C’est quoi le bonheur ?

Le 21 juillet 2025, Auvergne, lundi

De quoi a-t-on besoin pour apposer ce label si désiré à un moment de notre vie?

Le mot lui-même semble exagéré, hors de portée, 

un sommet inaccessible

Un terme tellement élevé qu’on n’ose l’employer

Mais voilà

hier 

Chez nous

Assis autour d’un verre 

Avec des hôtes arrivés un peu à l’imprévu 

En même temps que toujours attendus 

Je me suis dit,

Pouvoir offrir le lit et le couvert

A ceux qui nous sont devenus chers

A travers les péripéties de vie partagée

le bonheur, 

c’est ça

N;B; En plus, la journée s’est terminée en apothéose avec un de ces couchers de soleil qui a embrasé tout le ciel, après une averse bienvenue, trop beau pour le prendre en photo…La photo qui illustre ce blog est donc celle du lever de soleil du lendemain.

Le soleil se lève partout

le 18 juillet 2025

Le soleil se lève partout

Au-dessus de la ville de Medellin, en Colombie , une ville de plus de 3 millions d’habitants, la ville de l’éternel printemps comme on l’appelait à une époque,

et il se lève aussi aux abords d’une petite ville de la Virginie de 7000 habitants aux USA

Il se lève même pour une petite commune de l’Auvergne de 159 habitants en France

Non, pas à la même heure ,

mais le même soleil,

la même planète

pour tous Tes enfants

( dans ces lieux là, en particulier, ce sont aussi les miens)

Prends soin d’eux !

qu’ils se souviennent qu’ils appartiennent tous à la même famille

Toi qui fais lever le soleil, ton soleil, sur les bons et les mauvais et qui fais tomber, la pluie, ta pluie sur les justes et les injustes…

Enseigne les à s’aimer …

« Mais moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. »

Pas évident du tout

Plus facile de s’extasier devant les levers de soleil

que ce qu’il y a en dessous..

PS: oups, j’ai oublié le Japon…mais désolé pas de photo de lever de soleil cette année…d’ailleurs à cette heure-ci, ils sont en train de se coucher…

On chante faux tous les matins

le 3 juillet 2025, Auvergne

Tous les matins, on chante faux

J’ai toujours un peu chanté faux mais lui, il chantait plutôt juste

Par contre tous les deux comme les jeunes de notre époque, on a gratté un peu la guitare en chantant les airs de Bob Dylan ou de Jacques Brel, selon…

Maintenant, on chante faux tous les deux

et on ne se souvient plus de certains mots

quelquefois, moi je me rappelle un début de phrase et lui la fin

d’autres, on sèche tous les deux

mais plus déroutant encore

des bribes nous viennent à l’esprit dans une langue

et le reste dans une autre..

de quoi nous faire

pouffer de rire

( comme ce sont des cantiques et que certains ont été traduits alors, ça fait 3 langues au moins à gérer….mais lui, il triche quand la mémoire nous fait défaut… le smartphone est toujours à la portée de sa main pour trouver le reste des mots.)

Le soleil se lève tous les matins

et nous aussi

surpris

d’être encore en vie

de quoi rendre grâce et exprimer toute notre reconnaissance

même si

c’est en chantant faux !

Juillet ici et ailleurs

Ier juillet 2025 Auvergne

Nouveau mois,

Pourquoi ce passage si artificiel d’un mois à l’autre, ce changement de nom dans l’en-tête de la date provoque-t-il en moi cet étrange émoi comme s’il représentait une page vierge qu’on attend de remplir, un destin suspendu où tout est encore possible?

Pourtant, juillet ne signifie rien pour moi de particulier maintenant…

Même si je sais ce que juillet signifie ici en France : vacances, soleil, été , plage, bronzage, ce temps béni dont on rêve toute l’année  et où nous est promis sinon le bonheur, tout au moins un répit dans la course folle de la vie au travail et des tâches quotidiennes répétitives

Tout ça l’a été pendant des années pour moi aussi et quand j’ai quitté la France pour aller vivre ailleurs je me suis demandée comment pouvait-on vivre sans ce rythme si réparateur des grandes vacances, les fameux congés payés autour desquels s’est développé toute une culture  florissante faisant vivre une population qui voit ses revenus monter en flèche dès que le soleil se pointe et arrivent les premiers vacanciers. L’industrie du tourisme paraît-il engrange des revenus conséquents et participe à la bonne santé de l’économie nationale.

