Éloge des jeux paralympiques

Le 31 août-3 septembre 2025,

Les jeux paralympiques battent leur plein

Peut-être suis- je une sentimentale de première, une championne de faux bons sentiments, peut-être ai-je un goût suspect pour le misérabilisme,

mais la cérémonie d’ouverture des jeux paralympiques qui a mis en valeur les corps des « pas très bien foutus » m’a vraiment fait plaisir… Il a remis en cause cette idolâtrie des corps parfaits qui se manifeste dans ces millions d’images qui nous sont bombardées jour après jour et qui nous conduisent à dépenser une fortune dans l’espoir de leur ressembler. Mais bien pire, qui couvrent de honte ceux et celles qui ne sont pas comme eux, la preuve en est, ces drames de jeunes qui se suicident car ils sont moqués sur les réseaux sociaux pour leur physique soit disant peu avenant…

Un paradoxe que ce soit en France, à Paris, le lieu de la mode, où l’on valorise tellement l’aspect physique des gens, un pays où plus qu’ailleurs on porte un regard critique sur la manière dont chacun s’habille surtout les femmes, jaugeant son milieu socio-économique par sa tenue et la reléguant à une classe inférieure si elle ne remplit pas les critères de beauté et d’élégance du groupe de référence dominant..

( j’ai été rappelé de cette réalité, quand j’ai entendu des remarques sur des enfants métis encore petits , disant pour l’un sur un ton dépréciatif, « il n’a pas le visage très fin » ou au contraire, pour l’autre, approbateur, « elle est fine, une vraie petite française »….)

C’est ce défilé de tous ces athlètes qui m’a ému en particulier : tous ces gens, qui bien souvent devaient vivre cachés et dont les familles avaient honte, voilà qu’ils pouvaient se montrer aux yeux de tous et être acclamés par la foule… j’ai pensé à leur fierté mais surtout à la joie de leurs proches qui avaient dû tellement lutter pour les élever et leur donner un avenir digne…

Parler d’inclusion, tout à coup reprend tout son sens…

Et puis, quand les épreuves ont commencé, j’ai été épatée par ces guides qui courent attachés à des athlètes non voyant pour leur permettre de rester dans leur couloir sans rater la ligne d’arrivée et qui à la dernière minute les relâchent pour qu’ils la franchissent seuls et soient ceux qui gagnent l’étape… Courir pour aider un autre à gagner, quelle belle leçon pour nous tous qui voulons toujours nous mettre en avant … quoi de plus chrétien que cela !

Pourtant, tous les mauvais coucheurs qui s’étaient déchaînés pour dénoncer une soit-disant parodie de la sainte cène au moment de la cérémonie d’ouverture des jeux olympiques, sont bien silencieux maintenant devant cette initiative formidable que sont les jeux paralympiques alors qu’elle célèbre la valeur de tout être humain, même cabossé par la vie ou … abîmé à la naissance… une de ces valeurs morales fondamentales de la foi chrétienne s’il en est bien une… Et que dire de l’abnégation et de l’esprit de service de leurs accompagnants…

On ne les entend plus, ces mauvais coucheurs!  ils sont certainement plus bruyants quand leur ego est mis à mal par les médias dont ils ne cessent avec un malin plaisir, de dénoncer l’immoralité… Seraient ils si avares de compliments car reconnaître la valeur des autres, ce serait diminuer leur vertu?

Évidemment être un athlète paralympique ce n’est pas être un saint et on se souviendra trop bien comment ce grand champion sud-africain, Oscar Pistorius, amputé des deux jambes qui avait à une époque suscité l’admiration , en était arrivé à tuer sa petite amie… prouvant qu’avoir un handicap ne vous rend pas automatiquement meilleur que les autres et qu’une fois de plus que les féminicides peuvent être commis pas ceux qui sont considérés des « héros » aux yeux du public)

