7 avril 2026, la Virginie
Jean 8 : 51-59
(Ouf ! Il s ‘est calmé : le braillard de la Maison Blanche après des déclarations tellement excessives que ses fidèles les plus loyaux l’ont dénoncé ( mais pas tous) remettant en cause sa santé mentale, On peut imaginer que dans l’ombre beaucoup ont agi pour l’empêcher de déclencher l’Harmaguédon mais finalement comme Jésus l’a dit lui-même, seul le Père en connaît la date, même pas le fils.. Ça sera donc pour une autre fois…Ajoutons que depuis, il s’en est pris au pape, la saga continue)
Fin du chapitre 8 et de ce long échange de Jésus avec ses contradicteurs
Amen, amen, je vous le dis : si quelqu’un garde ma parole, jamais il ne verra la mort. »
Les Juifs lui dirent : « Maintenant nous savons bien que tu as un démon. Abraham est mort, les prophètes aussi, et toi, tu dis : “Si quelqu’un garde ma parole, il ne connaîtra jamais la mort.”
Es-tu donc plus grand que notre père Abraham ? Il est mort, et les prophètes aussi sont morts. Pour qui te prends-tu ? »
Jésus répondit : « Si je me glorifie moi-même, ma gloire n’est rien ; c’est mon Père qui me glorifie, lui dont vous dites : “Il est notre Dieu”,
alors que vous ne le connaissez pas. Moi, je le connais et, si je dis que je ne le connais pas, je serai comme vous, un menteur. Mais je le connais, et sa parole, je la garde.
Abraham votre père a exulté, sachant qu’il verrait mon Jour. Il l’a vu, et il s’est réjoui. »
Les Juifs lui dirent alors : « Toi qui n’as pas encore cinquante ans, tu as vu Abraham ! »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : avant qu’Abraham fût, moi, JE SUIS. »
Alors ils ramassèrent des pierres pour les lui jeter. Mais Jésus, en se cachant, sortit du Temple.
***
J’avais découpé ce texte artificiellement car aller jusqu’au bout du chapitre aurait été trop long .. de toutes façons on sait que le découpage en chapitre est tardif donc artificiel par définition, ce qui fait que je n’ai pas besoin de me préoccuper ni de m’excuser ou me justifier, sauf que j’avais interrompu un échange qui se déroulait, il ne faut donc pas isoler ce texte de ce qui le précède
Amen, amen, je vous le dis : si quelqu’un garde ma parole, jamais il ne verra la mort. »
Jésus a le don de faire de la surenchère au lieu d’apaiser ses interlocuteurs qui ici sont plutôt des détracteurs qu’autre chose: il sait très bien qu’ils allaient réagir car ils prendraient au pied de la lettre ce qu’il dit sachant qu’il devrait être évident que Jésus parle de mort spirituelle… mais il entretien l’ambiguïté au lieu au contraire de la dissiper
Et évidemment, la réaction ne se fait pas attendre..
Les Juifs lui dirent : « Maintenant nous savons bien que tu as un démon. Abraham est mort, les prophètes aussi, et toi, tu dis : “Si quelqu’un garde ma parole, il ne connaîtra jamais la mort.” Es-tu donc plus grand que notre père Abraham ? Il est mort, et les prophètes aussi sont morts. Pour qui te prends-tu ? »
Tout est dit dans ce Pour qui te prends-tu ? La prétention de Jésus de pouvoir donner la vie éternelle pour ceux qui croient en lui est effectivement outrancière et d’une vantardise sans mesure et pourrait très bien être comprise comme le fait de quelqu’un qui est doté d’un ego surdimensionné ou d’un malade mental d’où l’allusion au démon.
Jésus répondit : « Si je me glorifie moi-même, ma gloire n’est rien ; c’est mon Père qui me glorifie, lui dont vous dites : “Il est notre Dieu”,
alors que vous ne le connaissez pas. Moi, je le connais et, si je dis que je ne le connais pas, je serai comme vous, un menteur. Mais je le connais, et sa parole, je la garde.
