Recommencer

1 janvier 2021, Virginie

Recommencer,

C’est ça que j’aime dans l’idée du nouvel An…on met un point final ou plutôt, on efface et on recommence. Une nouvelle opportunité qui nous est donnée de faire mieux, de prendre un nouveau départ.

En Colombie on habille un homme de paille, bourré de pétards auquel on met le feu à minuit, et on regarde partir en fumée le vieil homme qu’est l’année écoulée.

(je reçois des photos de là bas pendant toute la soirée)

On chante, on rit, on danse, on s’embrasse, on trinque,  les cieux s’illuminent de milliers de feux d’artifice….

Bon débarras 2020, on ne te regrettera pas!

On en a tellement besoin de ces moments festifs et collectifs d’espoir partagé d’un monde à venir meilleur surtout après une année aussi lugubre que cette année 2020…

Recommencer, quelle chance ! Espérer, quelle joie ! Se défaire du passé, quelle délivrance !

Thèmes tellement bibliques, tellement constants tout au long de ses pages

On efface tout et on recommence nous dit Dieu chaque fois que l’on tombe…

Venez et plaidons! dit l’Eternel. Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige; S’ils sont rouges comme la pourpre, ils deviendront comme la laine.

Ou encore

Autant l’Orient est loin de l’Occident, autant il éloigne de nous nos mauvaises actions.

Et, comme un père est plein d’amour pour ses enfants, l’Eternel est rempli d’amour pour ceux qui le révèrent:

Mais le top du top, la promesse totale :

Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles.

Bonne année 2021 !

Joyeux Noël!

Conte de Noël par Miguel Lalor

Le 23/24 décembre, 2020

Hier soir, j’ai vu l’étoile de Noël !

Le ciel était clair et en fait les deux planètes, comme elles n’étaient plus complètement alignées pouvaient se distinguer l’une à côté de l’autre…

J’imagine bien comment des observateurs du ciel ( je ne crois pas qu’à l’époque, on faisait de distinction entre astronome et astrologue) pourraient remarquer cet alignement fortuit de ces planètes dans ces constellations que l’on peut admirer si on prend le temps de les regarder.. .L’observation du ciel, la nuit est une source constante d’émerveillement pour celui qui regarde vers le haut et vit la tête dans les nuages … et en ce soir de Noël, finalement l’histoire des rois mages n’est pas si improbable que ça.

Pas plus ou pas moins improbable que cette histoire, d’un homme fatigué qui guide l’âne sur lequel est monté sa femme enceinte, d’un aubergiste agacé qui affiche complet, d’une étable où finit par naître l’enfant, d’anges qui apparaissent à des bergers, avec une musique céleste pour accompagner le tout…

Après tant de siècles, on ne se lasse pas de la raconter, ni de la revivre ou encore de la ré-imaginer sous les cieux du monde entier et dans toutes les langues.

La voilà racontée et dessinée pour petits et grands, remise à l’ordre du jour par le talent de cet ami brésilien, parisien d’adoption.

En quel Jésus croyez-vous?

Marc 9 ; 11-13

18 décembre, 2020

Interlude…

( la neige qui est tombée hier était un interlude bienvenu dans notre quotidien)

Après un épisode comme la Transfiguration, on a envie de faire une pause avant de passer à la suite et on se demande comment cet événement va impacter le récit…comment va-t-il changer le regard que l’on porte sur Jésus ou que ces trois disciples présents à ce moment là vont porter sur lui…

Est-ce que tout va vraiment basculer ?

* * *

En tout cas, je suis contente d’avoir choisi d’étudier cet évangile pour essayer de revoir la question toujours d’actualité pour moi, de qui est Jésus. Dans son récit, l’auteur de cet évangile est vraiment discret. .il y a peu de passages où l’on puisse détecter sa voix, peu d’intrusions d’auteur même si on s’ingénie à découvrir sa méthodologie et aussi sa théologie … et c’est ce manque d’interférence, cette pauvreté de commentaires et d’explications, laissant au lecteur la liberté d’interpréter ce qui lui est raconté qui le rend si intéressant. Un article que j’ai lu (venant de l’Afrique du Sud) disait que le Jésus de Marc était post-moderne dans sa conception car justement l’identité de Jésus n’y était que suggérée mais bien sûr, j’ai envie de dire qu’il est surtout pré-moderne, pré-siècle des lumières, pré moyenâgeux, pré-scolastique et pré-thomiste….et pré-concile de Trente…

Je m’étonne en lisant les nombreux articles qui sont écrits sur cet évangile à quel point la question de la divinité de Jésus occupe une place importante dans ces discussions et le besoin qu’ont les critiques de se positionner par rapport à cette affirmation et ce qu’elle signifie : on sent dans chaque étude qu’il y a un enjeu et que les termes de la divinité ou de l’humanité de Jésus sont sous-jacents. Ils ne peuvent pas laisser le texte tranquille…ils n’ont pas envie de découvrir ou redécouvrir Jésus…