En tout cas, même si je n’y comprends rien aux règles compliquées qui régissent ces différents sports, ce sont ces centaines et milliers d’anonymes à travers le monde qui accompagnent ces athlètes hors norme, rendant possible un telle épopée, qui me réjouit aussi et me redonne confiance en notre humanité… tellement décriée…

Peut-être était-ce vrai ce qu’a dit Jésus, il y a bien longtemps

« Le royaume de Dieu est au milieu de vous »


Il suffirait donc tout simplement d’ouvrir les yeux…

P.S pour aller plus loin…toute la citation : Comme les pharisiens demandaient à Jésus quand viendrait le règne de Dieu, il prit la parole et dit : « La venue du règne de Dieu n’est pas observable. On ne dira pas : “Voilà, il est ici !” ou bien : “Il est là !” En effet, voici que le règne de Dieu est au milieu de vous. »

Rencontres fortuites

le 27 août, 2024, Auvergne,

Au cours des voyages, on rencontre des tas de gens à qui quelquefois on raconte sa vie et qui nous raconte la leur sachant que l’on ne les reverra plus , car finalement ça n’engage à rien…

Des rencontres, j’en ai fait au cours de ce voyage et pendant ce court séjour en Colombie ce qui m’a surpris, ça a été de trouver un grand nombre de vénézuéliens, femmes et hommes de tout âge, employés dans les commerces ou l’hôtellerie autant en ville qu’à la campagne. Il faut dire qu’avec 2 millions de réfugiés originaires de ce pays, la Colombie se situe dans le groupe de tête des pays qui ont reçu, ces derniers temps, le plus de réfugiés au monde

(la France et les États Unis où toute les campagnes électorales sont faites contre l’accueil de réfugiés se situe très loin derrière .. les statistiques montrent que ce ne sont pas les pays les plus riches qui accueillent le plus de réfugiés d’ailleurs… (https://www.unhcr.org/refugee-statistics/ , https://www.unhcr.ca/fr/news/hcr-oim-felicitent-decision-colombie-regulariser-refugies-migrants-venezueliens/ )

Leurs histoires étaient bien typiques des migrants du monde entier, surtout pour les femmes : on quitte son pays en laissant un enfant ou deux à un proche et on vient travailler légalement (ou pas) pour pouvoir envoyer au pays de l’argent pour ceux qui y sont restés…

J’ai rencontré aussi d’autres étrangers bien différents : couples style bobo, aux sacs à dos dernier modèle, en mal d’aventures (et quelquefois de drogue), l’un dans un vieux bus colombien faisant la navette entre Palomino et Santa Marta…  originaire  m’a expliqué le jeune homme à l’allure très sportive de la Nouvelle Zélande dont la motivation ne m’est pas apparue très claire car entre la musique et le bruit du moteur, il était difficile d’avoir une conversation très suivie…

Mais peut-être le plus étonnant pour moi, ça a été quand je me suis retrouvée en France dans le train Paris Clermont, cette ligne qui a mauvaise réputation, tellement elle a été délaissée par les autorités et qui tombe en panne régulièrement car l’Auvergne comme on le sait n’a aucun intérêt économique, politique ou autre… pour les élites parisiennes…

Toujours est-il qu’une jeune femme d’une voie hésitante en français m’a demandé si on pouvait brancher son smartphone pour recharger sa batterie car la prise de son coté…. ne marchait pas….

On a échangé ( en anglais ce qu’elle a apprécié) et j’ai appris qu’elle était d’origine indienne, que ses parents vivaient à Hong Kong où elle avait grandi, que sa mère était moitié japonaise, qu’elle avait vécu à New York et que maintenant elle habitait à Paris… et pour couronner le tout elle allait à un mariage en Auvergne dans une localité qui terminait en  « ac »… car des Hollandais y avaient une propriété et l’avait prêté aux futurs mariés pour leur célébration ….

