C’est la pagaille!

Le 11 janvier 2021, la Virginie

J’ai commencé cette semaine qui risque d’être fort agitée, par une méditation, histoire de poser les pieds sur la terre ferme avant de faire face à ce chaos médiatique et politique à ma porte…

D’un côté

Que tout mon être loue l’Eternel,

sans oublier aucun de ses bienfaits.

On oublie, on oublie tellement vite,

Petits et grands bienfaits

Les rayons de soleil inattendus un jour de pluie, le calme soudain au milieu de la tempête, le bouton d’une fleur qui perce la neige, un jour de grand froid

le moment de répit au milieu de la nuit,

le sourire aimable, un jour maussade

Et les grands,

Les vrais miracles

Ceux qui nous ont littéralement sauvés quand on était au bord du précipice,

Ceux qu’on ne peut expliquer par des circonstances fortuites

Ceux pour lesquels on a dit merci promettant de ne jamais oublier

Mais que l’on oublie quand même…

Et de l’autre côté…  juste devant ma porte

Réseaux sociaux muselés…

On vit un véritable tsunami dont on ne sait qui sortira indemne… c’est un tourbillon de dépêches, d’articles d’interview, de menaces, d’expression de colère et d’indignation, de prédictions sur les retombées possibles de la prise d’assaut du Capitole avec des noms d’hommes politiques qui voltigent dans tous les sens…

Ce qui est inquiétant, c’est qu’il y a encore des menaces dans l’air envers le vice-président qui avait jusque là était le soutien indéfectible du président mais qui finalement a fait son devoir le jour de la certification du vote : pendez-le disent certains sur les réseaux sociaux, pour haute trahison…

Ce qui est passionnant c’est de voir que finalement les réseaux sociaux reconnaissent leur responsabilité dans la diffusion des appels à la violence et à la propagation de fausses rumeurs…et tout à coup par décision de ce secteur privé si puissant, le Président et ses acolytes sont privés de leur moyen de communication préféré !

C’est d’autant plus intéressant que le Président a toujours la possibilité de s’adresser directement à ses concitoyens par les méthodes traditionnelles de communication : il peut faire des déclarations à la radio, à la télévision, il peut faire une conférence de presse, personne ne peut l’empêcher de parler, personne ne peut le censurer ni lui enlever son droit de parole….

Ce n’est pas par un arrêté de la cour de Justice, ni du parlement ni de quelque autre autorité politique ou institutionnelle que ce soit mais par la décision du secteur privé des grands patrons des réseaux sociaux.. ces fameux médias que le Président passait son temps à dénigrer mais sans lesquels il ne pouvait exister, ironie suprême…et donc tout Président qu’il soit, il ne les contrôle pas même s’il va essayer de les poursuivre en justice…Sa dépendance était totale…

Pourquoi ont-ils décidé de lui couper le sifflet ? Par sens civique ? pour prévenir des actes de violence par un sursaut de patriotisme et de souci du bien-être social, après avoir accepté au nom de la liberté d’expression de se faire les porte parole, mais surtout les amplificateurs de tous les appels extrémistes possibles inimaginables ?

Ou est-ce parce que les vents ont tourné et que c’est maintenant l’opposition d’hier qui se retrouve au pouvoir et qu’ils veulent ménager les nouveaux patrons du pays ? Leur chiffres d’affaires après tout se comptent en billions sinon en trillions….

Je ne peux qu’imaginer les calculs des hommes et des femmes politiques pour savoir ce qui est le mieux pour leur carrière : continuer à insister qu’il y a eu des fraudes, ou dénoncer le président ou encore plus facile, se taire….On aimerait penser que leurs décision sera dicté par leur conscience et leur intégrité…mais il ne faut pas rêver…

Et les chrétiens pro-Trump ?

Finalement ces fameux chrétiens, évangéliques blancs comment se positionnent-ils, ceux qui ont dit de voter pour Trump sinon ce serait l’apocalypse…

Dimanche, le sermon dans cette petite communauté qui se réunit chacun dans sa voiture m’en a appris long…

N’ayez pas peur était le thème, car effectivement, ceux qui croyaient en la fraude massive dénoncée par Trump et ses acolytes et relayée par ses chrétiens qui avaient tellement prié pour qu’il soit réélu et qui avaient eu des visions qu’il le serait, la défaite n’était pas possible…ils continuaient à croire qu’il y aurait un miracle pour retourner la situation et que le miracle se passerait le 6 janvier mais en guise de miracle, on a eu une émeute….

Alors maintenant que ce gouvernement du mal de l’anti-Christ va prendre le pouvoir, ils ont peur….

Et il fallait les rassurer et leur rappeler que notre foi n’est pas en un président ni un gouvernement ni un pays mais en Jésus-Christ ( tiens, tiens, ils l’avaenit oublié)

J’ai quand même remarqué que personne ne portait plus de casquette ni de masque qui dise Trump 2020 ou qui ait l’emblème du drapeau des sudistes …et je dois avouer que c’était rassurant finalement de voir que, eux qui a priori ont toujours été très sceptiques envers les pouvoirs politiques étaient redevenus eux-mêmes et avaient laissé de coté l’hystérie de la campagne électorale.

Peut-être que le pasteur étant en contact par la radio avec ces programmes chrétiens… qui ont soutenu à fond l’administration Trump était plus inquiet que les autres. Et surtout le fait que le vice-président qui pour eux était le chrétien par excellence celui qui donnait son sceau de validité à un président dépravé ne se soit pas opposé ( il ne le pouvait pas) à la certification du vote… a ajouté à la confusion et au désarroi de cette base évangélique convaincue de son bon droit…

* * *

Bref, c’est quand même passionnant ce que l’on vit… on a l’impression qu’il se passe quelque chose toutes les heures…..! Heureusement malgré tout que j’ai commencé la journée par une méditation pour ne pas m’enliser dans le sable mouvant de l’actualité, je peux toujours y retourner…

Que tout mon être loue l’Eternel,

sans oublier aucun de ses bienfaits.

