le 20 octobre 2026 Auvergne
La photo a été prise le 12 octobre…aujourd’hui il pleut

Je m’étonne toujours de voir les événements qui se sont passés entre deux lectures du texte évangélique : il y a le déroulement de la vie de Jésus qui a son propre rythme et que je peux anticiper mais au milieu de cela, celui de la vie dans laquelle je me trouve qui est par certains côtés imprévisible !
Heureusement la pluie est enfin arrivée et le séjour du pape en France s’est passé sans incident (ce qui n’était pas gagné d’avance malgré le service de sécurité impressionnant) par contre, la colère des lycéens et les manifestations du 17 octobre avec ses scènes de violence qui ont fait le tour du monde, elles, n’avaient pas été anticipées même si comme toujours après les faits, tout le monde dit : on s’y attendait.C’est facile quand le présent devient le passé…
On retrouve Jésus dans une scène de la vie réelle, celle du décès récent d’un être cher à la suite d’une maladie.
Jean 11:11-28
Après ces paroles, il ajouta : « Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce sommeil. » Les disciples lui dirent alors : « Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé. »Jésus avait parlé de la mort ; eux pensaient qu’il parlait du repos du sommeil. Alors il leur dit ouvertement : « Lazare est mort, et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ! » Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), dit aux autres disciples : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! »
On commence par un malentendu ( compréhensible) entre Jésus et ses disciples car ils ne savent pas quand il faut le comprendre littéralement ou quand il utilise un langage allégorique. Par contre le rédacteur du texte, lui le sait et nous explique ce qu’il a voulu dire. Mais Jésus qui n’est pas là pour embarrasser ses disciples et les forcer à deviner ce qu’il veut dire, leur fait aussi savoir le sens de ses paroles : Lazare est mort.
La réaction de Didyme montre d’abord qu’il était normal qu ils se rendent immédiatement auprès de sa famille, comme on le fait toujours quand on apprend la mort d’un proche, mais elle montre aussi le danger que Jésus et ses disciples encouraient s’ils retournaient en Judée.
Ce qui va sembler incongru plus tard dans le texte, c’est que Jésus se réjouisse de ne pas avoir été là car cette attitude contredit sa réaction plus tard quand il se trouva devant le tombeau…
À son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà.
Comme souvent, il y a beaucoup de discussions en ce qui concerne la chronologie des événements à savoir quand Jésus s’est mis en route pour aller à Béthanie.. personnellement parlant, ça ne m’intéresse pas vraiment. Je note que les 4 jours sont certainement pour insister sur le fait que Lazare était bien ‘mort et enterré’ étant donné qu’ il y avait une croyance dans le judaïsme, selon laquelle l’âme du défunt restait 3 jours autour du corps, donc la possibilité qu’elle y retourne était maintenant dépassée.
Comme Béthanie était tout près de Jérusalem – à une distance de quinze stades (c’est-à-dire une demi-heure de marche environ) –,beaucoup de Juifs étaient venus réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère. Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison.
On s’attend bien à que ce soit Marthe qui vienne à la rencontre de Jésus et que Marie reste assise chez elle étant donné l’épisode où il nous est raconté que Marthe se plaint auprès de Jésus que sa sœur reste assise pendant qu’elle s’affaire à le servir. ( Luc 10 18-42)
Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. »Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. »Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. »Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ;quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? »Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. »
Cet échange entre Jésus et Marthe est notable car Marthe exprime bien ce qu’une personne « normale » ( juive, est-il besoin de le préciser?) de son entourage pense en ce qui concerne Jésus. Elle croit en ses pouvoirs de guérison et en sa relation privilégiée avec Dieu en tant que prophète et on peut se demander si elle n’avait pas été déçue que Jésus ne soit pas là même s’il n’y a pas l’ombre d’un reproche dans sa déclaration. Comme beaucoup de ses contemporains, sauf le groupe des sadducéens, elle croit aussi en la résurrection des morts et le jugement dernier à la fin des temps.
Jésus, lui teste les limites de ce qu’elle croit à son sujet et certainement elle ne croit pas que Jésus puisse ressusciter son frère même si sa foi en lui est grande quoique… elle laisse la porte ouverte à ce qu’il puisse faire des miracles plus impressionnants que des simples guérisons.
En tout cas, j’ai l’impression que sa réponse à l’affirmation très directe de Jésus que la personne qui croit en lui ne mourra pas, est mitigée car elle précise tout de suite que ce qu’elle croit c’est qu’il est bien le messie, ce qui en réalité est tout le nœud de l’histoire. Elle fait partie de ces quelques personnes auxquelles Jésus fait confiance et révèle directement qui Il est, ce qui n’est pas souvent le cas.
On retrouve ensuite Marie, celle qui semblait la plus proche de Jésus que sa sœur va chercher : l’hostilité ou même la rivalité qui a pu apparaître entre les deux sœurs autre part dans le récit évangélique a complètement disparu, ce qui est normal dans cette situation particulière de deuil familial, (on peut imaginer qu’elles aient été toutes les deux au chevet de leur frère avant sa mort).
Ayant dit cela, elle partit appeler sa sœur Marie, et lui dit tout bas : « Le Maître est là, il t’appelle. » Marie, dès qu’elle l’entendit, se leva rapidement et alla rejoindre Jésus.
Ce que j’en retiens
Cette fois-ci, c’est plutôt le fonctionnement de cette famille amie de Jésus qui m’intrigue peut-être parce que moi j’ai aussi une sœur ( j’en ai deux,en réalité) mais surtout parce- qu’il semble que ce soit une famille de frères et sœurs célibataires ! À aucun moment dans l’histoire n’apparaissent ni un mari ni une femme (et encore moins un enfant) et pas non plus de parent âgé dont ils s’occuperaient.
Serait ce pour cela que Jésus s’y sentait si bien ? Peut-on imaginer aussi qu’ils étaient dans la même tranche d’âge ? ( quand il n’y a pas de détails, en réalité, on peut imaginer tout ce que l’on veut et en tirer les conclusions qui nous conviennent !)
En tout cas, une famille respectée dans la communauté que les voisins viennent consoler au moment du décès d’un des leurs : ce qui se passe encore ici dans ce petit village où j’habite !
Mais finalement, au milieu de cette scène de deuil qui se déroule dans la normalité, Jésus a fait une déclaration qui semble tout à fait invraisemblable même pour un prophète :
« quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais »
Qui pourra bien le croire ou plutôt peut-être qu’a-t-il bien voulu dire?