Contre les prophètes auto proclamés

le 16/20 juin 2022, Auvergne,

(Canicule mais chance d’être à la campagne et  dans une vieille maison en pisé et en pierre, il fait 35 + dehors mais 20 dans la maison… Pendant ce temps là, les colombiens ont élu pour la première fois un président de gauche… les français ont élu des députés de partis reconstitués qui remettent en cause la majorité présidentielle ce qui n’est pas si mal )

Je continue à lire des articles sur cet évangile de Jean et à m’étonner qu’ils soient légions… ce qui me retire toute prétention si j’en étais tentée, de faire de ces lignes, une véritable étude biblique qui serait une parole innovante ou définitive sur la question, expression d’une autorité divine quelconque. Ces lectures me recadrent et m’obligent à rester dans mon intention première de partager mes interrogations et mes certitudes, mes émerveillements et mes perplexités et surtout ma tentative plus générale de trouver dans l’évangile un guide de vie qui jette un éclairage sur ce qui me semble obscur et confus dans le monde qui m’entoure (une lumière qui éclaire mais n’aveugle pas).

Ces réflexions sont un simple compte rendu de mon compagnonnage avec le texte..

* * *

Jean 1 : 6-9

Il y eut un homme envoyé de Dieu ; son nom était Jean.

Il vint pour témoigner, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui.

Celui-là n’était pas la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière.

Le Verbe était la lumière véritable, qui éclaire tout homme ; il venait dans le monde.

(Cette fois-ci je retiens la traduction de la bible de Jérusalem en français : je la trouve plus poétique)

On redescend sur terre, on se retrouve dans la Palestine du 1er siècle, étonnamment pour un texte qui a commencé aux origines et surprenant aussi car c’est de Jean ( le baptiste comme on l’appelle quelquefois) que l’auteur commence par nous parler et pas de Jésus. En ce sens, cet évangile qui semble être aux antipodes de celui de Marc le rejoint  : pas de généalogie comme chez Mathieu, ni de vierge Marie ou de Joseph sur lesquels on s’attarde comme chez Luc, mais la mention de Jean, dès la première phrase du texte si son considère que « l’évangile de Jésus, fils de Dieu » est un titre :

« Il est écrit dans Isaïe, le prophète : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour ouvrir ton chemin.Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.Alors Jean, celui qui baptisait, parut dans le désert. Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés »

En ce sens, cet évangile à ce moment là s’inscrit dans l’histoire pour ne pas dire devient « historique » car il introduit l’existence de quelqu’un qui est connu, ( mentionné d’ailleurs dans des sources indépendantes des évangiles dans les écrits de Flavius Joseph) même si l’auteur de cet évangile ne nous donne pas de détail à ce moment là ( il le fera plus tard) contrairement à Marc qui s’attarde sur lui dès le début : on continue sur le même mode allégorique et poétique.

La mention de Jean apparaît donc à première vue comme une intrusion ( on se demande ce qu’il vient faire là au milieu d’un hymne au « Logos » qui existe de toute éternité ) mais il est essentiel pour faire revenir sur terre ce début d’évangile et lui donner un socle solide et ainsi permettre qu’on ne s’égare pas dans le monde imaginaire et imaginé du gnosticisme avec sa terminologie de lumière et ténèbres qui appartiennent à des courants de toutes sortes et qui réapparaissent aujourd’hui regroupés sous le vocable générique du new age…

(certains exégètes voient dans cette mention le fait que Jean étant encore très populaire, il fallait rectifier la donne et ne pas permettre qu’il supplante Jésus.)

Toujours est-il que dans deux autres évangiles, celui de Mathieu mais surtout celui de Luc, c’est la mère de Jésus qui ancre le récit dans la temporalité et la réalité concrète d’une grossesse vécue et assumée même si le fait qu’elle soit associée à une conception virginale brouille un peu les pistes. Ici la filiation humaine de Jésus est complètement laissée de côté, c’est Jean, ce homme un peu fou, vêtu en peau de chameau, qui donne son sceau d’authenticité à l’existence terrestre du Logos, appelé lumière, qui est venu dans le monde pour éclairer les hommes. Personne ne saurait douter de l’existence de Jean, ni qu’il ait prêché ni qu’il ait connu Jésus dont le nom n’a pas encore été mentionné….

Il vint pour témoigner, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui.

Quelle belle formule ! Rendre témoignage à lumière, même pas la refléter, encore moins se l’approprier, mais diriger le regard des autres dans une direction qui ne soit pas nous-même…quel privilège aussi de jouer ce rôle , quelle belle mission que celle-là….

* * *

Cette histoire de Jean qui apparaît au milieu de ce texte m’a un peu déconcerté au début car on a l’impression qu’il arrive comme un cheveu sur la soupe… ( encore une fois, je ne doute pas qu’il puisse y avoir des raisons contextuelles historiques pour qu’il soit mentionné) mais après coup la nécessité de son existence m’a ouvert des perspectives intéressantes.