Mais je comprends aussi leur démarche, bien souvent en lisant le texte de Marc, j’ai envie d’en savoir plus, j’ai envie qu’on me mette des point sur les i, j’ai envie que l’on réponde à mon inquiétude particulière de savoir exactement ce que tel mot ou telle expression veut dire, que l’on donne des réponses bien carrées avec des limites bien définies pour satisfaire mon désir de cohérence qui peut-être n’est autre que celui de contrôler une vérité qui m’échappe…en l’enfermant dans des certitudes qui ne sont pas celles du coeur mais celles de l’intellect…

* * *

Dans les versets qui suivent, Jésus s’explique répondant à des questions de ses trois disciples qui ayant vu Élie à ses côtés se demandent quelle est vraiment son identité. C’est là où la connaissance du judaïsme de l’époque est indispensable…et où l’on voit l’utilité de la recherche scientifique pour comprendre la manière dont les prophéties sur le retour d’Élie que l’on trouve dans le livre de Malachie (ch 5) étaient interprétées. C’est là  aussi où l’on voit l’importance de ces fameux manuscrits découverts dans les caves du Qmran appartenant à une secte juive de l’ époque de Jésus…(s’ il n’y a pas de certitudes, il y a des éclairages sur une variété d’approches… en tout cas l’importance d’Élie à l’époque ne fait pas de doutes)

Les disciples lui firent cette question: Pourquoi les scribes disent-ils qu’il faut qu’Élie vienne premièrement?

Il leur répondit: Élie viendra premièrement, et rétablira toutes choses. Et pourquoi est-il écrit du Fils de l’homme qu’il doit souffrir beaucoup et être méprisé?

Mais je vous dis qu’Élie est venu, et qu’ils l’ont traité comme ils ont voulu, selon qu’il est écrit de lui.

Voilà les explications très succinctes données par Jésus et qui n’expliquent pas grand-chose…Il ne répond pas à la question du pourquoi de la souffrance et du mépris du Fils de l’homme et en ce qui concerne Élie, Jésus dit à la fois qu’il viendra et qu’il est venu…(L’interprétation de la tradition est que Jean Baptiste était l’Élie dont parlait les écritures) donnant à penser que peut-être que les paroles rapportées de Jésus sont tronquées…ou peut-être qu’il y a des questions pour lesquelles la réponse n’est pas nécessaire

En tout cas, après la vision lumineuse du Jésus transfiguré, on se retrouve dans la pénombre de la réalité où rien n’est clair… et au fur et à mesure qu’ils descendent de la montagne, les disciples essaient de donner un sens à ce qu’ils ont vu…mais pas facile…Jésus lui-même ne les aide pas.

Alors la Transfiguration est-elle un moment clef qui a fait basculer le récit, ou qui a fait basculer les disciples dans leur regard sur Jésus ?

Pour nous qui le lisons aujourd’hui, oui, pour les disciples qui étaient là, il ne semble pas…le texte indique plutôt que c’est l’annonce de la souffrance de Jésus qui fait problème…la Transfiguration n’a pas l’air de les secouer outre mesure, le Jésus glorieux paraît être presque dans l’ordre des choses mais celui qui va souffrir par contre, il est plus difficile à saisir…

Juxtaposition surprenante que ces deux Jésus si contrastés : on aimerait les réconcilier…

Au lieu de cela, le récit se poursuit… Jésus reprend son chemin et les disciples continuent à le suivre… jusques à quand est ce qu il faut se demander… jusques à quand pour nous aussi les lecteurs d’aujourd’hui… aussi interloqués que les auditeurs d’hier par ces deux Jésus en porte-à-faux.

Réjouissez-vous: tout arrive!

Le 15 décembre 2020,

En vrac…

On attend…

Une tempête de neige, nous est annoncée pour demain …Difficile à imaginer aujourd’hui même si tout à coup après des journées printanières ou automnales (comme on voudra les appeler) la température est descendue au-dessous de 0…

La première chute de neige, c’est toujours magique, surtout ici à la campagne…c’est une journée de vacances qui est littéralement un cadeau du ciel…surtout que l’on annonce la fermeture des écoles privées et des quelques écoles publiques qui avaient rouvert deux ou trois jours par semaine. Les enfants seront contents ( je les entend courir dans l’appartement au-dessus de chez moi) et les adultes aussi qui font du télétravail…par contre pour ceux qui travaillent sur les routes, c’est une autre histoire

Cette constance de la nature qui est mue par d’autres forces que les nôtres, c’est rassurant : on peut compter sur l’hiver qui vient avec sa froidure comme sur les lever et couchers de soleil qui arrivent toujours imperturbablement…

Finalement ça se calme ici, et le Président sortant commence à se retrouver isolé, bon courage au suivant qui hérite d’un pays en crise…moi, je n’aimerais pas être présidente …mais personne ne me l’a demandé non plus…en tout cas, je ne me sens plus obligée d’être accroché aux dernières nouvelles, dans la peur pendant toute cette période troublée et incertaine que tout un pays bascule dans un régime autocratique à la merci d’un président dérangé et narcissique…Ouf, le danger est passé.

Elle m’a envoyé un SMS pour me dire qu’on venait de la vacciner du Covid-19 à l’hôpital dans lequel elle travaille : je m’en réjouis vraiment. Peut-être peut on entrevoir la lumière au bout du tunnel maintenant qu’on a passé la barre des 300 000 morts…

.