P.S : Autre remarque  qui révèle le rôle de l’argent et du monde du business dans les élections : un grand nombre de sociétés de grand prestige ont fait savoir qu’elles ne contribueraient plus financièrement à l’élection de sénateurs et de députés qui se sont opposés à la certification du vote électoral ; le pouvoir de l’argent…c’est fou quand on y pense !

(« Big companies pause their political contributions » article du New York Times de ce jour »)

le 6/1/21,Une date historique?

Le 6 janvier 2021, la Virginie, USA

Ça restera dans les annales de l’histoire américaine…,pas la prise de la Bastille mais la prise du Capitole par un groupe de partisans de Trump qui continuent à croire parce que lui il ne cesse de le répéter qu’il n’a pas perdu les élections…et qui ont voulu empêcher que Biden soit reconnu officiellement comme le vainqueur de l’élection…

(personnellement parlant, je ne suis pas du tout étonnée de cette manifestation violente, surtout quand c’est le président lui-même qui leur a demandé de se diriger vers le Capitole pour contester les résultats du vote et que ça faisait des semaines que sur son compte tweeter, il insultait tous ceux qui disaient qu’il avait perdu ! Mauvais perdant, c’est vraiment le cas de le dire, mais à ce point…finalement son compte tweeter a été fermé! C’est la pire chose que l’on puisse lui faire….à l’heure qu’il est, il doit enrager! )

Mais quand je vois le 6 janvier, je pense à l’épiphanie, la galette des rois…il y a bien autre chose que ce spectacle désolant dans les couloirs du Capitole, pourtant je l’avoue, je suis fascinée…je ne peux pas m’empêcher de rester connecter pour savoir comment tout va terminer… même si on le sait d’avance… C’est quand même historique ce que l’on vit.

C’est historique aussi qu’un pasteur de l’ ancienne église de Martin Luther King ait été le premier noir de l’Etat de Georgie à être élu sénateur….traité de communiste par son adversaire…elle soutenue par ces fameux évangéliques blancs, une femme richissime qui défend les valeurs de….quelles valeurs?  Je sais que ça a dû prier des deux côtés pour la victoire de leur candidat respectif,

(Serait-il possible que Dieu ne soit pas toujours du côté des riches et des bien pensants?)

Pourtant, alors que je continue à regarder et écouter les discours que les sénateurs et les députés font les uns après les autres pendant cette séance de certification de l’élection, je ne peux m’empêcher de penser combien ils adorent s’écouter parler, combien ils se donnent de l’importance et très vite, je me lasse et j’éteins le son….

Après tout c’est le 6 janvier… alors ça y est, j’ai décidé, comme il n’y a pas de boulangerie, c’est promis, je me ferai une galette des rois !

Le cri du coeur!

5/7 janvier 2021,la Virginie

On a commencé une nouvelle année…mais je n’ai toujours pas terminé l’étude de cet évangile…j’espère que j’y viendrai à bout cette année

Toujours pas me fait penser aux actualités…la pandémie n’est toujours pas finie, en réalité elle fait rage…

Toujours pas…le Président sortant n’a toujours pas accepté sa défaite…et continue à inciter les gens de la rue à la rébellion…on continue dans le jamais vu…le 20 janvier tout devrait rentrer dans l’ordre mais maintenant on se demande si c’est possible

Écrit le 5…entre temps, il y a eu le 6 et le 6 il y a eu cette scène incroyable de la prise d’assaut du Capitole, à Washington…qui l’eût cru ou plutôt ne l’eût pas cru possible ! Enfin!

Marc 9 : 14-30

Lorsqu’ils furent arrivés près des disciples, ils virent autour d’eux une grande foule, et des scribes qui discutaient avec eux.

Dès que la foule vit Jésus, elle fut surprise, et accourut pour le saluer.

Il leur demanda: Sur quoi discutez-vous avec eux?

Et un homme de la foule lui répondit: Maître, j’ai amené auprès de toi mon fils, qui est possédé d’un esprit muet.

En quelque lieu qu’il le saisisse, il le jette par terre; l’enfant écume, grince des dents, et devient tout raide. J’ai prié tes disciples de chasser l’esprit, et ils n’ont pas pu.

Race incrédule, leur dit Jésus, jusques à quand serai-je avec vous? jusques à quand vous supporterai-je? Amenez-le-moi. On le lui amena.

Et aussitôt que l’enfant vit Jésus, l’esprit l’agita avec violence; il tomba par terre, et se roulait en écumant.

Jésus demanda au père: Combien y a-t-il de temps que cela lui arrive? Depuis son enfance, répondit-il.

Et souvent l’esprit l’a jeté dans le feu et dans l’eau pour le faire périr. Mais, si tu peux quelque chose, viens à notre secours, aie compassion de nous.

Jésus lui dit: Si tu peux!… Tout est possible à celui qui croit.

Aussitôt le père de l’enfant s’écria: Je crois! viens au secours de mon incrédulité!

Jésus, voyant accourir la foule, menaça l’esprit impur, et lui dit: Esprit muet et sourd, je te l’ordonne, sors de cet enfant, et n’y rentre plus.

Et il sortit, en poussant des cris, et en l’agitant avec une grande violence. L’enfant devint comme mort, de sorte que plusieurs disaient qu’il était mort.

Mais Jésus, l’ayant pris par la main, le fit lever. Et il se tint debout.

Quand Jésus fut entré dans la maison, ses disciples lui demandèrent en particulier: Pourquoi n’avons-nous pu chasser cet esprit?

Il leur dit: Cette espèce-là ne peut sortir que par la prière.

Ils partirent de là, et traversèrent la Galilée. Jésus ne voulait pas qu’on le sût.