D’abord ça en dit long sur Dieu …

(considérant que le sceau de l’Esprit Saint est sur ce texte…sinon s’il n’est que le résultat fortuit d’une rédaction individuelle, dictée uniquement par les circonstances extérieures et le talent de l’écrivain, alors il vaut mieux passer son chemin… il n’y a pas de lecture méditative possible sur ce passage, seulement une analyse froide et conceptuelle…)

La mention de Jean, montre que son existence est aussi l’initiative de Dieu, programmée de longue date puisque le point de départ de cette réflexion est la Genèse. Dieu a estimé que Jésus avait besoin d’un messager dans Marc, devenu témoin ici qui le précède : il ne l’a pas parachuté tout d’un coup sans nationalité, sans affiliation religieuse comme un extra-terrestre, il arrive après une longue histoire, celle du peuple juif où Il se révèle de mille et une manière dans un monde où empires et royaumes se font et se défont. Celui qui n’est pas encore nommé arrive annoncé… Il n’est pas une notion, une idée, une pensée chimérique, malléable à souhait, créée par un auteur particulièrement doué pour susciter l’imaginaire du lecteur potentiel.

La deuxième est que l’humilité de Jésus dont on parle bien volontiers est inscrite dans son ADN . Il ne pouvait pas se présenter tout seul et dire « me voici »…ou « je suis là » ou « c’est moi » ou encore « je suis la lumière » comme ça, tout de go, il fallait que quelqu’un d’autre le dise d’abord et en fasse l’annonce… Dieu n’a pas voulu qu’il puisse venir sur terre et se présenter comme un être auto suffisant, autonome, indépendant,qui en quelque sorte aurait été auto engendré…

Est-ce parce que la tentation aurait été trop grande, une fois sur terre, de vouloir être un rival de Dieu, comme l’est devenu un certain Lucifer qui a pu entraîner à sa suite le premier homme et la première femme avec les conséquences catastrophiques que l’on connaît ?

Il n’y a rien de plus dangereux pour l’humanité que les prophètes ou gourous de toute sorte auto proclamés, qui réclament souvent une soumission et une loyauté sans faille et qui alors qu’ils promettent la vie et la lumière, finissent par entraîner leurs adeptes sur un chemin de ténèbres et d’auto destruction…

Il n’y a rien de plus dangereux aussi pour nous de nous auto proclamer prophète… à peine témoin devrait-on être et c’est déjà beaucoup…

N.B. Mes commentaires sur le texte de Marc (http://simone-over-blog.over-blog.com/2019/09/marc-1-6-9.jean-baptiste-prophete-exemplaire.ecolo.html)

Quelques lectures…Amphoux, C.-B. (2017). L’IDENTITÉ ET LA FONCTION DE JEAN LE TÉMOIN (JN 1, 6). Revue Des Sciences Philosophiques et Théologiques, 101(1), 31–48. http://www.jstor.org/stable/44630270

Boyarin, D. (2001). The Gospel of the Memra: Jewish Binitarianism and the Prologue to John. The Harvard Theological Review, 94(3), 243–284. http://www.jstor.org/stable/3657424

Ed. L. Miller. (1993). The Johannine Origins of the Johannine Logos. Journal of Biblical Literature, 112(3), 445–457. https://doi.org/10.2307/3267744

Dans la salle d’attente

Le 17 juin, 2022, Auvergne,

Vie à la campagne

Dans la salle d’attente, on cause et on cause…

les patients attendent patiemment…

(le docteur bienveillant reçoit tout le monde et même si on a un rendez-vous, l’attente est la même : il faut attendre son tour car il semble que tout le monde a eu son rendez-vous à la même heure…)

Deux hommes qui semblent se connaître parlent des fermes alentours, du nombres de vaches qu’ont les uns et les autres,

de quelqu’un qui a eu la chance de s’en sortir et qui est encore vivant… ( que lui est-il arrivé ?)

De la sécheresse, de la coupe des foins,

et comme ils ont un certain âge de ce qui a changé ….

et que la seule chose que les jeunes sachent faire aujourd’hui c’est regarder sur les portables…

(comme j’ai le mien avec moi pour me distraire, j’hésite à le regarder et j’essaie de participer de temps en temps à la conversation)

* * *

Plus que trois personnes devant moi….

Une dame vient d’entrer….

La conversation continue..

Cette fois-ci, ils parlent de « l’anglais » qui a acheté une maison qu’il faisait rénover, et qu’une ferme avec quelques bâtiments mais un grand terrain vient d’être vendue, au fils de…. qui est ostéopathe paraît-il mais qui louera certainement les terres car lui bien entendu ne les cultivera pas, et ce serait dommage qu’elles ne soient pas travaillées…

Et puis après un certain temps, ils trouvent que l’attente se fait longue…Qu’est-ce qu’elle peut bien lui raconter au docteur cette femme ?

Et effectivement on l’entend parler et parler derrière la porte, je devrais dire chuchoter car on n’entend pas ce qu’elle dit : elle doit vivre seule alors aller chez le docteur c’est une occasion à ne pas rater.

* * *

Plus que deux personnes devant moi…

Celui qui vient de rentrer est un homme petit, sec d’apparence, mais un petit plaisantin …

Dès qu’il passe la porte, j’apprends qu’il a 91 ans, qu’il est en très bonne santé, qu’il habite seul dans une ferme et je ne sais plus quoi, encore…

la porte s’ouvre et il ressort : “je vais chercher les œufs que j’ai apportés pour le docteur…”

Des œufs ? On se regarde tous : vous le payez en nature maintenant ?