( comme quoi, on peut créer des emplois sans que ce soit en produisant des armes! C’est beaucoup mieux de le faire en offrant du repos et du bien-être à la population…)

***

Ce qui m’a fait perdre ce rythme bienheureux c’est d’abord quand je suis allée aux États Unis où l’idée de partir 3 semaines en vacances de suite était et est toujours impensable ( une semaine peut-être ou un weekend prolongé…)

Mais ce qui a fini par m’achever a été certainement d’aller vivre dans l’hémisphère sud ( en Argentine en l’occurrence) où les saisons sont sens dessus dessous : quand j’ai vu que l’été commençait au mois de novembre et qu’au mois de juillet c’était l’hiver, alors j’ai carrément perdu mes points de repères….

Et puis je ne les ai certainement pas retrouvés quand je suis allée vivre près de l’équateur ( en Colombie) pendant des années où là il n’y avait plus de saisons du tout, pas d’arbres qui perdaient leurs feuilles en automne, pas de neige en hiver, pas de renaissance de la nature au printemps mais par contre où les orchidées fleurissaient toute l’année et les fruits tropicaux abondaient délicieusement (pas hors de prix et insipides comme dans les super marches ici)  La température dépendait de l’altitude à laquelle on se trouvait : tropicale et suffocante au pied de la montagne et froide à se faire geler la nuit tout en haut…

(Il y a quand même vaguement deux saisons, l’été et l’hiver : l’été est toujours plus sec et un peu plus chaud)

Quant aux grandes vacances, dans le milieu dans lequel je me trouvais, on n’en avait jamais entendu parler: bien sûr on faisait la fête quand on le pouvait et quand il y avait des jours fériés, on prenait un car (au péril de sa vie d’ailleurs) et on allait piqueniquer : ça s’appelait un paseo

Et puis…

On est parti vivre en Afrique de l’Est pendant un certain temps ce qui n’a rien arrangé du tout…sauf que quand j’étais à Djibouti où il ne fait certainement jamais très frais, ayant été colonisés par des français, tout le monde savait ce qu’étaient les vacances ( quand tous les français partaient)

Bref…

On est le premier juillet et la France est en alerte canicule, tout le monde ou presque s’apprête a partir en vacances et moi je suis contente tout simplement

Parce qu’on commence un nouveau mois, que c’est l’été et qu’il ne fait pas froid

J’ai dû vieillir !

Coucher de soleil

Jeudi 26 juin, Auvergne

Le soleil se couche

Encore une fois 

comme tous les soirs d ailleurs 

Lundi mardi mercredi jeudi … 

peu Importe

Le rite est le même 

Le ciel rougit au loin 

Parfois 

une simple raie au fond de l’horizon 

D autres 

Le ciel entier est embrasé 

***

Puis une lumière commence à scintiller

sur le flanc de la montagne 

Et le premier lampadaire 

S’allume 

Le ciel lui reste bleu quelque temps 

des nuages traînent ici et là 

Il faudra encore attendre

Pour que l’obscurité descende

Et que les premières étoiles fassent leur apparition 

***

Bientôt 

petites et grandes

Pales ou brillantes

Elles recouvrent le ciel tout entier

Alors

Je tourne lentement la tête de tous côtés

Émerveillée de leur nombre prodigieux

Et de l’étendue immense de ce lieu

Ne pouvant même pas imaginer 

la distance infinie qui me sépare 

De ces êtres aussi réels que mystérieux

***

Cette planète la terre

L’Eden que Tu nous a offert

Il est encore là resplendissant de beauté 

Malgré nos velléités d’enfants trop gâtés 

destructeurs et ingrats

Frivoles et capricieux

***

Merci pour ta patience et ta fidélité 

Jésus et les élites sociales: l’ incompréhension

Du 18 -26 juin, 2025, Auvergne

Je suis vraiment de retour maintenant : c’est la saison des foins et paraît-il que cette année le fourrage est abondant et de bonne qualité. Je retrouve le rythme lent et campagnard de personnes éloignées de la vie active et je n’attends pas de visiteurs…je peux souffler et reprendre cette étude.

Par contre, lui Jésus, il est en pleine polémique…

Jean 7 : 25-52

Les interrogations continuent

Quelques habitants de Jérusalem disaient alors : « N’est-ce pas celui qu’on cherche à tuer ?

