Miscellaneous

le 4-6 juillet 2024, de retour en Auvergne

En vrac,

la démocratie en danger aux États Unis

( avec la décision de la cour suprême sur l’immunité du président…quand viendra le retour de bâton qui permettra à l’ère Trump tellement toxique pour les États Unis mais aussi le monde entier…de terminer…)

en France ?

( moins évident car malgré les avancées du RN, la réaction est encourageante et la politique ne se résume pas entre deux partis qui existent à coup de millions de quelques milliardaires trop puissants… )

* * *

un séjour éclair à Paris pour aller chercher un vacancier à l’aéroport,

et me rappeler que j’aime encore Paris…

plus tous les gens rencontrés en chemin,

des jeunes avec leurs audiophones sur les oreilles, des touristes avec leurs grosses valises, des travailleurs de l’ombre qui voyagent tôt le matin nettoyer les lieux publics et qui n’ont pas l’air du tout du français «de souche » imaginaire qu’on voudrait préserver à tout prix ….

Deux amis colombiens qui commentent en espagnol leurs déboires amoureux d’un ton pas très tragique, à la table d’un café parisien, ne s’imaginant pas que moi , à côté peut suivre toutes les péripéties de leurs mésaventures..

des gens aimables et des gens pas aimables du tout,

la France qui gagne son match de foot de l’Euro contre la Belgique à la dernière minute…

le train, encore le train et les sandwiches trop chers achetés à la dernière minute dans la gare

des gens inquiets qui passent la tête dans un TER qui s’apprête à partir demandant aux passagers si le train s’arrêtera dans leur patelin car ils ne peuvent trouver personne qui puisse les renseigner sur le quai…

* * *

de retour dans le petit village après cette virée outre-terre

des roses et des roses qui ont fleuri comme par magie

pendant tout ce temps là…

* * *

Demain on ira voter,

la France est en demie-finale après un match poussif contre le Portugal, grâce à une séance de tirs au but…

et pour le reste…

Il y aura comme toujours des gagnants et des perdants,

Moi, toi, nous, vous, eux, ils, elles ?

Qui le dira ?

les roses de mon jardin se faneront seule certitude

autant les regarder et oublier le reste…

Imposture et faux semblants

le 28 juin, 2024, Auvergne

(Presque la fin du mois, la chaleur est enfin venue!)

Jean 5 : 31-47 : fin du chapitre

Si c’est moi qui me rends témoignage, mon témoignage n’est pas vrai ;

c’est un autre qui me rend témoignage, et je sais que le témoignage qu’il me rend est vrai.

Vous avez envoyé une délégation auprès de Jean le Baptiste, et il a rendu témoignage à la vérité.

Moi, ce n’est pas d’un homme que je reçois le témoignage, mais je parle ainsi pour que vous soyez sauvés.

Jean était la lampe qui brûle et qui brille, et vous avez voulu vous réjouir un moment à sa lumière.

Mais j’ai pour moi un témoignage plus grand que celui de Jean : ce sont les œuvres que le Père m’a donné d’accomplir ; les œuvres mêmes que je fais témoignent que le Père m’a envoyé.

Et le Père qui m’a envoyé, lui, m’a rendu témoignage. Vous n’avez jamais entendu sa voix, vous n’avez jamais vu sa face,

et vous ne laissez pas sa parole demeurer en vous, puisque vous ne croyez pas en celui que le Père a envoyé.

Vous scrutez les Écritures parce que vous pensez y trouver la vie éternelle ; or, ce sont les Écritures qui me rendent témoignage,

et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie !

La gloire, je ne la reçois pas des hommes ;

d’ailleurs je vous connais : vous n’avez pas en vous l’amour de Dieu.

Moi, je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas ; qu’un autre vienne en son propre nom, celui-là, vous le recevrez !

Comment pourriez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres, et qui ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique ?

Ne pensez pas que c’est moi qui vous accuserai devant le Père. Votre accusateur, c’est Moïse, en qui vous avez mis votre espérance.

Si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, car c’est à mon sujet qu’il a écrit.

Mais si vous ne croyez pas ses écrits, comment croirez-vous mes paroles ? »

Intro

Cette partie des affirmations de Jésus m’a moins dérangée pour expliquer sa légitimité en tant qu’envoyé de Dieu car là il ne fait plus d’affirmations sur la plénitude de ses attributs divins mais cependant pour la comprendre il faut bien connaître les lois du judaïsme qui régissent la question du témoignage pour tester, entre autres, s’il s’agit d’un vrai ou d’un faux prophète .

N’étant pas du tout familiarisée avec cette question, il a fallu donc que je fasse des recherches dans ce domaine pour en comprendre la portée ou la raison d’être. Le motif du Père et du fils faisait appel à des motifs universels, tandis que là, le raisonnement se place à l’intérieur des écritures juives et de leur fonctionnement. L’un des articles que je cite en fin de cette étude m’a beaucoup éclairé.

L’idée principale est que dans la loi juive, pour accuser quelqu’un, quelque soit le crime, il faut qu’il y ait plusieurs témoins, mais aussi on peut trouver que pour défendre un prophète accusé d’être un faux prophète, on doit faire appel à des témoins pour sa défense et ce n’est que si personne ne peut le défendre qu’ il peut être définitivement condamné à mort. ( c’est un très gros raccourci de ce que j’ai lu mais bon… les articles à la fin donnent plus d’informations).

* * *

Jean Baptiste revient sur le tapis comme premier témoin

Si c’est moi qui me rends témoignage, mon témoignage n’est pas vrai ;

c’est un autre qui me rend témoignage, et je sais que le témoignage qu’il me rend est vrai.

Vous avez envoyé une délégation auprès de Jean le Baptiste, et il a rendu témoignage à la vérité.

Moi, ce n’est pas d’un homme que je reçois le témoignage, mais je parle ainsi pour que vous soyez sauvés.

Jean était la lampe qui brûle et qui brille, et vous avez voulu vous réjouir un moment à sa lumière.

