2026 :Imprévisibilité

Le 31 décembre 2025/1 janvier 2026, USA

Quelle année pour l’année prochaine?

Plus que jamais ça semble être l’année de l’imprévisibilité….

Certains nous disent que c’est l’année du cheval, en tout cas ce serait le cas selon les signes astrologiques chinois (mais qui ne commence qu’en février d’ailleurs)

Je ne sais pas ce que ça signifie mais moi ça ne me semble pas de bonne augure….

Le cheval ? C’est un bel animal bien sûr mais par les temps qui courent il évoque plutôt ces chevaux effrayants de l’apocalypse qui répandent le malheur sur leur passage…

Au galop, ils arrivent les uns après les autres et parcourent la terre apportant leur lot de calamités de toutes sortes : violence, guerre, oppression, famine, épidémie etc..

Lequel des 4 chevaux de l’apocalypse sera celui, qui dominera cette année ?

(Le texte biblique bien entendu a toute sortes d’interprétation*…si les 3 derniers représentent bien toutes les calamités possibles imaginables le premier, un cheval blanc sur lequel est assis un roi est pour certains l’image positive du Christ et pour d’autres il est celle de l anti christ trompeur et manipulateur )

Il faut dire que si on fait un tour d’horizon aujourd’hui, on voit facilement comment ces chevaux galopent déjà dans bien des régions du monde où règnent la terreur et la faim…. 

La question que l’on se pose est de savoir s’ils pénétreront dans notre pré carré ou, si au contraire on sera épargné….

Imprévisibilité

c’est vraiment le mot qui s’impose à moi en ce début d’année 

Mais imprévisibilité après tout, ça veut dire

A la grâce de Dieu

et ça, ça me convient très bien 

Ça me permet sans arrière pensée 

De souhaiter à tous et à toutes 

Une très bonne année !

*le texte biblique est le chapitre 6 de l’apocalypse : https://www.aelf.org/bible/Ap/6

Faire la fête: du bonheur et du malheur

le 22 décembre 2025, USA

Il ne faut pas s’excuser d’être heureux…

d’avoir un toit au-dessus de nos têtes, d’avoir de quoi manger dans nos assiettes et d’être entouré de gens qui nous aiment…

Sous prétexte que

il y en a d’autres pour qui ce n’est pas le cas…

Le désir de Dieu pour l’être humain a toujours été qu’il soit heureux, et c’est dans ce but qu’ il a crée un univers avec ses millions de galaxies qui à juste titre a été appelé un Éden, un paradis…

(Une fois de plus ce matin, le soleil s’est levé et le ciel s’est embrasé…)

Ce n’est pas notre bonheur qui est un scandale, c’est le malheur des autres …

parce qu’il ne devrait pas être

Les petites joies dont on fait l’expérience quotidiennement sont un appel au partage, à la compassion et à la solidarité, pas à la culpabilité

La culpabilité ne sert à rien*, elle ne rend pas plus heureux ceux sont qui sont malheureux,

Un certain Jésus a dit un jour aux rabat-joie et trouble-fête…

« Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé [….] Le Fils de l’homme est venu, mangeant et buvant, et ils disent: C’est un mangeur et un buveur, un ami des publicains et des gens de mauvaise vie »

Alors, dansons quand il est encore temps

Après tout, c’est bientôt Noël !

***

* Par contre la repentance, ça c’est autre chose!

PS : Que s’est-il passé pour que ce monde créé pour le bonheur soit devenu un lieu de destruction et de malheur pour beaucoup ? La question reste ouverte, que l’on croie ou non au récit de la chute de l’homme dans le livre de la genèse : le constat est le même.

L’Avent à l’ordre du jour

le 17 décembre 2025. USA

( la photo a été prise ce matin)

L’Avent

les prières et les méditations sur le web abondent : toutes appellent à l’espérance et même à la joie en ces temps moroses…,

annonçant la venue d’un monde de paix et de justice où comme Marie l’a dit, le Dieu de l’univers

Déployant la force de son bras, […] disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles..Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.