Le voilà qui parle ouvertement, et personne ne lui dit rien ! Nos chefs auraient-ils vraiment reconnu que c’est lui le Christ ?

Mais lui, nous savons d’où il est. Or, le Christ, quand il viendra, personne ne saura d’où il est. 

La foule de toute évidence ne sait sur quel pied danser…est-ce lui le Christ, le messie ou pas lui ? Ils cherchent donc conseil auprès des experts pour se faire une opinion et l’attitude de ces derniers les jette dans une plus grande confusion : rien d’étonnant dans tout cela, des réactions tout à fait normales d’autant plus qu’on trouve les mêmes schéma aujourd’hui dans notre société sauf que les experts que l’on consulte sont sur les plateaux télé ou les réseaux sociaux…

Jésus, qui enseignait dans le Temple, s’écria : « Vous me connaissez ? Et vous savez d’où je suis ? Je ne suis pas venu de moi-même : mais il est véridique, Celui qui m’a envoyé, lui que vous ne connaissez pas.

Moi, je le connais parce que je viens d’auprès de lui, et c’est lui qui m’a envoyé. »

On cherchait à l’arrêter, mais personne ne mit la main sur lui parce que son heure n’était pas encore venue.

Jésus change de lieu et il n’est plus dehors s’adressant à une foule quelconque mais dans un lieu officiel le temple, ses auditeurs, il faut s’y attendre incluent donc des spécialistes de la loi auxquels il s’adresse directement et auprès desquels il continue de défendre sa vocation d’envoyé de Dieu sans donner pour autant des éclaircissements.

Jésus accusé de populisme ?

Dans la foule beaucoup crurent en lui, et ils disaient : « Le Christ, quand il viendra, accomplira-t-il plus de signes que celui-ci n’en a fait ? »

Les pharisiens entendirent la foule discuter ainsi à son propos. Alors les grands prêtres et les pharisiens envoyèrent des gardes pour l’arrêter.

Réaction de nouveau des uns et des autres et comme justement la foule risque de le suivre, l’urgence de le faire taire se fait plus pressante pour les dirigeants politiques et religieux qui se préoccupent de l’engouement pour sa personne

Jésus déclara : « Pour un peu de temps encore, je suis avec vous ; puis je m’en vais auprès de Celui qui m’a envoyé.

Vous me chercherez, et vous ne me trouverez pas ; et là où je suis, vous ne pouvez pas venir. »

Les Juifs se dirent alors entre eux : « Où va-t-il bien partir pour que nous ne le trouvions pas ? Va-t-il partir chez les nôtres dispersés dans le monde grec, afin d’instruire les Grecs ?

Que signifie cette parole qu’il a dite : “Vous me chercherez, et vous ne me trouverez pas, et là où je suis, vous ne pouvez pas venir” ?

Le malentendu se manifeste de nouveau entre les experts de la loi et Jésus qui parle d’une manière énigmatique cherchant à les confondre plutôt qu’à les éclairer semble-t-il, ce qui fait que leur interprétation qui prend les paroles de Jésus au pied de la lettre est tout à fait plausible : en mentionnant l’existence de cette diaspora juive que Jésus irait peut-être rejoindre et qui vient souvent à Jérusalem pour les fêtes, le rédacteur du texte donne un socle d’historicité inattendu à cet épisode en situant la source nécessairement, me semble-t-il, avant la destruction de Jérusalem en 70

Au jour solennel où se terminait la fête, Jésus, debout, s’écria : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive,

celui qui croit en moi ! Comme dit l’Écriture : De son cœur couleront des fleuves d’eau vive. »

En disant cela, il parlait de l’Esprit Saint qu’allaient recevoir ceux qui croiraient en lui. En effet, il ne pouvait y avoir l’Esprit, puisque Jésus n’avait pas encore été glorifié.

