Renaître

l y en avait partout

à gauche à droite

devant derrière

Ici, là, tout au bout

des arbres croulant sous les fleurs …


* * *

Il aurait fallu m’arrêter

devant chacun

et prendre le temps

de les contempler

Un à un

* * *

Mais comment était-il possible

que des branches aussi décharnées

et des troncs aussi austères

se parent

de fleurs aux corolles

si délicates et si frêles

comme ça

presque du jour au lendemain

sans crier gare

* * *

plus extraordinaires encore

que les perce-neige

qui pointent leur nez

entre les touffes rabougries

ou le chant des oiseaux

qui piaillent allégrement dehors

cette exubérance

des arbres fleuris

me surprend et me réjouit

* * *

Le renaître

encore plus merveilleux

après le silence

de la nature inerte

le matin glorieux

après le vendredi calamiteux

de l’espérance perdue

Pâques

la promesse accomplie

à laquelle

on ne croyait plus

est enfin venue

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