Dimanche c’était le troisième dimanche de l’Avent sous le signe de la joie : Gaudete…J’ai mis la crèche sur la cheminée

Réjouissez-vous !

Parce-que le vaccin est arrivé,

Parce-que les tweets venimeux du locataire de la Maison blanche vont bientôt cesser,

Parce-qu’il va neiger demain, et que j’ai plein de bois pour me chauffer

Et pourquoi pas

Parce-que c’est bientôt Noël !

Transfiguration et Théophanie

Marc 9: 5-10

11 décembre, 2020

L’actualité continue à battre son plein en dehors des pages écornées de l’évangile de Mark…ici, une autre tentative plus incroyable que toutes les autres pour essayer de renverser les résultats de l’élection présidentielle… le nombre de morts du coronavirus qui atteint des pics jamais vus, et en Éthiopie, toute une région qui est coupée du monde par les armées et où les réfugiés de la région qui envahissent les camps au Soudan racontent l’horreur…en France, c’est un peu moins turbulent mais demain samedi s’annonce chaud… à Hong Kong, un des défenseurs de la liberté vient d’être condamné … .et je ne doute pas qu’il y ait beaucoup d’autres lieux sur notre planète qui ne soient pas réjouissants…mais je ne mentionne que ceux que je connais…ou desquels je me sens proche…

Que se passait-il dans cette Palestine de Jésus que nous raconte l’évangile de Marc ? Que se passait-il autour de Marc quand il écrivait son évangile ? On nous dit que la destruction de Jérusalem était en cours ou venait juste d’arriver et que deux des disciples présents au moment de la transfiguration avaient déjà été exécutés.

La roue tourne et continue à tourner…

Et au milieu de tout cela, on a la transfiguration…un moment extraordinaire où la terre et les cieux se rencontrent ou plutôt, la puissance et la gloire de Dieu se manifestent dans notre monde de chair et de sang, ancré dans la réalité du temps et de l’espace.. un moment privilégié où il est donné à nous simples mortels de voir l’Au-delà…

Les orthodoxes ont un beau mot pour le décrire Théophanie…

Ces moments-là ils ont existé avant cet épisode de Jésus dans la Palestine d’il y a deux mille ans et ils continuent à exister après… Ce qui me vient à l’esprit est la vision d’Isaïe quand Dieu l’appelle à devenir prophète, une vision datée, écrite pour être sûr de ne pas l’oublier car après coup, on met en doute si ce que l’on a vu était bien réel ou le fruit de notre imagination :

L’année de la mort du roi Ozias, j’ai vu le Seigneur assis sur un trône très élevé; le bord inférieur de son vêtement remplissait le temple.

Des séraphins se tenaient au-dessus de lui. Ils avaient chacun six ailes: deux dont ils se couvraient le visage, deux dont ils se couvraient les pieds et deux dont ils se servaient pour voler.

Ils se criaient l’un à l’autre: «*Saint, saint, saint est l’Éternel, le maître de l’univers! Sa gloire remplit toute la terre!»[. . .]

Alors j’ai dit: «Malheur à moi! Je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures, j’habite au milieu d’un peuple aux lèvres impures et mes yeux ont vu le roi, l’Éternel, le maître de l’univers!»

La réaction de peur du prophète devant ce spectacle, ressemble à celle de Pierre, notre Némésis, qui nous permet de nous insérer dans le récit et le rendre réel, tellement il nous ressemble. On nous dit que lui et les disciples étaient effrayés…et que comme notre Pierre était effrayé et déconcerté, il s’est mis à parler (d’autres sont silencieux mais pas lui) comme s’il voulait crever la bulle dans laquelle ils se trouvaient ou s’assurer qu’il existait vraiment …dans ce monde irréel et inimaginé, indéchiffrable où passé et présent se rencontraient, où la barrière entre les vivants et les morts était effacée:

Pierre, prenant la parole, dit à Jésus: Rabbi, il est bon que nous soyons ici; dressons trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie.

Car il ne savait que dire, l’effroi les ayant saisis.

(j’aime ce « il ne savait que dire »mais pourtant il ne s’en est pas privé…il n’avait certainement pas sa langue dans sa poche)

Après l’annonce de la mort et de la passion de Jésus, et que ses disciples subiraient le même sort, Pierre tout naturellement suggère qu’ils en restent là, qu’ils s’installent dans cette bulle protectrice, hors du temps et de l’espace…pourquoi redescendre et affronter cet avenir périlleux?

Mais la vision n’est pas finie, il y a un message de plus à donner, un message auditif et visuel où la voix qui vient du ciel réaffirme l’identité de Jésus :

Une nuée vint les couvrir, et de la nuée sortit une voix: Celui-ci est mon Fils bien-aimé: écoutez-le!

Aussitôt les disciples regardèrent tout autour, et ils ne virent que Jésus seul avec eux.

Le récit est étonnement descriptif , sans commentaire sur ce dont ils font l’expérience ni sur la signification du titre « mon Fils bien aimé » (sur laquelle les théologiens continuent à se chamailler) et prend note du fait qu’ils regardent autour d’eux, un réflexe naturel pour savoir qui a prononcé ces mots.. mais la vision s’est dissipée et ils se retrouvent seuls, comme ils étaient avant, tous les 4…l’expérience de Théophanie est terminée soudainement, comme elle avait commencé.