L’autre Jésus

Après l’épisode de la transfiguration, espèce d’interlude dans le récit, on retrouve une autre histoire de démon et celle-là plus longue et plus détaillée que d’autres… où ce n’est pas un dialogue avec les démons que Jésus entame, mais avec le père de l’enfant affligé lui posant des questions comme pour faire un diagnostique. Moi qui ne suis pourtant pas médecin, je dois avouer que la description du comportement de cet enfant, me fait vraiment penser à une crise d’épilepsie…surtout quand le problème est depuis l’enfance.

(même si selon le texte, c’est bien d’une expulsion de démons dont il s’agit et pas d’une guérison. Je dois mentionner que les articles que j’ai lus sur ce passage, considèrent que cet épisode vient de la « tradition »soit d’une strate ancienne qui pourrait remonter à Jésus même si la rédaction elle-même a la marque du style rédactionnel de Marc. Bref…)

Si on retrouve une scène qui nous est familière, on retrouve aussi le Jésus énervé quand on lui explique que ses disciples n’ont pas pu chasser le démon en question :

Race incrédule, leur dit Jésus, jusques à quand serai-je avec vous? jusques à quand vous supporterai-je? Amenez-le-moi. On le lui amena.

Une fois de plus, la réaction de Jésus me gêne, et me semble dure alors qu’elle n’a pas l’air de poser problème à Marc qui la rapporte et qui suppose que ses auditeurs n’y verront rien de condamnable. Pour autant, il n’est pas clair de savoir si la saute d’humeur de Jésus s’adresse aux scribes avec lesquels ils discutaient au début de l’épisode rapporté plutôt qu’aux disciples… Si c’est envers les scribes, c’est plus compréhensible mais envers les disciples, ça l’est un peu moins

En tout cas après l’apothéose de la transfiguration, c’est un retour sur terre un peu brusque.

Autorité et expulsion des démons

L’incapacité des disciples ( on ne sait pas lesquels, mais c’est bien un pluriel qui est utilisé et donne l’idée qu’ils s’y sont pris à plusieurs) nous renvoie au moment où Jésus les investit de leur mission et leur donne particulièrement l’autorité de chasser les démons ce qui quand je l’avais lu m’avait semblé généreux de sa part : partager ce genre de pouvoir n’est pas anodin. Pour rappel (chapitre 6)

Alors il appela les douze, et il commença à les envoyer deux à deux, en leur donnant pouvoir sur les esprits impurs.

On aura un peu plus loin dans ce même chapitre un compte rendu de leur succès quand ils reviendront de mission mais ici on a un échec et ce n’est qu’à la fin de l’épisode que Jésus expliquera la raison de leur échec et le diagnostique sera : manque de prière…Il semble évident, en tout cas que les disciples n’ont pas le même niveau d’autorité que Jésus (ce qui n’est pas étonnant, après tout il est le maître et ils ne sont que des disciples) ce ne sera que plus tard, juste avant sa mort dans l’évangile de Jean que l’on trouvera un Jésus qui leur assurera qu’après sa mort, non seulement ils auront un pouvoir égal au sien mais même supérieur !

En vérité, en vérité je vous le dis celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m’en vais au Père; et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Si vous demandez quelque chose en mon nom, je le ferai.

Mais ça. c’est une autre histoire…

Le cri du cœur !

On a aussi dans cet épisode l’échange précieux avec le père de l’enfant qui certainement déçu par l’échec des disciples se demande si Jésus pourra vraiment délivrer son fils et grâce à cet échange on a cette prière supplique, cri du cœur du père, tellement réconfortante car elle est si souvent la nôtre :

Je crois! viens au secours de mon incrédulité!

Ce cri du cœur est d’autant plus émouvant (pour moi) que la demande est faite par un parent pour un enfant et combien de fois, n’avons-nous pas demandé de l’aide à Dieu pour un enfant, qui se trouvait dans une situation désespérée, incapable qu’il était de faire la demande lui-même.

Évidemment, le compte rendu de cette délivrance avec sa description du corps contorsionné de l’enfant est assez impressionnante mais aussi caractéristique des phénomènes qui accompagnent une délivrance… Il est cependant important de remarquer une fois de plus, qu’il n’y a pas de violence du tout exercée par Jésus sur le corps de l’enfant pour le restreindre, seulement la force libératrice des paroles prononcées qui permettent que la force destructrice qui l’habitait soit obligée de le lâcher. Peut-être plus important encore, est quand Jésus leur explique par la suite que ce n’est pas en redoublant de cris qu’une expulsion peut se faire, mais en redoublant de prière !

Quand Jésus fut entré dans la maison, ses disciples lui demandèrent en particulier: Pourquoi n’avons-nous pu chasser cet esprit?

Il leur dit: Cette espèce-là ne peut sortir que par la prière.

* * *

Tout au long de cet évangile, on voit ce fil conducteur qui est celui d’un Jésus qui a le souci de former des disciples dès le moment où il les choisit : une vraie école de discipulat où enseignements théoriques se mêlent aux travaux pratiques avec évaluation du travail accompli et exclusivité de certaines explications, mais aussi où Jésus sait défendre ses disciples quand ils sont critiqués par leurs adversaires communs, les scribes et les pharisiens. Il n’hésite pas pour autant à les interpeller ou les réprimander quand leurs réactions ou leurs paroles ne cadrent pas avec la mission qu’il leur a confié.

Pourtant de ce passage, je garderai surtout le souvenir de ce père découragé qui cherche de l’aide pour son enfant en souffrance et qui veut croire au pouvoir de Jésus mais n’y arrive pas.

Viens au secours de mon incrédulité!

Et c’est suffisant pour que l’enfant soit libéré…

Recommencer

1 janvier 2021, Virginie

Recommencer,

C’est ça que j’aime dans l’idée du nouvel An…on met un point final ou plutôt, on efface et on recommence. Une nouvelle opportunité qui nous est donnée de faire mieux, de prendre un nouveau départ.

