le 17-26 juin, Chassagnes, 2026
La terre tourne tourne, le temps passe, passe : l’été s’approche, la chaleur est revenue… en réalité on est en pleine canicule…
Entre temps que de remous sur notre planète, tant de gens tellement déboussolés, de personnes qui proclament haut et fort croire en Jésus mais qui ne voient pas d’inconvénient à dépouiller la veuve et l’orphelin..et à emprisonner l’étranger …Je reviens donc à cet évangile qui est en quelque sorte l’occasion pour moi de re-rencontrer JÉSUS pour me recentrer : ça me fait du bien.
Jean 9 : 1-3
En passant, Jésus vit un homme aveugle de naissance.
Ses disciples l’interrogèrent : « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? »
Jésus répondit : « Ni lui, ni ses parents n’ont péché. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui.
C’est la faute à qui ?
Je n’irai pas plus loin dans ce début de chapitre…
il commence par cette remarque anodine apparemment car faite « en passant » qui montre un Jésus en chemin qui aborde une question fondamentale qui est celle que les parents se posent quand leurs enfants naissent avec une maladie congénitale : à qui la faute ?
Et comme toujours ce sont les disciples bien représentatifs de la pensée populaire de l’époque qui posent la question, pas un groupe de spécialistes de la Torah qui examinent un texte ou un récit pour essayer d’en tirer une conclusion qui ici d’ailleurs est présentée comme un jugement dont le but est de trouver un coupable.
C’est la faute à qui, est la question qui alimente les rumeurs et les commérages dans les milieux familiaux mais aussi religieux, chacun ayant une réponse qui cherche à impliquer celui ou celle envers lequel on nourrit des préjugés ou des rancunes…ajoutant un fardeau de plus aux parents déjà accablés par les soins particuliers qu’il doivent pourvoir pour un enfant né avec une maladie chronique.
On verra plus tard dans ce texte que cet aveugle de naissance est connu de son entourage, car semblable aux mendiants qui existent encore à notre époque et qui se mettent devant ce lieu stratégique qui est celui d’une église, il se tenait lui aussi à coté du temple. On ne devrait donc pas s’étonner qu’il soit l’objet de discussions sur le pourquoi de son infirmité dont les disciples se font écho.
Et comme dans l’histoire de la Samaritaine, Jésus ne tombe pas dans le piège et ne donne pas de l’eau au moulin de ceux qui cherchent à porter des jugements condamnatoires sur des parents déjà durement éprouvés, il donne cette explication toute à fait inattendue transformant la perception de ce qui a tout l’air d’une punition pour faute commise en un événement qui montre la grandeur et la compassion de Dieu en Jésus.
La suite de l’anecdote rapportée a bien d’autres aspects qui rend l’histoire emblématique de l’attitude des autorités religieuses envers des gens du peuple considérés comme incapables d’avoir une opinion valable sur la légitimité d’un prophète mais j’ai voulu m’arrêter là pour mettre en valeur le caractère libérateur et guérissant de l’explication de Jésus, pour les parents qui continuent à être l’objet de condamnation de la part de leurs proches.
( Il suffit malheureusement de lire la virulence des propos de ceux qui commentent les faits divers d’enfants accidentés envers leurs parents pour être conscient que la question des disciples reflète une attitude qui est toujours de mise même si le mot péché n’est pas utilisé..)
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Ce que j’en retiens
En fait, c’est la déception que j’ai eu en lisant les commentaires des exégètes sur cet événement qui ne semblent pas du tout intéressés par l’histoire humaine et concrète de cette guérison et du réconfort qu’elle peut apporter à l’auditeur mais se concentrent surtout sur ce que cette guérison révèle de qui est Jésus …L’un de ces auteurs 1 ( qui d’autre part fait de très bonnes analyses et dont je respecte le point de vue) met en garde d’ailleurs sur l’utilisation de ce passage à des fins pastorales en généralisant la réponse de Jésus pour réconforter des personnes malades ou leurs parents. De ce fait ils passent à coté de la compassion de Jésus pour cet homme pour expliquer son intervention en le présentant comme un objet utilisé pour révéler son identité à lui, une intention qui serait finalement très égoïste !
Cette spiritualisation et “théologisation” à outrance de tous les événements rapportés de la vie de Jésus qui semblent encore plus forts pour cet évangile de Jean où l’on cherche à prouver sa divinité à tout prix, en occultent la plausibilité historique et ne rendent pas service à la prise au sérieux de ce qui est raconté.
En réalité, la suite de l’histoire montrera que cette attitude est la même que celle des autorités juives de l’époque tant décriées pourtant qui convoqueront cet homme pour en tirer des conclusions sur l’identité de Jésus plutôt que de se réjouir de la guérison d’un aveugle né ! Piètres chefs religieux plus préoccupés par des questions d’orthodoxie que par le bien-être des gens.
1Word Biblical commentary vol 36, George R Beasly-Murray p.155.
NB: ce même thème traité dans un blog ultérieur https://part-age.com/2025/08/14/les-enfants-differents/