Je m’attendais à tout sauf à ça quand je me suis retrouvée dans ce tain inter-cité, pas un TGV … en partance pour la France dite « profonde » où habitent des français « de souche » dans une région encaissée, peu connue des touristes…

( mais en réalité si on gratte en peu on se rend compte que l’Auvergne a été un lieu ouvert sur le monde extérieur … ce sont nos préjugés qui nous empêchent de le voir)

train TER dans une petite gare en Auvergne

Comme quoi les nationalismes repliés sur eux-mêmes avec leurs frontières que l’on veut transformer en forteresses imprenables, ne sont plus à l’ordre du jour ( même s’ils continuent à cartonner dans toutes les campagnes électorales des hommes et des femmes politiques du monde entier…)

L’entre soi dont on rêve quelquefois n’existe que dans notre imagination…

La terre, c’est Dieu qui l’a voulu peuplée, et paraît-il qu’il a dit aux êtres humains, multipliez-vous, mais certainement pas, isolez-vous !

Suspendus

le 21 août 2024, …

Suspendus

des heures durant

au-dessus

de l’océan,

entre terre et terre,

entre temps et temps

on atterrit

finalement


*   *   *

heure locale.. annonce une voix,

température … continue-t-elle,

assurez-vous de n’avoir rien oublié

et au plaisir de vous revoir bientôt..

*   *   *

Tout le monde se lève toujours trop tôt,

On attend debout que la file s’ébranle

et que l’équipage nous salue un à un

au fur et à mesure

que l’on descend…


*   *   *

L’avion a bien atterri

mais moi j’avance comme un zombie

encore suspendue

entre terre et terre

entre temps et temps..

et à vrai dire

je n’ai pas atterri du tout…

Il faut bien redescendre

le 19 août, 2024, Bogotá


La récré est finie

La dispersion a commencé avec les adieux émus des différents membres du groupe qui avaient vécu ensemble des journées intenses..

Évidemment, les enfants qui n’ont pas honte de leurs émotions étaient les plus larmoyants et comme il est coutume dans ces cas, les promesses de se revoir n’ont pas manqué

sauf que,

comme c’était un groupe familial, contrairement à ce qui se passe assez souvent, ces promesses seront tenues…

* * *

Demain,

c’est à notre tour de rentrer,

j’ai recommencé à jeter un coup d’œil sur les actualités : en France, c’est la mort d’Alain Delon qui fait la Une des journaux ( sans commentaire) et aux États Unis le congrès démocrate qui va officiellement nommer Kamala Harris comme candidate du parti à l’élection présidentielle de novembre,

la guerre continue en Israël et paraît-il que les pourparlers de paix ou plutôt de cessez-le-feu n’ont pas encore été rompus,

L’armée ukrainienne a fait une incursion sur le territoire russe,

Je ne peux que repenser à ce texte écrit en anglais du protagoniste de l’excursion a Ciudad perdida :

« We treked for 5 days up to the Lost City and made it back to “civilization.” I now have internet access to a world wide web of news. I can check to see if our prayers for world peace are answered ? […] It looks like bombs and guns and drones are still killing people [ . . .}

So again, it looks like our work is not finished. We need to keep climbing and praying. We have finished one trek. We have left the Colombian mountain (but) our climb for peace goes on. . . .

* * *

Descendre pour remonter?

 on n’a jamais envie de descendre d’une montagne… où on  a vécu un sommet…

Ça me fait penser à un certain Pierre qui lui n’avait pas eu envie de descendre de la montagne où il avait vu un Jésus dont le « visage devint brillant comme le soleil, et (les) vêtements, blancs comme la lumière. … » (Mathieu 17:1-2) … tellement différent de celui incarné dans la lutte des réalités quotidiennes…. et lui avait suggéré d’y monter des tentes pour y vivre pendant très longtemps…( Marc 9 : 2-6)

Mais non, ce n’était pas pour maintenant, il fallait rentrer…

Que lui était-il resté de cette expérience exceptionnelle ? Qui saurait le dire ( surtout que Jésus lui avait demandé de ne pas en parler tout de suite…)

Ce n’est souvent que longtemps après qu’on se rend compte qu’a germé une graine qui grandira et portera du fruit..