En Colombie on habille un homme de paille, bourré de pétards auquel on met le feu à minuit, et on regarde partir en fumée le vieil homme qu’est l’année écoulée.

(je reçois des photos de là bas pendant toute la soirée)

On chante, on rit, on danse, on s’embrasse, on trinque,  les cieux s’illuminent de milliers de feux d’artifice….

Bon débarras 2020, on ne te regrettera pas!

On en a tellement besoin de ces moments festifs et collectifs d’espoir partagé d’un monde à venir meilleur surtout après une année aussi lugubre que cette année 2020…

Recommencer, quelle chance ! Espérer, quelle joie ! Se défaire du passé, quelle délivrance !

Thèmes tellement bibliques, tellement constants tout au long de ses pages

On efface tout et on recommence nous dit Dieu chaque fois que l’on tombe…

Venez et plaidons! dit l’Eternel. Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige; S’ils sont rouges comme la pourpre, ils deviendront comme la laine.

Ou encore

Autant l’Orient est loin de l’Occident, autant il éloigne de nous nos mauvaises actions.

Et, comme un père est plein d’amour pour ses enfants, l’Eternel est rempli d’amour pour ceux qui le révèrent:

Mais le top du top, la promesse totale :

Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles.

Bonne année 2021 !

Joyeux Noël!

Conte de Noël par Miguel Lalor

Le 23/24 décembre, 2020

Hier soir, j’ai vu l’étoile de Noël !

Le ciel était clair et en fait les deux planètes, comme elles n’étaient plus complètement alignées pouvaient se distinguer l’une à côté de l’autre…

J’imagine bien comment des observateurs du ciel ( je ne crois pas qu’à l’époque, on faisait de distinction entre astronome et astrologue) pourraient remarquer cet alignement fortuit de ces planètes dans ces constellations que l’on peut admirer si on prend le temps de les regarder.. .L’observation du ciel, la nuit est une source constante d’émerveillement pour celui qui regarde vers le haut et vit la tête dans les nuages … et en ce soir de Noël, finalement l’histoire des rois mages n’est pas si improbable que ça.

Pas plus ou pas moins improbable que cette histoire, d’un homme fatigué qui guide l’âne sur lequel est monté sa femme enceinte, d’un aubergiste agacé qui affiche complet, d’une étable où finit par naître l’enfant, d’anges qui apparaissent à des bergers, avec une musique céleste pour accompagner le tout…

Après tant de siècles, on ne se lasse pas de la raconter, ni de la revivre ou encore de la ré-imaginer sous les cieux du monde entier et dans toutes les langues.

La voilà racontée et dessinée pour petits et grands, remise à l’ordre du jour par le talent de cet ami brésilien, parisien d’adoption.

En quel Jésus croyez-vous?

Marc 9 ; 11-13

18 décembre, 2020

Interlude…

( la neige qui est tombée hier était un interlude bienvenu dans notre quotidien)

Après un épisode comme la Transfiguration, on a envie de faire une pause avant de passer à la suite et on se demande comment cet événement va impacter le récit…comment va-t-il changer le regard que l’on porte sur Jésus ou que ces trois disciples présents à ce moment là vont porter sur lui…

Est-ce que tout va vraiment basculer ?

* * *

En tout cas, je suis contente d’avoir choisi d’étudier cet évangile pour essayer de revoir la question toujours d’actualité pour moi, de qui est Jésus. Dans son récit, l’auteur de cet évangile est vraiment discret. .il y a peu de passages où l’on puisse détecter sa voix, peu d’intrusions d’auteur même si on s’ingénie à découvrir sa méthodologie et aussi sa théologie … et c’est ce manque d’interférence, cette pauvreté de commentaires et d’explications, laissant au lecteur la liberté d’interpréter ce qui lui est raconté qui le rend si intéressant. Un article que j’ai lu (venant de l’Afrique du Sud) disait que le Jésus de Marc était post-moderne dans sa conception car justement l’identité de Jésus n’y était que suggérée mais bien sûr, j’ai envie de dire qu’il est surtout pré-moderne, pré-siècle des lumières, pré moyenâgeux, pré-scolastique et pré-thomiste….et pré-concile de Trente…

Je m’étonne en lisant les nombreux articles qui sont écrits sur cet évangile à quel point la question de la divinité de Jésus occupe une place importante dans ces discussions et le besoin qu’ont les critiques de se positionner par rapport à cette affirmation et ce qu’elle signifie : on sent dans chaque étude qu’il y a un enjeu et que les termes de la divinité ou de l’humanité de Jésus sont sous-jacents. Ils ne peuvent pas laisser le texte tranquille…ils n’ont pas envie de découvrir ou redécouvrir Jésus…

Mais je comprends aussi leur démarche, bien souvent en lisant le texte de Marc, j’ai envie d’en savoir plus, j’ai envie qu’on me mette des point sur les i, j’ai envie que l’on réponde à mon inquiétude particulière de savoir exactement ce que tel mot ou telle expression veut dire, que l’on donne des réponses bien carrées avec des limites bien définies pour satisfaire mon désir de cohérence qui peut-être n’est autre que celui de contrôler une vérité qui m’échappe…en l’enfermant dans des certitudes qui ne sont pas celles du coeur mais celles de l’intellect…

* * *

Dans les versets qui suivent, Jésus s’explique répondant à des questions de ses trois disciples qui ayant vu Élie à ses côtés se demandent quelle est vraiment son identité. C’est là où la connaissance du judaïsme de l’époque est indispensable…et où l’on voit l’utilité de la recherche scientifique pour comprendre la manière dont les prophéties sur le retour d’Élie que l’on trouve dans le livre de Malachie (ch 5) étaient interprétées. C’est là  aussi où l’on voit l’importance de ces fameux manuscrits découverts dans les caves du Qmran appartenant à une secte juive de l’ époque de Jésus…(s’ il n’y a pas de certitudes, il y a des éclairages sur une variété d’approches… en tout cas l’importance d’Élie à l’époque ne fait pas de doutes)

Les disciples lui firent cette question: Pourquoi les scribes disent-ils qu’il faut qu’Élie vienne premièrement?