Mais il sort avant d’avoir le temps de nous répondre…

Il n’est pas le seul dit l’un de ceux qui attendent et a l’air d’être au courant, il y a des gens qui font ça, ils lui apportent des produits de leur ferme…

( le docteur, c’est mon copain dira le nonagénaire d’un air narquois, quelques minutes plus tard, en guise d’explication)

* * *

Je regarde la date sur le calendrier, on est bien en juin 2022, donc au XXI ème siècle, en France, on a l’Internet, et moi j’ai un portable ou devrais-je dire un smartphone à la main…

Les vielles coutumes font de la résistance…

Qui l’eût cru ?

Petit plaisir…

le 14 juin, 2022, Auvergne

Un ciel bleu,

des feuilles vertes,

des cerises bien rouges,

et sucrées

que l’on peut cueillir à la main,

une par une

et lentement

mettre dans sa bouche

pour les déguster…

* * *

Première fois que cet arbre fleurit

et que le gel ne détruit pas les bourgeons naissant,

Première fois que les fourmis

ne grimpent tout en haut du tronc

et ne se gorgent  des tendres feuilles,

première fois que les oiseaux du ciel

pourtant si avenants,

ne picorent au fur et à mesure

qu’ils apparaissent

les fruits à peine mûris…

( et pourtant on n’a pas mis d’épouvantail, ni de filet)

* * *

Cet arbre

qu’on avait planté il y a quelque temps

et qu’on a vu grandir

attendant chaque année

de pouvoir se régaler

de ses fruits bien mûrs

Cette année,

quand on n’y croyait plus

voilà qu’il nous offre

au milieu de ses feuilles bien vertes,

ces quelques cerises,

rondes et rouges

à plaisir…

* * *

À Dieu Merci !

Inébranlable

Le 12 juin 2022, dimanche, élections législatives, Auvergne

( Psaume 15/16)

« je suis inébranlable »

La phrase m’a fait sursauter…

Inébranlable,

comme je souhaiterai l’être,

sans me laisser perturber

par n’importe quel coup de vent,

n’importe quelle contrariété,

n’importe quelle nouvelle dérangeante,

au lieu,

à chaque fois,

de prendre tout

de plein fouet

* * *

Inébranlable,

le mot même me fait du bien,

me rassure

m’enracine

profondément

dans un lieu sûr

comme un arbre

« planté près d’un ruisseau, qui donne du fruit en son temps,

et jamais son feuillage ne meurt » …(psaume 1)

* * *

Inébranlable, tout ce que je ne suis pas…


Mais je me suis laissée abusée par ce mot,


comme s’il tenait tout seul,


comme si une telle chose était possible,


j’ai lu trop vite…


et ai sauté à pieds joints


sur le début de la phrase

« tu (le Seigneur) es à ma droite »

* * *

Je suis inébranlable dit le psaume,

parce que Tu es à ma droite

ou quand Tu es à ma droite

( une autre traduction dit : quand il est à ma droite, je ne chancelle pas. )

*  *  *

En fait,

ce n’est pas moi qui suis inébranlable,

c’est Toi …

L’Esprit: c’est pas n’importe quoi

Le 9 juin 2022, Auvergne

Belles journées de printemps…

Le plaisir tout simple de franchir le pas de la porte sans avoir à s’emmitoufler pour se protéger du froid, de pouvoir s’asseoir dans la douceur du matin ou de faire un petit tour de jardin et voir les fleurs écloses la veille et les quelques fruits qui commencent à rougir sur les arbres…

Ces derniers temps, ce sont les nuages qui me semblent particulièrement fascinants, peut-être parce-qu’on est entouré de montagnes ou que l’air est plus pur : en tout cas, ils me font lever les yeux vers le ciel chaque fois que je pars en promenade.

Dimanche dernier

C’était la Pentecôte : étrange cette histoire racontée dans les actes des Apôtres par Luc l’historien, de ces hommes qui se sont mis à parler dans toutes sortes de langues, devant cette foule de juifs de la diaspora venus fêter à Jérusalem la Pâque et ensuite 50 jours plus tard la « Chavouot »…

( pour une explication sur ce qu’est cette fête voilà un lien sur un site du judaïsme français https://fr.chabad.org/library/article_cdo/aid/1533931/jewish/Quest-ce-que-Chavouot.htm)

après nous dit-on qu’un vent violent secoua le lieu où ils s’étaient plus ou moins enfermés, tellement ils avaient peur d’être arrêtés à leur tour…

« Soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent : la maison où ils étaient assis en fut remplie tout entière. Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux.Tous furent remplis d’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit »

C’est cette histoire de langues de feu (même si le texte dit bien qu’on aurait dit et aussi que c’était comme un violent coup de feu) au-dessus de la tête de chacun des disciples qui m’est restée à l’esprit ainsi que tous les tableaux qui le représente et malheureusement décrédibilise un peu pour moi ce moment raconté dans le texte biblique…

(En même temps, je suis consciente qu’il est très difficile de raconter un événement où le « spirituel » ou extra sensoriel, fait irruption dans notre monde matériel…on n’a pas les mots pour le décrire d’une manière appropriée et quand c’est écrit particulièrement ( pas oralement car c’est plus facile de rendre crédible et compréhensible une telle expérience) elle perd de son ancrage dans le réel et ne semble plus que le produit de l’imagination fertile d’un illuminé…)

C’est dommage, car l’Esprit Saint, le Saint Esprit, l’Esprit de Dieu ou simplement « l’Esprit »avec une majuscule, quelque soit le terme que l’on veuille employer, qu’on le traduise du grec ou de l’hébreu, ce n’est pas rien, ce n’est pas n’importe quoi.