Comme précédemment, Jésus ne se met pas en avant et reconnaît que pour être authentifié, il a besoin des autres. Maintenant Jésus s’adresse directement aux maîtres de la loi dont on avait presque oublié la présence et qui étaient à l’origine de ce discours. Il semble donc que les autorités religieuses aient fait toute une investigation auprès de Jean le Baptiste pour savoir ce qu’il pensait de Jésus et c’est donc à eux spécifiquement qu’il s’adresse et même si ce n’est pas devant un tribunal qu’il parle, c’est en termes juridiques qu’il va s’exprimer pour défendre sa cause.

Jean Baptiste dont on a parlé beaucoup au début de cet évangile réapparaît ici, ancrant ce développement dans un contexte historique contemporain aux déclarations de Jésus. On retrouve cette admiration pour Jean et sa popularité mais l’utilisation du passé, semble impliquer que Jean avait été exécuté ?

« Jean était la lampe qui brûle et qui brille, et vous avez voulu vous réjouir un moment à sa lumière. »

Dieu, le Père lui- même comme deuxième témoin.

Après le premier témoin, Jean fait appel à un deuxième, qui est Dieu lui-même, car les « œuvres » ou on dirait les miracles qu’il peut faire en sont la preuve.

Mais j’ai pour moi un témoignage plus grand que celui de Jean : ce sont les œuvres que le Père m’a donné d’accomplir ; les œuvres mêmes que je fais témoignent que le Père m’a envoyé. Et le Père qui m’a envoyé, lui, m’a rendu témoignage. Vous n’avez jamais entendu sa voix, vous n’avez jamais vu sa face,

Ses paroles ressemblent étrangement à celles de Moïse :

«  Alors, Moïse dit : « À ceci vous saurez que c’est le Seigneur qui m’a envoyé pour accomplir toutes ces œuvres, je ne les accomplis pas de moi-même » Nombres 16 : 28 ( c’est ce que notent certains exégètes)

Mais il revient aussi aux affirmations précédentes sur sa proximité avec Dieu en la contrastant avec celle de ses interlocuteurs qui « n’ont jamais entendu sa voix, ni vu sa face », sous entendu alors que lui si…étant donné qu’il est le Fils avec lequel le Père partage tout.

3ème témoin : les Écritures

et vous ne laissez pas sa parole demeurer en vous, puisque vous ne croyez pas en celui que le Père a envoyé. Vous scrutez les Écritures parce que vous pensez y trouver la vie éternelle ; or, ce sont les Écritures qui me rendent témoignage, et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie !

La défense de Jésus face à ces adversaires continue à se faire dans le cadre de la loi juive, sauf qu’il ne cite pas quelles écritures en particulier lui rendent témoignage. Il y fait allusion. Il n’entre pas dans un texte précis, comme on aimerait qu’il le fasse, ( ou si c’était vraiment devant un tribunal ce qui se passera plus tard) mais cela suppose tout un stratum qui est connu des personnes présentes et sur lequel, nous ne pouvons que spéculer. En tout cas voilà un texte qui est cité quelquefois auquel Jésus faisait peut-être allusion:

« Je ferai se lever au milieu de leurs frères un prophète comme toi ; je mettrai dans sa bouche mes paroles, et il leur dira tout ce que je lui prescrirai. Si quelqu’un n’écoute pas les paroles que ce prophète prononcera en mon nom, moi-même je lui en demanderai compte […] Peut-être te demanderas-tu : « Comment reconnaîtrons-nous que le Seigneur n’a pas dit cette parole ? »Si le prophète parle au nom du Seigneur, et que la parole reste sans effet et ne s’accomplit pas, alors le Seigneur n’a pas dit cette parole : le prophète l’a dite avec présomption. Tu ne dois pas en avoir peur » Deutéronome 18 18…

Parenthèse : Remise en cause de la légitimité de ses accusateurs 

La gloire, je ne la reçois pas des hommes ;

d’ailleurs je vous connais : vous n’avez pas en vous l’amour de Dieu.

Moi, je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas ; qu’un autre vienne en son propre nom, celui-là, vous le recevrez !

Comment pourriez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres, et qui ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique ?

Ne pensez pas que c’est moi qui vous accuserai devant le Père. Votre accusateur, c’est Moïse, en qui vous avez mis votre espérance.

Maintenant Jésus passe à l’attaque : il décrédibilise ses accusateurs en montrant quels sont leurs intérêts et leur véritable motivation: la gloire, ou la popularité, ils ne cherchent pas à représenter Dieu sinon à se faire valoir eux-mêmes et leurs pairs . Je suis frappée à quel point il dénonce cette mentalité de l’entre-soi des liders religieux qui sont des sociétés d’admiration mutuelles ( mais aussi de rivalité féroces, ce qui est la même chose car c’est sur eux-mêmes qu’il se concentrent…)

Les Écritures encore

Si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, car c’est à mon sujet qu’il a écrit. Mais si vous ne croyez pas ses écrits, comment croirez-vous mes paroles ? »

Son plaidoyer termine en faisant appel à ce qui est au cœur de l’identité juive : les tables de la Loi transmises à Moïse par Dieu. C’est le plus grand reproche qu’il peut leur faire…surtout si on se rappelle que Moïse les avaient détruites une première fois quand, en descendant de la montagne où Dieu lui avait parlé car il avait découvert le peuple en train de se prosterner devant un autre dieu qu’ils avaient érigé en statue… le fameux veau d’or !

* * *

Ce que je retiens.

On peut difficilement comprendre certaines affirmations de Jésus si on ne les remet pas dans le contexte des écritures juives et des débats autour de ces écritures à son époque. En fait, pour moi c’est rassurant car j’avais été laissée avec cette impression, que cet évangile était tellement une construction théologique à la lumière de la pensée grecque que je le voyais complètement détaché de la réalité historique (surtout étant donné qu’il était daté plus tard que les autres évangiles ce que conteste d’ailleurs certains aujourd’hui)

Mais en ce qui concerne la personnalité de Jésus, ce que je retiens de tout cela, c’est ce paradoxe fondamental : d’un côté, une humilité sans concession et une soumission sans faille et de l’autre , une témérité inouïe dans la déclinaison de ses attributs divins.