Il leur répondit: Élie viendra premièrement, et rétablira toutes choses. Et pourquoi est-il écrit du Fils de l’homme qu’il doit souffrir beaucoup et être méprisé?

Mais je vous dis qu’Élie est venu, et qu’ils l’ont traité comme ils ont voulu, selon qu’il est écrit de lui.

Voilà les explications très succinctes données par Jésus et qui n’expliquent pas grand-chose…Il ne répond pas à la question du pourquoi de la souffrance et du mépris du Fils de l’homme et en ce qui concerne Élie, Jésus dit à la fois qu’il viendra et qu’il est venu…(L’interprétation de la tradition est que Jean Baptiste était l’Élie dont parlait les écritures) donnant à penser que peut-être que les paroles rapportées de Jésus sont tronquées…ou peut-être qu’il y a des questions pour lesquelles la réponse n’est pas nécessaire

En tout cas, après la vision lumineuse du Jésus transfiguré, on se retrouve dans la pénombre de la réalité où rien n’est clair… et au fur et à mesure qu’ils descendent de la montagne, les disciples essaient de donner un sens à ce qu’ils ont vu…mais pas facile…Jésus lui-même ne les aide pas.

Alors la Transfiguration est-elle un moment clef qui a fait basculer le récit, ou qui a fait basculer les disciples dans leur regard sur Jésus ?

Pour nous qui le lisons aujourd’hui, oui, pour les disciples qui étaient là, il ne semble pas…le texte indique plutôt que c’est l’annonce de la souffrance de Jésus qui fait problème…la Transfiguration n’a pas l’air de les secouer outre mesure, le Jésus glorieux paraît être presque dans l’ordre des choses mais celui qui va souffrir par contre, il est plus difficile à saisir…

Juxtaposition surprenante que ces deux Jésus si contrastés : on aimerait les réconcilier…

Au lieu de cela, le récit se poursuit… Jésus reprend son chemin et les disciples continuent à le suivre… jusques à quand est ce qu il faut se demander… jusques à quand pour nous aussi les lecteurs d’aujourd’hui… aussi interloqués que les auditeurs d’hier par ces deux Jésus en porte-à-faux.

Réjouissez-vous: tout arrive!

Le 15 décembre 2020,

En vrac…

On attend…

Une tempête de neige, nous est annoncée pour demain …Difficile à imaginer aujourd’hui même si tout à coup après des journées printanières ou automnales (comme on voudra les appeler) la température est descendue au-dessous de 0…

La première chute de neige, c’est toujours magique, surtout ici à la campagne…c’est une journée de vacances qui est littéralement un cadeau du ciel…surtout que l’on annonce la fermeture des écoles privées et des quelques écoles publiques qui avaient rouvert deux ou trois jours par semaine. Les enfants seront contents ( je les entend courir dans l’appartement au-dessus de chez moi) et les adultes aussi qui font du télétravail…par contre pour ceux qui travaillent sur les routes, c’est une autre histoire

Cette constance de la nature qui est mue par d’autres forces que les nôtres, c’est rassurant : on peut compter sur l’hiver qui vient avec sa froidure comme sur les lever et couchers de soleil qui arrivent toujours imperturbablement…

Finalement ça se calme ici, et le Président sortant commence à se retrouver isolé, bon courage au suivant qui hérite d’un pays en crise…moi, je n’aimerais pas être présidente …mais personne ne me l’a demandé non plus…en tout cas, je ne me sens plus obligée d’être accroché aux dernières nouvelles, dans la peur pendant toute cette période troublée et incertaine que tout un pays bascule dans un régime autocratique à la merci d’un président dérangé et narcissique…Ouf, le danger est passé.

Elle m’a envoyé un SMS pour me dire qu’on venait de la vacciner du Covid-19 à l’hôpital dans lequel elle travaille : je m’en réjouis vraiment. Peut-être peut on entrevoir la lumière au bout du tunnel maintenant qu’on a passé la barre des 300 000 morts…

.

Dimanche c’était le troisième dimanche de l’Avent sous le signe de la joie : Gaudete…J’ai mis la crèche sur la cheminée

Réjouissez-vous !

Parce-que le vaccin est arrivé,

Parce-que les tweets venimeux du locataire de la Maison blanche vont bientôt cesser,

Parce-qu’il va neiger demain, et que j’ai plein de bois pour me chauffer

Et pourquoi pas

Parce-que c’est bientôt Noël !

Transfiguration et Théophanie

Marc 9: 5-10

11 décembre, 2020

L’actualité continue à battre son plein en dehors des pages écornées de l’évangile de Mark…ici, une autre tentative plus incroyable que toutes les autres pour essayer de renverser les résultats de l’élection présidentielle… le nombre de morts du coronavirus qui atteint des pics jamais vus, et en Éthiopie, toute une région qui est coupée du monde par les armées et où les réfugiés de la région qui envahissent les camps au Soudan racontent l’horreur…en France, c’est un peu moins turbulent mais demain samedi s’annonce chaud… à Hong Kong, un des défenseurs de la liberté vient d’être condamné … .et je ne doute pas qu’il y ait beaucoup d’autres lieux sur notre planète qui ne soient pas réjouissants…mais je ne mentionne que ceux que je connais…ou desquels je me sens proche…

Que se passait-il dans cette Palestine de Jésus que nous raconte l’évangile de Marc ? Que se passait-il autour de Marc quand il écrivait son évangile ? On nous dit que la destruction de Jérusalem était en cours ou venait juste d’arriver et que deux des disciples présents au moment de la transfiguration avaient déjà été exécutés.