Comme ils descendaient de la montagne, Jésus leur recommanda de ne dire à personne ce qu’ils avaient vu, jusqu’à ce que le Fils de l’homme fût ressuscité des morts.

Ils retinrent cette parole, se demandant entre eux ce que c’est que ressusciter des morts.

La recommandation de Jésus semble aussi naturelle, l’auteur nous a décrit un Jésus qui fuyait le sensationnalisme mais avec pourtant la permission d’en parler plus tard, en justifiant le récit : l’évangile ne fait pas dans l’ésotérisme, ce n’est pas une gnose pour un groupe d’initiés qui auraient seuls accès à ce Jésus glorieux, il y a aura un moment où cet épisode devra être raconté, après la résurrection des morts et de nouveau on a la réaction à chaud des disciples qui ne savent pas ce que ça veut dire…

* * *

Beaucoup, dans les siècles qui suivront feront l’expérience d’une Théophanie (on dirait plutôt de Christophanie car il s’agit de Jésus ici) de manière plus ou moins intense selon les cas. On connaît le témoignage de l’apôtre Paul dont la conversion est le résultat d’une de ses rencontres, lui qui n’avait pas eu le privilège de connaître Jésus en personne comme les autres disciples et qui connaîtra d’autres expériences de ce genre où il parle de lui-même à la troisième personne tant l’expérience est singulière : « Je connais un homme en Christ, qui fut, il y a quatorze ans, ravi jusqu’au troisième ciel si ce fut dans son corps je ne sais, si ce fut hors de son corps je ne sais, Dieu le sait […]. fut enlevé dans le paradis, et qu’il entendit des paroles ineffables qu’il n’est pas permis à un homme d’exprimer.… »

En réalité, pour la plupart de ceux qui suivent Jésus, il existe ces moments où Sa présence est une réalité palpable, évidente…que ce soit dans la contemplation de la nature, ou à un moment de prière ou encore pendant la lecture des écritures et pour d’autres encore dans des circonstances totalement inattendues. pour lesquels ce sera une occasion de conversion comme Paul sur le chemin de Damas. Expérience indescriptible et qui peut bouleverser toute une vie, elle est évoquée par celui qui est artiste, après coup, par une composition musicale, un poème ou une peinture…

Ces moments là sont précieux et sont une grâce reçue qui nous accompagnent dans les moments difficiles de doute et de souffrance comme ils accompagneront les disciples au moment où Jésus sera fait prisonnier et exécuté ? (Pas suffisamment en tout cas parce-que Pierre le reniera quand même trois fois…) Une grâce reçue, et je dis biens une grâce, non le résultat d’une recherche mystique, d’une stratégie bien mise au point de méditation transcendantale en vue de…. vivre une expérience particulière. Le choix ne vient pas d’eux, c’est Jésus qui le fait.


*   *   *

Comme on n’est plus au siècle des lumières, finalement l’épisode de la transfiguration n’est plus aussi choquant qu’il a pu l’être ou peut l’être encore pour les rationalistes à outrance et les athéistes convaincus. Le mysticisme et l’ésotérisme n’ont plus mauvaise presse..Les extases des moines tibétains ont fait recette et tout cet attrait pour la méditation orientale où des techniques poussées permettent au méditant d’entrer dans des transes qui engendrent des phénomènes para-normaux comme la lévitation ou la luminescence du corps, redonne à cet épisode un fond de crédibilité . (Ce qui est dommage c’est que peu savent que dans la tradition chrétienne, une méditation intense avait été pratiquée sous d’autres noms par des saints chrétiens, surtout dans les traditions orthodoxes mais que la pratique est tombée dans la désuétude)

Installer trois tentes en haut de la montagne, et rester contempler la grandeur et la gloire du Fils, loin du tumulte des conflits, loin des luttes et des souffrances, quel beau programme ! On a envie d’y rester un peu plus longtemps mais Jésus, nous enjoint après cette grâce concédée de redescendre…

Ne désespérons pas, le temps viendra…

P.S 1 je ne peux m’empêcher non plus de noter comment cette idée de transformation d’un être humain en un être surnaturel, nous est devenue familière… Les séries télévisions et les BD de super héros en sont pleines, les mangas surtout regorgent de ces personnages qui avaient l’air ordinaire mais qui tout à coup se transforment soit en monstres menaçants soit en êtres lumineux aux pouvoirs extraordinaires…

P,S 2. Après avoir lu plusieurs articles sur ce passage dans des revues bibliques, j’ai appris que certains considéraient possible de comprendre que la transfiguration était l’accomplissement de la prophétie de Jésus…au début du chapitre « Il leur dit encore: Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu’ils n’aient vu le royaume de Dieu venir avec puissance »

Transfiguration:un événement énigmatique

Marc 8: 38; 9:1-4

Le 9 décembre 2020, la Virginie

On s’avance à grands pas vers Noël, par contre avec Marc, on s’avance vers autre chose….