Chacun le saura, le moment venu..

Carnet de voyage

 le 15 août, Villa de Leyva, Colombie

La photo est de Santa Marta au coucher du soleil

Journal de bord raté

Palomino-Santa Marta, (seule en bus d’abord à l’aller et retour en voiture avec des amis retrouvés), Palomino encore et Santa Marta, ( avec tout le groupe, maintenant revenu:le plus impressionnant, ce sont leurs jambes couvertes de piqûres d’insectes, dont certaines avaient commencé à s’infecter) Bogotá, et maintenant Villa de Leyva, après un trajet en avion éprouvant ( 6 heures de retard donc 6 heures dans un aéroport où il fait chaud malgré la clim) au bout duquel un voyage de 3 heures en van qui nous a vus arrivés au milieu de la nuit à l’hôtel)

Le rythme s’est accéléré et le soir entre connexions internet lentes et fatigue, j’ai du mal à suivre…

Écrire sur le coup ou après que les choses aient commencé à se décanter, ce n’est pas pareil : on n’écrit pas de la même manière. Dans le premier cas ce sont les émotions, le ressenti qui prévalent, dans le deuxième, on a pris ses distances mais en même temps intériorisé, on ne dit plus…, on raconte…les premiers mots se sont envolés et ne reviendront pas.

Quelquefois on peut retrouver les sensations si on a écrit un peu avant qu’elles ne nous échappent…le poème aux phrases courtes et décousues est souvent notre meilleur allié…

Aujourd’hui villa de Leyva, 15 août,

Un autre lieu paradisiaque, un autre hôtel où je n’aurais pu jamais mettre les pieds il y a quelques années, un hôtel en réalité où j’ai mis les pieds mais pour travailler comme interprète bénévole… il y a très très très longtemps dans des conditions précaires ( même si je n’avais pas été payée, ça m’a servi dans mon CV par la suite)

J’essaie de me rappeler, mais je dois avouer que je ne me rappelle plus : je sais que j’ai été là , je connais les circonstances et je sais ce que j’y ai fait : mais pas d’expérience de petite madeleine à proprement parler…

En tous les cas un autre endroit d’une beauté spectaculaire, un autre endroit qui me rappelle… tous les paradoxes de la colonisation espagnole et du rôle de l’église catholique dans ce pays… certainement un travail qui a cherché à apporter avec le message de l’évangile, une amélioration de la vie de la population locale mais en même temps, les a formatés pour leur apprendre à devenir des « serviteurs » des familles de colons qui y sont venus s’installer et s’enrichir à leurs dépens…

Maintenant ce ne sont plus les colons mais une clientèle triée sur le volet dans cet hôtel, (propriété de l’ordre des Carmélites) au goût impeccable, à la pointe des efforts pour respecter l’environnement dans cette région montagneuse où croît une végétation luxuriante…qui n’hésite pas à donner au lieu sa signature chrétienne catholique tout en restant discrète, avec sa chapelle et ses crucifix sobres qui ornent les chambres…

L’histoire de l’église chrétienne ou plutôt des églises chrétiennes, est une histoire de grâce et de péché, et dans l’histoire des colonisations elle est bien mise en évidence : des horreurs et des actes inacceptables de barbarie ainsi qu’une accaparation de la richesse de ses habitants d’un côté et un travail incontestable d’éducation et de soins aux malades et aux plus démunis de l’autre…

* * *

Le soleil se couche sur la ville de Leyda et il ne ressemble en rien aux 15 aoûts en France avec leur saveur particulière de fin de vacances et de rentrée…

De nouveau, je me retrouve dans un moment hors du temps et de la réalité…

Il faudra bien y retourner bientôt…

P.S: en anglais, conclusion de la marche pour la paix de l’instigateur

http://blogging4peace.org/archives/277

Back to “Civilization”

ils sont de retour!