Pourtant, c’est tout le contraire que l’on observe autour de soi…

Les insultes continuent à fuser d’un des hommes les plus puissants du monde

Celui qui est aujourd’hui considéré comme le plus riche de la planète, non seulement continue à s’enrichir mais utilise ses ressources pour promouvoir la suspicion voire la haine envers les affamés, et les persécutés pour qu’on leur ferme la porte au nez…

et bien sûr les armes continuent à proliférer et à massacrer les gens qui ne demandaient rien d’autre que de vivre tranquillement…

En réalité, ce n’est pas vraiment vrai

car autour de moi, malgré tout

ce que je peux observer est tout autre de ce que l’on lit ou ce dont on entend parler sur les chaînes d’actualités qui tournent en boucle tout la journée

au milieu de cette grande foire à la consommation qu’est cette époque de l’année…

je remarque un regain de générosité et de solidarité

même chez ces chrétiens qui votent pour des programmes politiques qui vont à l’encontre de l’aide aux pauvres, aux migrants, aux malades etc…

Ils participent avec enthousiasme aux initiatives qui s’assurent que leurs voisins aient de quoi manger, de quoi se chauffer, de quoi même donner des cadeaux de Noël à leurs enfants…

Je m’étonne de cet écart ou même de cette disjonction dans leur tête entre d’une part ce qu’ils font concrètement parlant et d’autre part, leur adhérence aux discours virulents d’hommes et de femmes qui incitent à la peur et à la haine envers tout un pan de la population qu’ils ont désigné comme responsables de tous les maux de la société …. quand je sais leur tolérance et leur compassion pour ces même gens quand ils deviennent leurs voisins dans le besoin …

C’est vrai il y a des gens qui sont foncièrement méchants, égoïstes, racistes et misogynes etc….et qui détestent tout le monde par principe… mais certainement pas tous…

Le problème c’est que l’on ne se rend pas compte (ou on ne veut pas l’entendre) que l’annonce faite à Marie de la venue d’un Sauveur n’est pas de quelqu’un qui coupe notre vie en deux : le privé, le religieux, le spirituel, d’un côté, isolé détaché de l’autre, le public, le politique, l’économique où tous les coups sont bons et l’on peut piétiner allègrement les êtres humains qui nous dérangent sur notre chemin pour obtenir une paix sociale factice… voire une richesse illusoire

Ce rappel de Marie dans son cantique sur la nature du Dieu qui

renverse les puissants de leurs trônes, [..] élève les humbles.[..]comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.

Est bien concret et précis , ancré dans le réel promettant une vraie justice sociale : il précède l’autre annonce auprès des bergers, ces travailleurs 24/24 qui couchaient dehors pour prendre soin de troupeaux qui peut-être ne leur appartenaient pas, où c’est la paix qui fait son apparition, cette paix tant recherchée

Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes…

et précède aussi`la prière de Jésus lui-même qui relie le tout en demandant que l’on prie,

Que ton règne arrive que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel…

Oui, Sur la terre qui en a tant besoin..

L’Avent,

supplique et promesse ,

plus que jamais,

à l’ordre du jour

Hommage à un vieux poêle à bois

12 décembre 2025, la Virginie, USA

L’hiver est là,

il fait froid

je ne peux plus faire semblant

mes doigts gelés ce matin

jusque dans mes gants

m’ont obligé à le reconnaître

le froid qui pénètre

malgré tous mes efforts

est là pour rester

il me faut l’accepter

***

il n’est plus aussi attrayant

qu’au milieu de l’été

quand je rêvais de sa fraîcheur

et l’appelait de mes vœux..

le jour se lève trop tard

la nuit tombe trop tôt

et sortir pour voir briller les étoiles dehors

Non, non ! il n’en est pas question !