Comment peut- il maintenir ces deux pôles, comment les réconcilier sans faire entorse à la vérité ?

(En réalité, c’est peut- être à ce prix seulement qu’elle peut-être énoncée par quelqu’un qui s’identifie comme le Fils !)

En tout cas pour l’instant, deux phrases me resteront à l’esprit : La gloire, je ne la reçois pas des hommes ; contrairement à vous, (les autorités politiques et religieuses) « qui recevez votre gloire les uns des autres ».

En cette période électorale en France et aux États Unis où les candidats et leur entourage cherchent à nous convaincre de leurs capacités et de leur qualité de Sauveurs, ça fait énormément de bien d’entendre Jésus dénoncer l’imposture et les faux-semblants !

* * *

Pour aller plus loin

BÜTTGEN, P. (2015). Une autre forme de procès La vérité et le droit dans l’exégèse du Nouveau Testament. Revue de l’histoire Des Religions, 232(3), 325–338. http://www.jstor.org/stable/24776688

Manns, F. (1985). EXÉGÈSE RABBINIQUE ET EXÉGÈSE JOHANNIQUE. Revue Biblique (1946-), 92(4), 525–538. http://www.jstor.org/stable/44088777

ATKINS, J. D. (2013). The Trial of the People and the Prophet: John 5:30-47 and the True and False Prophet Traditions. The Catholic Biblical Quarterly, 75(2), 279–296. http://www.jstor.org/stable/43728176

Père et Fils: le paradoxe d’une filiation exemplaire

le 24 juin 2024, Auvergne

Jean 5 : 19-30

Jésus reprit donc la parole. Il leur déclarait : « Amen, amen, je vous le dis : le Fils ne peut rien faire de lui-même, il fait seulement ce qu’il voit faire par le Père ; ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement.

Car le Père aime le Fils et lui montre tout ce qu’il fait. Il lui montrera des œuvres plus grandes encore, si bien que vous serez dans l’étonnement.

Comme le Père, en effet, relève les morts et les fait vivre, ainsi le Fils, lui aussi, fait vivre qui il veut.

Car le Père ne juge personne : il a donné au Fils tout pouvoir pour juger,

afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui ne rend pas honneur au Fils ne rend pas non plus honneur au Père, qui l’a envoyé.

Amen, amen, je vous le dis : qui écoute ma parole et croit en Celui qui m’a envoyé, obtient la vie éternelle et il échappe au jugement, car déjà il passe de la mort à la vie.

Amen, amen, je vous le dis : l’heure vient – et c’est maintenant – où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l’auront entendue vivront.

Comme le Père, en effet, a la vie en lui-même, ainsi a-t-il donné au Fils d’avoir, lui aussi, la vie en lui-même ;

et il lui a donné pouvoir d’exercer le jugement, parce qu’il est le Fils de l’homme.

Ne soyez pas étonnés ; l’heure vient où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix ;

alors, ceux qui ont fait le bien sortiront pour ressusciter et vivre, ceux qui ont fait le mal, pour ressusciter et être jugés.

Moi, je ne peux rien faire de moi-même ; je rends mon jugement d’après ce que j’entends, et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas à faire ma volonté, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé.

Intro

Me voilà donc confrontée à ce texte majeur , où Jésus parle de sa relation avec Dieu et d’essayer de le décortiquer, consciente bien entendu, que je ne pourrais pas l’appréhender, juste tourner autour. Pourtant, étant donné que ce texte a conduit à un moment donné au fameux dogme trinitaire qui a fait couler tant d’encre, je ne peux pas, ne pas le regarder en face, et faire comme si il n’existait pas.

Mais il m’est difficile de le lire, en faisant fi de ce dogme, que ce soit pour le justifier ou le récuser, car que je le veuille ou non affleurent à mon esprit toutes les polémiques qu’il a suscité. Je vais quand même essayer de le faire : après tout je cherche avant tout à être honnête avec moi-même. C’est l’avantage d’écrire un blog que personne ne lit ( ou pas grand monde) et de ne pas publier un article dans une revue où il faut se positionner par rapport à leur ligne éditoriale.

* * *

Père et Fils

Jésus reprit donc la parole. Il leur déclarait : « Amen, amen, je vous le dis : le Fils ne peut rien faire de lui-même, il fait seulement ce qu’il voit faire par le Père ; ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement.

Car le Père aime le Fils et lui montre tout ce qu’il fait. Il lui montrera des œuvres plus grandes encore, si bien que vous serez dans l’étonnement.

Ce que Jésus affirme ici, c’est d’abord « qu’il ne peut rien faire de lui-même » : c’est très fort ce qu’il dit là… dans cette phrase il ne se met aucunement au-dessus de Dieu, il ne s’attribue aucune prééminence, (il n’est pas en concurrence avec lui … Dieu est premier, car il est le Père et lui, son Fils, ne peut exister sans lui, c’est pourquoi il lui est totalement soumis. )

La question de l’égalité avec le Père n’est pas du tout évoquée : ce n’est pas une catégorie qu’il cherche à analyser ou à démontrer… la question n’est pas là.. le raisonnement qu’il présente est pour répondre à une polémique sous-jacente, celle de savoir si oui ou non, il a été envoyé par Dieu ce que certains des religieux contemporains niaient. C’est en ces termes que la question se posait..

ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement.

C’est dans le « faire » que Jésus est égal à Dieu mais seulement parce- qu’il a appris à agir en le voyant…

Car le Père aime le Fils et lui montre tout ce qu’il fait. Il lui montrera des œuvres plus grandes encore, si bien que vous serez dans l’étonnement.

