Tribut à Jonas le récalcitrant!

( je n’ai pas pu vérifier l’origine de l’illustration: je l’ai trouvé sur un site qui n’en donne pas l’origine appelé vaillants doctorants)

14 Octobre 2026 Auvergne

Cette histoire de Jonas, c’est vraiment dommage que l’on ne se souvienne que de la partie où il se fait avaler par une baleine et que toutes les illustrations tournent autour de cette gueule grande ouverte et d’un Jonas, aux habits déchiquetés qui se retrouve à moitié nu sur une plage déserte…

Faut dire que c’est le genre d’histoire fantastique de monstres marins qui suscite la créativité de tous ceux qui ont un bon coup de crayon et que les enfants adorent entendre ( être vomi par une baleine, ça frappe l’imagination!) Mais le plus dommage c’est qu’elle a été un sujet de polémique pour les défenseurs de la littéralité historique des histoires bibliques, qui ont voulu prouver que cette histoire était possible contrairement à ceux sceptiques qui n’y voyaient qu’un mythe… ( c’est comme pour l’histoire de job, si extraordinaire dans ces questionnements sur l’existence du mal et où les gens se centrent uniquement sur l’introduction où il y a une conversation entre le diable et le bon Dieu)

Bref…

En tout cas l’histoire racontée de ce Jonas, considéré comme un prophète qui ose défier un ordre de Dieu qui ne lui plaît pas … jusqu’à faire exprès d’aller dans la direction opposée du lieu où Il lui a demandé d’aller, est pour le moins intéressante dans un livre sacré comme la bible

La parole de l’Éternel fut adressée à Jonas, fils d’Amitthaï, en ces mots: lève-toi, va à Ninive, la grande ville, et crie contre elle! car sa méchanceté est montée jusqu’à moi. Et Jonas se leva pour s’enfuir à Tarsis, loin de la face de l’Éternel. Il descendit à Japho, et il trouva un navire qui allait à Tarsis;

Refus plus cinglant, on ne peut imaginer… même si l’idée d’aller dans un endroit où Dieu ne le verrait pas apparaît enfantin et naïf, depuis Adam et Eve, vouloir se cacher et s’enfuir quand on a commis un méfait dans l’espoir de ne pas se faire attraper semble devenu instinctif

(Les cavales rocambolesques de malfaiteurs abondent dans les histoires qu’on raconte)

Le récit donc continue avec cette terrible tempête et comme toujours dans ces cas là , tout ce beau monde à bord se met à prier… ne sachant plus à quel saint se vouer vouent …pendant que lui Jonas, par contre dormait tranquillement, pensant qu’il s’était débarrassé de cette mission désagréable que Dieu lui avait donné…

Les matelots prirent peur ; ils crièrent chacun vers son dieu et, pour s’alléger, lancèrent la cargaison à la mer. Or, Jonas était descendu dans la cale du navire, il s’était couché et dormait d’un sommeil mystérieux.

Comme il arrive aussi dans ces situations d’urgence… si les prières que l’on fait ne semblent pas efficaces, pourquoi ne pas faire appel à un autre dieu ou utiliser une autre formule magique pour essayer de conjurer le sort. Ils réveillent donc Jonas en lui demandant à quel peuple il appartenait et quel était son dieu et Jonas explique

« Je suis Hébreu, moi ; je crains le Seigneur, le Dieu du ciel, qui a fait la mer et la terre ferme. ( on a envie de dire vraiment?) Les matelots furent saisis d’une grande peur et lui dirent : « Qu’est-ce que tu as fait là ? » Car ces hommes savaient, d’après ce qu’il leur avait dit, qu’il fuyait la face de l’Éternel »

Bon donc voilà : Jonas, contre toute attente mais dans sa sincérité et son honnêteté reconnaît devant eux que s’il craignait le Dieu du ciel, il n’en faisait pas moins à sa tête… et que c’était de sa faute s’ils se trouvaient au milieu d’une tempête… Il leur dit de le jeter par dessus le bord

: « Prenez-moi, jetez-moi à la mer, pour que la mer se calme autour de vous. Car, je le reconnais, c’est à cause de moi que cette grande tempête vous assaille. »

Il semble pourtant que ces matelots n’étaient pas des mauvais bougres car ils ne voulurent pas le faire tout de suite de peur qu’il ne se noie

« Les matelots ramèrent pour regagner la terre, mais sans y parvenir, car la mer était de plus en plus furieuse autour d’eux. »

Mais finalement après avoir invoqué l’Éternel, qu’ils semblaient connaître

«  ils prirent Jonas et le jetèrent à la mer. Alors la fureur de la mer tomba »

La suite, on la connaît tous…

Épilogue

La raison pour laquelle j’invoque cette histoire est d’abord parce qu’elle faisait partie des lectures du jour la semaine dernière mais aussi parce que souvent je lutte pour essayer de discerner quelle est la volonté de Dieu, avant de prendre une décision relative particulièrement à mes allées et venues d’un pays à l’autre pour voir des proches … mais aussi parce que , faire la volonté de Dieu, c’est ce qui revient constamment dans les déclarations de Jésus quand il parle de sa relation avec son Père nous demandant de l’imiter… et puis finalement parce que le « que ta volonté soit faite sur la terre.. » que l’on récite (ou rabâche) sans y penser, s’applique en premier lieu à nous-même…

Et je dois reconnaître que si d’un côté mon désir est de faire Sa volonté, d’un autre, mes émotions mais aussi mes peurs me freinent dans le cas où comme Jonas, la volonté de Dieu ne me plaise pas et aille à l’encontre de ce que j’ai envie de faire…

Eh bien cette histoire de Jonas est rassurante sur tous les tableaux : d’abord parce que Dieu n’a pas voué Jonas aux gémonies malgré sa désobéissance ( même s’il a été avalé par un gros poisson, pas une baleine dans le texte!), mais sachant que tout au fond « Jonas craignait vraiment Dieu » il lui a forcé la main en quelque sorte pour qu’il accomplisse sa volonté même si à la fin de l’histoire, Jonas a été furieux que la miséricorde de Dieu soit accordé aux habitants de Ninive qui étaient les ennemis des juifs et auraient bien mérité d’être punis !

En voyant leur réaction, et comment ils se détournaient de leur conduite mauvaise, Dieu renonça au châtiment dont il les avait menacés. Jonas trouva la chose très mauvaise et se mit en colère et fit cette prière : « Ah ! Seigneur, je l’avais bien dit lorsque j’étais encore dans mon pays ! C’est pour cela que je m’étais d’abord enfui à Tarsis. Je savais bien que tu es un Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, renonçant au châtiment. Jonas 3-10;4 1-2

( ça vaut la peine de lire toute l’histoire : le livre de Jonas a seulement 4 chapitres est très facile à lire ; la traduction catholique utilise le terme de Seigneur et celle protestante l’Éternel, terme que je préfère car le terme de Seigneur rappelle celui utilisé pour Jésus qui n’apparaît que plus tard https://www.aelf.org/bible/Jon/1 ; https://www.info-bible.org/lsg/32.Jonas.html)

En conclusion, ma prière est la suivante : Dieu force-moi la main quand je n’ai pas envie de faire ta volonté… ( car tu sais qu’au fond, je veux vraiment la faire ?)


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