le 10 novembre, Virginie, 2020
(Il fait encore beau, l’automne s’achève et le bois est coupé)
Du jamais vu !
On continue à vivre dans le jamais vu, dans l’histoire des États Unis : un président sortant qui ne reconnaît pas avoir perdu et qui crie à la fraude dans les États où il a perdu, les mêmes États où les candidats de son parti pour le sénat ou la chambre des députés ont été élus, résultats qu’il ne conteste pas (alors qu’ils viennent des mêmes bulletins de vote )… D’une mauvais foi évidente ! on s’attendait à cela de la part de Trump, mais moi ce qui m’étonne c’est que les autres… les ténors de son parti laissent planer le doute et vont dans son sens…
(Alors effectivement légalement parlant, les résultats n’ont pas été encore certifiés mais à ce stade là, l’issue ne faisant plus de doute, la reconnaissance de la victoire de l’un et de la défaite de l’autre est une évidence…)
Ce qui m’étonne tellement, c’est le pouvoir qu’il puisse encore exercer auprès des élus de son parti qui savent très bien que les nombreuses dénonciations de fraude qu’il a fait auprès de différents tribunaux ne changeront rien ( il faudrait qu’il y en ait des milliers de votes annulés et cela dans plusieurs États, et les recours qu’il a déjà fait ont été rejetés par les juges des différents tribunaux comme étant injustifiées). Je pensais que son pouvoir se serait dégonflé comme un ballon de baudruche après sa défaite et qu’ils se rangeraient du côté de la raison et du droit.
Du coup je suis intriguée en pensant au pouvoir immense qu’ont les personnes qui exercent une autorité et combien au faîte de leur pouvoir ils apparaissent indestructibles et menaçants. Menaçants…c’est ça le mot clef, menaçants. Quand le sieur en question est colérique, on frémit à l’idée d’en être la cible.
« Rien n’est plus dangereux que la fière alliance du courroux et de la puissance » disait un certain Charles Perrault…..(et Dieu sait si ce président est colérique!)
* * *
Comment peut-on résister au pouvoir des autorités ? Quelles sortes de qualités faut-il avoir pour les confronter et les défier ? Où trouve-t-on la force et le courage pour les renverser ? Il forcent mon admiration tous ces hommes et toutes ces femmes qui ont bravé le pouvoir, journalistes souvent mais dirigeants de groupes d’opposition ou simple citoyens engagés et dont beaucoup d’entre eux pour avoir dénoncé les autorités en place, ont perdu la vie.
Des hommes et des femmes de bien, des justes, il y en a toujours eu qui se sont levés contre les dictateurs, contre la tyrannie, certains sont des martyres de la foi, mais beaucoup justifient du même titre, martyres de la justice ou de la liberté.
D’où leur vient leur courage ? Quelle est leur motivation ? Comment se fait-il qu’il sont prêts à mourir pour leur cause ? Sont-ils de ceux que Jésus qualifie de « bienheureux » parce-qu’ils ont soif et faim de justice ?
* * *
Par contre à côté de ceux-la, il y en a beaucoup d’autres, le plus grand nombre d’ailleurs qui courbent l’échine devant le pouvoir, par peur ou par attrait de la puissance … les lèche-bottes comme on les appelle et tous les autres… qui sont des lâches tout simplement…
Franchement quand on y pense, les disciples de Jésus étaient de ceux-là, Pierre le plus connu qui a nié le connaître après qu’il ait été arrêté et interrogé par une simple servante d’un de ces grands de ce monde investi qui plus est d’une autorité toute religieuse…
Étonnante cette lâcheté de Pierre, étonnant que Jésus ait choisi parmi ses disciples un homme qui confronté à une crise se révélerait un de ceux-là, un de cette catégorie qui nous dégoûte tellement, celle des lâches…(pire même que celle des traites par certains côtés)
Ça veut dire qu’il y a de l’espoir pour nous,
Nous, tous qui savons si souvent être lâches…