Évidemment, sur Lui ( elle disent certains) , comme il est insaisissable, on peut dire effectivement tout et n’importe quoi ! Ça fait partie de ces sujets sur lesquels on peut disserter et discourir sans fin.

D’un côté, son aspect insaisissable et incontrôlable me plaît… L’être humain essaie tellement de manipuler Dieu, de lui faire dire ce que l’on veut qu’il dise ( on est tellement de mauvaise foi) de vouloir lui faire faire ce que nous on a envie qu’il fasse, que savoir que l’on ne peut pas le contrôler est profondément satisfaisant. Avec le souffle de l’Esprit dans nos vies , c’est l’aventure avec un A majuscule… Alors quand Jésus dit à Nicodème :

« Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit. » .

Je jubile….

Mais d’un autre, il faut toujours prendre en considération, notre finitude diraient certains, ou notre humanité diraient d’autres, et notre besoin de limites, de directives précises et concrètes, justement pour ne pas dire et faire n’importe quoi…

Alors Jésus, celui qui nous parle du caractère insaisissable de l’Esprit, en même temps nous dit concrètement parlant, à quoi ça sert l’Esprit, pas à faire en tout cas des sciences divinatoires, en essayant de scruter le passé ou l’avenir, d’entrer en contact avec des « forces positives »ou des esprits pour recevoir une connaissance et un discernement privilégié qu’on pourrait revendre au premier passant… mais plus précisément, pour être Sa présence protectrice et consolante à côté de nous et se souvenir de ce qu’il a dit…

«Le consolateur ( le défenseur traduisent certains) l’Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. » 

*   *   *

Finalement c’est simple, l’Esprit Saint, à la mode Jésus, ça ne révèle rien de spectaculaire, mais nous renvoie à ses enseignements et avec ça il y a de quoi méditer pendant longtemps et être bien guidé pour toute la vie

Le reste est superflu. . .

 Du tout et du n’importe quoi….

La lumière luit dans les ténèbres

1er juin 2022, Auvergne

(La nature est toujours aussi belle : nos roses rouges ont fini par éclore)

Jean 1 : 5

La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue (LSG protestante)

ou/ne l’ont pas arrêtée (AELF catholique)

ou/ ne l’ont point étouffée…(BDS protestante)

Le verre à moitié vide ou à moitié plein ?

Il a fallu que je consulte pour comprendre comment se faisait-il qu’il y avait  des rendus tellement différents de la deuxième partie de cette phrase…. dans les différentes langues:  je me souvenais particulièrement de celle en espagnol que je connaissais par coeur et qui dit « las tinieblas no prevalecieron contra ella ».  Ce qui n’est pas du tout la même chose que « ne l’ont point reçue »! L’une a l’air de dire que les ténèbres ont gagné qu’elles étaient plus fortes et l’autre qu’au contraire elles ont perdu…elles n’ont pas pu empêcher à la lumière de rayonner.

En fait, cette fois-ci, il n’y avait pas des traductions protestantes d’un côté et des traductions catholiques de l’autre…surtout si on examine les traductions en anglais… Alors évidemment, si on fait une étude un peu poussée on se rend compte que certaines traductions sont faites directement à partir du texte grec alors que d’autres ont utilisé comme base une traduction faite d’une langue semblable à la leur, ou pour compliquer les choses, ont pris la version ancienne latine de la vulgate comme base…d’où les différentes traductions dans les différentes langues…

Mais en fin de compte, j’ai appris que le sens du mot grec permettait les deux traductions et que certains choisissaient « ne l’on point reçue » car elle correspondait à l’idée exprimée plus loin dans le texte que «  le monde ne l’a point connue » plutôt que ne « l’ont pas étouffée/arrêtée »…

Impossible en réalité de savoir quelle était l’intention de l’auteur en choisissant ce terme… que voulait- il exprimer ? Voulait-il insister sur le fait que Jésus, avait ressuscité et que sa lumière ne s’était pas éteinte ou plutôt que c’était une honte que les siens ne l’aient pas reçu?

La connaissance même très pointue du grec n’est pas suffisante pour les départager car le sens d’une phrase ne vient pas simplement de la somme des mots qui la composent…mais toujours est-il que l’on se retrouve quand même, non pas simplement avec deux traductions différentes mais deux interprétations sous guise de traduction …Sont- elles contradictoires ? Y a-t-il des retombées différentes théologiquement parlant si on choisit plutôt l’une que l’autre?