Le récit de Mark a vraiment basculé, plus ça va et plus ça bascule. Le texte a pris un tournant inattendu…avec la découverte de l’identité de Jésus par Pierre, rectifiée par Jésus, l’annonce de sa mort, et l’appel de Jésus à un discipulat exigeant, et qui termine par une allusion au jugement dernier, quelque peu énigmatique :

Car quiconque aura honte de moi et de mes paroles au milieu de cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l’homme aura aussi honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père, avec les saints anges.

Et le chapitre 9 continue dans la même veine … :

 Il leur dit encore: Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu’ils n’aient vu le royaume de Dieu venir avec puissance.

On sort du récit et des enseignements de Jésus tous ancrés dans le temps présent, quand juste après avoir parlé de souffrance, Jésus parle de gloire et de puissance…dans l’après…

Mais de quel après s’agit-il ?

Surtout quand on sait que cet évangile a été écrit dans l’après du texte produit et que l’auteur avait donc bien entendu une compréhension de quel après, il s’agissait…un après déjà révolu puisqu’il spécifie que ceux qui sont présents verront « le Royaume de Dieu venir avec puissance » ? La résurrection ?  Ou un après non réalisé encore du texte rédigé et donné en lecture si c’est une image du jugement dernier, qui est évoquée …mais qui sait ?

( il y a beaucoup de discussions sur ces temps de l’après … sur ce que Jésus a voulu dire et aussi ce que les auditeurs/lecteurs ont compris. Pour ma part, je n’ai pas envie de m’appesantir sur cet aspect du texte.)

Transfiguration

En tout cas un texte qui se déclinait au présent jusqu’à maintenant, se projette tout à coup dans l’avenir…un avenir proche ou lointain…mais malgré tout ne nous prépare pas pour ce qui vient après quand on retourne dans le présent avec la formule de :

« six jours après » 

Six jours après, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et il les conduisit seuls à l’écart sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux;

ses vêtements devinrent resplendissants, et d’une telle blancheur qu’il n’est pas de foulon sur la terre qui puisse blanchir ainsi.

Élie et Moïse leur apparurent, s’entretenant avec Jésus.

Oui, le texte bascule vraiment, le texte et son récit : la seule introduction qui nous est donnée ce sont ces 6 jours, une indication précise temporelle. inhabituel pour Mark qui d’habitude fournit des précisions de location mais pas de temps. D’une certaine manière, on n’avait pas fait très attention quand Jésus avait dit que le fils de l’homme reviendrait dans la gloire… ou que le royaume viendrait avec puissance, avant de se retrouver devant cette scène déroutante…qui pourtant semble bien être une illustration de ce que Jésus vient de révéler…

Transfiguration, phénomène surnaturel, la scène est pourtant bien ancrée dans le réel : il ne s’agit pas d’un rêve, ni d’un moment particulier de la journée comme l’aube ou le crépuscule où l’on est entre chien et loup , entre lumière et obscurité, il y a une action délibérée de Jésus qui les conduit seuls à l’écart sur une haute montagne et en choisit seulement 3 dont on nous donne les noms montrant que le choix est bien délibéré et le nombre restreint est voulu. Mais rien qui ne nous donne des détails du déroulement des faits juste avant,  seule la remarque laconique « il fut transfiguré devant eux »

Six jours après, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et il les conduisit seuls à l’écart sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux;

Après cette introduction très succincte, par contre on a une description détaillée de la scène avec non seulement l’apparence lumineuse du corps de Jésus mais la présence de deux personnes du passé, Moise et Élie avec lesquels Jésus s’entretient comme si de rien n’était, comme si c’était la chose la plus naturelle du monde et pourtant on ne peut s’empêcher de penser que ce qui est décrit relève de la vision…une vision qui n’est pas présentée comme une vision, mais qui comme un mirage disparaîtra aussi vite qu’elle est venue à se demander si on n’a pas rêvé de l’avoir vu.

*   *   *

On ne peut pas passer à côté d’un texte comme celui-là sans prendre position pour le commenter ou même l’étudier…on doit décider à un moment donné si on y croit ou on n’y croit pas ou si en d’autres termes on croit qu’un tel événement se soit passé est dans le monde du possible ou si au contraire on en rejette d’emblée la possibilité.

Évidemment l’exégèse de ce texte, la question de son historicité en particulier, est obligatoirement influencée par cet a priori de départ ; un des critères utilisés dans la décision d’accepter la véracité du récit est celui qui consiste à dire que si ce n’est pas possible dans notre réel d’aujourd’hui ça ne l’était pas à ce moment là car allant à l’encontre des lois de la nature….bref c’est la même chose pour tous les miracles d’ailleurs.