***

Le bois qui brûle dans le poêle

pour nous réchauffer

Seule joie, unique réconfort

contre la rudesse et la tristesse

de ces longs mois d’hiver

Sur le seuil : prière du lundi

Lundi 8 décembre 2025 , banlieue de Washington DC

« Oui, un jour dans tes parvis en vaut plus que mille. J’ai choisi de me tenir sur 

sur le seuil, … »*

Se tenir sur le seuil

Ne pas entrer

Respecter la distance

Entre Lui et moi

Je veux rester là 

en silence 

Juste au bord de l’espace sacré 

De Sa présence 

***

Le jour n’est pas encore venu

D’y entrer de plein pied

(Même si je sais que j’y suis invitée )

Pour l’instant il me faut encore retourner

Sur le chemin des vivants

Où m’attendent tes enfants

***

Il me suffit d’un seul moment 

Pour être rassérénée

Et redémarrer 

d’un pas allègre et confiant

Où que ce soit 

Que Ton chemin 

me conduira

*psaume 83

Hommage à Marie, cette inconnue

réactualisé, le dimanche 7 décembre 2025

publié une première fois en 2020

J’en reviens toujours là, à Marie cette inconnue…à cette période qui précède Noël

Si ce n’était pas pour Luc, elle serait pratiquement invisible.., moi qui est en train de lire et d’étudier Marc, je ne l’y rencontre pas…Pourtant elle m’intrigue, cette Marie…

Marie cette inconnue

Pour les disciples, il y a la Transfiguration et après cette transfiguration , il y aura la déception de la passion… pour Marie, il y a le texte de l’annonciationet entre la promesse qui lui est faite de l’enfant qu’elle aura et la réalité vécue, ce sera le grand écart…

Le texte dit « L’ange lui dit: Ne crains point, Marie; car tu as trouvé grâce devant Dieu. Et voici, tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père.… Il régnera sur la maison de Jacob éternellement, et son règne n’aura point de fin »

J’ai envie de dire qu’avec une promesse pareille, évidemment qu’elle a dit oui : avoir un fils qui deviendra roi, et pas n’importe quel roi, le roi d’Israël, celui qui chassera le roi étranger pour reprendre le pouvoir, quelle femme ne voudrait pas avoir la fierté d’en devenir la mère. N’est-ce pas le désir de toutes les mères que leurs enfants réussissent ? Ne sont-elles pas fières de dire mon fils il est ministre, docteur ou président….Se vanter de ses enfants n’est-ce pas une prérogative de parents ? Et en plus devenir la reine mère n’est-ce pas un statut qui donne honneur et richesse ?

Est-ce que l’on se rend compte que cette promesse qui lui a été faite ne s’est pas réalisée à commencer par les conditions particulièrement difficiles de la naissance de Jésus ? Marie ne s’attendait-elle pas à ce qu’il y ait de la place dans une auberge et que Dieu interviendrait pour qu’il y ait quelqu’un, peut-être même un étranger riche sur la route, style bon Samaritain qui aurait pitié d’elle et offre sa demeure pour qu’elle puisse y accoucher dans un minimum de confort ? Ce n’est qu’après, que des bergers se sont présentés et sont venus rendre hommage à son nouveau-né, mais des bergers ce n’était pas des gens vraiment importants…. les mages peut-être mais bien plus tard

Mais ça n’en est pas resté là, il y a eu la fuite en Égypte la nuit après une menace de mort sur l’enfant, et il y a eu aussi la panique d’avoir oublié un enfant au cours d’un voyage à Jérusalem….

( Ça m’est arrivé d’avoir découvert l’absence d’un de mes enfants pendant un voyage pensant qu’il était avec quelqu’un d’autre : j’en ai encore un souvenir horrible…)

Et puis, et puis, il y a eu quand même des moments désagréables où elle s’est faite envoyée promener par son fils quand elle le cherchait, lui qui maintenant était devenu célèbre mais semblait avoir oublié que c’était sa mère ( comme tous les enfants, en somme quand ils réussissent quelquefois) …Heureusement quand même que l’on a l’épisode des noces de Cana où sa mère qui s’était rendue compte qu’il pouvait faire des miracles lui avait demandé d’en faire un pour lui faire plaisir même si elle a dû lui forcer la main parce qu’il en avait pas très envie au début…

(Alors il y a des tas de théories là-dessus, du style, c’est Marie qui lui a révélé qu’il pouvait faire des miracles et qui l’a poussé à commencer son ministère, le rôle de la mère c’est d’aider les enfants à accoucher d’eux-même etc…comme on n’a pas beaucoup de détails et que le texte est finalement assez succin, on peut s’en donner à coeur joie. Alors le psychologisme, pour expliquer la relation Marie Jésus, on en raffole…)

Et bien sûr et bien sûr, il y a eu la terrible condamnation à mort et la honte avec la crucifixion .