Finalement, ma réaction est de penser que c’est une question de savoir si en fait, on est optimiste ou pessimiste, si on veut insister sur le triomphe de la lumière et se réjouir ou au contraire sur le rejet des ténèbres et s’attrister… ( les deux réalités sont vraies mais à différents moments de l’histoire de Jésus)

En tout cas personnellement parlant, j’ai choisi mon camp : je préfère l’idée que l’on ne peut pas éteindre la lumière du Christ et qu’elle continue à briller dans les ténèbres…aussi épaisses soient-elles ! C’est ça qui m’encourage quand je regarde autour de moi et lis les dernières déclarations mensongères….du lobby des armes entre autres…après ce nouveau massacre d’enfants dans une école du Texas…

Sur un texte aussi beau que celui-ci qui contraste la lumière avec les ténèbres, c’est un peu dommage quand même de devoir passer du temps sur une discussion de ses différents traductions et de leur signification, surtout que ça dure depuis tellement longtemps et ça continue à susciter des polémiques…ce qui compte, après tout c’est cette affirmation succincte mais magnifique

La lumière luit dans les ténèbres

Et cette lumière du Christ, on en a tellement besoin!

En plus, comme Pentecôte est presque là, c’est le moment idéal pour demander de la recevoir pour y voir clair…

( et aussi pour qu’elle nous délivre des ténèbres de tous les feux follets de la fausse lumière: incroyable tous ces sites internet de guérisseurs, gourous et medium qui vous promettent de vivre dans la lumière)

N.B. Deux livres que je consulte pour cette étude:

Word Biblical Commentary, volume 36, John George R. Beasley-Murray (1987)

The Gospel of John, William Hendriksen (1959, edition 1987)

J’aurais l’occasion de citer des articles de revues accessibles en ligne

Autres temps, autres mœurs

(photo Eglise St Julien, Brioude)

Quand les églises sont presque pleines….

Le 31 mai, 2022

le dimanche

Un voisin au style de vie pas très catho, mais au courant de tout, nous a encouragé à aller à l’église… il y a deux fanfares qui vont venir jouer nous a-t-il dit, il ne faut pas rater ça… moi, a-t-il ajouté j’en profiterai pour mettre un cierge pour demander de la pluie, le jardin est très sec en ce moment…

On y est allé, et effectivement toute une fanfare ou harmonie (le nom officiel) était installée sur le bas côté de l’église , en costume du pays avec chapeaux noirs, chemises blanches et gilets rouge écarlate, instruments de cuivre étincelants,

mais de quelle région ?

En fait… c’était des allemands ai-je vite découvert, en tournée dans la région, venus rendre visite à leurs homologues français…

Comment avaient-ils atterri ici et surtout à une messe : je me suis dit que ça devait être des bavarois réputés pour être très catholiques…

Bref, l’église s’est remplie peu à peu, avec une moyenne d’âge toujours au-dessus de 60 ans mais quand même un peu plus basse,

certains n’ont pas hésité à sortir leur portable pour enregistrer ou prendre des photos,

faut dire qu’ils jouaient bien…

( pas étonnant dirais-je, c’est ce qu’on attend d’un groupe allemand )

Le même vieux prêtre officiait la messe content certainement de voir son église si bien fréquentée mais sans illusion quant à la motivation des assistants,

et en bon stratège,

il s’est évertué à utiliser un langage simple, compréhensif expliquant à l’assemblée quand il fallait se lever ou s’asseoir et que signifiait chaque partie du déroulement de la messe…et a prêché un sermon où le mot amour était à l’honneur

Les femmes qui d’habitude organisent tout devaient être absentes, car il a fait appel depuis la chaire à des volontaires pour faire la quête et pour distribuer la communion…

Heureusement, il a trouvé preneur

( je ne me suis pas proposée)

* * *

L’atmosphère dans l’église était telle que je n’ai pas pu m’empêcher au retour de regarder quelques minutes du fameux sermon du curé de Cucugnan écrit par Alphonse Daudet et mis en scène par Marcel Pagnol et à ma grande surprise… dans cette version, le fameux curé admettait que si l’église était pleine ce jour là c’était parce qu’ils étaient venus écouter chanter le chœur des petits chanteurs d’Avignon …pas spécialement pour la messe…. Tout paraissait tellement similaire….que je me suis dit que rien n’avait changé….

sauf que… comme c’était en 1956 (date du film) et pas en 2022, le curé de l’époque qui n’avait pas sa langue dans sa poche a prononcé un célèbre sermon, où il parlait des affres du purgatoire et des flammes de l’enfer où il y avait vu en songe un grand nombre de ses paroissiens dont il a donné les noms et raconté la vie sans se gêner… le ton était celui de l’engueulade générale et tous les fidèles ( bon c’est une façon de parler) sont sortis la tête basse comme des écoliers penauds…

Autres temps, Autres mœurs…

Aujourd’hui, l’église et les curés n’ont plus ni la vigueur, ni l’ascendant, ni le pouvoir, ni l’arrogance… d’autrefois  : faudrait-il le regretter ?