11 août 2024, Palomino, Colombie

Ils sont de retour, sains (presque) et sauf : j’ai eu des nouvelles hier quand ils sont finalement entrés en communication avec nous et que de nombreuses images ont défilé sur mon écran …

et maintenant alors ?

Maintenant que l’Interlude est terminé… le mien  mais surtout le leur: ça veut dire que la vie reprendra comme avant ?

Je préfère laisser le temps en suspens

pour l’instant

t

la ciudad perdida

Paradis pour les uns et pour les autres?

Le 9 août, 2024, Palomino

Je suis sortie de mon île paradisiaque…

En fait ce n’est pas vraiment une île, plutôt un îlot,

découpé et aménagé au milieu d’une nature sauvage et quelquefois hostile pour accommoder les touristes qui viennent y passer quelques jours de dépaysement dans le confort, loin de leur vie réelle..

mais aussi bien loin est cet îlot de la vie de ceux qui habitent alentour et qui les servent et pour lesquels, le lieu n’a rien d’un paradis…

L’une d’entre elle ce matin boitait alors qu’elle s’affairait à préparer le petit déjeuner des hôtes (dont moi bien sûr)…Elle s’était faite mordre par un de ces chiens errants affamés que l’on rencontre dès que l’on s’aventure en dehors du périmètre de la propriété hôtelière : elle était venue en moto et un chien qui courait derrière est arrivé à la mordre…

Une autre m’a raconté comme elle pleurait tous les soirs quand elle rentrait du travail au début car elle se sentait humiliée par la manière dont elle était traitée par les clients de l’hôtel qui la regardaient de haut et se plaignaient…

( mais plus maintenant, ça lui était devenu indifférent, elle savait sourire et dire oui monsieur ou madame, je suis désolée de m’être trompé, je le ferai certainement etc. comme le lui avait expliqué le manager qui semblait très compréhensif et avait la gentillesse de la prévenir quand il y avait des clients particulièrement difficiles… En tout cas, elle m’a assuré que dans l’hôtel d’à côté où venaient des gens beaucoup plus riches qu’ici de la alta sociedad, ils étaient vraiment beaucoup plus désagréables… )

Il y a aussi toute une armée d’hommes qui nettoient les grandes feuilles de palmier, tombées un peu partout après les orages et aussi la piscine face à la mer, car si la mer est magnifique, elle est dangereuse et il ne faut pas s’y aventurer très loin…

et pour finir, il y a les indispensables gardiens de nuit … mais selon eux, le lieu n’est pas vraiment dangereux car il est suffisamment éloigné de la ville la plus proche…

* * *

Ce qui m’a étonné c’est quand quelqu’un m’a dit (mais je n’ai pas vérifié) que 80 % des habitants de la ville maintenant, avec le boum touristiques était des étrangers , surtout des français mais aussi des italiens qui sont venus s’installer et ont ouvert des commerces et des hôtels depuis que la région est pacifiée…alors d’un côté , disait-il c’était bien car la présence des étrangers faisait qu’il y avait une forte présence de la police nationale et grâce à ça on était en sécurité…mais le côté négatif est que tout était devenu hors de prix, les denrées mais surtout le logement (le même fléau que dans bp d’autres lieux touristiques) et les salaires offerts dans l’industrie touristique n’étaient pas suffisants…même s’ils ont permis de retenir une partie de la population, leur désir est de partir dans des grandes villes où ils auront un niveau de vie meilleur.

* * *

J’ai donc quitté le périmètre sécurisé de l’hôtel et on m’avait dit qu’en longeant la plage pendant plus d’un kilomètre on pouvait trouver un chemin qui conduisait à la ville…

Au début c’était une succession de propriétés hôtelières semblables à celle où je me trouvais, c’est-a-dire pas d’immeubles, des petites cabanes en toit de feuilles de palmier réparties sur un grand terrain avec des installations en bois, qui au moins ne déteignaient pas avec le paysage… et des chaises longues installées au bord de la plage… (pour certaines il y avait un panneau sur un arbre disant, propriété privée, mais je n’en ai vu qu’une qui avait un grillage pour empêcher que l’on passe par leur terrain…)