Dans la foule, on avait entendu ses paroles, et les uns disaient : « C’est vraiment lui, le Prophète annoncé ! »

Maintenant on a une indication de temps sans préciser le lieu, où l’on entend Jésus qui laissant de côté la polémique sur sa légitimité, fait cette magnifique offre d’eau vive qu’il est venu apporter pour étancher notre soif et dont il est la source. D’ailleurs la foule répond avec enthousiasme le déclarant être le prophète annoncé …(Élie, le messie?) mais non sans que l’évangéliste se voie auparavant dans l’obligation de nous expliquer la signification de ses paroles, interrompant l’épisode raconté, montrant bien la distance dans le temps de la susdite déclaration et l’explication de l’évangéliste ( personnellement, je trouve que c’est un peu dommage mais bon… )

Cependant la polémique repart de plus belle avec cette opposition entre la foule crédule et facilement séduite et convaincue selon les autorités religieuses lesquelles continuent à vouloir le faire arrêter

D’autres disaient : « C’est lui le Christ ! » Mais d’autres encore demandaient : « Le Christ peut-il venir de Galilée ?

L’Écriture ne dit-elle pas que c’est de la descendance de David et de Bethléem, le village de David, que vient le Christ ? »

C’est ainsi que la foule se divisa à cause de lui.

Quelques-uns d’entre eux voulaient l’arrêter, mais personne ne mit la main sur lui.

Ici entre en jeu, un nouveau groupe de personnes, ceux qui sont chargés de faire exécuter les ordres des autorités ( les gardes, soit la police) appartenant certainement socialement parlant au peuple et qui hésitent à exécuter les ordres de leurs supérieurs…ce qui est vraiment intéressant

(en tout cas ça me rappelle de l’histoire de ces quelques policiers qui n’ont pas voulu participé dans la trop fameuse rafle du Vélodrome d’hiver en 1942 pour arrêter les juifs pour montrer qu’on n’est pas toujours obligé d’obéir aux ordres de ses supérieurs…évidemment il n’ en a pas eu des masses…mais pour Jésus, il semble que cette fois-là, ça a été la majorité)

Les gardes revinrent auprès des grands prêtres et des pharisiens, qui leur demandèrent : « Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? »

Les gardes répondirent : « Jamais un homme n’a parlé de la sorte ! »

Les pharisiens leur répliquèrent : « Alors, vous aussi, vous vous êtes laissé égarer ?

Parmi les chefs du peuple et les pharisiens, y en a-t-il un seul qui ait cru en lui ?

Quant à cette foule qui ne sait rien de la Loi, ce sont des maudits ! »

On a vraiment maintenant une mise en évidence de la stratification de la société de l’époque et de comment l’opinion que ses interlocuteurs ont de Jésus dépend étroitement de la place qu’ils occupent sur l’échelle sociale : les réflexions des chefs du peuple témoignent d’un profond mépris de classe envers le peuple qu’ils considèrent ignare notant bien qu’aucun de leur milieu n’aurait été assez bête pour croire en Jésus…

Nicodème, l’un d’entre eux, celui qui était allé précédemment trouver Jésus, leur dit :

« Notre Loi permet-elle de juger un homme sans l’entendre d’abord pour savoir ce qu’il a fait ? »

Ils lui répondirent : « Serais-tu, toi aussi, de Galilée ? Cherche bien, et tu verras que jamais aucun prophète ne surgit de Galilée ! »

Puis ils s’en allèrent chacun chez soi. Réapparaît Nicodème le seul qui appartienne à leur classe sociale et qui ne soit pas hostile à Jésus-Christ : on l’avait presque oub, intrigué par lié, lui qui était venu voir Jésus intrigué par ses déclarations.

Ce que j’en retiens…

Ce qui me frappe vraiment ici, et je ne m’attendais pas à le voir affleurer dans un document si « théologique » que l’évangile de Jean, est une description de la stratification sociale qui met en évidence comment le milieu social auquel on appartient joue un rôle dans nos réactions quand on est confronté à quelqu’un comme Jésus. Le mépris flagrant pour les foules et aussi les reproches faits aux gardes, ces derniers eux-mêmes appartenant à une classe inférieure, de la part des élites est l’argument numéro un qu’ils utilisent pour discréditer Jésus car personne n’appartenant à leur classe sociale ne croie en lui sauf Nicodème …Je ne l’avais jamais autant remarqué.