La roue tourne et continue à tourner…

Et au milieu de tout cela, on a la transfiguration…un moment extraordinaire où la terre et les cieux se rencontrent ou plutôt, la puissance et la gloire de Dieu se manifestent dans notre monde de chair et de sang, ancré dans la réalité du temps et de l’espace.. un moment privilégié où il est donné à nous simples mortels de voir l’Au-delà…

Les orthodoxes ont un beau mot pour le décrire Théophanie…

Ces moments-là ils ont existé avant cet épisode de Jésus dans la Palestine d’il y a deux mille ans et ils continuent à exister après… Ce qui me vient à l’esprit est la vision d’Isaïe quand Dieu l’appelle à devenir prophète, une vision datée, écrite pour être sûr de ne pas l’oublier car après coup, on met en doute si ce que l’on a vu était bien réel ou le fruit de notre imagination :

L’année de la mort du roi Ozias, j’ai vu le Seigneur assis sur un trône très élevé; le bord inférieur de son vêtement remplissait le temple.

Des séraphins se tenaient au-dessus de lui. Ils avaient chacun six ailes: deux dont ils se couvraient le visage, deux dont ils se couvraient les pieds et deux dont ils se servaient pour voler.

Ils se criaient l’un à l’autre: «*Saint, saint, saint est l’Éternel, le maître de l’univers! Sa gloire remplit toute la terre!»[. . .]

Alors j’ai dit: «Malheur à moi! Je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures, j’habite au milieu d’un peuple aux lèvres impures et mes yeux ont vu le roi, l’Éternel, le maître de l’univers!»

La réaction de peur du prophète devant ce spectacle, ressemble à celle de Pierre, notre Némésis, qui nous permet de nous insérer dans le récit et le rendre réel, tellement il nous ressemble. On nous dit que lui et les disciples étaient effrayés…et que comme notre Pierre était effrayé et déconcerté, il s’est mis à parler (d’autres sont silencieux mais pas lui) comme s’il voulait crever la bulle dans laquelle ils se trouvaient ou s’assurer qu’il existait vraiment …dans ce monde irréel et inimaginé, indéchiffrable où passé et présent se rencontraient, où la barrière entre les vivants et les morts était effacée:

Pierre, prenant la parole, dit à Jésus: Rabbi, il est bon que nous soyons ici; dressons trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie.

Car il ne savait que dire, l’effroi les ayant saisis.

(j’aime ce « il ne savait que dire »mais pourtant il ne s’en est pas privé…il n’avait certainement pas sa langue dans sa poche)

Après l’annonce de la mort et de la passion de Jésus, et que ses disciples subiraient le même sort, Pierre tout naturellement suggère qu’ils en restent là, qu’ils s’installent dans cette bulle protectrice, hors du temps et de l’espace…pourquoi redescendre et affronter cet avenir périlleux?

Mais la vision n’est pas finie, il y a un message de plus à donner, un message auditif et visuel où la voix qui vient du ciel réaffirme l’identité de Jésus :

Une nuée vint les couvrir, et de la nuée sortit une voix: Celui-ci est mon Fils bien-aimé: écoutez-le!

Aussitôt les disciples regardèrent tout autour, et ils ne virent que Jésus seul avec eux.

Le récit est étonnement descriptif , sans commentaire sur ce dont ils font l’expérience ni sur la signification du titre « mon Fils bien aimé » (sur laquelle les théologiens continuent à se chamailler) et prend note du fait qu’ils regardent autour d’eux, un réflexe naturel pour savoir qui a prononcé ces mots.. mais la vision s’est dissipée et ils se retrouvent seuls, comme ils étaient avant, tous les 4…l’expérience de Théophanie est terminée soudainement, comme elle avait commencé.

Comme ils descendaient de la montagne, Jésus leur recommanda de ne dire à personne ce qu’ils avaient vu, jusqu’à ce que le Fils de l’homme fût ressuscité des morts.

Ils retinrent cette parole, se demandant entre eux ce que c’est que ressusciter des morts.

La recommandation de Jésus semble aussi naturelle, l’auteur nous a décrit un Jésus qui fuyait le sensationnalisme mais avec pourtant la permission d’en parler plus tard, en justifiant le récit : l’évangile ne fait pas dans l’ésotérisme, ce n’est pas une gnose pour un groupe d’initiés qui auraient seuls accès à ce Jésus glorieux, il y a aura un moment où cet épisode devra être raconté, après la résurrection des morts et de nouveau on a la réaction à chaud des disciples qui ne savent pas ce que ça veut dire…

* * *

Beaucoup, dans les siècles qui suivront feront l’expérience d’une Théophanie (on dirait plutôt de Christophanie car il s’agit de Jésus ici) de manière plus ou moins intense selon les cas. On connaît le témoignage de l’apôtre Paul dont la conversion est le résultat d’une de ses rencontres, lui qui n’avait pas eu le privilège de connaître Jésus en personne comme les autres disciples et qui connaîtra d’autres expériences de ce genre où il parle de lui-même à la troisième personne tant l’expérience est singulière : « Je connais un homme en Christ, qui fut, il y a quatorze ans, ravi jusqu’au troisième ciel si ce fut dans son corps je ne sais, si ce fut hors de son corps je ne sais, Dieu le sait […]. fut enlevé dans le paradis, et qu’il entendit des paroles ineffables qu’il n’est pas permis à un homme d’exprimer.… »

En réalité, pour la plupart de ceux qui suivent Jésus, il existe ces moments où Sa présence est une réalité palpable, évidente…que ce soit dans la contemplation de la nature, ou à un moment de prière ou encore pendant la lecture des écritures et pour d’autres encore dans des circonstances totalement inattendues. pour lesquels ce sera une occasion de conversion comme Paul sur le chemin de Damas. Expérience indescriptible et qui peut bouleverser toute une vie, elle est évoquée par celui qui est artiste, après coup, par une composition musicale, un poème ou une peinture…

Ces moments là sont précieux et sont une grâce reçue qui nous accompagnent dans les moments difficiles de doute et de souffrance comme ils accompagneront les disciples au moment où Jésus sera fait prisonnier et exécuté ? (Pas suffisamment en tout cas parce-que Pierre le reniera quand même trois fois…) Une grâce reçue, et je dis biens une grâce, non le résultat d’une recherche mystique, d’une stratégie bien mise au point de méditation transcendantale en vue de…. vivre une expérience particulière. Le choix ne vient pas d’eux, c’est Jésus qui le fait.


