contre l’utilisation des moteurs à énergies fossiles…au rythme des tambours…

Tout cela dans une atmosphère bon enfant dans un lieu qui a connu, gibets où ont été brûlé hérétiques pendant l’Inquisition, bombardements et incendies par les troupes française pendant la guerre de la ligue d’Augsbourg… et j’en passe , bien sûr…

*   *  *

Autre part…

Dans le Parc du Centenaire des camions de ventes de nourriture de toute sorte prolifèrent,

Se promènent nonchalamment, parents, enfants, chiens, couples, et quelques solitaires,

gens de partout dont la tenue vestimentaire reflète leur diversité assumée ,

journée au ralenti où chacun vit pour quelques heures une trêve inespérée…

*   *   *

Journée de paix,

la paix

ce bien tellement précieux

(et devenu un bien tellement rare?)

Mais comme paraît-il que ce sont les journées internationales pour la paix,

en ce dimanche béni

« Seigneur, donne la paix à notre temps »

est la supplique qui  tombe à pic!

P.S : à lire https://www.la-croix.com/religion/paris-capitale-des-religions-et-de-la-paix-le-tour-de-force-de-sant-egidio-20240922

Me reviennent aussi les paroles de la chanson célèbre de Jacques Brel…”c’était au temps où Bruxelles rêvait..” mais pour une raison ou pour une autre, il me semblait qu’elle terminait par où Bruxelles « brûlait »  ce qui n’était pas le cas…c’était bruxellait!

Autre part, par contre, ça brûle….