(un stratagème utilisé encore aujourd’hui pour disqualifier l’opinion de certains groupes d’électeurs envers un leader politique que l’on désapprouve… ces réactions seraient très intéressantes à examiner à la lumière des théories de Bourdieu sur Langage et pouvoir politique)

Et puis comme il arrive souvent dans cet évangile, au milieu d’une polémique musclée suscitée en grande partie par des questions de lutte de pouvoir, on a cette offre extraordinaire d’une eau vive si généreuse que celui qui la reçoit, nous dit Jésus « de son cœur couleront des sources d’eau vives » …

On est rappelé au fait que la mission de Jésus n’est pas de passer son temps à s’engager dans des querelles théologiques stériles avec les experts de la loi, mais elle est d’annoncer une bonne nouvelle de la part de Dieu, « Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé » peut-on lire un peu plus haut dans ce même évangile.

Mais pour la recevoir, cette eau vive, encore faudrait-il avoir soif…. et si on est en haut de l’échelle où tous nos désirs peuvent être comblés, comment pourrait-on avoir soif ?

A moins de s’appeler Nicodème, l’exception qui confirme la règle…

Des saintes féministes avant l’heure?

Le 23 juin, Auvergne, 2025

C’est vraiment l’été: le thermomètre est monté au-dessus de 30 et on parle de canicule… Alors vive les villages auvergnats situés au flanc des montagnes où la  température baisse au moins à 20 ° pendant la nuit et vive les vieilles maisons aux murs de pisé qui conservent la fraîcheur mieux que n’importe quelle clim dernier modèle…

***

Intriguée par ces saints qui apparaissent tous les jours sur le site catholique des textes liturgiques du jour, je me suis mise à lire les courts extraits de leur vie pour savoir de qui il s’agissait … et j’ai découvert qu’il y en avait toute une ribambelle car sont listés non seulement les saints et saintes canonisés en bonne et dû forme mais aussi un grand nombre de bienheureux et bienheureuses qui eux ne bénéficient pas du label prestigieux de sainteté… mais quand même…ont leur nom inscrit sur les registres.

Il se trouve que la plupart de ces bienheureux et bienheureuses sont des martyrs ( car parait-il le martyre vous garantit l’entrée directe au paradis sans passer par la case purgatoire)… mais ne sont pas pour autant ces martyrs bien connus que l’on voyait sur de nombreuses illustrations, les yeux tournés vers le ciel entourés de bêtes sauvages prêtes à les déchiqueter sous le regard cruel de spectateurs avides de sang dans les arènes de l’empire romain  ( illustrations censées susciter l’admiration auprès des enfants du catéchisme pour les inciter a être des chrétiens plus fervents eux qui n’étaient pas persécutés?)  En fait, il y en a bien d’autres dont les dates et les noms évoquent d’autres périodes de l’histoire mouvementée du christianisme.

Les guerres de religion en Europe en ont produit toute une flopée….   et tous ces noms anglais que j’étais surprise de trouver font allusion aux victimes catholiques tuées pendant l’époque de Cromwell et d’Elizabeth Ier ( ceux protestants tués pendant l’époque de la très sanglante reine Catholique surnommée « Bloody Mary », évidemment ne sont pas sur la liste… il y a quand même des limites à l’œcuménisme…)

Il y a aussi les noms des victimes du régime de la Terreur pendant la révolution française et d’autres noms de martyrs plus proches, ceux victimes des camps de concentration pendant la deuxième guerre mondiale;

Par contre j’ai vu avec satisfaction que l’ on commençait à reconnaître ces martyrs qui ne sont pas d’origine européenne, comme des prêtres tués pendant la période trouble de la révolution mexicaine (1910-1920°) d’autres plus lointains dans le temps et l’espace de martyrs japonais à Nagasaki au 18ème siècle et même des personnes du Congo qui ont été ajoutées récemment… Comme j’ai parlé œcuménisme plus haut, il faut noter que des travailleurs égyptiens coptes assassinés en 2015 en Syrie par des djihadistes ont été  aussi ajoutés à la liste.

Mais ce qui m’a interpellé dans la liste d’aujourd’hui, c’était ces deux femmes, pas martyres elles, l’une anglaise,  fille de roi… carrément canonisée et l’autre belge, bienheureuse, qui selon l’explication, avaient imposé à leurs maris ( car on les avait forcées à se marier) la continence!  En d’autres termes elles avaient refusé d’avoir des rapports sexuels avec eux!  Étonnant en l’an 679 et 1213 que des femmes aient une telle audace quand dans le mariage, le corps de la femme devenait la propriété  incontestée de leur mari!