Cette déclaration est pour le moins étonnante  ( Jésus nous prévient lui-même que nous serons dans l’étonnement ! ) ou en tout cas inattendue, car elle est présentée comme une vérité fondamentale, sans explication aucune…

Dans l’Ancien testament, on voit de temps en temps, des termes de « fils de Dieu » utilisés pour désigner Israël et aussi ses rois accompagnés d’une exigence de soumission totale ( comme ici d’ailleurs)

Il faut souligner qu’il n’y a jamais de suggestion, comme dans les mythologies despeuples avoisinants, qu’elle est acquise par une relation charnelle où les dieux auraient des enfants engendrés par des relations sexuelles avec une femme : il est important de le dire car c’est ce qui fait grincer des dents certains musulmans quand les chrétiens utilisent ce terme pour désigner Jésus.

Cette affirmation de l’amour du Père pour le fils est présentée ici comme une évidence (que j’ai du mal à saisir car le mot amour est pour moi du domaine de l’émotion ) dont la caractéristique est le partage total de la part de Dieu de ses connaissances avec le fils . C’est bien une figure de père humain qui est utilisée, celle qui est familière à ceux qui l’entourent où le père transmet tout son savoir à son fils sur le métier qu’il pratique pour que le fils prenne la suite de ses affaires ( ça existe encore aujourd’hui).

Le paradoxe

Comme le Père, en effet, relève les morts et les fait vivre, ainsi le Fils, lui aussi, fait vivre qui il veut

Ce que Jésus en tire comme conséquence est à la fois logique et étonnant (on aurait envie de dire gonflé) certainement provocateur, qui susciterai naturellement une réaction : affirmer que l’on peut relever les morts et donner la vie va très loin : guérir oui, c’est du possible et presque du normal pour un homme religieux mais donner la vie « comme bon lui semble » ça c’est un attribut de Die…. mais qui lui estdonné par Dieu. C’est là tout le paradoxe

et il lui a donné pouvoir d’exercer le jugement, parce qu’il est le Fils de l’homme.

Jésus, parle de lui-même à la troisième personne et s’identifie maintenant comme fils de l’homme : tout d’abord il a attribué son pouvoir de donner la vie par l’amour du Père, il affirme maintenant que son droit à juger vient du fait qu’il est le fils de l’homme soit le représentatif du genre humain ?

On va de surprise en surprise, comme un espèce de crescendo dans les attributs que Jésus dit qu’ils lui sont donnés: il persiste et signe en ajoutant donc un autre attribut divin celui du jugement et pas n’importe quel jugement, le jugement dernier !

Ne soyez pas étonnés (effectivement, il y a de quoi être étonné) ; l’heure vient où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix ;

alors, ceux qui ont fait le bien sortiront pour ressusciter et vivre, ceux qui ont fait le mal, pour ressusciter et être jugés.

Et finalement, Jésus revient à cet autre pilier de son raisonnement qui est sa dépendance totale du Père, sans qui il ne peut rien faire, une dépendance qui est caractérisée comme soumission totale à sa volonté de ce Père  comme si il avait peur qu’on le méprenne quand il parle des pouvoirs extraordinaires et voient en lui un rival de Dieu ?

( il faut se souvenir que dans la tradition, Satan/Lucifer/ le démon/ a été déchu car il a voulu justement être l’égal de Dieu, ou plutôt son rival)

Moi, je ne peux rien faire de moi-même ; je rends mon jugement d’après ce que j’entends, et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas à faire ma volonté, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé

La capacité de Jésus à juger ne lui est pas propre : son origine n’est pas en lui. Pourtant cette soumission n’apparaît pas du tout suspecte, car elle ne découle pas de la tyrannie d’un Père qui serait abusif, comme ça peut être le cas dans l’expérience humaine : il a bien précisé que c’est par amour que le Père partage avec le fils : ni rival, ni esclave non plus.

( Il faut me semble-t-il clarifier cela car la figure humaine du père est bien souvent caractérisée par l’abus du pouvoir sur ses enfants : on sait que le Pater familias, dans le droit romain avait droit de vie et de mort sur eux mais aujourd’hui encore, bien des fils ( et des filles aussi ) ont fait l’expérience de traumatismes profonds dus aux attentes et à l’exigence de soumission de pères tyranniques. C’est d’ailleurs ce qui rend cette image du père difficile pour certains. )

Ce que j’en retiens,

Impossible de faire entrer tout ce que Jésus y dit dans des schémas de pensées qui satisfassent notre besoin de tout réduire à des propositions simples. Ce qu’il dit semble tellement paradoxal: pouvoirs divins illimités d’un côté , dépendance totale de l’autre… Pas étonnant que les philosophes et les théologiens aient passé des siècles à débattre de ce texte et continuent encore à le faire!

Ce qui me frappe c’est que Jésus présente son identité en termes relationnels, compréhensibles pour son audience en utilisant l’image de la relation filiale. Il met en valeur les liens privilégiées et de réciprocité qu’il a avec le « Père, » un être tellement au-dessus de tout qu’il est indéfinissable, innommable et de plus interdit de toute représentation visuelle dans la tradition juive. Face à cette réalité, Jésus qui existe en chair et en os et se tient devant eux, cherche avant tout à affirmer son droit et sa légitimité à le représenter et à agir en son nom. Mais ce qui est étonnant et scandalisant, c’est qu’il le fasse d’une manière aussi totale et complète : aucun autre prophète n’était jamais allé aussi loin.

Quelque soit les conclusions que l’on puisse en tirer sur l’identité de Jésus, en ce qui me concerne, j’y vois une vérité fondamentale : que lui et lui seul peut nous dire et nous montrer qui est vraiment Dieu, quelle est sa volonté, quels sont ses commandements car il est le « Fils »au sens plein du terme.