( j’ai pu consulter de nombreux articles sur ce passage, profitant d’un accès gratuit, grâce à la pandémie, à de nombreux journaux d’études bibliques sur la question…Ce que j’en retiens, c’est que les chercheurs, ne pensent pas que le texte soit une invention de Marc mais qu’elle viendrait d’une tradition plus ancienne soit orale soit écrite que l’auteur a choisi d’inclure dans son évangile et qui apparaît ailleurs. À partir de là , certains vont estimer que c’est une invention de ses disciples mais qu’elle ne peut pas remonter à Jésus, d’autres par contre qu’il est possible de l’y faire remonter…mais derrière leurs argumentations et leurs discussions techniques et compliquées pour avancer leur opinion, il y a bien entendu cet a priori de départ, la possibilité ou l’impossibilité que l’événement se soit passé)

* * *

Pour l’instant ce qui me frappe au premier abord, c’est le caractère intime de l’expérience, le désir de Jésus de révéler à un petit cercle, sa vraie identité ne serait-ce qu’un moment…et surtout de leur dire, ne le dites à personne, c’est un secret…comme s’il regrettait de les avoir laissé voir sa gloire, son identité cachée de fils de Dieu…En fait j’y vois là un trait d’humanité de Jésus, dans le désir profond que l’on a d’être connu, et reconnu…de pouvoir montrer cette autre identité qui existe au cœur de soi-même et que l’on se doit pour une raison ou une autre, de garder cachée.

(Pour nous qui sommes de ceux qui sont allés vivre dans une nouvelle terre qui n’était pas celle de nos origines où l’on se retrouve des étrangers…il y a ce désir de faire connaître auprès de ceux qui deviennent proches, le lieu d’où l’on vient et qui on était là-bas…plus particulièrement ceux qui avaient un statut social privilégié et qui comme une de mes étudiantes, arrivée ici de l’Afghanistan doit maintenant travailler à l’usine…De temps en temps pouvoir mettre ses habits de fête, ou nous les montrer… comme elle l’a fait via zoom à la fin du cours, lundi dernier est une vraie joie…alors oui, Jésus c’était aussi un étranger qui venait d’autre part)

La deuxième chose qui me frappe dans ce texte, c’est l’absence de commentaire théologique de l’auteur (évidemment depuis lors les théologiens des siècles à venir s’en donneront à cœur joie et rattraperont largement cette omission). Il ne nous dit pas ce que cet événement veut dire, il ne nous fait pas de commentaire sur l’identité de Jésus, (c’est la voix que l’on entend et que l’on avait déjà entendue au début de l’évangile au moment de son baptême où il est désigné comme le fils du Père qui le révèle dans la suite du texte) En guise de commentaire, c’est la réaction des disciples qui nous sera donnée : frayeur d’abord, désir de s’installer ensuite. C’est une sorte de minimalisme théologique qui caractérise cet évangile, un minimalisme qui révèle, suggère mais ne se dit pas…

*   *   *

Un épisode qu’on n’attendait pas, une vision qui n’en est pas une, comme un rêve éveillé, raconté en détail mais avec sobriété, dans cette scène on découvre un autre Jésus , un Jésus qui n’est plus ce charpentier devenu rabbin itinérant, qui s’écharpe avec les pharisiens, qui mange et vit avec les disciples mais cet autre être qui leur échappe complètement et devant lequel ils sont totalement déconcertés…

Comme nous aussi d’ailleurs…

(à suivre..le passage est tellement riche, que cette petite réflexion de rien du tout ne saurait suffire.)

Viens, reviens Prince de la Paix

dimanche 6 décembre 2020, deuxième dimanche de l’Avent

Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi.

Tu as prodigué la joie, tu as fait grandir l’allégresse : ils se réjouissent devant toi, comme on se réjouit de la moisson, comme on exulte au partage du butin.

Car le joug qui pesait sur lui, la barre qui meurtrissait son épaule, le bâton du tyran, tu les as brisés comme au jour de Madiane.

Et les bottes qui frappaient le sol, et les manteaux couverts de sang, les voilà tous brûlés : le feu les a dévorés.

Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! Sur son épaule est le signe du pouvoir ; son nom est proclamé : « Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix ».

Viens, reviens Seigneur Jésus, le monde entier t’attend

L’Avent: temps de la consolation

Le premier décembre 2020, de retour à la campagne en Virginie,

Le temps est au rendez-vous en ce premier décembre…il fait froid, on prévoit de la neige dans les régions montagneuses à l’entour…Le ciel est magnifique et c’est l’Avent…

(en plus j’ai attrapé un rhume…j’espère que je n’ai pas le Covid…des personnes avec qui j’ai parlé il y a 8 jours l’ont attrapé : l’une est à l’hôpital. Heureusement, j’avais mis un masque et gardé mes distances me doutant que les symptômes dont ils se plaignaient étaient le virus même si l’une d’entre elle n’en portait pas de masque… faisant partie de cette branche de la population qui a suivi le président dans ses divagations)

* * *

L’Avent est une belle saison, un beau temps liturgique dit-on en langage chrétien que je préfère de loin à Noël. L’attente d’un sauveur qui est venu, et puis est reparti, qui est encore au milieu de nous et qu’on attend encore…

Pour moi ce qui annonce l’Avent le mieux, ce sont les premières mesures musicales de l’oratorio de Handel avec la voix du ténor qui s’élève en prononçant ses paroles de réconfort qui viennent du chapitre 40 du livre d’Isaïe :

Comfort ye, comfort ye my people, saith your God.

Consolez, consolez mon peuple, Dit votre Dieu.

