le 20 mai 2026, Auvergne 2026
photo: ce matin à l’aube
Le “Notre Père“
C’est dommage que ce soit devenu une prière que l’on récite mais pas un enseignement que l’on médite pour le mettre en pratique…
On ressort toujours cette prière pour la réciter à l’unisson au moment des rencontres œcuméniques car c’est le seul texte liturgique sur lequel on s’entend : on le prononce alors haut et fort content de pouvoir dire ce texte consensuel qui nous donne l’illusion de l’unité.
Or l’unité des chrétiens, comme corps du Christ, elle est actée autre part : elle est dans ce moment où Jésus en partageant le pain et le vin scelle l’appartenance intime et profonde de tous ceux qui le suivent en prononçant les paroles étonnantes du « Prenez, mangez, ceci est mon corps. [….] Buvez-en tous car ceci est mon sang, ».
En demandant à ses disciples de répéter ses gestes et ses paroles à la fin d’un repas (en mémoire de moi) il pose un acte qui met au centre de la foi chrétienne le don de sa personne toute entière et pas de la nôtre. Ce n’est pas nous qui donnons quoi que ce soit, nous ne faisons que recevoir, : l’unité en Christ n’est pas à construire elle est une réalité actée et offerte par Jésus.
Mais voilà, ce rite du souvenir institué par Lui, au lieu d’être la reconnaissance de notre unité, c’est au contraire le lieu où l’on montre le plus notre désunion : on s’interdit d’y participer ensemble, sous prétexte que selon nos critères les autres, ceux qui n’appartiennent pas à notre communauté ne seraient pas dignes d’y prendre part.
(Du côté catholique, c’est l’adhérence au dogme de la transubstantation qui fait problème et du côté protestant et évangélique c’est plutôt l’admonition de Paul qui condamne « celui qui mange et boit sans discerner le corps du Seigneur»)
Bref, en tout cas, cette belle prière, même si elle est une unité a minima, commence au moins par la formule de l’inclusion par excellence…
Notre Père ( pas le mon père, adressé aux prêtres),
et le Qui êtes aux cieux, en rajoute, le mettant dans un lieu hors de notre portée, bien loin d’aucun de nos territoires,
( ni à Jérusalem ni à Paris ni à Washington)
Tant pis pour nous, qui voudrions nous l’approprier et le garder en exclusivité !