Combien de fois, combien de fois a dû-t-elle se demander : quand Dieu interviendra-il pour que mon fils soit libéré et acquitté? Combien de fois s’est-elle demandé quand mon fils va-t-il commencer à se défendre ou ces disciples vont-ils venir pour le sauver, et tous ces gens qui l’ont suivi, tous ces gens qu’il a guéri, ne vont ils pas intervenir en sa faveur, ne devraient-ils pas avoir un minimum de reconnaissance….parmi eux il semblait qu’il y avait quand même des gens influents…

Où est-elle cette belle promesse à laquelle elle avait dit oui, et qui disait que son fils allait être sur le trône de David et que son règne n’aurait pas de fin ? Comment était-il possible qu’au dernier moment il n’ait pas pu faire de miracle pour se sauver et que Dieu n’en ait pas fait pour lui..

On connaît bien le cri de Jésus qui nous a été rapporté : pourquoi m’as-tu abandonné ? Mais celui de Marie, ses supplications, on ne les connaît pas. On sait seulement qu’elle était là ( quand même, on nous le dit!) mais d’une certaine manière ça n’étonne pas: une mère qui n’abandonne pas son fils, qui reste auprès de lui, quand tous les autres l’abandonnent…(en tout cas, moi j’en ai vu beaucoup)

En fait ce que l’on sait de Marie, après ce moment d’enthousiasme où elle a laissé éclaté sa joie en récitant ce cantique de louange envers son Dieu, au moment de la promesse, c’est uniquement son silence. Comme le silence de tous les juifs qui a travers les siècles ont été conduits à l’abattoir et se sont demandés quand leur Dieu viendrait les sauver.…

Comme tous les chrétiens persécutés qui ne sont pas sauvés au dernier moment par une intervention divine

Évidemment, Jésus est ressuscité, c’est facile de croire après, et nous on sera toujours de ceux qui sont venus après…mais quand même comme Marie à un moment donné, l’après vient bien tard …quand on attend, quand on souffre, quand tout a l’air de s’effondrer autour de nous et que les promesses semblent bien lointaines.

*   *   *

Le silence de Marie des évangiles canoniques, le peuple ne l’a pas accepté. Sa mise de côté, sa mise à l’écart, à travers les siècles, on a voulu la réparer : alors on a commencé par écrire des évangiles apocryphes pour raconter son histoire et suppléer à la pauvreté des informations qu’on avait….et puis on a voulu lui donner son statut de mère du roi que lui avait annoncé l’ange et qui lui avait échappé sur cette terre ….Le peuple l’a couronnée et la faite reine…

Après bien sûr après, tout cela est arrivé après…

Mais la Marie d’avant, c’est celle-là qui m’intéresse, celle en chair et en os, celle qui a dit oui à une belle promesse qui n’a pas été tenue pendant longtemps…pas la Marie du mythe, des images pieuses, des icônes, pas la Marie recréée, imaginée, souriante et pacifiée…la Marie « historique » celle que personne ne connaît sauf ceux qui ont vécu à ce moment là ( à moins que comme certains le pensent, même celle-là n’a jamais vraiment existé et qu’il ne faudrait pas prendre argent comptant rien de ce qui est écrit…)

À cette Marie là, silencieuse et réservée, mystérieuse et méconnue je dis moi aussi aujourd’hui

Je vous salue Marie,

Vous le méritez bien!

N.B. Adapté du texte écrit en 2017 sur ce blog..