Croire en Jésus-Christ, c’est croire en cette coïncidence totale entre le messager et celui qui l’envoie, entre l’envoyeur et l’envoyé

C’est lui et lui seul qui a les clefs de l’interprétation de cette révélation divine qu’est la Torah dont se revendique, le peuple juif, et plus particulièrement en son sein, ses scribes,ses pharisiens et ses rabbins…

Épilogue

Par les temps qui courent avec cette guerre horrible qui continue de se dérouler entre Israël et le Hamas, d’aucuns voudraient justifier le droit de tuer toute une population au nom d’une interprétation des textes de la Torah (interprétation récusée par certains exégètes juifs d’ailleurs). Heureusement que les déclarations radicales de Jésus sur le sujet des ennemis, coupent court à toute velléité de justification d’actes belliqueux, même si personne n’en tient compte ( chrétiens inclus)

« Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. »

On ne peut pas être plus clair

Pour aller plus loin : une vision du judaïsme sur l’appellation fils de Dieu dans le psaume 2

(https://www.thetorah.com/article/psalm-2-is-the-messiah-the-son-of-god

Insouciance?

19 juin 2024, Auvergne

Insouciance,

je m’étonne toujours, du calme qui règne ici, quand je m’aventure dehors

de l’absence de bruit autre

que les chants des oiseaux,

et le bruissement de feuilles,

je m’étonne

de l’absence

d’immeubles et de bâtiments en béton

avec des champs comme unique paysage

et des nuages comme unique horizon,

***

Sur les talus, les coquelicots rouge écarlates

qui contrastent avec le vert environnant,

rehaussant les couleurs du tableau

révèlent une vraie touche de peintre

signature indéniable

du Maître pourtant absent

qui nous laisse seuls

admirer sa création

***

les coquelicots,

qui demain

disparaîtront du chemin,

beauté éphémère

qui pourtant dressent fièrement leur tête,

symboles vivants,

d’une insouciance confiante,

en celui qui les a créés

***

mais malgré ce calme et cette beauté qui me sont offertes,

je ne peux pas oublier

que sous les mêmes cieux,

sans ou avec des coquelicots

le vacarme des bombes et les ruines de la destruction

sont l’unique réalité alentour

* * *

Ce ne sont pas les cieux qu’il faut interroger,

ni encore moins le Peintre de ces si beaux tableaux

mais les être humains qui y habitent

Qui sommes-nous donc,

nous qui peuplons cette terre,

pour continuer à transformer

cet Éden de prés verts,

en un cimetière de gémissements et de pleurs?

Non! je ne pourrais jamais oublier,

ces gens que j’ai connus de près ou de loin,

qui vivent sous les mêmes cieux que les miens,

mes frères et mes sœurs,

mes enfants et mes petits-enfants,

qui aujourd’hui comme hier

vivent sous les feux de la guerre

sans espoir de lendemains sereins

Supplique

O Seigneur aie pitié de nous,

Sauve-nous de notre appétence funeste pour la destruction et la violence

nous qui pourtant avions été crées

pour vivre dans l’insouciance et la confiance

des champs verdoyants et paisibles

où s’ouvrent sans faire de bruit

les corolles écarlates

des coquelicots frivoles et coquets








































































































































































































Portes ouvertes, portes fermées

le 13 juin 2024, Auvergne

( le thermomètre est descendu à 2 cette nuit!, mais au moins, on a du soleil ce matin..)

Quand on naît toutes les portes sont ouvertes,

mais peu à peu,

une par une

elles se referment,

lesquelles ?

Celle de la confiance

en est une des premières

ou peut-être une des dernières

car comment peut on grandir sans faire confiance à quelqu’un ?

Celle d’abord qui vous tend le sein

et celle ou celui qui ensuite vous donne la main

pour vous apprendre à marcher…

***

L’enfant s’acharne à faire confiance

malgré les revers et les blessures

qu’il accumule au fur et à mesure,

sinon, il ne pourrait jamais arriver en vie

à l’âge adulte…

Mais il y a aussi des mauvaises portes qu’il ouvrira pour faire face,

la méfiance bien sûr,

la peur certainement,

l’amertume en tout cas

mais aussi l’agressivité

la méchanceté, même, quelquefois!

Il est méchant ce gosse, dira-t-on !

***

Maintenant, je ne suis plus toute jeune…

Quelles portes ai-je fermées ?

Seigneur, que la certitude de ta bonté infinie

m’empêche de ne jamais fermer la porte qui communique avec toi !

Comment pourrai-je sinon continuer à vivre dans la lumière ?

***

“Car je connais les projets que j’ai pour vous dit l’Éternel, des projets de paix et d non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l’espérance”  Jérémie le prophète…

Ne couronnons personne!

le 10 juin, 2024, Auvergne

J’essaie de ne pas me laisser rattraper par la politique et de rester sereine : à la victoire du RN aux élections parlementaires européennes, on s’attendait, mais à la dissolution du parlement en France ça pas du tout…

Du coup tout le monde s’agite…

Je n’ajouterai pas mon analyse à celle des centaines qui sont publiées aujourd’hui, et le seront demain et après-demain, sans mentionner tous les commentaires sur les plateaux de télévision : le monde des médias tout entier est mobilisé, et chacun a son mot à dire ou plutôt son incantation personnelle à exprimer sur les temps catastrophiques qui courent !

( je ne doute pas qu’il y ait quelqu’un au Kremlin qui se frotte les mains…et pas seulement)

*  *  *

« Ils n’appartiennent pas au monde » disait Jésus dans sa prière pour ses disciples (ancêtres des futurs chrétiens comme on viendra à les appeler plus tard)

« Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais. »

Tout est dit dans cette pétition,

dans ces deux mises en garde…

La première tentation est de se retirer du monde et de considérer que seul le  « spirituel » et l’éternel comptent et que donc on peut rester au-dessus de la mêlée et qu’on n’a pas besoin de participer à quoi que ce soit…

Mais la deuxième, est encore plus grave de conséquences, de les garder du Mauvais, qu’ils ne soient pas tentés de faire alliance avec le diable comme on disait autrefois, pour défendre, l’hégémonie chrétienne dont certains se font les champions…

Délivre nous du mal ou plutôt du Malin comme le dit l’original de cette autre prière de Jésus que l’on appelle le Notre Père..

