Pitié pour le pape!

Jeudi 24 septembre 2026, Auvergne

Visite papale en France 


Branle-bas de combat : le pape vient en France avec un programme surchargé et très médiatisé qui va réunir des milliers de personnes pour une messe place de la Concorde  et une veillée de prière pour les jeunes au stade de France qui fera « salle comble » en plus d’autres étapes à Lourdes et à Metz.

Je dois avouer que face à cette espèce d’hystérie devant cette visite que certains considèrent comme historique j’ai des sentiments mitigés car même si j’apprécie les prises de position de ce pape, je ne peux m’empêcher de me sentir mal à l’aise avec tous ces honneurs qui lui sont rendus et toute cette « ferveur » des gens qui veulent absolument le voir le traitant en star voire en idole, qu’il le veuille ou non.

L’institution de la papauté avec ses dogmes, ( sans parler de tous ses rites liturgiques et son protocole) accumulés au cours des siècles est vraiment une fonction qui est totalement en contradiction avec ce qu’avait enseigné Jésus à ses disciples… « Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n’avez qu’un seul maître pour vous enseigner, et vous êtes tous frères. Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux.Ne vous faites pas non plus donner le titre de maîtres, car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ  »

Même si au moins aujourd’hui son pouvoir temporel est limité et l’État qu’il dirige réduit à une peau de chagrin, il n’en reste pas moins qu’il est traité et considéré comme une figure spirituelle puissante ayant un statut unique et des droits inaliénables qui le mettent au-dessus de tous les autres chrétiens …

Alors évidemment les catholiques français qui se sentent aujourd’hui membres d’une minorité assiégée de toute part dans un pays à la laïcité militante et pointilleuse se réjouissent de cet « engouement » pour la venue du pape qui semble-t-il va réunir des foules d’un nombre impressionnant. Et si on est tout simplement chrétien ne pourrait-on pas aussi se réjouir de voir qu’un dirigeant d’une église chrétienne suscite autant d’intérêt dans un pays déchristianisé quand on sait, qu’il délivrera un message de paix et d’espoir fondé sur des enseignements du Jésus de l’évangile?

Mais est-ce suffisant pour cautionner le coût qu’un tel déplacement engendre ? L’annonce de l’évangile y trouvera-t-il son compte ? Peut-on être crédible quand on parle de la préférence pour les pauvres et que toute la mise en scène indique le contraire ? Une hypocrisie chrétienne de plus diront les sceptiques et les non croyants ou le mode d’être offre un tel contraste avec les paroles?

( je ne peux pas m’empêcher de penser aux réunions des représentants des nations Unies qui se retrouvaient autour d’un gueuleton pour discuter du problème de la faim dans le monde…et pire certains avaient eu le culot de vouloir venir dans le quartier le plus pauvre de la ville où j’enseignais expliquer aux élèves ce qu’était la pauvreté ! )

Et puis moi je me demande quand même, comment peut-on ne pas se laisser griser, aussi humble soit-on par tous ces honneurs et les acclamations de milliers de personnes enthousiastes qui scandent votre nom ? Comment ne pas tomber dans le piège du culte de la personnalité même si l’on signe « le serviteur des serviteurs » sur les documents officiels quand on vit dans un palais entouré d’une armée de laquais?

(Je connais trop bien les télé évangélistes qui appellent les fidèles à rendre gloire à Dieu alors qu’il sont debout sur un podium face à la foule : leurs acclamations qui s’adressent à la gloire de Dieu glissent souvent imperceptiblement vers l’être humain en chair et en os, qu’ils ont en face d’eux… la frontière entre les deux devient dangereusement poreuse)

D’un autre côté, je pense à la responsabilité devant Dieu d’une mission qui vous met à la tête d’une église qui a des millions de membres dans le monde entier : je n’aimerais pas être à sa place ( de toutes façons, je suis une femme alors ça ne risque pas)

On est au 21ème siècle et la papauté est ce qu’elle est aujourd’hui, encore vivante, après une longue une histoire où «  mais là où le péché a abondé, la grâce a surabondé » disait un certain Paul … il faudra donc faire avec !

En tout cas, catholique ou pas, le devoir de prier pour Léon XIV, pape de son état, est une évidence !

Seigneur prends pitié de lui!

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