Avent: signes d’espérance

le 5 décembre, 2025 la Virginie

la première neige est arrivée pendant la nuit quand je n’y croyais plus,

un beau cardinal d’un rouge éclatant a retrouvé la mangeoire devant ma fenêtre,

( impossible de le prendre en photo, il s’est envolé au premier mouvement derrière les carreaux)

et alors que j’avais le cœur lourd pour un de mes enfants ( qui est aussi l’un des Tiens) en souffrance

l’Avent,

avec son message d’espérance est venu proclamer :

«  Le peuple qui marchait dans les ténèbres Voit une grande lumière; Sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre de la mort Une lumière resplendit » (Isaïe 9:2)

J’entends résonner dans ma tête la voix profonde du ténor qui ouvre le fameux oratorio du Messie de Handel en le chantant

« “Comfort ye, comfort ye my people, saith your God, saith your God »

Paroles de réconfort, toujours d’actualité dans ses temps chaotiques…

Laquelle des trois églises?

peinture de Marc Chagall

Du 10 au 23 novembre, Auvergne, Paris, Virginie

la 1ère ou la dernière en date, en Virginie

Maintenant que je suis de l’autre côté de l’Atlantique… je retrouve cette petite église rurale à laquelle assistent trois pelés et deux tondus…

Rien n’est traditionnel ni solennel dans ce lieu ( sauf un drapeau américain installé sur le côté gauche), encore moins historique : un bâtiment rectangulaire sans clocher, une grande pièce, avec un pupitre roulant au milieu, des chaises en métal, pliables, alignées en rang les unes derrière les autres, une cuisine américaine ( c’est le cas de le dire!) au fond, des toilettes et des pièces utilisées pour l’enseignement des plus jeunes ou une garderie pour les petits… ( bien vides ces derniers temps)

Le pasteur étant absent ( il est aussi musicien professionnel ce qui lui permet de suppléer à son maigre salaire) , c’est un membre du groupe qui a dirigé le culte, qui lui n’avait rien de traditionnel non plus : en bras de chemise, dans la quarantaine, ses bras nus étaient totalement couverts de tatouage… !

Étonnement ( je dis étonnement car je suis bourrée d’a priori) son sermon a été tout à fait convenable : commentaire du psaume 91, en ces périodes de fêtes de fin d’année, à commencer par Thanksgiving, la fête familiale par excellence ici, il a parlé de toutes ces personnes qui sont déprimées à cette époque parce-qu’elles n’ont pas de famille, vivent dans la précarité la solitude et la détresse…et qui avaient besoin de savoir qu’ils pouvaient avoir confiance en Dieu, qui ne les abandonnerait pas et les délivrerait le moment venu…

Il devait savoir ce dont il parlait même s’il avait l’air plutôt avenant ce jour là et les gens présents auxquels il s’adressait avaient certainement vécu bien des galères : je connais l’histoire de quelques uns , leurs problèmes de santé chronique, de perte soudaine d’un emploi, ou au contraire de travail épuisant, de drames familiaux, d’enfants ou de petits enfants addicts à la drogue, de neveux et nièces interpelés par la police pour conduire en état d’ébriété, de voisins ou collègues victimes ou perprétrateurs de violence … c’est au moment du partage des intentions de prière que j’ai l’impression que c’est toute la détresse du monde qui est évoquée dans ce microcosme de paroisse…Ici on ne fait pas semblant…

Évangéliques bien ‘blancs’, dont beaucoup on dirait dans le vocabulaire français, «n’ont pas réussi» ou en anglais «losers» et qui quand ils vont mieux ont tendance à émigrer vers une congrégation un peu plus structurée avec des gens plus convenables…

En tout cas, l’évangile de la prospérité dont on nous parle tant dans les médias…ici on ne connaît pas…( pourtant, paradoxe, beaucoup d’entre eux ont voté pour les milliardaires qui se trouvent aujourd’hui dans la Maison Blanche )

La deuxième, à Paris

Le contraste, la vraie paroisse de nantis !

Celle dans laquelle je suis allée quand je suis passée par Paris avant de revenir ici… Faut dire à leur décharge que quand on a pignon sur rue , dans le premier arrondissement, côté faubourg St Honoré… à quoi d’autre pourrait-on s’attendre ?

Je l’avais donc bien cherché : j’avais envie, pour une fois, d’aller dans une église où je pouvais écouter de la belle musique d’orgue jouée par un professionnel, une chorale qui ne chante pas faux et jouir de la tranquillité que procure une organisation sans faille où chacun a un rôle assigné d’avance où les enfants ne courent pas un peu partout.. et où il n’y a pas de SDF agressif qui s’introduise au milieu du culte pour en perturber le déroulement …

Et effectivement, j’en ai eu pour mon argent !

