Le 29 juillet-2 août, 2026, Auvergne
La France brûle ou plutôt la Gironde : on ne voit que ça aux actualités…même si ces feux sont inédits par leur ampleur, il n’y a pas de doute que le spectacle des flammes fascine. De l’autre côté de l’Atlantique, il a fallu que je rassure mes proches que même si c’était grave, non ce n’était pas toute la France qui brûlait : nous en Auvergne on n’était pas affecté.
Les pompiers sont les héros du jour et ils le méritent bien mais j’ai peur qu’une fois l’urgence passée, on les oubliera et leur conditions de travail ne s’amélioreront pas. En tout cas les programmes qui tournent en boucle à la télévision font valoir la solidarité autour des zones affectées ce qui est une bonne chose et est encourageant.
En fait pour moi ( et je ne suis pas la seule) le spectacle de ces feux qui brûlent hors de contrôle détruisant tout sur leur passage est représentatif de l’état de notre planète qui est en danger de destruction … surtout quand on entend dire que les départs de feu ont une origine humaine et encore plus intentionnelle, on se rend compte vraiment que c’est nous qui sommes à l’origine de beaucoup de catastrophes dites « naturelles » …
Réagira-t-on un jour ?
Si c’est la France qui brûle aujourd’hui le monde tout entier n’arrête pas de brûler depuis des siècles au gré des guerres de toute sortes, parcouru par des hordes d’envahisseurs qui déciment des villages entiers pour prendre leurs terres ..( la politique de la terre brûlée pratiquée par l’armée en Colombie, en Palestine…au Soudan, au Congo etc. où l’on tire sur les habitants qui essaient de s’échapper des flammes en est l’expression)
Face à tout cela… s’élève cette image du bon pasteur…d’il y a deux deux mille ans…qui continue à être bienvenue car elle se dessine pour révéler pat contraste celle des faux bergers, brigands et bandits qui sont venus pour piller et égorger…
Jean 10 : 8-19
C’est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : Moi, je suis la porte des brebis.
Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés.
Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage.
Étonnement au lieu de s’identifier au bon pasteur lui-même au début, Jésus s’efface en se donnant le rôle plus humble et moins visible d’être la porte, insistant sur sa place d’intermédiaire laissant à Dieu son père toute la place pour qu’il soit considéré comme le bon pasteur : Il n’usurpe pas son rôle et agit comme un Jean Baptiste l’avait fait en ne se mettant pas au centre du plan du salut..
Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés.
De qui parle-t-il ? certainement pas des prophètes reconnus dans le peuple d’Israël mais à son époque, il y en a eu beaucoup qui ont proclamé t être le messie et qui ont dirigé des révoltes réprimées dans le sang et ont donc concrètement conduits leurs adeptes à la mort ( Dositheos, plus tard Simon bar Kokhba plus tôt )
il pourra entrer et il pourra sortir...l
La liberté est au centre de ce dont les brebis jouissent dans cet enclos pourvu par le pasteur : elles rentrent et elles sortent en toute liberté mais aussi en toute sécurité. Il ne les tient pas prisonnières…comme dans les sectes…il ne les oblige pas à rester… il ne les enferme pas pour les protéger : elles vivent dans la confiance, il les laisse gambader…
Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr. Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance.
Jésus cette fois-ci se nomme lui même comme le bon pasteur et signe son portrait tout en continuant de se comparer avec les autres « voleurs et bandits » ce qui lui permet de mettre en valeur sa bonté et la confiance dont il est digne et d’insister sur leur dangerosité.
On en arrive maintenant à une description plus approfondie où l’amour du berger pour ses brebis atteint son paroxysme et qui deviendra un thème central dans la foi chrétienne : le sacrifice de la vie Jésus pour nous sauver …. toujours aux antipodes du comportement du « berger mercenaire »
Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis.
Le berger mercenaire n’est pas le pasteur, les brebis ne sont pas à lui : s’il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s’enfuit ; le loup s’en empare et les disperse.
