En route

Le 2 novembre, Paris/Rueil 2026


Il y a toujours ce choc de passer de la campagne à la ville qui me donne l’impression de me retrouver dans une autre contrée lointaine et étrangère : tous ces gens que l’on voit sur les trottoirs avec leurs habits d’hiver ( alors que le froid vient à peine d’arriver) et ses femmes ( plus que les hommes) qui entrent dans les stations de métro et les autobus avec leurs poussettes d’enfants de tous âges, dont les mille visages racontent l’histoire d’une humanité en mouvement faite de voyages et de métissages.

Je viens de quitter les champs où paissent des vaches et des moutons, où l’on ne voit que quelques enfants dans les rues au moment de la rentrée ou la sortie d’école, où ce sont les tracteurs qui occupent toute la chaussée et dont il faut se méfier un peu…

La nature n’y est pas luxuriante, elle n’est pas un lieu de loisir ou de randonnée, elle se tient là tout simplement , présente mais discrète sans qu’on n’y prête tellement attention car on sait que l’on peut compter sur elle car elle restera à sa place jour après jour…

Retrouvailles

je m’étonne de ces liens familiaux qui font qu’à se retrouver, même après un temps assez long on se sente tellement à l’aise comme si tout coulait de source et qu’on était reconnu sans avoir besoin de s’expliquer.

Y a-t-il quelque chose d’inné, d’automatique, qui se joue en raison du lien biologique et qui crée cette proximité étonnante entre membres d’une même famille? Ou est-ce un vécu fait de récits d’ancêtres partagés autant que celui de réunions ou de séjours passés ensemble qui nous rapproche ? Est-ce cette histoire commune qui prime plus que tout autre facteur qui s’est tissée depuis l’enfance dont on connaît tous les méandres et toutes les péripéties ? Les liens d’amitié ne me semblent pas aussi forts et aussi pérennes.

Pourtant il y existe des conflits des jalousies et des haines tenaces : certains passent mais d’autre conduisent à des ruptures définitives.

En tout cas, par ces temps moroses où l’on nous dit que les nouvelles générations ne valent rien ( comme on le fait toujours d’ailleurs, surtout en ces jours de manifestations étudiantes ) moi qui appartient à la vieille génération, c’est un grand plaisir que de me retrouver être l’objet de leurs multiples attentions, et encore plus de les entendre parler du pourquoi de leur colère autant que de leurs rêves d’avenir!

Un vrai cadeau du ciel avant de m’envoler pour une autre contrée !


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