Pour répondre à cette critique acerbe, Jésus reprend le même argument qu’il invoque depuis le début de la conversation à savoir sa relation d’intimité avec le Dieu d’Abraham qu’il appelle son Père: il lui donne toujours la primauté et affirme ne jamais parler en son nom propre. Ce qui évidemment n’est pas vérifiable par ses interlocuteurs, car Dieu n’est pas là « en personne » pour donner son témoignage …
Jésus continue en disant que sa connaissance de Dieu est réelle, et plus que réelle, elle est vraie. Laissant de côté l’accusation d’être un orgueilleux, il se défend par contre d’être un menteur ayant auparavant accusé ses détracteurs d’être fils du démon qu’il a qualifié de, père du mensonge.
Abraham votre père a exulté, sachant qu’il verrait mon Jour. Il l’a vu, et il s’est réjoui. »
Les Juifs lui dirent alors : « Toi qui n’as pas encore cinquante ans, tu as vu Abraham ! » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : avant qu’Abraham fût, moi, JE SUIS. » Alors ils ramassèrent des pierres pour les lui jeter. Mais Jésus, en se cachant, sortit du Temple.
Jésus continue à en rajouter !
En faisant appel à Abraham, il retourne sur leur propre terrain, celui du début de cet échange, ou eux, ils se sont vantés d’en être des descendants et se situe bien au-dessus d’eux… mais il va très loin en affirmant que son existence précède celle d’Abraham en réponse à leur indignation devant sa prétention de le connaître.
Moi ( alors je ne connais pas le texte dans son origine) je n’y vois pas une déclaration de son égalité avec Dieu son père, mais certainement celle d’être un être divin : de toutes façons pour ceux qui l’écoutent à ce moment là, c’est une outrance sacrilège, voire un blasphème, une preuve qu’il a un démon ou qu’il est un fou furieux, ce qui reviendrait au même.
La réaction de ses interlocuteurs de vouloir lui jeter des pierres ici semble presque naturelle et ne signifie pas nécessairement qu’ils veulent le tuer : en tout cas le chasser de l’enceinte du temple et le faire taire…
* * *
Ce que j’en retiens
Tout au cours de ce long échange, j’ai voulu me concentrer sur la réaction des interlocuteurs de Jésus et leur argumentation pour essayer de mieux comprendre ce que disait Jésus de lui-même et reconnaître le bien fondé de leurs réactions. J’ai essayé de m’éloigner le plus possible de toute la polémique sur la trinité dont cette discussion deviendra par la suite un texte de référence majeur mais qui se déclenchera au moins un siècle plus tard…
Ici, les réponses que Jésus donne au questionnement de ses interlocuteurs, même à ceux qui ne lui sont pas hostiles, ne peut qu’augmenter leur perplexité. Il répète toujours et encore que Dieu est son Père et son témoin, (ce qui est invérifiable) et parle de sa dépendance totale de Lui, s’attribuant en même temps des pouvoirs démesurés. Il semble qu’il fasse exprès d’entretenir l’ambiguïté du sens des paroles qu’il prononce, (celui qui croit en moi ne mourra jamais ) et ainsi de brouiller les pistes sur sa personne, éloignant toute tentative rationnelle de compréhension insistant uniquement sur sa relation d’intimité étroite avec ce Père qu’il invoque constamment.
Et puis il s’étonne en disant mais vous ne comprenez pas ?
Eh bien non, ce n’est toujours pas facile à comprendre après deux mille ans et à la fin de cet épisode, pour moi, le mystère de la relation Père fils reste tout entier : elle est inclassable. C’est pour cela que j’adhère à cette déclaration de foi toute simple des deux premières lignes du credo/symbole des apôtres qui l’énonce telle quelle sans la définir :
« je crois en Dieu père tout puissant créateur du ciel et de la terre,
et aussi « je crois en Jésus Christ, son fils unique, notre Seigneur…
Cette relation unique, Jésus lui la proclame clairement maintes fois comme un fait avéré et évident, se refusant à toute autre élaboration : c’est à prendre ou à laisser semble -t-il dire à ses interlocuteurs encore aujourd’hui !

Sur le seuil de ma porte… la beauté des arbres reverdis