Émerveillement

Le 19 mai 2022, Bruxelles,

Jean 1 : 1-4

Jean versus Marc

Je continue à traîner des pieds pour commencer cette étude  ( la preuve que je ne la reprends que maintenant le 28, de retour en Auvergne) : je ne sais pas par quel bout la prendre surtout que le début n’est pas un début en termes de récit biographique.

Il suffit de comparer les 4 premiers versets de Marc avec ceux de Jean.

Commencement de l’Évangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu.

Selon ce qui est écrit dans Ésaïe, le prophète: Voici, j’envoie devant toi mon messager, Qui préparera ton chemin;

C’est la voix de celui qui crie dans le désert: Préparez le chemin du Seigneur, Aplanissez ses sentiers.

Jean parut, baptisant dans le désert, et prêchant le baptême de repentance, pour la rémission des péchés.

Avec Marc, on entre de plein pied dans le temps historique, le temps de l’accomplissement d’une prophétie même pas avec Jésus d’ailleurs mais avec Jean qui le précède dans le temps…

Par contre, l’évangile de Jean, sort du temps de la Palestine du 1er siècle pour commencer par la Genèse, les origines, ce temps en dehors du temps, ou plutôt ce temps premier où le temps commence.

Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu.

Elle était au commencement avec Dieu.

Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle.

En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes.

Pas de mention d’un nom, d’un personnage historique, mais une réalité transcendantale hors du temps et de l’espace qui n’est pas décrite comme un être humain ou même divin ( ni mâle ni femelle…) mais associée au Dieu de la Genèse, le Dieu créateur, comme un attribut ou une émanation , du Dieu de la Torah : rien d’anthropomorphique là dedans, on n’est dans un autre langage, dans un autre type de discours, celui de la méditation, de la réflexion, celui du langage philosophique mais surtout pas celui du récit…

( bien des choses ont été écrites sur ce mot grec « logos » qui est traduit comme le Verbe ou la Parole en français, et je ne m’aventurerai pas à présenter une hypothèse sur son sens. C’est d’ailleurs la nature de ce prologue qui fait qu’on a toujours donné une date tardive à cet évangile sauf que maintenant après la découvertes des manuscrits de Qmran, on a découvert que le symbolisme et la terminologie utilisés dans ce prologue se retrouvaient dans certains des textes de cette secte juive contemporaine de Jésus et que ce prologue/épilogue ne supposait pas nécessairement un héllénisme d’une pensée plus tardive)

En tout cas, c’est une déclaration de foi qui commence le texte, plutôt un épilogue qu’un prologue dans le sens que c’est plus une conclusion qu’un introduction qui a été écrite : on n’est pas au début du ministère de Jésus mais à la fin après qu’il ait été ressuscité ( ce à quoi, ses disciples ne s’attendaient pas vraiment) après que Jean se soit rendu compte de la plénitude de « qui il était ». C’est un récit de l’après résurrection, c’est à la lumière de cet événement que cet évangile a été écrit… contrairement à celui de Marc où l’on découvre peu à peu un Jésus qu’on ne connaît pas et qu’on ne comprend pas vraiment à l’image des disciples dont la réaction est la perplexité.

Ce qui me fait penser à ce qui se passe quand on écrit une thèse…on ne peut écrire l’introduction qu’après l’avoir terminée ce qui fait que l’introduction est toujours trompeuse dans le sens qu’elle fait croire que l’on ne sait pas où l’on va, alors qu’au contraire, on sait ce que l’on va démontrer et comment on va le faire…elle ne représente pas le temps réel ni même le temps de la rédaction du texte car elle est écrite après coup, et on la modifie au fur et à mesure que l’on avance dans sa recherche car elle doit faire pendant à la conclusion et l’introduire : le fait qu’elle apparaît en premier est du domaine du faux semblant…

Je me rends compte à quel point la démarche de ces deux évangélistes est dissimilaire ! Avant même que l’on passe au récit de la vie de Jésus, Jean donne la clef de son identité et de sa mission et c’est ça probablement qui me déroute…C’est vraiment un évangile singulier…

Le Verbe/la Parole

Toujours est-il que ce prologue est un vrai texte littéraire et philosophique ce qui nous renvoie à un auteur qui fait montre de dons extraordinaires, car même en le lisant dans une traduction, il est magnifique… (on a vraiment l’impression qu’il s’est éclaté quand il a écrit ce texte!)

Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle.… En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes.…

(les traductions catholiques utilisent le mot verbe plutôt que parole, qui est lui aussi un mot riche de sens)

C’est dans un cas comme celui-là que je regrette de ne pas pouvoir lire le texte en grec ( qui semble toujours être considérée comme la langue originelle même s’il y a eu d’autres hypothèses) sachant qu’une traduction littérale n’aiderait pas car une langue n’est pas faite de mots mis à la suite les uns des autres…

La parole

C’est un mot dont j’ai découvert la valeur quand je suis allée vivre en Afrique de l’Est et que j’ai étudié la littérature africaine : la parole créatrice, la parole toute puissante, qui une fois qu’elle est prononcée a une vie indépendante de la personne qui la prononce… Moi qui avait adhéré à un mode de pensée où l’écrit était roi où il était considéré la valeur ultime et où le livre était un objet culte…Ce qui n’était pas écrit n’avait pas de valeur, n’était pas fiable, voire n’existait pas … D’où ce mépris instinctif pour les littératures orales et ( donc africaines) et cette conception de l’évolution humaine où l’on marquait l’entrée dans l’Histoire avec un grand H avec l’écrit et toute civilisation qui n’avait pas d’écrit était reléguée à la préhistoire…( ce que l’on enseigne encore dans les écoles en France). Évidemment, ça nous permettait de nous situer tout en haut de l’échelle des civilisations…( on n’est pas bête….).

