Les marches lentes au rythme de mes pensées sur les chemins écartés
entourés de prés verts en pleine floraison
la tranquillité des vaches et l’indifférence des moutons
avec au-dessus les nuages nonchalants et vaporeux
couronnant le tout
***
Je m’arrête pour écouter le silence et m’en mettre plein les yeux
je respire longuement et profondément
* * *
Mais je dois avouer aussi ( à ma honte ?) après quelques jours de privation , être reconnecté à ce monde virtuel où s’agite le reste de la planète ( et mes proches) est aussi un plaisir retrouvé…
Le 31 mars/ 1er avril 2025 dans la banlieue de Washington,
Prête à retraverser ou plutôt re survoler l’Atlantique…
mais impossible d’échapper à ce qui se passe ici en allant là bas… le même homme apparaît à la une de toutes les informations, des deux côtés de la grande mare. On dirait qu’il fascine même plus ceux qui sont là bas que ceux qui sont ici.
En tout cas, ils tombent tous dans le même piège, celui de le mettre au centre que ce soit en bien ou en mal peu importe, pour lui l’important c’est d’occuper tout l’espace car sans les caméras, il n’existe pas. Évidemment, il faut le reconnaître ses décisions ne sont pas anodines non plus : elles affectent des milliers sinon des millions de personnes
(Et pour ne rien arranger la numéro un d’un parti politique français populiste vient d’être condamnée, alors les commentaires outrés des deux côtés se multiplient : ça promet!)
Pourtant pendant ce temps là…
malgré l’hiver qui semble être revenu aujourd’hui ,
le printemps poursuit sa course avec détermination et entêtement,
Heureusement !
et heureusement encore
revient dans la lecture liturgique, cette histoire étonnante et magnifique de l’enfant prodigue reçu en fanfare par son père après avoir dilapidé tout l’argent de son héritage…
Si c’est vraiment ce Père là, si généreux et miséricordieux qui règne sur le monde et préside à la venue du printemps,
Tous les jours on a le droit à des levers de soleil magnifiques et les jonquilles sont en fleurs
Jean : 7 1-9
Après cela, Jésus parcourait la Galilée : il ne voulait pas parcourir la Judée car les Juifs cherchaient à le tuer.
La fête juive des Tentes était proche.
Alors les frères de Jésus lui dirent : « Ne reste pas ici, va en Judée pour que tes disciples aussi voient les œuvres que tu fais.
On n’agit pas en secret quand on veut être un personnage public. Puisque tu fais de telles choses, il faut te manifester au monde. »
En effet, les frères de Jésus eux-mêmes ne croyaient pas en lui.
Jésus leur dit alors : « Pour moi, le moment n’est pas encore venu, mais pour vous, c’est toujours le bon moment.
Le monde ne peut pas vous haïr, mais il a de la haine contre moi parce que je témoigne que ses œuvres sont mauvaises.
Vous autres, montez à la fête ; moi, je ne monte pas à cette fête parce que mon temps n’est pas encore accompli. »
Cela dit, il demeura en Galilée.
Quand et où
Après cela, Jésus parcourait la Galilée : il ne voulait pas parcourir la Judée car les Juifs cherchaient à le tuer.
La fête juive des Tentes était proche.
On retourne maintenant au récit des faits et gestes de Jésus, et comme il est habituel dans les évangiles, la succession chronologique précise n’apparaît pas au début de cette nouvelle séquence : « après cela » reste vague en tout cas l’auteur indique que le complot pour tuer Jésus a été mis en place et c’est ce qui compte ici . En fait ce n’est pas la première fois qu’il est mentionné que les juifs voulaient tuer Jésus : la première fois c’est après qu’il ait guéri un malade à la piscine de Betsheda où l’auteur explique la raison pour laquelle ils autorités juives voulaient le tuer.