Ce berger n’est qu’un mercenaire, et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui.
Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent,
Un autre élément est ajouté pour parachever cette image : la mutualité de la relation entre brebis et pasteur. Si lui, il les connaît, elles aussi : elles participent presque sur un pied d’égalité à ce rapport privilégié soulignant de nouveau leur liberté et battant en brèche une vision de passivité de leur part.
Le modèle de cette relation, elle est celle de Jésus avec son père qui est réintroduite ici : il n’oublie jamais semble-t-il quand il parle de lui-même, de mentionner qu’il n’est pas autonome en quelque sorte, qu’il ne s’est pas envoyé lui-même mais qu’il a été envoyé. Mais il est étonnant qu’il puisse établir un parallèle, entre sa relation avec nous et celle qu’il a avec son père.
comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis
Vient ensuite cette déclaration qui a été interprété par l’église catholique par un appel à l’unité des chrétiens mais sous l’égide du pape à Rome : une interprétation abusive, bien sût car quand il a prononcé ces paroles, il parlait certainement des non juifs…( les chrétiens, ni l’église en tant que telle n’existaient)
J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur.
Finalement Jésus recentre son discours sur sa relation tellement particulière avec son père faite d’égalité et de soumission. Paroles étonnantes et difficiles à saisir
Voici pourquoi le Père m’aime : parce que je donne ma vie, pour la recevoir de nouveau.
Nul ne peut me l’enlever : je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau : voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père. »
Jésus aussi est libre et reste maître de son destin malgré les apparences quand il sera fait prisonnier et exécuté : voir en lui un homme passif est une lecture fausse de son comportement et de son caractère ; il jouit de cette même liberté qu’il octroie à ses brebis.
Il est compréhensible que ses interlocuteurs soient désorientés par la signification de ses paroles, et de leurs implications, surtout si elles ont été prononcées avant sa mort et sa passion ce que l’auteur note dans la remarque suivante.
De nouveau les Juifs se divisèrent à cause de ces paroles.
Ce que j’en retiens
Bien entendu la description de Jésus comme le bon pasteur est d’une beauté indescriptible et d’un réconfort immense dans les moments de doute et de difficultés. Pas étonnant que cette image ait été la source d’inspirations d’œuvres artistiques mais aussi de commentaires multiples.
Mais il y a deux choses que je n’avais pas remarqué avant .
La première et je l’ai mentionné dans la lecture précédente est l’insistance sur la dangerosité des mauvais bergers, une mise en garde qu’il devait considérer urgente, certainement en réponse à ce qu’il pouvait observer autour de lui : on sait historiquement parlant ce qui s’est passé pendant la guerre civile qui s’est déroulée après sa mort et sa résurrection et qui a facilité la prise de Jérusalem et la destruction du temple avec ses milliers de morts, femmes et enfants inclus.
Mais la deuxième c’est cette liberté dans laquelle, il laisse vivre ses disciples :
« il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage »
Les rapports qu’il établit sont des rapports de mutualité et d’égalité étonnants ! Les brebis ne suivent pas n’importe qui, elles savent reconnaître sa voix et le connaissent autant que lui les connaît.
On a tellement tendance à insister sur le caractère passif des brebis, leur manque d’intelligence et de personnalité que l’on a justifié l’autoritarisme et l’emprise spirituelle qu’ont exercé les dirigeants des églises à travers les siècles envers leurs membres sous prétexte qu’ils étaient comme elles, crédules, naïves, dépourvues de bon sens et faciles à tromper…
Il n’y a pas du tout cela dans cette image que Jésus développe : les brebis sont intelligentes et n’ont pas besoin d’un berger dominateur, autoritaire voire tyrannique pour les diriger ! Il ne faut pas se méprendre : Jésus est le seul vrai berger, bienveillant et respectueux de la dignité de ses brebis qui conduise à la vie , les autres qui prétendent prendre sa place ne sont que des imposteurs… !