Or l’écrit appartient aux privilégiés et leur permet d’exercer un pouvoir, sur ceux qui n’y ont pas accès. On n’y pense pas aujourd’hui quelques 500 ans après Gutenberg qui avec l’invention de la presse a ouvert l’accès aux textes écrits au plus grand nombre même si ça n’a pas été immédiat. Ce n’est pas par hasard que Jésus se soit écharpé avec les scribes de son époque et qu’eux ce soient sentis menacés par son pouvoir : l’autorité qu’il avait ne lui venait pas de son expertise du livre mais de son pouvoir de guérir et de la force de ses paroles…

On ne peut pas comprendre la diffusion et la composition des évangiles sans en prendre conscience : il est normal qu’il n’y ait pas de textes importants écrits qui soient contemporains de la vie de Jésus et donc historiques dans le sens étroit du terme. C’est pourquoi les épîtres de Paul sont exceptionnelles justement parce que Paul faisait partie, contrairement à Jésus et ses disciples à une caste très privilégiée de l’époque comme il le dit lui-même d’ailleurs. La nécessité d’évangiles écrits pour diffuser le message de Jésus et raconter sa vie n’a pas pu venir tout de suite mais heureusement pour nous, elle s’est fait sentir assez vite.

J’ai été étonnée de découvrir que dans la tradition juive c’était la tradition orale qui primait dans la transmission et que pendant longtemps, il y avait cette idée que ce qui était sacré ne devait pas s’écrire…c’est pour ça que les textes de la Thora ont été écrits tardivement.

« Ce corpus d’interprétations orales ne devait pas quitter ce statut d’oralité. Il y avait dans la littérature ancienne un certain interdit d’écriture afin de ne pas donner au verbe humain, à l’intellect humain le même statut que celui de la Tora écrite, censée provenir du Ciel. Un passage talmudique concernant ce point est absolument clair : ce qui t’a été transmis par oral tu n’as pas le droit de le transmettre par écrit : ma shé nimsar lékha be al péh, eynekha rashaï le mossro bikhtav

https://frblogs.timesofisrael.com/la-place-et-le-role-de-la-tradition-orale-dans-le-judaisme/

Certains parlent du christianisme, comme de la religion du livre au même titre que l’Islam ou même que le Judaïsme…en fait ce n’est pas le cas… c’est une religion de la Parole, du Verbe, l’écrit n’étant qu’un moyen de transmission mais pas un objet en soi, un objet fétiche auquel on donnerait un statut au-dessus de ce qu’il devrait être  ( ce qu’il est malheureusement devenu pour certains avec la formule Sola Scriptura qui cherchait à dévaloriser les écrits de la tradition) : ce n’est toujours qu’un compte rendu dont le référent est hors du texte, indépendant de la lettre qui le représente, et c’est pour cela que Paul dit que « la lettre tue et l’esprit vivifie »

Dans ce sens, tout ce temps que l’on passe sur l’étude de la rédaction des textes de l’évangile, apparaît comme hors sujet et superflu, un luxe accordé à un petit groupe de spécialistes : c’est leur authenticité qui compte, leur ancrage dans le réel, tout le reste n’est que bavardage…et cette authenticité, il me semble, a été suffisamment démontrée. Mais pourtant cette base de données est périodiquement remise en cause et si on ne sait pas lire entre les lignes, les nouvelles thèses peuvent jeter quelquefois une ombre sur le témoignage écrit de ces pages quand ils prêtent à leurs auteurs anonymes (ou pas) des intentions qui mettent en doute leur intégrité et font d’eux des ignoramus ou des charlatans, en un mot…. des faux témoins. Alors évidemment ça, ce serait très grave… (les faux témoins étaient dans la loi juive passible de la peine de mort !)

La parole, la lumière, la vie : une trilogie magnifique

En tout cas….pour ce prologue, comme c’est une déclaration de foi, il n’y a rien à prouver : on y adhère ou on n’y adhère pas… et comme beaucoup l’ont noté, il faut le mettre en parallèle avec l’ouverture de la Genèse :

AU COMMENCEMENT, Dieu créa le ciel et la terre.

La terre était informe et vide, les ténèbres étaient au-dessus de l’abîme et le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux.

Dieu dit : « Que la lumière soit. » Et la lumière fut.