*   *   *

Et c’est là que le bât blesse,

c’est là que les uns et les autres au sein des communautés chrétiennes se divisent, car comment avoir le discernement nécessaire pour ne pas se laisser tromper par ceux qui consciemment ou inconsciemment servent la cause du « Mauvais »,

sachant qu’il est le Menteur en chef, le fourbe, le rusé par excellence, qui utilise des hommes et des femmes faillibles avides de pouvoir et que c’est lui qui est vraiment dangereux, lui dont Jésus nous a dit

«  Depuis le commencement, il a été un meurtrier. Il ne s’est pas tenu dans la vérité, parce qu’il n’y a pas en lui de vérité [ … ] il est menteur et père du mensonge »

( alors évidemment on sait que tous les politiques mentent à un degré ou à un autre… mais…)

Il es le roi de la com manipulatrice, qui fait que dans toutes les périodes de l’histoire, on a vu les chrétiens soutenir et applaudir des dictateurs en puissance qui finiront par persécuter ceux mêmes qui les ont soutenus quand ils deviennent réticents à exécuter des ordres qui seront devenus incontestablement incompatibles avec leur foi…

( bien entendu moi je pense à la montée du nazisme en Allemagne et à la politique de Vichy dont la devise pourtant était patrie travail et famille… mais traiter tout le monde de nazi ou de collabo, c‘est nul ! Du n’importe quoi)

Heureusement…

Jésus, ne s’arrête pas là dans sa prière en faveur de ses disciples … il ne les laisse pas sans remède face à cet écueil si dangereux et mortel pour eux et pour l’humanité

« Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. »

Sanctifie-les dans la vérité  sur eux-mêmes, d’abord…

il faut bien commencer par examiner son propre cœur car on écoutera celui ou celle qui répondra le mieux à ce qui habite au plus profond de nous : la haine ou l’amour ? la jalousie ou la bienveillance ? l’amertume ou la reconnaissance ? la peur ou la confiance ?

C’est la peur de l’avenir qui est peut-être le pire des maux, car quand la peur nous habite, nous perdons raison et nous nous laissons mener n’importe où par n’importe qui, du moment que la personne prétend pouvoir nous protéger, voire nous sauver de ces « hordes » de barbares qui risquent de nous envahir…

Ta parole est vérité :

Pas celle d’un homme ou d’une femme politique au franc ou au beau parler, pas celle d’un influenceur ou d’une influenceuse qui compte des milliers voire des millions de followers, pas celle d’un expert ou experte, chéris des plateaux de Télé qui auraient un bac plus 10… et une réputation internationale … pas celle de ceux qui promettent un retour à une société chrétienne idéalisée de l’entre-soi dirigée par de gens de bonne famille, en chassant et en enfermant plus longtemps et mieux tous ceux qui ne nous plaisent pas…

même pas celle du prédicateur charismatique et flamboyant qui se targue d’une connaissance sans faille des écritures et dont l’église est pleine à craquer ( outre atlantique…)

ni non plus celle d’un évêque, d’un pope, ou d’un pape…( qui eux sont en général plus prudents mais savent quand même bien faire comprendre leur point de vue)

*   *   *

Alors en conclusion,

Il n’y a pas de Messie politique qui vaille,

personne pour lequel sacrifier les enseignements du fameux sermon sur la montagne ou d’autres principes auxquels nous sommes attachés ,1

il n’y a que des hommes et des femmes faillibles et imparfaits,

le Messie, le vrai, est venu et il a refusé d’être couronné roi par son peuple,

alors… quoique nous décidions de faire en politique ( voter, nous engager, discutailler ad nauseam etc… )

Ne couronnons personne !

( ne haïssons personne non plus!)

1On l’appelle aussi les béatitudes : Bienheureux les pauvres en esprit… évangile de Mathieu tout le chapitre 5

Sagesse?

le 2 juin, 2024, Bruxelles, le melting pot

(trains, métro, baptême, fête des voisins, conversations à bâtons rompus en français, anglais et espagnol…de quoi être déstabilisé..)

Je fais une pause…

j’arrête de courir

Il était temps

mais le lendemain je recommence de plus belle..

faut-il que je rattrape au lasso,

mes pensées, mes émotions et mes mots…

pour les emprisonner et les empêcher de se répandre dans toutes les directions  ?

(faut dire qu’ici, je suis sollicitée tout azimut )

Je suis comme je suis

avec au fond de moi du trop plein toujours prêt à se déverser

sur ceux que je rencontre en chemin

je ne sais pas si ça veut dire que je suis meilleure ou pire

juste que je suis comme ça …

A chacun de nous est imparti

une mesure de ceci et de cela

trop d’un côté et pas assez de l’autre,

alors avec ça on fait quoi ?

Sagesse, aujourd’hui, tu me fais défaut…

( je suis supposée terminer par une réponse percutante, sauf que pour l’instant je n’en ai pas…)

Jésus, un guérisseur pas comme les autres

Mardi 21 mai, 2024, Auvergne

( il repleut et je frisonne…l’année dernière on se plaignait de la sécheresse et cette année des crues et des inondations… on n’est jamais content ! )

Jean 5 : 10-19

Les Juifs dirent donc à cet homme que Jésus avait remis sur pieds : « C’est le sabbat ! Il ne t’est pas permis de porter ton brancard. »

Il leur répliqua : « Celui qui m’a guéri, c’est lui qui m’a dit : “Prends ton brancard, et marche !”Ils l’interrogèrent : « Quel est l’homme qui t’a dit : “Prends ton brancard, et marche” ? »

Mais celui qui avait été rétabli ne savait pas qui c’était ; en effet, Jésus s’était éloigné, car il y avait foule à cet endroit.

Plus tard, Jésus le retrouve dans le Temple et lui dit : « Te voilà guéri. Ne pèche plus, il pourrait t’arriver quelque chose de pire. »

L’homme partit annoncer aux Juifs que c’était Jésus qui l’avait guéri.

Et ceux-ci persécutaient Jésus parce qu’il avait fait cela le jour du sabbat.