« C’est pourquoi, de plus en plus, les Juifs cherchaient à le tuer, car non seulement il ne respectait pas le sabbat, mais encore il disait que Dieu était son propre Père, et il se faisait ainsi l’égal de Dieu »
Il est certain que les déclarations scandaleuses sur manger son corps et boire son sang qui viennent d’être mentionnées n’ont certainement pas plaidé pour sa cause. En tout cas, entre dans une étape de conflit avec les autorité religieuses qui annonce la suite des événements.
Comme il est normal , les indications de temps ne sont pas données selon notre calendrier grégorien mais selon les fêtes religieuses qui rythment la vie des gens de l’époque. Qu’est-ce que la fête des temples ? Une fête juive qui est encore célébrée aujourd’hui : Je laisse aux spécialistes du judaïsme expliquer cela : voilà le début de l’explication,
“Soukkotest une fête juive d’une semaine qui a lieu cinq jours après Yom Kippour. Soukkot célèbre la récolte et commémore la protection miraculeuse que D.ieu accorda aux enfants d’Israël lorsqu’ils quittèrent l’Égypte. Nous célébrons Soukkot en habitant dans une cabane recouverte de feuillage (appelée Soukka) et en prenant les « Quatre Espèces » (arba minim), quatre espèces végétales particulières. » vous pouvez trouver le texte complet: https://fr.chabad.org/library/article_cdo/aid/5666066/jewish/Quest-ce-que-Soukkot.htm
le piège de la popularité
Alors les frères de Jésus lui dirent : « Ne reste pas ici, va en Judée pour que tes disciples aussi voient les œuvres que tu fais. On n’agit pas en secret quand on veut être un personnage public. Puisque tu fais de telles choses, il faut te manifester au monde. » En effet, les frères de Jésus eux-mêmes ne croyaient pas en lui.
Les frères de Jésus font leur première apparition dans ce texte : on connaissait certains des ses disciples dont le nom nous avait été donné, on avait rencontré sa mère aux noces de Cana mais pas le reste de la famille.
Pas de précisions sur leur nombre ni leurs noms ( ce qui permet à ceux qui croient en la virginité perpétuelle de Marie de dire que c’étaient des cousins…) mais si, sur les reproches qu’ils lui font, de ne pas prêcher dans sa localité d’origine. Il est évident qu’ils veulent le mettre à l’épreuve et l’évangéliste le précise bien en expliquant clairement leur attitude de scepticisme profond envers leur frère…
la réponse de Jésus
Jésus leur dit alors : « Pour moi, le moment n’est pas encore venu, mais pour vous, c’est toujours le bon moment. Le monde ne peut pas vous haïr, mais il a de la haine contre moi parce que je témoigne que ses œuvres sont mauvaises. Vous autres, montez à la fête ; moi, je ne monte pas à cette fête parce que mon temps n’est pas encore accompli. » Cela dit, il demeura en Galilée.
Contrairement à ce qui se passe avec les autorités juives, Jésus ne relève pas leur attitude hostile, ne leur répond pas en les critiquant ni en les rejetant, ni non plus en leur disant de ne pas participer à la fête religieuse, il refuse seulement d’accéder à leur demande. Il fait preuve d’une sollicitude fraternelle ( après tout ils l’invitaient à revenir chez lui pour une fête familiale religieuse importante) en leur expliquant ses motifs.
Il donne sa lecture de la haine dont il est l’objet qui est différente de celle donnée par l’évangéliste, citée plus haut : il n’est pas question de qui il est mais de sa dénonciation de leurs actions : c’est Jésus le prophète qu’ils veulent faire taire et non Jésus le blasphémateur qui se prend pour Dieu.