Bulletins imprimés et distribués à l’entrée, lieu surveillé et sécurisé indiquaient une ou deux notices, tout un beau monde bien habillé et bien présenté ( je ne veux pas dire complet cravate pour les hommes et robes pour les femmes, mais chaussures de tennis et jeans de marque, dans le mode sobre et écolo et surtout pas de style, m’as-tu vu, comme on le voit chez les nouveaux riches ou dans certaines communautés issues de l’immigration…peut-être pas tous aussi blancs que dans la virginie rurale, mais presque.. ).

Ceux qui se connaissaient, se saluaient poliment, sans effusion, des visages plutôt tristes, en tout cas sérieux et circonspects. Un sourire ou deux quand les plus jeunes ont été invités à faire une lecture pendant le culte, mais si non rien qui ne fasse craindre un débordement quelconque… L’église était sinon, pleine bien fréquentée, devrais-je ajouter…

Quant au bâtiment, il était historique bien évidemment, classé en plus, (on pouvait visiter l’endroit certains jours et à certaines heures pendant la semaine) mais le plus étonnant peut-être est que, s’il n’y a pas eu de défilés solennels d’évêques en surplis jusqu’à un autel central, un pasteur homme en l’occurrence, déguisé en costume du 16 ème ( une robe noire avec un col rabat blanc, la tenue des professeurs d’université parait-il de l’époque) a grimpé dans une de ces chaires souvent tombées en désuétude, qui surplombent la congrégation à laquelle on parvient grâce par un escalier étroit en colimaçon pour y prononcer un sermon digne d’un détenteur d’un bac+ 10 : bien construit, basé sur des connaissances bibliques solides, avec une petite pointe d’humour au passage, et une note personnelle, pas trop long, où le prédicateur n’est pas un excité, et surtout où l’on pouvait attendre tranquillement la conclusion sans craindre d’être vraiment perturbé…. un sermon comme on les aime, qui ne fait pas de vague, un vrai plaisir à écouter…

( par contre l’Esprit Saint, persona non grata ? , il a dû quand même être là car Il a été nommé à un moment donné me semble-t-il là, mais il s’est fait tout petit… pour ne pas perturber non plus ? En tout cas aucun souvenir de ce que le pasteur a pu dire sauf que c’était d’une grande subtilité théologique qui paraît-il n’était pas anodine )

Bref, à la fin, pour couronner l’expérience et ne pas enfreindre à la tradition de mon enfance, on est allé dans une pâtisserie pour acheter des gâteaux pour nos hôtes… qui eux avaient mille et une tâche à assumer … et pour qui se déplacer pour une belle expérience esthétique n’était pas la priorité…

et la troisième, au fin fond de l’Auvergne dans les déserts médicaux ou/et ecclésiaux..

Face à ces deux groupes si éloignées l’un de l’autre, je finirais par mentionner, cette église rurale, catholique celle-là, où je vais quelquefois, et où assistent trois pelés et deux tondus comme la première, et officie un prêtre d’outre mer ( c’était pas un cadeau qu’on lui avait fait, ces églises de vieux alors que lui devait être habitué à des églises pleines de jeunes ) , dans une église énorme, froide bien sûr, avec des fissures dans la coupole, ( à chaque fois je me demande si un de ces 4, le ciel va nous tomber sur la terre), où il doit galérer pour trouver au dernier moment parmi les quelques personnes présentes qui essaient de s’esquiver, quelqu’un qui accepte de faire les lectures où même d’entonner les chants… (Il doit y avoir un orgue… mais ça fait belle lurette qu’il n’y a plus personne pour le jouer…)

Pas question de passer à une bonne pâtisserie après la messe, car plus vraiment de pâtisserie dans cette petite ville, une seule boulangerie qui quelquefois est fermée d’ailleurs…

Entre les trois mon cœur balance ?