C’est quand j’ai pris le chemin pour aller vers la ville, qu’au fur et à mesure que je m’éloignais de la mer, disparaissaient les hôtels qui promettaient un repos extatique à leurs futurs hôtes ( avec massage et expérience spirituelle garantie ) j’ai pu trouver les maisons en bois et en tôle des habitants de la région, de chaque côté d’une route en terre pleine d’ornières.. où tout le monde circulait en moto, transportant toute sorte de marchandises…( La moto ici est vraiment reine… elle s’est même faite taxi…)

Ce n’était donc plus le paradis… mais la vie difficile à la limite de la pauvreté où c’est la débrouillardise qui prime, car à défaut de véritable emploi, les gens se livrent à des dizaines de petits métiers dont certains s’exercent sur la voie publique (ventes de nourriture réparation de chaussures etc.) pour améliorer le quotidien,

Cette Colombie là, je l’ai bien connue, celle du tourisme par contre, je la découvre à peine…

* * *

la Nature à l’état sauvage,

c’est vrai qu’elle est belle quand on a le loisir de la contempler !

(les oiseaux aussi sont magnifiques ici!)

Mais la nature à l’état brut n’est pas si paradisiaque que ça … quand on doit se battre avec elle pour assurer son pain quotidien

ou tout simplement survivre…

(j’entends le tonnerre gronder au loin)

c’est probablement ce que doivent penser, en ce moment , ceux qui marchent péniblement piqués par des nuées d’ insectes dans la Guajira pour arriver à la ciudad perdida?

Je retiens mon souffle et me demande comment ils vont…

(et bien sûr, je prie)

Lâcher prise

le 8 juillet, 2024 Palomino,

Ils sont partis hier,

Évidemment il n’y a pas de connexion internet ni autre moyen de communication…

Donc,  je ne peux rien savoir : je ne peux qu’imaginer et c’est ça le danger… car comme j’ai tendance à avoir une imagination galopante.. c’est pas gagné…

surtout qu’hier il y a eu un gros orage qui venait de la zone où ils ont commencé leur parcours… avec des pluies torrentielles…

Facile de les imaginer, marchant sous la pluie difficilement, petits et grands ( particulièrement le plus petit et le plus âgé) dégoulinant de partout, les pieds et le visage rougi et boursouflé par les piqûres de moustiques…

De quoi flipper !

* * *

Ensemble

Au moins, je sais qu’ils sont tous ensemble, et c’est ça leur force

climbing together 4 peace (http://blogging4peace.org/ )… c’est leur devise

Ensemble, on peut tout faire, quand on s’entraide et qu’on décide qu’on ne va laisser personne derrière, du plus petit au plus grand…

Tout le contraire du monde dans lequel on vit, où les mieux lotis laissent les autres en bas de l’échelle se débrouiller tout seul, pour monter eux toujours plus haut et arriver les premiers..

ou pire… se servent de ceux qui sont en bas comme marche pied, et leur montent dessus impunément pour arriver au sommet…

se félicitant après de leur exploit …

Et nous, on les applaudit comme si ils étaient des individus hors-pair qui ont réussi tout seul, par leurs propres forces et leur propre intelligence et on en fait des héros…

La paix elle, elle ne peut pas se construire sans les laisser-pour-compte, sans les plus petits ou les plus grands en âge,

sans faire justice à tous pourrait-on dire…

(En tout cas la paix ou le shalom dont nous parlent les écritures juives et chrétiennes même si elle est bien mise à mal aujourd’hui )

* * *

Lâcher prise

c’est aussi accepter que je ne contrôle ni la vie, ni le destin des autres, particulièrement de ceux qui me sont les plus chers,

que je sois ou non connectée avec eux

Lâcher prise,

c’est une fois de plus

Faire le choix de la foi

et aujourd’hui,

c’est tout ce qui me reste !

( mais ça le fera)

En route!

le 7 août 2024 Palomino, Colombie

Ils sont partis.