On ne peut que s’émerveiller et goûter à la beauté de ces déclarations mais pas les prouver car aucun ne nous n’était là…

Le grand saut

Il faut faire un saut dans l’inconnu des origines, dans l’incompréhensible magnificence et immensité de l’univers,

Un saut qui étrangement nous demande de descendre aussi au plus profond de notre être,

un saut,

qu’on pourrait appeler tout simplement,

le saut de la foi…

Et l’évangile de Jean nous demande de le faire…au début

Coup de gueule

le 26 mai, 2022, Auvergne

( l’ascension.. on se presse dans les gares en France pour partir quelques jours)

Mais ce qui occupe mes pensées au premier plan, c’est ce massacre d’enfants dans une école du Texas…j’essaie de l’ignorer, de me dire que ce n’est pas étonnant, que c’est seulement un massacre de plus dans une liste qui ne cesse de s’allonger jour après jour,

et qui s’ajoute au massacre motivé par la haine raciale de l’autre jour que j’ai voulu aussi ignorer, par un jeune de 18 ans dans un super marché, adepte de théories racistes comme celle du grand remplacement…

l’éloignement géographique des événements m’aide à prendre mes distances, mais ce matin je me suis sentie rattrapée..

* * *

Ce qui gronde au fond de moi, c’est la colère, contre les églises qui défendent le droit de porter des armes,

Ça me rend malade…

Surtout que je les connais ces « chrétiens » qui mettent sur le même plan le droit d’assemblée religieuse de celui du port des armes… Véritable sacrilège, blasphème même!

Ça me rend malade de penser que ces gens qui font partie de mon entourage ont été manipulés par les discours et les slogans des lobby d’armes, relayés à la radio, à la télévision et sur les réseaux sociaux, par des hommes et des femmes qui s’affichent comme chrétiens…

comment peuvent-ils être aveuglés à ce point ?

On leur a parlé,

on a essayé de leur faire comprendre,

on n’a pas voulu les lâcher…

Tout a été en vain semble-t-il

et maintenant, y-a-t-il quelque chose d’autre que l’on puisse encore faire ?

* * *

Comme je me suis mise à l’évangile de Jean, ce sont ces paroles qui me viennent à l’esprit :

« La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue [ . . .] Elle est venue chez les siens, et les siens ne l’ont point reçue.…

Les siens, ces chrétiens qui se revendiquent disciples de Jésus et qui ne peuvent pas et ne veulent pas voir ?

ou encore

« Et ce jugement c’est que, la lumière étant venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises.Car quiconque fait le mal hait la lumière, et ne vient point à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dévoilées;… »

On est aveuglé car on préfère les ténèbres à la lumière…on ne veut pas que ce à quoi on est tellement attaché soit dénoncé….

* * *

Mais ce serait leur donner trop de pouvoir et d’importance que de ne pas parler des autres nombreux qui s’opposent au lobby des armes : quand nous, on a envie de baisser les bras et on se dit à quoi bon, d’autres prennent la relève et continuent à marcher….

Et de toutes façons, prêcher dans le désert, n’est-ce pas l’activité phare du prophète ?

Il faut donc continuer…ne pas se taire, ne pas se résigner…

P.S. Ce qui m’énerve maintenant c’est de voir que les médias français se sont emparés de l’événement et nous bassinent avec leurs interprétations et leurs analyses d’experts qui croient tout savoir mais ne comprennent rien…

Voyage au pays de la douleur

le 23 mai 2022, de retour chez nous

La douleur,

Ça faisait longtemps que je n’avais pas fait un séjour dans son territoire…

On oublie vite,

la force avec laquelle elle nous attaque,

et toutes les stratégies futiles

que l’on essaie de mettre en place,

pour y faire face,

d’abord l’ignorer,

et faire semblant,

de ne pas la remarquer,

en respirant profondément

mais peu à peu,

l’étau se resserre

et on se retrouve pris au piège

dans ce monde effrayant

où rien d’autre n’existe

que sa présence insoutenable

qui envahit

notre corps tout entier…

* * *

Ah les médicaments !

Quand demande le patient à l’infirmière de nuit,

pourrez-vous me faire une autre piqûre ?

Quand pourrez-vous me donner

un autre comprimé?

Il faut encore attendre un peu répond-elle

Attendre ? Mais je n’en peux plus d’attendre

* * *

Les statistiques sont effrayantes,

du nombre de morts par overdose

de ses médicaments que l’on a donné

( ou qu’ils se sont donnés)

trop généreusement

à ces patients

qui vivaient dans la douleur.

*   *   *

Je m’étonne toujours de remarquer

que malgré les avancées incroyables des sciences médicales,

on n’a toujours pas éliminé,

la douleur

et que n’importe quelle intervention médicale,

n’est jamais vraiment,

indolore…

La douleur, nous explique-t-on parfois

pour nous réconforter

est une bonne chose pour notre corps,

les maladies les plus dangereuses,

parait-il

sont les maladies silencieuses…

Alors, il y a aussi bien évidemment,

ceux qui en rajoutent et nous disent

que la douleur ça nous fait du bien

car soit-disant

ça nous rapprocherait de Dieu…

* * *

Bref…

Pour certains, le séjour est temporaire,

pour d’autres

permanent

Et auprès de ceux-là,

Seigneur,

Manifeste toi,

Délivre-les du mal …

et délivre-nous de l’oubli,

de l’ingratitude,

et de l’indifférence

quand,

après y avoir séjourné quelque temps

nous avons quitté ce territoire effrayant…