En réalité pas vraiment… si de temps en temps j’ai envie de me retrouver dans un beau lieu silencieux pour prier, ou dans une église pour vibrer au son des grandes orgues, quand il s’agit de vivre au sein d’une communauté chrétienne, je préfère de loin celles qui sont bancales…si tout marche comme sur des roulettes, je me méfie, j’ai envie de mettre un coup de pied dans la fourmilière pour voir ce qui va en sortir…

je me souviens de cette parole de Jésus

«Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs »

Alors quand les gens sont trop beaux, trop polis, trop sages, ça me fait penser à un club auquel seul un groupe de personnes trié sur le volet peut appartenir pas à un groupe de personnes que Jésus a appelé à le suivre. Une église où des dirigeants appartiennent à une classe sociale de privilégiés où les moins fortunés sont absents ou relégués au deuxième rang ou pire encore sont uniquement l’objet de la charité organisée de la communauté , ce n’est pas celle instituée par Jésus..

(Si parmi les églises les plus fréquentables, il y a certainement des pêcheurs/des ratés/ des losers, on prend bien soin de ne pas le montrer pour ne pas dépareiller si illustre et sainte assemblée le dimanche! )

Il y a donc l’Église avec une majuscule, celle qui se déguise plus ou moins tous les dimanches pour apparaître convenable et dont on parle au singulier avec souvent à juste titre un soupir de désapprobation …

et il y a les autres …

anonymes, insignifiantes, bringuebalantes…

celles où c’est Jésus qui officie…

En vrac

vendredi 14 novembre Reston, Va

De l’avion, les nuages semblent toujours irréels, 

ils flottent comme dans les rêves …

(Même si l’avion aujourd’hui a mauvaise réputation, ça reste quand même une invention extraordinaire …et cette fois-ci grâce au locataire de la Maison Blanche et sa mauvaise réputation l’avion était à moitié vide ou plein selon…de quoi s’étirer en classe économie, donc beaucoup moins fatigant que d’habitude)

Mais aujourd’hui, le ciel est bleu et il n’y a pratiquement pas de nuages…

Par contre dans le bois avoisinant aux arbres s’accrochent encore des feuilles rousses derniers témoins de l’automne 

 Ce matin le froid sec est annonciateur de l’hiver 

Des ouvriers coupent un arbre et comme par hasard, ils parlent tous en espagnol…

Ça, ça ne change pas, toujours les mêmes qui travaillent 

et pour l’instant ceux-là ont pu échappé aux rafles

(On est dans la banlieue de la Virginie qui vient d’élire une gouverneure démocrate, donc théoriquement, ils devraient être plus en sécurité)

J’échange quelques mots avec eux en passant sans m’attarder : on se souhaite une bonne journée…

Les enfants à l’arrêt du car scolaire ont grandi …au cocktail habituel s’est ajouté un enfant asiatique ( japonais? Non,  coréen rectifie mon petit-fils)

C’est toujours le même cri d’avertissement quand arrive le car: tout le monde se précipite pour ramasser son cartable laissé sur le sol pour mieux jouer.

Je n’ai pas envie de regarder les chaînes d’actualités ici … je ne suis pas prête 

mais je sais que de l’autre côté de l’Atlantique on a commémoré les attentats du Bataclan… 

On les a vécus ici en direct il y a dix ans à travers les messages affolés d’amis qui étaient dans le quartier avant de voir les reportages

À des milliers de km on a prié de toutes nos forces…

De belles commémorations se sont déroulées…mais je n’ai pas regardé non plus, 

seuls le recueillement et le silence me semblent respecter la douleur des victimes et de leurs familles, 

Les mots sont superflus et évidemment les déclarations de la classe politique m’agacent 

Les supermarchés des deux côtés de l’Atlantique se ressemblent …sauf qu’on n’a pas besoin de pièce pour prendre un chariot, que tout est vraiment en anglais et pas qu’à moitié pour attirer le client …. et les prix affichés ne sont pas les vrais prix car quand on arrive en caisse, la TVA est ajoutée après coup, calculée selon la localité et les produits achetés…ce qui est trompeur et bien sûr énervant !

En tout cas, le soleil est le même 

Et même 

si les nuages y sont éphémères

contempler le coin de cette planète malmenée mais tellement belle , 

me rassure et me réconforte 

Merci de l’avoir imaginée!