Un groupe de randonneurs pas vraiment comme les autres dont le pus jeune a 5 ans et le plus âgé 80…

Périple plutôt que randonnée qui va les conduire à la ciudad perdida , site archéologique colombien d’une ancienne cité du peuple tayrona ( datant de l’an 800 à peu près) qui termine par une montée de plus de 1000 marches..

une marche difficile à l’intérieur des terres (accompagnés assurément d’une nuée de moustiques)

mais bien encadrée et réglementée par l’Institut national colombien d’archéologie avec l’aide de la population locale ( les descendants du peuple tayrona qui forment diverses tribus qui y habitent encore) dans lequel on ne pénètre qu’avec des permis émis par les autorités gouvernementales.

( ce qui est tout à fait normal sinon ça serait catastrophique si on laissait les agences de tourisme s’emparer du site dans le but unique de s’enrichir … le lieu d’ailleurs est devenu touristique et fréquentable depuis la pacification du pays et parait-il très prisé par la population européenne, française en particulier)

*  *  *

marcher pour prier pour la paix…

c’est le désir de celui qui malgré ses difficultés à marcher à l’âge de 80 ans, continue à vouloir promouvoir, cette paix si élusive après une vie passée dans des lieux où régnaient la violence,

Inquiet est-il  de voir toutes ces guerres qui continuent à détruire ce monde paradisiaque que Dieu a créé et où les êtres humains dont il l’a peuplé, semblent vouloir continuer à s’entre-tuer …

marcher, pour faire passer une dernière fois à quelques-uns de la génération suivante, ce message de paix qui est au centre de l’évangile de Jésus…

Qui sait s’il arrivera au bout du chemin, ( je ne le sais pas moi-même ni lui non plus )

Mais peu importe, après tout…

le message ne lui appartient pas,

il appartient au Jésus déjà ressuscité

et donc,

il ne mourra jamais…

Escale au paradis

le 5 août, Colombie, Palomino, Guajira

On est arrivé au Paradis

C’est ce que je me suis dit quand je suis sortie du petit bungalow où on a dormi hier soir après un long voyage de 24 heures, ( deux pays, trois avions, et deux heures de route)

Je me suis demandée hier à un moment donné où on allait, quand à la tombée de la nuit on traversait ces villages, où de chaque côté de la route, il y avait des magasins éclairés, épiceries où l’on trouvait de tout (ferretería disaient certains) des stands vendant quelques produits comestibles aux routiers de passage mais aussi des restaurants rudimentaires avec des chaises et tables dehors et où on pouvait entendre souvent de la musique à fond au son de laquelle un ou deux couples dansaient ( veredas est le mot en espagnol qu’on utilise pour qualifier ces villages).

Pourtant, dire que j’étais dépaysé n’était pas le cas, car ces lieux avec leurs sons et leurs odeurs et surtout le parler et l’allure des gens, c’était bien la Colombie où j’avais vécu pendant longtemps et j’étais contente de me retrouver.

Le décor, car ça a l’air bien d’être un décor quand tout paraît irréel, avec les palmiers à noix de coco, la mer, la plage, les buissons en fleurs, les cris des oiseaux tropicaux, m’a donné le sentiment d’être arrivée dans un monde de rêve, un paysage de carte postale comme on en voit dans les films où à la télévision.

Alors quand je pense à tout ce qu’il y a eu avant de moments d’incertitude, d’angoisses à demie exprimées, de motivation confuse dans la planification de ce voyage organisé en dehors de toutes les normes, je me dis que le parcours pour arriver au paradis est semé d’embûches . On ne peut pas faire l’expérience extraordinaire de la beauté d’un autre monde si on ne prend pas le risque de partir dans l’inconnu et d’oser rêver.

N’est-ce pas ce qu’on appelle faire le pari de la foi ?

(Après-demain, une autre aventure, celle-là plus périlleuse commencera mais aujourd’hui en attendant, on fait une escale au paradis)