Jésus leur déclara : « Mon Père est toujours à l’œuvre, et moi aussi, je suis à l’œuvre. »

C’est pourquoi, de plus en plus, les Juifs cherchaient à le tuer, car non seulement il ne respectait pas le sabbat, mais encore il disait que Dieu était son propre Père, et il se faisait ainsi l’égal de Dieu.

Jésus reprit donc la parole. Il leur déclarait : « Amen, amen, je vous le dis : le Fils ne peut rien faire de lui-même, il fait seulement ce qu’il voit faire par le Père ; ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement.

Un légalisme sans concession

Les Juifs dirent donc à cet homme que Jésus avait remis sur pieds : « C’est le sabbat ! Il ne t’est pas permis de porter ton brancard. » Il leur répliqua : « Celui qui m’a guéri, c’est lui qui m’a dit : “Prends ton brancard, et marche !” Ils l’interrogèrent : « Quel est l’homme qui t’a dit : “Prends ton brancard, et marche” ? » Mais celui qui avait été rétabli ne savait pas qui c’était ; en effet, Jésus s’était éloigné, car il y avait foule à cet endroit.

Très intéressante la réaction des « juifs » ( c’était seulement d’un groupe de juifs bien précis dont il s’agit, bien sûr!) car ici, ils ne savent pas que cet homme a été guéri par Jésus, et en tant que gardiens de la loi, ils l’ont tout de suite jugé parce-qu’il enfreignait un interdit avant même de savoir pourquoi. Leur hostilité supposée envers Jésus n’est pas au centre de leur remarque : ils se sentent investis d’une autorité particulière pour faire respecter les lois concernant le sabbat.

L’homme ne se laisse pas faire pour autant et renvoie la faute sur celui qui lui en a donné l’ordre insistant sur le fait qu’il a seulement obéi à une injonction de quelqu’un de plus important que lui . Peu importe la guérison pour ces fanatiques religieux, elle est totalement au second plan, ce qui est en cause c’est ce légalisme  on pourrait dire obsessif de ceux qui l’interpellent.

Le fait que cet homme ne connaît pas son nom, montre que la guérison de Jésus, a été spontanée et qu’il ne l’a pas faite pour acquérir une notoriété quelconque ou prouver quoi que ce soit, ce qui fait que même s’il n’est pas mentionné dans le texte que Jésus a eu compassion de cet homme, c’est la seule explication valable que l’on puisse donner, dans ce contexte.
 

Jésus un guérisseur exceptionnel

C’est dans un deuxième temps que Jésus est identifié et devient sujet de polémique

Plus tard, Jésus le retrouve dans le Temple et lui dit : « Te voilà guéri. Ne pèche plus, il pourrait t’arriver quelque chose de pire. » L’homme partit annoncer aux Juifs que c’était Jésus qui l’avait guéri.

Dans cette deuxième rencontre, on est étonné ( je le suis en tout cas) de voir que Jésus ici semble faire un lien entre la maladie et le péché quand il ajoute à cette formule célèbre qu’il prononcera pour la femme adultère « ne pèche plus ». Aucune explication n’est donnée sur le type de maladie guérie et on ne peut qu’échafauder des théories sur le genre de conséquences auxquelles il fait allusion… mais certainement il y a un avertissement qu’on ne peut passer sous silence…

Il est vrai qu’il y a des maladies qui sont causées par des excès de toutes sortes comme on le sait bien et que quand on est guéri grâce à une intervention chirurgicale ou la prise de médicaments, on se jure de ne jamais recommencer mais malheureusement ce n’est pas toujours le cas et les rechutes surtout dans le cas d’addictions sont souvent fatales…

Et ceux-ci persécutaient Jésus parce qu’il avait fait cela le jour du sabbat. Jésus leur déclara : « Mon Père est toujours à l’œuvre, et moi aussi, je suis à l’œuvre. » C’est pourquoi, de plus en plus, les Juifs cherchaient à le tuer, car non seulement il ne respectait pas le sabbat, mais encore il disait que Dieu était son propre Père, et il se faisait ainsi l’égal de Dieu.

Maintenant, on entre de plein pied dans la polémique entre Jésus et les autorités religieuses juives. Jésus justifie son acte de guérison le jour de sabbat en affirmant la relation privilégiée qu’il a avec Dieu qu’il appelle son Père et qui explique qu’il a le droit de violer la loi du Sabbat. C’est alors que l’on trouve cette accusation grave faite par ses détracteurs, qu’il commet un acte blasphématoire, qui mérite la mort, en se faisant « l’égal de Dieu ».

Mais tout de suite après, l’auteur nous cite des paroles de Jésus qui semble se défendre de cette accusation en clarifiant le sens de sa relation privilégiée avec Dieu, par une affirmation d’humilité, de dépendance totale, qui ne cadre pas avec une affirmation orgueilleuse d’égalité avec lui.

Jésus reprit donc la parole. Il leur déclarait : « Amen, amen, je vous le dis : le Fils ne peut rien faire de lui-même, il fait seulement ce qu’il voit faire par le Père ; ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement.

Comme on entre maintenant dans un discours de Jésus très important sur la nature de ses relations avec Dieu son père , je préfère m’arrêter là car j’ai besoin de l’étudier plus à fond ( de lire des commentaires sur les mots que Jésus utilise dans les langues dans lesquelles ont été écrit cet évangile) Mais je n’ai pas voulu terminer l’étude de ce passage sur la guérison du malade avec cette accusation des autorités juives sans citer la défense de Jésus  tout de suite après qui a tout l’air à première vue, en tout cas, d’une réfutation de son égalité avec Dieu.

Ce que j’en retiens pour l’instant

L’authenticité du récit : tous les détails qui nous sont donnés dans le récit de cette guérison concourent à montrer un événement unique qui s’est déroulé d’une manière naturelle sans préméditation, seules les formule lève-toi et marche et ne pêche plus peuvent apparaître comme des expressions rituelles, mais le reste décrit une scène facile à imaginer… Le fait que le malade ne connaisse pas le nom de Jésus et que son nom ne soit pas non plus noté empêche d’y voir la construction d’une mise en scène particulière pour prouver quoi que ce soit. Ça me rassure sur la valeur de cet évangile tellement théologique par d’autres aspects.