Cette année, contrairement à d’autres, je ne suis pas morose, mais en ces temps de pandémie, de chômage, d’incertitude, de solitude, c’est une proclamation qui a besoin d’être entendue :

Speak ye comfortably to Jerusalem, and cry unto her, that her warfare is accomplished, that her iniquity is pardoned:

Parlez au coeur de Jérusalem, et criez lui Que sa servitude est finie, Que son iniquité est expiée…

La pandémie ont dit certains, était le châtiment de Dieu…que ce soit le cas ou pas, la grande proclamation de l’Avent, c’est l’annonce du pardon de notre iniquité…pas celle d’un individu particulier mais celle de toute une ville, de tout un peuple… En ce cas, Jérusalem…

Que nos sociétés soient coupables d’injustice, de destruction, personne n’en doutera et que les conséquences en soient la souffrance d’autrui, personne ne le contestera non plus…

Mais lire que notre iniquité est pardonnée peut-être déconcertant quand on estime que ce sont les autres qui ont besoin d’être pardonnés et pas nous…. Et que nous sommes les victimes de la malchance ou du désamour des autres…dans ce cas là, il est quelquefois difficile d’admettre que nous avons besoin tout autant que les autres d’être pardonnés…

On retrouve pourtant ici le psaume 103 de l’autre jour qui nous demande de louer l’Éternel de tout notre être car le pardon est une bonne nouvelle que l’on soit de ceux ou pas qui se sentent écrasés par le poids de la culpabilité.

Car c’est lui qui pardonne tous tes péchés,
c’est lui qui te guérit de toute maladie,

qui t’arrache à la tombe.
C’est lui qui te couronne de tendresse et d’amour,


et qui te comble de bonheur tout au long de ton existence;
et ta jeunesse, comme l’aigle, prend un nouvel essor.[…
]

Il ne nous traite pas selon le mal que nous avons commis,
il ne nous punit pas comme le méritent nos fautes.

(Heureusement!)

* * *

En tout cas, ce n’est pas l’annonce de nos manquements qui est le thème du texte d’Isaïe, c’est l’annonce du temps de la consolation : après une longue période de pleurs et de désespérance. l’annonce , elle est pour ceux qui vivent des temps difficiles…

(En fait, ce qui me vient à l’esprit en ces temps de pandémie…c’est l’annonce de la distribution d’un vaccin que l’on attend comme une lumière au bout du tunnel qui peut nous donner l’espérance d’un lendemain meilleur… même si on en connaît les limites)

Et l’image la plus belle pour moi dans ce passage, c’est l’annonce de la venue de celui qui s’auto-nommera le bon berger :

Monte sur une haute montagne, Sion, pour publier la bonne nouvelle; Élève avec force ta voix, Jérusalem, pour publier la bonne nouvelle; Élève ta voix, ne crains point, Dis aux villes de Juda: Voici votre Dieu! […]

Comme un berger, il paîtra son troupeau, Il prendra les agneaux dans ses bras, Et les portera dans son sein; Il conduira les brebis qui allaitent.

Ne plus avoir à lutter seul, pouvoir se laisser prendre dans les bras, se laisser porter, se laisser guider, se laisser consoler …. le temps est proche, il vient ce temps béni…et il est aussi déjà là…

Le psaume: une terre sacrée

le 23 novembre 2020, la Virginie,

Semaine de la fête de Thanksgiving, pandémie, rumeurs post-élections, guerre en Éthiopie, manifestations en France contre la loi de sécurité etc…. etc…la roue tourne…

De la valeur des psaumes

Rien de mieux que de commencer la semaine avec un psaume. Je ne sais pourquoi j’aime tant les psaumes … pourquoi ils me parlent autant.

Est-ce parce-qu’ils sont des textes sacrés que je les aborde avec une anticipation et une attente particulière comme le font tant de croyants avant de lire leurs écritures ?

Est-ce leur familiarité qui leur donne cette saveur bien caractéristique du mets que l’on déguste avec un plaisir renouvelé d’autant plus qu’y est associé une myriade de souvenirs et de moments inoubliables ?

Est-ce que les mots ont acquis cette patine du temps qui couvre les objets anciens et leur donne ce lustre cuivré, poli par l’usage répété de ceux qui nous ont précédé dans cette longue lignée d’ancêtres de la famille des croyants ?

Ou est-ce parce qu’on y entend le cri de l’humanité toute entière qui au milieu de ses joies et de ses peines se tourne vers des cieux qui ne seraient pas vides…

En fait, c’est cela qui me touche

Ce lieu privilégié de rencontre

entre la terre et les cieux

entre Dieu et l’être humain,

où l’on entend autant la voix de Dieu que celle de l’homme

Terre sacrée

Que celle du psaume

* * *

Psaumes 103:1 De David.
Que tout mon être loue l’Éternel!

Que tout ce que je suis loue le Dieu saint!

Que tout mon être loue l’Éternel,
sans oublier aucun de ses bienfaits.

Pause

Avec ça on a de quoi méditer toute une journée…

Tout ce que je suis, tout mon être...