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Comme on n’est plus au siècle des lumières, finalement l’épisode de la transfiguration n’est plus aussi choquant qu’il a pu l’être ou peut l’être encore pour les rationalistes à outrance et les athéistes convaincus. Le mysticisme et l’ésotérisme n’ont plus mauvaise presse..Les extases des moines tibétains ont fait recette et tout cet attrait pour la méditation orientale où des techniques poussées permettent au méditant d’entrer dans des transes qui engendrent des phénomènes para-normaux comme la lévitation ou la luminescence du corps, redonne à cet épisode un fond de crédibilité . (Ce qui est dommage c’est que peu savent que dans la tradition chrétienne, une méditation intense avait été pratiquée sous d’autres noms par des saints chrétiens, surtout dans les traditions orthodoxes mais que la pratique est tombée dans la désuétude)

Installer trois tentes en haut de la montagne, et rester contempler la grandeur et la gloire du Fils, loin du tumulte des conflits, loin des luttes et des souffrances, quel beau programme ! On a envie d’y rester un peu plus longtemps mais Jésus, nous enjoint après cette grâce concédée de redescendre…

Ne désespérons pas, le temps viendra…

P.S 1 je ne peux m’empêcher non plus de noter comment cette idée de transformation d’un être humain en un être surnaturel, nous est devenue familière… Les séries télévisions et les BD de super héros en sont pleines, les mangas surtout regorgent de ces personnages qui avaient l’air ordinaire mais qui tout à coup se transforment soit en monstres menaçants soit en êtres lumineux aux pouvoirs extraordinaires…

P,S 2. Après avoir lu plusieurs articles sur ce passage dans des revues bibliques, j’ai appris que certains considéraient possible de comprendre que la transfiguration était l’accomplissement de la prophétie de Jésus…au début du chapitre « Il leur dit encore: Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu’ils n’aient vu le royaume de Dieu venir avec puissance »

Transfiguration:un événement énigmatique

Marc 8: 38; 9:1-4

Le 9 décembre 2020, la Virginie

On s’avance à grands pas vers Noël, par contre avec Marc, on s’avance vers autre chose….

Le récit de Mark a vraiment basculé, plus ça va et plus ça bascule. Le texte a pris un tournant inattendu…avec la découverte de l’identité de Jésus par Pierre, rectifiée par Jésus, l’annonce de sa mort, et l’appel de Jésus à un discipulat exigeant, et qui termine par une allusion au jugement dernier, quelque peu énigmatique :

Car quiconque aura honte de moi et de mes paroles au milieu de cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l’homme aura aussi honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père, avec les saints anges.

Et le chapitre 9 continue dans la même veine … :

 Il leur dit encore: Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu’ils n’aient vu le royaume de Dieu venir avec puissance.

On sort du récit et des enseignements de Jésus tous ancrés dans le temps présent, quand juste après avoir parlé de souffrance, Jésus parle de gloire et de puissance…dans l’après

Mais de quel après s’agit-il ?

Surtout quand on sait que cet évangile a été écrit dans l’après du texte produit et que l’auteur avait donc bien entendu une compréhension de quel après, il s’agissait…un après déjà révolu puisqu’il spécifie que ceux qui sont présents verront « le Royaume de Dieu venir avec puissance » ? La résurrection ?  Ou un après non réalisé encore du texte rédigé et donné en lecture si c’est une image du jugement dernier, qui est évoquée …mais qui sait ?

( il y a beaucoup de discussions sur ces temps de l’après … sur ce que Jésus a voulu dire et aussi ce que les auditeurs/lecteurs ont compris. Pour ma part, je n’ai pas envie de m’appesantir sur cet aspect du texte.)

Transfiguration

En tout cas un texte qui se déclinait au présent jusqu’à maintenant, se projette tout à coup dans l’avenir…un avenir proche ou lointain…mais malgré tout ne nous prépare pas pour ce qui vient après quand on retourne dans le présent avec la formule de :

« six jours après » 

Six jours après, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et il les conduisit seuls à l’écart sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux;

ses vêtements devinrent resplendissants, et d’une telle blancheur qu’il n’est pas de foulon sur la terre qui puisse blanchir ainsi.

Élie et Moïse leur apparurent, s’entretenant avec Jésus.

Oui, le texte bascule vraiment, le texte et son récit : la seule introduction qui nous est donnée ce sont ces 6 jours, une indication précise temporelle. inhabituel pour Mark qui d’habitude fournit des précisions de location mais pas de temps. D’une certaine manière, on n’avait pas fait très attention quand Jésus avait dit que le fils de l’homme reviendrait dans la gloire… ou que le royaume viendrait avec puissance, avant de se retrouver devant cette scène déroutante…qui pourtant semble bien être une illustration de ce que Jésus vient de révéler…

Transfiguration, phénomène surnaturel, la scène est pourtant bien ancrée dans le réel : il ne s’agit pas d’un rêve, ni d’un moment particulier de la journée comme l’aube ou le crépuscule où l’on est entre chien et loup , entre lumière et obscurité, il y a une action délibérée de Jésus qui les conduit seuls à l’écart sur une haute montagne et en choisit seulement 3 dont on nous donne les noms montrant que le choix est bien délibéré et le nombre restreint est voulu. Mais rien qui ne nous donne des détails du déroulement des faits juste avant,  seule la remarque laconique « il fut transfiguré devant eux »

Six jours après, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et il les conduisit seuls à l’écart sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux;

Après cette introduction très succincte, par contre on a une description détaillée de la scène avec non seulement l’apparence lumineuse du corps de Jésus mais la présence de deux personnes du passé, Moise et Élie avec lesquels Jésus s’entretient comme si de rien n’était, comme si c’était la chose la plus naturelle du monde et pourtant on ne peut s’empêcher de penser que ce qui est décrit relève de la vision…une vision qui n’est pas présentée comme une vision, mais qui comme un mirage disparaîtra aussi vite qu’elle est venue à se demander si on n’a pas rêvé de l’avoir vu.