L’intimité de la relation de Jésus avec Dieu : dans l’évangile de Marc, Jésus était tenu à distance, (reflétant me semble-t-il l’attitude de Pierre) on ne nous décrivait que très peu ses états d’âme et encore moins la relation qu’il avait avec Dieu . Ce qui nous était dit est qu’il s’éloignait de ses disciples fréquemment pour aller prier. C’était loin d’eux que cette relation d’intimité se déroulait. Mais ici, on voit un Jésus qui parle publiquement de la nature de cette relation : je dois avouer que ça me désarçonne. Il va falloir que j’étudie cela de plus près !

Il faut dire que dans ce texte, on passe d’un Jésus simple guérisseur ( c’est déjà pas mal) à un Jésus qui se dit fils intime de Dieu : il y a de quoi être désarçonné !

Difficile, le lundi

Lundi 13 mai, Auvergne

Lundi,

après un long week-end…

La pause est terminée et les luttes ordinaires du quotidien reprennent…

Je ne peux pas échapper aux actualités qui ne s’annoncent pas réjouissantes cette semaine…

Toujours pas de paix en Ukraine où les troupes russes continuent leur avancée mais encore plus grave la Palestine affamée et sous les bombes… sans mentionner la campagne électorale aux États Unis avec Trump et Biden en lice : ce qu’on aurait jamais cru possible , il y a 4 ans !

A côté de ça, les élections européennes se profilent… mais ça n’a pas l’air aussi dramatique que le reste…personne ne parle plus vraiment de démanteler l’Europe, et on retrouve les batailles de toujours entre une Europe libérale et une Europe sociale, une Europe des nations repliée sur elle-même et une Europe fédérée, et l’Europe écologique,qui a été sévèrement amochée ces derniers temps a besoin de retrouver un nouveau souffle… mais pas de rupture drastique en perspective, comme l’a été le Brexit, à un moment donné …

Évidemment, il y a bien d’autres pays encore où la situation est beaucoup plus dramatique pour les habitants et où l’oppression des petits par les grands est insupportable et inacceptable.

Alors, ce matin, rassurant de lire cette parole :

« Dites parmi les nations: L’Éternel règne; Aussi le monde est ferme, il ne chancelle pas »

et encore plus

L’Éternel juge les peuples avec droiture.

Les oppresseurs auront leur dû tôt ou tard…

Alors pourquoi ne pas se réjouir en ce lundi ?

le mois de mai est tellement beau… ce serait dommage de le rater…


“Que la campagne s’égaie avec tout ce qu’elle renferme, Que tous les arbres des forêts poussent des cris de joie,

Devant l’Éternel! Car il vient, Car il vient pour juger la terre; Il jugera le monde avec justice, Et les peuples selon sa fidélité.  ( psaume 95)”

(même si pour l’instant, c’est pas évident)

l’Ascension: une fête?

Le 10 mai, Auvergne, 2024

Hier Ascension, jour de fête…

Jour de fête, vraiment ? Ça ne colle pas…les disciples n’étaient pas particulièrement heureux quand Jésus leur a dit qu’il partait…

Finalement rien ne s’était passé comme ils l’avaient imaginé …d’abord Jésus avait été fait prisonnier, ensuite condamné à la va vite par les autorités juives puis romaines, finalement il avait été crucifié…. sans que personne n’intervienne pour le sauver à la dernière minute

Et puis, il était revenu en personne, même s’il n’était pas exactement comme avant, apparaissant et disparaissant sans avertir, c’était quand même bien lui, la preuve, il avait mangé avec eux, et avait continué à les enseigner répondant à leurs inquiétudes ,

Mais voilà maintenant, il leur disait qu’il allait partir pour de bon : à quoi ça pouvait bien rimer tout cela…

Une incompréhension de plus, une vraie déception!

mais quand reviendras-tu pour délivrer Israël?

(décidément, ils n’en démordent pas de leur messie politique … rêve sioniste pourrait-on dire ?)

En tout cas ils savaient surtout comme il allait leur manquer , après tout, il était leur guide, leur maître, leur ami… sans lui, ils étaient perdus…

Évidemment, il leur a fait une promesse celle de la venue de l’Esprit mais elle était toute aussi incompréhensible que l’annonce de sa mort et de sa résurrection..

Alors l’ascension une fête ?

Un événement important sans aucun doute

Mais pas vraiment un très bon souvenir…

*   *   *

Pourtant, si tristesse il y a eu ce jour là, comme on le dit parfois, le bonheur des uns fait le malheur des autres ou dans ce cas, le malheur des uns a fait le bonheur des autres, car si Jésus était resté confiné à Israël, nous, on n’aurait jamais entendu parler de lui..

Donc, déception pour eux mais pour nous, fête !

Vive l’Ascension!

***

N.B : en fouillant un peu plus sur ce texte de l’Ascension, j’ai découvert qu’il y avait une polémique ( une de plus) sur lequel des deux textes reflète le mieux ce qui c’est vraiment passé, celui de l’évangile de Luc (24 : 51-52) ou celui des actes des apôtres (écrit aussi par Luc, 1: 9-11) …et comme cette polémique tient au sens d’un mot grec que moi je ne connais pas…. J’ai décidé de voter pour celui du livre des Actes car il ne dit pas qu’ils sont repartis joyeux après que Jésus ait disparu…

PARSONS, M. C. (1988). The Text of Acts 1:2 Reconsidered. The Catholic Biblical Quarterly, 50(1), 58–71. http://www.jstor.org/stable/43717589

NB. Le jour de cette Ascension, 2024, l e miracle ça a été qu’on est passé en un jour de l’hiver à l’été : je suis sidérée ! J’ai même mis des draps à sécher dehors !