( deux des 3 maris, l’une s’étant retrouvée veuve, semble-t-il avaient accepté de bon gré mais quand l’autre avait refusé, elle l’avait quitté  https://levangileauquotidien.org/FR/display-saint/fbb3ac23-e2a7-41a2-b813-d7011e1a4db6; https://levangileauquotidien.org/FR/display-saint/ce7a086d-6b7e-4af2-81d2-e060afacf302

Alors je me suis dit que quand aujourd`hui on crie au lèse majesté quand les femmes insistent sur l’importance du consentement dans les rapports sexuels revendiquant leur droit de refus , ces deux femmes, saintes ou bienheureuses, font vraiment figure de pionnières !

Pourquoi n’en ferait-on pas après tout des patronnes du mouvement #MeToo ! 

Silence

Le jeudi 19 juin, Auvergne

Le ruisseau coule encore 

Les vaches paissent

Les chèvres lèvent la tête

Le chemin serpente 

***

Tout est là à sa place

Rien n’a bougé,

Même calme, même tranquillité 

***

Le soir commence à tomber

Je sors pour laisser le silence m’envelopper 

Le ciel rougit à l’horizon

Un lampadaire solitaire s’allume à côté 

***

Après le bouillonnement des jours passés

Dans le bruit et le tumulte de villes pleines à craquer

Ce silence qui recouvre le village tout entier

Ne finit pas de m’étonner

***

(Pour ce don inespéré, merci)

Tourbillon

9 juin, banlieue de Washington veille du départ

Ça chauffe en Californie

Les drones s’abattent par centaines en Ukraine

Et en Palestine?

On ne sait plus que dire ni que faire pour arrêter la tuerie

Vous avez dit cessez le feu ?

On n’y croit plus depuis longtemps 

***

Quant à moi,

En l’espace d’une dizaine de jours

j’ai franchi un océan ,  attrapé la crève 

Parcouru des centaines de kilomètres 

Dormi, mangé, marché

Assisté à des fêtes de famille 

 et même à un enterrement …

(Avec des vieux bikers en jeans troués et vestes en cuir, venus honorer un des leurs décédé a 90 berges  qui n’avait jamais renoncé à monter sur une bécane ) 

Côtoyé des enfants de toute origine 

Et des adultes tout blancs …

Retrouvé mes proches tant semblables que différents 

Chacun avec sa culture, ses habitudes de vie, ses espoirs et ses inquiétudes, 

Suis restée chez eux le temps de partager un repas ou deux 

Une conversation ou deux 

Jusqu’au moment où il a fallu refaire la valise et repartir …

Comment ne pas avoir le tournis?

Comment ne pas vaciller?

Me revient à l’esprit ce refrain que l’on faisait chanter aux enfants

En anglais en l’occurrence 

“ He’s got the all world in His hands… he’s got you and me in His hands”

Heureusement me dis-je!

Parce-que moi par contre, je ne peux gérer qu’un lieu à la fois

Et encore…

P.S : vendredi 13 juin; je suis  arrivée sans problèmes majeurs en Auvergne après avoir passé par Dubline et Paris et emprunté, trains, RER, etc…par contre ma valise elle…est restée en rade…parait -il qu’ils l’ont localisée…

Lui, le monde continue à dériver avec Israël et l’Iran qui s’envoient des missiles… Dieu a-t-il vraiment « the whole world in his hands?”

Espérons-le, sinon on est foutu!

Ici

Le 7 juin , Shenandoah Valley

Je suis ici

Il pleut

Je m’étonne de mon manque de dépaysement et de la facilité avec laquelle j’ai  retrouvé le visage des lieux que j ai traversés

 Ils ne sont ni atones ni muets

Ce ne sont pas simplement des bois aux arbres feuillus, ni des grandes étendues de champs verts où se promènent des vaches noires, 

ni non plus des fermes isolées à l’aspect étrange 

Je les connais, ils me sont familiers

Et malgré le renouveau de chaque saison

Ou même de chaque nouvel instant

Ils ne m’apparaissent pas singuliers

Ni surprenants

……….

Est-ce que ça signifie que je ne les vois pas vraiment?

Que l’histoire que j’y ai vécue fausse l’image qu’ils me renvoient

Que les verts sont moins lumineux et les noirs moins intenses?

Certainement le souvenir émousse leurs couleurs

 les recouvre dune patine qui n’est pas la leur

Mais ils sont quand même là

Ils existent certainement sans moi

Mais pas sans TOI