*   *   *

On ne peut pas passer à côté d’un texte comme celui-là sans prendre position pour le commenter ou même l’étudier…on doit décider à un moment donné si on y croit ou on n’y croit pas ou si en d’autres termes on croit qu’un tel événement se soit passé est dans le monde du possible ou si au contraire on en rejette d’emblée la possibilité.

Évidemment l’exégèse de ce texte, la question de son historicité en particulier, est obligatoirement influencée par cet a priori de départ ; un des critères utilisés dans la décision d’accepter la véracité du récit est celui qui consiste à dire que si ce n’est pas possible dans notre réel d’aujourd’hui ça ne l’était pas à ce moment là car allant à l’encontre des lois de la nature….bref c’est la même chose pour tous les miracles d’ailleurs.

( j’ai pu consulter de nombreux articles sur ce passage, profitant d’un accès gratuit, grâce à la pandémie, à de nombreux journaux d’études bibliques sur la question…Ce que j’en retiens, c’est que les chercheurs, ne pensent pas que le texte soit une invention de Marc mais qu’elle viendrait d’une tradition plus ancienne soit orale soit écrite que l’auteur a choisi d’inclure dans son évangile et qui apparaît ailleurs. À partir de là , certains vont estimer que c’est une invention de ses disciples mais qu’elle ne peut pas remonter à Jésus, d’autres par contre qu’il est possible de l’y faire remonter…mais derrière leurs argumentations et leurs discussions techniques et compliquées pour avancer leur opinion, il y a bien entendu cet a priori de départ, la possibilité ou l’impossibilité que l’événement se soit passé)

* * *

Pour l’instant ce qui me frappe au premier abord, c’est le caractère intime de l’expérience, le désir de Jésus de révéler à un petit cercle, sa vraie identité ne serait-ce qu’un moment…et surtout de leur dire, ne le dites à personne, c’est un secret…comme s’il regrettait de les avoir laissé voir sa gloire, son identité cachée de fils de Dieu…En fait j’y vois là un trait d’humanité de Jésus, dans le désir profond que l’on a d’être connu, et reconnu…de pouvoir montrer cette autre identité qui existe au cœur de soi-même et que l’on se doit pour une raison ou une autre, de garder cachée.

(Pour nous qui sommes de ceux qui sont allés vivre dans une nouvelle terre qui n’était pas celle de nos origines où l’on se retrouve des étrangers…il y a ce désir de faire connaître auprès de ceux qui deviennent proches, le lieu d’où l’on vient et qui on était là-bas…plus particulièrement ceux qui avaient un statut social privilégié et qui comme une de mes étudiantes, arrivée ici de l’Afghanistan doit maintenant travailler à l’usine…De temps en temps pouvoir mettre ses habits de fête, ou nous les montrer… comme elle l’a fait via zoom à la fin du cours, lundi dernier est une vraie joie…alors oui, Jésus c’était aussi un étranger qui venait d’autre part)

La deuxième chose qui me frappe dans ce texte, c’est l’absence de commentaire théologique de l’auteur (évidemment depuis lors les théologiens des siècles à venir s’en donneront à cœur joie et rattraperont largement cette omission). Il ne nous dit pas ce que cet événement veut dire, il ne nous fait pas de commentaire sur l’identité de Jésus, (c’est la voix que l’on entend et que l’on avait déjà entendue au début de l’évangile au moment de son baptême où il est désigné comme le fils du Père qui le révèle dans la suite du texte) En guise de commentaire, c’est la réaction des disciples qui nous sera donnée : frayeur d’abord, désir de s’installer ensuite. C’est une sorte de minimalisme théologique qui caractérise cet évangile, un minimalisme qui révèle, suggère mais ne se dit pas…

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Un épisode qu’on n’attendait pas, une vision qui n’en est pas une, comme un rêve éveillé, raconté en détail mais avec sobriété, dans cette scène on découvre un autre Jésus , un Jésus qui n’est plus ce charpentier devenu rabbin itinérant, qui s’écharpe avec les pharisiens, qui mange et vit avec les disciples mais cet autre être qui leur échappe complètement et devant lequel ils sont totalement déconcertés…

Comme nous aussi d’ailleurs…

(à suivre..le passage est tellement riche, que cette petite réflexion de rien du tout ne saurait suffire.)

Viens, reviens Prince de la Paix

dimanche 6 décembre 2020, deuxième dimanche de l’Avent

Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi.

Tu as prodigué la joie, tu as fait grandir l’allégresse : ils se réjouissent devant toi, comme on se réjouit de la moisson, comme on exulte au partage du butin.

Car le joug qui pesait sur lui, la barre qui meurtrissait son épaule, le bâton du tyran, tu les as brisés comme au jour de Madiane.

Et les bottes qui frappaient le sol, et les manteaux couverts de sang, les voilà tous brûlés : le feu les a dévorés.

Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! Sur son épaule est le signe du pouvoir ; son nom est proclamé : « Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix ».

Viens, reviens Seigneur Jésus, le monde entier t’attend