Il utilise aussi cette formule intrigante « mon temps n’est pas encore accompli » pour justifier ce que l’on pourrait qualifier de manque de courage devant le danger alors que d’autre part, on le voit toujours prêt à confronter ses adversaires voire à les provoquer…
Ce que j’en retiens
D’abord, je me sens plus à l’aise dans ce passage où l’ on retrouve le Jésus, bien ancré dans l’histoire et la culture de son temps plutôt que le Jésus désincarné des considérations théologiques : il est plus à notre portée, en tout cas, la mienne…
Son attitude envers le danger aussi m’intéresse : quand affronter le danger et quand l’évitr et est une question que nous avons eu à affronter au cours de notre vie ( moi et mon mari) dans des pays et des lieux où la situation devenait dangereuse et certains nous disaient de partir. Discerner, pour savoir ce qui était la volonté de Dieu en ces moments là, n’était pas évident, entre être motivé par la peur ou au contraire la tentation de vouloir jouer les matamores.
(En plus, en ce moment, je suis entrain de lire la biographie de Bonhoffer, ce théologien et pasteur allemand qui finira par être exécuté par les nazis et on pourrait en citer d’autres qui auraient pu fuir mais ont décidé de rester pour opposer le régime)
Ce que Jésus met en évidence lui, n’a rien à voir avec nos émotions, quelles qu’elles soient, courage ou lâcheté, mais celle de savoir ce qui nous est demandé à ce moment là qui va être différent de ce qui peut être demandé à quelqu’un d’autre : il n’y a donc pas de réponse toute faite !
Si le carême tombe à pic, cette mise en garde aussi …
au cas où…
l’observance du rite religieux soit prétexte pour se donner bonne conscience et s’aveugler à la nécessité de pratiquer la justice envers nos semblables…
« Ainsi parle le Seigneur Dieu : Crie à pleine gorge ! Ne te retiens pas […]
Ce n’est pas en jeûnant comme vous le faites aujourd’hui que vous ferez entendre là-haut votre voix. Est-ce là le jeûne qui me plaît, […]
Le jeûne qui me plaît, n’est-ce pas ceci : faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs ? N’est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim, accueillir chez toi les pauvres sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, ne pas te dérober à ton semblable ?
Eh ben voilà…
C’est clair et net…
Mais à vrai dire, c’est beaucoup plus facile de simplement jeûner surtout que ça peut aider à perdre quelques kilos, à éliminer les toxines de notre corps… (tous les spécialistes de la diététique le recommandent) en plus ça permet de faire des économies…
Ah ! les prophètes, les vrais, ceux qui parlent au nom de Dieu. comme ils sont dérangeants, ils nous empêchent de faire notre carême tranquillement et de nous féliciter à la fin!
En plus, Jésus en rajoute en nous donnant cet avertissement au cas où on chercherait à se vanter d’être capable de jeûner, alors que les autres…
« Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites : ils prennent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ;ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ; ton Père qui voit au plus secret te le rendra. »
Le week-end a été chaud après cette guerre de mots assassins où l’hôte de passage est humilié vilement devant les caméras du monde entier par les puissants du moment…
Une fois de plus le carême tombe à pic… surtout qu’ il s’écoule en même temps que le Ramadan : le monde a besoin plus que jamais d’entendre l’appel au jeûne et à la prière au milieu de cette cacophonie de déclarations outrancières d’un gouvernement à la dérive….
S’arrêter,
se regarder en face
émonder ce qui dépasse,
rectifier le tracé
Chercher à discerner
Ta vérité, Ta volonté
se repentir
avant de repartir
Ah ! Comme on a besoin d’entendre résonner les paroles de ce fameux Jean Baptiste qui vivait dans le désert, portait un vêtement de poils de chameau, se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage et prêchait la repentance
« C’est la voix de celui qui crie dans le désert: Préparez le chemin du Seigneur, Aplanissez ses sentiers.
Surtout qu’il ne mâchait pas ses mots devant les puissants
Races de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir?
et ne s’arrêtait pas à faire des vœux pieux
Produisez donc des fruits dignes de la repentance… Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n’en a point, et que celui qui a de quoi manger agisse de même. ..
Alors évidemment, comme on pouvait s’y attendre, il ne s’est pas fait de vieux os et finira décapité par un certain Hérode, le grand de l’époque qui en réalité n’était qu’un faible et un médiocre
Pas étonnant qu’il n’y ait pas beaucoup de Jean Baptiste à notre époque !