Des influenceurs … et du bon berger

le 21-24 juillet 2026 Auvergne

Me voilà arrivée à ce beau texte sur la parabole du berger…

Ça tombe à pic : hier en cette période d’été, le cinéma en plein air de la région a projeté sur un grand écran le film « les Bergers »  dans un pré du village: un vrai plaisir de voir un film dehors, à la belle étoile, entouré de voisins et de gens des alentours qui se retrouvaient avec plaisir. En plus après deux semaines de canicule, on a eu un droit à une belle soirée avec un petit vent chaud mais agréable qui s’est rafraichi à la tombée de la nuit.

Surtout, qu’ici on a des moutons et même si la transhumance n’est pas pratiquée, il y a bien un berger qui vient les chercher dans le pré derrière chez nous… sauf qu’en ce moment ce pré n’a plus d’herbe alors il doit les conduire autre part… et qu’il ne ressemble pas aux bergers des cartes postales ni non plus à celui du film , un jeune premier québécois ( il n’a même pas de barbe) … il vient sur un quad mais …quand même, il a un chien qui l’accompagne et il descend de son véhicule pour ouvrir la barrière et les appelle : elles viennent et passent devant lui pour retourner à leur enclos…

On nous dit qu’effectivement, il y a des voleurs et des bandits qui essaient de voler des animaux…mais en ce qui concerne les moutons, on parle surtout du loup qui a été réintroduit dans certaines régions et qui attaque les brebis….( en partie le thème du film)

Jean 10 : 1-6

« Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit.

Celui qui entre par la porte, c’est le pasteur, le berger des brebis.

Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir.

Quand il a poussé dehors toutes les siennes, il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix.

Jamais elles ne suivront un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. »

Jésus employa cette image pour s’adresser à eux, mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait »

Pourtant, tout à coup en lisant l’entame de ce passage tellement connu , ce n’est pas au bon berger que j’ai pensé… mais à tous ces prédateurs qui existent en ligne et qui essaient d’entrer en contact avec des jeunes… pour leur voler leur jeunesse et les conduire vers des chemins dangereux .

Il n’y a d’ailleurs pas que les jeunes qui sont la proie de gourous de toutes sorte qui se présentent en sauveurs pour accrocher les gens en détresse à la recherche de solutions pour les maux petits et grands qui les affectent… C’est d’ailleurs intéressant de voir que Jésus ne se positionne pas d’abord comme le bon berger mais commence par une mise en garde :

« Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit.

Il cherche à se distinguer des autres, ceux qui autour de lui essaient de le discréditer et complotent contre lui dans l’ombre à travers des groupes de pression secrets afin de manipuler et exploiter le peuple. Par contre lui, il parle devant tout le monde, en public, à l’air libre, ce qu’il ne manquera pas de rappeler quand il sera accusé devant le Sanhédrin: il n’a rien à cacher.

Celui qui entre par la porte, c’est le pasteur, le berger des brebis.

Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir.

Quand il a poussé dehors toutes les siennes, il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix.

La description qui nous est donné du berger est celle de quelqu’un qui de tout évidence connaissait leur mode d’opérer , ce dont je me rends compte maintenant quand je vois le berger ici  appeler les moutons éparpillés dans le pré , pour les faire sortir et rentrer à la bergerie en début de soirée sauf que comme elles connaissent le chemin, le berger marche plutôt derrière pour encourager les retardataires…

Jamais elles ne suivront un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. »

La voix reconnaissable du berger, tellement importante aujourd’hui encore, souligne cette connaissance bien particulière de ceux qui s’occupent des moutons ( moi je n’ai jamais essayé de les appeler!) On croit le savoir, Jésus n’était pas berger de formation mais il y en avait beaucoup dans la région et bien entendu on connaît tous l’histoire de ces bergers qui apparaissent au début de l’évangile de Luc ( et nulle part ailleurs) au moment de la naissance de Jésus.

Mais il y a aussi une pointe d’optimisme dans sa déclaration car il affirme que les moutons, finalement ne sont pas si bêtes que cela et qu’ils ne suivront pas n’importe qui !

Jésus employa cette image pour s’adresser à eux, mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait »

Les disciples de Jésus nous dit le texte ne comprirent pas de quoi il parlait, contrairement à nous me semble-t-il, car l’image de Jésus le berger nous est très familière. Cependant il est vrai qu’ il ne l’avait pas encore utilisée pour se désigner et peut être aussi parce qu’elle n’était pas liée intrinsèquement à la figure du messie à laquelle ils s’attendaient… qui était plutôt celle d’un roi, d’un chef d’armée triomphant sur un cheval qui conduit son peuple à la victoire sur ses ennemis…pas du tout celle d’un berger qui conduit un troupeau d’animaux timorés et sans défense.

L’idée du bon berger n’est pourtant pas nouvelle dans la tradition juive car on sait que David était aussi un berger et qu’il avait été choisi pour vaincre le grand Goliath… (ce qui ne l’empêchera pas après ce premier épisode, de devenir un chef guerrier et puissant)

Peut-être encore plus significatif est ce long passage dans le livre du prophète Ézéchiel où Dieu lui-même dénonce les mauvais bergers d’Israël et décide de prendre la tête du troupeau…

« Fils d’homme, prophétise contre les bergers d’Israël, prophétise […] Quel malheur pour les bergers d’Israël qui sont bergers pour eux-mêmes ! […] vous buvez leur lait, vous vous êtes habillés avec leur laine, vous égorgez les brebis grasses, vous n’êtes pas bergers pour le troupeau. Vous n’avez pas rendu des forces à la brebis chétive, soigné celle qui était malade, pansé celle qui était blessée. Vous n’avez pas ramené la brebis égarée, cherché celle qui était perdue [ . . .] Car ainsi parle le Seigneur Dieu : Voici que moi-même, je m’occuperai de mes brebis, et je veillerai sur elles.  » (Ézéchiel 34, pratiquement tout le chapitre)

Ce que j’en retiens

J’ai été rattrapée par l’actualité !

Cette dénonciation de Jésus sur les bergers bandits et voleurs m’a frappée, surtout qu’en ce moment, on parle de ses frères influenceurs masculinistes accusés de viols et qui vont être extradés en Grande Bretagne pour être jugés..

(https://www.lemonde.fr/international/article/2026/07/19/l-influenceur-masculiniste-andrew-tate-et-son-frere-arretes-aux-etats-unis-a-la-demande-du-royaume-uni-qui-reclame-leur-extradition_6725297_3210.html)

Alors qu’aujourd’hui on s’inquiète, à juste titre d’ailleurs, de l’influence des réseaux sociaux sur les plus vulnérables et des avancées de la technologie qui crée des conseillers virtuels pour répondre aux inquiétudes de personnes isolées dans des buts commerciaux, c’est rassurant de se rendre compte qu’il y a plus de 2000 ans Jésus avait dénoncé l’existence de ces prédateurs et escrocs qui s’introduisent subrepticement dans la vie des gens !

L’être humain, d’une certaine manière n’a pas changé, ce qui rend Jésus d’autant plus crédible et digne de confiance au milieu de ce tissu de mensonge dans lequel on se sent quelquefois pris au piège.

Seigneur protège tes enfants des bergers bandits et voleurs qui rôdent sur le web !

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