Ça me rappelle le premier commandement «Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée »

Il n’y a de place pour rien d’autre…

Aucune autre pensée que celle-là

Il n’y a de place pour personne d’autre

aucune autre personne… aucun autre être

Personne d’autre n’est digne de recevoir les louanges de tout notre être,

De recevoir toute notre admiration, toute notre dévotion, toute notre loyauté

Aucun homme, aucune femme, aucun enfant,

Aucune idéologie…

Et surtout aucun des grands de ce monde,

présidents, premiers ministres, rois, reines, empereurs,

papes, popes, pasteurs, patriarches, rabbins, imams, Dali lamas etc.…

Aucun

Que tout mon être loue l’Éternel!
Que tout ce que je suis loue le Dieu saint!


Dieu est premier en tout,

C’est le pilier de notre sécurité

C’est le pilier de notre sérénité

C’est le pilier de notre liberté

Après, on peut regarder le reste…

Les vicissitudes du quotidien, notre lot de déceptions et de préoccupations,

Nos espoirs et nos désirs du jour,

Nos indignations et nos colères aussi

Mais rien ne peut entamer

Cet élan premier

Que tout mon être loue l’éternel,

Et le second qui renforce le premier

Sans oublier aucun de tes bienfaits

et comme c’est Thanksgiving c’est l’occasion de les égrener

Mais ça risquerait d’être long

Alors ce sera pour une autre fois

Mieux vaut s’arrêter là

Psaumes 103:1 De David.
Que tout mon être loue l’Éternel!

Que tout ce que je suis loue le Dieu saint!

Que tout mon être loue l’Éternel,
sans oublier aucun de ses bienfaits.

Gratitude

(photo: le soleil se lève une fois de plus)

Le 27 novembre,2020, banlieue de Washington (black Friday)

Hier c’était Thanksgiving : on n’a pas suivi les recommandations du ministère de la santé et on s’est déplacé… on s’est retrouvé en famille…. et on n’était pas les seuls…

…. sauf quand même qu’on n’a pas changé de région (à peine un rayon de 200 km ) , que ce n’était pas toute la famille, que les enfants des familles présentes ont tous leurs classes en ligne, que tout le monde met bien son masque pour sortir et que le membre de la famille le plus âgé…a déjà eu le Covid…

Bref, la situation est quand même dramatique dans le reste du pays mais d’un autre côté peut-être maintenant que les procès devant les tribunaux pour contester les élections n’ont pas abouti, on va revenir à un monde où la vie politique à la Maison Blanche, n’est plus un spectacle constant, et où tous les matins on ne se demande plus quelle nouvelle insulte va être proférée par le tweeter en chef

du lieu…

* * *

J’en reviens au psaume 103 qui est d’actualités que ce soit le lendemain de Thanksgiving ( black Friday…qui est devenu populaire en France si j’en crois les journaux) ou un tout autre jour…

Que tout mon être loue l’Éternel,
sans oublier aucun de ses bienfaits.

Tous ses bienfaits… et il y en a beaucoup !

La liste, en tout cas pour moi est longue tellement longue que quelquefois je me demande pourquoi, quand je pense à un tel ou à une telle …quand je continue à recevoir des intentions de prières pour des gens dont la situation est tellement difficile et douloureuse, et il semble que ce soit une catastrophe après une autre…

Je me demande pourquoi moi et pas les autres…

Remercier Dieu pour tous ses bienfaits, c’est tellement facile et naturel quand tout va bien…

Mais aussi ça me fait me sentir coupable, quand je me mets à penser que je ne mérite pas de recevoir tous ces bienfaits que les autres n’ont pas…

(Penser qu’on ne mérite pas ce que l’on a n’est pas une mauvais chose en soi, plutôt que de dire que l’on a tout mérité, tellement on a travaillé, tellement on s’est sacrifié, tellement… tellement…)

Le problème, par contre c’est de ne pas recevoir les dons qui nous sont offerts parce-qu’on se laisse envahir par une culpabilité stérile, celle ne pas avoir droit au bonheur, ou une mentalité mater dolorosa, qui est de penser que si l’on ne souffre pas on n’est pas un ou une bonne chrétienne…

Le salut par la souffrance (tendance catholique) le salut par le travail (tendance protestante) : les deux sont faux…

Mais quelque fois aussi, l’obstacle à surmonter vient d’autre part : on pense aux bienfaits que l’on n’a pas et qu’on aimerait avoir….

Tout ce que l’on a souhaité ( ou même demandé en prière) et qui ne s’est pas réalisé, et que les autres semblent-ils ont reçu et pas nous…Et à ce moment là ce n’est plus la culpabilité mais l’amertume qui nous envahit, un sentiment d’injustice envers soi et sa famille et la question devient alors,

Pourquoi pas moi et pourquoi les autres ?

* * *

Que tout mon être loue l’Éternel,
sans oublier aucun de ses bienfaits.

Pour l’heure c’est le moment de la gratitude….

De prendre le temps de les égrener, un par un,

tous ses bienfaits

Et laisser de côté tout ce qui viendrait le parasiter,

la culpabilité autant que l’amertume,

Pour se laisser envelopper tout entier

par la reconnaissance!

Pas si facile que ça de le faire…

Mais tellement nécessaire

Que tout mon être loue l’Éternel,
sans oublier aucun de ses bienfaits.